Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

vendredi, 31 décembre 1999 02:00

Blues over the years

Tom est un guitariste internationalement connu pour tous les albums concoctés au sein de son band Powerhouse. Virginien, proche des Nighthawks, il est l'un des principaux acteurs de la scène de Washington. Il a fait d'ailleurs équipe en compagnie de Jimmy Thackery chez les Assassins dans les 70s. Cet opus, comme son nom l’indique, nous entraîne à la découverte de son passé. Une sélection opérée parmi ses 4 premiers albums personnels, enregistrés entre 1985 et 92. Intéressant quand on pense que les 3 premiers n'ont jamais été édités en CD.

En 85, pour "Smokin", il s’était entouré de Steve Wolf à la basse et de Robbie Magrader, à la batterie. 3 titres ont été choisis sur cet elpee. Dont la reprise de Steve Earle, "My baby she worships me", relevée par la présence de Kim Wilson à l'harmonica.

En 87, il commettait "I know what you're thinkin". Dave Palamar remplace alors Robbie Magrader. La plage titulaire est magique. Le rythme de "Try to reach you" entraînant, est traversé par le piano sautillant de Kevin McKendree et appuyé le support de Big Joe Maher. La reprise du "Congo square" de Sonny Landreth est également incluse sur cet album.

D’"In orbit", sorti en 90, on n’y retrouve qu’un seul titre, "Deep in the heart of Texas" de l'anglais Geraint Watkins, dont l’atmosphère colorée fait incontestablement très tex mex. De l’excellent "Tip of the iceberg", paru en 1982, je retiendrai surtout le superbe instrumental "Sweet little thing", coloré par l'orgue très Booker T de McKendree ; et "It all went down the drain", caractérisé par cette grande guitare qui fait face à l'orgue de Chuck Leavell et aux percussions de Gali Sanchez (Santana).

Principato a sorti début 99 un album live (" Live and kickin "), dont une partie a été pise à Gorica pour la radio nationale slovène. Suivez l'homme !

 

vendredi, 31 décembre 1999 02:00

Kid Ramos

Kid Ramos s'est taillé au fil des ans une bien solide réputation. Il affiche toujours un look bad boy, tatoué et un rien teigneux ; mais le musicien présente déjà un fameux pedigree. Notamment à cause de ses participations au James Harman Band, aux Fabulous Thunderbirds et ses évasions d'artiste libre, souvent en compagnie de son pote harmoniciste Lynwood Slim. Ce qui lui a valu, au passage, de tisser de solides amitiés dont il profite largement ici. Kid n'est pas vraiment un chanteur, il a donc eu recours à des renforts de premier choix. Et notamment ses ex-patrons, Kim Wilson, James Harman, Lynwood Slim déjà cité, mais aussi Cesar Rosas de Los Lobos, Willie Chambers (souvenez-vous des Chamber Brothers) et la suave Janiva Magness.

Et l'album me direz-vous? Impeccable! Il s’ouvre par le "Dead love" de Little Milton, soutenu par Kim Wilson au chant, et enchaîne avec "No more alcohol", très fifties. Rob Rio se réserve les ivoires et Lynwood Slim le chant. Willie Chambers a gardé la voix brûlante qu'il avait quand il chantait "Time has come today" dans les 60s. Pour "Leave me alone", un R&B écrit par Ray Agee, l'effet est remarquable. Cesar Rosas mène de sa voix de chicano le célèbre "300 pounds of joy", alors que Gene Taylor a pris la place au piano. Un album sans faille, sur lequel les cuivres sont omniprésents, épinglant au passage, un certain Jeff Turmes au sax baryton. Mais avant tout c'est un album de Kid Ramos. La guitare est donc en effervescence sur toutes les plages. Ramos est un gars qui a tout compris et assimilé le meilleur de ses maîtres. A l’instar de "Cold chicken and beer", un instrumental hanté par le fantôme d'Albert Collins. Ou encore le "Fiddle De Dee" de Pee Wee Crayton, balayé par la slide ! Un album remarquable qui nous permet de retrouver ensemble la majorité des musiciens qui formaient le James Harman Band des 80s.

 

vendredi, 31 décembre 1999 02:00

Millennium Blues

Quelle bonne idée Iverson ‘Lousiana Red’ Minter a eue de revenir enregistrer à Chicago. Lui qui vit en Allemagne depuis si longtemps. Un disque très ‘rouge’ pour Red. A la pochette où le rouge voisine le noir. Le Red qui intervient aussi sur 3 titres dont l'ouverture très Muddy Waters, "Red's vision". Red y développe sa vision des événements qui font l'actualité. Il est entouré de musiciens de première main qui s'entendent à merveille. Et cela se remarque.

C'est la fête sur "Play on your harp": Willie "Big Eyes" Smith à l'harmonica (pas à la batterie) et Allen Batts au piano. Quant au rythme il est mené par la basse de Willie Kent. Et puis vient enfin la slide, roucoulant dans un blues lent qui ne peut venir que de Chicago. Tout est parfaitement en place, bien huilé. Une superbe parenthèse jazz dans l'instrumental qui suit "Red's jazz groove" avec un solo pas piqué des vers, commis par Brian Bisesi. Musicien habituel de Luther Johnson, il a été invité pour gratter sur quelques plages. Brian et Red s'échangent des soli juteux sur le lent "Too poor to die", à nouveau très Waters. Red a eu une enfance très difficile dans les orphelinats. Sa mère est décédée d’une pneumonie, alors qu’il ne comptait que 7 jours. Il avait 5 ans lorsque son père est lynché par des membres du Ku Klux Klan. Le thème de sa jeunesse revient souvent dans son œuvre. Comme sur "Red's childhood memories", témoignage parlé, et "Orphanage home blues", absolument poignant, où Red n’est accompagné que de sa guitare. Ce couple reste pour "Leechie gardens" et "Got a home in that rock". L'amplification revient pour les 4 derniers titres, dont "That Detroit thing". Un rappel d'années passées dans la Motor City, parfois aux côtés de John Lee Hooker. Cet excellent album se termine par le "Millenium blues".

 

vendredi, 31 décembre 1999 02:00

Moving to the country

J'attendais tellement de ce nouvel album, après avoir craqué sur le sublime "I want you to know", qu'autant l'avouer de suite, je suis déçu. Oh, la qualité n'est pas en cause, au contraire, mais le titre de l'album nous met immédiatement au parfum. Il est tourné vers le country blues. Ce qui, sans doute, n'est guère surprenant ; car Paul Rishell est avant tout un artiste de country blues.

"Kansas City blues" ouvre le bal et nous permet de découvrir une nouvelle facette du talent d'Annie Raines. Elle joue de la mandoline. La plage titulaire suit. Imprimée sur un tempo solide, marquée par les baguettes de Marty Richards du Duke Robillard Band. Annie chante "I got the blues" de Bo Carter manifestant infiniment de respect pour la tradition. Une tradition à laquelle Paul reste très attaché. Mais comme il est surdoué, ça passe sans problème. Sa reprise de "Keep your hands off her" de Leadbelly est admirable, très roots ; sa guitare amplifiée se conjugue à la mandoline d'Annie. L’éclair, la claque survient à mi-parcours. A travers le très nerveux instrumental "Sweet tooth". Un tour de force à l'harmonica. Annie chante alors « Good women have bad days », une de ses compositions au titre tellement évident, avec à la clé, un solo d'harmonica chromatique, très Little Walter. Elle chante aussi son "Turning corner", tout en pianotant un Fender Rhodes électrique. Paul y décoche son meilleur solo. Beauté et pureté pour l'instrumental "Tears" de Django Reinhardt et Stéphane Grapelli. Annie y joue la partie violon sur son instrument chromatique. Voilà, c'est tout, c'est un bon album mais je m'en vais remettre "I want you to know" dans ma platine.

 

vendredi, 31 décembre 1999 02:00

Soul disguise

Vous connaissez Los Lobos ? Vous aimez? Alors pas de problèmes pour vous. David Hidalgo est un personnage déjà bien connu. Mais Cesar Rosas, le guitariste est aussi un grand musicien. « Soul disguise » cosntitue est son 1er album solo. Il aime la rock music, le Cesar.

« Little heaven », qui débute l’opus, est un service gagnant. L'ambiance guitare/orgue n'est pas sans me rappeler Green on Red (NDR : formation issue du Los Angeles) ; et le solo de Cesar est d'une richesse mélodique insoupçonnée. "You've got to lose" est une autre plage rock sans concession (écrite par Ike Turner), dont l’impact est direct. Une nouvelle fois, la guitare s'envole vers des sommets. L'atmosphère est manifestement assez proche des débuts de Los Lobos. "Tough to handle" est un blues rock basé sur un riff dramatique. Néanmoins, Rosas reste très roots et il se retrouve bien vite de l'autre côté de la frontière mexicaine en attaquant "Angelito" et "Adios mi vida", joyau d'accordéon joué par Flaco Jimenez. La musique reste festive, très carnaval, pour "Struck", très New Orleans, avec l'accordéon d'Eddie Baytos. "Better way" est une bien jolie ballade folk très latine. La plage titulaire "Soul in disguise" est un autre blues rock, caractérisée par une guitare discrètement fuzz et un orgue bien présent. "Treat me right" est un blues rythmé proche du son West Side de Chicago. Un bon album qui contient quelques sommets. Mais la cime de cet opus est atteinte par "Racing the moon", un boogie blues, enrichi par les interventions de basse de Larry Taylor et l'harmo de Lynwood Slim. Boogie, man!

 

vendredi, 31 décembre 1999 02:00

Watermelon patch

Etabli à la Nouvelle-Orléans depuis 10 ans, Sansone chante, joue de l'harmonica et de l'accordéon. De sa Louisiane hospitalière, il en extrait l'essence musicale faite de blues, de zydeco et de rock'n'roll! Il est loin le temps où il faisait partie des Broadcasters de Ronnie Earl. « Watermelon patch » constitue son 2è album pour Bullseye. Il fait suite à "Crescent city moon", gravé en 1997.

Il démarre plein zydeco par "Think of me" avant de partir dans le rock et le roll, et d'empoigner son harmonica sur la plage titulaire. Le piano de Jon Cleary y va à grands coups d'arpèges. Un ménage uni qui s'éclate sur "Upside of lowdown". Johnny a composé les 13 scènes qui constituent cet album. Il se montre excellent dans l'écriture. Ainsi "Look at us now", à la mélodie facile et dansante, nous ramène devant les juke boxes du début des 60s. Un grand moment! Les pièces instrumentales sont aussi de grande qualité. La guitare métallique et l'harmonica proche du Charlie Musselwhite cuvée 99 s’évadent dans un rythme aux parfums exotiques. Le blues est bien entendu présent. Très appuyé, avec Sansone à l'instrument chromatique, sur "Pig's feet & tailmeat". Un son dur, proche de celui de Steven De Bruyn d'El Fish sur "Blues for Bekie". "Stink" nous permet de mesurer la robustesse et l'efficacité de la section rythmique confiée à Dave Ranson et Kenneth Blevins. Retour dans les bayous, pour la musique cajun sur "Comin' for sure" et "The bridge", ainsi que zydeco pour "Mon Fleur". Sur l’excellent blues "Civilized city", la slide de Rick Olivarez s'offre son moment de gloire! Ce superbe album s'arrête sur une ballade swamp rock, "Neutral ground". Précipitez-vous, c'est un 5*!

 

vendredi, 31 décembre 1999 02:00

The blues keep me holding on

L’album de Savoy Brown était très attendu. Leader incontesté, Kim Simmonds, a gardé le chanteur bassiste Nathaniel Peterson que l'on a pu voir lors de la dernière tournée européenne. Nouveau venu à la batterie, Tom Compton est un ancien musicien d'Alvin Lee. Des invités de prestige : Dave Maxwell au piano et Paul Oscher à l'harmonica.

L'album débute de la meilleure des manières, sous des accents de slide graisseuse, inspirés du Sud profond: "Going down to Mobile". Je persiste à penser que Nathnaniel a la voix idéale pour Savoy Brown, assez proche de Chris Youlden sur ce titre. "She's leaving" est le blues répétitif, sobrement rythmé qui était le faire-valoir du groupe dans sa période du début des 70s, avec Dave Walker au chant. Pour cette plage, le batteur d'origine Roger Earl est présent et Leo Lyons de Ten Years After tient la basse. C'est la même ambiance qui préside la plage titulaire. Pour "That's all I want baby", l'amplification est bloquée au minimum. Les deux guitares peuvent rivaliser. Celles de Kim et de… Duke Robillard. Le long et lent blues "Bad shape" m'avait enchanté lors d'un récent passage à Tourcoing. La version enregistrée est très dépouillée, mais nous laisse respirer à grandes bouffées le style Simmonds. Kim chante "Mississippi steamboat", une croisière fluviale vers New Orleans, soutenu par le piano de Maxwell pour donner du tonus. Il chante aussi "When you got a good friend", composé il y a bien longtemps par Robert Johnson. Atmosphère Delta unplugged pour "Ain't no need to worry". Kim se réserve le bottleneck. La reprise de "Little Red rooster" est également au menu. Il est vrai que ce titre a toujours figuré au répertoire live. La finale est très enlevée, avec cordes dans le mode jazzy, nouveau duel Simmonds/Robillard à la clé. Solide album mais pas leur meilleur!

 

vendredi, 31 décembre 1999 02:00

The PM / Simmons Collection

Pas de nouveaux enregistrements pour l'harmoniciste de Chicago, mais une introspection sur des flashes de son passé! L’album est d’ailleurs sous-titré "1967-1982 : The best from Little Mack's Chicago blues and soul record labels". Malcolm Simmons, originaire de l’Arkansas, a aujourd’hui 66 ans. Il était donc bien plus jeune à cette époque.

Cette collection débute par "You’ve got to help me", un exercice sur le thème de " Help me". "You’re so fine" est une plage très rythmée au chant offensif et à l’harmonica bien en bouche. Trois plages sont tirées d'un album enregistré en 77, par l'obscure chanteuse Arelean Brown, dont un "I'm a streaker baby" conduit par la basse bien présente de Robert Covington, et "Impeach me", caractérisé par des échanges vocaux emmenés par Lee Shot Williams et bien entendu la musique à bouche de Mack. Le groupe de studio est excellent. Baptisé le Simmons Sound Studio Band, il intègre outre Davenport et Simmons, le guitariste Lonnie Brooks, le pianiste Detroit Junior et le sax baryton de Willie Henderson. Nous avons droit à quelques perles comme "The same one", une version de "Key to the highway" qui mixe les cuivres avec un harmonica plus Sonny Boy que jamais! J'ajouterai aussi un 45tours de Fenton Robinson, chanté par ce dernier, "Cryin' the blues". Néanmoins, tout n'est pas d'un intérêt bouleversant pour nos oreilles bimillénaires.

 

vendredi, 31 décembre 1999 02:00

Better ´n´ better, bye ´n´ bye

Henry Lee est né en Virginie, il y a 72 ans, d'un père mineur de fond. Il a également été mineur, et s'est établi depuis 1960 à Boston. Spencer n'est guère connu de ce côté de l'Atlantique. Il a joué pourtant avec J.B Hutto et Luther ‘Guitar Junior’ Johnson. Il souffle dans son harmonica dans un style qui lui est propre, assez rudimentaire. Il possède la voix grave d'un baryton et est ici accompagné du pianiste Eric ‘Two Scoops’ Moore. Henry Lee adore chanter ses chansons de sa voix d'outre-tombe, plus éraillée que celle de Howlin' Wolf.

Il chante le Seigneur sur "Precious lord", avec tendresse et beaucoup de passion. Il hausse le rythme mais pas le ton de sa voix pour le connu "Big fat Mama",bénéficiant du renfort de Moore à solides coups d'arpèges. On ressent un frisson lorsqu'il chante seul avec son harmonica, le très court "So long darling", un peu comme Sonny Boy Williamson pouvait le faire. C'est un Spencer meurtri de ne pas avoir de nouvelles de sa rouquine qui chante "The girl with the red hair". L’émotion est palpable. Chaleur brûlante pour "Henry Lee Boogie", lorsque Henry prend son pied à l’harmonica. Faut le faire! Emotion encore dans le jeu aux ivoires d'Eric Moore sur "Where 'd you get that golf from" chanté par un Spencer désabusé. C'est Moore qui vient alors chanter "Old whiskey… young women", compo au cours de laquelle, on a l’impression qu’Henry Lee est parfaitement imbibé pour dispenser ses réponses. Et très courtois, il ne termine pas cet album sans nous adresser son "Goodbye". Très roots!

 

vendredi, 31 décembre 1999 02:00

Big Buffet

Eric ‘Two scoops’ Moore est pianiste et chanteur. Il est canadien. Son Combo se résume à une section rythmique dirigée par Tom Hambridge et le sax de Gordon ‘Sax’ Beadle. "Big Buffet" constitue donc son dernier album. Ce qui ne l'empêche pas de garder son siège de pianiste dans les Magic Rockers, le groupe de Luther ‘Guitar Junior’ Johnson. Le point faible de "Cleanplate" était la guitare. Ici, pas de guitares, donc pas de point faible. Mais toujours cette harmonie parfaite entre piano, saxes et percussions. Les rythmes s'emballent à chaque détour de l'album. Et on pense tout particulièrement à "Hard headed mama" et à "Two scoops".

Eric est un pianiste complet et se débrouille plutôt bien, dans bien des registres. Mais ce non-Louisianais est particulièrement à l’aise dans le style des pianistes de la Nouvelle-Orléans, que le tempo soit élevé, ralenti comme "Me & my baby" ou entre les deux ; très Professor Longhair avec "Woman's liberator" ou encore la reprise de "Big fat mama". Il se montre du 1er au dernier titre, un vocaliste convaincant, toujours efficace et tout spécialement dans les climats bluesy de "DT baby", "Loading dock baby" ou le bouillant "Old blues jam". Un pianiste devant une meute de saxes, pensez-vous? En fait cette meute se résume à Gordon Beadle et à Tom Baker; mais qu'est-ce qu'ils remplissent l'espace sonore!! Un tout bon album pour les amateurs de piano blues et R&B.

 

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