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Depeche Mode

Depeche Mode, Memento Mori, Mexico City

Columbia Records et Sony Music Vision annoncent deux sorties physiques historiques de DEPECHE MODE: M.  Il s’agit des coffrets CD/DVD et CD/Blu-ray du long métrage DEPECHE MODE: M et des pressages CD et vinyle de l'album live MEMENTO MORI: MEXICO CITY. Les deux titres sortiront le 5 décembre 2025.

La sortie physique de DEPECHE MODE: M comprend en fait 2 DVD ou Blu-ray et 2 CD retraçant les trois concerts à guichets fermés du groupe au légendaire stade Foro Sol de Mexico lors de leur tournée mondiale Memento Mori en 2023.

Le disque 1 du coffret s’intitule DEPECHE MODE: M, lequel s’apparente à un voyage cinématographique au cœur de la relation entre la culture mexicaine et la mort, encadré par les performances live de Depeche Mode lors de leur tournée Memento Mori. Conçu et réalisé par le cinéaste mexicain Fernando Frías, le film mêle des images de concerts à des intermèdes interprétatifs et des archives. Ainsi, DEPECHE MODE: M célèbre l'influence mondiale du groupe tout en explorant le lien profond qui existe entre la musique, la mortalité et la tradition mexicaine.

Quant au disque 2, il s’agit de MEMENTO MORI: MEXICO CITY, un film-concert intégral également réalisé par Fernando Frías lors des concerts donnés à Mexico en 2023, où Depeche Mode a joué devant plus de 200 000 fans.

Enfin, chaque coffret comprend l'album live 2CD MEMENTO MORI: MEXICO CITY, qui contient plus de 2 heures de musique issue de ces concerts, ainsi que quatre titres bonus inédits issus des sessions de l'album Memento Mori.

Lors de la tournée Memento Mori de Depeche Mode, Dave Gahan, Martin Gore et leurs acolytes ont joué devant plus de 3 millions de fans lors de 112 concerts à travers le monde. Rolling Stone l'a qualifiée de ‘magnifique célébration de la vie et de la musique’. La tournée a suivi le 15e album studio de Depeche Mode, « Memento Mori », paru en 2023. Source d'inspiration indélébile pour les fans, les critiques et les artistes, Depeche Mode continue d'aller de l'avant, l'album et la tournée Memento Mori représentant le dernier chapitre d'un héritage sans égal et toujours vivant.

Pour écouter « In the End », le premier single extrait des « Memento Mori Sessions », c’est ici

 

 

Depeche Mode

Décès de l’ex-Depeche Mode, Andrew Fletcher

Écrit par

Né à Nottingham, Andy Fletcher, membre fondateur de Depeche Mode, est décédé ce 26 mai 2022. Il aurait fêté ses 61 ans, en juillet.

Fletcher et son copain de lycée, Vince Clarke, ont d’abord formé No Romance in China fin des 70’s, un combo au sein duquel il se consacrait à la basse. Mais Fletcher rencontre Martin Gore dans un pub de Basildon. Avec Clarke, le trio se reconvertit aux synthés et fonde alors Composition of Sound. C’est Dave Gahan qui va rebaptiser la formation en Depeche Mode, lorsqu’il débarque pour assurer le rôle de chanteur. Nous sommes alors en 1980.

Fletcher s'est occupé très longtemps de la plupart des affaires du groupe, des questions juridiques et autres intérêts non musicaux. Il avait ainsi pris en charge la gestion commerciale et finalement était devenu le ‘porte-parole’ du band.

En studio et lors des concerts, Fletcher se chargeait des parties de basse, des pads, des cordes et des sons de drone, ainsi que d’échantillonnages, outre ses synthés de soutien.

Andy ‘Fletch’ Fletcher a participé à l’enregistrement de 14 albums de Depeche Mode et aux tournées jusqu’en 2006. En 2020, il avait été intronisé au Rock and Roll Hall of Fame en compagnie des autres membres du groupe.

RIP

Depeche Mode

Spirit

Musiczine est un des tout premiers médias belges à avoir pu écouter le nouvel album de Depeche Mode et à en publier une chronique détaillée. Intitulée « Spirit », la nouvelle production des stars anglaises sort officiellement le 17 mars.

Après une première écoute, l’impression générale qui s'en dégage révèle un mélange de puissance, de profondeur et de noirceur. Les tempos sont lents, les sons tissent une trame lourde, voire menaçante, les voix sont lancinantes et les thèmes évoquent clairement la situation tragique du monde d'aujourd'hui. Le titre de l'album, « Spirit », se réfère à l''Esprit', qui aurait disparu au sein de notre civilisation déshumanisée. 'Our Spirit has gone', chante Martin Gore dans « Fail ».

Côté production, Dave Gahan, Martin Gore et 'Fletch' ont choisi James Ford, connu pour son travail auprès de Foals, Florence & The Machine et Arctic Monkeys. Le son est ample, épais, très chargé dans les basses, comme pour souligner le côté tragique du propos.

Le premier titre, « Going Backwards », donne d'emblée le ton : deux accords sombres soutenus par une basse synthé ouvrent la voie à un couplet tout en retenue. Lors du refrain, Gahan et Gore conjuguent leurs voix à la perfection, comme lors des meilleurs titres de la 'grande' époque. C'est du pur Depeche Mode façon « Black Celebration ». Il manque juste un riff instrumental pour que ce soit parfait. Le thème est politique : Martin Gore y fustige le monde moderne : 'Armed with technology, We're going backwards to a caveman mentality'.

Place ensuite au single « Where's the Revolution », qui passe en boucle sur toutes les bonnes stations de radio. Lent et hypnotique, cet hymne prône une révolution 'douce', menée au son des guitares et des batteries.

Pesant et dérangeant, « The Worst Crime » poursuit dans la même veine. Ce blues électronique s'élève face à l'inertie dont nous sommes tous responsables : 'Blame Misinformation, misguided leaders, We had so much time, How could we commit the Worst Crime...'

Après avoir adopté des tempos majoritairement lents, le band adopte un rythme plus rapide tout au long de « Scum ». Assez agressif, le ton tranche également par rapport aux premières chansons. Pour rappel, 'scum' se traduite par 'ordure' ; mais malheureusement on ignore à qui le message de Depeche Mode s'adresse. La voix de Gahan est ici saturée et dans le refrain ('Pull the trigger'), les claviers deviennent solennels, comme pour signifier une condamnation à mort... Glaçant !

Changement complet d'atmosphère ensuite pour la seule composition à 4 mains signée Gore et Gahan : « You Move ». Après les premiers titres de Martin Gore, somme toute assez linéaires, l’opus pénètre dans un univers plus 'groovy', plus léger. Les paroles sont simples : 'I like the way you move'. Après le refrain, éclot un magnifique riff ; cristallin, il doit émaner d'un synthé analogique. C'est ce genre de mélodies instrumentales qui manquent cruellement aux premiers titres de l'opus. On se régale donc, d'autant que ces sons lumineux envahissent encore plus le spectre sonore, en fin de compo.

« Cover Me », composé par Gahan avec Peter Gordeno et Christian Eigner, baigne au sein d’une ambiance très particulière. Ce slow plutôt 'ambient' parle d'amour et évoque les aurores boréales. La piste est plongée au cœur d’un climat cinématographique, aux accents 'John-Carpenteriens'. Jolie surprise : au milieu de la composition, ces sorciers du son développent une très belle séquence de synthés analogiques dans un style 'minimal synth' que Martin Gore pratique souvent sur ses albums 'solo'. La fin du morceau est une merveille d'ambiance électro-symphonique. Belle réussite !

« Eternal » est le premier titre chanté par Martin Gore. Ce slow rappelle « Somebody » ; cependant, la mélodie n’est pas aussi accrocheuse. Le morceau est court (2''24) et on ne peut s'empêcher d’avoir un sentiment de 'trop peu'.

Après « Poison Heart », une valse lente qui sonne comme un blues en accords mineurs, place à la grosse claque de l'album : « So Much Love ». La pulsation est rapide (enfin!) et on sent d'emblée que l'on tient là un hit potentiel. Le riff en arpèges emprunte à David Gilmour et le staccato rythmique opère une montée en puissance propice au refrain paroxystique. On n’y arrive jamais vraiment ; ce qui est très frustrant, mais c'est quand même une composition très forte, sans doute la plus efficace depuis le début de cet LP.

Après un « Poorman » plutôt calme malgré quelques touches tribales dispersées ça et là, l'album tire doucement à sa fin dans les arabesques sombres de « No More (This Is The Last Time) », une composition de Dave Gahan et Kurt Uenala, et la noirceur désespérée de « Fail », le second titre 'solo' de Martin Gore. 'Our souls are corrupt, Our minds are messed up, Our consciences bankrupt... Oh We're fucked' : un point d'orgue crépusculaire.

Au final, cette oeuvre très forte, déroutante par moments, est surtout réellement bouleversante. C'est très noir, apocalyptique même, mais bien en phase avec la période, 'dystopienne', que nous traversons. On aurait évidemment préféré un Depeche Mode plus léger, plus new-wave, dans la lignée des grands hits des années '80 et '90 ; mais « Spirit » est ici le prolongement parfait du long playing précédent, « Delta Machine » ; et en ce sens, la cohérence est évidente. Nul doute que cet elpee tournera de multiples fois sur ma platine vinyle et que ses beautés cachées se révéleront au fur et à mesure, comme c'est toujours le cas pour Depeche Mode. En tous cas, on ne peut que féliciter le trio d'être encore si créatif, 37 ans après sa formation, et de parvenir encore et toujours à nous surprendre. L''Esprit' est bel et bien toujours au coeur de leur musique...

Tracklist:
 
Going Backwards
Where's the Revolution
The Worst Crime
Scum
You Move
Cover Me
Eternal
Poison Heart
So Much Love
Poorman
No More (This is the Last Time)
Fail
 
La version « Deluxe » contient des remixes (« Jungle Spirit Mixes ») :
Cover Me (Alt Out)
Scum (Frenetic Mix)
Poison Heart (Tripped Mix)
Fail (Cinematic Cut)
So Much Love (Machine Mix)
 
Pour commander « Spirit » : http://smarturl.it/Spirit

Le concert au Sportpaleis le 9 mai est complet.

Depeche Mode

The Power of The Black Celebration

On les attendait au tournant. Trente-trois années de carrière, treize albums, dont le petit dernier, "Delta Machine", une œuvre qui a enchanté les uns et déçu les autres. En outre, quatre ans plus tôt, la dernière tournée de ces pionniers de la synth-pop avait été bien en deçà des espérances, surtout à cause des prestations en demi-teinte de Dave Gahan, qui se battait à l'époque contre un cancer.

En ce soir du mois de janvier, le Sportpaleis est archi-comble. Comme de nombreux amis, nous avons été bloqués pendant deux heures sur l'autoroute Bruxelles-Anvers à cause de travaux (inutiles?). Heureusement, nous débarquons juste au moment où retentit "Welcome To My World", la chanson d'introduction du concert. Sur la scène, derrière les musiciens, on découvre un énorme écran vidéo, composé de plusieurs triangles, qui évoquent le logo de Delta Machine. Les musiciens sont disposés suivant un même rituel : Martin Gore est à gauche et Dave Gahan, au centre ; derrière eux Christian Eigner siège derrière la batterie, et sur deux petits podiums placés en retrait sont installés Peter Gordeno à gauche et 'Fletch', aka Andrew Fletcher, le troisième membre original de la formation, à droite, tous deux aux claviers.

Ce n'est pas un hasard si les deux premiers morceaux du set, "Welcome…" et "Angel", sont issus de "Delta Machine" : les Anglais sont très fiers de leur dernière production et il faut reconnaître que leur mélange de blues, de rock et d'électro fonctionne parfaitement en ‘live’ également. Plus tard, "You Should Be Higher", un des titres de "Delta Machine" composés par Dave Gahan, recueillera aussi un joli succès. Mais, sans surprise, ce sont les classiques qui emportent le plus l'adhésion du public. D'abord "Walking In My Shoes", caractérisé par le final très puissant de Christian Eigner, "Precious", agrémenté de jolis chiots en vidéo ou encore "Black Celebration", très dark et hypnotique, surtout quand le public reprend en choeur le refrain.

Les deux leaders principaux, Martin Gore et Dave Gahan ont l'air très en forme et heureux d'être là. Gore est, comme toujours, habillé très 'glam', ne négligeant pas la touche androgyne, tandis que Gahan a revêtu sa traditionnelle veste sans manches. Ce dernier déborde d'énergie et démontre clairement qu'il est à nouveau au top de sa forme. C'est qu'il a abandonné depuis longtemps les substances illicites au profit d'activités plus saines comme le jogging ou le fitness! Le résultat est beau à voir : il virevolte comme une ballerine de gauche à droite de la scène, engageant le public à chanter sur les refrains. Un des meilleurs showmen de histoire du rock, ce cher Dave!

Après le très efficace "Policy of Truth", on a déjà droit à la première pause du concert. Gore et Gordeno restent seuls sur l’estrade pour interpréter des versions acoustiques de "Slow", un blues pur et dur, très chaud, qui révèle à ceux qui ne le savaient pas encore que Martin Gore possède une voix exceptionnelle, et "But Not Tonight", un nouvel extrait de l'album "Black Celebration". Bien qu’en général très discret, voire timide, Martin Gore s'avance sur la rampe de la scène au milieu du public et incite ce dernier à reprendre les ‘ouh ouh’ qui clôturent la compo. La foule ne se fait pas prier et continue même à chanter quand la musique s'arrête, pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce que Dave Gahan revienne pour la suite du set et constate, émerveillé, ce qui est en train de se passer : un moment magique.

En guise de transition, le combo, revenu au complet, nous offre un autre blues figurant sur "Delta Machine", le très beau "Heaven", rehaussé par une vidéo hallucinante d'Anton Corbijn. La 'machine DM' se met alors en marche. Tout d'abord au travers de "Behind The Wheel", suivi de la version Jacques Lu Cont remix du très Reznorien "The Pain I Used To Know", sur laquelle Gordeno quitte ses claviers pour venir taquiner la basse au devant du podium. On continue plein pot par "A Question of Time", au cours duquel Gahan est carrément déchaîné, et on atteint enfin le paroxysme tant attendu: les première notes de guitare de "Enjoy The Silence" retentissent déclenchant un vacarme assourdissant. Plus de 20 000 fans chantent à tue-tête le refrain à la place de Gahan. Le final est assuré par un "Personal Jesus" d'anthologie. Un début très lent, en 'teaser' parfait, puis c'est la déferlante. Un moment de pur orgasme sonore.

La formation se retire pour quelques minutes et ce sont à nouveau Gore et Gordeno qui reviennent pour attaquer une version acoustique de "Shake The Disease". Sublime ! La mélodie est ensorcelante et pendant le passage "Understand Me...", Gore clape dans les mains, un geste repris comme un seul homme par un public subjugué. Le rappel se poursuit ensuite par la version Goldfrapp remix de "Halo", qui bénéficie miraculeusement d'un son très clair, suivi par "I Just Can't Get Enough", le titre que Depeche Mode a joué le plus sur scène en 32 ans, et toujours un des favoris des fans. "I Feel You" est assez décevant, noyé dans une bouillie sonore mais le moment le plus fort sera, sans surprise, le final : "Never Let Me Down Again". C'est une tradition devenue célèbre des concerts de Depeche Mode : à un moment précis de la chanson, Gahan vient au devant de la scène et lève les bras en l'air. 20 000 fans tendent également les leurs, et lorsque le riff final démarre toute la salle se met à les balancer de gauche à droite. La foule ressemble alors à un champ de blé qui ondule par la force des vents. Un événement qui, chaque fois, vous communique la chair de poule...

En conclusion, un excellent concert. Depeche Mode est de retour et dégage à nouveau autant sur scène. C'est en grande partie grâce à Dave Gahan, qui est de la race des grands showmen à la Mick Jagger, Bono, etc. Il possède un charisme étonnant et cette faculté unique de s'adresser à tout le monde, du premier rang aux gradins les plus éloignés. La setlist était parfaite même si l'on regrettera l'absence de bijoux tels que "Strangelove", "People Are People" ou "Everything Counts".  Seuls bémols, la 'salle' et le son, très confus, comme d'habitude au Sportpaleis. Il serait grand temps qu’il soit rénové et adapté à la technologie moderne! Mais l'approche du son de Depeche Mode est aussi critiquable : en ‘live’, il est trop brut et le choix de Christian Eigner aux drums est contestable. Son jeu est trop lourd et l'ensemble manque cruellement de finesse, de clarté et de variation dans les dynamiques. Enfin, ne boudons pas notre plaisir: les concerts de Depeche Mode sont des moments uniques, de véritables 'célébrations' de la musique et de la vie... Gahan est passé très près de la mort ; aujourd'hui, lui et son groupe sont plus vivants que jamais!

Setlist

Intro (Excerpt from 'Welcome to My World')
Welcome to My World
Angel
Walking in My Shoes
Precious
Black Celebration
Should Be Higher
Policy of Truth
Slow (Acoustic; Sung by Martin)
But Not Tonight (Acoustic; Sung by Martin)
Heaven
Behind the Wheel
A Pain That I'm Used To ('Jacques Lu Cont's Remix' version)
A Question of Time
Enjoy the Silence
Personal Jesus

Encore:

Shake the Disease (Acoustic; Sung by Martin)
Halo ('Goldfrapp Remix' version)
Just Can't Get Enough
I Feel You
Never Let Me Down Again

(Organisation : Live Nation)

 

Depeche Mode

Music For The Masses

Écrit par

De ma propre initiative, me trouver devant le stade de France, en ce samedi ensoleillé, me semblait inconcevable…

Votre serviteur en a été pour ses frais lors des grands rassemblements et il émet dès lors plus que certaines réserves lorsqu’il s’agit de s’agglutiner à la masse suintante de milliers de fans frôlant l’apoplexie à la vue de leur(s) idole(s).

Ajoutez-y des prix exorbitants réclamés pour plumer le pigeon ainsi que tout le système machiavélique mis en place pour y arriver ; et en théorie, nous arrivons donc à mon seuil de tolérance ultime.

Pourtant, à mesure que l’événement approche, mon excitation va croissante.

Je pénètre donc l’immense enceinte dénué de tous préjugés, car après tout, je suis venu prendre un max de plaisir offert ce soir, et je ne vais pas tarder à m’apercevoir qu’au-delà de ces quelques détails somme toute futiles, les grandes messes restent encore d’incomparables moments de communions.

Le rôle imparti à Douglas J McCarthy ce soir est des plus ingrats.

Jouer en première partie de Depeche Mode est un cadeau empoisonné qui ne se refuse pas.

Si l’univers de l’ex-Nitzer Ebb se prête particulièrement bien au supporting act, d’un point de vue musical, malheureusement perdu sur une scène immense, face à un parterre de fans inconditionnels qui grossit au fil des minutes, la petite stature qui incarnait un glorieux représentant de ce qu’on appelait à l’époque l’Electro Body Music, pourtant énergiquement et inlassablement ballottée de gauche à droite, va rapidement disparaître dans une vaste perspective de l’inattention.

L’accueil n’est certes pas hostile, ce qui du reste est plutôt bon signe, car quelques prédécesseurs garderont à jamais de sombres souvenirs de leur tournée avec DM (demandez donc à Stuart Pierce de Spiritualized !)

Mais il est clair que les titres de « Kill Your Friends » ne sont pas taillés pour se perdre dans l’anonymat. Ils demandent respect et attention.

Ce qui est loin d’être le cas.

Le premier opus qui signe le retour de McCarthy regorge de très bonnes chansons, aux ambiances recouvertes d’un vernis noir et parfois même inquiétant. Mais elles ne sont décidément pas destinées à être semées aux quatre vents comme de vulgaires fétus de paille, juste bons à distraire la foule impatiente.

Qui plus est, le son lui même n’est pas taillé pour un stade, loin s’en faut.

Ainsi, malgré toute sa bonne volonté, DJMC ne capte pas à focaliser la concentration…

La mienne a d’ailleurs été happée en cours par l’impressionnante structure qui héberge tant de monde et engloutit les petites fourmis gesticulantes.

Bref, je ne suis pas déçu de la prestation de Douglas, et lui donne volontiers rendez-vous au sein d’un espace davantage à la mesure de sa carrure.

De carrure, Dave Gahan n’en manque lui certainement pas. Et le poids des ans et de ses frasques vécues n’ont en rien terni son charisme.

Pas plus que les nombreuses rides qui sillonnent à présent son visage ne semblent marquer réellement l’empreinte du temps.

Impeccable showman, il est la figure de proue de Depeche Mode, celle qui permet au band de traverser les époques sans perdre de leur splendeur.

Difficile de rester placide quant il se déhanche, et inutile d’être une jeune fille découvrant ses premiers émois pour vibrer comme un cil sous le vent.

L’homme sait y faire, et épaulé par une machinerie impeccablement huilée, tant au niveau du son que de l’image, les concerts qu’il accorde déçoivent rarement.

Pourtant, il serait réducteur de résumer la magie DM à son leader vocal.

Car Andrew Fletcher et Martin Gore assurent, certes plus discrètement, mais avec autant de brio, leur part de travail.

Bien que ne disposant pas du sex-appeal de son acolyte, Martin ose même se mettre en avant sur certains titres plus dépouillés, offrant une sensibilité différente et plus timide, mais qui rappellent néanmoins à juste titre qu’il est et reste le maître à penser musical de l’entité Depeche Mode.

Alors, oui, il reste peu de place pour les surprises, et aucune pour les imprévus.

Mais il est évident que tel monstre ne se déplace pas au hasard et au gré des humeurs de son équipage.

Tout est mis en place pour que ce show d’envergure ne souffre d’aucun temps mort et tout s’enchaîne donc sans surprise, sans bavure.

Les vingt-trois titres ne varient que très peu d’un soir à l’autre, mais proposent un bel éventail d’une carrière riche en hits ; mais surtout, et c’est là la prouesse par rapport à d’autres dinosaures broutant encore nos plaines, le set est homogène.

Un set qui s’ouvre comme « Delta Machine », par un welcome, et s’achève pareillement sur un goodbye.

Le rituel des rappels assurant définitivement la mise en bière (on reparlera du prix de celle-ci à une autre occasion) avec panache et classe, comme il se doit. Laissant derrière eux un public ravi qui en demande encore plus.

Puis les projecteurs se rallument et en un rien de temps, l’immense champ se vide de ses âmes comblées et aux anges, qui bientôt se dispersent le long de la Seine, des étoiles plein les yeux.

Quant à votre serviteur, il se félicite d’avoir vaincu son agoraphobie, certes toute relative, mais qui aurait pu lui faire manquer un grand moment.

Pour peu, je me sentirais prêt à refaire le Werchter Festival !

Set List :

Welcome to My World
Angel
Walking in My Shoes
Precious
Black Celebration
Policy of Truth
Should Be Higher
Barrel of a Gun
Higher Love Judas
Heaven
Soothe My Soul
A Pain That I'm Used To

A Question of Time
Secret to the End
Enjoy the Silence
Personal Jesus
Goodbye

Rappel :

Home
Halo
Just Can't Get Enough
I Feel You
Never Let Me Down Again

 

Depeche Mode

Delta Machine

Le titre de ce 13ème album du trio de Basildon donne le ton: "Delta Machine". Il évoque le côté ‘blues’, celui du delta du Mississipi et le côté synthétique, pour ‘Machine’. En plus, jolie trouvaille, les initiales ‘DM’ correspondent à celles du groupe. Sorti près de quatre ans après "Sounds Of The Universe", "Delta Machine" a été enregistré l'année dernière en partie à New York et aussi à Santa Barbara. Il a été produit par Ben Hillier et mixé par Flood.

Il est toujours ardu de chroniquer le nouvel album d'un groupe très connu. Il faut pouvoir faire abstraction de ses propres attentes et de la 'machine' de marketing qui matraque ses messages subliminaux. Il faut se concentrer sur la musique, uniquement la musique. Et de ce point de vue, "Delta Machine" est un très bon album. Plus direct, plus organique, plus pop que "Sounds Of The Universe", qui était, lui, très cinématique. "Delta Machine" renoue avec les ambiances de "Violator" (surtout "Personal Jesus") et de "Songs Of Faith And Devotion". On y retrouve ce mélange de blues, de thèmes liés au sexe, à la religion et à l'amour, le tout rehaussé par des sonorités et des mélodies très accrocheuses.

"Welcome To My World" commence en douceur, contaminé par des accents dub. On imagine que DM a viré dubstep ou lorgne vers ce style de musique comme Muse mais non, ce n'est qu'un clin d'œil car la chanson se développe dans un style typiquement synth-pop lent, débouchant sur un très beau refrain chanté en harmonie par Gahan et Gore. On connaissait déjà "Angel", un morceau quasi gospel articulé autour de textures synthétiques très incisives, quasi industrielles. "Heaven" est une des plus belles compositions de Martin L. Gore, un classique basé sur une descente au piano ‘lennonesque’ et sur une mélodie qui évoque aussi Radiohead ("Karma Police"). "Secret To The End" est ici la première composition écrite par Dave Gahan en collaboration avec Kurt Uenala, un musicien/ingénieur du son d'origine suisse et le résultat est ma foi fort bon. C'est un titre typiquement synth-pop, très bien construit, presque archétypique de Depeche Mode.

Changement d'ambiance pour "My Little Universe", qui sonne très assez trip-hop et on pense évidemment à Portishead. Le chant est assez discret, façon crooner et la plage se termine en une construction 'minimal techno' très expérimentale : fun! A nouveau, un virage à 180 degrés et c'est l'intro carrément bluesy de "Slow", à la guitare. Ici, le rythme est louvoyant, très sensuel et le chant est ouvertement sexuel. Une bande-son à essayer pendant la galipette!

Dans "Broken", Dave Gahan démontre à nouveau qu'il est parfaitement capable de composer un classique de Depeche Mode. Tout y est : la rythmique, les harmonies et les mélodies. Le plus étrange, c'est que cette composition sonne plus ‘old school’ que celles de Gore, sensées apparaître comme plus ‘modernes’, plus expérimentales. "The Child Inside" est la ballade calme 'habituelle' chantée par Martin Gore, ici enrichie de jolis motifs synthétiques. "Soft Touch / Raw Nerve" est direct et sans fioriture : une rythmique saccadée, des vocaux libérés et au final, un hit imparable. "You Should Be Higher" est signé Gahan. Dès les premiers accords, on est immédiatement accroché par la base rythmique très sensuelle, qui évoque "Closer" de NIN et le refrain est tout bonnement sublime, aérien et hypnotique : une merveille! 

L'intro et les arrangements de "Alone" évoquent John Foxx And The Maths, surtout dans les arpèges synthés galopantes et les nappes éthérées. La chanson commence en douceur mais se muscle au fur et à mesure pour se clôturer sur un tapis de séquences analogiques. Ensuite, place à "Soothe My Soul", un hit absolu pour pistes de danse. Un beat electro irrésistible, combiné à des mélodies 'catchy' et vous vous surprendrez à monter le volume, puis d'improviser un pas de danse dans votre salon... Ce titre a d'ores et déjà gagné sa place dans la playlist de mon prochain DJ set! En point d'orgue du CD, la boucle est bouclée sur un ton bluesy dans l'intro et le couplet de "Goodbye". Par contre, le refrain est une réelle surprise. Très sixties, il lorgne carrément vers les Beatles voire les Stones ("Goodbye, Ruby Tuesday"). On peut s’attendre à voir le groupe inviter le public à le chanter en boucle, à la fin d’un concert!

En bonus, sur le double Cd et le double LP, figure la seule chanson composée ensemble par Gore et Gahan: "Long Time Lie". C'est un morceau lent, ensorcelant dominé par un refrain très mélodieux et des sons électroniques analogiques très crus. "Happens All The Time", issu de la plume de Gahan et Uenala, s’inscrit dans la même veine ; mais la programmation est un peu moins bien réussie. "Always" est une nouvelle ballade chantée par Gore et le tout dernier titre, "All That's Mine", qui était déjà inclus sur l'Ep "Heaven", prouve la qualité des compositions de Gahan/Uenala. J’estime même qu'il méritait mieux qu'un morceau 'bonus'.

Au moment de tirer les conclusions, on se doit de reconnaître que cet album est une vraie réussite. Les compositions sont brillantes, les arrangements audacieux et inventifs et le son, résolument moderne. Après 30 ans de carrière, les vieux complices n'ont rien perdu de leur inspiration et semblent très heureux d'être ensemble et de repartir sur la route. Pas de doute, Depeche Mode est toujours à la... mode!

Tracklisting :

1. Welcome To My World
2. Angel
3. Heaven
4. Secret To The End
5. My Little Universe
6. Slow
7. Broken
8. The Child Inside
9. Soft Touch/Raw Nerve
10. Should Be Higher

11. Alone
12. Soothe My Soul
13. Goodbye  

Bonus sur le 2CD Deluxe et le 2LP

14. Long Time Lie
15. Happens All The Time

16. Always
17. All That's Mine

La version Deluxe propose aussi un très beau livre de 28 pages de photos réalisé par leur collaborateur artistique historique Anton Corbijn.

 

Depeche Mode

Remixes 2 : 81-11

Écrit par

Les fêtes de fin d’année apportent, comme tous les ans, leur lot de Best Of, d’éditions ‘Deluxe’, de versions collectors et autres albums de remixes. Et c’est de remixes qu’il s’agit ici puisque Depeche Mode publie son énième compilation de ce type.  Intitulé « Remixes 2 : 81-11 », la galette, qui existe en version simple et double, réunit du beau monde. Chargés d’apporter une plus-value aux morceaux du trio mené par Dave Gahan, des artistes tels que Trentemøller, Röyksopp, M83 et Jacques Lu Cont s’y collent avec plus ou moins de succès.

La version double du disque nous réserve également les collaborations de, entre autres, Dan The Automator, Peter Bjorn & John, Darren Price, Clark, Orbital et Digitalism.

Côté réussites au sein de la version simple qui nous a été fournie, on épinglera les arrangements trippants de « Dream On » par Bushwacka, « John The Revelator » revu et corrigé par UNKLE, un « Peace » réorchestré à merveille par Six Toes et la vision estivale de « Puppets » imaginée par Röyksopp. Par contre, ce sont ceux dont attendait le plus qui déçoivent à égale mesure. Ainsi, les variantes de « Suffer Well » et « Wrong » par, respectivement M83 et Trentemøller sont les moins intéressantes de l’ensemble. Même Eric Prydz parvient à faire mieux sur « Never Let me Down Again », ce qui n’est pas peu dire.

Tout le monde le sait, un Depeche Mode version Dancefloor, c’est le jackpot assuré question ambiance pour tout DJ qui se respecte. Ce disque devrait donc (ré)chauffer les platines en cette fin d’année.

Depeche Mode

Sounds Of The Universe

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‘Iuventus stultorum magister’. Ceux qui imaginaient Dave Gahan et sa bande égarés dans les méandres des courants musicaux, victimes d’une jeunesse sans cesse exploratrice, « Sounds Of The Universe » vient de leur tendre un vilain croche-pied. Ceux qui soupçonnaient le trio Gore / Gahan / Fletcher en panne d’inspiration, cette plaque va leur clouer le bec, et la tête, alouette. « Sounds Of The Universe » est certainement l’album le plus attendu de 2009. Plus ou moins quatre ans après avoir commis le sulfureux « Playing The Angel », on se demandait où nous conduirait le douzième opus studio du groupe de Basildon. A vrai dire, après avoir écouté ce disque, on ne sait pas encore très bien où l’on va ; mais les murs de la pièce au milieu de laquelle on est précipité, sont capitonnés et sombres.

Un certain esprit revivaliste hanterait-il « In Chains », le morceau d’ouverture ? Une chose est sûre, ces sept minutes capiteuses qui ouvrent le bal sont susceptibles de vous communiquer une chair de poule fort agréable. Après cette expérience dermatologique, difficile de ne pas succomber au déjà incontournable « Wrong » ainsi qu’à « Hole To Feed », un des trois morceaux signés par Gahan ; Martin Gore ayant toléré une fois de plus, mais au compte-gouttes, les compositions de Dave. Intemporels, ces treize morceaux sont autant de parts de gâteau empoisonnées ; mais que l’on se ressert paradoxalement avec un appétit féroce. Toujours en avance sur le temps et les modes, les musiciens de Depeche Mode nous démontrent ici une fois de plus qu’ils sont les rois des studios. Si la relation DM / Ben Hillier n’est pas innocente en terme de résultat, on ne peut que marquer son respect vis-à-vis de « Sounds Of The Universe ». Même si les arrangements sont carrément époustouflants et que les mains de Hillier ont traduit ce que les consoles voulaient exprimer, l’honneur revient indéniablement au trio britannique, fervents laborantins du son depuis 28 ans déjà !

 

Depeche Mode

Best Of Vol.1

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Il n’est plus besoin de présenter cette formation mythique, inspiratrice d’une époque avant-gardiste et révélatrice d’un son synthétique qui lui est propre. On ne présentera pas non plus la voix charismatique de Dave Gahan ni les compositions efficaces et accrocheuses de Martin L. Gore tant leur succès fut retentissant, tant leur discographie est saisissante. Une dizaine d’albums, des collaborations remarquables (le producteur Mark Ellis aka Flood sur les albums phares « Songs of Faith and Devotion » et « Violator » mixé par François Kevorkian) viennent s’ajouter aux multiples reprises de titres devenus cultes. Cette reconnaissance place la formation dans la cour des grands, dont certains (Johnny Cash, Marilyn Manson, Placebo, Rammstein etc.) les rebaptisent par des covers, « Personnal Jesus » figurant incontestablement en tête. Une popularité qu’ils atteignent grâce à l’élaboration d’hymnes authentiques tels « Enjoy The Silence », « Never Let Me Down Again » et le développement de sons synthétiques mélodiques, rythmiques et percutants comme le fameux « Just Can’t Get Enough ». Résultat d’un travail précurseur sur leur époque. Ce Best Of n’est que la première partie d’une rétrospective de la carrière du groupe depuis ses débuts en 1981 soutenu depuis toujours par Daniel Miller du label Mute Records. Résistant aux nombreuses fluctuations (les départs d’Alan Wilder, un des piliers du groupe, pour son projet Recoil ou Vince Clarke pour Erasure), le combo survit. Gahan et Gore continuent de perpétuer leur image et de sculpter davantage leur son en s’entourant de musiciens talentueux, notamment Peter Gordeno (synthés, guitare). La musique de Depeche Mode, c’est d’innombrables singles qui ont marqué la scène electropop et qui pérennisent malgré une certaine évolution musicale. Symbolisant une référence immortalisée dans le panthéon des groupes emblématiques d’une époque, Depeche Mode est indubitablement présent.

 

Depeche Mode

Touring The Angel - Live in Milan (DVD + Cd)

Vous étiez plus de deux millions à les voir sur scène enchaîner nouveaux titres et vieux tubes : la tournée promo de « Playing the Angel », le dernier album de DM sorti l’année dernière, s’est révélée comme à chaque fois (tous les 4 ans, en somme) une belle machine à thune. « Nous n’avons jamais connu autant de succès », confie d’ailleurs Andrew Fletcher dans le documentaire en bonus... Si DM vend moins de disques que dans les années 80, chacune de ses tournées est un triomphe : on parle de « music for the masses » - ce nouveau DVD en témoigne. Vous le trouverez donc en tête de gondole chez le disquaire du coin, avec dessus le live de Milan, un docu de 20 minutes, un CD compilant les huit titres de « Playing » interprétés ce soir-là, et deux-trois gadgets visuels pour les fans hardcore. La setlist est la même que celle du concert donné au Sportpaleis d’Anvers, comme ça tout le monde est content, on peut presque dire que nous aussi on y était, même si on ne comprend que pouic à la langue de Botticelli. Martin Gore, justement, ressemble un peu à un vieil angelot de la Renaissance qu’on aurait dégivré : avec ses plumes et son bonnet il a l’air un peu bête, mais on lui pardonne – c’est lui le songwriter. Evidemment, quand il chante seul « Macro » et « Home », on appuie sur « Fwd », parce que c’est ennuyeux. Bonne idée d’ailleurs d’avoir relégué en « bonus tracks » ses deux autres prestations, « A Question of Lust » et « Damaged People », pour pas casser le rythme de ce live agréable, surtout dans sa deuxième partie. Le début du concert demande ainsi beaucoup de concentration, le temps que le groupe (les 3 DM, Christian Eigner à la batterie, Peter Gordeno aux claviers) s’échauffe et lâche la purée. Il faut en fait attendre « I Feel You » (le 12ème titre), qui manque pourtant de pêche, pour enfin retrouver le DM qu’on aime, bref celui de « Behind the Wheel », d’« Enjoy the Silence » (gros carton niveau ambiance) et d’« Everything Counts ». Contrairement au public belge qui semblait davantage dormir qu’acclamer ses idoles, les Milanais se révèlent d’excellents fans, reprenant en chœur « Goodnight Lovers » (chapeau) et « Personal Jesus », les larmes aux yeux et la gorge serrée. Moment à chaque fois inoubliable : la mer de bras qui tangue pendant « Never Let Me Down Again »... Et « Just Can’t Get Enough » (!!!), que DM n’avait plus interprété en live depuis la saint-Glinglin (« C’est un cadeau pour les fans », dixit Gore, l’air crispé). On peut toujours arguer sur le fait qu’ils ne sont plus tout jeunes et que ça commence à se voir et à s’entendre (surtout en ce qui concerne Gore et l’impayable Fletcher), mais un live de DM reste pour l’instant une expérience unique, de « foi et de dévotion ». Certes, on a connu Anton Corbijn plus créatif question décors (la boule, les synthés : on dirait du « Blade Runner » de carton-pâte), mais l’essentiel reste les tubes, l’ambiance, et Gahan qui mouille toujours autant sa chemise. En fin de documentaire, le chanteur se dit rasséréné, « en paix avec DM et avec lui-même »… Traduction : ça sent quand même un peu le sapin. « It’s just a question of time » ? Restons confiants, on verra dans cinq ans.

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Playing The Angel

Difficile pour un groupe de la trempe de DM de se réinventer à chaque disque : le fan vous dira qu’il s’agit du ‘meilleur depuis’… Violator ? Songs of Faith & Devotion ? Peu importe : Martin Gore chante toujours comme un angelot SM ses histoires de rédemption, de ‘foi et de dévotion’, et Dave Gahan suit le mouvement, son timbre s’éclaircissant à chaque nouvelle incursion du côté obscur de la force. Rien de bien neuf, donc, mais le fan s’en fout. Quant aux autres, ils n’écoutent pas DM, et ce nouvel album ne changera sans doute rien à la donne. Si « Precious », le premier single, sonne comme du Superpitcher FM, c’est pour rappeler le legs électro du trio : sans eux, rien ne dit que nos hits-parades seraient aujourd’hui parsemés de ritournelles synthétiques, de Fischerspooner à Ladytron. Qu’il s’agisse d’un retour aux sources du bourdon analogique n’importe pas davantage : l’essentiel, c’est que DM continue à composer de bons tubes, et ce disque en est plein. La grande nouveauté réside dans le fait que Dave Gahan ait exigé de Gore qu’il le laisse participer à l’écriture, le menaçant dans le cas contraire de quitter le groupe… On imagine l’ire des fans, même si « Paper Monsters », l’album solo de Gahan, s’avérait plutôt pèle-couilles. Gahan signe ainsi trois titres, « Suffer Well », « I Want It All » et « Nothing’s Impossible »… Et comme prévu ça manque un peu de pêche. On parle de blues électronique, le nez dans les chaussettes et les bras qui ballottent. Ailleurs, l’indus rappelle qu’il y a 20 ans DM portait des chaînes (« A Pain That I’m Used To », « John The Revelator »), et qu’à l’appel du foutre ils répondaient présents en jouant les « Master & Servant ». « Pain and suffering in various tempos » ? La routine, quoi… Martin a droit à ses deux complaintes souffreteuses (« Macro » et « Damages People »), l’introspection prend des allures de messe new wave, et tout le monde se demande encore une fois quel est le rôle exact de Fletcher au sein du groupe. Comme d’habitude, voici donc un excellent album de DM. C’est un fan qui l’écrit. Veuillez lui pardonner.

 

 

Depeche Mode

Exciter

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Grand admirateur de Depeche Mode, en lisant les articles consacrés à la sortie de son dixième album, je salivais déjà en imaginant le plaisir des oreilles qu'allait me procurer l'écoute de cet " Exciter ". Ma déception n'en a été que plus cruelle. J'ai eu beau le réécouter plusieurs fois, je n'ai décelé que quatre fragments dignes d'intérêt. Et lorsqu'on sait qu'il en compte treize, c'est un peu maigre ! Quatre fragments parmi lesquels figurent le single " Dream on ", dont le craquèlement électro-organique est imprégné du baryton sensuel de Dave Gahan. " I feel loved ", ensuite. A cause de ce synthétisme glacé, dansant, hanté par l'esprit de John Foxx. " The dead of night " aussi. Seule compo réellement expérimentale déchirée entre glam rock sci fi et métal gothique. Et enfin " Shine ", dont la lo fi nocturne épanche une mélancolie féline. Pour le reste, je suis resté sur ma faim. L'ennui existentiel manifesté sur la plupart des autres chansons baigne dans une ambient un peu trop lisse à mon goût. On a même parfois l'impression que Depeche Mode cherche à marcher sur les traces de David Sylvian, sans jamais parvenir à en contracter le feeling. En engageant Mark Bell, moitié du duo pionnier techno british LFO et responsable de la mise en forme des deux derniers opus de Björk, pour le produire, le trio a peut être commis une erreur. Seul l'avenir nous l'apprendra, car il est pratiquement devenu aujourd'hui le quatrième membre du groupe. Je suis d'ailleurs très circonspect de la transposition live que pourrait prendre l'interprétation de ces chansons. A moins peut-être qu'elles ne soient dispensées lors d'un set où toutes les places seraient assises… Vous m'avez compris ?

 

Depeche Mode

Songs Of Faith And Devotion Live

Etait-il judicieux de reproduire exclusivement et dans le même ordre les compositions gravées sur son dernier opus studio, lorsqu'on sait que le quartet de Basildon n'a jamais orchestré (!) de semblable spectacle, au cours de son dernier périple? Etait-il judicieux d'ignorer les moments les plus forts de cette tournée, lorsqu'on a pu assister à un des deux concerts consentis à Forest National au printemps dernier? Pensez à "Enjoy The Silence", "Everything Counts", "Personal Jesus", "Black Celebration", par exemple. Etait-il judicieux d'accommoder un cocktail de prises ‘live’ aussi disparates (puisées à Copenhague, Milan, Liévin et New Orléans), lorsqu'on connaît l'importance accordée par le groupe à l'homogénéité et au climat de ses prestations? Poser ces questions, c'est un peu y répondre... Parce qu'en incluant ces fameux classiques, nous aurions pu vivre un moment d'émotion et d'intensité de la trempe de "101". A ce titre, malgré la qualité des enregistrements ‘live’, ce CD est une petite déception.