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Eric Bibb

Eric Bibb sur la route…

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« Ridin’ », c’est le titre du nouvel opus d’Eric Bibb qui sortira ce 24 mars 2023. Enraciné dans le blues avec une sensibilité folk proche parfois de la country et un background à la fois soul et gospel, Eric Bibb propose une œuvre dépouillée aux chansons émouvantes. De par la très haute qualité du songwriting, l’émotion incroyable que dégage sa voix et la richesse des orchestrations, « Ridin' » pourrait devenir un de ses albums majeurs.

En attendant, le single « Family » est en écoute ici

 

 

Eric Bibb

Migration Blues

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Ce chanteur/compositeur pratique une forme de folk blues traditionnel. C’est le fils de Léon Bibb, célèbre vocaliste de folk. Eric est originaire de New York. Il a vécu successivement à Paris, Stockholm et Londres. L'an dernier, il avait gravé "The happiest man in the world", en compagnie de North Country Far et Danny Thompson. Il est de retour au sein d’un trio, une nouvelle expérience qui implique l'harmoniciste français JJ Milteau et le chanteur/guitariste folk, Michael Jerome Browne. Les sessions d'enregistrement se sont déroulées au Québec.

En cette période où tant d’être humains fuient leur pays, théâtre d'atrocités et de souffrances, pour rejoindre un monde soi-disant meilleur, comme ont dû se résigner les Afro-américains, victimes de la ségrégation raciale dans le Sud rural des Etats-Unis, Bibb ose donc un "Migration Blues". Une œuvre qui s’ouvre par un dramatique "Refugee Moan", prêt à prendre la route de l'exil, que ce soit par train, en bateau ou sur la route! La voix d’Eric est profonde et terriblement expressive. Elle évolue au sein d’un environnement volontairement dépouillé. A l’instar de "Delta getaway","Diego's blues", le titre maître, caractérisé par les sonorités d’une grande pureté, dispensées par la Resophonic à 12 cordes, et "Blacktop". "Prayin' for shore" se penche sur le triste sort des migrants dont les embarcations n’arrivent jamais à bon port. Alors, l’harmonica sonne le glas. "Brotherly love" est un superbe hymne à la fraternité. "La vie c'est comme un oignon" est un duo instrumental partagé entre le violon de Michael et l'harmo de JJ. Il rappelle le Grand Dérangement, l'expulsion des acadiens francophones du Canada vers la Louisiane où ils vont devenir les cajuns! Eric est vraiment bouleversant quand il chante le "This land is your land" de Woody Guthrie ou lorsqu’il interprète, seul, le bref "Postcard from Booker", sur l'authentique guitare de Booker White! Cet opus acoustique d’une grande intensité, s’achève par "Mornin' train", un titre qui bénéficie du concours de d'Ulrika (NDR : Mme Bibb!) aux vocaux.

 

Eric Bibb

The happiest man in the world

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Agé de 65 balais, Eric Bibb chante une forme de blues traditionnel. C’est, en quelque sorte, un digne héritier du grand Taj Mahal. Né à New York, il réside depuis longtemps en Europe. Il s’est établi aujourd’hui à Londres, après avoir vécu à Helsinki. C'est là qu'il a rencontré les frères Haavisto, soit Janne (batterie) et Olli (pedal steel, dobro). Ces deux derniers lui avaient présenté Petri Hakala (mandoline, mandola). Et ensemble ils avaient entamé une aventure sous le patronyme d'Eric Bibb & North Country Far. Pour enregistrer cet elpee, le band a reçu le concours du bassiste Danny Thompson (Pentangle, Alexis Korner, John Martyn). Un vétéran anglais. Ce qui constituait à leurs yeux une priorité. Un disque enregistré au sein du studio The Grange, dans la campagne du Norfolk.

Eric chante d’une voix grave et sereine "The happiest man in the world", un excellent country/blues. Les cordes sont magiques, et tout particulièrement celles du dobro d’Olli et de la mandoline Petri Hakala, qui s’autorisent l’une ou l’autre sortie. Et ce dernier remet le couvert sur "Foolin' down the road", en s’appuyant sur la solide base rythmique constituée par la basse de Thompson et la batterie de Janne Haavisto. Petri se consacre au violon et Eric au banjo sur l’indolent "Tossin' an' turnin". "Creole Cafe" est une plage à la fois belle et cool. La basse acoustique et la mandoline y sont bien mises en exergue. "Born to be your man" élève le tempo. Ce qui permet une nouvelle fois à la magie des cordes d’opérer. Le poète Wendell Barry a participé à l’écriture de deux compos. Lui et Eric cosignent "Prison of time" une très ballade roots traversée par la pedal steel d'Olli. Et puis Bibb a mis un de ses poèmes en musique, "On the Porch", un texte qui traite du manque de communication et de dialogue. Le tout dans un climat paisible, entretenu par le dobro. Deux instrumentaux. Tout d’abord, l’interlude "1912 skiing disaster", une plage remarquable découpée par les interventions immaculées de Petri Hakala, aux cordes. Puis "Blueberry Bat", un intermède celtique que colore Mary Murphy de son irish whistle. Baignant au sein d’une atmosphère pastorale, cet opus s’achève cependant par une cover surprenante. En l’occurrence celle du notoire "You really got me" des Kinks. En version acoustique bien sûr. Cependant, le riff est intact. Et le tout est épicé par un zeste d’harmonica, dispensé par un pote finlandais, Pepe Ahlqvist…

 

Eric Bibb and J.J. Milteau

Lead Belly's Gold

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Chanteur/guitariste américain de couleur noire, Eric Bibb est âgé de 64 balais. Il vit cependant depuis très longtemps, en Europe. Il réside d’ailleurs pour l’instant en Finlande. Sa discographie est impressionnante.

Jean-Jacques Milteau est de nationalité française. Agé de 65 ans, il joue de l'harmonica. Les deux musiciens vouent une passion commune pour le blues en général, mais certainement pour le blues originel, en particulier.

Leadbelly est un chanteur/musicien qui a surtout sévi au cours de la première moitié du XXème siècle. Il interprétait son blues et son folk d’une voix puissante, mais aiguë, en s’accompagnant le plus souvent d’une guitare à douze cordes ou alors, d’un accordéon. Indépendant et fier, il avait vécu quelques déboires ; ce qu’il lui avait valu l’un ou l’autre séjour derrière les barreaux. Il est décédé en 1949, à l’âge de 64 ans, des suites d’une maladie.

Le projet d’Eric et de Jean-Jacques est donc destiné à rendre hommage à Leadbelly, à travers son répertoire. Les onze compos –certaines notoires, d’autres moins– ont été immortalisées ‘live’ lors d’un concert accordé au Sunset de Paris. Larry Crocket épaule le duo, lors de ce concert, aux drums. Les cinq derniers titres ont été enregistrés au Studio de la Seine, par le tandem… 

Les versions proposées sont –bien évidemment– acoustiques. Bouleversant, "Grey goose" ouvre le bal. Chromatique, l’harmo de Milteau libère une fameuse dose d’émotion. La chanson évoque l'histoire d'un prêcheur qui capture une oie grise pour la manger le même soir ; hélas, il se sent incapable de tuer l’animal ! Et ne peut donc observer le Sabbat. Jean-Jacques souffle avec énormément de feeling, tout au long de "When that train comes along/Swing low, sweet chariot". Le célèbre Big Daddy Wilson chante auprès d’Eric Bibb. Il participe également aux chœurs pour "On a Monday" et "Pick a bale of coton". "The house of the rising sun" est un traditionnel que Leadbelly avait gravé dès 1943. "Midnight special" est surtout connu pour les adaptations réalisées par les Beatles, Creedence Clearwater Revival, Van Morrison. Leadbelly la chantait en s’accompagnant à l'accordéon. Milteau lui communique une sonorité proche du piano à bretelles, en se servant de la musique à bouche. "Where did you sleep last night" est une plage chargée d’intensité, également baptisée "Black girl". Kurt Cobain en avait réalisé une cover singulière, au sein de Nirvana, en 1993, un an avant sa mort. "Good night Irene" est une très belle chanson d’amour que Leadbelly avait enregistrée en 1933. "Rock Island Line" est une piste particulièrement entraînante que l’Anglais Lonnie Donegan avait traduite en tube, au cours des 70’s. Bibb et Milteau en ont concocté une adaptation remarquable.

Les titres enregistrés en studio sont donc au nombre de cinq. On en épinglera, "Bourgeois blues", une véritable perle dont les lyrics traitent de la lutte contre la ségrégation raciale. "Titanic", un morceau au cours duquel Bibb se sert d’un banjo à 6 cordes ; et enfin "Swimmin' in a river of songs", une piste qui bénéficie de la participation de Michael Jerome Browne à la guitare à 12 cordes et à mandoline. Un très bel hommage!

 

Eric Bibb

Blues people

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Eric Bibb est chanteur/compositeur. Il est âgé de 63 balais. C’est le fils de Léon, vocaliste de folk et de blues, mais également acteur. La discographie d’Eric est déjà conséquente. Il se considère comme un troubadour du blues. Il aime en rappeler les origines puisées aux sources afro-américaines. L'un de ses héros est le Dr Martin Luther King, qui a tant lutté pour les droits civiques des noirs. Il a intitulé son nouvel elpee, "Blues People" (NDR : traduisez, ‘le peuple du blues’), soit le même titre que l’ouvrage d'Amiri Baraka, signé sous le pseudo de LeRoi James, en 1963. Une approche sociale et politique du blues et du jazz qui a contribué au mouvement ‘Black Power’, destiné à la lutte contre la ségrégation raciale. Pour enregistrer cet opus, Bibb a reçu le concours de nombreux amis et collaborateurs.

L’ouverture de "Silver spoon" est empreinte de pureté et de dépouillement, un peu dans le style du John Lee Hooker originel. La section rythmique opère discrètement son entrée, avant que la guitare électrique –particulièrement inspirée– de Popa Chubby –un pote new-yorkais– n’entre dans la danse. Eric et Michael Jerome Brown cosignent "Driftin' door to door". Ce dernier se consacre à la slide sur cette piste, afin de ressusciter l'esprit du légendaire Bukka White, au sein d’un climat cool, digne de JJ Cale! "Turner station" baigne dans une même atmosphère intimiste. Le producteur, Glen Scott, siège derrière l'orgue Hammond, alors que Brown s’illustre à la slide électrique. Bibb reprend le "Chocolate man" de son ami Guy Davis. Et ce dernier, y participe. Nappé de cordes ténébreuses, "Rosewood" relate l’histoire du massacre d'Afro-américains, dans la petite ville de Rosewood (NDR : c’est en Floride), perpétré en janvier 1923. Eric adapte le "I heard the angels singin" du Reverend Gary Davis, un morceau caractérisé par les interventions à l'harmonica du Français J-J Milteau et le concours des voix envoûtantes des Blind Boys of Alabama. Il partage le chant auprès de la vocaliste de couleur noire Ruthie Foster (NDR : c’est une Texane !) et d'Harrison Kennedy (ex-Chairmen of the Board) tout au long de "Dream catchers", une compo qui mêle habilement gospel et reggae. Eric et son producteur Glen Scott conjuguent leurs voix sur le superbe "Chain reaction", une plage au potentiel commercial indéniable. De nombreux artistes ont apporté leur collaboration à "Needed time", une véritable fête vocale : Taj Mahal, Ruthie Foster, les Blind Boys of Alabama ainsi que Browne à la slide. Linda Tillery (NDR : fin des 60’s, elle assurait les vocaux chez Loading Zone, un combo issu de San Francisco) se réserve le micro sur "Remember the ones", un R&B légèrement cuivré. Le chanteur sud-africain Andre De Lange, apporte sa touche indigène à "Home". Enfin, cet excellent opus s’achève par "Where do we go", une plage à laquelle participe la charmante citoyenne de la Nouvelle Orléans, Leyla McCalla, au chant et au banjo.

 

Eric Bibb

Jericho road

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Agé de 62 balais, Eric Bibb est chanteur, guitariste et compositeur. Originaire de New York, c’est le fils de Leon Bibb, un chanteur de folk notoire. Il s’est installé à Helsinki en compagnie de son épouse finnoise. C’est en 1997, qu’il a acquis une certaine réputation en gravant "Good stuff". Depuis, il publie régulièrement des albums, principalement pour Manhaton (NDR : le label anglais d'Alan Robinson), Telarc International et Stony Plain. Les deux derniers opus remontaient à 2012, "Deeper in the well" chez Dixiefrog, et "Brothers in Bamako", en compagnie du musicien malien Habib Koité, sur Contrejour. Glenn Scott, a produit et mixé ce CD. Il a également participé aux sessions d’enregistrement de la majorité des plages, en jouant des claviers et des percussions, parfois même de la basse et de la guitare. Insulaire, Glenn est donc musicien, compositeur et producteur de couleur noire. "Jericho road" est le fruit de la collaboration entre les deux artistes qui partagent une même passion pour la musique traditionnelle américaine.

Empreinte de douceur, "Drinkin' gourd" est une compo qui parle de la fuite d'esclaves, qui ont pris la direction de la Drinkin' Gourd, en suivant une constellation qui inclut l'étoile Polaire. Ballade folk, "Freedom train" célèbre cet hymne à la liberté, une compo caractérisée par le concours discret de cordes électriques, d'un accordéon et par la présence de choristes. Complexe, "Let the mothers strip up" libère une énergie funk produite par les percussions et des claquements de main, une piste au cours de laquelle trois guitares électriques finissent par se conjuguer. Staffan Astner est préposé à la partie solo alors qu’une section de cuivres complète, constituée de musiciens suédois, vient tapisser le tout. "Have a heart" véhicule des accents africains. Et pour cause, le Sénégalais Mamadou Sene vient donner la réplique vocale, alors que Solo Cissokho se réserve la Kora. Une plage impliquant également la vocaliste texane Ruthie Foster et le gratteur suédois Astner, qui a ramené sa Telecaster. Jolie complainte soul/blues, "The right thing" est balisé par la ligne de basse que trace Victor Wooten (NDR : un membre de Bela Fleck) et les interventions répétitives de Scott aux ivoires. Blues authentique, "Death row blues" est sculpté dans les cordes acoustiques, parcouru par le piano de Glen et balayé par l'harmonica de Grant Dermody (NDR : un souffleur issu de Seattle). Un véritable moment magique ! Hammond et cuivres alimentent "Can't please everybody", un funk blues électrique. La voix d’Eric est remarquable tout au long de "The Lord's work", un blues rudimentaire dont les lyrics prêchent la paix, en s’accompagnant à la six cordes aux sonorités chargées de reverb’. Eric et Glen se partagent les vocaux sur "With my maker I am one", un autre superbe blues roots, face au dobro du Finnois Olli Haavisto et le saz turc du Norvégien Knut Reiersrud. Ce dernier collabore également à "She got mine", une autre jolie ballade roots. "One daya ta time" est censé servir de dernière ballade folk. Pas tout à fait, car après une demi-minute survient un bonus track intitulé "Now". Et quand on attend encore une poignée de secondes, le griot sénégalais débarque pour chanter "Nanibali, armé de sa kora.

 

Habib Koité & Eric Bibb

Brothers in Bamako

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Eric Bibb a de qui tenir. Son père, Leon, âgé aujourd’hui de 90 balais, était folk singer. Jouissant aujourd’hui d’une solide réputation, Eric est également chanteur, mais aussi guitariste. Sa carrière est conséquente. Et pour cause, il a publié 33 albums studio, sans compter ses projets parallèles, compiles, etc. Son dernier opus solo, "Deeper in the well", est paru cette année.

Habib Koité est malien. Egalement vocaliste et gratteur, il est cependant est né à Thiès, au Sénégal. En 1958. A cette époque, son père travaillait à l'élaboration de la ligne ferroviaire Bamako/Dakar. Après y avoir vécue 6 mois, sa famille est rentrée à Kayes, au Mali. Habib a accompli ses études à l'Institut National des Arts de Bamako. Il devient ensuite professeur de guitare. En 1988, il fonde son groupe Bamada. Le premier album "Muso Ko" paraît en 1995, suivi de "Ma Ya" en 98. Aujourd’hui, il est considéré comme un griot moderne.

C'est en 1999 qu'Habib et Eric se rencontrent et décident de s’intéresser aux affinités entre le blues et la musique malienne. Depuis, Habib se rend souvent aux USA où il s'est fait de nombreux amis comme Bonnie Raitt ou Jackson Browne.

Hormis une reprise, Habib et Eric signent 12 des 13 plages de cette collection, ensemble ou séparément. L'enregistrement a été réalisé à Bamako, en janvier 2012. Le duo y a reçu le concours du percussionniste, Mamadou Kone.

Dès le début de l’elpee, la paire balise le parcours. Eric chante "On my way to Bamako", une de ses propres compos. Les tonalités de la guitare sont bien africaines. Elles évoquent son premier trip en Afrique Occidentale, lorsqu’il avait retrouvé son ami Habib. Ce dernier lui répond aussitôt par son "L.A". Soit son arrivée à Los Angeles arrosée par quelques verres de téquila. Il y avoue d’ailleurs, ‘Tequila makes me happy’. Le rythme s’élève. Les sonorités de cordes sont d’une grande pureté. La musique est simple, allègre, chaleureuse. Naturelle et rafraîchissante, aussi. Les deux artistes sont complémentaires et nous gratifient de répliques tant vocales qu’instrumentales. ‘Réfléchir en solitaire donne longue vie à la pensée’, est une valeur qu’ils partagent sur "Toumani Kelen". Ils se dirigent vers Tombouctou, guidés par les étoiles, sur la mer de sable, au sein d'une caravane qui les amène jusqu’au Puits de l'Espoir. "We don't care". Autrement dit ‘On ne s'en soucie pas’ ou plus banalement encore ‘On s'en fout’. Un cri du cœur : le monde moderne c'est bien, tout comme l'or, les voyages de luxe, le fast food, surtout quand on ne se soucie pas de la vérité sous-jacente. Mais ces réflexions profondes sont dispensées à travers la douceur et la lumière de la musique. Issue de la plume de Koité, "Nani Le" est une très jolie ballade instrumentale, une plage très proche de l’atmosphère du blues. Habib saisit son banjo à six cordes ; et tel un griot, pousse son cri de colère suite à la mort d'un enfant, victime d’une circoncision. La sensibilité de Koité est à son paroxysme sur "Foro Bana", un afro-blues dépouillé pour cette demande en mariage! Après avoir concédé un nouvel interlude instrumental, à la gloire de la déesse de l’eau ("Mami Wata"), le tandem s’attaque à la seule reprise de l’elpee. En l’occurrence une compo notoire issue du répertoire de Bob Dylan, "Blowin' in the wind". Eric est aux vocaux. Il est épaulé par le Finlandais Olli Haavisto, à la pedal steel. Plein de charme, cet opus s’achève par "Goin' down the road feelin' bad", un traditionnel sculpté par des cordes particulièrement subtiles…

Le duo se produira au Centre Culturel d'Auderghem de Bruxelles, ce 20 novembre 2012.

http://www.ticketnet.be/fr/manifestation/idmanif/7314/idtier/289298

 

Eric Bibb

Deeper in the well

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Agé de 60 ans, ce New-yorkais passe aujourd’hui l’essentiel de son temps de ce côté de l’Atlantique. Son père, Léon, s’était forgé une certaine notoriété dans l’univers du folk, comme chanteur, et son oncle était le pianiste du Modern Jazz Quartet. Le blues écrit et chanté par Eric est très personnel, un style qu’il édulcore de folk, country, soul et gospel. Il a quitté les States, il y a plus de 40 ans. Pour s’établir en Europe. A Paris d’abord, où il rencontre le guitariste Mickey Baker. A Stockholm et Helsinki ensuite. Il est enfin reconnu par ses pairs en 1994, lorsqu’il publie l’elpee “Spirit and the blues”. Depuis, il est régulièrement nominé aux Blues Awards, pour ses productions.

Depuis le début de ce XXIème siècle, il aligne album sur album. Il est avant tout un musicien privilégiant la forme acoustique. Son folk blues est naturel, intimiste. Pour concocter ce long playing, il s’est imprégné de la riche culture louisianaise. Il s’est rendu au studio Cypress Hill, à Pont Breaux, capitale mondiale de l’écrevisse, au cœur du pays Cajun. Enfin, lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours d’excellents collaborateurs.

Il ouvre la plaque par “Bayou Belle”, largement inspiré par la nature qui l’entoure. Il est soutenu par les voix et les violons de Dirk Powell et de Cedric Watson ainsi que de l’harmonica gémissant de Grant Dermody, venu spécialement de Seattle. “No further” véhicule énormément de sensibilité et de détresse à la fois. Le ton emprunté par l’harmo accentue la sensation de morosité. Faut dire que le climat de l’opus nous plonge dans le désespoir. La voix de Bibb est grave pendant que violon et harmo hantent cet univers blafard. L’arrangement dépouillé de “Boll weevil” nous ramène au blues originel d’avant la grande guerre. Un dialogue s’établit entre la voix, la mandoline et la musique à bouche. Jerry Douglas a ramené son dobro et distille ses notes métalliques tout au long d’“In my time”. Jerry est un musicien de studio. Il a participé à la confection de plus de 1 600 albums! Bibb s’applique pour adapter le “Every wind in the river” de Taj Mahal. Il est épaulé par deux invités. Des Canadiens. Michael Jerome Browne (auteur/compositeur/interprète notoire) à la mandoline et Michel Pepin, à la guitare. La bande à Bibb reprend aussi “Could be you, could be me”, un blues traditionnel issu de la plume d’Harrison Kennedy ainsi que l’incontournable “The times they are a changin’” de Bob Dylan.

 

Leon Bibb with Eric Bibb

Praising peace

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Eric Bibb est né à New York. En 1951. Un musicien talentueux qui se consacre surtout au blues acoustique. Dès ses débuts, il côtoie des artistes aussi célèbres que Bob Dylan, Woody Guthrie et Joan Baez. Il a depuis acquis une notoriété internationale et est entré au panthéon des monstres sacrés, à l’instar de Taj Mahal, Ry Cooder, Keb Mo ou Richie Havens. Il s’est établi depuis plusieurs années à Stockholm, en Suède où il y joue et développe le blues d'avant-guerre.

Léon Bibb est son père. Ce chanteur/comédien/guitariste est né en 1922. A Louisville, dans le Kentucky. Sur les conseils de Paul Robeson, il suit des cours de baryton classique ; mais rapidement il marque un grand intérêt pour la folk music. Il acquiert une certaine réputation sur la scène de Greenwich Village, dans les 50s. Il est à l’affiche du premier Folk Festival de Newport et grave toute une série de 33 tours consacrés au folk, aux spirituals, chain gang songs, field hollers et même à la ballade irlandaise. Pendant plusieurs années, il se produit dans les théâtres de Broadway! Depuis 1971, il s'est établi à Vancouver. Au Canada. Admirateur de Jacques Brel, cet artiste participe au spectacle "Jacques Brel is alive and well and leaving in Paris". En 1972. Et à "Jacques Brel". Vers 86-87. Au cours des dernières années, il s’est associé à son fils Eric, pour enregistrer un album en duo : "Family affair" (NDR paru en 2002 chez Tradition & Moderne), un elpee qui recèle des titres de Pete Seeger et Leadbelly.

Père et fils se sont à nouveau réunis pour rendre un hommage à Paul Robeson (NDR : il était par ailleurs le parrain d'Eric et un ami près proche de Leon). Fils d'un esclave, Paul est né en 1898. Diplômé de l'université de Columbia, il était acteur, compositeur et activiste de la cause noire. Il a combattu pour la liberté, les droits civils des noirs, contre la ségrégation raciale. Pas étonnant qu’il était répertorié, dans les années 60, sur la liste noire du clan du sénateur McCarthy. Mais c’était également un baryton à la voix exceptionnelle.

Cet hommage à leur ami disparu s’ouvre par un bref prélude instrumental dont la mélodie n’est autre que le "Ol' man river" de Robeson. Leon interprète de son baryton clair "Joe Hill", une vieille chanson militante. Eric chante les spirituals sur son tout nouvel album "12 gates to the city". Père et fils ont composé le titre maître. Une chanson dont les lyrics évoquent les mouvements pacifiques des sixties. Ils joignent leurs vocaux, avec beaucoup de délicatesse, face au piano et l'orgue Hammond de Bill Sample. Eric se réserve "Put on your Robe", (NDR : le nom de son parrain lui inspire un jeu de mots). Il s’accompagne à l’aide d’une guitare à 12 cordes. Son pote Michael Jerome-Browne lui apporte également son concours. Empreint d’une tristesse infinie, le piano de Sample introduit la voix de Leon. Il exécute "Sometimes I feel like a motherless child", un succès de feu son ami Paul. Eric se réserve deux spirituals : "Home in that rock", une plage enrichie par un harmonica, une mandoline et un accordéon, et puis "Weepin' Mary", un acte de foi accompli face au piano de Jerry Yester. Le vieil homme de 84 ans clame les vertus de sa nation sur "The house that I live in". Il attaque ensuite "The water is wide", un fragment qui baigne au sein d’une ambiance champêtre. Eric emprunte une inflexion grave pour aborder "Deep river". Il s’y accompagne à la guitare sèche. Mais soudainement, sa voix est rejointe par celle de Paul Robeson. Quelques secondes. Et même de son piano. Un grand moment d’émotion né de la magie opérée par la technologie moderne. Ultime hommage à son cher ami disparu, Leon reprend enfin le classique de Robeson, "Ol' man river"! Empreint d’une grande sensibilité, cet opus s’achève par un dernier clin d'œil adressé par Eric à "A friend like you"…

Eric Bibb

Natural light

Écrit par

Eric Bibb est un chanteur/guitariste/compositeur, dont la démarche est fort proche du grand Taj Mahal. Il est né à New York. En 1951. Au cœur d'un milieu très musical. Au cours des six dernières années, il a commis cinq albums, dont le premier, "Spirit and the blues", est paru sur le label suédois Opus 3. Un disque très spontané, inspiré par Taj Mahal (NDR : of course !), Ry Cooder et Leadbelly. Il enregistre ensuite "Good stuff" en 1997. Bibb signe alors chez Code Blue, le label anglais d'Alan Robinson. Il aligne alors plusieurs elpees pour Manhaton : "Home to me" en 99, le live "Roadworks" en 2000, et "Painting signs" en 2001. Sans oublier "Just like love", édité chez Opus 3.

Paru cette année, " Natural light " constitue donc son dernier long playing. Une palette subtilement funky ouvre "Too much stuff". La voix d'Eric est douce et agréable. Hantée par la guitare très présente, traversée par quelques cuivres discrets, et taillée au couteau par l'ex Howlin' Wolf, monsieur Hubert Sumlin, la solution sonore est dynamisée par une bonne section rythmique, constituée de Martin Ditcham aux drums et de Dave Bronze. Ce dernier produit, par ailleurs cet elpee. Ce bassiste a débuté sa carrière, voici 20 ans, dans le groupe de Robin Trower. Il a participé à l'aventure Dr Feelgood en 1991, jusqu'à la mort de Lee Brillaux (NDR : le 7 avril 1994), sévi chez Procol Harum et puis, bien entendu, relevé du backing band d'Eric Clapton. La voix est plus douce que jamais sur le swing léger "Home lovin' man". Le piano de Jane Peterson communique un timbre particulier à cette composition. Le Clapton moderne aime aussi paresser au sein de cet univers relaxant. Eric Bibb parvient à bien faire passer son message de tendresse infinie. Faut dire que le timbre de sa voix transporte tant de mélancolie… Lassant transparaître les accords discrets de la guitare de Robbie McIntosh, "So sorry" est une ballade terriblement mélodieuse. Retour aux racines, celles du Sud des Etats-Unis pour aborder "Tell Riley", une composition très roots. Eric empoigne sa guitare à 12 cordes, McIntosh (NDR : assis tout près de lui), sa National steel aux accents si métalliques, pendant que Peterson disserte sur son accordéon. Eric reste au cœur du Sud pour entamer le très poignant "Guru man blues", une plage particulièrement folk blues, conduite par les guitares acoustiques, et enrichie par la slide de Robbie, qu'il joue en picking. Eric chante "Every time it rains" de Randy Newman le cœur plein de tristesse, les larmes au bord des yeux. D'une voix soudainement plus proche, seul avec sa guitare, il interprète "Champagne habits". Une tranche de musique folk bien dépouillée ! Les percussions de Ditcham sont bien mises en avant pour annoncer "Water works fine". Au cours de cette excellente composition bien rythmée, la slide de McIntosh épouse la voix grave de Bibb."Circles" marque le retour à la mélancolie. Un fragment bouleversant que Miss Peterson accompagne au piano. Le rythme s'installe. La joie de vivre s'affiche. Bibb chante "Right on time". Il semble plongé au sein d'un chœur gospel, inspiré par John Cephas. La voix d'Hubert Sumlin se manifeste dans le studio. Eric entame le superbe "Gratefully blue", un titre particulièrement lent. Sa voix est proche de celle d'un Ray Charles. Kjell Segebrant est à la guitare électrique. Il dispense un solo tout en sensibilité. "Lucky man rag" campe un folk blues contaminé par le ragtime. Pour conclure, Eric reprend avec beaucoup de bonheur "Higher and higher" de Jackie Wilson, un fragment souligné par un chœur féminin, l'accordéon et les guitares acoustiques. Toujours aussi roots, Mr Bibb vient de signer un excellent album.

Eric Bibb

Painting signs

Écrit par

Eric a tout juste 50 ans. Il est originaire de New York. Noir de peau, il appartient à la famille des bluesmen folk. Son père, Leon Bibb, était lui-même un folksinger. C'est lui qui introduisit son fiston auprès de Pete Seeger et de Bob Dylan. En 96, Eric prend conscience de ses moyens. Il passe au London Blues Festival en compagnie de Corey Harris et de Keb Mo ; célébrant ainsi la réunion d'un trio d'artistes afro-américains qui revendique l'héritage musical de l'aîné, Taj Mahal.

Eric écrit sa musique dans l'esprit de la tradition. Il compte déjà six albums à son actif : "Spirit and the blues", "Good stuff" (live en Suède), "Me to you (produit par Mike Vernon), "Home to me", le live "Roadworks" et ce dernier, sur lequel il partage plages en solitaire et en groupe.

L'album débute par deux titres acoustiques, très proches du folk blues. Tout d'abord "Kokomo", qui bénéficie du concours de Janne Peterson à l'accordéon et "Delia's gone". Il est accompagné de solides musiciens : Janne, son fidèle bassiste producteur, Dave Bronze, et le batteur Henry Spinetti. "Painting signs" est réellement frappant pour la pureté, mais aussi pour la force tranquille de sa voix, et la beauté de sa musique, même lorsque les compositions ne sont pas de sa plume. Il recèle, en outre, quelques moments exceptionnels. A l'instar de sa reprise du "I heard the angels singin'" de Rev Gary Davis. Ecrite par Dave Bronze, "Five miles above" est une remarquable épopée lente, au cours de laquelle les guitares de Robbie McIntosh et de Richard Studhome se conjuguent en harmonie au sein du décor sonore. Eric libère une émotion intense lorsqu'il s'acquitte du fameux "Angel" de Jimi Hendrix. Il accomplit cet exercice presque en solitaire ; n'autorisant la présence que du seul piano de Janne. Nonobstant les cordes synthétiques de Janne, la plage titulaire est dépouillée à l'extrême. Il chante les douces ballades cristallines, empreintes de quiétude, "To know you", "The light was worth the candle" et "Walkin' home". Le blues l'habite toujours quand il reprend "Honest I do" de Jimmy Reed, en s'appuyant sur un accordéon, les cordes de Studholme et les percussions très en avant de Spinetti. En finale, il cède le relais des vocaux au puissant Wilson Pickett. Un événement qui s'était produit sur la scène de l'Edmonton Folk Festival, au Canada. Les chœurs somptueux du Cultural Heritage Choir, la guitare de Colin Linden, la mandoline de Hans Theesink et le tuba de Son Saas étaient également de la fête. Un superbe album!