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Dodie

Un concert empreint d’émotion et chargé de sensibilité…

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Manifestement, les restrictions imposées dans l’univers des spectacles, par la pandémie, provoque aujourd’hui, chez le mélomane, une envie de retourner vivre des concerts en ‘live’. Après celui de Fletcher, on assiste, de nouveau, à la formation de files interminables, devant l’AB et ses rues adjacentes, pour celui de Dodie. Différence quand même, l’âge des spectateurs oscille entre 20 et 50 ans.

Dorothy Miranda Clark, aka Dodie, est née le 11 avril 1995. Originaire d'Epping, dans l’Essex, cette autrice-compositrice-interprète, autrice et vidéaste web s'est d'abord fait connaître grâce à ses vidéos de reprises de titres musicaux au piano et au ukulélé, avant de composer ses propres chansons.

Son dernier elpee, « Build a problem », est paru en 2021. C’est d’ailleurs dans le cadre d’une tournée destinée à promouvoir cet album, qu’elle se produit à Bruxelles, ce soir.

Sophie Dyson aka Sody assure le supporting act. C’est également une chanteuse et autrice-compositrice-interprète anglaise. Elle est née le 27 septembre 2000, à Londres Sur les réseaux sociaux, elle se présente comme suit : 'Being really honest is my thing' (Trad : Être vraiment honnête, c'est mon truc'). Un engagement qui se ressent dans l'écriture et l'interprétation de ses chansons, à la fois personnelles et empreintes d’une grande sensibilité.

Elle chante depuis l’âge de ses 10 ans, et après avoir participé à plusieurs concours, elle décroche un contrat chez Universal, en 2016. Pas d’albums à son actif, mais une trentaine de singles et/ou Eps.

Les cheveux blond platine, Sody est vêtue de noir. Une couleur qui lui va très bien, d’autant qu’elle est jolie. Sur les planches, elle est soutenue par un guitariste et un claviériste. Une TV led a été plantée au milieu du podium, et sur l’écran, on peut lire son nom en lettres capitales.  

Elle entame son set par « Scary Part Of Me ». D’abord paisibles les ivoires finissent par s’emballer, dynamisés par l’intervention généreuse de beats électro. Surprenante, tantôt douce et chaleureuse ou alors mystérieuse, sa voix campe un hybride entre celles de Robyn, Gabrielle Aplin et Anne-Marie. Elle interprète une nouvelle compo, « Bedroom Ceiling » ; et elle est vraiment superbe. Dodie va d’ailleurs nous réserver l’un ou l’autre morceau en primeur, à l’instar de « Charlotte ». Elle se dirige vers les claviers avant d’attaquer « Hold It All Together », mais rencontre un petit problème de pied de micro qui se barre. Elle en rigole. D’ailleurs le souci technique est rapidement résolu. Elle semble ravie d’être sur scène. Classieuse, sa pop fait mouche. Et quand elle se limite au piano/voix, ses chansons deviennent magiques. « Maybe It Was Me » est légèrement teinté électro.

D’une durée de 40’, ce set s’achève par « Bitch (I Said It) », un morceau caractérisé par une intervention à la guitare particulièrement élégante. Une star en devenir ! Amazing show !!!

Setlist : « Scary Part Of Me », « Bedroom Ceiling », « Hold It All Together », « Charlotte », « Maybe It Was Me », « Butterfly », « Star Potential » (unreleased song), « What We Had », « Bitch (I Said It) ».

A 21h00 pétantes, les baffles crachent une musique préenregistrée. Le rideau s’ouvre, et on découvre, sur le podium, une estrade qui s’étale sur toute la longueur de la scène et sur laquelle ont pris place un drummer et deux claviéristes, une féminine qui se consacre également à la guitare (parfois les pecus, sur une caisse claire) et un masculin, à la basse. Sans oublier la violoncelliste et la violoniste.

Habillée d’une robe blanche à froufrous et d’un body blanc un peu trop court, Dodie joue d’une multitude d’instruments : guitare semi-acoustique, clarinette, claviers, percussions, ukulélé ou mandoline. Mais c’est surtout le duo violoncelle/violon qui apporte une dimension majestueuse aux compos, même si le falsetto mélodieux de Dorothy est susceptible de vous flanquer des frissons partout. Quant aux deux claviéristes, ils n’hésitent pas à s’affronter, à l’aide de leurs grattes, en duel, en front de scène.  

Très présente sur les planches, la Britannique se révèle également particulièrement interactive. Deux spectateurs fêtent leur anniversaire, ce soir. Aussi elle leur souhaite joyeux, en s’accompagnant aux ivoires. Et elle a la gentillesse de dédicacer un ukulélé que l’un d’entre eux lui présente. En outre, entre chaque chanson, l’artiste discute et plaisante avec son public. Elle est vraiment sympa. Autant que Lisa Hannigham, que votre serviteur a toujours portée haut dans son cœur.

Si la setlist réunit de nombreuses chansons romantiques, la fin de parcours est nettement plus engagée. Ainsi, dans « Rainbow », elle évoque les luttes auxquelles sont confrontées les personnes qui tout comme elle, s'identifient à la communauté LGBTQ+. Cette chanson représente pour Dodie une redéfinition de sa bisexualité par rapport à l'époque où elle l’a déclaré publiquement, en 2017, à travers la vidéo « I'm bisexual - a coming out song ».

Et dans le même esprit, elle clôt son set par « She », une chanson qui explore le thème de la bisexualité.

Généreuse, Dodie va encore nous accorder six titres lors du rappel.

Un concert empreint d’émotion et chargé de sensibilité…  

Setlist : « Air So Sweet », « Cool Girl », « I Kissed Someone (It Wasn’t You) », « Guilltless », « Human », « Special Girl », « Bad Song Mashup », « Sick of Losing Soulmates », « Non identifié », « Four Tequilas Down », « Non identifié », « Sorry », « When », « Before The Line », « Rainbow », « She ».

Rappel : « If I'm Being Honest », « Boys Like You », « Monster », « In The Middle », « Hate Myself », « Would You Be So Kind ? ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Arsenal

Prêt pour les festivals d’été…

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Après plus de 20 ans de carrière, Arsenal est devenu l’archétype du groupe festif et dansant. Ce qui explique, sans doute, pourquoi il est capable de remplir l’AB, six soirées sur une courte période, et pourquoi il est régulièrement invité lors de festivals majeurs (Werchter, Pukkelpop, Couleur Café, Rock Ternat, Lokerse feesten…), en Belgique.

Chaque album nous plonge au sein d’un univers différent et nous invite à traverser, tantôt le Brésil, le Japon, le Mali ou l’Afrique de l’Ouest, suivant les voyages opérés par les deux têtes pensantes, –en l’occurrence Hendrik Willemyns et John Roan– pour y puiser l’inspiration. Mêlant pop, hip hop et world music, et suivant les circonstances, électro, sa musique incite naturellement à la danse. Arsenal vient de publier un ‘best of’ sous la forme d’un double vinyle, mais son tirage est limité. Les supporting acts sont assurés par Tin Fingers et High Hi

Tin Fingers c’est le band de Felix Machtelinckx. Une formation anversoise dont les musicos se connaissent depuis les bancs de l’école. Elle pratique une dream pop vintage, catchy, mélancolique et terriblement efficace. Son premier elpee, « Groovebox Memories », est paru en juin 2021. Un nouvel opus devrait bientôt sortir… Après avoir gravé l’Ep « No Hero », en 2017, elle avait pris une pause et son leader s’était mis au service d’Arsenal pour écrire quelques chansons.

Le set s’ouvre à 19 heures, par « Adrenaline » (NDR : probablement une nouvelle compo) et à ce moment de la soirée, il n’y a pas grand-monde dans la salle. Outre Felix (NDR : il est vêtu d’une longue gabardine de couleur noire), préposé à la guitare et aux vocaux, le line up implique le guitariste Quinten De Cuyper, le drummer Marnix Van Soom et le bassiste Simen Wouters, ce dernier se chargeant également des backing vocaux. La voix de Machtelinckx est vraiment superbe. Son amplitude navigue à la croisée des chemins de celles d’Antony Hegarty, de Klaus Nomi, Blaudzun ou encore Thom Yorke. Elle peut se faire douce, mélodieuse ou grimper dans les aigus…

Setlist : « Adrenaline », « I’m Lost With Move », « Islandheade », « Boy Boy » », « Happy Family », « I Love The Countryside »

Etabli à Louvain, High Hi réunit la guitariste/chanteuse Anne-Sophie Ooghe, le batteur/chanteur Dieter Beerten et le bassiste Koen Weverbergh. Son dernier LP, « Return to dust » est paru en avril dernier, et le trio va nous en proposer de larges extraits.

Les harmonies vocales échangées entre Anne-Sophie et Dieter sont épatantes. La frappe du batteur est métronomique ; en outre, sa technique est impressionnante. Il dispose également d’un iPad, à sa droite. Vu le matos d’Arsenal, il n’y a guère d’espace pour déambuler sur le podium. Anne-Sophie tente quelques timides pas sur la scène qui s’avance dans la foule.

Oscillant entre shoegaze, new et cold wave, la musique du quatuor est manifestement influencée par les 80’s. Et tout particulièrement par U2 et Cure. Le concert s’achève par le single, Daggers » …

Setlist : « Due Date », « 94A9 », « Return To Dust », « Alligot », « Nu Nu », « All Cool All Fine », « Daggers ».

La salle est bondée lorsque le rideau se lève et le public découvre une forêt exotique luxuriante, tant en arrière-plan que sur les flancs. Un décor magique où on pourrait espérer que des oiseaux s’échappent. Ce ne sera pas le cas. Le line up du band accueille un nouveau venu, en l’occurrence le claviériste/ guitariste Lesley Troquet. Ce qui porte, circonstanciellement le nombre de guitaristes, à quatre ! Ils sont neuf musiciens sur les planches ! Léonie Ghysels se consacre toujours au chant et aux chœurs, épaulant ainsi les deux autres choristes, Judith Okon et Pauliene Mattheus. Installé à la droite du drummer, Dada Ravalison de Suarez se consacre aux djembés et percussions diverses.

Le set d’ouvre par l’excellent « Mr Doorman ». Le band entame ensuite un périple qui va nous conduire en Amazonie et tout particulièrement au Brésil ; un voyage dynamisé par une profusion de percus et de samples. Le public est de plus en plus chaud et sautille sur place. John et Léonie se trémoussent. A l’AB, Arsenal se sent comme à la maison. Il n’en oublie pas ses singles, « Amplify » mais également « In The Rush Of Shaking Shoulders ». John est partout à la fois : il danse, chante et se mêle aux chœurs. Et tout comme Léonie, il vient se mêler aux percus. Le groupe dépoussière son répertoire à l’aide de sonorités électro et de nombreuses percussions, à l’instar d’« Amelaka Motiga » ainsi que du magistral « Oyebo Soul ». « Temul (Lie Low) » est superbement interprété par une des deux choristes qui pour la circonstance, s’est postée sur l’avancée de scène. Le groupe s’autorise des morceaux moins connus comme « Rise & Fall », « Whale » ou l’atmosphérique « One Day At A Time ». Et « Saudade pt. 2 » nous rappelle que Hendrik et John ont également exploré l’Afrique de l’Ouest. Un titre parcouru de sonorités de guitares lancinantes. Felix monte sur l’estrade et interprète « Animal ». Léonie se dandine langoureusement pendant « Longee ». Et le concert de s’achever par Estupendo ». Avant qu’Arsenal n’accorde un rappel de quatre morceaux. Après avoir assisté à ce show, il ne fait aucun doute que le collectif est prêt à affronter les festivals d’été…

Setlist : « Mr. Doorman », « Amplify », « Amelaka Motinga », « Black Mountain (Beautiful Love) », « The Rise & Fall », « One Day at a Time », « Whale », « Either », « Temul (Lie Low) », « Saudade, Pt. 1 », « Saudade, Pt. 2 », « Eling Park », « Animal », « Sometimes », « Longee », « High Venus », « Estupendo ».

Rappel : « Fear of Heights », « The Coming », « Melvin », « Lotuk »

(Organisation : Live Nation)             

Larkin Poe

Du blues au roots en passant par le rock’n’roll sudiste…

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Le concert de Larkin Poe a été reporté à 4 reprises, à cause de la pandémie. Mais il se déroule enfin ce 7 mai, au Cirque Royal de Bruxelles.

Larkin Poe est une formation drivée par les sœurs Rebecca et Megan Lovell. Originaires de Georgie, elles se sont établies à Nashville, au Texas. Le patronyme du band est inspiré du nom de leur arrière-arrière-arrière-grand-père, un lointain cousin de l’écrivain Edgar Allan Poe. Le combo s’est formé après la séparation du groupe de bluegrass familial, The Lovell Sisters. Pratiquant du folk à l’origine, le band s’est ensuite tourné vers le blues/rock. Votre serviteur avait pu assister au concert de Larkin Poe, à la Madeleine, en avril 2019.

C’est Ryan McMullan qui assure la première partie, un auteur-compositeur-interprète issu d'Irlande du Nord. Bien que talentueux pianiste et guitariste, son principal atout, c’est sa voix.

Sur scène, il est épaulé par un préposé aux ivoires. Ryan dispose de 3 guitares semi-acoustiques. Très interactif, il n’hésite pas à discuter avec le public… d’un accent irlandais à faire frémir n’importe quel interprète.

Le set d’ouvre par « Ghost ». Chargée d’émotion, sa voix est chaude et mélodieuse. Sincères et profondes, ses chansons sont parfois désenchantées. A l’instar de « Belfast City ». Sa version du « Jealous Guy » de John Lennon est absolument superbe. Cependant, il ne reprend pas « I am on fire » de Springsteen, comme on aurait pu l’espérer. Néanmoins, le public acclame la prestation de cet artiste dont la cote de popularité ne cesse de grimper en flèche…

Setlist : « Ghost », « If This Is The End », Jealous Guy » (cover John Lennon), « Static », « Belfast City », « Oh Susannah »

Chez Larkin Poe, Rebecca (NDR : la brune !) se consacre au chant et à la guitare électrique, et sa sœur, Megan (NDR : la blonde !) à la seconde voix et à une dobro trafiquée, dont elle se sert en position debout, comme une lap steel. Ben Harper y est d’ailleurs accro.

Sept énormes phares leds ronds posés sur pieds métalliques et fixés à une hauteur de 2m50, derrière les artistes, vont inonder la foule de leurs rayons lumineux. Les frangines sont soutenues par Robby Handley aux drums, planté sur une estrade, et Chad Melton à la basse.

Dès le morceau d’ouverture, « She's a Self Made Man », Megan traite subtilement sa gratte singulière à la slide ; et tout en jouant de son instrument, elle déambule sur les planches. Pas étonnant qu’elle soit surnommée ‘The Slide Queen’ par sa sœur. Quant à Rebecca, c’est sa voix qui est vraiment superbe. Elle donne quand même l’impression de mener la barque. Pourtant, elles sont très complémentaires. Les filles peuvent aussi compter sur de solides lignes de basse, susceptibles de vous remuer les tripes. A l’instar du bluesy « Keep Diggin’ ». Et également de « Trouble In Mind », point d’orgue du show, mais également pièce maîtresse du répertoire de la fratrie Lovell. Dont la combinaison des grattes fait merveille. Un répertoire qui oscille du blues au roots en passant par le rock’n’roll sudiste.

Pendant la reprise du « Preachin' Blues » de Son House, la foule reprend le refrain en chœur. Tout comme au cours de « Holy Ghost Fire », alors que les musicos se balancent. Cool, la cover du traditionnel « John the Revelator » nous entraîne dans le Delta. N’y cherchez cependant pas la présence d’alligators… Une nouvelle compo quand même, le single « Bad Spell » qui figurera sur le prochain elpee, dont la sortie est prévue pour 2023. Mais dans l’ensemble, au cours du set, Larkin Poe s’est concentré sur ses morceaux de roots rock, tels que « Mad As A Hatter », « Blue Ridge Mountions » ou encore « Wanted Women-AC/DC » qui a clôturé le concert.

Enfin, en rappel, on a eu droit à une chouette adaptation du « Come On In My Kitchen » de Robert Johnson.  

Setlist : « She's a Self Made Man », « Keep Diggin' », « Trouble In Mind », « Bleach Blonde Bottle Blues », « Preachin' Blues » (Son House cover), « Holy Ghost Fire », « John the Revelator » [traditional] cover), « Back Down South », « Summertime Sunset », « Mad as a Hatter », « Bad Spell » (nouveau single), « Black Echo », « Blue Ridge Mountains », « Wanted Woman-AC/DC »

Rappel : « Come On in My Kitchen » (Robert Johnson cover)

(Organisation : Gracia Live)

Fletcher

Sexy et juvénile…

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La grande salle de l’Ancienne Belgique est en mode Ballroom, c’est-à-dire que les balcons et les places assises ont été condamnées. Le concert est complet depuis belle lurette. La queue débute à l’entrée de l’AB, s’étend tout le long de la rue des Pierres et atteint l’entrée de ‘Music village’. Jamais vu une telle file d’attente ! La majorité du public est composé de jeunes adolescentes dont la moyenne d’âge ne doit pas dépasser les 17 printemps. Votre serviteur se sent un peu perdu au milieu de ces grandes ados…

Depuis la sortie de « Undrunk », Cari Elise Fletcher (28 ans), aka Fletcher, a le vent en poupe. Ce single remonte à janvier 2019. Depuis, l’artiste a gravé deux Eps et une volée de singles. Elle devrait bientôt publier son premier elpee.

Le supporting act est assuré par Taylor Cameron Upsahl, aka Upsahl. Née le 28 novembre 1998, cette auteure/compositrice/interprète et multi-instrumentiste américaine est issue de Phoenix, dans l’Arizona. A son actif, un album studio, un live, deux Eps et une volée de singles.

Vêtue d’un body et de bas noirs, elle alterne, guitare, basse et ivoires. Elle est soutenue par un sixcordiste et un drummer.  

Puissantes, les interventions d’Upsahl à la guitare évoluent à la limite du métal. Très interactive, elle affiche une présence scénique dynamique qui fascine l’auditoire. Tout au long de « Drugs », « Lunatic » et « Lady Jesus », elle parvient à faire chanter et danser la foule. Faut dire que ses refrains sont accrocheurs. On est sans doute en présence d’une future star. Enfin, c’est un avis qui n’engage que votre serviteur…

Fletcher débarque sur le podium vêtue d’un bermuda et d’une veste à franges aux épaulettes d’officier de l’armée. Elle est soutenue par un drummer et deux guitaristes, dont une de sexe féminin, très complice avec Fletcher.

Agressif, le light show se focalise aussi bien sur les musicos que sur la foule.

Fletcher réinvente « I Kissed A Girl » de Katy Perry, en utilisant quelques paroles de la version originale afin de raconter sa propre histoire lorsqu’elle est passée à l'âge adulte. Les paroles sont significatives de l’esprit de la chanson : ‘J'ai embrassé une fille et je l'ai aimée. Je l'ai sirotée comme une démodée’. La pop star du New Jersey l’interprète sur le refrain du hit décroché par la Californienne, en 2008, au cours duquel elle racontait : ‘J'ai embrassé une fille et elle a aimé ça. C'est mieux que ce que j'imaginais’.

Après ce morceau dansant, elle nous réserve le plus paisible « Forever », un morceau dont les lignes de guitares particulièrement souples canalisent sa voix qui fluctue constamment.

Elle n’oublie pas « Cherry », enregistré en compagnie de l’icône lesbienne Hayley Kiyoko. Et exécute son dernier Ep, « The s(ex) tapes », dans son intégralité. Manifestement, Fletcher est également devenue une sorte de symbole lesbien au sein de la communauté LGBTQ (NDR : dans la salle, il y avait pas mal de couples féminins). Sa version du « Happier Than Ever » de Billie Eilish est particulièrement entraînante.

Le show va traverser quelques moments cocasses ; notamment, lorsque des sous-vêtements féminins atterrissent sur la scène, mais munis de leur étiquette et du prix. Fletcher a de quoi s’habiller pour l’hiver prochain. Et puis, lorsqu’elle a failli perdre son bermuda. Ce qui a déclenché l’hilarité dans la fosse, la forçant à aller se réajuster en coulisses. De retour sur l’estrade, elle entame alors une danse sensuelle avec sa guitariste.

Un peu de funk ou d’électro plus tard, elle n’oublie pas son tube « Undrunck ». Au sein des premiers rangs, les aficionados connaissent les paroles et les reprennent en chœur. Moment choisi par les spectateurs pour allumer leurs smartphones afin de parsemer l’auditoire d’étoiles. Pendant « If I Hated You », Fletcher s’allonge puis lève sensuellement les jambes en chantant « Sex (With My Ex) », une compo au cours de laquelle elle raconte avoir mal vécu une rupture amoureuse difficile. Très interactive, au cours du show, Fletcher prend plusieurs bains de foule, mais près du front de scène. Et le concert de s’achever par le très rock « Bitter », une nouvelle chanson.

Au cours du rappel, elle interprète « For cari », un inédit qu’elle déclare avoir écrit à un moment particulièrement déprimant de sa vie…

Setlist : « Girls Girls Girls », « Forever », « Cherry », « If You're Gonna Lie », « All Love », « Undrunk », « If You're Gonna Lie », « Fuck You for Ruining New York City for Me, Happier Than Ever » (cover Billie Eilish), « Silence », « If I Hated You », « Feel », « Sex (With My Ex) », « The One », « Shh...Don't Say It », « Bitter ».

Rappel : « For Cari », « Healing ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

 

 

 

Selah Sue

La transfiguration de Selah Sue…

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Ce soir Selah Sue est de retour pour présenter son troisième elpee, « Persona », paru le 25 mars 2022. Il aura fallu attendre 7 longues années entre « Reason » et ce nouvel opus. Entretemps, elle a gravé un Ep 5 titres (« Bedroom » en 2020) et surtout donné naissance à deux fils. Ce concert a été programmé dans le cadre d’une tournée mondiale, entamée depuis début janvier. 

Mot latin, « Persona » possède plusieurs définitions. L’une d’entre signifie ‘les différents masques que l’on porte sur scène’. Aujourd’hui, il évoque l’image publique et les facettes multiples et parfois paradoxales qui constituent chacun d’entre nous. Pour cet LP, Selah Sue n’a pas choisi ce titre au hasard. En passant en revue certaines personnalités qu’elle a incarnées au cours de son existence (l’amoureuse, l’hédoniste, l’angoissée…), la Louvaniste explore son propre moi à travers des morceaux sincères et lumineux, après plusieurs années de pause.

C’est Pomrad, le projet d’Adriaan Van De Velde, qui assure les supporting act. Anversois, il pratique une forme d’électro/hip hop mâtiné de funk, de trip hop et de drum&bass. A son actif, une volée de singles, Eps et deux albums.

Seul sur les planches, il est entouré de trois synthétiseurs installés en triangle afin de lui permettre de se dandiner au milieu de ses instruments. Et derrière son micro, il incite la foule à danser et applaudir. Toutes les sonorités, y compris les cuivres (trompette, bugle et saxophone) sont samplées et reproduites par les synthés. Une prestation qui a permis de faire monter la température dans la fosse avant l’arrivée de la tête d’affiche…

Vêtue d’un ensemble plutôt large et à franges, de couleur jaune, Selah Sue monte sur le podium. Elle est suivie par son claviériste (NDR : Joachim Saerens, son époux et co-compositeur), son bassiste Dries Laheye, ses trois choristes (Sarah Devos, Stefy Rika et Judith Okon) ainsi que deux nouveaux musicos, un drummer et un guitariste/claviériste. Une estrade basse est destinée aux musiciens, de manière à laisser tout la place à Selah sur la scène. Les trois choristes sont plantées l’une à côté de l’autre, à l’extrême gauche.

Le set s’ouvre par « Kingdom », un morceau qui tire quand même en longueur.  Selah est bien moins statique que dans le passé. Elle déambule constamment sur les planches, de long en large. Un va-et-vient qu’elle va accomplir pendant les 90 minutes du spectacle.

Chaude, puissante, profonde, légèrement éraillée et fragile, la voix si caractéristique de Selah Sue est à la fois gorgée de soul chaleureuse et traversée de fêlures blues.

Le rappeur Tobi débarque sur le podium pour partager le chant avec Selah sur « Hurray », une compo agrégeant judicieusement soul rap. Mais pas de Damso ce soir pour interpréter le single « Wanted You To Know ».

Au sein des choristes, la voix grave et puissante de Rika supplante parfois celle des deux autres.

Très interactive face au public, Selah signale est heureuse de reprendre la scène après 7 ans. Selah a réussi à chasser tous ses démons et n’est plus addict aux antidépresseurs, c’est une nouvelle femme transformée, bien dans sa peau, qui se produit devant nous.

Fusion de blues et de gospel, la ballade « All The Way Down » est parcourue d’un long solo de guitare ; moment choisi par Selah pour changer de fringues (NDR : elle va les troquer à trois reprises), et opter pour un pantalon et un tee-shirt de couleur rouge incandescent.

C’est Zwangere Guy vient enflammer la salle de son rap démoniaque pendant « Celebrate ».

Elle rend hommage à Arno en reprenant son incontournable « Putain, Putain ».

Bercé de tonalités jazzyfiantes, à la limite du lounge, le single « Pils » baigne dans une ambiance feutrée. D’abord funky, « Alone » vire à la pop puissante et sauvage. Avant d’attaquer « You », Selah déclare avoir composé cette chanson pour ses fils.

Selah n’a pas renié le reggae et le ragga de ses débuts en nous réservant « Peace Of Mind », « Raggamufin » et en clôture du show « This World », morceau qui nous entraîne jusque Kingston.

Sur les 11 titres de la setlist, une majorité était issue du dernier long playing, « Persona ». Nous avons retrouvé une Selah Sue transformée et épanouie. Espérons que ses démons ne reviennent pas la hanter. Une belle soirée au cours de laquelle les spectateurs sont repartis plein de petites étoiles dans les yeux…

Setlist : « Kingdom », « Hurray », « Karma », « Wanted You To Know », « Free Fall », « Peace Of Mind », « Raggamufin », « All The Way Down », « Celebrate », « Putain, Putain », « Pils », « Alone », « You », « This World ».

(Organisation : Live Nation et Ancienne Belgique)

Miles Kane

Un final qui a fait la différence…

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Miles Kane se produisait à l’Aéronef de Lille ce vendredi 22 avril. Il y a bien moins de monde que pour Fontaines DC. Le balcon a été condamné, mais la fosse est quand même bien garnie. Le natif de Birkenhead est venu défendre son dernier et quatrième elpee, « Change the show », paru le 21 janvier dernier. Pas vraiment transcendant, à l’instar du précédent, « Coup de grace », paru en 2018. Mais c’est sur les planches, que le Britannique se transcende…

Le supporting act a presque terminé son show, lorsque nous débarquons dans la salle. Ce qui permettra quand même d’assister aux trois derniers morceaux du concert d’Oracle Sisters. Le trio a été formé par deux amis de longue date : Lewis Lazar (NDR : il est également peintre) et Christopher Willatt. Respectivement Danois et Irlandais du Nord, ils ont grandi ensemble à Bruxelles, écrivant et jouant de la musique. Ils ont déménagé séparément à New York et à Edimbourg et se sont retrouvés à Paris où ils ont commencé à travailler sur de nouvelles chansons. Le line up implique également Julia Johansen, une Finlandaise de grande taille, vêtue d’une minirobe plutôt sexy, mais laissant apparaître de longues jambes qui n’en finissent pas (NDR : en référence à une pub pour des collants, diffusée au cours des seventies). Et elle se consacre à la basse et aux claviers. Le trio pratique une forme de folk/pop teintée de rock et de psychédélisme. Falsettos, les harmonies vocales sont superbes et susceptibles de rappeler celles de Tahiti 80. Les deux autres musicos se partagent les grattes (acoustique pour l’un, électrique pour l’autre) et se révèlent plutôt doués. On n’en dira pas plus, mais ce groupe est manifestement à revoir…

Miles Kane débarque sur les planches. S’il se consacre le plus souvent à la guitare, il est soutenu par un autre soliste, un bassiste, un claviériste et un drummer. Le set s’ouvre par les très énergiques « Don’t let it get you down » et « Rearrange » que la foule reprend déjà en chœur. Le light show privilégie la couleur rouge, en référence à la teinte du dernier elpee (pochette, support, clip vidéo, …) La voix de Mike rappelle parfois celle de Marc Bolan ; et c’est flagrant sur les titres les plus glam comme « Cry on my guitar » et « Change the show ». Mais à partir du quatrième morceau, le concert vire au r&b bien british, soit dans l’esprit de The Style Council, les sonorités rognées de l’orgue accentuant cette impression. Une période entrecoupée du funk blanc « Coup de grace » (Gang of Four ? A certain Ratio ?), moment choisi par le claviériste pour marteler ‘tribalement’ deux toms que sont venus lui installer provisoirement un roadie. On a même droit à une ballade mid tempo au cours de laquelle Miles a abandonné sa gratte et puis à un « Tell me what you’re feeling » réminiscent du Spencer Davies Group. Le show va vraiment prendre son envol à partir de « Aviation », une compo de son side project The Last Shadow Puppets. Miles Kane nous réservera d’ailleurs encore un titre de ce band, « Standing next to me ». Le claviériste troque ses ivoires pour un saxophone, tout au long de « Never get tired of dancing », moment au cours duquel il rejoint le front de scène. Les cordes de Kane rugissent tout au long de l’excellent « Inhaler ». C’est vraiment un frontman. Il se cabre en arrière tout en pliant les genoux. Il harangue la foule qui réagit au quart de tour. Mais lorgne carrément vers la britpop (Richard Ashcroft ?) sur « Loaded ». A l’issue de l’hymnique « Don’t forget who you are », le public reprend les ‘la la la’ de la chanson alors que la chanson est terminée. Ce qui incite le band à jouer les prolongations du morceau. Avec une grosse acclamation de l’auditoire, à la clef. Petite pause pour « Colour of the trap », au cours duquel le soliste se consacre à la lap steel guitar, mais ses interventions manquent de relief (NDR : n’est pas Ben Harper qui veut !). La fin du concert s’emballe et redouble d’intensité électrique. « Change the show » est le théâtre d’un duel de grattes. Pendant « Give up », Miles présente ses musiciens qui en profitent pour s’autoriser un petit solo. Puis, lorsque la compo reprend son cours, le drummer se déchaîne. Et il récidive sur « Come closer » dont le public reprend en chœur les ‘Oooh, ooh, oooh, aaah, aaah, aaah’ à la fin du morceau. Ce qui inévitablement permet au combo de refaire le coup de la reprise dans une ambiance de folie. Et puis, le quintet tire sa révérence. Les baffles crachent le « Nutbush City Limits » de Tina Turner et les lumières se rallument. Rideau. Petite anecdote (merci Ludo), tout le long du concert, les musicos d’Oracle Sisters ont dansé, en coulisses… (voir notre section photos )

Setlist 

Don't Let It Get You Down
Rearrange
Cry on My Guitar
Nothing’s Ever Gonna Be Good Enough
Coup de grace
Tears Are Falling
Tell Me What You’re Feeling
Caroline
Blame It on the Summertime
Aviation (The Last Shadow Puppets song)
Never Get Tired of Dancing
Inhaler
See Ya When I See Ya
Loaded
Don't Forget Who You Are
Standing Next to Me (The Last Shadow Puppets song)
Colour of the Trap
Give Up
Change The Show
Come Closer

(Organisation : Aéronef)

Sparks

Du grand art !

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Le dernier concert accordé par Sparks, en Belgique, remonte au 17 septembre 2019. A cette époque, il était venu défendre son album « Hippopotamus ». Sparks (Trad : étincelles) est considéré comme le duo le plus kitsch de la planète rock. Les frères Russel (75 ans) et Ron (77 ans) Mael ont fondé ce projet en 1968. Le monde les avait découverts en 1974, lors de la sortie du single « This Town Ain't Big Enough For Both Of Us », paru sur l’elpee « Kimono My House ». Le tandem vient de fêter ses 50 ans de carrière

La grande salle de l’AB est en configuration semi-flex, et elle archicomble. Après avoir été un des groupes phares du glam rock, Sparks est passé à la synthpop et la new wave, tout en s'inspirant du disco. Mais il a surtout eu le bon goût d’évoluer au fil des 5 dernières décennies. Sparks est considéré comme une influence majeure pour des groupes comme New Order et Depeche Mode, mais également par des formations et des artistes de rock alternatif tels que Morrissey, Siouxsie and the Banshees et Sonic Youth. Même Björk a reconnu avoir été inspiré par sa musique. Le duo a demandé de porter le masque buccal, afin de ne pas risquer une contamination susceptible d’interrompre sa tournée mondiale.

En 2022, Sparks reste vraiment d’actualité. Non content d’avoir signé un « Best Of » en trois volumes l’année dernière, il a sorti un documentaire (« The Sparks Brothers » par Edgar Wright), un film (« Annette », césarisé à Cannes et mis en scène par Léos Carax) et un nouvel opus, « A Steady Drip, Drip, Drip », précédé par le single « Please Don’t Fuck Up My World ».

Le set débute exactement à 20h15. Et c’est parti pour un show de 120 minutes découpé en 23 titres (NDR : 23, c’est également le nombre de long playings que le duo a gravés).

Derrière les frangins, un claviériste, deux guitariste et un bassiste sont installés sur une estrade qui fait toute la largeur du podium.

Entre chaque chanson, Russel s’exprime dans un français impeccable. Ron se plante à l’extrême-droite de la scène derrière ses claviers. Son look démodé est en total décalage avec celui de tous les autres musiciens, y compris son frère. Vêtements sobres, cheveux gominés, moustache en brosse à dents, pantalon noir trop court aux pattes d’éléphants ; il me fait penser à un personnage du musée Tussauds. Russel a enfilé un pantalon large (genre baggy trousers) et porte un pull de couleur noire.

Le set débute par « So May We Start », un extrait de la bande-son du long métrage « Annette ». Russell sautille sur place tout en chantant. On dirait qu’il est monté sur ressorts. Et il doit être en parfaite forme physique, puisqu’il va régulièrement sautiller tout au long des deux heures de set.

Il y a quelque chose de contagieux et insidieux dans chaque chanson des Sparks. Parce que Ron est un mélodiste hors pair. Et puis parce que ces chansons s'insinuent jusque dans votre âme tout en martelant votre cerveau. Les mesures de « When Do I Get to Sing 'My Way' » et « My Baby's Take Me Home » dansent dans notre tête et entre nos oreilles. Malgré son âge, la voix de Russell est encore très puissante, mais elle est aussi capable d’osciller du grave au falsetto en passant par le baryton d’opéra, avec une facilité déconcertante.

L’expression sonore est aussi susceptible d’emprunter une dimension symphonique, mais mise au service d’une pop originale et flamboyante. Cependant, sous les couches d'humour et d'ironie pointent toujours une émotion sincère.

La setlist inclut les inévitable hits comme « This Town Ain't Big Enough For Both Of Us », « Number One Song In Heaven » ou encore « When Do I Get To Sing My Way », mais aussi des surprises telles que l’échec commercial « Wonder Girl » et bien sûr la reprise du « Johnny Delusional » de Franz Ferdinand.

Avant d’attaquer « Stravinsky’s Only Hit », Russel signale que son frère avait effectué des recherches sur Stravinski avant de composer ce morceau. Outre, « We Love Each Other So Much », second extrait d’« Annette », la setlist nous réserve quelques extraits du génial « Lil’ Beethoven », un LP construit autour de collages de boucles vocales répétées inlassablement et arrangées de façon minimaliste. Le travail effectué sur les voix est phénoménal et chaque morceau recèle le petit détail qui force l’admiration. Pendant « I Married Myself », Russel se regarde dans un miroir vintage. Projetant une lumière éblouissante et chaleureuse sur notre existence, « I Predict » frôle le sublime. L’auditoire est alors aux anges.

Ron est toujours aussi impassible. Parfois il esquisse un demi-sourire pendant quelques secondes. Il se lève quand même pour rejoindre son frère afin de poser une voix de slammer sur « Shopping Mall of Love », avant de retourner derrière ses claviers. Mais c’est l’euphorie dans l’auditoire lorsqu’il se redresse une nouvelle fois, jette son manteau noir sur ses claviers et exécute une danse d’automate désarticulé, avant de revenir, derechef, tranquillement derrière ses ivoires. Le passionnant « The Rhythm Thief », le déferlement électrique provoqué par « My Baby’s Taking Me Home » et en rappel, « Suburban Homeboy », constituent les points d’orgue du concert de Sparks. Parfois, le backing group s’efface afin de laisser la fratrie donner toute la mesure de son talent…

Un vrai régal ! Impérial ! Du grand art ! Un des meilleurs concerts auquel votre serviteur a assisté depuis longtemps. Du grand art !

Setlist : « So May We Start », « Angst in My Pants », « Tips for Teens », « Under the Table With Her », « Get in the Swing », « I Married Myself », « I Predict », «Wonder Girl », « Stravinsky’s Only Hit », « Shopping Mall of Love », «  Johnny Delusional » (FFcover), « We Love Each Other So Much », « Edith Piaf (Said It Better Than Me) », « Lawnmower », « Music That You Can Dance To », « The Rhythm Thief », « Never Turn Your Back on Mother Earth », « When Do I Get to Sing ‘My Way’ », « My Baby's Taking Me Home », « The Number One Song In Heaven », « This Town Ain't Big Enough For Both Of Us ».

Rappel : « Suburban Homeboy », « All That ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Franz Ferdinand

Comment dépoussiérer des hits…

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Fondé à Glasgow, en 2001, Franz Ferdinand a sorti une compile en mars dernier. Intitulée « Hits to the Head », elle fait suite au dernier album studio, « Always Ascending », son cinquième, qui remonte déjà à 2018. Si vous l’ignoriez encore son patronyme est une référence à l’archiduc autrichien, assassiné à la veille de la première guerre mondiale. Bref, ce soir, le band écossais se produit au Cirque Royal de Bruxelles…

Et il est aux trois-quarts vide pour accueillir, en supporting act, la formation néerlandaise Pip Blom. Il est 20 heures, et il faut croire que le temps estival a incité le public à s’éterniser devant l’entrée ou sur les terrasses aux alentours, qui elles, sont toutes bondées. Des conditions pas évidentes pour une première partie qui doit assurer un set de 30 minutes chrono.

Particulièrement marqué par la musique des 90’s, Pip Blom pratique une forme de rock garage porté par une voix féminine forte et mélodieuse. La prestation ne manque pas d’allure ; et pour preuve, les applaudissements sont nourris, malgré le remue-ménage provoqué par les spectateurs qui investissent progressivement les lieux…

Vers 21h15, les lumières déclinent et un responsable du Cirque Royal annonce l’entrée sur scène imminente des Franz Ferdinand. Les fans de la première heure, qui ont quelque peu décroché, semblent surpris de constater qu’hormis Alex Kapranos et le bassiste d’origine Bod Hardy, le line up a été complètement chamboulé.

Ce sont donc trois nouveaux musicos qui sont venus apporter un vent de fraîcheur au Franz ; ce qui va nous permettre de découvrir quelques titres phares sous des versions contemporaines. Gros bémol, quand même, le drumming est définitivement bien trop en retrait. La frappe particulièrement rigoureuse et énergique de Paul Thomson manque cruellement au rock très écossais du quintet

D’emblée, « No You Girls » (2009) et « The Dark of the Matinée » (2004) confirment que la tournée est bien estampillée ‘best of’, dans l’esprit de « Hits To The Head ». Dans ces conditions, il n’est guère surprenant que de nombreux spectateurs commencent à reprendre ces chansons en chœur. Et cette réaction confirme que l’auditoire est constitué de fans, et pas de mélomanes lambda venus découvrir un combo actif depuis plus de 20 ans.

La plupart des titres sont imprimés sur un tempo beaucoup plus soutenu. Alex Kapranos est toujours un aussi bon showman, nonobstant ses 50 balais qu’il a fêtés le 20 mars dernier. Il saute, danse, se déplace d’un bout à l’autre de la scène sans relâche. Il libère une énergie véritablement galvanisante. Dans l’ensemble, la setlist est très bien équilibrée. Les morceaux cultes déchaînent une foule qui se trémousse dès les premières minutes du show, alors que les titres plus récents enregistrent des baisses de régime au sein de la foule.

« Take Me Out » vient littéralement retourner la salle, et l’incontestable ‘madeleine de Proust’ « Ulysses » ainsi que l’incontournable « Outsiders » clôturent un set qui procure un immense moment de joie autant chez les musicos que les spectateurs.

Les rappels font la part belle à l’elpee « Right Thoughts, Right Words, Right Action » (2013). Un choix pas tellement judicieux, puisqu’il va faire redescendre l’ambiance d’un cran, avant que l’inévitable et fédérateur « This Fire » ne la fasse remonter en flèche, pour le grand bonheur des irréductibles fans toujours gonflés à bloc, malgré ce coup de mou…

Une bien belle soirée, malgré tout, au cours de laquelle, l’auditoire a pris énormément de plaisir à réentendre les classiques du band, subtilement dépoussiérés, tout en conservant leur empreinte rock. En espérant, quand même que, à l’avenir, les Franz Ferdinand ne se contentent pas de tournées ‘best of’, mais bien de périples destinés à nous faire découvrir de nouvelles et solides compos que l’on puisse chanter à tue-tête. Ce ‘rock scottish’ que le groupe incarne si bien est bien trop précieux pour qu’il finisse dans les tiroirs aux souvenirs. Vu l’énergie manifestée par le leader (NDR : en grande forme, par ailleurs), on est en droit de l’espérer. En attendant, ne gâchons pas notre plaisir d’avoir savouré cette délicieuse madeleine !

(Voir aussi notre section photos ici)

Setlist :

  1. No you Girls
    2. Curious
    3. The Dark of the Matinée
    4. Right Action
    5. Walk Away
    6. Stand on the Horizon
    7. Glimpse of Love
    8. Always Ascending
    9. Do You Want To
    10. Lucid Dreams
    11. The Fallen
    12. Darts of Pleasure
    13. Michael
    14. Jacqueline
    15. Take Me Out
    16. Ulysses
    17. Outsiders

Encore :

  1. Billy Goodbye
    19. Evil Eye
    20. Love Illumination
    21. This Fire

(Organisation Live Nation)

Juliette Armanet

Juliette tout en Sanson et Berger…

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Ce soir, le Cirque Royal est bien rempli pour accueillir la nouvelle sensation hexagonale, Juliette Armanet. Elle est issue des Hauts-de-France et plus précisément de Villeneuve D’Asq, dans la banlieue lilloise. Ses parents, pianistes, la plongent dans le bain de la musique dès son plus jeune âge. Elle se consacre ainsi aux ivoires, jusqu’à l’âge de 11 ans, moment où elle commence à délaisser la musique classique pour la chanson française. Après des études de lettres et de théâtre, elle devient journaliste et réalise des documentaires pour Arte et France Culture, job qu’elle va assumer pendant 6 ans. Elle travaille également durant 2 années pour l'émission de TF1, ‘50 minutes inside’. Inspirée par Souchon, Alain Bashung et Barbara, elle aurait pu être la fille cachée de Véronique Sanson et Michel Berger, mais également revendiquer l’héritage musical de Souchon et Sheller. Son premier elpee, « Petite Amie », a récolté un énorme succès ; ce qui lui a permis de décrocher deux disques de platine. Son second, « Brûler Le Feu », est paru en 2021.

David Numwami assure le supporting act. Cet auteur-compositeur-interprète belge a d’abord milité au sein du groupe Le Colisée. Multi-instrumentiste, il a aussi accompagné Charlotte Gainsbourg et François and the Atlas Mountain. Il a aussi signé deux morceaux pour le dernier album de Moodoïd. Diplômé en musicologie et philosophie, il est devenu une figure incontournable de l’underground bruxellois et parisien. Sans oublier qu’il slamme avec Flavien Berger.

Sur les planches, David est soutenu par Clément Marion aux claviers. Vêtu de noir, la tête recouverte d’un bandana blanc sur des dreads, il se consacre à la guitare. Il se présente en chansons. Son falsetto est délicat et aérien. Et les harmonies vocales vocodées, auxquelles participe Clément, sont éthérées. Enfin, les arrangements musicaux sont soignés. Caractérisé par ses paroles déprimantes, « Beats ! » s’avère paradoxalement dansant. « Numwami World » nous entraîne tout en douceur dans l’univers de l’artiste. David ne se contente pas, en ‘live’, de reproduire fidèlement les morceaux de son premier opus, il laisse de la place à l’impro et à l’artisanat calculé. C’est ce qu’il déclare. Il souhaite, en outre, perpétuer une tradition initiée sous Le Colisée : réaliser des montages débiles. Bref, il ne se prend pas au sérieux…

Sortons du monde créé par David pour rentrer dans celui coloré de Juliette Armanet, une Lilloise à l’esprit bien trempé et à l’humour décalé.

Le décor extérieur est constitué d’une énorme voûte divisée en 3 niveaux.  Sous celle-ci une estrade installée sur toute la longueur de la scène et de moitié en largeur est destinée à supporter les deux claviéristes, dont l’un des deux est également préposé aux congas, djembés, cymbales et autres cuivres. Le line up du backing group implique également un drummer, un guitariste et un bassiste. Un piano à queue se dresse au pied de l’estrade, devant les claviéristes. Libre, le reste de la scène est destiné à Juliette afin qu’elle puisse danser, s’exprimer en toute liberté et interagir avec le public.

Vêtus de noir, Juliette et ses musicos montent sur les planches. Le set s’ouvre par « Boum Boum Baby », un morceau chargé d’intensité percussive. D’ailleurs, lorsque le show monte en puissance, le décor s’anime de mille feux. On entre à pieds joints dans le monde de « Brûler Le Feu ». Tout au long de « L’Epine », derrière le piano, Juliette fait parler son cœur et sa tendresse. Sa voix est claire et cristalline comme celle de Véronique Sanson. Encore que parfois, elle me fait penser à celle de France Gall. Les chœurs soutiennent le sax mélancolique, tout au long de ce morceau dont le spleen coule à volonté. Le public est touché et applaudit chaleureusement.

Quand elle ne se consacre pas au piano, Juliette est partout à la fois. Elle bouge ou danse !

Elle revisite « L’Indien », derrière les ivoires, un titre qui monte en puissance avant de s’achever par une fameuse valse de sons comparable à une jam. « Imaginez L’Amour » opère un retour au calme.

Plus rock, « La Carte Postale » est extraite de son premier album.

Après « L’Amour En Solitaire », Juliette se réserve un petit entracte afin de changer de tenue. Constituée de petits miroirs collés, on dirait une boule à facette humaine. Elle aborde alors « Le dernier jour du disco ». C’est le moment fort du set. Juliette est devenue la star du dancefloor. Mi-électro, mi-funk », cette compo adresse un clin d’œil à Nile Rodgers. La basse est attaquée en slapping. Le drumming devient sauvage, tribal même. Juliette revient derrière son piano pour « J’Te L’Donne », une chanson interprétée dans l’esprit d’« Aline » de Christophe.

En extrapolant, on pourrait imaginer Sanson et Berger revenir sur les planches pour « Brûler Le Feu », une compo allumée, non pas par Johnny, mais par les percus et les cuivres.... Et le set de s’achever par le puissant « Tu Me Play ».

Juliette Armanet va cependant encore accorder deux rappels.

Tout au long de ce concert d’une énergie et d’une élégance folles, Juliette Armanet nous a ouvert grand les portes de son cœur, de ses chagrins et de ses espoirs, alternant audace et timidité, joie et de tristesse, lumière et obscurité, tout en confirmant au passage, avec cette sincérité brute qui n’appartient qu’à elle, qu’elle incarnait une certaine idée d’une pop music contemporaine chic, stylée, instinctive et exquise.

Elle reviendra à l’Ancienne Belgique le 5 décembre prochain.

Setlist : « Boum Boum Baby », « L’Epine », « Vertigo », « Qu’importe », « L’Indien », « Imaginer L’Amour », « La Carte Postale », « L’Amour En Solitaire », « Le Dernier Jour Du Disco », « J’Te L’Donne », « A La Folie », « Brûler Le Feu », « Tu Me Play »

Rappel 1 : « Je Ne Pensais qu’A ça, « Sauver Ma Vie ».

Rappel 2 : « Le Rouge Aux Joues », « Tu Me Play »

(Organisation : Back In The Dayz)

Fontaines D.C.

Une fontaine de jouvence ?

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Fondé en 2017, Fontaines D.C. est une formation dublinoise qui appartient à la nouvelle vague rock, à l’instar de IDLES, The Murder Capital, Shame, Slaves et Squid, mouvement initié, faut-il le rappeler, par Girl Band. Devenu depuis Gilla Band, il s’était formé en 2011 ! A ce jour, le band a publié deux elpees, « Dogrel » en 2019 et « A hero’s death » en 2020. Et son troisième, « Skinty fia » paraîtra ce 20 avril 2022. Non seulement les musicos possèdent un sens de l’humour typiquement irlandais, même si aujourd’hui ils se sont établis à Londres, mais les textes respectent une prose toute poétique. Ils ont d’ailleurs publié collectivement deux recueils de poésie : l'un appelé ‘Vroom’, inspiré par les poètes Beat (Jack Kerouac, Allen Ginsberg), et l'autre intitulé ‘Winding’, par les poètes irlandais (Patrick Kavanagh, James Joyce, WB Yeats). Enfin, le sigle DC ajouté au patronyme signifie ‘Dublin City’, alors que l’article défini ‘The’ est passé à la trappe. Il a été ajouté parce qu’il existait déjà un groupe californien qui répondait au même nom. Ce soir, l’Aéronef est sold out et le public est essentiellement composé de quadragénaires…

Le supporting act est assuré par Just Mustard, un quintet également irlandais, mais dont le lead vocal est assuré par une fille ; en l’occurrence Katie Ball, dont la voix, éthérée, douce et presque murmurée, rappelle le plus souvent Harriett Wheeler des Sundays. A son actif 4 Eps et un album (« Wednesday »), sorti en 2018.

Dès le début du set la batterie cogne sec et percute. Toute la salle vibre sous le martèlement hypnotique, tribal du drummer. Oscillant entre post punk et shoegaze, la musique nous plonge au sein d’un univers tour à tour paisible ou corrosif, sis à la croisée des chemins de Beach House et de My Bloody Valentine. En général, la musique est construite sur une forme de crescendo atmosphérique, tendu et troublant, sur lequel la ligne de basse ondule. Mais lorsque Dave Noona, l’un des deux gratteurs, se fend d’un hurlement féroce, les deux sixcordistes explosent le mur de son. Une puissance viscérale qui contraste avec l’attitude imperturbable, presque glaciale de Katie. Et pas davantage d’interaction entre le public et le combo, qui semble cultiver cette distance. Un concert fort intéressant, rappelant la bande à Kevin Shields et tout particulièrement un concert qu’elle avait accordé dans l’ancien Aéronef, rue Solferino, en 1992. Même que le son de Just Mustard était presque (enfin, pas tout à fait, quand même) aussi puissant… (voir aussi notre section photos )

Après une intro ‘soul’, les cinq membres de Fontaines D.C. grimpent sur les planches. Grian Chatten, le chanteur, salue la foule, mais on ne peut pas dire que ses fringues rivalisent d’élégance. Il a enfilé un tee-shirt de couleur noire XXL et un pantalon de jogging tout aussi extralarge. A contrario du gratteur Conor Curley, tiré à 4 épingles, et qui ne quittera jamais sa veste de tout le show. Pendant que les musiciens entament le set par « A lucid dream », morceau caractérisé par des sonorités de guitare surf, Grian déambule sur les planches en secouant une de ses mains. De loin on dirait qu’il cherche à se débarrasser d’un adhésif resté obstinément collé sur les doigts ; mais en fait, il s’agit d’une clope électronique qu’il manipule compulsivement (de couleur grise, merci Ludo). Un tic qu’il reproduira régulièrement tout au long de la soirée. Et puis, sa morgue évoque plutôt Liam Gallagher ; d’ailleurs quand il est face au micro, on dirait qu’il toise l’auditoire, une main dans le dos, alors que ses inflexions vocales hésitent entre celles de feu Mark E. Smith et de Damon Albarn. Imprimé sur un rythme modulaire et percutant, « Sha Sha Sha » rappelle curieusement The Clash. Une sèche et une fuzz alimentent « Jackie show the line », moment choisi par le light show, suspendu, au plafond, de reproduire des flammes oranges qui (re)montent et (re)descendent. Le public reprend en chœur les paroles du single « I don’t belong », démarche qu’il va régulièrement entreprendre sur les titres les plus connus. Chatoyantes, brimbalantes, les six cordes chamarrent littéralement « You said ». Une intensité électrique en crescendo digne des premiers albums de Radiohead inonde « Television screens », alors que la basse de Conor Deegan III trace une ligne gothique. Tom Coll (NDR : si Chatten paume sa cigarette électronique, il pourra toujours lui refiler du papier collant) imprime un tempo tribal à « Chequeless Reckless ». Les gobelets de bière voltigent dans les airs (NDR : et pourtant, ce n’est pas la St Patrick ; d’ailleurs, comme les Anglais, les Irlandais ne gaspillent jamais la bière : ils la boivent, même chaude !) L’ambiance monte d’un cran pendant « Television screens », alors que l’un ou l’autre téméraire se lance dans le crowdsurfing et qu’un fan apparemment surexcité, juché sur les épaules d’un comparse, brandit un drapeau irlandais. A mi-parcours de la ballade nostalgique « I love you », Chatten se met à déblatérer à une cadence soutenue, une compo qui, à son issue, déclenche une grosse clameur dans la fosse. Régulièrement, Grian tente d’enfoncer son pied de micro dans le plancher (NDR : aurait-il trouvé du pétrole ?) Et tout particulièrement pendant l’incendiaire « Too real », moment choisi par O’Connell pour faire une incursion rapide au sein des premiers rangs. Ode à la jeunesse, « Roy’s tune » permet au band de souffler quelques minutes. Les grattes alternent moments atmosphériques, réminiscents du Cure, et jaillissements acides, tout au long de « Stinky Fia », le titre maître du nouvel opus, alors que la voix de Chatten est trafiquée par un filtre vocodeur. Bref, mais tribal et fulgurant, « Big » est sculpté dans le punk rock. Et le set de s’achever par « Boys in a better land », un peu comme si Chatten prononçait un sermon face à une congrégation acquise à sa cause mais particulièrement réactive face à face à son discours ; et le tout sur un rythme insidieusement calqué sur le « Gloria » de Them, une formation irlandaise légendaire, mais du Nord, dont le leader, Van Morrison, né en 1945, se produit toujours sur scène, mais sous son propre nom ! (NDR : et pour l’anecdote, sachez que Grian a récupéré le drapeau…)

Fontaines D.C. se fait désirer pendant de nombreuses minutes, et finalement décide de revenir sur l’estrade. Il attaque d’abord le rythmé « Here’s death », embraie par le punk rock tribal et débridé « Hurricane laughter », un titre traversé de larsens, au cours duquel Chatten susurre des ‘ssss’, tel un serpent à sonnettes, puis ose un bref bain de foule, avant que Carlos O’Connell, le guitariste le plus déchaîné, ne se lance dans un crowdsurfing, sur dos, tout en jouant de la gratte. Le concert s’achève par « Nabokov » une nouvelle compo (NDR : elle figurera sur l’album « Stinky Fia ») qui se réfère probablement à Vladimir Nabokov, écrivain russo-américain auteur, notamment, du roman polémique « Lolita ».

Un excellent concert, au cours duquel les musicos ont fait preuve d’une grande maîtrise, même si on a eu l’impression que hormis O’Connell, ils n’ont jamais puisé dans leurs réserves. Début de tournée ? Peut-être ! N’empêche on est probablement occupé d’assister à l’éclosion d’un futur monstre sacré de la rock music (70 ans d’existence, quand même !) Et puis, pourquoi pas, vu le patronyme, il pourrait servir de fontaine(s) de jouvence à cette scène en pleine expansion, mais soigneusement reléguée dans la zone crépusculaire de l’underground. A tel point que sa future tournée pourrait passer par des salles du calibre du Zénith ou de Forest National. Mais seul l’avenir nous l’apprendra…

(Voir notre section photos ici)

(Organisation : l’Aéronef, Lille)

Setlist

A Lucid Dream
Sha Sha Sha
Jackie Down the Line
I Don't Belong
You Said
Television Screens
Chequeless Reckless
Televised Mind
I Love You
Too Real
Roy's Tune
Skinty Fia
Big
Boys in the Better Land

Encore:

Hero's Death
Hurricane Laughter
Nabokov

(Merci à Guy et Ludo)

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