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Concerts

New Candys

Shoegaze jusqu’aux chaussures…

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Double affiche ce lundi 15 septembre, puisque le club de l’Aéronef accueille la formation italienne New Candys et canadienne Preoccupations.

Formé en 2008, à Venise, par le chanteur-compositeur-guitariste Fernando Nuti et le bassiste-synthétiseur Dario Lucchesi, The New Candys se produit aujourd’hui en configuration trio. Dario Lucchesi est absent, laissant Fernando Nuti (guitare/chant) accompagné d'Emanuele Zanardo (guitare solo/chœurs) et de Francesco Giacomin (batterie/sampler), tous deux membres du combo depuis 2023.

À 20 heures précises, New Candys ouvre le set par « Cagehead » - un morceau caractérisé par des riffs sombres et lourds - devant une centaine de personnes ; mais la salle va se remplir progressivement.

Le drummer est installé au centre du podium, tout devant. Il porte des lunettes fumées, qu’il ôtera après deux ou trois morceaux. Les deux sixcordistes se placent aux extrémités de l’estrade. Le lookd es musicos est soigné, jusqu’aux chaussures. Ce qui colle bien au style shoegaze.

Incisives, les guitares construisent un mur de son pénétrant, sans doute appuyées par les samples de basse.

Et c’est le batteur qui fédère l’ensemble de son drumming souple et efficace.

Peu loquace, Fernando Nuti laisse la musique parler d'elle-même. Les influences de The Jesus & Mary Chain sont palpables, notamment dans les parties instrumentales où Zanardo laisse parler sa guitare avec précision. D’ailleurs, ce qui apporte ce petit plus d’âme à la musique de New Candys, ce sont ces accords surf, dispensés çà et là, mais judicieusement, par Emanuele.

Le band interprète des morceaux de ses quatre elpees précédents, mais met particulièrement l'accent sur son plus récent, « The Uncanny Extravaganza ».

Tout au long du concert, de nombreux spectateurs se balancent au rythme de la musique et bon nombre d’entre eux, qui ne connaissaient pas la formation, sont agréablement surpris de la qualité du show, certains regrettant même d’être arrivés en retard.

De quoi mieux comprendre pourquoi New Candys est signé sur le label 'Fuzz Club'.

(Photos Ludovic Vandenweghe ici

Setlist :

Cagehead
Dark Love
Crime Wave
Breathe Me In
Tempera
Aphrodite in Leather
Night Surfer
You'll Never Know Yourself
Begin Again
Mercenary
Rising
Regicide
Overall

 

Place ensuite à Preoccupations. Ce groupe post-punk canadien (NDR : il est issu de Calgary) formé en 2012, a gravé son cinquième album, « Ill at ease », en mai dernier.  Un opus au cours duquel le combo a pris un nouveau virage. Plus synth pop, mais dans l’esprit de New Order, tout en soignant le sens mélodique.

En février 2023, il s’était produit ici même, après avoir sorti un excellent long playing, intitulé « Arrangements » ; et sur les planches, le leader, Matt Flegel, avait cédé la basse à son frère, pour se consacrer exclusivement au chant. Mais de gros soucis de balances avaient gâché le concert.

Dès l'entrée en scène, la configuration du groupe attire l'œil : Matt Flegel, le leader, se place au centre, reprenant sa basse tout en assurant le chant, tandis que le batteur s'installe légèrement en retrait. De chaque côté, les deux guitaristes, véritables alter ego avec leur look de faux jumeaux, manipulent chacun un clavier identique, ajoutant une dimension synthétique au son du quatuor.

La prestation débute par ces fameuses lignes de basse frémissantes et des percussions précises, signature du combo. L’expression sonore enveloppe littéralement la salle, créant une atmosphère homogène. Les thèmes abordés sont pesants, parfois troubles, mais interprétés avec une maîtrise indéniable. Les morceaux du dernier opus, « Ill at ease », entrecoupés d’anciens titres, défilent sans fausse note. L’écoute est plaisante, sans toutefois jamais surprendre réellement l’auditeur. On se laisse envahir par ce climat, mais cette immersion devient rapidement lassante.

Si Preoccupations s’inscrit historiquement dans la mouvance post-punk, la prestation de ce soir flirte davantage avec la synth pop : les guitares se fondent parfois derrière les nappes de synthé, renforçant l’aspect monotone du concert.

Mais à force de linéarité, le concert finit par manquer de relief. Aux trois quarts du set, la lassitude s’installe, et il devient difficile de rester captivé. Si la qualité d’exécution est indéniable et le sens mélodique préservé, l’absence de moments forts ou d’envolées inattendues provoque un ennui certain. Si bien que nous préférons rejoindre nos pénates… (Page ‘Artistes’  et photos Ludovic Vandenweghe ici)

(Organisation : Aéronef, Lille)

 

Jethro Tull

Living in the past… mais pas seulement…

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Pas de supporting act ce soir au Cirque Royal : le légendaire groupe de Ian Anderson occupe la scène d’entrée de jeu. Pour votre serviteur, il s’agit d’une toute première rencontre en direct avec Jethro Tull. On sait que Ian Anderson, figure de proue du groupe, n’hésite pas à critiquer certains comportements du public, en particulier l’usage intempestif des téléphones portables et les interruptions sonores déplacées. Force est de constater que son vœu est respecté à 98 %. Le concert s’inscrit dans la tournée ‘The Seven Decades : The World Tour’, une célébration de 58 années de musique et d’histoire, portée par l’énergie intacte d’Anderson et de ses musiciens.

Fondé en 1967 autour de son frontman et flûtiste écossais Ian Anderson, Jethro Tull demeure un ovni incontournable du rock britannique après près de sept décennies d’existence. Anderson est le premier à avoir intégré la flûte dans un univers dominé par les guitares saturées, et il en fait encore aujourd’hui son arme de scène, grâce à un chant saisissant et une présence toujours aussi théâtrale. Alors que nombre de groupes historiques se reposent sur leur gloire passée, Jethro Tull, désormais concentré autour de la vision d’Anderson, reste d’une activité remarquable. Ces dernières années, le groupe a enchaîné trois albums : « The Zealot Gene », « RökFlöte » et le tout récent « The Curious Ruminant ». Tous figurent dans la setlist actuelle, même si, naturellement, ils s’inclinent face aux monuments intemporels du répertoire que sont « Aqualung » et « Thick As A Brick ». La discographie regorge de classiques que le public réclame sans relâche et que le combo délivre généreusement. Au-delà de ces hommages au passé, Ian Anderson a tenu à mettre en avant « The Curious Ruminant », dernier chapitre de la saga Tull. Le long playing, qui réunit 9 titres oscillant entre 2 minutes et près de 17 minutes, mêle folk rock, textures acoustiques et réminiscences progressives. Une manière de renouer avec l’héritage foisonnant des années 1970, tout en affirmant que Jethro Tull est loin d’avoir dit son dernier mot. Aujourd’hui encore, à 78 ans, Ian Anderson assure toujours le spectacle. Il tire toujours parti de son style vocal particulier et de ses performances impressionnantes. Il n’a aucunement perdu la voix : elle demeure presque identique à celle de ses débuts.

Le concert commence légèrement en retard, dans une salle comble. Le groupe est en pleine forme et semble prendre autant de plaisir que le public. Jethro Tull a de quoi remplir une soirée entière de classiques, d’« Aqualung » (qui sera le rappel, où tout le monde pourra filmer et prendre des photos souvenirs) à « Thick As A Brick ». C’est exactement ce que les spectateurs attendaient, et la formation tient ses promesses.

Les musiciens prennent place. Le seul changement notable est le remplacement du guitariste Joe Parrish par le nouveau venu Jack Clark. Pour le reste, le line up demeure inchangé depuis la reformation de 2017. Soit Dave Goodier à la basse et John O’Hara aux claviers – tous deux présents depuis 2007 – ainsi que Scott Hammond aux drums. Ensemble, ils soutiennent avec constance et virtuosité l’inimitable Ian Anderson. Certes, sa voix n’a plus l’amplitude d’antan et ses facéties scéniques se sont un peu assagies, mais il reste fascinant à regarder. Vif, excentrique et étrangement charmeur, flûte en main, il mène la charge avec ce grain de folie qui fait sa marque de fabrique. Par moments, il s’accompagne aussi d’une petite guitare semi-acoustique, ajoutant une touche d’intimité à l’ensemble. La folie typiquement anglaise d’Anderson est, bien sûr, le point central, mais la véritable star du spectacle est la musique elle-même. Les chansons de Tull sont complexes et exigeantes, mais le combo actuel leur rend justice. Leur jeu est détendu sans jamais être relâché, précis sans paraître stérile. Si l’on a un reproche à faire – et l’on en a toujours – c’est que ce spectacle est encore une fois exclusivement assis, ce qui donne plus l’impression d’une soirée au théâtre que d’un concert de rock. Certains morceaux sont vraiment rock, beaucoup sont très dansants, et même les morceaux folk incitent à bouger. On aurait aimé pouvoir se lever et se déhancher un peu. Mais vu que l’âge médian du public était probablement égal, voire supérieur, à celui des membres du groupe (et que certains spectateurs étaient même assez jeunes), une configuration debout aurait peut-être présenté des risques médicaux.

Le show se déroule en deux parties.  La première s’ouvre par « Beggar's Farm », issu du premier album This Was (1968). Très marqué par le blues, teinté de rock et d’expérimentations qui paraissaient audacieuses à l’époque mais semblent aujourd’hui presque convenues, le morceau prend vie grâce à la flûte de Ian Anderson, magistralement exécutée tandis qu’il arpente la scène avec son énergie caractéristique. Du même elpee, vient ensuite « Some Day the Sun Won't Shine for You » : Anderson, touche-à-tout éclectique, insuffle au morceau un parfum de folk-blues où la flûte, parfois approximative mais toujours audacieuse, trouve toute sa place. L’harmonica complète l’ambiance, ancrant le blues au cœur du concert. Le public est ensuite emporté vers « A Song for Jeffrey », toujours tiré de « This Was ». Les visuels projetés en arrière-plan enrichissent l’atmosphère et plongent la salle dans l’univers de chaque chanson. Puis le monumental « Thick as a Brick », extrait de l’album éponyme de 1972, véritable concept-album de rock progressif, embraie. Plus complexe et éclectique que les œuvres précédentes, il demeure proche, dans l’esprit, d’« Aqualung ». Véritable pierre angulaire du groupe, ce morceau phare confirme le statut de « Thick as a Brick » comme l’un des chefs-d’œuvre incontournables de Jethro Tull.

Retour ensuite à « Aqualung » (1971) à travers « Mother Goose ». Premier disque où le groupe affirme pleinement son identité rock-folk-hard-progressive, « Aqualung » alterne entre pièces acoustiques délicates, proches de Cat Stevens ou de « Led Zeppelin III », et morceaux plus puissants tels que le titre éponyme » ou « Locomotive Breath ». C’est l’un des long playings les plus aboutis et emblématiques du band. Le voyage se poursuit par « Songs from the Wood » (1977), titre éponyme du long playing où Tull revient au folk-rock, riche en sonorités bucoliques et en arrangements progressifs. La première partie s’achève sur « Bourrée in E Minor », adaptation virtuose de Bach devenue l’un des classiques de la formation.

Après une pause de vingt minutes, la reprise s’effectue par « My God » (« Aqualung »), porté par un blues habité et des chœurs épiques. S’ensuit un petit instrumental inédit, puis le public découvre « The Zealot Gene », extrait du dernier opus paru cette année. Jethro Tull y démontre qu’il sait se renouveler sans jamais renier ses racines.

Enfin, le final explose lors des incontournables « Budapest », « Aqualung » et, en rappel, l’inévitable « Locomotive Breath ». Une claque musicale qui rappelle que Jethro Tull, à l’instar de Yes ou de Pink Floyd, reste un groupe intemporel, traversant les âges sans perdre ni son ingéniosité ni sa puissance créative.

Setlist :

Première partie

« Beggar's Farm », « Some Day The Sun Won't Shine for You », « A Song For Jeffrey », « Thick As A Brick », « Mother Goose », « Songs From The Wood », « Weathercock », « The Navigators », « Curious Ruminant », « Bourrée In E minor » (Johann Sebastian Bach cover).

Deuxième partie

« My God », « The Donkey and the Drum », « The Zealot Gene », « Over Jerusalem », « Budapest », « Aquadiddley », « Aqualung ».

Rappel : « Locomotive Breath »

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

Pendragon

Au-delà d’un simple voyage nostalgique…

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Formation emblématique du rock néo-progressif britannique, Pendragon investit ce mardi 9 septembre les planches du Zik-Zak à Ittre pour une soirée attendue par toute la communauté prog. Considérée comme mythique, la formation menée par Nick Barrett attire une foule enthousiaste, le concert affichant complet. Et étonnant, en débarquant devant la salle, le tour bus occupe la moitié du parking.  Pour la seconde fois sur l’estrade du Zik-Zak, le band promet un voyage musical intense, porté par l’énergie renouvelée de Rog Patterson à la guitare à douze cordes. Toujours fidèle à son esprit progressif, le groupe continue de marquer l’histoire du genre, offrant à l’auditoire une expérience inoubliable sous le signe de la passion et de l’excellence.

La première partie est assurée par le guitariste de Pendragon, Rog Patterson, reconnu pour son jeu de guitare à douze cordes et ses textes percutants. Ancien manager de tournée et collaborateur de longue date du combo, il est parvenu à enflammer la foule en dispensant un set folk convaincant avant de retrouver le band sur les planches (page 'Artistes ici).

Setlist : « Ergo Sum », « Gondwanaland », « Vital Signs », « Flightless ».

Depuis trois décennies, Nick Barrett façonne la prog sous l’étendard de Pendragon. Ce quatuor principal — Nick Barrett (chant, guitare), Clive Nolan (claviers), Peter Gee (basse) et Jean-Vincent Velazco (batterie) — accueille Patterson à la guitare et deux choristes, qui enrichissent parfois les arrangements par la flûte et le violon. Chacun imprime sa marque : Barrett séduit par ses solos lyriques et sa voix chaleureuse, Nolan enveloppe l’auditoire de nappes majestueuses, Gee insuffle une basse à la fois mélodique et robuste, tandis que Velazco ancre l’ensemble sous une rythmique précise et dynamique. Les voix et instruments additionnels confèrent une profondeur inattendue à la formation.

La soirée s’ouvre sur une interprétation intégrale de l’opus « The World » (1991), véritable tournant dans la trajectoire du band, comme le souligne Barrett sur le podium. Ce disque marque l’émancipation du combo, qui s’affranchit des premiers espoirs du néo-prog des années 1980 pour s’affirmer par une identité singulière. « Back in the Spotlight » lance le set sous une énergie éclatante, suivi par l’exubérant « The Voyager ». « Shane and Prayer », plus introspectif, installe une atmosphère empreinte d’émotion, tandis que la trilogie « Queen of Hearts » se déploie tel un mini-opéra rock. Le dernier morceau, « And We'll Go Hunting Deer », plonge la fosse dans un silence feutré, illustrant la capacité du sextuor à captiver autant par la subtilité que par la grandeur. Après ce long playing fondateur, la formation explore d’autres facettes de sa discographie.

Un « King of the Castle » acoustique (« Not of This World », 2001) distille une ambiance intimiste, avant que le band ne retrouve toute sa puissance pour offrir « Eternal Light » (« Not Of This World », 2001) et surprendre l’auditoire par un retour à « Kowtow » (« Kowtow », 1988), plus lourd et vibrant sur l’estrade que sur vinyl. « Alaska » (« The Window of Life », 1993) déferle telle une vague d’énergie, suivie de nouveaux joyaux comme « 360 Degrees » et « Explorer of the Infinite » (« Love over Fear », 2020).

Le moment fort survient lorsque la foule plébiscite « Indigo » (« Pure », 2008) au détriment de « Paintbox ». Son intensité sombre envahit la salle, témoignant de la volonté du combo d’adopter la spontanéité et de tisser des liens auprès de ses fans. « Afraid Of Everything » (« Love over Fear », 2020) conclut le set principal sur une note à la fois fragile et enivrante.

En rappel, « Breaking The Spell » (« The Window Of Life », 1993) offre un final majestueux : la guitare s’exprime avec émotion, les claviers luxuriants s’entrelacent à une section rythmique précise, tandis que les voix et instruments additionnels aboutissent à un climax puissant.

Ce que Pendragon a proposé au Zik-Zak dépasse largement le simple voyage nostalgique. La formation rayonne par sa vitalité, son élégance et sa pertinence, déroulant un set qui retrace plus de trente ans de création musicale. Dans une salle quasi comble, à l’acoustique remarquable et à l’ambiance chaleureuse, leur prestation rappelle pourquoi Pendragon demeure l’un des grands survivants — et innovateurs — du rock progressif. Le sextuor a livré une performance magistrale, mettant en lumière son évolution musicale et la virtuosité de ses membres.

Setlist :

The World : « Back in the Spotlight », « The Voyager », « Shane », « Prayer », « Queen of Hearts, Part I », « Queen of Hearts, Part II » : ...A Man Could Die Out Here...

Queen of Hearts, Part III : The Last Waltz

And We'll Go Hunting Deer

Acoustique : « Fall Away », « The King of the Castle ».

Full band :« Not of This World, Part 3 : Green Eyed Angel », « Kowtow »

Rappel : « Water »

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

Empire Of The Sun

Le soleil ne se couche jamais sur cet empire...

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Empire of the Sun ne s’est jamais produit en salle, en Belgique, et ce soir, se déroule la première de deux dates, au Cirque Royal. Le public est venu en nombre pour accueillir ce duo australien réunissant Luke Steele et Nick Littlemore. Les festivaliers avaient, cependant, déjà pu assister à ses concerts, à deux reprises (aux Lokerse Feesten en 2012 et à Rock Werchter en 2022). Les tickets des deux spectacles se sont rapidement écoulés et sont sold out.

Roi Turbo assure le supporting act. Un duo de dance originaire du Cap (Afrique du Sud), mais établi à Londres. Benjamin McCarthy est issu du milieu électronique. Producteur et DJ, c’est un habitué des clubs de sa ville natale et des environs, tandis que son frère Conor vient d’un autre univers musical, se produisant dans des groupes de rock et de pop alternatifs. Le tandem cite Larry Levan, William Onyeabor, Air et Pino D'Angiò comme sources d’inspiration. A ce jour, la paire n’a pas encore gravé d’album, mais bien plusieurs et Eps.

Sur les planches, Benjamin assure les rythmes et la danse, tandis que Conor se réserve les percussions et la guitare. Ce partage renforce constamment le groove de l’expression sonore, principalement instrumentale. Et cela fonctionne : plus le set avance, plus la foule danse et s’échauffe malgré la température caniculaire qui règne dans la salle. Les morceaux reposent sur des rythmes répétitifs sans jamais devenir lassants, transformant Roi Turbo en ouverture particulièrement appréciable (page ‘Artistes’ ici

Setlist : « Turbo Charged », « Hyper League », « Volcano Cigarette Shop », « Neckbrace », « Blu Ghost ».

Place à Empire of the Sun. Le duo est épaulé par deux musiciens supplémentaires. De quoi renforcer l’énergie du spectacle. La scénographie est impressionnante. Une silhouette d’un côté et un membre de corps de l’autre - du moins le soupçonne-on - indiquent déjà qu’aucun effort n’est épargné pour offrir un show grandiose. Les danseurs font leur entrée sur le podium, un bonsaï à la main. Le coup d’envoi est converti en show que l’on peut regarder pendant des heures. La setlist est divisée en quatre actes, chacun marqué par un changement de costume flamboyant. Les musicos ressemblent alors à de petits soleils, de petits arbres ou des créatures mythiques.

« Half Mast » arrive assez tôt, suivi peu après de « We Are the People ». Les deux titres sont accueillis avec enthousiasme, émoustillant immédiatement le public pour le reste du concert. Ce dernier titre est même interprété en tenue disco. Un régal pour les yeux !

Le duo enchaîne ses hits irrésistibles : « Walking on a Dream », « Music on the Radio », « We Are the People », » High and Low », « Happy Like You », « Television », « Ask That God », « Changes » ou encore l’incontournable « Alive », joué en clôture du rappel devant une salle déchaînée.

Il fait particulièrement chaud, et la température dans la salle ne cesse d'augmenter tout au long du spectacle. Comme si Empire Of The Sun voulait nous entraîner littéralement vers le soleil en nous rapprochant toujours plus près d'une explosion de chaleur. Explosions qui se produisent toujours à la fin des morceaux, offrant ainsi un son encore plus lourd et incisif. De nombreuses plages de son nouvel elpee, « Ask That God », figurent dans la setlist. Et le titre maître baigne au sein d’une mélancolie intense. Le chanteur, Luke Steele, tend la main sur l'écran géant tel un extraterrestre. Sur « Music On The Radio », Supachai grimpe sur l’estrade. Cette créature, dotée de nombreuses tentacules et à la fourrure particulièrement épaisse, offre un spectacle complémentaire, grâce à ses mouvements de danse.

Les tubes du groupe sont bien répartis tout au long du set. A mi-parcours, le moins connu « Swordfish Hotkiss Night » se distingue par son interprétation absurde. En fin de concert, la ligne de basse décolle et les danseurs se déguisent en espadons aux corps de squelette. Spécial, mais c’est aussi une façon, pour Empire of the Sun, de surprendre.

Les costumes, la théâtralité et la scénographie donnent vie à la représentation. Ainsi, les visuels, signature du groupe, jouent un rôle crucial dans cette performance. Galactiques, associés à une tête gonflable géante, ils constituent la cerise sur le gâteau de cette mise en scène ambitieuse et extravagante, digne d’un roman. Des projections hypnotiques et des jeux de lumière subliment chaque morceau, leur procurant une dimension encore plus irréelle et magique. Le leader Luke Steele semble pleinement investi dans ce projet qui le passionne. Il arbore, notamment, une robe et une coiffe avant-gardistes qui incarnent à merveille le personnage de l’ ‘empereur » avec majesté et élégance.

Pour finir, c'est bien sûr « Walking On A Dream » qui remporte tous les suffrages. La chanson, qui reste un tube, est chantée comme un véritable hymne ; et les danseurs le transforment en un véritable soleil et une lune, le tout dans une ambiance très aérienne.

Setlist :

Act 1 : « Changes », « The Feeling You Get », « Half Mast », « Cherry Blossom », « We Are The People ».

Act 2 : « DNA », « Television ».

Act 3 : « Music On The Radio », « Revolve », « High And Low », « Swordfish Hotkiss Night ».

Act 4 : « Ask That God », « Happy Like You, Wild World », « Walking On A Dream ».

Rappel : « Standing on the Shore », « Alive ».

(Organisation : Gracia live)

Ugly Kid Joe

Ugly Kid Joe rend hommage à feu Ozzy Osbourne…

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C’est la quatrième fois qu’Ugly Kid Joe se produit au Zik-Zak. Ce soir, la salle est comble et il y fait très chaud.

Formé en 1989, autour du charismatique chanteur Whitfield Crane, Ugly Kid Joe est un groupe de heavy metal et de hard rock américain, originaire d’Isla Vista, en Californie. Son patronyme est une parodie de Pretty Boy Floyd, une formation de glam metal.  

Avant d’entamer le set, Whitfield déclare : ‘Bienvenue chez nous, on adore cette salle’, ce qui augmente la température de quelques degrés l’atmosphère. Les guitaristes Klaus Eichstadt et Dave Fortman s’installent de part et d’autre de Whitfield, tandis que le bassiste Cordell Crockett se plante derrière le vocaliste, juste devant le batteur Zac Morris, dont la grosse caisse affiche l’inscription « R.I.P. Ozzy », en lettres blanches, bien visibles…

Whitfield est un showman hors du commun, captivant le public de son énergie débordante. Il déambule sur le podium, se tenant souvent près de la foule. Les classiques comme « VIP », « Neighbour » et « CUST » enchantent les spectateurs. Whitfield, toujours à l’écoute, les taquine de ses tentatives d’accent anglais et présente fièrement le guitariste Klaus, racontant une anecdote sur la guitare qu’il avait a fabriquée au lycée. Les plaisanteries de Whitfield sont presque aussi bonnes que la musique elle-même.

‘C’est mon rêve : être en tournée, amoureux de la musique’ avoue Whitfield avant d’entamer « Kill the Pain », issu de l’elpee « Rad Wings of Destiny » (2022). Il plaisante sur l’ambiance californienne comparée à celle de notre pays. Le public, qui chante à tue-tête, affiche un immense sourire.

 

Tout au long de « Cats in the Cradle », la voix de Whitfield est remarquable. Le quintet se donne à fond tout au long de « Devil's Paradise » et « Milkman's Son ».

On comprend mieux l’inscription sur la grosse caisse, lorsqu’Ugly Kid Joe reprend le célèbre « Paranoid » de Black Sabbath pour rendre hommage à Ozzy Osbourne. Ce qui fait inévitablement vibrer l’auditoire. Le concert, dispensé en forme de ‘Greatest hits’, s’achève par « Everything About You », au sein d’une belle ambiance que la formation est parvenue à maintenir tout au long de la soirée.

Setlist : « Intro «, « VIP », « Neighbor », « C.U.S.T. », « Panhandlin' Prince, « Goddamn Devil », « Kill The Pain », « So Damn Cool », « No One Survives », « Devil's Paradise », « Cat's In The Cradle » (Harry Chapin cover), « I'm Alright », « Cloudy Skies », « Jesus Rode A Harley », « Failure », « Milkman’s Son », « That Ain't Livin' », « Paranoid » (Black Sabbath cover), « Everything About You ».

(Organisation : Rock Nation et le Zik Zak)

Sparks

Audacieux, au risque de ne pas toujours provoquer des étincelles…

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Sparks, le duo américain formé par les frères Ron et Russell Mael, voit le jour à Los Angeles en 1968. Après avoir été l’un des groupes clés du glam rock, Sparks décide d’évoluer vers la synthpop et la new wave, s’inspirant notamment des productions disco. Produit par Giorgio Moroder, son huitième album, « No. 1 in Heaven », devient un succès critique et commercial en 1979. Toujours en constante évolution, changeant de style à chaque nouvel elpee, le tandem continue de sortir des disques avec régularité et se produit toujours sur les planches, plus de cinquante ans après ses débuts. Ron, impassible derrière son clavier, vêtu de son éternel costume noir, n’a pas changé à 80 ans. Son frère Russell (77 ans) est réputé pour sa voix impressionnante ainsi que ses prestations scéniques flamboyantes et hyperactives, contrastant fortement avec la rigidité de Ron Mael. Il arbore toujours des tenues excentriques et colorées.

Malgré une actualité pesante, notamment aux États-Unis, les frères Mael ont donc gravé un vingt-huitième opus, baptisé « Mad ! », ce 23 mai 2025, dont ils vont aujourd’hui nous présenter de larges extraits. » Un disque qui joue habilement sur la polysémie du mot : à la fois synonyme de folie et d’une colère sourde - un reflet juste de notre époque troublée. Le contexte est tendu : les incendies qui ont ravagé Pacific Palisades, leur quartier natal à Los Angeles, et la présidence controversée de Donald Trump nourrissent leur inspiration.

Comme en 2023, lorsqu’elle était venue présenter son avant-dernier long playing, « The Girl Is Crying In Her Latte », la paire revient au Cirque Royal, pour défendre son dernier opus. Il s’agit peut-être de sa dernière apparition en Belgique : Russell Mael signale lors d’une interview qu’aucun nouvel album n’est prévu pour l’instant. Le duo préfère désormais se concentrer sur la sortie et la production de son film « X Crucior ». 

Aucun supporting act n’est prévu. De nombreuses lampes leds à l’intensité lumineuse puissante sont insérés dans des énormes box rectangulaires entourés de barrettes de petites leds placées en hauteur par quatre et neuf rangées à l’arrière, entourent les artistes.

Une musique orchestrale symphonique intense résonne dans la salle et marque l’entrée du groupe. Sur une estrade surélevée au fond de la scène, prennent place en ligne : deux guitaristes, un bassiste et un drummer. Ron s’installe en front de podium, assis devant son clavier. Russell Mael s’adresse alors au public bruxellois en français, comme d’habitude : ‘Bonjour Bruxelles, est-ce que nous pouvons commencer le show ? Nous sommes les Sparks. Je vous présente mon frère Ron, et moi, je suis Russell ‘ avant d'entamer le très approprié « So May We Start », extrait de la musique du film « Annette », qui a été primé au Festival de Cannes.

Mais, c’est le très nerveux « Do Things My Own Way » qui donne le ton : un véritable cri du cœur, une déclaration d’indépendance artistique. En concert comme en studio, une chose est sûre : les Mael restent fidèles à eux-mêmes et ne cessent d’innover.

Le groupe prend une direction radicalement différente dès « Reinforcements », un virage audacieux mais fidèle à l’esprit de sa discographie, qui regorge de ces ruptures inattendues. Cette compo nous entraîne dans une sorte de vaudeville décalé, contrastant vivement avec l’explosion de tempo de « Academy Award Performance ».

« Goofing Off » est porté par un délicieux riff de guitare, évoquant des instruments venus tout droit du Moyen Âge. Un contraste saisissant, surtout à cause de ces cordes enregistrées sur bande en introduction. Un choix aussi étrange qu'intrigant. Sparks revient ensuite à l’univers de « No. 1 Song In Heaven », caractérisé par ses rythmes dansants et ses synthétiseurs entraînants, sur l’énergique « Beat The Clock ».

« Suburban Homeboy », déclamé par Ron Mael, s’avère d'une ironie cinglante et « All You Ever Think About Is Sex » est tout simplement hilarant. On a également droit à la célèbre marche robotisée de Ron ; ce moment où il se lâche brièvement, pour ensuite retourner bien sagement vers ses claviers, impassible comme toujours.

Certaines des nouvelles compositions du dernier LP passent mieux en ‘live’ que d’autres. « Running Up A Tab At The Hotel For The Fab » sonne différemment de la version studio, et il faut un certain temps pour s’y habituer. Et que ce soit sur « MAD » ou en public, « JanSport Backpack » reste un peu agaçant. Il n’est pas facile à facile à digérer en concert, même si l’interprétation live s’avère légèrement supérieure.

Cependant, parfaitement choisi, « Music That You Can Dance To » fait littéralement exploser la fosse en une joyeuse ébullition dansante.

Le set, brillamment construit, accompagne l’ambiance avec des sonorités électroniques irrésistibles, notamment sur « When Do I Get To Sing "My Way” ». Même le stoïque Ron Mael se laisse emporter, esquissant quelques-uns de ses meilleurs pas de danse sur « The Number One Song In Heaven », pour le plus grand plaisir du public. Un moment aussi hilarant qu’inattendu. D’autant plus que ressentant des bouffées de chaleur, il a besoin d’un ventilateur pour se rafraîchir.

Grâce à l’énergie entraînante propre à la formation et à la voix toujours remarquable de Russell, « The Girl Is Crying In Her Latte » rallie, une nouvelle fois, tous les suffrages.

A l’instar des trois shows précédents accordés en Belgique, « All That » sert de clap de fin. Un ultime adieu livré avec intensité et une émotion palpable.

Sparks a présenté, au Cirque Royal, plusieurs morceaux inédits, inégalement appréciés. Mais pour le reste du concert, le duo a exploré sa vaste discographie, proposant, une nouvelle fois, une sélection de chansons largement différente de celle des tournées précédentes…

Setlist : « So May We Start », « Do Things My Own Way », « Reinforcements », « Academy Award Performance », « Goofing Off », « Beat The Clock », « Please Don’t Fuck Up My World », « Running Up A Tab At The Hotel For The Fab », «  Suburban Homeboy » (lead vocals by Ron), « All You Ever Think About Is Sex », « Drowned In A Sea Of Tears », « JanSport Backpack », « Music That You Can Dance To », « When Do I Get to Sing "My Way" », « The Number One Song in Heaven », « This Town Ain't Big Enough For Both Of Us », « Whippings And Apologies « ,  « Lord Have Mercy ».

Rappel : « The Girl Is Crying In Her Latte », « All That »

(Organisation : GRACIA LIVE)

The Maccabees

Un retour gagnant…

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Séparé en 2017, The Maccabees s’est reformé en 2024 pour accorder une prestation en tête d'affiche à All Points East, dans la banlieue londonienne. Ce set a marqué le début d'une série de concerts préparatoires à travers l'Europe avant son passage à Glastonbury.

Originaire du sud de Londres, le band est devenu notoire pour sa narration émotive et sa musicalité ciselée. The Maccabees a durablement marqué la scène rock indépendante britannique à travers ses quatre elpee sculptés dans un post punk, qu’il teinte parfois de folk.

La première partie est assurée par le jeune troubadour anglais, Willie J. Healey. A son actif, trois opus, dont le dernier, « Bunny », remonte à 2023.

Il est seul sur les planches, armé d’une guitare semi-acoustique. Et pas de boîte à rythmes, comme il a pourtant l’habitude de se servir.

Impossible de ne pas aimer Willie J. Healey. Sa musique est vive et facile à écouter, relevant vaguement du genre indie/folk alternatif. Son style n'est pas vraiment révolutionnaire, mais ne manque pas de charme et surtout passe bien la rampe : ses paroles et sa musique sont bien écrites, et il compose d'excellents morceaux

Il combine avec brio l’esprit de Neil Young, des Beatles et d'Elvis Costello, tout en ajoutant une touche contemporaine de funk, probablement empruntée à David Bowie. Willie J Healey chante l’amour sous toutes ses formes et il est parvenu à dispenser un set sympa, malgré la chaleur étouffante qui règne dans la salle (page ‘Artistes’ ici). 

Setlist : « She's Heroin », « Little Sister », « True Stereo », « Sure Feels Good », « Heavy 94 », « My Room », « The Apple », « Songs For Joanna », « Fashun »

Les fans se pressent contre le podium, en attendant son groupe fétiche. Dès son entrée en scène, The Maccabees est vivement acclamé, et notamment, son chanteur compositeur Orlando Weeks. Le line up implique les frères Hugo et Felix White à la guitare, Rupert Jarvis à la basse et Sam Doyleaux aux drums. Depuis 2010, Will White les accompagne en ‘live’, aux synthés.

Puissant mais contrôlé, le light show souligne la présence scénique du combo et immerge immédiatement les premiers rangs dans une ambiance électrique.

La formation ouvre son concert par « Latchmere » et « Lego », extraits de son premier long playing, paru en 2017, « Colour It In », suscitant une vague de nostalgie instantanée. Felix White, visiblement exalté, enflamme la foule en hurlant : ‘On est les putains de Maccabees !’ D’ailleurs, tout au long de la performance, interactif, il n’a de cesse d’entretenir une connexion intense avec le public, l’incitant à chanter fort sur « Precious Time » ou à donner le meilleur pour fêter ce grand retour.

L’accueil de l’auditoire est à la hauteur de l’événement : enthousiaste, ému, profondément reconnaissant. Orlando, de sa voix aérienne et maîtrisée, s’accompagne à la gratte semi-acoustique sur plusieurs morceaux.

Subtilement construite, la setlist propose un bel équilibre entre extraits des quatre albums et titres phares. Les tubes s’enchaînent, portés par l’alchimie redoutable des deux sixcordes et pimentés par la voix magnétique d’Orlando. Au fil du temps, l’intensité du show ne fait que croître, le groupe démontrant une efficacité redoutable, tant sur le plan sonore que scénique.

Le son, fidèle à la réputation du groupe, est impeccable. « Kamakura » nous réserve un moment de grâce. En retrait, Orlando laisse les guitares apaisées envelopper l’auditoire dans une atmosphère envoûtante. Un instant suspendu, comme un souffle retenu au cœur d’un concert incandescent. Le titre éponyme du dernier elpee, « Marks To Prove it », fait mouche. Le band a visé juste. Les sixcordes sont furieuses et les chœurs s’envolent. Un petit bijou qui nous entraîne dans une danse déchaînée. Jusqu’à l’explosion des drums. Cette chanson frôle la perfection, alors que la voix d’Orlando guide les siens à travers toutes les dissonances.

« Pelican » achève brillamment le show. Moment choisi par les guitares pour décoller, à nouveau.

On regrettera, néanmoins, la pop mièvre de « Feel To Follow », qui a dû ravir, cependant, les fans de… Coldplay voire de Foals.

Cette célébration de la joie s’est transformée en fête vibrante de la musique, de l’amitié et de la communauté fidèle qui s’est formée autour de la formation au fil des ans. Un rendez-vous rare, chargé d’émotion, pour raviver la magie d’un groupe qui a marqué au fer rouge toute une génération de rock indépendant…

Setlist : « Latchmere », « Lego », « X-Ray », « Feel To Follow », « Kamakura », « Wall Of Arms », « First Love », « Precious Time », « Can You Give It », « Spit It Out », « No Kind Words », « Marks To Prove It », « Grew Up At Midnight », « Something Like Happiness ».

Rappel : « Toothpaste Kisses », « Love You Better », « Pelican »

(Organisation : Live Nation)

TVOD

Un show rock’n’roll, bordélique, énergique et rafraîchissant…

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La copieuse tournée de TVOD transitait, ce mercredi 11 juin, par le club de l’Aéronef.

TVOD (pour Television Overdose et pas pour la vidéo transactionnelle à la demande) est une formation new-yorkaise, issue de Brooklyn, très exactement, dont le premier opus, « Party time », est paru en mai dernier. Il fait suite à deux mini-elpees, « Daisy », gravé en 2020, et « Victory Garden », en 2021.

Fusionnant les influences post-punk, dance punk et krautrock, non seulement la formation bouscule les genres, mais elle s’est forgé une fameuse réputation pour ses concerts incroyablement imprévisibles où personne ne sait trop ce qui va se passer, y compris le groupe.

Le sextuor grimpe sur les planches dont deux blacks : une claviériste (aux cheveux roses/orangés) et un guitariste à la longue chevelure coiffée en rasta. Le line up compte également un second sixcordiste, un drummer (planté en retrait), une bassiste, et le chanteur Tyler Wright (il a enfilé un vieux t-shirt déformé par le temps et les lessives, on suppose) qui dès le premier morceau, « Clorox », ne tient pas en place. Dynamisé par les mélodies nerveuses, survolté, anarchique, le set entre alors dans une forme de chaos, mais sans pour autant perdre le fil.

Serge Zbrizher tient sa guitare très haut, quand il ne la brandit pas vers le plafond ou la foule, comme une arme, tout en déménageant sur toute la largeur de l’estrade, alors que son compère, Denim Casimir, se distingue surtout par sa technique et son feeling.

Une forme de paso doble berce « Boo » tandis que le single, « Car wreck » libère un bon groove, entretenu par la ligne de basse hypnotique et le drumming solide.

Pendant « Alcohol », Tyler sort une drôle de bouteille et en boit une lampée au goulot.

« Mud » trahit des réminiscences empruntées aux B-52’s. Wright mime des gestes de boxeur sur un ring. Sa voix mi-parlée, mi-chantée me fait penser à celle de James Cox (Crows). Régulièrement, il se cache le visage en soulevant son t-shirt, un peu comme un footballeur pro qui vient de manquer la conversion d’un penalty ou une occasion en or. Avant d’attaquer « Poppies », il se lâche sur le président des States : ‘Fuck Trump’. ‘Fuck the IUSA’. Depuis son élection, la plupart des groupes et artistes indés américains ressentent une aversion profonde pour leur dictateur.

Il y a un bon bout de temps que dans la fosse, les premiers rangs s’agitent. Très concentrée sur son instrument, la bassiste a du retard à l’allumage, mais finit par se mettre au diapason des autres musicos, en remuant la tête et le corps.

En se tortillant et assurant les backing vocaux (rôle partagé avec le batteur, Mem Pahl), Jenna Mark, de son clavier, diffuse des sonorités vintages et spectrales. Et elle passe au lead vocal sur « Ex-Boyfriend Beat ».

Au cours de « PIT », les spectateurs répondent aux slogans prononcés par les musicos. Tout comme sur « Party time », le titre maître du nouvel album, une compo au cours de laquelle les guitares se révèlent joyeusement discordantes.

Le rappel est accordé très rapidement et s’ouvre par « Alien », avant de s’achever sur « Mantis ». Tyler lance son fil de micro au-dessus d’une barre de support du light show, rattache le microphone, et après avoir réussi son troisième essai, recommence à chanter…

Après un show aussi rock’n’roll, bordélique, énergique et rafraîchissant, il est évident que TVOD est prêt à enflammer les grands festivals. Il doit, peut-être, encore mieux canaliser son énergie. Mais votre serviteur et votre photographe partagent un même point de vue. Ils ont l’impression d’avoir assisté à la naissance d’un futur grand groupe de scène… (photos Ludovic Vandenweghe, ici)

Setlist

Clorox
Pool House
Bend
Car Wreck
Alcohol
MUD
Super Spy
Uniform
Poppies
Ex-Boyfriend Beat
PIT
Goldfish
Wet Brain
Party Time
Alien

Rappel

Wells Fargo Bank Account
Mantis

The 113 assurait le supporting act. Issu de Leeds, ce quatuor constitue une bonne surprise pour une première partie. Plus classique, son post punk est fédéré par le tempo new wave, syncopé, imprimé par le drummer. La musique est ténébreuse et viscérale. Malgré un accent local typique bien prononcé, Frank, le chanteur/guitariste, possède une bonne voix aux intonations hip hop. Lui et le second sixcordiste assènent des riffs impeccables et bien tranchants, alors que cotonneuse, la ligne de basse s’avère rapidement hypnotique.  Le band n’a pas encore sorti d’album, mais suivant la formule usuelle, il est à suivre de très près… (page ‘Artistes’  et photos Ludovic Vandenweghe ici

(Organisation : Aéronef, Lille)

 

Millie Hopes

Une artiste vraie, vulnérable et déjà singulière…

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Ce soir à l’AB Club, l’ambiance est presque à guichets fermés. Deux jeunes artistes en devenir, Lilly et Millie Hopes, vont y livrer des sets courts mais prometteurs, à l’instar de leur carrière encore au stade de ses prémices. Un format condensé — environ 20 minutes pour Lilly et 45 minutes pour Millie — qui laisse entrevoir un avenir musical des plus lumineux.

Anciennement connue sous le pseudonyme Noa Sans H, Noa De Sutter, alias Millie Hopes, s’impose comme l’une des voix les plus prometteuses de la scène pop belge. Originaire de la région de Charleroi, elle présente son tout premier Ep 4 titres, paru ce 23 mai 2025, sur scène. Sa pop aux influences indie et électro est marquée par une sincérité touchante et une maîtrise de l’écriture. En live, Millie Hopes offre une performance habitée, portée par une émotion brute et des mélodies envoûtantes. Un bel équilibre entre vulnérabilité et assurance artistique.

Originaire de Ronquières et désormais installée à Bruxelles, Lilly Michotte, aka Lilly, conjugue études de droit et passion musicale avec une étonnante maturité. Formée au chant, au piano et au solfège dès son plus jeune âge, elle se produit sur les planches depuis ses 12 ans et a déjà ouvert pour plusieurs artistes. Ce soir, elle monte seule sur l’estrade, sans musiciens, avec pour seul soutien des bandes instrumentales. Si l’on aurait aimé la voir entourée d’un vrai groupe, sa prestation n’en reste pas moins marquante. Chaussée de bottes noires et vêtue d’un short à pois, elle affiche une présence scénique nerveuse et captivante. Sa famille, installée au premier rang, l’applaudit non sans fierté. Le set démarre par « Don’t Kill My Vibe », une ballade en anglais aux accents feutrés, portée par une guitare douce bientôt rejointe par des claviers plus affirmés. « La Raison » embraie, une compo électro/pop à texte bien assumé qui évoque l’univers de Suzane. « Clôture », confirme à la fois son potentiel et sa sensibilité artistique. Un premier Ep est en préparation. Il devrait sortir prochainement. De son concert, on épinglera notamment « L’amour est + fort », dont les paroles, très intimistes, marquent les esprits. Un set court, mais convaincant. À revoir (page ‘Artistes’ ) !

Setlist : « Don’t Kill My Vibe », « La Raison », « Clôture », « L’amour est + fort », « Chrysalide «, « La Folle »

À seulement 25 ans, Millie Hopes s’offre un moment de vérité. Seule sur le podium, comme d’habitude, la jeune artiste belge présente résolument son tout premier Ep, « No Boy’s Club », dans le cadre de sa release party, à l’Ancienne Belgique. Ces quatre titres, intégralement interprétés en live, révèlent déjà une voix singulière, à la fois douce et puissante, portée par des textes d’une honnêteté désarmante. Millie a choisi le français pour s’exprimer — une langue qu’elle manie avec justesse, entre poésie et frontalité. Aucun artifice : un décor épuré, une simple caisse en bois pour seule scénographie, sur laquelle elle s’assied parfois entre deux morceaux. C’est dans ce dépouillement qu’elle brille le plus, mettant en avant ce qui compte vraiment : ses mots, ses mélodies, et cette émotion brute qui touche en plein cœur.

Vêtue d’une jupette noire plissée et d’un t-shirt blanc orné d’inscriptions, elle incarne une pop authentique, sincère, libre. Une esthétique assumée, à l’image de son projet : No Boy’s Club — un manifeste personnel autant qu’un espace d’expression, affranchi des regards et des codes imposés. Sur scène, Millie se livre.

Elle ouvre le bal par « Dans Ma Boucle », un morceau intime où elle explore ses émotions sans détour. Sa voix tremble à peine, mais sa présence est forte. Elle parle d’amour, de doutes, d’élan, avec une franchise rare. Le public, lui, découvre une artiste vraie, vulnérable et déjà singulière. Millie remercie les spectateurs pudiquement, les yeux brillants d’émotion. Ce soir, elle ne fait pas qu’interpréter des chansons : elle partage un bout d’elle-même. Et c’est peut-être cela, la promesse la plus précieuse de ses chansons.

Elle quitte la scène à deux reprises pour aller au contact d’un public attentif et présent. Finalement, « No Boys » déchaîne les corps, entraînant la foule dans une danse collective. Le set, bien que court (45 minutes), est d’une intensité remarquable. Par moments, le volume sonore frôle l’excès, mais on pardonnera facilement cette fougue juvénile.

Setlist : « Dans Ma Boucle », « A Tes Côtés », « Bonne Soirée », « Non », « Cheveux Blond Très Long », « M’Avouer », « Depuis Ton Départ », « J’ai Tout Gâché », « Miette », « A Travers Les Nuages », « Emmène-moi », « Pour De Faux », « No Boys »

Rappel : « No boys »

(Organisation : Intersection)

Jon Spencer

Le diable en cité ardente

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Ce mardi soir, c’était le rendez-vous des éternels jouvenceaux liégeois (et d’ailleurs), venus –en petit nombre malheureusement– acclamer Jon Spencer et sa nouvelle bande.

Inusable, l’homme semble avoir pactisé avec le diable pour conserver intact son légendaire dynamisme scénique. Costume gris élégant, chemise à fleurs décontractée et creepers blanches bondissantes : dès les premiers riffs, le ton est donné.

Le concert, délivré d’un seul bloc, se révèle beaucoup plus digeste que lors de sa dernière apparition en terre principautaire (NDR : on se souvient encore du live des Ardentes, aussi lourd qu’indigeste).

Ici, en alternant nouveaux titres et valeurs sûres de son imposant répertoire, Spencer tisse une tension électrique, suspendue à une rythmique sans faille.

Parlons-en, de cette section rythmique ! Toute droite sortie des enfers, la basse de Kendall Wind et la batterie de Macky Spider Bowman (NDR : originaires de Woodstock, ils militent chez The Bobby Lees, mais ne sont pas du genre à tremper dans la flower power) martèlent avec puissance et panache.

Wind tire de sa basse des lignes fuzz ensorcelantes et virtuoses, pendant que Bowman, au vu du détachement espiègle des jeunes prodiges, grimace et s’agite dans une chorégraphie nerveuse du plus bel effet.

Ce groove infernal propulse Jon Spencer au sommet de son art, cabotin juste ce qu’il faut, mais toujours profondément communicatif.

Face à lui, un public un brin mollasson mais sincèrement heureux d’être là, et qui doit s’armer de patience pour acclamer son héros, tant les morceaux s’enchaînent sans relâche, comme un train lancé à pleine vitesse.

Car peu importe l’assistance modeste : généreux et excentrique comme on l’aime, Spencer se donne corps et âme, avec une jubilation évidente. Lui qui a jadis enflammé les plus grandes scènes, offre désormais son boogie endiablé à des salles plus intimes, sans jamais rien céder de sa fougue.

Le rappel, tout aussi tonitruant, culmine lors de l’incontournable « Wail », glissé malicieusement entre deux cassures rythmiques. Puis, rideau.

Une excellente soirée sous le signe du bon vieux rock’n’roll.

Décidément, certaines choses ne vieillissent pas. Et tant mieux.

 

 

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