Vous trouverez, ci-dessous un aperçu des sorties récentes et futures les plus intéressantes chez PiaS ; bien sûr dans l’esprit de la ligne éditoriale de Musiczine. Et pour vous donner un avant-goût, rien de tel que d’y associer l’un ou l’autre clip vidéo ou…

logo_musiczine

Un accord de piano lève le voile sur une mélodie épurée, Sïan Able erre dans une rue bruxelloise éclairée à la lueur des réverbères. Sa voix contrastée accompagne la mélodie qui s'intensifie au fil des refrains, c'est frissonnant et envoûtant. « The Ones Who…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Didier Deroissart

Didier Deroissart

Début 2020, Beth Hart avait annoncé partir pour sa ‘Thankful Tour’, une tournée qui devait passer par le Cirque Royal, à Bruxelles. Vu la pandémie, il sera reporté à 3 reprises et finalement, il se déroulera ce 23 novembre au même endroit.

En février dernier, elle a publié un nouvel elpee intitulé « A tribute to Led Zeppelin », au cours duquel elle rend hommage au légendaire dirigeable, en reprenant 12 de ses compos. Un disque qui fait suite à « Fire On The Floor » (2016) qui l’a vue monter un nouvel échelon en matière de reconnaissance, et un « Black Coffee » (2018), pour lequel elle avait reçu le concours de Joe Bonamassa.

Le supporting act est assuré par John Oates. Il s’agit de la moitié de Hall & Oates, un duo (NDR : et une machine à tubes) que votre serviteur avait eu l’occasion d’applaudir, en 1982, à l’Ancienne Belgique. Ce soir, il se produit sans son comparse. Et pour accompagner son chant, il va se servir de guitares semi-acoustiques. Et pas n’importe quelles grattes, puisqu’il s’agit de Martins… rutilantes ! Il est soutenu par un percussionniste. Bonnet de couleur brune vissé sur le crâne, il est assis sur un cajon et dispose d’une cymbalette à pied.

Il entame son set 10’ plus tôt que l’horaire prévu. Ce qui va lui permettre d’accorder un set de 40’ mêlant reprises de son célèbre tandem et titres issus de son elpee, « Live in Nashville », paru en 2020. Un LP ‘unplugged’ tout comme sa prestation au cours de laquelle, il va nous réserver son single, « Pushin' A Rock », mais surtout une version mémorable du « What A Wonderful World » de Louis Armstrong. Pas à la trompette, mais à la gratte semi-acoustique…

Après 20 minutes d’entracte, alors que la salle est plongée dans la pénombre, un faisceau de lumière se focalise sur l’entrée de la fosse sous la table de mixage. Beth Hart apparaît et entame un tour de salle complet en chopant les mains des spectateurs ou en leur faisant petits coucous tout en se dandinant de manière assez sexy. Une promenade qui va se prolonger pendant 10 bonnes minutes, lors du morceau d’entrée (« Love Gangster »), avant qu’elle ne grimpe sur l’estrade. Un podium au fond duquel une toile à deux coloris est tendue ; ce qui va permettre aux techniciens du light show de faire fluctuer les couleurs de l’arc-en-ciel. La Californienne est soutenue par trois musicos, soit le bassiste (également préposé à la contrebasse et au piano) Tom Lilly, le drummer Bill Ransom, une casquette vissée sur le crâne, le bassiste Tom Lilly, (qui se consacre également à la contrebasse et aux claviers) et enfin le guitariste Jon Nichols, un stetson enfoncé sur la tête. Jon est le bras droit de Beth et son directeur musical depuis 16 ans. Ils coécrivent les chansons ensemble. Il a joué, notamment, en compagnie de Jeff Beck, Slash et Joe Bonamassa et drive son propre band, quand il ne se produit pas en solo.

Dès les premières notes, la voix puissante, phénoménale, tout en nuances, à la fois sensuelle et torturée de Beth Hart charme nos tympans. Elle discute, rit, pleure, s’émeut avec grande classe aussi bien en interaction totale avec ses musicos que la foule. Que ce soit lors de ses titres interprétés au piano ou ceux partagés avec son band… Ses chansons oscillent de la joie à la mélancolie en passant par la rage et la douceur.

Tout au long de « When the Levee Breaks » de Memphis Minnie & Kansas Joe McCoy et de « Rhymes » d’Al Green cover, elle s’accroupit et invite l’auditoire à l’accompagner au chant. Elle passe derrière les claviers pour « Bad Woman Blues ».  

« Words In The Way » est attaqué sous une forme dépouillée, Tom Lilly se consacrant à la contrebasse, Jon Nichols à la semi-acoustique et Beth à l’orgue Hammond. Dans le même esprit, « Rub Me For Luck » pourrait servir de B.O. à un film de James Bond. Et toujours dans la même veine, « Thankful » est interprété en mode piano/voix, un slow langoureux au cours duquel on ne sait plus si on se trouve à la maison ou dans un club de blues…

Beth signale que le Cirque Royal est intimiste, proche du public et que le son y est excellent. Et elle a tout à fait raison.  

Il faudra cependant attendre le rappel pour enfin savourer deux extraits de son dernier long playing consacré à des reprises du Led Zeppelin, et tout particulièrement lors de la finale, à travers un « Whole Lotta Love » d’anthologie. Les interventions du batteur son magistrales, dignes de Bonham, père ou fils. Lors de ces instants magiques, la diva s’efface et se couche même sur les planches. Une fin de soirée zeppelinienne exceptionnelle !

Setlist : « Love Gangster », « When the Levee Breaks » (Memphis Minnie & Kansas Joe McCoy cover), « Rhymes » (Al Green cover), « Bad Woman Blues », « Spirit Of God », « Bang Bang Boom Boom », « Rub Me For Luck », « Setting Me Free », « Rub Me For Luck », « Thankful », « Woman Down », « Without Words In The Way », « Sugar Shack », « Can't Let Go » (Randy Weeks cover), « House of Sin »,

Rappel : « No Quarter » (Led Zeppelin cover), « Whole Lotta Love » (Led Zeppelin cover).

(Organisation : Greenhouse Talent)

lundi, 21 novembre 2022 19:31

Un folk métal venu des steppes…

En route vers la Mongolie, à travers les steppes, en compagnie de The Hu, un groupe dont la musique mêle métal et musique traditionnelle. Ils sont 8 sur les planches ! Pour y parvenir, ils se servent d’instruments conventionnels (guitares, basse, batterie) mais aussi folkloriques, comme la flûte tsuur, le morin khuur et le tovshuur, soit un violon et un luth à deux cordes, surmontés d’une tête de cheval, et assurent les vocaux en khöömii, chant diphonique guttural mongol.

Huit millions de personnes dans le monde parlent le mongol, mais The Hu a récolté plus de 90 millions de vues sur You Tube, comme si on reconnaissait dans sa musique, celle de notre passé.

C'est que la formation originaire d’Oulan-Bator, fondée en 2016, a attiré la grande foule. L’ancienne Belgique est blindée et une longue file nous attend, à notre arrivée jusqu’au bout de la rue des Pierres à hauteur de Music Village.

Le supporting act est assuré par le combo londonien King Nun. Un quintet dont le premier elpee, « Mass », est paru en 2019. Son style ? Quelque part entre punk, grunge et garage rock. Sa musique est à la fois énergique, hargneuse et explosive. Un peu comme s’il avait hérité quelque chose des Stones à leurs débuts, des Sex Pistols, des Ramones, de Nirvana et de METZ pour rester dans l’air du temps. D’autant plus que charismatiques, les musicos libèrent une expression sonore chargée d’angoisse adolescente.

En 35 minutes, le combo va livrer 10 morceaux qui décapent ou dépotent, selon que vous aimez vous y frotter ou vous y transvaser. Et tout particulièrement le single « Mess Around ». Evidemment, quand on compte trois guitaristes au sein de son line up, l’électricité gicle de partout ; et même si parfois elle est maladroite, elle s’avère particulièrement rafraîchissante. En outre, le sens mélodique est préservé. Une bonne entrée en matière !

Pour les photos, c’est ici

Setlist : « Golden Age », « Lightning To Fly », « Heavenly She Comes », « Selfish », « OCD », « Black Tree », « Live On The Beach », « Chinese Medicine », « Hung Around », « Escapism ».

The Hu débarque sur les planches sous des applaudissements nourris. Chaque musicien prend sa place sur les planches. Outre le chanteur (qui se sert encore circonstanciellement de la flûte ou d’une guimbarde) et les deux préposés à l’instrumentation folklorique, le line up implique deux guitaristes, un bassiste ainsi que deux drummers installés sur de hautes et imposantes estrades. L’un d’entre eux frappe sur des immenses tambours, dont les peaux claquent littéralement. Ces deux percussionnistes cognent tour à tour ensemble ou séparément. Mais soyez-rassurés, l’invasion de ce collectif n’est pas dirigée par Gengis Khan. Ils ont un look effrayant, mais ils sont super cool et en perpétuel interaction avec le public.

C'est par « Shihi Hutu », titre du dernier elpee que les hostilités débutent. Les instruments à cordes frottées sont bien mis en exergue et apportent une coloration vraiment exotique à une expression sonore métallique, mais mélodieuse.

Le répertoire va osciller aléatoirement entre morceaux issus de leurs deux opus (« The Gereg », publié en 2019, et Rumble of Thunder, en septembre dernier). Quelques compos plus entraînantes incitent à danser, mais pas de pogo, de round circles ni de crouwdsurfing. Le public est attentif et chante même ce qu’il ne comprend pas, lève les bras, frappe dans les mains en cadence ou pour applaudir. L’ambiance est vraiment bon enfant. Les spectateurs semblent heureux d’être là. Galbadrakh Tsendbaatar, le chanteur et leader, prend régulièrement la parole en s’exprimant dans sa langue natale. Ce qui provoque des scènes assez cocasses au cours desquelles la foule hurle et acquiesce, sans forcément comprendre ce qu’il raconte.

Il fait très chaud dans la salle, et la performance du groupe accentue encore la température dans la fosse. La setlist nous réserve des titres plus pop, à l'instar de « Bii Biyelgee » ou encore « Yuve Yuve Yu », que l'assemblée se met à reprendre en chœur. Parmi les morceaux les plus métalliques, on épinglera « Wolf Totem », « Tatar Warrior » et « This Is Mongol », qui clôture le set proprement dit.

En rappel, The Hu va nous s’autoriser une reprise mémorable du « Sad But True » de Metallica. Mais avant de tirer sa révérence, le groupe va remercier son auditoire et prendre des photos de la salle ou auprès des fans en faisant coucou par-ci, coucou par-là…

Une superbe soirée !

Pour les photos c’est

Setlist : « Shihi Hutu », « Shoog Shoog », « The Gereg », « Huhchu Zairan », « The Great Chinggis Khaan », « Uchirtai Gurav », « Shireg Shireg », « Bii Biyelgee », « Tatar Warrior », « Yuve Yuve Yu », « Wolf Totem », « Black Thunder », « This Is Mongol ».

Rappel : « Sad But True » (Metallica cover)

(Organisation : Ancienne Belgique et Biebob)

dimanche, 13 novembre 2022 18:11

Un concert à épingler… avec un trombone…

Double affiche, ce soir, à l’Ancienne Belgique où vont se produire des artistes catalans. Tout d’abord, Tarta Relean, un duo qui réunit Marta Torrella et Helena Ros. Puis Rita Payès Roma, une étoile montante du jazz. La soirée est organisée en collaboration avec LivEurope et l'Institut Catalan Ramon Llull. La grande salle est configurée en mode théâtre et c’est complet.

En général, Tarta Helena figure à l’affiche des festivals de musique traditionnelle, baroque ou contemporaine. A son actif, un album, « Fiat Lux », paru l’an dernier. En boutade, la paire qui s’inspire du mysticisme, de la liturgie et du cycle de la vie, a baptisé son style de ‘chant grégorien progressif’.

Pratiquant la polyphonie, Marta Torrella et Helena Ros chantent tour à tour en catalan, espagnol, grec, latin ou séfarade. Deux superbes voix orchestrées de manière raffinée. Des mélodies souvent anciennes, mais paraissant intemporelles à travers une vision globale. Cette musique chorale est très répandue en Catalogne.

Une table est plantée au milieu du podium. On y remarque la présence d’une loop machine, de deux petits claviers ainsi que d’une cruche en cuivre équipée d’un micro. Pas de setlist. Les vocalistes sont vêtues d’une longue robe noire à paillettes fendue sur le côté alors qu’un foulard argenté enserre leurs têtes. Très interactives, elles s’expriment, entre chaque chanson, en français, en espagnol ou encore dans un anglais… parfois hésitant.

Conjuguées, les voix passent aisément des graves aux aigus, même que parfois le spectre de Björk se met à planer. Quand elles s’écartent de la table et des micros, c’est pour communiquer une impression de distance. Mais les beats électroniques apportent une coloration contemporaine à l’ensemble. Tout comme la loop machine. Mais en multipliant les chœurs, le climat vire au baroque. En outre, le son est d’une telle pureté, qu’on a la sensation d’être dans une cathédrale.

Une jolie surprise pour cette première partie…

Rita Payés vient de fêter ses 22 printemps. Sur les planches, elle est soutenue par un drummer, un contrebassiste, la casquette en pied de poule vissée sur le crâne ; et puis surtout Elisabeth Roma, la maman de Rita, qui se charge de la gratte semi-acoustique, qu’elle joue dans un style flamenco, perchée sur un siège haut. Rita se réserve le chant (NDR : parfois on dirait qu’elle croone) et le trombone à coulisses. Bref, entre mère et fille, c’est la rencontre émouvante entre deux générations. On peut même affirmer qu’elles sont fusionnelles.  

La formation va nous réserver des extraits de ses deux elpees. Chaque musicien a droit à sa petite jam. Lorsqu’elle est limitée à la mère et la fille, l’expression sonore est plutôt paisible, Elisabeth affichant sa technique en picking, alors que Rita nous caresse les tympans de ses tonalités au trombone….

Après une performance sans voix dans la salle barcelonaise, Luz de Gas, il y a deux ans, le duo a publié son second opus, « Imagina ». Au sein de cette nouvelle aventure, il propose un répertoire de musiques originales aux sonorités sensuelles et subtiles, en mêlant jazz, bossanova, lounge, guitare classique et parfois americana. Vocaux chatoyants, dans la langue de Cervantès et parfois dans celle de Shakespeare, trombone troublant, guitare énergique et ambiance totalement ibérique, l’AB programme rarement ce type de spectacle.

Un concert à épingler… avec un trombone…

(Organisation : Ancienne Belgique, LivEurope et l'Institut catalan Ramon Llull)

 

jeudi, 17 novembre 2022 17:21

Sous les couleurs de l’arc-en-ciel…

Suzane vient de se produire à l’Olympia de Paris, devant une salle comble. Elle a littéralement retourné le site de l’abbaye de Floreffe, dans le cadre du festival Esperanzah, cet été ; et elle avait fait forte impression, lors de l’édition 2020 des Nuits Botanique, sous une pluie battante. Ce soir elle est de retour en Belgique, et à Bruxelles, dans la grande salle de l’Ancienne adaptée en Ballroom. Les 800 tickets prévus pour ce spectacle ont été vendus. Donc, il est sold out.

Océane Colom aka Suzane est née le 29 décembre 1990 à Avignon. Auteur, compositrice et interprète, c’est un électron libre de la nouvelle chanson française. Elle se définit elle-même comme une conteuse d'histoires vraies sur fond électro. A son actif deux albums : « Toï Toï », paru en 2020 et « Caméo », début de ce mois de novembre. Lors de Victoires de la musique 2020, elle a décroché celle de la révélation scène, il y a deux ans.

La première partie est assurée par Kalika. Également originaire d’Avignon, elle a publié son premier elpee, « Latcho drom », en mars dernier. Son patronyme est inspiré de ‘Sara-la-Kali’, sainte vénérée par la communauté des gitans des Saintes-Maries-de-la-Mer, mais également de la déesse indienne de la destruction et de la reconstruction. Elle a d’ailleurs été élevée dans la communauté des gens du voyage. Kalika leur est reconnaissante.

Elle dépeint ses émotions et défend ses propos dans des titres créés à partir du quotidien. Des morceaux à scander tels des véritables hymnes en concert, sur un ton souvent décalé. Ses paroles crues et provocantes racontent les histoires tumultueuses d'amour et de sexe d'une jeune féministe de 22 ans. Si elle n’a aucun tabou, ses textes sont à prendre au second degré.

En ‘live’, elle est soutenue par son compagnon aux synthés, aux machines, à la guitare et à la caisse claire.

« Chaudasse » dénonce le ‘slut-shamming’, un concept américano-canadien qui consiste à stigmatiser, culpabiliser ou disqualifier toute femme dont l'attitude ou l'aspect physique serait jugé provocant ou trop ouvertement sexuel ou qui cherche à se faire avorter. Des thèmes bien dans l’air du temps.

Déterminée, Kalika exprime sans détour son désir sexuel pour un homme dans « Olala ». Elle parle de ses émotions, ses pulsions, ses désirs propres, le tout sans retenue. Cette Catherine Ringer des temps modernes possède le regard crépitant de rage mais son sourire barre son doux visage.

Le flamboyant « Dinosaure » retrace l’histoire personnelle d’une de ses fans à l’égard d’un père rigoureux. Elle interprète ce morceau, uniquement en mode piano/voix.  

Kalika a bien joué son rôle de supporting act…

Setlist : « Intro », « Kalika Gang », « Olala », « Chaudasse », « Réveille-Toi », « Dinosaure », « L'Eté Est Mort », « Latcho Drom », « Tu Fais La Gueule », « La Dispute »

On entend Suzane déclamer un texte. Le rideau tombe et chaleureusement applaudie, elle débarque sous les applaudissements pour entamer le particulièrement « Génération désenchantée » (NDR : non ce n’est pas la reprise d’une chanson de Mylène Farmer !)

Le podium est surélevé sur les ¾ de sa surface, d’une estrade. Suzane est vêtue d’un pantacourt et d’un body de couleur noire, le tout recouvert d’un voile transparent de la même teinte.

Si elle n’est pas soutenue par des musicos en ‘live’, elle bénéficie d’une fameuse équipe technique qui se charge de la bande son, des lumières et de la projection de vidéos, sur un grand écran planté en arrière-plan. On va y découvrir des clips consacrés à ses chansons, des doublures de silhouettes de l’artiste quand il n’est pas inondé de lumières qui changent alors constamment de couleur. Et pourtant, ce team demeure discret. Un light show très susceptible d’aveugler la foule ou de se focaliser sur une Suzane en perpétuelle évolution, changeant de couleur au gré des beats et des sonorités électro dispensées.

Dès le premier titre, « Suzane », l’ambiance est déjà brûlante dans la fosse. « Et Toi Ça Va » relate le compte-rendu de ses apéros entre copines.

Suzanne s'aventure sur des rythmes plus dansants, parfois franchement festifs, un climat illustré par le single « Belladonna », tout en laissant la part belle aux paroles empreintes de réflexions sociétales, qui caractérisent son répertorie depuis ses débuts.

Lors de la chanson « « Pendant 24 H », Fabien Marsaud aka Grand Corps Malade apparaît sur l’écran, sa béquille à la main droite. S’ensuit un duo virtuel impressionnant. A l’issue du morceau on a droit à près de 10’ de ‘standing ovation’. Elle n’en oublie pas les compostions de son premier elpee, et tout particulièrement « L’Appart Vide », « SLT » et « Il Est Où Le SAV ? ». Pour ce dernier morceau, au cours duquel des images de désastres climatiques et de pauvreté défilent, un grand brun au cheveux bouclés déboule du backstage armé d’une gratte électrique : Témé Tam. Le tandem va alors mettre le souk, entrainant à nouveau, 10’ d’applaudissements. Et lorsqu’elle est émue, l’artiste nous renvoie alors des cœurs formés avec ses mains.

Le spectacle est vivant, les mots sont d'actualité, le son est excellent, mais un peu froid. Le public est jeune et même très jeune. Suzane chante son époque avec une énergie fédératrice et émouvante à souhait. Des titres immédiats, des thèmes universels et engagés.

« Krishna » raconte l’histoire de la restauratrice parisienne qui avait engagé Suzane, comme serveuse. Elle signale qu’elle lui a permis d’écrire les morceaux de son premier opus et cette chanson lui est dédiée. Bel hommage ! Adoptant la position de la déesse à plusieurs bras, elle nous parle du déracinement des populations migrantes et enchaîne par « 90 », une ode à la nostalgie de l'enfance.

« Clit Is Good » est un manifeste en faveur du plaisir (solitaire) féminin. « P'tit Gars » évoque la chronique glaçante d'un coming-out difficile. L'homosexualité est toujours présente dans l’album « Caméo », avec une différence de taille : cette fois, il ne s'agit plus d'un sujet. Car les quelques chansons d'amour de l'album sont simplement genrées au féminin. Comme une volonté, après avoir raconté, de normaliser. Deux drapeaux aux couleurs « LGPT » sont levés et un autre aux mêmes couleurs est lancé à Suzane qui l’embrasse. Le public est chaud et applaudit à tout rompre, alors que Suzane lâche quelques larmes. Le set s’achève par « Un Ticket Pour La Lune », sous un univers étoilé, tandis que sur l’écran apparait la voie lactée et la lune. Un ‘Happy Birthday’ sera même entonné pour fêter l’anniversaire de la tour manager qui débraque brièvement sur les planches.

(Organisation : Live Nation)

vendredi, 11 novembre 2022 11:23

Paz y Pan

Quatre ans après avoir gravé « Hekatombeando », Flor Del Fango nous propose son troisième opus. Dix-huit longues années séparent le premier (NDR : un éponyme) du second.

A l’origine, le band réunissait des ex-membres de La Mano Negra, de Chihuahua et de Parabellum. Depuis, le line up a connu quelques changements, outre le décès de Sven Polhammer, en 2017. Ce qui n’a pas influé l’ADN du collectif. Sur cet LP, on y retrouve ce mélange savoureux de folklore mexicain, de pop/world et de rock. « Paz Y Pan » se traduit en langue de Voltaire par : ‘De la Paix et du Pain’. Il se réfère à un ancien slogan zapatiste datant de la révolution mexicaine. Faut dire que la formation et née en novembre 1997, à l'occasion d'une soirée de soutien aux indiens du Chiapas, organisée au Zénith de Paris.

Emmenée par la voix envoûtante de la Madrilène Marucha Castillo, la meute des furieux de Flor Del Fango est un véritable tourbillon ‘mexicodélique’ où se mélangent des riffs de guitare punk/rock, des airs de guitares flamencas, des rythmes de percus et de batterie, du charango, du guitarrón, de la basse, du clavier et des samples explosifs. Un invité prestigieux accompagne le band pour cet album : Madjid Fahem à la guitare et au chant (ex-Manu Chao et Radio Bemba).

Dès « Mermelada », la musique nous replonge 20 ans dans le passé. La Cubaine Yaïte (La Dame Blanche) a été invitée à partager le micro avec Marucha Castillo, dont la voix chaude et assurée mêle chant, spoken word et intervenions hip hop, sur un rock métissé, soutenu par une pléiade d’instruments et de chœurs.

Le groupe passe la vitesse supérieure dès le second titre (« Paz Y Pan »). La rythmique et l’esprit punk rappellent l’ambiance de la Mano Negra ou encore de Chihahua. Le tout sur un tempo à faire dérailler un train, mais pimenté à la sauce mexicaine. Le chant (parfois en anglais) et la guitare de Madjid (Radio Bemba) alternent tout au long de « Balada De Un Soñador » (« Balade d'un rêveur ») une compo dynamique et chargée de swing. De quoi inciter à danser tout en nous invitant à libérer son esprit...

Flor Del Fango se risque même au périlleux exercice de la reprise sur « Dame Veneno » de Los Chunguitos. Si le titre est évidement un retour aux racines flamenco andalouses, le groupe lui donne une tout autre dimension, plus électro/rock, mais tout aussi envoûtante. « Donne-moi du venin » libère une belle énergie.

Les plages s’enchaînent, mais le constat reste le même : ce long playing est rempli d’hymnes destinés à enflammer les portugaises, que ce soit en ‘live’ ou dans son salon. Le band nous démontre aussi ses capacités à faire bouger les lignes et se frotter à la technologie contemporaine, en tâtant de l’électronique, (le clip est à découvrir ici). Et le résultat est souvent concluant, le combo préférant des sons ludiques, pour conserver un côté décalé, vintage, qu’on retrouve d’ailleurs parfaitement compris dans les images du clip. Le groupe s’y essaie une seconde fois lors d’un « Mambo » (la vidéo est à découvrir )

très funkysant presque disco ! Le groupe continue aussi à puiser ses influences dans la musique de celui qui a montré la voie, Manu Chao, dont on retrouve l’esprit le temps de « Sweet Magdalena ».

« Poema De Harina » sent bon le Mexique avec ses trompettes et ses cordes mariachi.

En fin de parcours, le groupe éteint les amplis et « Uno Nunca Sabe » réserve un moment acoustique ; une plage bourrée d’émotion, une émotion à fleur de peau entretenue par la voix de Marucha Castillo et une guitare flamenco.

Grâce à sa musique ensoleillée, Flor Del Fango nous met un peu de baume au cœur, en cette période difficile. Et les aficionados de la Mano Negra ne cacheront pas leur plaisir à déguster ce « Paz Y Pan ».

 

Ce dimanche 6 novembre, les deux salles de l’Ancienne Belgique sont combles. Votre serviteur a cependant opté pour le club, où se produit le groupe belge, Marble Sounds.

Marble Sounds sort son nouvel elpee, demain. Ce sera son cinquième, et il est éponyme. La formation emmenée par le chanteur Pieter Van Dessel squatte depuis plus de 10 ans les sommets de la scène musicale belge. Une sacrée performance, surtout quand on sait que Van Dessel choisit rarement la facilité et aime se lancer des défis musicaux. Pour cet opus, Pieter s’est chargé de la production. La musique du band évolue vers un son de plus en plus épuré, mais toujours grandiose et universel.

Le supporting act est assuré par Lotte Lauwers aka Patches. De grande taille, la jeune femme est vêtue de noir ; chaussée d’escarpins, elle porte un pantalon transparent en dentelle et une longue veste. Son claviériste (certainement Karel Naessens) se plante à sa gauche, perdu au milieu des instruments du band de Pieter. Lotte regarde très peu l’auditoire. Quand elle ne grimpe pas sur un siège haut, ne montrant son visage que de profil, la plupart du temps, elle tourne le dos au public. Serait-ce de la timidité ?

Elle enfile des gants en dentelles –toujours de teinte noire– juste avant d’attaquer « Road To Ruin », et bien sûr, dos à la foule. Discret, le light show plonge l’artiste dans la pénombre, jonglant entre ombres et lumières. On ne se lasse pas de l'alchimie de ses mélodies, des beats et de sa voix sensuelle qui crée une énergie magique. Tout est étudié. Chaque chanson baigne au sein d’une ambiance feutrée, mais chaque fois différente. Une superbe découverte !

Setlist : « Road To Ruin », « Sweet By And By », « Bye Bye Bye », « Hot Enough », « Silver Foxes », « And Another », « Food For Fantasy », « Venice In Fog »

Marble Sounds est un collectif réunissant 10 musicos. Mais la colonne vertébrale, c’est bien Pieter Van Dessel. Ce soir, il va uniquement se consacrer au chant et au piano. Il est soutenu par un drummer (Mattijs Vanderleen), un bassiste (Gerd Van Mulders, reconverti au bugle pour « The Ever After »), un guitariste (Gianni Marzo, qui milite également au sein de différents projets, dont Isbells et Ansatz Der Machine), un claviériste (le fidèle Brecht Plasschaert), la vocaliste Renée Sys et un quatuor à cordes dont un violoncelliste et trois violonistes, parmi lesquels figurent Beatrijs De Klerck et Stefan Wellens (alto).  

Le set débute par « My Initial Intentions ». On perçoit distinctement le contact des doigts qui tapotent sur les touches d’ivoire, mais pour le reste, on n’entend pas une mouche voler ! Toute l’attention du public est focalisée sur Pieter. La musique est épurée. L’ambiance est feutrée. Les violons enrichissent la fin du morceau. En fermant les yeux, on a l’impression de pénétrer dans un autre monde. De toute beauté ! La setlist propose de larges extraits du dernier elpee, mais aussi des titres plus anciens. De quoi vous éveiller les sens et vous remplir de bonheur. « Quiet », c’est la plage qui ouvre le dernier LP. Elle permet de reprendre son souffle.

En général, l’expression sonore oscille de l'indie pop au néoclassique, en passant par l’électronique, mais elle n’est pas avare d’expérimentations. Ainsi, sur le dernier album, « Soon I'll Make Us Laugh » a bénéficié du concours d’une chorale bulgare ; et même les filles de Van Dessel sont impliquées. Les limites sont donc certainement explorées, bien que d'une manière différente. A l’instar de la version proposée ce soir. Seule Renée et les violonistes participent aux chœurs. On se croirait en stage de retraite spirituelle, dans une abbaye. Les ivoires et le quatuor à cordes constituent la trame de la musique, même si l’électronique se réserve également une part du gâteau. Comme sur « Axolotl », qui évoque Air ou Bonobo. Pieter y change de micro pour passer sa voix au vocodeur, et le résultat est convaincant. Lors du rappel, tout au long de « Jacket » (NDR : une petite merveille !), il utilise le même processus.

Un des meilleurs concerts auxquels votre serviteur a assisté, en 2022. Là-dessus, en rentrant, il va se réécouter l’album en boucle…

Setlist : « My Initial Intentions », « Quiet », « Never Leave My Heart », « All Gone », « These Paintings Never Dry », « Soon It'll Make Us Laugh », « (How It's Going To) End », « K.V. », « Light Years », « Tout et Partout », « A Drop In The Bucket », « Axolotl », « Leave a Light On », « Priorat », « The Ever After ».

Rappel : « Jacket », « Keep Repeating ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

L'artiste néerlando-kurde Naaz, âgée de 24 ans, dévoile le clip de son dernier single « Azadî ». Elle a grandi aux Pays-Bas. Malgré son jeune âge, elle a déjà à son actif :  un premier Ep sorti en 2018 « Bits of Naaz » dont 3 titres ont cartonné : « Words », « Loving Love » et « Up To Something ».

Dans cette vidéo, on la voit se faire tatouer dans le cou la phrase ‘Jin, Jiyan, Azadî’, qui signifie en kurde ‘Femme, Vie, Liberté’. Depuis des siècles, les femmes kurdes ont pour tradition de se tatouer le visage et le cou en guise de témoignage de leurs histoires. Chaque symbole a une signification différente et c'est devenu un moyen d'immortaliser des souvenirs et des êtres chers. À ses côtés, c'est l'actrice turco-hollandaise Sinem Kavus, qui - étant donné le contexte historique - est un symbole fort de sa culture. A la fin du clip, NAAZ glisse ‘Il n'y a pas de vie sans les femmes et il n'y a pas de liberté tant que tout le monde n'est pas vraiment libre. Ce n'est pas un acte de rébellion mais surtout un acte conservation de la culture’.

Naaz a grandi dans une famille religieuse et, dès son plus jeune âge, on lui a appris à se comporter en femme exemplaire, selon les habitudes de sa communauté. Comme elle dit : ‘Votre avenir ne doit pas dépendre de l'endroit où vous avez grandi, et les choix que vous faites ne doivent pas être discrédités par les autres.’

Dans ce clip, elle veut faire les choses différemment et dédramatiser le jugement que nous pouvons porter sur nous-mêmes si nous choisissons de changer de vie malgré tout. Le but étant de montrer qu'il est possible de rester fier de soi-même, peu importe qui l'on est et d'où l'on vient, même si on s'écarte des traditions. Il s'agit d'une image qui permet d'accepter l'inévitable haine de soi et de créer l'égalité en soi.

Pour écouter et regarder le clip de « Azadî », c’est ici

 

jeudi, 03 novembre 2022 10:01

Les tentacules de YellowStraps...

Fondé à Bruxelles par les frères Yvan et Alban Murenzi, YellowStraps façonne, depuis bientôt 10 ans, une néo-soul hybride qui caresse les sens et affole les perceptions, validée par la bouillonnante scène rap belge (Roméo Elvis, Le Motel, L’Or Du Commun, ...).

Avec « Tentacle », le duo se change en solo (Alban part, Yvan reste) et déborde du cadre sans renier son ADN. YellowStraps passe en vitesse-lumière.

Yvan a construit « Tentacle » sur cette absence, entre volonté d’imprimer une continuité (dire MERCI au passé) et de défricher de nouveaux espaces. Il y pousse plus loin son exploration du chant (en anglais mais aussi en français), tant sur le plan de la technique vocale, qui donne finesse et profondeur à ses compos, que dans la manipulation d’effets électroniques (dont l’autotune, rejetée jusqu’ici (pour de mauvaises raisons). Surtout, il s’est remis intensément à la production (qui était devenue le domaine du frangin), seul ou épaulé par quelques proches, dont son manager Jad El Alam et le bassiste Victor Defoort.

Yvan aime travailler en petite équipe, car chacun peut apporter sa touche sans mettre en péril ma direction artistique. Dans sa tête, il sait ce qu’il veut.

Parmi ces lignes directrices, on trouve un désir d’hybridation toujours plus vaste (activé par la découverte de King Krule aux débuts du groupe), intégrant les influences rock de sa jeunesse (R&B, nu soul et électronica déjà en place). Une quête d’émotions indescriptibles qui passe autant par l’écriture mélodique que par l’expérimentation. C’était une manière de marquer son territoire, de redéfinir les contours de YellowStraps. Ainsi des tubes en puissance (le single « Headown », tout en élégance pop et mélancolie infectieuse, mais aussi « Notice », « Flowin », « Champagne New String » ou le très émotif « Writer’s Block » avec la rappeuse/chanteuse belge Blu Samu) côtoient des formes mutantes (« Acequia », « 156 », le presque kanyewestien « Necklace »).

Le YellowStraps nouveau est arrivé, à la fois fruit mûr d’un parcours déjà dense et premier bourgeon éclatant de jeunesse et d’invention. Moins en phase avec le rap qui l’a porté, loin de la froideur de la musique de producteur, « Tentacle » se déploie sans limite, entre paysages mentaux et trépidations du cœur.

La vidéo de « Notice » est à découvrir ici

En concert à l’Ancienne Belgique le 09/02/2023

jeudi, 03 novembre 2022 15:53

Tropical pop !

Hollie Cook est née d’un père batteur et d'une mère vocaliste. Et ils sont loin d’être des inconnus. Paul Cook, le paternel, était le drummer des Sex Pistols, alors que Jennie Mathias, la maman, choriste chez Culture Club. Boy George est d’ailleurs le parrain d’Hollie. L’artiste londonienne assurait déjà les chœurs au sein du groupe féministe punk, The Slits, avant de se lancer en solo. Elle invente alors son propre genre musical : la tropical pop, une musique ensoleillée rappelant ses origines caribéennes mêlant orchestrations pop, dub, reggae et r’n’b. Son quatrième elpee, « Happy hour », est paru en juin dernier ; et dans la foulée, elle a gravé un Ep 4 titres, « Move my way »

Elle se produisait ce samedi 29 octobre à la Rotonde du Botanique. Une centaine de personnes avaient répondu à l’appel. Par ailleurs, un public multiculturel.

Pas de supporting act, mais un ingé-son qui embaume la salle et la scène à l’aide d’un brûleur de ganga, 10’ avant le début du concert, répandant ainsi des fragrances d’herbe pour mettre l’auditoire en condition.   

Après une petite intro, Hollie Cook, vêtue d’une longue robe, entame le set par le titre maître du dernier elpee, « Happy Hour », un morceau au mid tempo syncopé. Elle est soutenue par un guitariste rythmique, un drummer, un claviériste et surtout un bassiste, dont les interventions dub sont particulièrement percutantes. Les instruments sont décorés de guirlandes led de couleur blanche (NDR : c’est bientôt Christmas !)

Hollie va nous présenter de très larges extraits de son dernier opus, entrecoupé de quelques tubes.  

Très interactive, elle s’exprime aussi bien en anglais qu’en français (impeccable). Cristalline, angélique, à coloration trip hop et si loin de l’univers jamaïcain, sa voix colle à merveilles aux rythmes et aux mélodies reggae. « Tiger Balm » opère une petite incursion dans l’album « Twice ». Sans jamais s’éloigner de ce style, Mrs. Cook parvient à nous faire oublier qu’on est occupé d’en écouter…

On ferme les yeux et on s’imagine au bord d'une piscine ou sur la plage, à siroter une Piña Colada, les yeux mi-clos, un vent lourd et chaud sur le visage. Les oiseaux chantent, il y a des palmiers, des bruits étranges et des vibes tropicales. Les jambes suivent la cadence et on se surprend à danser.

Parfois l’expression sonore s’ouvre vers des horizons sonores fréquentés par Groundation et inévitablement Harrison Stafford (The Professor et le leader du band californien) ainsi que Black Roots, UB 40, les Marley ou encore Linton Kwesi Johnson. Et puis à une reprise, elle va s’accompagner à la guitare semi-acoustique.

« Kush Kween » promeut les herbes médicinales (NDR : la diva jamaïcaine Jah9 a participé à la version studio). Elle incite à l’amour et à la bamboche sur « Move My Way », un morceau rappelant les ambiances de carnaval de Notting Hill.

Elle n’en n’oublie pas ses autres hits, dont « Vessel Of Love » (2018) et « Hollie Cook in Dub (Prince Fatty Presents) » (2012).

Elle nous enivre par sa douceur infinie tout au long de « Unkind Love » et récidive pendant le rappel, pendant « Gold Girl ».

Une excellente soirée propice à la danse qui nous a permis d’oublier les tracas de l’existence...

Setlist : « Happy Hour » (Intro), « Happy Hour », « Tiger Balm », « Shadow Kissing », « Superstar », « Sugar Water Bam Bam », « Unkind Love », « Toghether », « Win Or Lose », « Love In To Dark », « Moving On », « 99 », « Milk And Honey », « Praying », « Kush Kween », « Move My Way », « Stay Alive », « Postman »

Rappel : « Angel Fire », « Gold Girl », « Outro »

(Organisation : Le Botanique)

 

dimanche, 23 octobre 2022 16:38

Patient number 9

Ozzy n’est pas en très bonne santé. Les dernières photos prises au vol ou même publiques le montrent tel un vieillard voûté agrippé à sa canne, portant le poids de sa maladie de Parkinson et des diverses opérations du dos qu’il a dû subir au cours des derniers mois, dans un climat covidien anxiogène qui a vraisemblablement dû décupler d’autres traumatismes dans le psychisme déjà hypocondriaque et torturé du Prince des Ténèbres.

Après une intro inquiétante parsemée de cris et de râles en tout genre, le titre maître –qui bénéficie d'une mise en forme parfaite, comme tous les autres d'ailleurs– commence sur un tempo quelque peu allègre, à la limite dansant, pour rebondir sur un refrain vraiment accrocheur porté par la voix lancinante d'Ozzy et la guitare efficace de Jeff Beck. Ce virtuose de la sixcordes participe à deux plages et Eric Clapton à une. Il n’y manque plus que Jimmy Page et les trois plus célèbres gratteurs à avoir sévi chez les Yardbirds étaient de la partie.

Parmi les autres collaborateurs, on épinglera, notamment, le concours de Zakk Wylde (sur 4 morceaux), Tony Iommi (son fidèle comparse du Sabbath pour 2 pistes) et Mike McCready (Pearl Jam).

‘Je ne mourrai jamais, car je suis immortel’, clame Ozzy Osbourne sur la deuxième piste, le très percutant « Immortal », qui s’autorise une petite intro inspirée d’« Immigrant Song » du Led Zep.

Ce n'est pas la dernière fois que le patient numéro 9 évoque la supercherie de la mort : ‘Je sors de ma tombe... tu vas voir mon visage’, s’exclame-t-il sur « No Escape From Now », tandis que « One Of These Days » le pousse au suicide ; mais il ne mourra jamais. On pourrait affirmer que cette situation est normale et dérive des sornettes surnaturelles imaginées Ozzy Osbourne depuis les prémisses de Black Sabbath…

« Patient Number 9 » est un elpee qui est parsemé de voix d'hommes adultes malveillantes que l’on rencontre habituellement dans les films d'épouvante. Une autre compo traitant de la décomposition s’achève par les mots ‘J'aime les vers’, dans un fort accent de Birmingham.

Osbourne a donc tout organisé pour mettre un terme final à sa carrière : une tournée d'adieu, un album de retrouvailles en compagnie de Black Sabbath, motivé par la conclusion de sa carrière au sein de la formation, et dans la foulée une tournée baptisée ‘The End’. Pourtant, tout le monde imaginait que le précédent elpee solo d'Osbourne, « Ordinary Man », paru en 2020, serait son dernier. Mais deux ans plus tard, il rappelle le producteur de cet LP, Andrew Watt, qui manifestement prend son pied en studio en s’autorisant des effets vocaux à la « Planet Caravan » pendant « No Escape From Now » et en permettant à Eric Clapton de s’illustrer sur « One Of These ». Dans un style (cette pédale wah-wah !) bien plus proche de son travail pour The Cream que de son œuvre solo.

Indiscutablement, le maître du néant a toujours une voix bien timbrée et imposante. Et la force des mélodies ici développées est impressionnante.

Epique, le titre maître est un long single de plus de sept minutes. Du métal léché mais juste et équilibré qui respecte la tradition en invitant Jeff Beck le temps d’un solo. Le tout ponctué de quelques discrets arrangements ainsi que d’explorations contemporaines et post-psychédéliques signés Andrew Watt. Andrew, c'est le nouvel exécuteur des (basses) œuvres du Maître, ici véritable directeur artistique, multi-instrumentiste, guitariste et surtout producteur de ce treizième album. Malgré tous ses problèmes, Ozzy conserve la première fraîcheur de sa voix qui n’a pas changé malgré le poids des années. Il y a fort à parier que ce coup de maître (certes collectif...) figurera, quand on prendra davantage de recul, parmi les œuvres essentielles de l’excentrique anglais enfin revenu au premier plan au moment où la Reine d’Angleterre disparaissait…

Page 1 sur 93