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Bernard Dagnies

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vendredi, 15 mars 2013 12:24

Rien n’a changé pour Tricky…

Le nouvel opus de Tricky paraîtra ce 28 mai 2013. Le titre « Nothings Changed » est disponible en libre téléchargement sur le site de l'artiste. Ce nouvel album, « False Idols », a bénéficié de la collaboration de Nneka, Peter Silberman (de The Antlers) et celle de Fifi Rong.

Tracklisting

01 Somebody's Sins
02 Nothing Matters
03 Valentine
04 Bonnie & Clyde
05 Parenthesis
06 Nothing's Changed
07 If Only I Knew
08 Is That Your Life
09 Tribal Drums
10 We Don't Die
11 Chinese Interlude
12 Does It
13 I'm Ready
14 Hey Love
15 Passion of the Christ

http://www.trickysite.com

 

vendredi, 15 mars 2013 12:20

‘Tubullars Bells for Two’ à Paris

Pour rendre hommage au 40ème anniversaire de la sortie de l’album “Tubullar Bells” (voir chronique album culte ici ), deux talentueux multi-instrumentistes, Aidan Roberts et Daniel Holdsworth, feront revivre à travers une performance théâtrale fascinante, l’une des plus grandes œuvres musicales de ces quarante dernières années : « Tubular Bells » de Mike Oldfield. Ce sera ce 31 mai à la Cigale de Paris.

http://www.tubularbellsfortwo.com/

http://www.lacigale.fr/spectacle/mike-oldfields/

 

mercredi, 13 mars 2013 12:21

The Next Day

Plusieurs écoutes sont nécessaires pour bien cerner le nouvel opus de Bowie. Vous avez certainement déjà eu le loisir d’entendre le single « Where are you now », sur l’une ou l’autre station radiophonique. Une compo mélancolique, dont les textes évoquent le séjour de Bowie et d’Iggy Pop à Berlin, en pleine cure de désintoxication. Un des deux slows de l’opus également. L’autre, empreint de lyrisme et intitulé « You feel so lonely you could die », est enrobé d’orchestrations, de chœurs et tout le St Tremblement. Mais le nouvel opus de Bowie marque surtout un retour à l’électricité. Pas comme chez Thin White Duke, mais la plupart des plages y sont généreusement alimentées. Depuis le morceau qui ouvre la plaque et titre maître, une piste aride, énergique, hymnique, caractérisée par ses interventions de gratte abrasives et les inflexions déclamatoires de Bowie, au final « I’ll take you there », vivifié par ses riffs bien sentis, en passant par le funk blanc lancinant « Dirty boys » et le plus métallique « (You will) set the world on fire » (NDR : référence au titre phare du « Heartbreak Hotel » de Presley ?) Le long playing recèle quelques pistes plus complexes. A l’instar d’« If you can see me », titre sous haute tension, évoluant quelque part entre drum’n’bass, prog et jazz rock, soit dans la lignée de « Earthling », l’instrumental bruitiste (« Berlin » ?) « Plan » et surtout le sombre et mystérieux « Heat », plutôt proche d’un David Sylvian, les interventions de basse mélodique lorgnant curieusement vers Mick Karn. Moins difficiles mais toujours élaborées voire syncopées (« Boss of me », dont le recours au saxophone baryton semble sous Morphine), les compos reposent sur ces fameux contrastes si spécifiques à l’artiste, entre refrains et couplets. Même les titres les plus pop. Soit le ‘beatlenesque « I’d rather be high », le plus glamour (Ziggy Stardust ?) mais un peu trop britrock « Valentine’s day ». Ou baignent dans le swing. Comme « Dancing out in space », dont les vocaux évoquent immédiatement « Golden year ». Et puis l’entraînant « The stars (are out tonight) », mais sous une forme plus subtile. Sans oublier « How does the grass grow ? » et ses ‘Ya ya ya ya’ calqués sur « Apache » des Shadows. Mon coup de cœur ? Il ira à « Love is lost », une plage hymnique, imprimée sur un tempo new wave, soulignée de chœurs emphatiques et colorée par des claviers vintage, fluides, rognés, digne d’un des deux premiers elpees de Simple Minds. Ben j’allais oublier l’essentiel, la voix de Bowie. Pas de souci, elle a conservé toute son amplitude.

Alors un bon album ? Oui, assurément. Pas le meilleur de l’artiste, mais largement supérieur à ses dernières productions. 

Et pour que votre info soit complète, sachez que c’est le fidèle collaborateur, Tony Visconti, qui s’est chargé de la mise en forme. 

 

mercredi, 13 mars 2013 12:08

Black City Parade

Paru en 2009, « La république des meteors » ne m’avait pas vraiment convaincu. Si le thème développé tenait la route, la plupart des chansons manquaient singulièrement de fibre contagieuse. Celle qui fait la force des chansons d’Indochine.

« Black city parade », le 12ème opus de la formation française a été enregistré au sein de différents studios. En France (Paris, Bordeaux, etc.), au Japon (Tokyo), en Allemagne (Berlin), en Belgique (Bruxelles) et aux States (New York). Sous la houlette de Shane Stoneback.

Résultat ? 14 titres, dont quelques dispensables. Mais dans l’ensemble, l’opus passe bien la rampe. Parmi les compos les moins intéressantes, on négligera le trop léger « Le messie », puis trop plages hymniques destinées à mettre le feu aux stades, mais un peu trop formatées, sur disque. Et notamment le plus électro « Belfast », et ses ‘la la la’, « Nous demain », et en finale, la ballade mid tempo  « Europane ou le dernier bal ».

Côté lyrics, les plages les plus intéressantes sont manifestement « Le fond de l’air est rouge », inspiré des manifestations estudiantines contre la hausse des frais de scolarité qui ont secoué le Québec en 2012, une piste imprimée sur un tempo new wave, et « College boy », qui traite des difficultés d’intégration des homosexuels, dans la société. Sous un aspect purement artistique, « Wupertal » a permis de sonoriser un documentaire consacré au ballet contemporain, « Rêves dansant ». Une plage balisée par une gratte sèche et un piano ténébreux.

Pas de duo sur cet elpee, mais des collaborations. Et notamment « Traffic girl » (NDR : un clin d’œil adressé à Taxi Girl ?), pour lequel Lescop a participé à l’écriture des textes. Une compo lyrique soulignée d’accords de piano et de synthé vintage. Tom Smith, bassiste des Editors, a également apporté son concours à «  The lover », mais cette piste ne figure pas sur la version de ce cd. Donc on se contentera de l’évoquer.

Venons-en donc au cœur de ce « Black city parade ». Au sein duquel l’excellent single « Memoria », l’allègre titre maître, « Thea sonata », caractérisé par ses interventions de guitare spécifiques (NDR : souvenez-vous du « 3ème sexe ») et le minimaliste « Anyway », qui baigne dans un climat orientaliste, brillent par leur sens mélodique. Reste le plus enlevé « Kill Nico », parcouru de riffs de gratte très new wave, mais gâché par des ‘la la la’, un peu mièvres.

Bref, pas un album parfait, mais d’honnête facture. Ce qui ne l’empêchera pas de crever le plafond des ventes…

 

mercredi, 06 mars 2013 15:51

Homo Plebis Ultimae Tour (cd + dvd)

Paru en cd et dvd, « Home Plebis Ultimae Tour » a été enregistré le 9 décembre 2011, au Zénith de Nantes, lors de la tournée qui a suivi la sortie de l’album « Suppléments de mensonge ». 24 titres puisés dans toute la discographie de Thiefaine, dont 9 plages issues de son dernier elpee solo, « Suppléments de mensonge », figurent au menu. Le Dvd inclut un bonus track, « Ad orgasmum aetenum », une compo immortalisée aux Eurockéennes de Belfort, le 29 juin 2012.

Votre serviteur s’est surtout penché sur le Dvd. Il est d’une qualité sonore exceptionnelle. Très bien filmé, il rend parfaitement la communion qui s’établit entre le public et l’artiste. Bouleversant dans ses chansons les plus mélancoliques, il bénéficie cependant, et pour la circonstance, d’un groupe fondamentalement rock, pour le soutenir. Et le morceau d’entrée, « Annihilation », titre de plus de 10 minutes, donne immédiatement le ton : le set sera très électrique. Posés sur des échelles, les jeux de lumières sont judicieusement dosés. A contrario du cd, qui peut parfois paraître un peu tiré en longueur, le visuel accroche tout au long des plus de 120 minutes de concert, au cours duquel il a bien sûr interprété les inévitables « Lorelei sebasto cha », « Soleil cherche futur », une version plus pêchue de « La ruelle des morts », « Alligator 427 », et en rappel l’incontournable « La fille du coupeur de joints ». Moment d’émotion intense quand son fils Lucas le rejoint pour l’accompagner à la sèche pour « Mathématiques souterraines » et lors du rappel lorsqu’Hubert-Félix attaque, en fin de parcours, « Les filles du Sud », seul à la gratte acoustique, avant d’être rejoint par ses musicos.

Dédié à la mémoire de feu son père journaliste, Jean Thiefaine, « Home Plebis Ultimae Tour » confirme vraiment qu’Hubert-Felix, poète contemporain, méritait (enfin !) le titre du meilleur interprète masculin de l’année 2012, aux Victoires de la Musique.

 

dimanche, 24 février 2013 02:00

Comme à la belle époque des Byrds…

Depuis septembre dernier Calexico est sur les routes. Un interminable périple qui verra le groupe participer aux prochains festivals d’été. Et notamment dans le cadre du Couleur Café ainsi que du Cactus de Bruges. En septembre dernier, votre serviteur avait assisté à leur set, accordé à l’AB de Bruxelles. Un bon petit concert qui avait eu un petit retard à l’allumage, pour finalement s’embraser en fin de parcours. Ce dimanche 24 février, l’Aéronef est bien garni. Faut dire qu’en première partie, il y a The Dodos. Et puis, bonne initiative, le premier concert est prévu vers 18h30, ce qui permettra aux mélomanes de rentrer plus tôt à la maison.

The Dodos, c’est la troisième fois que j’assiste à une de leurs prestations. La première, c’était au Vk* de Bruxelles, en décembre 2008. Un concert épatant, explosif même, dynamisé par le percussionniste/vibraphoniste Joe Haener. La seconde, à la Rotonde du Botanique. Keaton Snyder avait pris la place de vibraphoniste, apportant davantage de subtilité aux compos, au détriment de l’énergie pure, même si la prestation demeurait de bonne facture. Mais, mauvaise surprise, le line up ne compte aujourd’hui plus de troisième larron. Il se résume au drummer Logan Kroeber et au chanteur/guitariste Meric Long. Meric va surtout privilégier l’électricité. Il se déchaîne toujours autant sur ses grattes. Heureusement, ses interventions vocales sont bien claires. Et le sens mélodique impeccable. Derrière sa belle panoplie de fûts et de cymbales, Logan se sent comme un poisson dans l’eau. Mais il joue davantage sur sa technique que sa passion. Néanmoins, en une demi-heure, The Dodos va nous accorder un set bien ficelé, et surtout parvenir à chauffer la salle pour la tête d’affiche. Ce qui n’est déjà pas si mal…

Calexico monte sur l’estrade. Première constatation, Paul Niehaus, le préposé à la pedal steel est de retour. En fait, il reprend tout simplement sa place. Dès les premiers accords, on sent que le groupe est déterminé à mettre le feu. La setlist est bien mieux équilibrée qu’à l’AB ; les titres les plus mélancoliques du dernier opus, « Algiers », ne sont plus concentrés en début de parcours. Et puis, Paul leur apporte une coloration beaucoup plus americana. Sur son instrument, c’est un véritable virtuose, qui ne dispense ses notes que parcimonieusement mais judicieusement. Evidemment ce sont les titres les plus mariachi qui soulèvent l’enthousiasme du public (« Roka », « Para », l’instrumental « Minas de cobre », le paso doble « No te vayas or inspiracion »). La foule vibre lorsque Martin Vlek et Jacob Valenzuela soufflent dans leurs cuivres. Et lorsqu’ils ne jouent pas de la trompette, le duo secoue ses maracas ou double au vibraphone. Jacob se réserve également, l’une ou l’autre fois le chant, en espagnol. Et il sait mettre l’ambiance. Derrière ses claviers, Sergio Mendoza, colore le tout de tonalités cubaines. A droite de l’estrade, John Convertino caresse, brosse ou imprime le tempo, suivant la nature des compos. Et la basse ou la contrebasse (qu’il joue parfois à l’aide d’un archet comme sur un violoncelle) de Chris Giambelluca pulse le tout. A charge de Joey Burns, de diriger les débats, de sa guitare rythmique, acoustique ou électrique, mais surtout de sa superbe voix. Les morceaux sont parfois visionnaires, cinématiques même (Enio Morricone ?) Sergio ou Martin troquent circonstanciellement leur instrument contre l’accordéon. « Not even Stevie Nicks » (NDR: une chanson qui évoque un suicide, que même Stevie Nicks –la chanteuse de Fleetwood Mac– dont un titre passe à la radio, ne peut éviter…) vire au « Love will tear as apart again » de Joy Division (NDR : et là, on ne change pas trop de sujet…) Trois guitares électrisent « Maybe on Monday or man made lake ». La reprise du « Alone against or » de Love n’a pas été oubliée. Et elle est superbe. Le set d’achève par l’allègre « Puerte ». Acclamations nourries.

Une valse, « Sunken waltz » amorce le rappel. Le très cuivré et latino classique « Crystal frontier » embraie. Et puis soudain, surprise, le duo The Dodos est invité à monter sur les planches. A cet instant, il y a quatre grattes. Meric et Joey se partagent les vocaux pour une version époustouflante du « Little Black Egg » des Night Crawlers, une obscure formation étasunienne garage, de la mi-sixties. Leurs voix se conjuguent à merveille. Tintinnabulantes, cristallines, les guitares carillonnent comme à la plus belle époque des Byrds. Un grand moment ! Et l’auditoire est aux anges ! Le duo est toujours présent, mais prend du recul pour participer au festif « Guero canelo ». Et Calexico de revenir une second fois pour interpréter le plus pop « The Vanishing mind ». Enorme clameur, suivie d’un salut collectif des musicos, apparemment ravi de l’accueil qui lui a été réservé, dans une salle pourtant réputée assez froide. Et ce sont des étoiles plein les yeux et des larges sourires jusqu’aux oreilles, que les mélomanes ont regagné leurs pénates…

(Organisation Aéronef)

Setlist

Epic
Across the wire
Splitter
Roka
Dead Moon
Para

Hush
Mimas de Cobre
Not even Stevie Nicks
No te vayas or inspiracion
Fortune teller
Maybe on Monday or man made lake
Corona

All systems red
Alone again or
Puerto

Sunken waltz
Crystal
frontier
Little black egg
Guero Canelo

The Vanishing mind

(Voir aussi notre section photos ici)

 

dimanche, 24 février 2013 12:59

Du changement chez Wire…

« Change Becomes Us », c’est le titre du nouvel album de Wire, dont la sortie est prévue pour le 25 mars. Mais le véritable changement, c’est l’arrivée d’un nouveau membre, Matthew Simms, qui remplace donc Bruce Gilbert, parti à la retraite…

« Double & Trebles », en est le premier titre, à écouter sur soundcloud : https://soundcloud.com/wirehq/01-doubles-trebles

 

Né le 16 août 1944, à Herne Bay, dans le Kent, en Angleterre, Kevin Ayers est décédé ce 18 février 2013, à Montolieu, en France. Du grand ordre des excentriques anglais, auxquels appartenaient également Syd Barrett et Nick Drake, Peter Hammill est donc le dernier survivant. Non seulement Kevin Ayers était membre fondateur du mythique Soft Machine, mais il est une référence absolue dans l’univers du psychédélisme. Guitariste, bassiste et chanteur, il avait bossé notamment en compagnie de Nico, Mike Oldfield, Jon Cale, Brian Eno, sans oublier Daevid Allen et Robert Wyatt. En 1994, il avait eu la gentillesse d’accorder une interview à votre serviteur (voir ici ). Au cours des deux dernières décennies, il s’était plus ou moins retiré de la scène musicale, vivant d’abord à Ibiza avant de s’établir à Montolieu, dans le Sud de la France, où il se consacrait surtout à la sculpture. En 2007, quelques artistes contemporains qui lui vouaient une grande admiration, dont l’Ex-Gorky’s Zygotic Mynci, Euros Child, avaient réussi à le sortir de son mutisme pour enregistrer un album, « The unfairground », le premier depuis 1992 !

 

jeudi, 21 février 2013 19:33

Depeche Mode au 7ème ciel.

La sortie du nouvel opus de Depeche Mode, « Delta Machine », approche à grand pas. Pour rappel ce sera ce 26 mars. En attendant le groupe nous propose sa vidéo de « Heaven », réalisée lors d’une session live en studio ici

 

lundi, 11 février 2013 17:54

Bien au-delà des 90db…

La dernière fois que votre serviteur a assisté à un set de Dinosaur Jr, c’était en 1991, dans le cadre du festival Pukkelpop. A la même affiche, on y retrouvait notamment Nirvana, les Pogues, les Ramones, Sonic Youth, Frank Black et House of Love. En fait, la carrière de Lou Barlow m’avait davantage inspirée, notamment à travers ses différents projets, Sebadoh et The Folk Implosion tout particulièrement. En 1997, Lou avait d’ailleurs quitté Mascis, en très mauvais termes, avant de revenir au sein du line up, dès 2005. Faut dire que le leader a depuis mis de l’eau dans son vin et accepte que son acolyte participe à la composition ou se réserve le chant sur ses propres chansons.

En première partie, la formation allemande Camera prend possession des lieux vers 20h30. C’est le drummer qui canalise toute l’expression sonore Et pourtant, il ne se sert que d’une caisse claire, d’un tom basse, d’une cymbale et d’un tambourin, sur lequel il bat la cadence du pied. Dommage d’ailleurs qu’il ne dispose pas d’un kit complet, la musique de ce groupe pourrait alors prendre de l’amplitude. Elle est cosmique, atmosphérique, également alimentée par un claviériste ainsi qu’un guitariste et est très susceptible de rappeler le krautrock (NDR : ben tiens !), mais aussi Hawkwind. En fin de parcours, un bassiste vient les rejoindre, afin de donner plus de groove aux compos. Faudra peut-être organiser une tombola pour financer le matos du drummer…

Avant que Dinosaur Jr monte sur l’estrade, il est nécessaire de s’enfoncer des boules Quiès dans les oreilles. Ce qui ne les empêchera pas de bourdonner, plusieurs heures après la prestation du band. Murph, le drummer, a la boule à zéro. Il sied, légèrement en retrait, au milieu de la scène. Et ses interventions sont toujours aussi fédératrices et judicieuses. Lou se charge donc de la basse. Une basse un peu singulière, puisqu’elle possède des clefs démesurées formant une sorte de dentelure au bout du manche. Barbu, chevelu, il est chaussé d’épaisses lunettes. Ses interventions sont continuellement pulsantes. Et il s’agite généreusement, à la droite de l’estrade, tout au long du show. Jon se plante à gauche. La longue chevelure javellisée, la barbe grisonnante, il porte un tee-shirt des Wipers (NDR : chouette, un groupe que votre serviteur avait interviewé en 1993 ; enfin son leader Greg Sage). Pas tellement étonnant vu les caractères plutôt introvertis de l’artiste et de son idole. Devant lui, son pied de micro forme un angle à 45°. Mascis se déplace peu, parle peu, remercie parfois son public, et secoue de temps à autre la tête. Bref, il est toujours aussi hermétique. Mais à la gratte, c’est un virtuose. Le matériel est impressionnant : derrière le band, se dresse d’ailleurs un véritable mur de baffles et d’amplis Marshall.

On en vient donc à la prestation. Un peu puissante, mais on s’y attendait. La voix de Jon est plutôt monocorde, mais quand elle est soutenue par celle de Lou, les harmonies sont superbes. A l’instar de « Start choppin », un titre torturé, délicieusement noisy. Ou de « Raisin », caractérisé par les cordes gémissantes de la six cordes. De la setlist, j’épinglerai l’offensif, crazyhorsien, « Out there », la cover de Neil Young (?!?!?) « I’ve been witing for you », amorcée par une intro floydienne plutôt paradoxale et l’hymnique « Forget the swan » dont le sens mélodique lorgne manifestement vers Guided By Voices, malgré ses riffs ‘robertsmithiens’. Et justement en rappel, le combo va nous réserver une longue adaptation du « Just like heaven » de Cure, version qui permet à Mascis de se lancer dans quelques improvisations, tout en intégrant en medley, « Sludge ». Lou se réserve curieusement le chant sur les deux titres les plus punk. Soit « Crumble » et le bref « Training ground », une compo qui remonte à l’époque de Deep Wound, soit juste avant que le groupe décide de changer son patronyme en Dinosaur Jr.

Un bon petit concert ; mais je crains que demain, de nombreux spectateurs (le concert était sold out !) souffrent d’acouphènes. A mon avis, les 90db, Dinosaur Jr s’en tape…

(Organisation De Kreun)

Voir aussi notre section photos ici