La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

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Bernard Dagnies

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lundi, 09 septembre 2013 17:01

Le Dragon Noir de Kinshasa Mantra…

Kinshasa Mantra est un trio belge d’origine congolaise dont le premier single a été produit par le duo londonien A Cowboy & Indian (Martin Gore, Chrissie Hynde ou encore Claudia Bruken de Propaganda ont déjà bossé en leur compagnie). Eponyme, le premier elpee sortira en Belgique ce 15 octobre.

Réalisé par Baumont, leur premier clip s’inspire des 90’s. Et c’est ici

 

 

 

samedi, 07 septembre 2013 19:34

Collection : 1973-2012

Les 18 compos les plus populaires du boss, enregistrées entre 1973 et 2012, réunies sur cette compile. Il doit d’agir déjà de la septième. Bref, si vous ignorez tout de Bruce Springsteen, ce disque constitue la meilleure manière de se familiariser avec son style bien yankee. Mais si vous êtes un inconditionnel, seul le booklet peut vous sembler intéressant. En ce mois de septembre l’artiste et son E Street Band tournent en Amérique du Sud (‘Wrecking ball tour’), puis feront un break avant d’accorder toute une série de dates aux Antipodes, soit en Australie et en Nouvelle-Zélande, à partir de février 2014.

 

samedi, 07 septembre 2013 19:26

General Dome

Encore une usine à références! Curieux parcours pour ce groupe, réunissant deux Aron : Sanchez et Dyer. Ce dernier possède une voix androgyne. Pensez à Prince, Jonas Bjerre (Mew), PJ Harvey, Karen O (Yeah Yeah Yeahs) ou Liz Fraser (Cocteau Twins). Voire Derek Shulman (Gentle Giant). D’ailleurs, plusieurs compos empruntent une structure prog réminiscente du groupe insulaire, même si la sensibilité mélodique reste pop. Ou encore Russel Mael (Sparks). Ce qui communique un aspect glam à l’ensemble. Et le titre d’ouverture, malgré la profondeur des percus, en est un bel exemple. Côté prog, un morceau comme « Contortion in training » évoque, en mon for intérieur, le « Passion Play » de Jethro Tull. Pas le chant, bien sûr. Ian Anderson a d’ailleurs souvent raillé les vocalises privées de testostérone… Côté harmonies vocales, on épinglera la brève plage aux chœurs a cappella, « Sturtle ». Et si le titre maître ainsi que « My best Andre hot » laissent filtrer des accents funk particulièrement arides, le morceau final « Metazoa » adopte un profil insidieusement soul. Un seul titre moins réussi sur les 11 que compte l’elpee, « Split like a lip, no blood on the beard ». A cause de cette voix cartoonesque plus que probablement trafiquée par un vocodeur. Pas vraiment une bonne idée, car le reste tient parfaitement la route, nonobstant son cortège d’influences…

 

samedi, 07 septembre 2013 19:19

Grace & Lies

Family Band réunit Kim Krans, une artiste qui jusqu’à présent ne militait que dans la sphère visuelle, et Jonny Ollsin, un ex-guitariste de trash metal (Children, S.T.R.E.E.T.S.). Un couple issu de Brooklyn qui, pour l’enregistrement de cet album, a reçu le concours de Scott Hirsh (His Golden Messenger) à la basse et à la lap steel. D’un timbre légèrement éraillé, profond, angoissant mais captivant, Kim se charge des vocaux. Le jeu de guitare proposé par Scott est dispensé parcimonieusement, le plus souvent en picking ; parfois réverbérant même les échos d’une harpe. Le climat de leur musique est austère, élégant, spectral, glacé, presque gothique, rappelant même parfois Dead Can Dance, notamment ces échos profonds, vibrants, puissants qui figent parfois le sens mélodique. 

L’elpee s’ouvre par « Night song », une compo dont le simple riff de guitare tourne en boucle, un peu comme chez Archive. Et « Lace », la plage qui embraie, emprunte un schéma presque semblable. A partir du troisième morceau, hormis « Ride », une piste qui gronde au gré des oscillations des timpanis, des éclaboussures de cymbales et des accès de basse, le tempo se révèle beaucoup plus indolent, presque léthargique, un peu comme chez Cowboy Junkies. Enigmatique, traitant de l’amour, de la mort, de la perte et de la déception, le titre maître palpite même au rythme des battements lents du cœur. Seul le titre final, « Rest », ose un duo vocal. Et il est plutôt réussi. Un album chargé de mélancolie douce qui ne manque pas d’allure, mais bien de changements de tempo. Bonne nuit !

 

samedi, 07 septembre 2013 19:11

Black City Parade – Le film (Dvd)

Ce Dvd constitue l’envers du décor de l’enregistrement du dernier album d’Indochine, “Black City Parade”. Soit un documentaire qui retrace sa conception. On pourrait même y ajouter dans la douleur. Un certain Winslow Paradise a filmé les 14 mois de travail nécessités pour mettre en boîte cet opus. Depuis les ébauches réalisées au KMS de Paris jusqu’au mixing final opéré par Shane Stoneback, à Berlin. Pendant 1h45, on assiste à la méthode d’écriture des textes, aux séances d’impro, aux désaccords qui naissent entre Nicola Sirkis et Oli De Sat, etc. ; bref au climat qui règne lors des sessions d’enregistrement. Tout ce que les fans veulent savoir sur la genèse d’un album d’Indochine est ici étalé. Et à ce titre, ils ne peuvent passer à côté de ce témoignage… 

 

samedi, 07 septembre 2013 19:06

Wandermüde

David Sylvian a donc fait appel à Stephan Mathieu, en compagnie duquel il avait d’ailleurs déjà travaillé en 2011, pour relifter son album « Blemish », paru en 2003, afin de créer une bande sonore pour une application iPhone, destinée à mettre en exergue ses photographies. La voix de l’ex-Japan a été effacée pour laisser place à de longs morceaux qui baignent dans l’ambient. Sur le titre final « Deceleration », Christian Fennesz est même venu apporter sa collaboration. Stephan Mathieu est surtout connu pour son approche électro-acoustique de la musique. Les 7 plages de ce « Wandermüde » nous entraînent au cœur d’un voyage spatial surréaliste dont le panorama est en extension constante et où les abstractions fluides sont susceptibles de flotter avant de passer à l’état gazeux. Pas compris ? Pas grave ! Restez zen…

 

lundi, 26 novembre 2012 02:00

Rage Against The Machine (Réédition)

Rage Against The Machine est une formation californienne (Los Angeles) qui a marqué de son empreinte, les nineties. A cause de sa musique, sorte de cocktail détonnant de métal, de hardcore, de hip hop, de funk et de rap. Mais surtout de son engagement sociopolitique. Criblés de slogans, les textes de leurs compos reflétaient ce combat philosophique. Mais également les prises de position dans le domaine du racisme, du capitalisme, de l’intégrisme religieux, de la mondialisation, du mensonge médiatique, de la censure et j’en passe. Très à gauche, le quatuor multiethnique va rapidement récolter un franc succès grâce à ses prestations ‘live’ incendiaires. Il s’est séparé en 2000 avant de se reformer en 2007.

Eponyme, son premier opus paraît en 1992. Il va squatter le Top 200 du magazine Billboard, pendant 89 semaines et dépasser les 4 millions d’exemplaire vendus, à travers le monde. Il vient d’être réédité ; et pour la circonstance, il a été enrichi de trois bonus tracks enregistrés ‘live’. Mais venons-en à cet elpee. Découpé en 10 titres, il recèle leur hymne « Killing in the name ». Un disque sur lequel le chanteur de Tool, Maynard James Keenan assure les backing vocals sur « Know Your Enemy », et le drummer de Jane’s Addiction, Stephen Perkins, participe aux percus.

Toutes les compos transpirent la colère, la passion, la revendication, la frustration, la rébellion. Syncopée, la section rythmique est en béton. Pas de samples, de synthés ni de boîte à rythmes. Zach de La Rocha scande, hurle ou ‘rape’ ses lyrics aussi furieusement qu’implacablement, pendant que Tom Morello déchire l’expression sonore de ses riffs cinglants, tempétueux ou spasmodiques. Un chef d’œuvre !

 

samedi, 07 septembre 2013 18:59

Slaughterhouse

Ty Segal est un musicien étasunien qui joue aussi bien de la batterie et plus généralement de la guitare. Outre son aventure en solitaire, il est impliqué dans de multiples projets dont The Traditional Fools, Epsilons, Party Fowl, Sic Alps et The Perverts. Sans oublier son propre band, essentiellement destiné à l’accompagner en tournée. C’est pourtant flanqué de son backing group, qu’il a enregistré ce « Slaughterhouse ». Et à l’instar de ses prestations ‘live’, l’elpee s’avère particulièrement écrasant, puissant, claustrophobe. Sur plusieurs compos, le son est même carrément pourave, comme s’il avait été enregistré sur un mini-cassette. Segall a déclaré qu’en concoctant cet opus, il avait voulu chercher un compromis entre les Stooges, Hawkwind et Black Sabbath. Pas tout à fait faux, même s’il est nécessaire de nuancer le propos. Ainsi, certaines plages trempent carrément dans le garage punk. Pensez à 13th Floor Elevators. Et d’autres évoquent les Beatles, lorsqu’ils ont sévi à Hambourg. Paradoxalement, les harmonies vocales et la mélodie de la plage qui ouvre le long playing, « Death », lorgnent plutôt vers les Dandy Warhols, alors que la progression de cordes aride et véloce du titre maître emprunte des accents ‘pixiesques’. Et si « Muscle man » calque son riff de base sur « I’m free » du Who, la longue piste qui clôt l’LP, « Fuzz war », nous entraîne dans la noisy atmosphérique. L’album recèle deux reprises, « The bag I’m in » signée Fred Neil et puis surtout le furieux « Diddy wah diddy » de Bo Diddley, abordé à la manière de Captain Beefheart. Si vous cherchez à faire le plein de références, c’est Byzance… 

En concert ce 4 décembre 2013 au Vk* de Bruxelles, dans le cadre de l’Autumn Falls.

 

Le 6 février 1993, Giant Sand se produit au Conservatoriumplein de Bissegem. A l’issue du concert, votre serviteur réalise l’interview de Howe Gelb (voir ici) et de Chris Cacavas (voir ). J’ai emmené mon fils, Jeremy, alors âgé de 14 ans. Il a assisté au concert et m’accompagne lors de l’entretien, qui se déroule à l’étage du club De Kreun. John Convertino et Joey Burns assistent aux entrevues, ce dernier y participant même épisodiquement. Depuis, John et Joey ont fait du chemin et ont surtout monté leur Calexico, une formation qui a pris une fameuse envergure. A cause de leur americana habilement teinté de références latino (mariachi, conjunto, cumbia, tejano, mambo), africaines, mais aussi de rock, de pop et de jazz.

Mais revenons à nos moutons. Ce 14 juillet 2013, la formation étasunienne (NDR : elle nous vient de Tucson, en Arizona, tout comme Giant Sand) se produit dans le cadre du festival Cactus à Bruges (voir review ici). J’ai bien tenté d’obtenir un rendez-vous, via le label, mais malgré les efforts de l’attaché de presse, les demandes sont restées lettre morte. Bref, au-cours de l’après-midi, je rejoins le stand VIP pour prendre un rafraîchissement. Je croise Jacob Valenzuela, le trompettiste et John, le drummer. Nous taillons une bavette et je leur fait part de mes illusions perdues. Ils interpellent leur tour manager, qui me demande d’attendre la fin d’une longue entrevue que Joey est occupé d’accorder à un collègue néerlandophone. Après 45 bonnes minutes (NDR : heureusement, le concert de Michael Kiwanuka n’est pas ma priorité), les deux hommes se serrent la pince. Soudain, Joey se lève et vient à ma rencontre. J’avais quand même l’impression qu’il jetait de temps à autre, un coup d’œil dans ma direction, pendant son interminable tête à tête. Je lui remémore la réunion à laquelle il était présent, il y a 20 ans. Incroyable, il s’en souvient. Le tour manager nous rejoint, et il est décidé que 15 à 20 minutes nous seront accordées. C’est déjà ça. Faudra mettre la gomme…

Le dernier album de Calexico a été enregistré à la Nouvelle-Orléans. Dans une église baptiste reconvertie en studio d’enregistrement. Un peu comme celle de Woodstock, en bois celle-là, au sein de laquelle John Agnello a accueilli de nombreux artistes pour leurs sessions. Mais quel sentiment ressent-on quand on investit un lieu autrefois sacré ? Joey confesse : « J’ai adoré ces moments-là. Lorsque je suis arrivé sur place, j’ai immédiatement constaté que c’était une ancienne église. Elle a été rebaptisée ‘The living room’. Et les aménagements qui ont été opérés par le propriétaire et les ingénieurs sont remarquables. Incroyables, même. Malgré les travaux de rénovation on ressent toujours les vibrations de ce qui a été un lieu de culte. Et c’est devenu un espace de créativité musicale. Un Hammond a été installé. Et quand tu entends ce qui en sort, c’est comme si tu entendais de l’orgue d’église. Tu as l’impression de disposer de l’endroit pour toi-même. D’en jouer comme tu le ressens dans ton cœur. C’est le rêve caché de tout claviériste. De grandes fenêtres inondent l’édifice de lumière. On y remarque également de nombreuses structures en bois. Et dans cette église, quand je me suis assis derrière le piano, je savais que j’allais écrire de bonnes chansons… »

Lorsque j’ai appris que le groupe se rendait à la Nouvelle-Orléans pour enregistrer, j’ai immédiatement pensé à une collaboration avec un ‘brass band’, comme le groupe l’avait réalisé en compagnie d’un ensemble mexicain. Mais après avoir lu de nombreuses interviews réalisées par des confrères, il est apparu que c’était tout simplement l’esprit de ce port louisianais que le band voulait communiquer à sa musique, pas ses racines. Joey précise : « Egalement l’écriture. Quand vous vivez dans un autre endroit, quand vous bossez au sein d’un autre studio, la perspective est totalement différente. Même si on pense souvent à son chez soi. Mais on souhaitait rester en Amérique, à la limite de l’hémisphère Nord et Sud, à sa frontière culturelle. Dans le Nord, l’accent est surtout porté sur le 1-2-3-4, tandis que dans le Sud, c’est davantage 6/8. C’est plus afro. Evidemment, je suis un grand fan de musique afro-cubaine. L’hémisphère Nord est plus anglo-saxon, le Sud, plus espagnol. Le Nord est plus protestant, le Sud plus catholique. La country pour le Nord. Le blues pour le Sud. Par nature. Ce que je te raconte est superbement décrit dans un livre rédigé par Ned Sublette qui s’intitule ‘The world that made New Orleans’. Je l’ai lu avant de me rendre à la Nouvelle Orléans et également pendant que j’y résidais. Il foisonne de références culturelles et historiques et j’avoue qu’elles m’ont pas mal influencé. » Manifestement, les emplacements où il enregistre et les voyages inspirent notre interlocuteur. Mais quelle sera la prochaine destination du combo ? La Guyane ? Un pays d’Afrique ou un autre pays du Golfe du Mexique ? A moins que de nouvelles idées ne se soient développées durant leurs périples à travers le monde… Joey confirme « Oui, s’il vous plaît. Toutes les destinations que tu viens de citer me bottent (NDR : il ajoute même en néerlandais, ‘alstublieft’ !) Ce sont tous des endroits de rêve. Mais tout dépend du temps dont on dispose. Les histoires sont tellement importantes. Elles sont parfois fragiles et exigent beaucoup de créativité, de patience, avant d’aboutir. J’espère que nous pourrons retourner à Cuba, nous rendre au Sénagal, au Mali, au Nigéria, en Afrique du Sud, au Maroc. Et puis j’aimerais passer plus de temps en Europe. J’aime les groupes belges. Zita Swoon. On est assez copains avec les musiciens… » Girls In Hawaii ? « Non, je ne connais pas. » dEUS ? « Oui, bien sûr. Sur scène, ils sont excellents… »

La musique de Calexico est devenue le fruit d’un croisement entre influences multiculturelles et multi linguales. Existe-t-il une explication rationnelle à ce phénomène ? Joey réagit : « Non, je n’ai pas d’explications. Toutes ces influences sont des histoires d’amour. Aujourd’hui, en Arizona, les autochtones manifestent des attitudes hostiles et agressives vis-à-vis des immigrants, prônent une philosophie de rejet à l’égard des autres langues et cultures. Je ne comprends pas ce repli sur soi. Comment est-il possible d’aimer la nourriture mexicaine, mais pas la langue, ni la chanson hispanophone ? C’est si beau, si romantique, si passionné. Il y a des individus qui ont des œillères. Un constat qui nous ramène à l’amour et au respect… » Calexico aurait un pied dans la tradition et un autre dans le monde contemporain ou, en d’autres termes, un pied dans l’Amérique et l’autre en Europe. Mais pourtant, l’Europe semble bien plus traditionnelle que l’Amérique. Il conteste : « Non, non ! Tu sais l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Il existe ici quelque chose de nouveau. Une ouverture dans l’acceptation d’une autre culture et d’une autre langue. Bien sûr, dans l’univers du football, c’est différent (rires)… c’est une exception… En Europe, on accepte de panacher les genres musicaux. On se permet de défier la définition des styles. Notre musique est mieux acceptée sur le Vieux Continent qu’aux States. C’est pas vraiment noir et blanc, mais l’atmosphère est différente ici. Il y a une autre philosophie. Davantage de largeur d’esprit… »

La colonisation, les conquêtes et l’immigration sont pour Joey des sujets brûlants de conversation, mais certainement de grandes sources d’inspiration. Il parle le plus souvent des Latino-américains, mais les Indiens –ou ce qu’il en reste– ne sont-ils pas les plus à plaindre ? Il se justifie : « Je pense que nous sommes tous dans le même bateau. Je ne spécifie pas un groupe culturel en particulier. C’est plutôt une histoire humaine. C’est ce que cherche à exprimer. Je devrais demander à mon ami Randall, un Navajo, ce qu’il en pense. Encore une fois c’est à propos des histoires. Parfois elles sont descriptives et parlent de certaines régions. On peut traduire toute l’histoire dans n’importe quelle langue ou la transposer dans n’importe quel décor ou toile de fond. Parce qu’elle est universelle. C’est pourquoi nous aimons l’histoire. Elle est l’origine de ce que nous sommes devenus aujourd’hui… »

En 10 mois, j’aurais donc assisté à trois concerts du même groupe. La première fois, en septembre, à l’AB. La seconde à l’Aéronef de Lille. Et ce soir ce sera la troisième. Mais comment organiser sa setlist pour donner davantage de variation à ses shows ? Joey a son explication : « Chaque fois que vous atterrissez dans un nouvel environnement, vous regardez ce qui se passe autour de vous. Vous essayez de sentir la direction que le public souhaite emprunter. La musique est un peu comme une forme de thérapie. Elle nous rassemble. C’est comme un voyage, un voyage spirituel. Elle te propulse dans un autre monde. Elle atteint différents niveaux de l’expérience humaine. Sur scène j’essaie d’être ouvert. Aussi, en cours de show, je regarde parfois la setlist. La conduite du concert. Et il m’arrive de penser à insérer une autre chanson, de m’éloigner du canevas affiché. Mais, ce n’est pas toujours possible. Car tous les musiciens jouent des tas d’instruments différents. Ils jonglent aussi bien avec l’accordéon, la trompette, les claviers, le xylophone, la contrebasse, la double basse, etc. Aussi, avant de modifier le parcours, je dois tenir compte de ces paramètres. Au début de la journée, j’ai assisté au set d’un fantastique groupe belge, Isbells. Et leur prestation m’a donné envie, ce soir, de jouer des compos plus calmes (NDR : finalement, le combo optera pour un set endiablé !) Parfois l’ambiance en ‘live’ t’incite à injecter du rythme et à te plonger dans l’énergie festive (NDR : c’est ce qui va se produire en soirée !) Je considère le show comme la construction d’une dynamique d’émotions et de sensations… »

Lors de leur set à Lille, en rappel, Calexico a été rejoint par The Dodos pour attaquer le ‘Little black egg’ des Night Crawlers, une compo datant de 1965. Une jam particulièrement réussie, me rappelant les Byrds, voire les compiles ‘Pebbles’ ou encore ‘Nuggets’. Il était donc d’abord intéressant de savoir qui lui avait donné l’idée de reprendre ce titre. Puis si Calexico avait l’intention, notamment ce soir, de réserver au public, ce type de surprise. Joey semble à court d’arguments : « Je ne sais pas. On a rencontré les musiciens de Bonnie Raitt. Et puis on a assisté à leur prestation en marge du podium. Ce sont des musiciens fantastiques. Je suis très honoré d’être sur la même scène que tous les autres groupes et artistes présents aujourd’hui à Bruges. Et tout particulièrement Bonnie Raitt… En fait Al Perry & The Cattle en avaient déjà fait leur version, début des nineties. Ils sont également issus de Tucson, en Arizona, comme nous. Lorsque j’ai entendu cette chanson, je me suis dit qu’elle était géante, rare même. Et la première fois qu’on l’a adaptée, c’était en compagnie de Yo La Tengo. A l’époque nous avions beaucoup tourné ensemble. Lors de la dernière date, c’était à Saint Louis, je pense ; nous l’avons jouée, sans l’avoir répétée. Ira, Georgia et moi. Georgia Hubley, la drummeuse, a un projet qui répond, en outre, au nom de Little Black Egg. Et puis j’en ai conclu que si on pouvait l’interpréter avec Yo La Tengo, on pouvait aussi le faire avec The Dodos. C’est une chanson bizarre, mais terriblement contagieuse… »

La dernière création en date de Calexico a bénéficié de la collaboration du Louisville Orchestra, un orchestre symphonique. Les prises ont été immortalisées en ‘live’. Publié en édition limitée et notamment en vinyle, le box, intitulé ‘Road Atlas’ est paru en juin dernier. Joey commente : « Une aventure extraordinaire. C’était la première fois qu’on jouait en compagnie d’un orchestre symphonique. Eux, dans le passé, avaient déjà réalisé cette expérience. Donc, ils en connaissaient un bout. Notamment dans le domaine technique et électronique à mettre en place, sur scène. Le box set est le résultat d’un travail de passionnés. Ce sont des titres qui ont été enregistrés lors d’une de nos dernières tournées. Nous l’avons réalisé pour nous, pas pour le public. La musique vire parfois au jazz, sans que ce soit vraiment du jazz. On a pris beaucoup de plaisir à concrétiser ce projet. Et il est important pour nous de continuer à prendre du plaisir. Le résultat va au-delà du classique ou de ce que nous proposons généralement. C’est aussi la raison pour laquelle je fais de la musique… »

En nous quittant, Joey me remercie et me demande si c’est votre serviteur qui a concocté le questionnaire. Je lui réponds par l’affirmative et lui explique succinctement ma méthode de travail. Il me dessine une Cadillac sur le dos de la pochette de l’album ‘Algiers’, avant de la dédicacer, et me salue à nouveau, avant de rejoindre les loges en compagnie du tour manager…

(Merci à Vincent Devos)

 

samedi, 24 août 2013 18:33

Deltron 3030 renaît de ses cendres…

13 ans après avoir gravé son premier chef-d’œuvre, Deltron 3030, soit Dan The Automator,

Del The Funky Homosapien et Kid Koala, vont publier leur second opéra rap. Il sera baptisé « Event II » et paraîtra ce 1er octobre. Ont également collaboré aux sessions d’enregistrement, entre autres, Damon Albarn (Blur, Gorillaz), Zack De La Rocha (Rage Against The Machine),

Mike Patton (Faith No More, Mr Bungle, Tomahawk), Jamie Cullum, Mary Elizabeth Wanstead, Aaron Bruno (AWOL Nation), Joseph Gordon-Levitt, Causual et Black Rob. L’Ep est déjà disponible. Il s’intitule “City Rising From the Ashes”, et trois plages sont déjà en écoute sur Soundcloud (voir ici)

www.deltron3030.com