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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

samedi, 13 juillet 2013 03:00

Cactus 2013 : samedi 13 juillet

En cette deuxième journée, le soleil est au rendez-vous. Je suis encore sous le charme de la délicieuse soirée vécue la veille et bien conscient qu’une telle situation se répète rarement deux jours de suite, lors d’un festival. Quatre excellents groupes d’affilée, il y a de quoi pavoiser. Mais aujourd’hui, il y a Calexico. Ce sera la 3ème fois que j’assiste à un de leurs sets, en 10 mois. Et à chaque prestation, la qualité va crescendo. On verra donc de soir…

En rentrant vers 2h30, la veille, un temps de récupération plus long s’imposait pour votre serviteur. Aussi, je n’ai pas assisté aux prestations d’Isbells et de Ghostpoet, et débarque au moment ou celle des Raveonettes commence. C’est en 2003 que je les avais interviewés, dans le cadre du festival des Inrocks. Sune Rose Garner et Sharin Foo drivent toujours le band et sont soutenus par un drummer qui se charge également de la boîte à rythmes. Le début de parcours est un peu brouillon et privilégie la puissance sur le dynamisme. Aussi, il faudra 4 à 5 morceaux avant que le trio ne trouve la bonne carburation. Mais à partir de cet instant, la sauce va commencer à prendre. Sune et Sharin sont chaussés de lunettes fumées. Le premier est coiffé d’une casquette de baseball. Devant eux, on remarque la présence d’un impressionnant éventail de pédales de distorsion. Les deux musiciens changent ou s’échangent leur gratte presque à chaque morceau, pour donner davantage de relief à chacune de leurs compos. Sharin, dont la coloration des cheveux en blonde patinée commence à s’estomper à la racine, opte aussi parfois pour la quatre cordes. Les sonorités bourdonnantes produites par les grattes rappellent le plus souvent Jesus & MaryChain, même si elles empruntent parfois une coloration plus surf. Réverbération, feedback, rien n’est épargné au traitement électrique, mais toujours sur un même ton, et en couches, pendant que le drummer frappe métronomiquement ses fûts, un peu comme Nick Knox, quand il sévissait chez les Cramps. La conjugaison des deux voix sont superbes, angéliques, et rappellent les Everly Brothers voire les Ronettes. Sympathique !

Vers 18 heures, Depedro accorde un set acoustique en backstage. En fait, il s’agit de Jairo Zavala, guitariste qui accompagne régulièrement Calexico, en ‘live’. Il vient de sortir son album « La increíble historia de un hombre bueno ». Il est parfois soutenu par Jacob Valenzuela, à la trompette. Une petite demi-heure, ma foi, rafraîchissante.

Michael Kiwanuka et son band débarquent sous la même configuration que l’an dernier dans le cadre des Inrocks. Il s’accompagne à la guitare. Sèche ou électrique suivant les circonstances. Il possède une voix remarquable. Très soul. Les musicos de son backing band sont manifestement talentueux. Et plus énergique que la dernière fois, la première partie du spectacle, lorgnant parfois vers Booker T., ne me déplaît pas trop. Puis à mi-parcours, les compos retombent dans les ballades mielleuses. Pas vraiment ma tasse de thé !

Bonnie Raitt est âgée de 63 balais. Aussi bien en photo qu’en live, on est d’abord impressionné par sa chevelure rousse, même si aujourd’hui, une mèche grise lui traverse la crinière. Plus de 4 décennies qu’elle roule sa bosse. Au cours de sa carrière, elle a décroché 10 Grammy Awards. Socialement et politiquement engagée, elle est considérée par le magazine Rolling Stone comme une des 50 meilleures chanteuses et 100 meilleur(e)s guitaristes de l’histoire du rock. Pour sa nouvelle tournée, elle est soutenue par de grosses pointures. Soit l’ancien membre des Beach Boys, Ricky Fataar aux drums, les fidèles George Marinelli à la guitare (dans le passé, il a quand même bossé pour Bruce Hornsby et Art Garfunkel) et Hutch Hutchinson (son cv est ahurissant ; il a ainsi notamment côtoyé Bryan Adams, Ryan Adams, Jackson Browne, The Chieftains, Joe Cocker, Crosby, Stills, Nash & Young, The Doobie Brothers, Al Green, Etta James, Ziggy Marley, Willie Nelson, les Neville Brothers, Ringo Starr, Brian Wilson et Link Wray…) à la basse. Sans oublier la collaboration du légendaire claviériste Mike Finnigan, spécialement invité pour ce périple ; un vétéran au curriculum vitae tout aussi impressionnant, puisqu’il a notamment participé aux sessions d’enregistrement de l’album de Jimi Hendrix, « Electric Ladyland ». Et il a amené son Hammond ! Fallait s’y attendre, l’auditoire à cet instant est essentiellement composé de soixante-huitards. Jean-Claude, notre spécialiste en blues, aurait certainement été mieux inspiré que votre serviteur, pour décrire ce concert. Les musiciens sont extrêmement brillants. Leur hybride de blues-folk-soul-rock-r&b (le vrai, le millésimé !) est irréprochable. La voix de Bonnie est âpre, chaleureuse et sensuelle. La setlist regorge de reprises consacrées à des classiques : Gerry Rafferty (“Right Down the Line”), John Hiatt (“Thing called love”), Bob Dylan (“Million Miles”), et bien d’autres. Entre les morceaux, Raitt raconte quelques anecdotes. Parfait ! Sauf que votre serviteur n’est pas parvenu à accrocher. Désolé !

Pour la troisième fois que j’assiste à un concert de Calexico en 10 mois, j’avais un peu envie de participer à la fête et me suis approché du podium. Une bonne idée, car le show du groupe a carrément été exaltant. Première constatation Paul Niehaus, le jouer de pedal steel est absent. Il tourne en compagnie d’un autre artiste. Et est remplacé par Jairo Zavala. Ce dernier a sans doute enfin compris son rôle, car au lieu de booster les compos de sa gratte électrique, et d’en remettre chaque fois une couche, comme à l’AB, il va les affuter, les bichonner, en se consacrant davantage à la steel guitar. Joey est en forme, et harangue la foule. Sa voix est empreinte de douceur et de ferveur. Wenk et Valenzuela caressent régulièrement l’expression sonore de leurs cuivres mariachi pendant que John balaie le tout de ses drums, alors que régulièrement, le claviériste/pianiste se lance dans de belles envolées cubaines. Wenk semble de plus en plus à l’aise au sein du combo et vient régulièrement jouer de l’accordéon en front de scène. Quant au contrebassiste/bassiste, il pulse le tout de ses accès convulsifs. Ne m’en demandez pas plus, j’ai été pris dans cette ambiance latino et ne me suis pas occupé des morceaux proposés. C’est rare, mais ça arrive et je ne m’en plains pas. Une chose est sûre, ils s’emboîtaient à merveille. Et pas de quoi reprocher au combo de ne pas avoir accordé de rappel, puisque leur set a débordé de dix bonnes minutes… Olé !

Ozark Henry ? Je me souviens qu’à ses débuts, Daniel B. m’avait filé son tout premier album. Et j’avais alors pris de soin de souligner le talent et la créativité de Piet Goddaer, alors illustre inconnu, à travers une chronique. Depuis il a fait du chemin et n’intéresse plus qu’un public mainstream. Et puis comme je ne voulais pas gâcher le plaisir pris après le show mémorable de Calexico, j’ai préféré m’éclipser…

Organisation : Cactus Club (Bruges)

(Voir notre section photos ici)

 

 

 

vendredi, 12 juillet 2013 03:00

Cactus 2013 : vendredi 12 juillet

Il s’agit déjà de la 32ème édition du festival Cactus. Un festival qu’on savoure d’autant plus quand le temps est clément. L’an dernier, sous la pluie, qui s’est abattue presque continuellement les deux premiers jours, personne n’avait vraiment envie de rigoler. Ni les artistes, ni le public et encore moins les organisateurs. Ce week-end on annonce du soleil. Donc l’affluence devrait dépasser les 20 000 âmes. Suffisant pour un événement convivial, limité à une seule scène, chaque prestation étant séparée par une pause d’une demi-heure, et le dernier concert s’achevant à 1 heure du matin. Bref, cette année, votre serviteur a choisi de se rendre à Bruges, le vendredi et le samedi. Et place d’abord au premier jour. Il fait un peu frisquet, mais pas de flotte, c’est l’essentiel…

En débarquant vers 18h45, je ne pouvais assister au set de Blaudzun. Et celui de Pinback vient de débuter. Pour bien connaître cette formation californienne (issue de San Diego, pour être plus précis), il faut être un véritable aficionado. Fondé en 1998, le band compte 5 albums et une volée d’Eps, à son actif. Mais participe également à de multiples projets. Et il y en a tellement qu’on éprouve parfois des difficultés à s’y retrouver. D’autant plus qu’une belle volée de musiciens a également transité par le line up du band. Mais Pinback c’est avant tout Armistead Burwell Smith IV et Rob Crow (ce dernier s’est élagué la barbe !) Compositeurs, chanteurs et multi-instrumentistes. Sur les planches, Smith se charge de la basse et Rob de la guitare. Et ils sont soutenus par Chris Prescott, aux drums. Leurs morceaux sont saupoudrés d’effets électroniques judicieusement dispensés. Sur disque, l’aspect rythmique est moins évident et la musique s’avère assez complexe. Mais en ‘live’, si la solution sonore demeure élaborée, le concours d’un batteur énergique et la conjugaison des superbes voix, rend les mélodies plus contagieuses. Des voix qui sont parfois soulignées par les cordes, un peu comme Rory Gallagher le faisait chez Taste. En fin de parcours, Crow (NDR : qui doit avoir vidé un demi bac de bières et bien entamé une bouteille de gnole), descend dans le public et fonce jusque la table de mixage. Le fil était trop court, sans quoi, il courait jusqu’au canal pour se rafraîchir. Une belle entrée en matière, donc…

Daan a donc décidé de chanter dans la langue de Molière. Et en particulier sur son dernier album, « Le Franc Belge », sur lequel il lui réserve (NDR : le français !) une majorité de compos. C’est la première fois que j’assiste à un concert de l’ex-Dead Man Ray. Il est accompagné d’un backing group. Un violoncelliste/bassiste (Jean-François Assy), un trompettiste/claviériste, un guitariste soliste (NDR : il a milité au sein du backing group d’Arno), un claviériste ainsi qu’une drummeuse (NDR : en l’occurrence Isolde Lasoen), également préposée aux backing vocals. Et franchement ses interventions vocales sont superbes. La voix de Daan est rocailleuse. Parfois elle me fait penser à Bashung. Tout comme certaines de ses compositions. Encore que lorsqu’elles baignent dans un climat plus jazzyfiant, le spectre d’Yves Montand se met à planer. Sous une forme plus kitcsh, elle lorgne alors vers Divine Comedy et plus structurée, cinématique, elle nous renvoie aux Triffids voire à Calexico, sans l’aspect latino. Bien équilibré, le concert est presque irréprochable. Un bémol ? Oui, le recours au synthé que tripatouille Jeroen Swinnen. Pas toujours une bonne idée. A contrario des rares solos de trompette dispensés par Jo Hermans, de toute grande classe. Les sonorités d’orgue ou de piano collent bien mieux à la musique de Daan. Alors pourquoi ne pas davantage les explorer ? Lors du rappel, alors on comprend mieux, car le band va enflammer le public à l’aide de deux titres électro-dance, « Swedisch Designer Drugs » et « Housewife ». Manque pas grand-chose pour que Daan suive les traces d’Arno…

Thurston Moore et Kim Gordon se sont donc séparés ; ce qui risque fort de mettre un terme à l’aventure de Sonic Youth. D’autant plus qu’il a déjà monté différents projets depuis. Le dernier en date ? Thurston Moore & Chelsea Moving Light. Un quatuor dont le line up ressemble fort à celui de son groupe mythique. Il y a même une bassiste. Cependant, elle ne chante pas. Et elle doit mesurer à peine 1m50. La formation a publié un disque éponyme, le printemps dernier. Paraît qu’il est assez calme. Ne m’en demandez pas plus, il est sans doute réservé à l’élite médiatique. Mais venons-en au set. Moore semble avoir retrouvé une seconde jeunesse. On a l’impression qu’il a repris les choses là où il les avait laissées, 25 ans plus tôt. Pensez à « Daydream nation », paru en 1985 voire à « Dirty », gravé en 1992. Ou alors à son elpee solo, « Psychic hearts », qu’il avait commis en 1995. Sur les planches, les deux grattes libèrent des sonorités crépitantes, bringuebalantes, distordues, malsaines, vivifiantes, chargées de feedback mais qui rattrapent constamment le fil mélodique au moment où on pense qu’il est définitivement perdu. Quant à la section rythmique, elle fédère toute cette énergie pure et sans concession. Elle vous percute de plein fouet et électrise tous vos sens. Une remarquable prestation au cours de laquelle on épinglera une cover du « Empire of time » de 13th Floor Elevators ; sans oublier le petit rappel, que le quatuor va consacrer à une nouvelle compo et un titre que Samara va parcourir de son violon, après avoir abandonné sa quatre cordes…

Plus d’une vingtaine de musiciens (NDR : peut-être 25) montent sur l’estrade. Très classe, il faut le reconnaître. Chemise blanche, cravate et costard noirs pour les hommes. Robe de même teinte mais gaufrée, pour Noémie Wolf, particulièrement élégante dans cette tenue. Elle s’installe au milieu de la scène. Et puis on va vivre un moment empreint de magie, né de la rencontre entre les musiciens plus pop/rock (basse, guitare, drums, percus) et l’orchestre symphonique (violons, violoncelles, cuivres). Bien sûr, Hooverphonic revisite ses plus grands tubes (“Jackie cane”, “Mad about you”, “2 wicky”, “Eden”, “World is mine”, “Sometimes”, “Vinegar & salt”, etc.), mais ces versions prennent une toute autre dimension, sous cette forme. Anecdote cocasse, le moment au cours duquel les violonistes se mettent à chanter dans leur instrument. Bref, le travail opéré par Rayond Geerts et surtout Alex Callier mérite un coup de chapeau, tant les arrangements sont soignés, et mettent en exergue la superbe voix de Noémie. On ferme les yeux et on laisse couler la musique, comme un long fleuve tranquille. Beau !

Il est 1h10 du mat’ et il est temps de rentrer, d’autant qu’il y a une petite heure de route à se farcir. A demain !

Organisation : Cactus Club (Bruges)

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mercredi, 10 juillet 2013 18:55

Between up and down (single)

Le nouvel album de Yew devait sortir au printemps, il paraîtra finalement en automne. En attendant la formation nous propose un single. Intitulé « Between up and down », il a reçu le concours d’Arno, et a été enregistré au Studio 5 à Liège et à l'ICP de Bruxelles. Le groupe a été récemment rejoint par Jérôme Magnée, nouveau chanteur du groupe, et également membre fondateur et guitariste/chanteur de Dan San. Faudra donc s’attendre à davantage de vocaux sur les compos du band. Arno y pose la sienne lors d’un duo que Jérôme chante un peu à la manière d’Axl Rose (NDR : ce timbre). En outre, si la structure est demeurée folk rock, la guitare s’autorise, lors de ce morceau, une envolée floydienne. On devrait en savoir plus lors de la sortie du long playing…

 

jeudi, 04 juillet 2013 17:09

In the limelight

Cinq titres sur le premier Ep officiel d’Attagirl, une formation majoritairement tournaisienne, dont le line up est passé à un quintet, depuis l’intégration d’un claviériste. « In the Limelight » a été mixé et produit par Tommy Desmedt, qui a notamment bossé pour The Tellers. Et il faut avouer que la mise en forme des compos est parfaite, même si elle communique une certaine uniformité dans le ton. Sans quoi, les cinq titres tiennent parfaitement la route. Tout d’abord, il y a la superbe voix de Ben qui s’exprime dans un anglais impeccable. Son chant est judicieusement contrebalancé par des contre-voix ou souligné de chœurs. Qui peuvent même évoquer Era, en tout début du premier morceau, « Flashpoint », une compo caractérisée par ses accès de tempo new wave et ses guitares bringuebalantes qui lorgnent vers les Editors, style qu’on retrouve, sur le dernier titre, « Never be apart », une plage cependant plus proche du Coldplay originel, à cause du drumming particulièrement offensif. Si Stereophonics et Nada Surf –surtout sur « Anayway », une ballade up tempo, au cours de laquelle, on a droit à un passage déclamatoire– sont des références incontestables, les interventions fluctuantes de l’orgue lors des couplets de « Sincerely sorry » nous replongent dans les seventies (Supertramp ?). Quand au titre maître, il s’agit certainement de la piste qui sort le plus de l’ordinaire. La voix de Ben épousant même le baryton de Matt Berninger de The National, alors que le morceau emprunte certains accents baroques à James…

 

jeudi, 27 juin 2013 03:00

Une belle promesse…

Fondée en 2008, Attagirl est une formation dont la majorité des membres est issu de la région tournaisienne. En 2009, elle avait sorti une démo trois titres. Et il y a deux bons mois, son line up s’est enrichi d’un cinquième membre, un claviériste. Le groupe venait présenter son premier Ep, ce 27 juin, à la Fenêtre de Tournai, dans le cadre d’une ‘release party’. Intitulé « In the limelight », il a été mis en forme par Tommy Desmedt (The Tellers). Plus d’une centaine de personnes s’étaient déplacées pour assister à ce set.

Un supporting act avait cependant été inscrit au programme. En l’occurrence Juke Boxes. Un duo bruxellois, régulièrement rejoint par deux musiciens complémentaires, sur les planches. Ce qui ne sera pas le cas ce soir. Kevin se réserve les drums, les synthés et les backing vocals. Juliette chante et assure soit les claviers ou la guitare. Elle porte de longs cheveux blonds et porte un pantalon assez original, sur lequel sont dessinés des losanges. La musique de J.B. alterne moments plus planants, presque shoegaze, développements trip hop et envolées bien rythmées. Parfois même au cours du même morceau. La voix de Juliette est très claire, éthérée même, épousant certaines inflexions à Cat Power voire Heather Nova ; mais ce qui frappe surtout c’est l’amplitude et la richesse du drumming de Kevin. Exécuté dans l’esprit de certains groupes prog issus des seventies. Pourtant, le groupe se cherche encore, notamment en matière de liaison entre les arrangements ; mais il dispose d’un fameux potentiel. Et lors du final, le batteur vient jouer du clavier en front de scène, pour interpréter ce qui sera, à mon goût, le meilleur morceau de leur prestation. On se rend compte alors qu’il doit mesurer plus d’1m90, mais sa manière de danser derrière son instrument, ne manque pas d’élégance. Leur nouvel album, « King Dying » est paru ce 1er mars 2013. Mais ne m’en demandez pas plus ; car il faut croire que sa distribution est plus que confidentielle…

Place ensuite à Attagirl. Tiens c’est amusant, mais le drummer ressemble étrangement à Phil Collins, quand il était plus jeune… Sans quoi, le line up implique Max à la basse (également préposé aux backing vocaux) et Manuël à la guitare, qui s’installent de chaque côté du chanteur, Ben. Ce dernier joue aussi régulièrement de la gratte et parfois du clavier ; c’est également de cet instrument que se sert, mais de manière permanente le nouveau venu, Anatole, qui dispose apparemment d’un Rhodes. La setlist propose anciennes plages retravaillées ou issues de l’Ep. Les morceaux sont bien maîtrisés, même si on sent que le nouveau claviériste n’est pas encore totalement intégré à l’ensemble. Ben possède une superbe voix qui me fait tantôt penser à celle de Ian McNabb (Icicle Works), tantôt à Finn Andrews (The Veils). Encore que lors du rappel, il va se mettre à crooner, un peu à la manière d’un Neil Diamond, lors d’un duo au cours duquel il s’accompagne à la guitare, en ne recevant le concours que d’Anatole. Dommage, le deuxième titre proposé lors de cet ‘encore’, compo probablement la plus faible de leur répertoire. Avant de se reprendre magistralement lors de la finale. Quant à Max, en cours de route, il va troquer sa basse contre une trompette à coulisses. Apportant une coloration totalement différente à l’expression sonore d’Attagirl. Qui baigne dans la pop. Autant insulaire que yankee. Indie, mais pop, quand même. Car si elle fait surtout penser à Stereophonics (surtout lorsque les accords de guitare se font tintinnabulants), son sens mélodique est susceptible de lorgner vers Nada Surf. Reste maintenant au band à composer la (ou les) chanson(s) imparable(s) qui pourrai(en)t lui permettre de décoller. De se distinguer au sein d’un genre qui commence à se boucher. En outre, quoique revisitées, les anciennes compos n’accrochent pas suffisamment, et les nouvelles semblent coulées dans un même moule. Comment donner du relief à ses chansons sans pour autant perdre son homogénéité et surtout sa personnalité ? Ce sera certainement le prochain challenge d’Attagirl. Et tout particulièrement lors de l’enregistrement de son premier opus, qu’il envisage réaliser d’ici quelques mois. Mais pour le relever, il va falloir bosser et se montrer créatif. Une chose est sûre, le quintet dispose de tous les atouts nécessaires pour atteindre cet objectif…

 

jeudi, 27 juin 2013 11:59

Lyres Lyres

Lyres est une formation étasunienne née en 1979, sur les cendres de DMZ. Issue de la région de Boston (Massachusetts), elle est toujours active aujourd’hui, même si son dernier opus, « Some Lyres », remonte à 1994. Cependant, du line up initial, il ne demeure plus que le chanteur/organiste Jeff Conolly. En 34 années d’existence, le band a consommé une bonne douzaine de musicos.

Lyres est né en plein revivalisme garage. Mouvement qui a notamment donné naissance aux Fuzztones, à Chesterfield Kings et bien évidemment aux Fleshtones. Un mouvement qui lui-même s’inspirait des sixties (NDR : pensez aux compiles ‘Pebbles’ et ‘Nuggets’, donc aux Seeds, Sonics, Electric Prunes, Standells, Count Five et autres Sonics)

« Lyres Lyres » est paru en 1985. La formation avait alors changé de batteur. Pas vraiment une bonne idée, car le drumming de John Bernardo n’est pas aussi ample que celui de Paul Murphy. En outre, plus de la moitié des plages de cet elpee (NDR : qui recèle quand même six reprises) manquent singulièrement de relief. On épinglera quand même l’épatant « She pays the rent », une piste autobiographique qui lorgne vers le r&b des Animals, « You’ll never do it baby » une compo signée B Smith/T Fox (Cop’ N’ Robbers), reprise également en son temps par les Pretty Things, et dont la nouvelle version ne manque franchement pas d’allure, « No reason to complain » sculpté dans le garage punk, l’allègre et excellent « You won’t be sad anymore » ainsi que le bouleversant et détonnant « The only thing ». L’opus est également enrichi de quatre bonus tracks, soit les quatre titres d’un 12 inches publié en 1985, chez New Rose.

 

jeudi, 27 juin 2013 11:59

On Fyre

Lyres est une formation étasunienne née en 1979, sur les cendres de DMZ. Issue de la région de Boston (Massachusetts), elle est toujours active aujourd’hui, même si son dernier opus, « Some Lyres », remonte à 1994. Cependant, du line up initial, il ne demeure plus que le chanteur/organiste Jeff Conolly. En 34 années d’existence, le band a consommé une bonne douzaine de musicos.

Lyres est né en plein revivalisme garage. Mouvement qui a notamment donné naissance aux Fuzztones, à Chesterfield Kings et bien évidemment aux Fleshtones. Un mouvement qui lui-même s’inspirait des sixties (NDR : pensez aux compiles ‘Pebbles’ et ‘Nuggets’, donc aux Seeds, Sonics, Electric Prunes, Standells, Count Five et autres Sonics)

« On Fyre » est un elpee paru, à l’origine, en 1984. Il s’agit de leur tout premier. Il a été réédité en 2012 et enrichi de 5 bonus tracks. A l’époque il avait été produit par Rick Harte, qui avait notamment mis en forme des albums de Mission of Burma et de Classics Ruins.

Jeff Conolly a toujours été un grand admirateur de Paul Revere & The Raiders, des Wheelers et surtout des Kinks. Il reprend d’ailleurs ici trois titres signés Ray (« Tired of waiting », « Never met a girl like you ») et Dave (Love me till the sun shines ») Davies. Un disque sur lequel figure plusieurs covers, dont une de Pete Best (ex-Beatles !), « The way I feel about you ». Et les petites touches de r&b (Animals ?) ne sont pas faites pour me déplaire (« Trying just to please you »).

Les compos des Lyres trempent dans le garage, c’est une évidence, mais un garage pop mélodique, aux refrains souvent contagieux (le presque ‘sydbarettien’ « Don’t give it up now » et l’irrésistible « Help you Ann »). Quoique les sonorités vintage de l’orgue Vox, même si elles sont moins marquées (NDR : encore que sur les morceaux supplémentaires, cet instrument est davantage mis en évidence), évoquent davantage Inspiral Carpets, combo qui a surtout marqué le début des 90’s. Soit lors de la seconde vague de revivalisme garage. Et comme aujourd’hui on est occupé de vivre un retour du psychédélisme, on pourrait assister à l’avènement d’une quatrième lame de fond…

 

mercredi, 19 juin 2013 14:24

Cover magazine (25th anniversary)

Ce disque est une réédition de l’album paru en 2002, chez Thrill Jockey. A cette époque, on pensait que cet opus aurait peut-être été dernier de Giant Sand, vu le succès rencontré par Convertino et Burns au sein de leur projet Calexico. Mais si ce dernier va davantage se concentrer sur sa carrière solo, il ne va pas pour autant abandonner son band, qu’il remontera épisodiquement. Lire la chronique parue en 2002, ici

A l’époque, de nombreux médias vont descendre en flammes ce long playing consacré essentiellement à des reprises, le jugeant bâclé. Or, ce disque de reprises a tout simplement été enregistré sous une forme presque ‘live’. Ce qui explique les imperfections. La nouvelle édition, remasterisée il faut le souligner, propose une version différente de « The Beat Goes On » et deux bonus tracks : « Summertime » et « The Pilgrim (Chapter 33) ».

 

samedi, 08 juin 2013 03:00

Rock’n’roll is not dead

La route qui nous conduit à Forest National est toujours aussi pénible. Dès l’entrée de Bruxelles, on est confronté aux ralentissements et bouchons rituels. Et pourtant, nous sommes un samedi soir. Mais, c’est vrai, il y a Neil Young qui se produit dans cette grande salle. Oui, je suis demeuré un grand aficionado du ‘loner’, mais le gigantisme, ce n’est plus ma tasse de thé. Et le prix des places a de quoi effrayer, même les plus grands admirateurs de l’artiste. Néanmoins, mes amis néerlandophones, Sam et Johan, respectivement collaborateur de longue date et rédac’chef du website pour le Nord du pays, m’ont convaincu de les accompagner. Bien sûr, le Canadien va encore revenir chez nous pour participer à plusieurs festivals cet été ; mais il commence à prendre de l’âge (NDR : il est né le 12 novembre 1945, donc approche les 70 balais), et il n’est pas sûr qu’il reparte encore pour de si longues tournées…

Lorsque nous débarquons dans l’hémicycle, Los Lobos a déjà entamé son set. Pas des néophytes, puisque le band s’est formé en 1973. Et le sextet tient la route, même si on se rend compte qu’un endroit comme l’AB serait certainement plus adapté à leur style de musique, fruit d’un cocktail de rock, rhythm’n’blues, country, tex-mex et conjunto. N’empêche, pour un supporting act, c’est du solide. Et le groupe recueille un accueil chaleureux de la part d’un public plus que nombreux. Tiens, petite remarque, la voix de David Hidalgo, me fait penser, ce soir à celle de Stevie Winwood, détail qui m’avait toujours échappé sur disque.

Avant que ne débute le set de Neil Young & Crazy Horse, on remarque la présence de quatre énormes caisses rectangulaires, sur l’estrade. Deux verticales et deux horizontales. Elles doivent certainement abriter le matos du groupe. Deux écrans sont disposés de chaque côté de la scène. Mais reconfigurés en écrans TV à la mode sixties. Une excellente initiative, car vu l’assistance, et la distance qui nous sépare du podium, on ne distinguera pas toujours très bien les musicos. Votre serviteur ne mesure pas non plus 1m90. Dès lors, on apprécie cette configuration…

Une équipe de techniciens s’affaire sur les planches. Certains sont vêtus de tabliers blancs. On dirait des savants fous. D’autres, portent des salopettes bleues, et sont coiffés de casques rouges, comme sur un chantier de construction. Tout ce beau monde semble se chamailler. Belle mise en scène. Puis les hommes casqués commencent à relever les caissons pour laisser apparaître les immenses enceintes ‘Fender’. Les musiciens débarquent enfin et se mêlent à la cohue. Pas très longtemps, car soudain, la ‘Brabançonne’ retentit. Et tous ces acteurs s’alignent face au public en portant la main droite sur le cœur. Neil, en tenant son chapeau. Manifestement, ils sont au courant de l’engouement suscité par les Diables Rouges, la veille, lors de leur victoire face à la Serbie. Un petit couac quand même. Si un grand étendard est déroulé à l’arrière, ce n’est pas aux couleurs de la Belgique, mais un hybride entre celui de la France et des Pays-Bas. Connaissant la rivalité qui existe entre ces deux pays et le nôtre, dans le domaine du football, le flop est diversement apprécié. On ne va pas non plus en faire une affaire d’état ; m’enfin, c’était quand même pas la lune de se procurer un drapeau adéquat…

Sur les planches, Neil est soutenu par Frank Sampredo à la seconde gratte ainsi que Billy Talbot à la basse et Ralph Molina aux drums. Ce dernier, la casquette vissée sur la tête paraît un peu écrasé entre les énormes haut-parleurs.

L’an dernier, Neil avait commis deux elpees, dont le remarquable « Psychedelic Pill ». Ce soir, il va en reprendre trois plages. Le titre maître, une version phénoménale de « Ramada Inn » et une autre tout aussi remarquable de « Walk like a giant ». Caractérisé par son sifflotement contagieux, ce morceau constitue certainement un des sommets du concert, la compo s’achevant dans une véritable éruption noisy, digne de Sonic Youth. A cet instant, on pense vraiment que le groupe va enchaîner par « Like a Hurricane ». Ce ne sera pas le cas. Car le plus paradoxal, c’est l’absence de chansons vraiment phares, au cours de ce set. Deux inédits quand même. Tout d’abord « Hole in the sky ». Une intro dantesque. Des tas de sachets en plastique et des détritus volent sur scène. L’intensité électrique est alors à nouveau à son paroxysme. Car manifestement, vu le volume sonore dispensé, un trou a dû se former dans le ciel. Autre nouveauté, « Singer without a song », interprété au piano, moment choisi par une demoiselle pour déambuler sur l’estrade, sans trop savoir où elle aurait pu poser son instrument, qu’elle trimbale dans une housse. Une reprise, le « Blowin’ in the wind » de Dylan, que Neil aborde seul à l’harmo et à la sèche, pendant que le logo du festival de Woodstock, apparaît en arrière-plan. Précédé par « Comes a time », quand même, sous la même configuration. Mais surtout des compos qu’on n’a plus l’habitude d’entendre. Comme « Fuckin’ up », moment au cours duquel les musicos se marrent comme des baleines. Ou « Welfare Mothers », un extrait de « Rust never sleeps ». Surprise, le tracklisting épingle une compo datant de son séjour chez le Buffalo Springfield, « Mr Soul » (NDR : elle remonte quand même à 1967 !), et en rappel, le titre maître du premier opus de Neil Young & Crazy Horse, « Everybody knows this is nowhere » ainsi que « Roll another number », issu de son elpee le plus ténébreux, « Tonight's The Night ». Quand aux deux premiers titres du concert, « Love and only love » et « Powderfinger », ils ont immédiatement donné la coloration du set : très électrique. Et le rythme tribal, offensif, colle toujours autant aux racines indiennes de Neil. Pas de trace cependant de « Cortez The Killer », « Like a Hurricane », « Cowgirl in the Sand » ou « Down by the river », mais bien de « Cinnamon girl » et d’une version apocalyptique de « Hey hey, my, my (into the black) ». Mais pas de quoi se plaindre, car en plus de 2h30 de concert, Neil Young et ses potes ont vraiment tout donné ce qu’ils avaient dans le ventre.

Le lightshow ? Simple et efficace, il s’est surtout focalisé sur les enceintes, soit sous une forme psychédélique ou tout simplement ludique, un peu comme les images des flippers conçus au cours des années 70.

Bref, votre serviteur était aux anges, quand il a quitté Forest National. Et dans sa tête, il chantait encore ‘Hey, hey, my, my’. Le rock’n’roll n’est pas mort et Neil Young en est la preuve irréfutable…

 

 

samedi, 01 juin 2013 03:00

Mainstream…

Tout comme Akim, l’autre soir, je ne devais pas être là. Mais un concours de circonstance m’a poussé à accepter un remplacement au pied levé. Que j’ai volontiers accepté. Faut dire qu’à la lecture des comptes-rendus dithyrambiques lus dans la presse écrite et web (NDR : y compris celui rédigé par un collaborateur de Musiczine), le rédac’ chef avait envie d’aller lui-même vérifier sur place. Le Zénith affiche complet, deux jours de suite à Lille (NDR : et il y revient le 8 novembre !) M est extrêmement populaire en France ; ce qui explique pourquoi sa nouvelle tournée au sein de l’hexagone marche du tonnerre.

Avant d’entrer dans l’hémicycle, un petit détour par le bar s’impose. Quatre consommations, svp. 20€, m’sieur ! Combien ? Ah oui, les gobelets sont consignés. 2€ pièce. Encore heureux ! En fait, les boissons sont servies dans des récipients à l’effigie de la star. Un avant-goût du show consacré au strass et aux paillettes ?

Un drap est tendu devant la scène. Y est projeté l’image d’un personnage au nez rouge destiné à promouvoir l’association ‘Clown Sans Frontières’ (NDR : dont M est l’un des parrains).

En première partie, place à Nach, c’est-à-dire Anna Chedid, la frangine de Matthieu. Elle est flanquée d’un guitariste, d’un contrebassiste/violoncelliste et d’un drummer qui se tient debout. Elle porte une armature sous sa robe assez courte qui lui donne une allure à la fois sexy et décalée. Et elle chante en se réservant régulièrement les claviers. Dans un style qui lorgne vaguement vers les Rita Mitsouko. Elle possède un beau timbre de voix qu’elle parvient à faire fluctuer entre différents octaves, mais les inflexions ne suivent pas toujours l’amplitude. L’exercice de style est périlleux et nécessite encore du boulot. Bref, pas un mauvais supporting act, mais pas non plus la révélation.

Vers 20h45, le grand drap blanc qui séparait l’espace réservé au supporting act et le reste du podium, tombe. Mais la scène reste dans le noir. Le public s’impatiente et commence à battre des mains. Celui du balcon se lance même dans une ola ou frappe bruyamment sur le plancher. Manifestement, l’audience, ce soir, est acquise à la cause de M. 21h00, les musicos débarquent. Ils sont trois. Le drummer se place à droite de l’estrade. Le bassiste/claviériste (NDR : son instrument est un curieux combiné !) à gauche, et Matthieu à la gratte, au milieu. Il porte des lunettes en forme de M. Plutôt excentriques. Il les troque ensuite contre une paire qui projette un flux lumineux devant lui. Et lorsqu’il les enlève, on remarque qu’il arbore une petite moustache (NDR : oui, c’est une barbe de 3jours !), comme son père Louis, à qui il ressemble de plus en plus. Derrière, on découvre une immense structure métallique amovible, face à un écran géant ; mais couverte de miroirs, en forme de ‘M’. Elle va même finir par se déplacer, pivoter, se retourner, refléter, et servir de poste aux techniciens préposés aux projecteurs. Le light show est à l’avenant, multicolore et multidirectionnel. Le son est puissant et plutôt basique. Rock, si vous préférez, mais sans les détails qui font la différence, chez l’artiste français. Faut dire que le drummer martèle ses fûts comme un batteur au sein d’un groupe de métal. Car ce soir, on si on va en avoir plein les mirettes (jeux de lumières qui descendent presque jusque dans le dos des musicos, en tournant sur eux-mêmes, comme des ovnis, apparition d’un personnage qui se la joue ‘sauvage’, se prenant même pour tarzan, deux danseurs, chaussés des fameuses lunettes/projecteurs, et j’en passe), musicalement, je suis resté sur ma faim. Et puis, les samplings, ce n’est pas trop mon truc. Il y a bien eu la participation d’enfants pour un titre et surtout un petit périple sympa à travers la foule (NDR : qui a commencé juste sous mon nez !), sur une estrade mobile, au cours duquel Matthieu va interpréter ses titres les plus intimistes, en s’accompagnant au piano (NDR : le meilleur moment du concert), et puis lors du premier rappel, une parenthèse acoustique, presque sculptée dans le ‘skiffle’), mais en général, le set a surtout mis en exergue le talent d’entertainer de Matthieu. Le public connaît les paroles de la plupart des chansons par cœur, donc il les chante ; et lorsque plus de 7 000 personnes les reprennent en chœur, ça met l’ambiance. Matthieu serre volontiers les mains de ses fans, les remercie, part en crowdsurfing sur le dos en se lançant dans un solo de guitare. Un étalage de sa technique qu’il n’hésite pas à renouveler. Parfois, il en remet même deux couches. Il fait virevolter sa ‘six cordes’ dans les airs ; accidentellement, elle est emportée par la foule. En fin de parcours, il demande aux spectateurs de lever les bras et d’arborer le signe ‘M’, à l’aide de leurs mains. Motif ? L’enregistrement d’un clip. La foule est alors au bord du délire. Ce qui va engendrer deux rappels. Dont le premier, minimaliste, recueillera mon assentiment. Mais en rédigeant cet article, je me doute que 6 999 personnes risquent fort de manifester leur désapprobation. Parce que si le spectacle était fantastique, enfin, si on le replace dans le contexte des formations prog rock issues des seventies (NDR : souvenez-vous d’Emerson Lake & Palmer et même du Floyd), le concert s’adressait exclusivement au grand-public. J’ai cherché vainement une fibre poétique, tout au long de ce set. Celle que j’M chez Matthieu Chedid, et je ne l’ai pas trouvée… Désolé !

Organisation A Gauche de La Lune

(Voir aussi notre section photos ici)