Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Magic and medicine

L'an dernier, cette formation liverpuldienne avait commis un premier album particulièrement intéressant. Un disque qui semblait avoir hérité de la fibre lyrique et psychédélique du mythique Teardrop Explodes, lorsqu'il ne trahissait pas, sous le format acoustique, une sensibilité mélodique proche des La's. Si l'esprit de la bande à Lee Mavers et à John Power continue de hanter les morceaux minimalistes, le 'garage' n'est plus maître du jeu. Il doit composer avec le blues, le folk, le reggae, le rythm'n blues et surtout la country. Pas seulement à cause du tempo très caractéristique. Mais aussi parce que cette country se révèle filmique, 'eniomorriconesque'. A l'instar des ténébreux " Secret kiss " et du remarquable " Don't think you're the first ", un fragment poussiéreux déchiré par un harmonica spectral (Wall of Voodoo ?) et dont la chevauchée fantastique s'achève dans le désert poussiéreux de la West Coast. Pour The Coral, du blues au ryhtmn' blues, il n'y a qu'un pas. Que " Talkin' gypsy market blues " et le final " Confessions of A.D.D.D. " n'hésitent pas à franchir ! Le premier en adressant un clin d'œil aux Yardbirds. Le second en libérant toute son énergie lors d'un final à la fois cuivré et déjanté. L'opus recèle même une plage rockabilly balayée par une guitare 'crazyhorsienne' (" Bill Mc Cai "), et puis " In the forest ", un titre à la fois mystique, sombre et romantique, rêve cotonneux au cours duquel l'orgue solennel rejoint la voix de James Skellyn, une voix dont le timbre me fait de plus en plus penser à Neil Diamond. Une impression qui se renforce encore sur les chansons les plus romantiques…

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Psychotic Revelation

Octobre 1966, " Psychotic reaction ", la chanson d'un groupe obscur issu de San José, en Californie, décroche le n° 5 dans les charts américains. Un titre de rock garage directement inspiré par les Yardbirds qui restera, cependant, sans lendemain. Le quintet eut beau graver un elpee et toute une série de singles, sans doute un peu trop similaires, la formation va disparaître dans la plus grande indifférence. Jusqu'en 1972, moment choisi par Lenny Kaye, le guitariste de Patti Smith, pour l'inclure dans sa collection " Nuggets ". A partir de ce moment, à l'instar des Castaways, des Standells et de quelques autres, Count Five va devenir une légende du garage rock. Le label 'Big Beat' a donc décidé de leur consacrer une nouvelle compilation (NDR : un 'live' était déjà sorti en 1993). Soit la réédition de l'album paru en 1966, enrichi d'inédits, de démos et surtout d'une version jamais sortie à ce jour, du titre phare. N'empêche, en écoutant ce disque, on ne peut nier l'influence majeure que ces ensembles des sixties ont pu avoir sur des groupes comme les Hives, Clone Defect, les Strokes et autres Von Bondies. De tout ce mouvement 'garage revival' dont le charme désuet sent si bon le rock'n roll…

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Fiends of dope island

Après 5 longues années d'absence, les Cramps nous reviennent avec ce "Fiends of dope island". Vous avez certainement appris que Bryan Gregory, un des membres fondateurs, est décédé en 2001, suite à une pneumonie. Il n'avait que 46 ans. Mais, il est vrai qu'il avait quitté le groupe depuis 1980. Toujours drivés par Lux Interior et Poison Ivy, les Cramps ont encore changé de bassiste. Il s'agit de l'ex Mau Maus et Mr Badwrench, Chopper Franklin. Par contre, le quartet semble avoir trouvé en Drumdini, un drummer stable, puisqu'il figure dans le line up, depuis maintenant plus de 10 ans. Autre changement : le label. C'est presque une habitude. Mais, c'est pour ressusciter 'Vengeance' ; c'est à dire le label qui avait guidé leurs premiers pas. C'est aussi devenu leur propre label. Bref, venons en à cet opus. Un elpee qui porte bien les couleurs des Cramps. On y replonge dans les coins les plus reculés du psyché/rock'n roll primal, animal, tribal. On succombe toujours aux pulsions rythmiques de ce mélange dangereux, marécageux et un peu fou de rockabilly, de surf, de psychédélisme, de punk sixties et d'humour macabre. On y rencontre toujours les fantômes de Dracula, de Frankestein, d'Eddie Cochran et d'Elvis Presley. Oui, oui, vous pouvez mettre dans le même sac. Puis l'une ou l'autre cover d'artistes inconnus. Trois en tout. Dont une ballade mid tempo du standard exotique " Taboo ". L'opus recèle également deux sortilèges incantatoires : " Big black witchchcraft rock " et " Papa satan sang Louis ". Deux blues aussi. Urbain et effrayant, " Color me black " aurait pu être interprété par Nick Cave à l'époque de Bithday Party. Cryptique et délirant, " Dopefiend boogie " démontre bien que le Jon Spencer Blues Explosion est son héritier naturel. Encore qu'on pourrait croire le contraire, à l'écoute de "Dr Fucker M.D. ", tourmenté par un theremin étrange. Et si le déchaîné et survolté, " Wrong way ticket " évolue aux confins du paroxysme, " Fissure of Rolando " renoue avec la sauvagerie mélodique d'un " Human fly ". Avec un peu de promo, il pourrait devenir un hit radiophonique. Dommage d'ailleurs que cet aspect mélodique ne soit pas ici plus souvent mis en évidence. N'empêche avec un disque pareil, on peut à nouveau déterrer la hache de guerre et entamer la danse du scalp autour de la table du salon.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Souquez les gars !

Chansons à boire, chansons à danser, chansons d'étudiants, chansons d'amour et... chansons de marins : ce disque est un véritable trésor pour les animateurs de soirées de mariage, de communion, de bleusaille et de noces en tous genres, qui souhaitent renouveler leur répertoire de farandoles. C'est vrai que depuis que le Grand Jojo a pris sa retraite, il n'y a plus guère sur Jean-Luc Fonck, qu'ils peuvent compter. Les pieds dans la Semois (NDR : ils ont originaires du sud de la province du Luxembourg, en Belgique) et un verre de rhum (NDR : pas de Sttellla) à la main, ce quatuor rêve de galions remplis d'or, de belles aux cheveux rouges flamboyants et d'îles aux trésors. L'un gratouille sa guitare, l'autre chante à tue-tête, le troisième tripote les boutons de son accordéon et le dernier fait jaillir des sons bizarres de son clavier en goguette. C'est probablement ringard, mais ça ne maque pas de charme, surtout lorsque la musique tutoie le folk celtique, au sein d'un univers sonore qui me fait parfois penser à Renaud…

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Feast of wire

Quatrième album pour Joey Burns et John Convertino, enregistré sous le patronyme de Calexico. Un duo qui a quand même reçu le concours d'un nombre invraisemblable d'invités (des cuivres, des cordes, une slide, etc.), pour la plupart issus de la scène locale. De Tucson, en Arizona, si vous l'ignoriez encore. Ce qui n'empêche pas Joey de se concentrer sur la guitare, la contrebasse, l'accordéon, le banjo et les synthés et John de se réserver les drums et les percussions. Pour un disque qui flaire le sud-ouest des Etats-Unis. Ses vastes étendues désertiques. Ses cactus. Son soleil brûlant. La poussière de couleur ocre. On est ici pas très loin de la frontière mexicaine. Et cette proximité se ressent dans la musique de Calexico. Ce n'est pas neuf. Mais tout au long de " Feast of wire ", les sonorités mariachi ne sont plus omniprésentes. Le tandem a voulu élargir son horizon sonore. Est-ce un bien ? Est ce un mal ? A vous de juger ! Personnellement, je reste attaché au style qui a consacré leurs albums précédents. Et en particulier à " Hot rail ", " The black light " et à " Spoke ". Surtout lorsqu'il est alimenté de sonorités latines propices aux visions les plus 'morriconesques'. Et c'est le cas chez " Close behind ", " Across the wire ", " Dub latina " et " Güero canelo ". Quatre titres perdus au milieu d'une multitude d'instrumentaux. Enfin, pas seulement. Il y a bien la valse lente " Sunken waltz ". " Black heart ", un titre de trip hop mélancolique et sophistiqué que Portishead aurait pu inscrire à son répertoire (NDR : avec arrangements de cordes et tout le Saint Tremblement !). Le jazz cool " Crumble ". " Pepita ", tout au long duquel la guitare acoustique est jouée en picking à la manière d'Ed Kuepper. " Attack el robot ! Attack ", fruit d'un hypothétique fragment électro revu et corrigé par Tom Waits (NDR : mais sans la voix de Tom Waits !). Et le poppy " Not even Stevie Nicks ", chanté en hommage à l'ex chanteuse de Fleetwood Mac. Mais la forme intimiste est un peu trop envahissante à mon goût. Et chez Calexico, ce que je préfère, c'est lorsque le combo cuisine sa country alternative à la sauce mexicaine ou cubaine. Et la plus épicée possible… Qu'on retrouve cependant encore sur un des trois bonus tracks.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Tusk

Camper Van Beethoven reprenant l'intégrale du "Tusk" de Fleetwood Mac peut vous paraître absurde. D'autant plus qu'il s'agit d'un double album. C'est pourtant ce challenge que le groupe a accompli. Pas récemment. En fait, les sessions d'enregistrement datent de 1986. A l'époque, les membres du groupe étaient en vacances. Histoire de se relaxer, avant d'entamer l'écriture de leur troisième opus. Mais le drummer s'est brisé accidentellement le bras. En faisant du ski. Pour ne pas rester inactif, le combo s'est donc lancé dans cette aventure récréative. Elle aurait dû le rester, car le résultat est loin d'être concluant. Il faut même croire que la formation ne l'avait pas trouvée à son goût, puisque qu'elle n'avait pas voulu le sortir. En outre, les bandes ont été (volontairement ou involontairement/ biffer la mention inutile) égarées. Et puis, au cours de l'année 2001, elles sont (miraculeusement ou malheureusement/ biffer la mention inutile) revenues à la surface. Quant à savoir qui a eu l'idée d'éditer ce disque, c'est une autre histoire. Une chose est sûre, ce n'est pas l'originalité qui l'étouffe. Les covers sont même largement inférieures aux versions originales. Conclusion, procurez-vous plutôt le Fleetwood Mac… c'est un des rares elpees incontournables de l'époque folk pop commis par la formation britannique.

samedi, 15 janvier 2011 12:09

Full energy!

Pour enregistrer leur troisième album, « All this dancin’ around », Triggerfinger s’est donc rendu aux studios ‘Sound City’, à Los Angeles, un endroit mythique où a été immortalisé l’album ‘Nevermind’ de Niravana, mais également où Rage Against The Machine, Bob Dylan, Red Hot Chili Peppers, Metallica et quelques autres grosses pointures, ont transité. Et la mise en forme a été assurée par Greg Gordon, notoire pour avoir produit Wolfmother, Oasis et même Slayer... Un choix ou une opportunité qui méritaient des explications. Et c’est au grand complet, c'est-à-dire le chanteur/guitariste Ruben Block, le drummer Mario Goossens et le bassiste Paul Van Bruystegem alias Monsieur Paul que le groupe est venu parler de son nouvel opus, tantôt dans la langue de Shakespeare, tantôt dans celle de Molière… au cœur d’une ambiance détendue mais parfois aussi désopilante…

Et c’est Monsieur Paul qui prend d’abord la parole : « En fait, c’est Greg (NDR : Gordon) qui a opté pour ce studio. Et nous sommes heureux de son choix. Et très satisfaits de tout le personnel qui y travaillait. Très pro. Très concentré sur notre projet. Au début on était un peu impressionnés, mais après 10 minutes, on avait pris nos marques et on se sentait comme à la maison. » Mario embraie : « Cet endroit nous avait été conseillé par Greg, que je connaissais depuis qu’il avait bossé sur l’album ‘Set Your Head On Fire’ (NDR : au mixing) de Black Box Revelation. En outre, au moment où on est parti aux States, il y avait une grave crise financière ; mondiale, bien sûr, mais surtout là-bas. Et le cours du dollar était au plus bas. Alors, lorsque nous avons établi notre budget pour enregistrer notre album, on s’est rendu compte que les sessions seraient moins onéreuses à Los Angeles qu’en Belgique. Enfin pas tout à fait, mais presque. Le choix était vite fait. On a donc préféré partir outre-Atlantique pour bosser, mais en même temps prendre un peu de bon temps. Et on y a vécu une aventure formidable. D’autant plus qu’en Amérique, il existe une histoire du rock n’ roll. Enfin, Greg a quand même travaillé pour des grosses pointures comme Wolfmother, Oasis ou Public Enemy. Son expérience dans la musique est énorme. Il est également musicien et joue dans un groupe ». Monsieur Paul reprend le crachoir : « Le matin, tu te réveilles et tu dégustes le meilleur café du monde. Tu prends une petite douche. Piscine. Puis tu commence à bosser. Un séjour très agréable, très relax. Et tout s’est déroulé très vite. Il était prévu 8 jours pour élaborer la structure basse/batterie/guitare ; or après 4 jours, on avait achevé les prises. Finalement on aurait pu tout boucler en trois journées, mais on a préféré prendre notre temps. C’était tellement facile. Tout semblait couler de source. Comme quoi, il est aussi possible de réaliser un album dans des conditions agréables ; et ne pas constamment être soumis au stress… » Mario commente : « Greg s’est chargé du mix et du son. Il est très old school. Son job est très physique. Il avait essayé de traiter certains de nos morceaux comme un DJ, notamment sur la ligne de basse ; tout en préservant le morceau. Ce qui demande un énorme effort de concentration. Il nous a ainsi entraînés à remettre, parfois, notre métier sur notre ouvrage, afin de tirer le meilleur de nous même… » En live, la prestation de Mario est souvent explosive. Se comporte-t-il de la même manière en studio. Accepte-t-il de jouer, un casque d’écoute sur les oreilles. Il nous répond : « Je joue toujours avec un casque. L’énergie dispensée par Triggerfinger n’émane pas seulement moi, mais du trio. C’est la raison pour laquelle on a choisi pour patronyme Tiggerfinger (trad : le doigt sur la gâchette) ». Et Paul d’insister : « Quel que soit l’endroit, on joue de la même manière. Et on transpire. Full energy ! » Et toujours pas d’invités lors des sessions. Ruben le confirme : « Oui on aurait pu ajouter un peu plus de guitare ou des claviers à notre propre partition ; mais ce n’était pas à l’ordre du jour. Greg nous l’avait d’ailleurs proposé, mais pour l’instant nous voulons en rester au socle basse/guitare/batterie. Afin de communiquer un maximum de punch à notre musique… »

Mais passons maintenant aux différentes plages de l’elpee. ‘All this dancin’ around’ ouvre l’opus. C’est aussi le titre de l’album. Une compo caractérisée par un groove particulièrement intense. Mais pourquoi ce titre ? Ruben argumente : « Dans le sens littéral, on pourrait penser à une action de remuer les hanches. On ressent le groove. C’est une partie de l’explication. Mais sous un autre aspect, la question devient peut-être existentielle. A quoi cela va-t-il nous servir de danser toute la journée ? Et cette réflexion constitue le thème principal du disque. Bien sûr, il y a quelques titres plus intenses au niveau des lyrics, mais on essaie de placer la danse sous un angle émotionnel… » Deux morceaux plus minimalistes figurent sur ce long playing. Tout d’abord ‘All night long’ enregistré un peu dans l’esprit de ‘No teasin’ around’, une plage qui figurait sur l’album précédent, ‘What Grabs Ya’. Ruben s’explique. « En fait, il s’agit d’une chanson de Ray Charles. Je ne sais plus si c’est lui qui l’avait écrite, mais il l’avait interprétée. La première fois que je l’ai entendue, je me suis dit que j’allais un jour pouvoir en faire quelque chose. Plus je la travaillais, plus cette situation devenait une évidence. Et puis, elle correspondait bien au climat de l’album. La version a été enregistrée en prise directe. Mario se charge des enchaînements et Paul se réserve la grosse caisse. C’est la compo la compo la plus intimiste du disque. Elle constitue un moment d’apaisement entre deux titres plus heavy… » Et l’autre, est manifestement ‘Without a sound’, un superbe morceau au sens mélodique très aiguisé, un titre dépouillé mais intense qui me fait penser à Sufjan Stevens voire à Bonnie Prince Billy. Ruben embraie : « C’est une chanson qui est très proche de moi, même si je ne la considère pas comme minimaliste ; mais je pense qu’il faut la comprendre dans l’ensemble du contexte de l’album. La dynamique est différente… » Dans un autre style encore, ‘Love lost in love’ se révèle énigmatique, cinématique. Un peu comme une bande sonore d’Ennio Morricone pour un western. Mais lorsque les chevaux sont au galop. A cet instant, un grand éclat de rires éclate au sein du groupe. Ruben confirme : « La comparaison est superbe. En fait, la première version de cette chanson était instrumentale. Mais comme j’adorais le refrain (NDR : il chantonne), j’ai pensé y ajouter des paroles. Effectivement, on peut imaginer, en l’écoutant, le galop d’une cavalerie. » Tiens et pourquoi le refrain de ‘Tuxedo’ est-il aussi emphatique que chez les Scorpions. Monsieur Paul et Mario se regardent, puis fixent Ruben, avant, à nouveau, de se tordre de rire. Et le mot est faible. Entre deux éclats, Monsieur Paul se met à siffler le refrain de ‘Wind of changes’ du groupe allemand ; et Ruben d’ajouter laconiquement : « Très bien… » ‘Cherry’ est manifestement la compo la plus blues de l’elpee. Puisées chez les artistes issus du Nord du Mississipi, les références au label Fat Possum sont manifestes. Ruben admet : « C’est un riff très simple. L’esprit du blues est présent tout au long de l’album, à des degrés divers. ‘My baby’s got a gun’ en est un autre, mais imprimé sur un tempo plus lent. Mais tu as raison de penser au label Fat Possum pour ‘Cherry’. »

Et on s’est payé une dernière bonne pinte de bon sang avant de clôturer notre entretien en leur remémorant une invitation qu’ils avaient reçue pour se produire à Roland Garros. En fait, je me demandais s’ils étaient montés sur le court avec des guitares ou des raquettes pour renvoyer les balles… Passé ce moment d’hilarité générale, Monsieur Paul clarifie : « On a joué dans les loges. Pour un concert privé, après les matches. C’était rigolo. Lors d’un drink plutôt chic. Champagne. Tenues de soirée. Et en montant sur scène, tu zoomes automatiquement sur les femmes… Mais pas trop quand même, car les mecs avaient l’air menaçants. Au début du set, le public semblait vraiment choqué. Puis après quelques minutes, il s’est décrispé et je pense qu’il a apprécié. Mais cette prestation était importante pour nous, car elle nous a permis de bénéficier de quelques reviews en France. Et elles étaient favorables. Dès lors… »

Merci à Vincent Devos et à Jean-Claude Mondo
Photo Sindy Mayot

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Converted thieves

Kiss-Offs et Black Lipstick ont la particularité de partager les mêmes guitaristes/chanteurs ; en l'occurrence Philip Niemeyer et Travis Higdon. Mais si la première formation citée est surtout branchée sur la 'dance', la seconde cherche à remettre au goût du jour l'héritage du Velvet Underground circa 69. Même les drums sont conjugués au féminin, puisque le rôle de Moe Tucker est ici accompli par Elizabeth Nottingham. Dans un style, bien sûr minimaliste, métronomique (NDR : hormis pour " Yesterday's horoscope was right ", dont le tempo mod semble avoir été emprunté à Jam !). Et difficile de comprendre comment le groupe parvient à éviter le piège du revivalisme, lorsqu'au fil de l'opus les spectres de Sonic Youth (les 9 minutes de l'épique et torturé " Texas woman " valent leur pesant de comparaisons !), Violent Femmes et de Television commencent à vous hanter l'esprit. Même le timbre vocal lymphatique, de Philip campe un hybride entre celui de Tom Verlaine et de David Byrne. Sans oublier les sonorités de guitares tour à tour, écorchées, sales, malsaines, tumultueuses ; et la ligne de basse ténébreuse. Pourtant le quatuor ne nous vient ni de New York, ni de Milwaukee, mais d'Austin. Et c'est sans doute ce qui explique pourquoi ils possèdent l'art de mettre en valeur le détail sophistiqué qui les rend à la fois si attachants et contemporains.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Take them on, on your own

Lors de la sortie de leur premier album éponyme, j'en avais conclu que si vous aimez ou avez aimé Jesus & Mary Chain, le Velvet Underground, My Bloody Valentine et Joy Division, vous adorerez la musique de BRMC ! A cause de leur rock'n roll sauvage, ténébreux et bruitiste, dont les ballades lancinantes, fiévreuses et soniques s'impriment sur un tempo implacable. " Take them on, on your own " ne se contente cependant plus de reproduire le même schéma. Il va plus loin. Oh oui ! Bien sûr ! L'électricité est toujours aussi subversive, venimeuse, féroce, croustillante, menaçante, implacable, et j'en passe. Rappelant inévitablement, sur plusieurs fragments, J&MC. Les vocaux nonchalants, visionnaires, qui véhiculent des lyrics tantôt philosophiques, tantôt psychotiques, tantôt rebelles, continuent de macérer dans un climat ténébreux, en projetant des images en noir et blanc peuplées de personnages aussi controversés que Lester Bangs, Marlon Brando, Jim et William Reid, Iggy Pop ou encore Noël Gallagher. Et même de Bush et de toute sa clique. A travers une chanson dont le titre est sans équivoque : " U.S. governement ". Mais le champ des influences s'est considérablement élargi. A un tel point, qu'au plus je l'écoute, au plus j'en découvre. Depuis le magnétisme malsain exercé par " Gimme shelter " des Stones sur " We're all in love " à la frénésie stoogienne dispensée tout au long de " Going under ", en passant par la noisy de type 'shoegazing' (Ride ?), concédée tout au long de " Shade of blue ", la ligne claire instituée par Sad Lovers & Giants (NDR : à force d'en parler, vous finirez bien par vous pencher sur ce mythe mésestimé) qui illumine le très beau " Suddenly " et la britpop hymnique, électrique et vivifiante puisée dans l'Oasis de " Defenitely Mabe ", chez l'implacable " Stop " et le vibrant " In like the rose ". Sans oublier le très beau et soft " And I'm aching", un fragment purement est simplement sculpté dans les cordes de la guitare acoustique. En finale, les sept minutes de " Heart + soul " replongent dans l'univers glauque de J&MC, en libérant une adrénaline à la fois malsaine et redoutable. Un must !

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Think tank

Après quatre années d'attente, Blur nous revient avec son sixième album. Premier changement, mais il est de taille, Graham Coxon a quitté le groupe. Il est quand même venu donner un bon coup de guitare sur le dernier fragment de l'opus (" Battery in your leg "), un morceau qu'il a d'ailleurs composé. Un titre ambient, cosmique, abordé dans l'esprit de Brian Eno voire de Bowie circa " Berlin ". Peu de guitare, donc, sur cet opus. Mais davantage de claviers et de rythmes. Produit au sein de différents studios (NDR : à Londres, au Maroc et à Devon), " Think tank " a reçu le concours de deux producteurs. Norman (Fat Boy Slim) Cook pour l'excellent " Crazy beat ", un morceau impétueux, puissant, punkysant, au tempo new wave (NDR : les mauvaises langues insinuent qu'il ne s'agit que d'un remix de " Song 2 "). Ainsi que pour la bossa nova futuriste " Gene by gene ". Deux plages probablement inspirées par Clash ! Le reste de l'elpee a été mis en forme par William Orbit. Et on y ressent très fort la griffe de Damon Albarn. Si Graham Coxon cherchait la beauté à travers le feeling le plus sombre, le plus douloureux, Albarn privilégie davantage l'amour à travers la sensibilité pop. Un instant, il vous invite à pleurer, le suivant, à danser. Tout au long de ce disque, il réalise ce dont il a toujours rêvé et qu'il expérimentait au sein de son projet Gorillaz : le free jazz, le trip hop, les vocoders, les rythmes de danse, le gospel, le punk, le hardcore, l'électro-funk, l'eurotrash, l'électronique, et j'en passe. Sans oublier la world qu'il avait explorée sur l'album " Mali Music ", en compagnie d'Afel Bocoum, Ko Kan Ko Sata Doumbia et de Toumani Diabate. Au fil de cet opus, les esprits de Can, de Joe Strummer, d'Eno, de Primal Scream et d'Orchestra Baobab planent à travers le son et le temps, le sentiment et l'attitude, la forme et le contenu. Et si l'œuvre est marquée du sceau de l'excellence, du groove et de l'exotisme, elle laisse aussi la place à l'une ou l'autre chanson plus tendre, plus mélancolique, plus poignante. Difficile de croire que Blur et Oasis ont été, à une certaine époque, rivaux, tant les deux formations sont devenues, aujourd'hui, incomparables. Un must !