Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Hooverphonic
Suede 12-03-26
Bernard Dagnies

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mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Hardcore UFO´s

Si vous avez lu l'interview accordée par Robert Pollard, le leader de GBV (NDR: toujours on line!), vous en avez déduit qu'il avait une plume particulièrement prolifique. Alors, imaginez un peu le résultat d'une compilation ! Surtout lorsque l'artiste y porte sa griffe personnelle. Résultat des courses, on hérite d'un box de 5 Cds réunissant la bagatelle de 142 chansons, et d'un DVD, en bonne et due forme. Ouvrons tout d'abord le chapitre de l'audio. Deux double elpees. Tout d'abord un 'best of'. Partagé entre " Human amusements at hourly rates " et "Demons and painkillers". Autrement dit entre le 'best of' et un recueil de flip sides, de démos, de raretés et de fragments réservés à certaines compiles. Encore des raretés, des démos issues de " Do the collapse " et de " Mag Earwigh ! ", des chansons enregistrées sur un 8 pistes, mais surtout des inédits sur la première plaque du second double CD, intitulée " Delicious pie & thank you for calling ". La deuxième plaque (" Live at the wheelchair races ") immortalisant des prestations 'live' accordées entre 1995 et 2002. Le troisième volet est consacré à la réédition du tout premier EP de la formation, " Forever since breakfast ". L'Ep qui leur avait valu d'être comparé à REM. Paru à l'époque sous la forme d'un vinyle, ce disque était devenu introuvable. Et pour terminer, un DVD qui met en exergue un documentaire datant de 1998, mais également clips vidéo et prestations en public. Le box inclut enfin un livret abondamment illustré qui se penche sur l'histoire du groupe : ses différents line up et un descriptif des musiciens qui y ont transité.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Paper Monster

Nonobstant son statut, le chanteur de Depeche Mode n'avait toujours pas signé la moindre chanson. Et s'il en avait écrit, elles n'avaient jamais été éditées. Vingt-deux années après la naissance du groupe, il vient de commettre son premier opus solo. Il y partage la composition avec l'ex guitariste de Psychedelic Furs, Knox Chandler, et a reçu le concours de Ken Thomas (Sigur Ros), à la production. Avouons-le, pour un coup d'essai, c'est un coup de maître ! En fait, pour Dave, cet opus est une thérapie. Une œuvre autobiographique, au cours de laquelle il confesse, en chansons, le parcours douloureux de son existence. Depuis ses dérapages héroïnomanes au bonheur retrouvé avec sa femme et ses enfants, en passant par son mal être de pop star adulée et ses pulsions suicidaires. Il y manifeste sa soif nouvelle de vivre et d'aimer. Hormis " Hold on " " Stay " et " A little piece ", trois fragments plus ternes, le reste de l'opus renoue avec la profondeur et la sensibilité d'un " Violator ". Parfois l'électricité jaillit. Comme sur le contagieux " Dirty sticky floors " ou encore le tourmenté et davantage expérimental " Goodbye ", réminiscence de " Construction time again ". Mais il atteint le sommet de son art, sur les fragments raffinés par les arrangements de cordes. Des arrangements de cordes qui envahissent progressivement le blues lugubre " Black and blue again " et deviennent franchement somptueux (Divine Comedy ?) sur " Bitter apple ". L'électro pop n'a bien sûr pas été négligée. Et je pense tout particulièrement à " Bottle living ", une plage écorchée par un harmonica bluesy, ainsi qu'au feutré " I need you ". Enfin, toujours aussi excellent, " Security " véhicule des accents cold, hérités en ligne droite de Joy Division. Un chouette album dont le feeling à fleur de peau contraste avec le décevant (NDR : je persiste et signe) et beaucoup trop technologique " Exciter ".

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

The listener

Au cours de l'année 2002, Howe Gelb a séjourné au Danemark. Il en a profité pour poser les jalons de l'enregistrement de ce nouvel album. Et a ainsi reçu le concours du groupe local Under Byen ; et puis de Thoger T.Lund ainsi que de Peter Dombernowsky, qui ont joué un rôle majeur dans le processus de développement du disque. De retour à Tucson, il a remis les bandes sur son ouvrage. Puis fait appel à de nouveaux collaborateurs. Mais aussi aux fidèles John Convertino et Joey Burns, parmi quelques autres. Première surprise, le piano a supplanté la guitare. Enfin, une demi surprise, puisque " Cover magazine " donnait déjà le ton. Un ton confirmé par les deux premiers fragments de cet elpee : " Glisten " et " Felonius ". Même si on y retrouve des arrangements de cordes filmiques. Maintenant, je dois avouer que la première audition de cet elpee ne m'a pas laissé une impression trop favorable. En fait, il a fallu que je l'écoute à plusieurs reprises pour commencer à m'en imprégner. Parce qu'il s'agit, avant tout, d'une œuvre d'ambiance. Tango, jazz cool, salsa, country et blues alimentent un univers sonore relativement paisible, à la limite minimaliste. Mais souvent et paradoxalement complexe. Au sein duquel Howe croone à la manière d'un Lou Reed. Ou alors de Kevin Ayers. A l'instar du remarquable " Lying there ". Une ballade dont le rythme est aussi allègre que syncopé. Mais j'ai surtout flashé sur " Blood orange ". Une pop song poussiéreuse, balayée par le sable du désert mexicain, pour laquelle il partage le chant avec Mary Frank, un peu à la manière de Lee Hazlewood et de Nancy Sinatra. Et puis le prog/blues/rock/boogie torturé " B4U (do do do) ". Aussi déconcertant qu'inventif. Mais si l'état d'esprit de Gelb est toujours aussi ironique, si pas cynique, un état d'esprit qu'il reflète à travers ses lyrics, je dois avouer que l'ensemble manque quand même singulièrement de pêche. Maintenant, si vous êtes un inconditionnel de Giant Sand, il n'est pas nécessaire de se poser de questions. Cet album ne peut vous décevoir. Si vous êtes un inconditionnel, j'ai dit, hein !

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Whalerider

Ce "Whalerider" n'est pas un nouvel album solo de la chanteuse du défunt Dead Can Dance, mais la bande sonore du film de Niki Caro. Une tâche qui lui avait déjà été confiée par Zimmer, pour son film " The thin red line ", en 1999. Et qu'elle avait opérée, mais d'une manière plus ponctuelle pour les longs métrages " Baraka ", " Ali " et " Gladiator ". Lisa s'est donc ici chargée de l'écriture, de l'interprétation et des arrangements. Elle a cependant reçu le concours de quelques collaborateurs ; dont Simone Bowley au mixing, " Jacek Tuschewski " à la mise ne forme et quelques invités au piano, aux claviers et aux samples. Autant vous dire, si vous êtes un admirateur de DCD, vous risquez fort d'être déçu. Motif ? Peu ou pas de percussions et la voix de Lisa beaucoup trop en retrait. Faut dire que lorsqu'on apprécie l'organe vocal diaphane de la dame blanche, un tel effacement est plutôt frustrant. Il faut attendre le final " Go forward ", pour que cette musique ambient, dans le sens le plus soporifique du terme, reprenne quelque couleur ethnique. Mais c'est un peu tard, pour ne pas tomber dans les bras de Morphée…

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

From here to there

Le premier album de Girls In Hawaii est enfin dans les bacs. Et il est largement à la hauteur de nos espérances. Bien sûr l'Ep avait mis un peu mis tout le monde au parfum. Leur pop simple, efficace et contagieuse leur avait ainsi valu une critique élogieuse des médias ; même chez les plus rabat-joie. Maintenant, j'ignore où ils sont allés chercher leurs références à dEus, Idlewild et Coldplay. Aux îles Hawaii, peut-être… Bref, venons-en au vif du sujet ! Habillé d'un superbe digipack, " From here to there " est découpé en 13 fragments. Pas douze, puisqu'il recèle un titre caché. Un opus sur lequel figure leur cheval de bataille : " Flavor ". Ce titre qui couronne, en général, leurs prestations scéniques réalise la fusion parfaite entre le " You really got me " des Kinks et le " Down on the street " des Stooges. Hormis les voix. Les timbres conjugués par Lio et d'Antoine sont tellement veloutés ! Ce qui confère une sensibilité très pop à leurs compositions. Vous avez certainement déjà eu l'occasion d'écouter ou d'entendre l'une ou l'autre chanson de GIH sur l'une ou l'autre station radiophonique. Et plus que probablement " Short song for a short mind " ou encore " Found in the ground ", une ballade qui figurait déjà sur l'EP. Et peut-être aussi l'élégant, fragile et champêtre (Guy Chadwick ?) " Bees & Butterfly ", d'ailleurs. L'opus est de la même veine. Pourtant lorsque le clavier désuet ou en émulsion entre en scène, je ne peux m'empêcher de penser à Eyeless In Gaza. A moins que ce ne soit à Grandaddy. A l'instar de l'atmosphérique " Organeum ". Enfin, le folk vaporeux, légèrement psyché, balayé de bandes passées à l'envers de " Catwalk " concède certaines affinités avec Belle & Sebastian et le défunt Beachwood Sparks (NDR : vous ne connaissez pas ? Alors en poussant le bouchon, imaginez une version acoustique du " Magical Mystery Tour " des Beatles). Et si vous voulez en savoir plus, je vous invite à aller jeter un coup d'œil sur l'interview accordée par Antoine et Lio.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Love´s a better way to travel (single)

Deux titres sur le nouveau single de Girls in Hawaii, dont le premier opus devrait sortir sous peu. Imaginez un peu Papas Fritas soumis aux accès de fièvre d'un Blonde Redhead ; c'est un peu l'impression que nous laisse la musique de cette formation dont les mélodies bien ficelées nous donnent, au bout de deux ou trois écoutes, l'envie de fredonner. Des mélodies pop ensoleillées par un zeste de flamenco, de surf, de rythmes latino, d'acoustique, d'électricité, de groove, et d'un je ne sais quoi qui les rend si attachants. Et " Short for a short mind ", le second fragment, est de la même veine. On attend l'album avec impatience.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Bright yellow bright orange

"The friends of Rachel" célébrait, voici deux ans, la reformation des Go Betweens. Ou si vous préférez la réunion du poète pictural Robert Forster et du visionnaire romantique Grant Mc Lennan. Un come-back qui faisait suite à une longue séparation de douze années. Un période au cours de laquelle les deux artistes ont mené des expériences individuelles pas tellement concluantes, il faut le reconnaître. " Brigt yellow bright orange " constitue donc le 8ème album du groupe australien. Dont le line up est ici complété par Glenn Thompson aux drums et d'Adele Pickvance, collaboratrice de longue date, à la guitare. Sans oublier la participation d'une violoniste, d'une violoncelliste et d'un arrangeur de cordes. En l'occurrence David Chesworth, sur le fragile et élégant " In her diary ". Fragilité et élégance sont d'ailleurs les termes qui correspondent le mieux à la nature de cet opus. Une œuvre dont les compositions semi-acoustiques, pour la plupart 'up tempo', glissent comme des esquisses délicates sur la mélancolie d'une pop à la fois vibrante, paisible et ésotérique. Des compositions dont les lyrics spirituels, soignés, traduisent les réflexions des deux compères sur le comportement humain, le bonheur fugace et la solitude. Un bien bel album qui s'achève par le mélancolique et élégiaque, " Unfinished business ", une ballade tramée sur les accords d'un piano sonore.

 

mercredi, 02 mars 2011 01:00

Content

Seize longues années que la formation de Leeds n’avait plus enregistré de véritable nouvel opus. Il y avait bien eu « Return the Gift », paru en 2005, mais cet elpee n’était qu’une nouvelle mouture d’anciennes compos. Et ce parcours, Andy Gill, le guitariste, nous en parle dans une longue interview qu’il nous a accordée, fin de l’an dernier. Mais venons-en à l’album.

Pas parfait, il recèle néanmoins quelques bonnes compos. Surtout les plus explosives. Celles au cours desquelles on retrouve ce rythme tribal et ces interventions de guitare percutantes, croustillantes, mises en couche par Andy. A l’instar de « She said ‘You made a thing of me’ », morceau d’entrée tramé sur une basse dub. De « You don’t have to be mad », dont les riffs sur le fil du rasoir, sont littéralement déchiquetés, du véhément « Do as I say », caractérisé par ses vocaux dispensés sous forme de slogans et puis d’« I party all the time », soutenu par les chœurs féminins d’Eddi Reader. Dans un autre style, on retiendra encore le contagieux et hymnique « Who am I », single en puissance, réminiscent du « Gimme some lovin’ » de Spencer Davis Group, d’« A fruitfly in the beehive », dont la mélodie soignée évoque inévitablement Red Hot Chili Peppers et enfin du final fiévreux, « I can see from far away ». Tout en retenue, il met en exergue les superbes modulations vocales de King. Nonobstant les lyrics engagés mais lucides, qui se penchent sur l’état de notre monde contemporain, le reste du tracklisting fait un peu pâle figure. M’enfin trois titres dispensables sur 10, ce n’est quand même pas si mal. Gang of Four se produira au Botanique ce 19 mars.

 

mercredi, 02 mars 2011 19:14

So I ate myself, bite by bite

Dreamend c’est le projet de Ryan Graverface, le guitariste/bassiste de la formation électro-psyché expérimentale Black Moth Super Rainbow. Mais ce projet, il le veut beaucoup plus organique, privilégiant par exemple, sur ce dernier opus, le banjo, le xylophone, les grattes acoustiques (parfois électriques), le piano et l’orgue. Sans oublier ses vocaux qu’il dispense en falsetto, un peu à la manière de Danielson. Quant aux interventions électroniques (NDR : pour la plupart des arrangements), il les intègre aussi judicieusement que parcimonieusement.

« So I ate myself, bite by bite » est un concept album qui raconte l’histoire d’un meurtre perpétré par un tueur en série. Et les 12 morceaux forment le puzzle de ce récit, nous plongeant dans des atmosphères différentes, toutes en nuances. Sur chaque compo, il traite presque systématiquement un de ses instruments en boucle, un processus auquel il a même recours pour la voix, sur « A thought », une plage au cours de laquelle il répète sous des profils mélodiques différents, la phrase ‘I cannot stop in the middle’. Tout au long de ce disque, Ryan brouille les lignes entre la beauté et le macabre. On passe ainsi allègrement de l’insouciance au drame. Et tous ces sentiments, il parvient à nous les communiquer à travers sa musique. De cette œuvre, on ne peut cependant pas passer sous silence le final de plus de 10 minutes, « An admission », un morceau de noise (shoegazing ?), structuré en crescendo, en couches, une piste qui aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre le Floyd période « A Saucerful of Secrets » (NDR : pensez à « Set the control for the heart of the sun ») et 16 Horsepower. Impressionnant ! “So I ate myself, bite by bite” est paru en 2010 et le prochain album, “And the Tears Washed Me, Wave After Cowardly Wave” est déjà annoncé.

mercredi, 02 mars 2011 19:12

Preachers to the perverted

Les Fuzztones comptent déjà 31 ans d’existence. Bien sûr la formation new-yorkaise s’est accordé une pause à la fin des nineties ; mais elle est toujours demeurée fidèle à son style garage. En concoctant ce nouvel opus, la bande à Protrudi a voulu restituer le son le plus proche possible des disques enregistrés au cours des sixties. Ainsi la voix de Rudi est bien (trop) mise en relief alors que les drums n’en ont pratiquement pas. Et puis ces chœurs ringards à la Yardbirds me restent sur l’estomac. Résultat des courses, on a l’impression que les compos sont sous-produites. Certains vont adorer, d’autres détester. Perso, j’estime que si l’elpee recèle de bonnes chansons, une meilleure mise en forme, pas nécessairement optimale mais au moins soucieuse de l’équilibre entre les différents instruments, leur aurait permis de faire la différence. Néanmoins, on épinglera quand même l’hymnique « Between the lines », l’énigmatique « Flirt, hurt & desert », les excellents « Invisible » et « Don’t speak ill of the dead », deux plages réminiscentes du Floyd circa « The Piper at the Gates of Dawn », la première menaçante et la seconde fiévreuse, ainsi que le presque stoogien « Old », un titre hypnotique, au cours duquel le chant de Protrudi est aussi déclamatoire que celui d’Iggy Pop. Pour le reste, pas de souci, on retrouve ce climat malsain entretenu par ces cordes de guitare psychédéliques, filandreuses, frémissantes et l’orgue Vox tout à tour rogné, fluide, poussiéreux et même atmosphérique sur le ‘manzarekien’ « Lust pavillon ». Mais au final, on a beaucoup de mal à assimiler ces sonorités brutes de décoffrage. Une petite déception.