L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

1990. Les Charlatans sont aux anges. Profitant du sillon tracé par les Stone Roses et les Happy Mondays, ils obtiennent confortablement le premier prix décerné par l'école de Manchester. Oui, on sait, ils sont pourtant issus de Wolverhampton. Leur premier album est ainsi directement propulsé à la 1ère place des charts. L'année dernière, cependant, le doute se substitue à l'euphorie. Des problèmes personnels d'un côté (départ du guitariste, John Baker, dépression nerveuse pour le bassiste-compositeur Martin Blunt) et de l'autre, un désintérêt grandissant du public à l'égard de la vague groovy-rock : la descente aux enfers paraît inéluctable. Qui aurait alors encore misé un sou sur le groupe de Tim Burgess? Pourtant, les Charlatans sont toujours dans le coup. Mark Collins a remplacé Baker, Blunt s'est refait une santé et le nouveau maxi « Weirdo » constitue plutôt une agréable surprise. De bon augure avant la sortie de leur deuxième album. Elle est même imminente. Et il s’intitulera « Between 10th and 11th ». Le chanteur Tim Burgess, nous éclaire sur la personnalité d'un groupe qui a tous les atouts en main, pour prouver qu'il porte mal son nom.

Vous êtes originaires du Nord de l'Angleterre (Wolverhampton). N'auriez-vous pas préféré appartenir à la scène de Manchester?

Non.

Pourquoi?

Parce que j'aime l'endroit d'où je viens. On y est heureux. Et puis, je suis fier de ma ville natale.

Les Stone Roses et les Happy Mondays sont-ils vos rivaux?

Absolument pas.

Vos amis?

Non plus. Il n'existe pas de compétition ni de rivalité entre ces groupes. S'ils ont du succès, tant mieux pour eux. Ca me fait plaisir. Je ne suis pas jaloux des formations qui marchent bien.

Etes-vous des revivalistes sixties ?

Nous apprécions certains disques des sixties. J'aime ceux du Who. Mais également la musique des 70’s, 80’s et 90’s. En général, celle de toutes les époques. Une chose est sûre, on ne veut pas ressusciter le passé ; mais il nous influence, c'est évident.

Qu'est-ce que les Doors, Spencer Davies et les Stranglers représentent à vos yeux?

Les sixties !

Et les Beatles et les Stones?

La même chose! Je n'ai que 24 ans et je ne possède pas de souvenirs précis de ces groupes. Je ne connais que leurs disques.

Aimes-tu la ‘house’ ?

Oui, mais pas celle qui s'adresse au grand public. Je la considère comme appartenant à la culture des jeunes. A la fin des années 80, elle était underground, intéressante. Aujourd'hui, l'industrie musicale s'en est emparée pour la commercialiser. Elle ne correspond plus vraiment à ce qu'elle représentait au départ. Elle a été vidée de sa substance, falsifiée. J'aime la musique de danse pure, intègre.

Qu'est-ce qui te vient à l'esprit lorsqu'on te parle de psychédélisme?

Pas grand-chose. Plein de couleurs ! J'associe le psychédélisme à San Francisco, à la fin des 60’s et à une grande consommation de drogues. Une période qui évoque pour moi des groupes comme Quicksilver Messenger Service, Jefferson Airplane ou encore Moby Grape.

A quelle époque avez-vous commencé à jouer ?

On a séjourné dans plusieurs formations avant de fonder les Charlatans, des ‘teenage punk groups’. Un apprentissage qui s'est fait à travers ces différentes expériences. J'avais 20 ans lorsque nous avons créé les Charlatans. John en avait 19.

Et qu’incarnent pour vous les Sex Pistols et les Clash ?

Beaucoup plus que les Beatles et les Stones. Le punk a influencé des artistes que j'écoutais alors, comme Joy Division, Wire ou Gang of Four. Des groupes nés en 79 et 80, qui ont été pour moi les révélateurs de mon destin musical. J'ai, par exemple, suivi Wire à la trace, que ce soit au niveau des concerts que de l'achat de leurs disques. Je ne me suis procuré « Never Mind the Bollocks», qu'en 1980, soit trois ans après sa sortie. Je voulais comprendre leur message. Les groupes punk m'ont beaucoup inspiré...

Pensez-vous devenir un jour un ‘stadium band’ ?

Non. Je ne le crois pas. C'est curieux, les ensembles qui se produisent dans des stades se voient associés à un son bien spécifique. Personnellement, quand on me parle de ‘stadium rock’, je pense à U2 et Simple Minds. Or, je n'aime pas ce genre de musique. Je ne pense pas que nous pourrions adapter voire arranger notre son pour qu'il convienne à un stade. D'autre part, je ne considère pas les Charlatans comme un groupe indie. Il est pop, mais véhicule une image venimeuse, malveillante. Je me vois très mal agiter des drapeaux sur scène! Je préfère jouer face à un public de plus ou moins 2.000 personnes. J'aime aussi me produire dans des vieux cinémas ou dans des petites salles. Le public peut entrer en communion avec nous. A l'inverse des concerts donnés dans des stades où l’assistance se situe à l'écart, à l'extérieur de l'événement. A nos débuts, nous étions satisfaits de nous produire devant une vingtaine de personnes. Et puis progressivement, les salles se sont remplies. Un an plus tard, notre set se déroulait devant 500 personnes. C'était très excitant!

Que feriez-vous si vous n'étiez pas musicien?

De la radio. De la photo ou du journalisme. Pas quelque chose d'ordinaire, je crois!

Quel est ton rêve le plus insensé ?

Je crains les araignées et l'eau. Je ne voudrais pas me retrouver sous l'eau. Ces rêves m'effraient! J'ai peur de me noyer ou d'être avalé par une araignée géante

Est-ce possible, pour un groupe, de connaître une vie familiale?

Beaucoup d’histoires ont été racontées au sujet des groupes rock du passé. Mais à mon avis la réalité a été un peu déformée. Je pense qu'il est possible de faire partie d'un groupe rock et d'avoir une petite amie en même temps. C'est parfois difficile, mais il faut savoir ce qu'on veut. Les groupies et tout ce qui enveloppe ce mythe, ça n'arrive jamais!

Est-ce que tu étais un étudiant modèle ?

Non. Je me défendais très bien en anglais. Mais je voulais quitter l'école le plus rapidement possible.

Quelle est la plus grosse connerie que tu aies jamais commise ?

A l'âge de 14, 15 ans, j'étais accro aux solvants. Je sniffais du bleu, de l'essence, du gaz aussi...

Comment réagissez-vous aux critiques négatives?

Nous n'avons jamais essuyé des critiques réellement violentes. Parfois, elles nous font rire. Mais lorsqu'elles sont justifiées, nous essayons d'en retirer le positif.

Te sens-tu concerné par les questions écologiques?

Oui. Elles me touchent tout particulièrement. Au sein de notre communauté, nous nous efforçons de recycler le papier. Nous ne conduisons pas de voitures. Mais nous n'en parlons pas ; c'est parce que tu as posé la question! Les budgets destinés à la protection de l'environnement sont peu importants en Angleterre. Les fabricants de produits qui se soucient de la protection de l'ozone disposent de très peu de parts du marché publicitaire. Leurs moyens financiers sont limités. Les grosses boîtes se foutent de la pollution...

(Merci à Véronique Vivier)

Article paru dans le n°2 du magazine Mofo de mars 1992

mardi, 24 août 2010 02:00

Next Stop… Soweto, Volume 3

« Next Stop… Soweto » constitue le dernier chapitre de cette trilogie proposée par l’écurie Strut. Un troisième volume qui clôt un triptyque méchamment réussi. Pour rappel, Soweto est une banlieue noire sise au sud de Johannesburg, une banlieue au cœur de laquelle la scène musicale est particulièrement riche. Riche en qualité. Mais aussi riche en nombre d’artistes de talent. Un constat qui peut vous paraître étonnant si votre perception de l’Afrique du Sud se limitait, à ce jour, à la Coupe du Monde de football qui s’y est déroulée en juin dernier, au comportement pathétique des Bleus lors de cet événement ainsi qu’aux vuvuzelas qui nous ont cassé les oreilles tout au long de cette période…

En quelques mois le label allemand est parvenu à plonger les mélomanes dans un bain bouillonnant de sonorités exotiques et de groove diaboliques. Après un tome consacré à la musique typiquement traditionnelle (Volume 1), et un deuxième au soul/rock/r&b/psyché (Volume 2), place à une longue rétrospective du jazz sud-africain.

Ce dernier recueil regorge de perles musicales. L’Early Mabuza Quartet impliquait le drummer Early Mabuza et le saxophoniste Dudu Pukwana. Deux des artistes les plus importants de cette génération jazz. « Little Old Man On » ouvre la deuxième plaque. Comment ne pas taper du pied ou simplement claquer des doigts lorsque Dennis Mpale nous balance un « Orlando », qui résonne encore dans ma tête. Le fruit savoureux d’une rencontre entre percussions africaines, guitare et flûte. Et les 20 titres de ce double opus rivalisent de (bonnes) surprises, tout en nous permettant de découvrir une facette totalement alternative de l’univers du jazz. Strut vient de frapper fort. Que tout le monde se calme…

 

samedi, 21 août 2010 20:31

Swans reconstitué…

Après avoir défendu son denier projet, Angels of Light, pendant plusieurs années, et produit toute une série d’artistes sur son label, Youg God Records, Michael Gira a décidé de reformer Swans. Enfin, pas tout à fait, puisqu’apparemment, ce come-back ne serait que provisoire. Ce qui devrait quand même permettre au combo de publier un nouvel elpee et de partir en tournée. Inititulé “My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky”, cet opus paraîtra ce 27 septembre. Et le groupe se produira ce 25 novembre à l’AB. Il sera précédé, en supporting act, de James Blackshaw, une des formations de l’écurie de Gira. Lors des sessions d’enregistrement, le groupe a reçu le concours de quelques invités de marque. Et en particulier Bill Rieflin (NDR: cet ex Swans et Angels of Light bosse aujourd’hui pour REM et Robyn Hitchcock), Grasshopper (le sixcordiste de Mercury Rev) et Devendra Banhart.

Pour plus d’infos : http://www.swans.pair.com/

 

mardi, 20 juillet 2010 02:00

2

Retribution Gospel Choir, c’est le projet alternatif d’Alan Sparhawk, le leader de Low. Dans cette autre aventure, il a entraîné son bassiste Steve Garrington pour pallier au départ de Matt Livingston. Et engagé le drummer Eric Pollard, pour compléter le line up. « 2 » constitue naturellement le second opus de RGC. Il fait suit à un elpee éponyme, publié en 2008. Produit par Mark Kozelek (Sun Kil Moon, Red House Painters), leur nouveau long playing est découpé en 10 titres, dont deux brefs interludes, le premier limité à 43 secondes, se bornant à un petit exercice guitaristique, torturé dans l’esprit de Jimi Hendrix. Mais le reste vaut vraiment qu’on y prête une oreille attentive. L’électricité y est vivifiante, crépitante, déchiquetée, féroce, chatoyante, bringuebalante, languissante ou marécageuse. Le sens mélodique soigné et les harmonies vocales limpides. Les pulsations de basse souvent métronomiques et les drums amples. Les compos sont contagieuses et parfois même hymniques. Des références ? Neil Young & Crazy Horse (le garage rock de “Workin’ hard”), Pearl Jam (les vocaux sinusoïdaux de “White Wolf”), Alice In Chains (la construction en crescendo des huit minutes d’“Electric guitar”), Queens of The Stone Age (le granuleux, croustillant et morose « Your bird ») voire un Low qui serait devenu tempétueux et même agressif. Seul le titre final, le douloureux « Bless us all » emprunte un tempo plus paisible, autorisant un zeste de violon. Une plage plus proche du style proposé sur leur premier opus. Enfin, les vocaux dispensés sur la première partie de « Something’s going to break » sont aussi triturés que ceux de feu mark Linkous sur « Vivadixiesubmarinetransmissionplot ». Dans le style, c’est probablement un des albums de l’année… Et c’est un style qui me fait toujours autant flasher…

Lorsque Graham Nash a écrit les chansons de son premier album solo, “Song for Beginners”, il venait à la fois de rompre avec sa dulcinée, Joni Michell, et en même temps de connaître le premier split de CS&N (NDR : il y en aura plusieurs, mais aujourd’hui encore, le trio tient toujours la route). Cette époque vivait également l’escalade de la guerre du Vietnam et la perte des valeurs idéalistes cultivées au cours des sixties (NDR : le fameux peace & love !). Le disque est alors paru en 1971.

Près de 40 ans plus tard, la fille de Graham, Nile a décidé de rendre un hommage à son père en invitant toute une série d’artistes pour interpréter les chansons de ce « Songs for Beginners ». Y sont impliqués Brendan Benson (Raconteurs), Vetiver, Robin Pecknold (Fleet Foxes), Bonnie ‘Prince’ Billy, les Moore Brothers, Alela Diane, Sleep Sun et Nile (pour deux titres), sans oublier les deux versions nées de collaborations. Une entre Port O’Brien et Papercuts. L’autre entre Mariee Siioux et Greg Weeks (Espers). Certains sont parvenus à donner une coloration toute personnelle aux adaptations. D’autres ont préféré respecter la forme originelle. Mais une chose est sûre, les 11 versions sont vraiment superbes.

 

mardi, 20 juillet 2010 02:00

Time flies… 1994-2009

Il faut le reconnaître, Oasis a marqué toute une génération. Tout comme Blur, par ailleurs. A l’instar de la rivalité entre les Beatles et les Stones, celle entre les deux groupes-phares britanniques des nineties, va permettre d’alimenter les tabloïds. Et surtout aux deux groupes de vendre des millions de disques. Oasis, c’était avant tout les frères Gallagher, Liam et Noël, dont les rixes étaient rituelles. Et la dernière, qui s’est produite en août 2009 (c’était lors du festival parisien Rock en Seine) a mal tourné. Puisqu’elle a scellé l’aventure de la formation. Du moins, provisoirement (NDR : les fans peuvent toujours espérer, Les Mancuniens n’en sont pas à leur première réconciliation). N’empêche la brouille semble persister, puisque Liam a fondé un nouveau groupe, en compagnie de ses anciens acolytes, Beady Eye (NDR : un premier elpee, enregistré sous la houlette de Steve Lillywhite, devrait sortir d’ici quelques mois), et a monté sa propre boîte de production. Noël a entamé une carrière solo depuis…

« Time flies… 1994-2009 » réunit tous les singles issus des différents albums d’Oasis. Depuis « Supersonic » à « Falling down », en passant par « Wonderwall », « Cigarettes & alcohol », « Don’t look back in anger », « Some might say », en j’en passe. 26 en tout. Un superbe box incluant un booklet de 12 pages, au sein duquel figurent les paroles des chansons, un dvd réunissant 36 clips-vidéo ainsi qu’un cd live, immortalisant un concert accordé le 21 juillet au Roundhouse de Londres. Un véritable testament !

 

samedi, 10 juillet 2010 02:00

Cactus 2010 : samedi 3 juillet

La présence d’Elvis Costello, à l’affiche du Cactus, ce samedi 10 juillet, avait donc incité votre serviteur de se déplacer à Bruges. Au Minnewaterpark. Superbe site qui accueillait donc, cette année, sa 29ème édition. Pour rappel, ce festival se déroule en trois jours ; mais son organisation impeccable et sa formule antistress (NDR : un seul podium, pas besoin de marcher des kilomètres, pendant la journée, pour aller applaudir les artistes) lui ont valu de décrocher, en janvier dernier, l’Award de meilleur petit festival d’Europe… Anecdote, avant de pénétrer dans l’enceinte, je suis totalement fasciné par le nombre de vélos rangés face à l’entrée du site…

Il revenait à Balthazar d’ouvrir les festivités. Un quintet courtraisien que j’avais déjà eu l’occasion d’applaudir lors de l’édition 2009 du D’hiver Rock à Tournai. La popularité du combo monte apparemment en flèche au Nord du pays, puisqu’il s’est produit ce vendredi 2 juillet, sous le Pyramid Marquee, dans le cadre du festival de Werchter. Leur tracklisting n’a pas négligé les inévitables « Fifteen floors » et « Hunger at the door », issus de leur album « Applause ». Mais surtout le groupe démontre qu’il a, aujourd’hui, toutes les planches pour s’exporter…

Little Dragon est une formation suédoise, au sein de laquelle milite la vocaliste Yukimi Nagano. Elle est d’origine japonaise Sa voix soul se pose sur une musique mêlant jazz, r&b, électro, lounge, rock, hip hop et folk. Mais sa notoriété, le quatuor se l’est surtout forgée en participant à l’enregistrement de l’album de Gorillaz, « Plastic Beach ». Responsable de deux chouettes elpees à ce jour, on pouvait s’attendre à un show excitant. Yukimi est vêtue d’un kimono de couleur vive, mais tout au long du set, on a surtout envie de piquer un roupillon…

Faut croire que le public n’était pas encore suffisamment réveillé ou supportait mal la moiteur orageuse de l’air, car lorsque la formation canadienne, Black Mountain, est montée sur les planches, il était toujours aussi amorphe. Un peu comme s’il avait abusé de la fumette. Pas étonnant, lorsqu’on sait que la musique du quintet, alors sur le podium, baigne dans le psychédélisme 60’s : rythmique lourde, nappes de clavier rognés, cordes de guitare torturées, bourdonnantes, chargées de larsen. Le spectre d’Iron Butterfly semble manifestement hanter leurs compos. Cheveux longs et barbes, les musicos masculins affichent le même look que les baba cools qui avaient participé aux célèbres festivals de Wight et Woodstock. Malheureusement, Black Mountain ne recèle pas de vocaliste de la trempe de Doug Ingle. Il y a bien une chanteuse, mais elle passe plutôt inaperçu (NDR : non, elle ne porte pas la barbe !) Guère sexy, peu de présence et un timbre insipide, incolore et inodore. Dommage, car quoique revivaliste, leur musique a apporté un petit coup de fraîcheur au festival. Faut dire qu’il fait de plus en plus chaud… Et tant pis pour celles et ceux qui somnolaient encore…

José James ? C’est un formidable vocaliste. Un baryton dont les inflexions peuvent rappeler Louis Armstrong. Qu’il pose sur une musique oscillant entre soul, r&b, jazz et hip hop. Il est soutenu par des instrumentistes extrêmement brillants. Dont le claviériste, responsable d’interventions au Fender Rhodes, particulièrement chaleureuses. Et leur laisse, à tour de rôle, le loisir de démontrer tout leur talent. La dégaine de José, sur les planches, est chaloupée ; un peu comme s’il marchait sur l’eau. Au beau milieu du set, la vocaliste new-yorkaise Jordan de Lovely rejoint la troupe sur le podium. Histoire de donner encore plus de relief à la prestation. Cependant, le public ne semble pas très réceptif. Mais il est vrai que ce style de musique s’apprécierait plus facilement dans le cadre d’un festival de jazz ; ou alors au sein d’un petit club.

Balkan Beat Box est une formation américano-israélienne fondée par l’ex-drummer/percussionniste de Gogol Bordello, Tamir Muskat, le chanteur/percussionniste Tomer Yosef et le saxophoniste Ori Kaplan (NDR : ancien Firewater !) Ces deux derniers se chargeant également des samplers et des différents bidouillages électroniques. Leur musique oscille entre funk, jazz, ragga, reggae et la world du Moyen-Orient ainsi que des Balkans. Vu la formule du trio, on aurait pu craindre devoir se farcir un set à la fois synthétique et glacial. Pas du tout ! Tout d’abord, parce que le band a eu la bonne idée de recruter des collaborateurs pour se produire en tournée. Soit le bassiste Itamar Ziegler (ses interventions sont à la fois sinueuses et terriblement groovy), le guitariste Uri Kinrot et le clarinettiste/saxophoniste Eyal Tamuldi (NDR : associé à Ori, le duo de cuivres donne littéralement le vertige). Tomer est une véritable pile électrique. Il se charge des vocaux, passant du rap à la ballade contagieuse, avec une aisance étonnante, et lorsqu’il ne participe pas aux percus, il harangue la foule. Un bémol : le climat un peu trop linéaire de leur set. Et pourtant, en fin de parcours, le combo va démontrer qu’il est capable de s’aventurer dans un univers sonore plus subtil, plus envoûtant, presque arabisant. Ce qui lui vaudra, d’ailleurs, un rappel…

K’s Choice est extrêmement populaire dans le Nord du pays. A peine le présentateur a-t-il annoncé leur arrivée sur le podium, qu’une immense clameur traverse le Minnewaterpark. Sarah et Gert Bettens avaient donc décidé de dissoudre le groupe, en 2002, pour embrasser des carrières individuelles. Mais la sœur et le frère ont donc relancé la machine, l’an dernier, enregistrant même un nouvel album, cette année, intitulé « Echo Mountain ». Quoiqu’accueillant un nouveau guitariste au sein de son line up, on ne peut pas dire que leur musique ait beaucoup évoluée depuis leurs débuts, c’est-à-dire en 1993. Les musiciens sont excellents, ils mettent toute leur âme et leur passion dans leurs compos ; mais honnêtement, j’ai l’impression que leur horloge s’est arrêtée depuis au moins 15 ans. Aussi, après 20 bonnes minutes, je suis allé casser la croûte. Et aussi prendre un petit rafraîchissement…

Le dernier album de Declan Patrick MacManus, alias Elvis Costello, s’intitule « Secret, Profane & Sugarcane ». C’est apparemment son 29ème studio. Un disque de bluesgrass/americana/country auquel les musiciens de son backing band de tournée, baptisé The Sugarcanes, avaient déjà collaboré. Et en particulier Jeff Taylor à l’accordéon, Mike Compton à la mandoline, Dennis Crouch à la double basse (NDR : ça ressemble à une contrebasse) Jerry Douglas au dobro, Stuart Duncan au violon et Jim Lauderdale (NDR : lors des sessions d’enregistrement, il s’était contenté d’apporter son concours aux harmonies vocales) à la guitare. Un sextet qui ne recèle pas de drummer. Costello est coiffé d’un superbe canotier (pas d’un wiki !), mais toujours affublé de ses lunettes caractéristiques. Il s’accompagne à la sèche. Et le band ouvre le set en catimini, par « Complicated Shadow » et « Blame it on Cain ». Tiens, il tombe quelques gouttes. Le tracklisting alterne compos issues du dernier opus de Costello et de son back catalogue. Et nous réserve quelques reprises, dont un medley entre « New Amsterdam » et le « You’ve got to hide your love away » des Fab Four, ainsi qu’un peu plus tard, une cover du « Friend of the Devil » de Grateful Dead. Il commence à tonner. Il pleut. Le tracklisting défile : « Good year for the Roses », « The angles wanna wear my ». Il drache. Et pourtant, le public est ravi. Pas du temps, mais de la prestation du groupe. Et puis Elvis nous lance quelques boutades (NDR : l’humour britannique, dans toute sa splendeur, comme lorsqu’il exhibe une bouteille d’eau avant d’en boire une bonne lampée) Enthousiaste, la foule résiste aux intempéries. Pas votre serviteur, qui se réfugie sous la tente presse, pour assister à la suite des événements. Pas l’idéal, mais à un certain âge, il faut préserver sa santé… Quoique privée de percus, la musique commence à prendre du corps (NDR : qui a dit l’eau ?) Peut-être dans le but de réchauffer l’atmosphère. Après une version retravaillée d’« Everyday I write the book » et “Don’t lie to me”, Costello nous livre une version bouleversante, intense, tourmentée d’“I want you”. Au fil de l’âge, ses cordes vocales semblent renforcées. Une gigantesque ovation salue cette interprétation. En regardant l’écran, on y observe, aux premiers rangs, des tas de filles, souriantes, radieuses, mais trempées jusqu’aux os. Faut dire qu’il tombe alors des hallebardes. Le temps ( ?!?!?!?) de quitter le podium et le band revient pour accorder, « Sulphure to Sugarcane », le titre maître de son dernier album et « Happy ». La pluie vient de cesser. Le concert aussi. Revenu sur le site, je constate la présence d’une multitude de marres d’eau. Mais elle n’avait enfin plus la parole. Mais cause-t-elle l’eau ? La question méritait d’être posée…

Jamie Lidell a accordé 3 concerts en 24 heures ! Avant de se produire à Bruges, il avait assuré le supporting act de Prince (NDR : auquel il rend hommage, lors de son set, sur « I wanna be your telephone) sur la plaine de Werchter. Bonne surprise, si dans le passé, le natif de Huntingdon (NDR : c’est dans le Cambridgeshire, en Angleterre) qui s’est établi à Manhattan, se muait en véritable homme-orchestre, tripotant furieusement des tas de boutons, il a décidé de se produire, soutenu par un trio. Ce qui permet à ce véritable showman de se libérer de ses contraintes. En outre, il bénéficie du concours d’un excellent percussionniste, Guillermo Brown. Ce qui ne l’empêche pas de jouer encore, suivant les circonstances, à l’human beatbox. D’ailleurs le principal atour de Jamie, c’est sa voix. Une voix faite pour la soul, dont le timbre campe un hybride entre Stevie Wonder et Steve Winwood. Il nous réserve même une interprétation a cappella absolument époustouflante de « Another day » Et s’amuse encore parfois à la torturer à travers son mégaphone. Il vient aussi jouer des drums, sur une compo. Ah oui, j’allais oublier ? La musique. Elle est essentiellement funk ; même si elle trahit des traces de doo wop, d’électro, de pop, de rock, de soul et de blues. Ne m’en demandez pas plus ; je suis incapable de donner un avis objectif sur cette prestation. Vu l’enthousiasme manifesté par le public, elle devait donc être excellente… (Merci à Erwin)

 

mardi, 13 juillet 2010 02:00

Clinging to a sheme

Bien que fondé en 1995, Radio Dept ne compte à ce jour que 4 albums à son actif. Et « Clinging to a sheme » constitue le quatrième de ce trio suédois. Mêlant habilement indie pop et électro, leur musique vaporeuse est susceptible d’évoquer, tour à tour, Pale Fountains, Stereolab, Pet Shop Boys, Lightning Seeds ou encore Scritti Politti. Sur ce nouvel opus, on y décèle même des traces de dub (« Never follow suit »), de jazz (« Heaven’s on fire ») de shoegaze (le superbe « The video dept », réminiscent des Pale Saints) et même de lo-fi (« Memory loss »). Les orchestrations peuvent aussi se révéler somptueuses, luxuriantes (« David ») et, à contrario, les arrangements minimalistes (« A token of gratitude »). Légèrement ‘reverb’ la voix de Johan Duncanson chuchote des lyrics trempés dans l’angoisse existentielle ou dans la mélancolie adolescente. Un chouette album qui ne révolutionnera pas l’histoire de la musique, mais dont l’écoute agréable est très susceptible de vous rendre de bonne humeur…

 

mardi, 13 juillet 2010 02:00

The Threshingfloor

Le septième opus de Wovenhand est paru chez New Jerusalem Music, c’est-à-dire le label de la famille Danielson. Pas étonnant lorsqu’on sait que Daniel Smith et David E. Edwards partagent des convictions religieuses fort proches. D’ailleurs, pas de souci, les lyrics de « The Threshingfloor » invoquent toujours l’Ancien (souvent) et le Nouveau Testament (parfois) ; David continuant d’y prêcher ses idées fondamentalistes.

Le plus intéressant, procède, bien sûr de sa musique. Ses références rituelles gothiques, appalaches, il a décidé de les mettre, tour à tour, à la sauce amérindienne (NDR : tant les mélopées vocales que les rythmes tribaux), tzigane (NDR : cette flûte de berger jouée par le musicien hongrois, Peter Eri), orientale et même celtique. Et le résultat est tout à fait convaincant. Partagé en 12 fragments, dont un intermède de très brève durée (« Wheatstraw »), le tracklisting est bien équilibré, alternant compos intimistes, dépouillées, contemplatives et plus enlevées, presque rock. David y posant sa voix tantôt incantatoire, shamanique voire frénétique. Une reprise : le « Truth » de New Order, dont la version se rapproche, finalement, bien plus de l’univers de Joy Division. Et puis, en finale, un morceau plus allègre, moins ténébreux : « Denver city ». Une compo qui aurait pu figurer au répertoire de Gun Club. Quelques coups de cœur ? Le titre maître, caractérisé par des interventions judicieuses à l’oud. La splendide ballade acoustique « Singing grass », tout en picking. Le bouleversant « Orchard gate ». La ritournelle hymnique « Raise her hands ». Et enfin, l’envoûtant et très beau « Sinking hands », plage d’entrée signée Pascal Humblet.

Wovenhand se produira dans le cadre du festival de Dour, mais en compagnie d’un orchestre folklorique hongrois, le Muzsikas…

 

mardi, 06 juillet 2010 02:00

Exile on Main Street (2010 Remastered)

Si “Exile on Main Street” figure dans notre rubrique ‘albums cultes’, ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un des meilleurs elpees des Stones, mais simplement parce qu’aujourd’hui encore, il constitue une référence dans l’histoire de la musique rock.

Mais replongeons-nous à cette époque. En 1972, très exactement. Les Stones fuient l’Angleterre pour échapper au fisc et s’établissent sur la Côte d’Azur. A la villa Nellcôte, le manoir de Keith Richards. Ils ne sont pas seuls. Des groupies, des musiciens de studio, des potes (musiciens aussi) vont et viennent au gré des sessions qui se déroulent la nuit dans le sous-sol de l’immeuble. Parmi eux Dr John, Billy Preston, le pianiste Nicky Hopkins et Mick Taylor, le remplaçant de feu Brian Jones, à la guitare. Et pour tenir le coup, ça carbure à l’alcool et aux stupéfiants. Bref, sex & drugs & rock’n’roll ! De ses sessions sortiront 18 titres, partagés sur un double elpee, qui font la part belle à leurs idoles (Robert Johnson, Hank Williams, Otis Redding, Chuck Berry, Little Richard, …) ainsi qu’à leurs racines blues, country, r&b et gospel. Le tout sera ensuite produit par Jimmy Miller, The Glimmer Twins et Don Was, aux studios ‘Olympic’ de Londres ainsi qu’à Los Angeles (NDR : dans la Main Street, ce qui explique le titre de l’album).

Lors de sa sortie, la réaction de la presse est plutôt tiède. On lui reproche une mise en forme trop bordélique (NDR : ben tiens !) Ce qui ne l’empêchera de devenir rapidement disque de platine, aux States. Et culte, comme précisé dans le premier paragraphe de cette chronique. Je ne vous ferai pas l’injure de vous citer les titres figurant sur cette œuvre. Elle doit faire partie de toute bonne collection qui se respecte. Simplement, elle a été remasterisée. Et puis, elle est enrichie de dix nouveaux titres. Des inédits. Datant de cette époque. Des instrumentaux qui ont été retravaillés en 2009. Et auxquels ont été ajoutés voix, guitares et chœurs. Rien de transcendant, même si « Plundered My Soul » a fait l’objet d’un single et d’un clip vidéo. La nouvelle version contient également un booklet illustré de photos prises lors des sessions ainsi que des lyrics de toutes les chansons.