La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

Curieux, en lisant les articles consacrés à cette formation insulaire, on évoque surtout leurs plus gros tubes. « True », « Gold ». Voire même des ballades qui ont mal vieilli, comme « Through The Barricades » (NDR : je ne vais pas les citer toutes, elles sont toutes aussi ringardes les unes que les autres). Et pourtant, à leurs débuts, le quintet a commis quelques excellentes compos. Et en particulier « Chant n°1 », « Instinction » ou encore « Communication ». Sans oublier « To cut a long story short ». En fait, tant que leur musique était teintée de funk blanc, elle demeurait excitante ; mais dès qu’elle n’a plus visé que les charts, elle est devenue ‘chiante’ (NDR : fallait le dire !) Le quintet s’est donc reformé après s’être séparé, il y a vingt ans. Jusque là pas de problème. Le hic, c’est qu’il y a une dizaine d’années, les musiciens se sont entredéchirés par voie judiciaire. Pour le fric, vous vous en doutez. On suppose, qu’aujourd’hui, ils n’en ont plus. Donc ils ont enterré la hache de guerre. Et sont repartis en tournée. Les fans sont ravis. Tant mieux pour eux ! Les néoromantiques ont cependant, aujourd’hui, des kilomètres au compteur. Tony Hadley, le vocaliste, ressemble même à un employé de banque ou à un agent d’assurance, en fin de carrière.

Et la musique dans le jeu de quilles ? Bien interprétée. Les 20 000 spectateurs semblent ravis. La mise en scène grandiose. Les projections nous replongent dans leur illustre passé (NDR : quand ils étaient jeunes). Les titres évoqués dans le paragraphe ci-dessus confirment mon point de vue (NDR : tout en subjectivité). Mention particulière pour « Instinction ». Morceau au cours duquel la choriste vient donner davantage de relief aux harmonies vocales. Dommage, d’ailleurs, qu’elle n’intervienne pas plus souvent. Mais bon, Spandau Ballet appartient à l’histoire, et à mon avis, il aurait été préférable qu’il le reste. D’ailleurs, la seule nouvelle compo proposée au cours du set, « Lifeline », ne casse vraiment pas des briques.

 

En 1984, Robyn Hitchcock publiait “I often dream of trains”, son troisième elpee studio. Juste avant d’entamer sa première aventure, en compagnie de ses Egyptians. Pour une certaine presse spécialisée, il s’agit d’un album de référence. En 2008, il a accompli une tournée, au cours de laquelle, son répertoire était essentiellement consacré aux compos de cet opus. Le 22 novembre, un des sets issu de ce périple, a été immortalisé ‘live’, au Symphony Space de New York City. C’est ce concert qui est reproduit sur cette œuvre. En intégralité sur le Dvd.

La partie audio souffre d’une approche un peu trop minimaliste de la plupart des compos. Difficile dans ces conditions, de faire passer son message psychédélique. Sauf peut-être, parfois dans la voix sinusoïdale. Ce n’est que sur la partie Dvd qu’on prend vraiment plaisir à apprécier sa prestation. L’humour de Robyn Hitchcock et de ses deux acolytes (Terry Edwards aux claviers, aux cuivres, à la basse et au piano ainsi que Captain ‘Tim’ Keagan à la seconde gratte) passe mieux la rampe, surtout lorsqu’il est souligné par les mimiques et les attitudes (NDR : pensez à Mr. Bean). L’interprétation a cappella d’« Unconnected prersonality trails » est d’ailleurs aussi bien splendide qu’hilarante. Bien sûr, une connaissance minimale de la langue de Shakespeare est une aide précieuse, pour mieux saisir les remarques spirituelles de Robyn. Et on entre plus facilement dans l’univers excentrique du Britannique. En outre, les chansons se traînent alors bien moins en longueur. Il y a bien ces quelques interludes (NDR : des interviews accordées dans le train, des images filmées il y a un peu plus de 25 ans et quelques paysages balayés par une caméra, à travers la vitre d’un wagon réservé aux voyageurs), mais l’ensemble tient en haleine. D’autant plus que c’est à mi-parcours que les meilleures compos sont proposées. Peut-être aussi parce que Hitchcock a décidé d’empoigner sa six cordes électrique. Il y a d’abord ce superbe « Winter love », au cours duquel Gaida Hinnawi vient poser ses vocalises yiddish. A vous flanquer des frissons partout. Le ‘sydbarretien’ « This could be the day » (NDR : une référence incontestable pour notre Robyn). Et puis en rappel deux morceaux extraits du dernier album, « Goodbye Oslo ». Dont « Goodnight », au cours duquel Gaida est de retour. Et Amir El Saffar vient joindre sa trompette à celle de Terry. Une compo dont la mélodie évoque curieusement James.

A voir donc plus qu’à écouter !

mardi, 11 mai 2010 23:45

Live at Montreux (Dvd + Cd)

William Boray, alias Willy DeVille, nous a donc quittés ce 6 août 2009. Il était né le 27 août du même mois. En 1953. A New York. Il était d’origine portoricaine. Sa musique ne pouvait que transpirer des influences latines. Mais aussi, r’n’b et rock’n’roll. Paradoxalement, il va participer à l’éclosion du mouvement punk américain, à l’instar de Richard Hell & The Voivods, Blondie, Ramones, New York Dolls, Dead Boys, Patti Smith, Talking Heads ou encore Television. Plus artistique et intello, cette scène était aussi beaucoup moins exclusive qu’en Grande-Bretagne. De 1974 à 1986, Willy va se produire au sein de son propre groupe, baptisé Mink DeVille, avant d’embrasser une carrière solo.

Le 13 juillet 1982, Mink Deville se produit dans le cadre du festival de Montreux, en Suisse. Le groupe est alors au sommet de sa forme. Outre le latin lover exotique (NDR : ses compos parlent d’amour, de passion et de femmes fatales), le line up implique alors le saxophoniste Louis Cortlezzi, le claviériste Kenny Margolis, le guitariste Paul James, le bassiste Joey Vasta et le drummer Tommy Price. Le Dvd et le Cd immortalisent ce concert. Les compos sont identiques sur les deux plaques. Deux fois 18 titres trempés dans la soul, dont les remarquables « Cadillac Walk », « Savoir faire », « Love & emotion », son succès planétaire « Spanish Stroll » et en finale une cover bouleversante du « Stand by me » (NDR : signée Ben E. King, cette chanson a fait l’objet de multiples versions, dont les plus populaires sont probablement celles d’Elvis Presley et de John Lennon). Et le reste des compos est de la même trempe. J’accorderai quand même mon coup de cœur au Dvd qui reflète parfaitement l’intensité émotionnelle dispensée lors d’un set dispensé par Mink DeVille, à l’époque. En outre, le son est excellent (sauf en tout début de parcours).

 

vendredi, 16 avril 2010 02:00

Le feu et la glace

Beaucoup de monde pour assister à la prestation de Blood Red Shoes (NDR : à la limite, le spectacle aurait pu glisser du club vers la salle principale). Un duo qui vient de publier son deuxième elpee, « Fire like this ». Les mauvaises langues avancent que cette formation serait la réponse US aux White Stripes voire aux Kills. Si la formule du line up est identique, le combo de Detroit est dominé par le brillantissime guitariste Jack White (NDR : Meg se contente de frapper sur les peaux comme une dératée), et puis sa musique est surtout contaminée par le blues, alors que chez les seconds, elle est davantage ancrée dans le garage punk. Au sein de Blood Red Shoes, si l’énergie est aussi explosive, elle est aussi et surtout plus raffinée…

Il revenait à la formation parisienne, King of Conspiracy, d’ouvrir les hostilités. Et le set démarre en trombe sur un tempo psychobilly digne des Cramps. Le son est pourri. La voix du chanteur l’est tout autant. Le drummer et le guitariste essaient de suivre le rythme effréné dicté par le soliste (c’est également le chanteur). Il en impose par sa grande carcasse et maltraite sa guitare, en lui faisant subir les pires sévices, même à l’aide d’un stick de batterie. Il gesticule dans tous les sens et tournoie sur lui-même. Il est King of Conspiracy. Pendant une bonne demi-heure, la formation française va nous balancer un punk’n’roll furieux, bruitiste, énergique, décapant, mais un peu trop brouillon pour convaincre votre serviteur. Etonnant, lorsqu’on sait que le combo tourne régulièrement en Angleterre, et y a reçu de flatteuses comparaisons avec Mclusky. A mon humble avis, ce soir, le trio a confondu vitesse et précipitation.

Laura-Marie et Steven montent à leur tour sur les planches. Coiffée d’un chignon élégamment négligé, elle est vêtue d’un t-shirt de couleur noire et d’un jeans. Comme je l’avais déjà souligné, c’est une très jolie fille. Lui, arbore un polo rayé marine vert et blanc (NDR : un supporter du Celtic de Glasgow ?) et fonce derrière ses fûts, installés de profil, à droite du podium. Le set s’ouvre par « It’s getting by the sea », un extrait de “Box of secret”, leur premier elpee. En fait, la tracklisting va alterner compos issues du premier opus et du tout dernier, “Fire like this”. Les harmonies vocales sont soignées, limpides, impeccables. Laura-Marie maîtrise sa guitare avec une aisance époustouflante, libérant des accords tantôt féroces, sauvages ou fiévreux ; mais concédant aussi régulièrement des notes aussi astucieuses que mélodiques. Parfois on a l’impression qu’elle joue de la basse en même temps. Son visage est impassible. Pas un sourire. Elle ne semble pas vouloir communiquer avec le public, et préfère apparemment se concentrer exclusivement sur son sujet. Elle focalise pourtant les regards (NDR : peut être les désirs les plus cachés…) Une beauté glacée, dans l’esprit de Catherine Deneuve (NDR : pensez à « Belle de jour » de Luis Buñuel). Elle déambule régulièrement, manche à la main, pour se diriger vers son partenaire. Steven est plus extraverti. On sent qu’il éprouve énormément de plaisir sur scène et ose quelques mots en français. Il se balance sur son siège. Son jeu est ample, souple, précis et lorsqu’il le faut, puissant. Le mouvement imprimé à ses sticks crée un effet de décomposition de la lumière, dont l’esthétisme vaut à lui seul le déplacement. Bref, il est impressionnant ! Les titres s’enchaînent, tous plus magistraux les uns que les autres. Le plus souvent hymniques. Et surtout excitants. Le jeu de lumières est assez sobre. Quatre ou cinq longs tubes en néon de couleur bleue sont plantés verticalement, au fond de la scène. Et au-dessus quelques gros projecteurs, en forme de fleur, baignent le show dans les teintes cobalt, parfois jaune ou rouge. Les riffs décapants du nouveau single, « Light it up », sont manifestement découpés dans le grunge. Lors de cette compo, Laura-Marie pose son timbre vocal, alors réminiscent de Kim Deal. Un timbre qui évoque quand même parfois aussi celui de Siouxsie Sioux. Tout en crescendo, « Keeping it close » constitue probablement le sommet du concert. Un morceau plus complexe. A l’instar du tout aussi excellent, « You bring me down », caractérisé par cette alternance entre climats dynamiques et plus calmes. Plutôt réservé, le public commence enfin à réagir. Et quand même à s’enflammer. Ce serait dommage, vu la qualité de la prestation. Et puis du titre du dernier album de Blood Red Shoes : « Fire Like this ». Bourré d’énergie punkysante, « Heart sing » clôt le set. On n’a pas vu le temps passer. Acclamations. Il était temps ! Un roadie règle les instruments, le duo va revenir, c’est sûr !

Quelques minutes plus tard, le couple remonte sur le podium. Au cours de ce bref rappel, ils interprèteront l’autre single « Colour fade », un morceau hymnique dont le refrain est repris en chœur par la foule. Le morceau s’achève dans un déluge de décibels. Laura-Marie dépose délicatement sa gratte contre son ampli, de manière à libérer une bonne dose de feedback, puis se barre, après avoir esquissé un semblant de sourire. Steven la rejoint, après avoir exécuté un léger signe de la main, avant de prendre congé de son auditoire. Vu la perfection du set, il ne faudra pas deux ans pour que Blood Red Shoes soit programmé à l’affiche des plus grands festivals mondiaux, et en particulier celui de Werchter. Et si vous voulez en savoir plus sur le duo de Brighton, je vous invite à lire l’interview que le duo a accordée récemment, à Musiczine…

Organisation Aéronef

(Voir aussi notre section photos)

 

jeudi, 15 avril 2010 02:00

A pas feutrés…

Le Water Moulin ? Votre serviteur n’y avait jamais mis les pieds. Un scandale quand on habite à moins de 5 kilomètres du site. Mais aussi la conséquence d’un emploi du temps surchargé. La double affiche locale avait aussi de quoi m’inciter au déplacement. D’abord, il y avait Hoboken, une formation constituée de vétérans, au sein de laquelle on retrouve, avec beaucoup de plaisir, l’ex-compositeur/guitariste de Little Egypt, Jean-Jacques Dewulf et puis, The Berliners, un combo de d’jeuns dont on dit le plus grand bien, mais qui a vécu quelques turbulences, suite aux projets d’études de certains de ses musiciens…

Le Water Moulin, c’est un lieu multiculturel, sis au 207 Boulevard Eisenhower, derrière la gare de Tournai. S’y sont déjà produits une multitude de groupes et d’artistes underground. Aussi bien nationaux, qu’internationaux. Mais cet endroit est également ouvert à d’autres disciplines, comme le cinéma, les arts plastiques, les ateliers pour enfants, les cours de musique et le théâtre. Et puis, il sert aussi de local de répétition ; une aubaine, quand on sait que trouver un tel type de local n’a jamais été une sinécure pour les artistes issus de la cité scaldienne. Autre atout principal, la configuration du site. Un endroit qui permet d’éviter les nuisances sonores, donc les plaintes des voisins. En outre, le soir, les emplacements de parking sont nombreux et disponibles. Maintenant, il s’agit bien d’un club, au sein duquel on ne peut pas y mettre plus de 100 personnes. Un club privé, puisqu’il faut se procurer sa carte de membre, au prix d'un euro, avant d'y accéder… Vous savez tout ou presque sur ce chouette endroit ; vous savez donc ce qu’il vous reste à faire. Et pour les locaux, n’attendez pas 50 ans avant de visiter les lieux, comme pour votre propre cathédrale, pourtant inscrite, sur la liste du patrimoine de l’UNESCO…

Mais venons-en aux concerts. Et tout d’abord une remarque. Annoncé à 20h00, le premier concert n’a débuté que vers 21h45. Une mauvaise habitude, selon de nombreux habitués de l’endroit. Et un retard qui incite les spectateurs à débarquer de plus en plus tard. Il est compréhensible que les artistes ou groupes préfèrent se produire devant une salle bien garnie plutôt que devant trois pelés et un tondu. Mais en adoptant ce mauvais pli, le public va se pointer instinctivement de plus en plus tardivement. Les organisateurs ont tout intérêt à discipliner leurs artistes, de manière à fidéliser leur public. Sans ce minimum de rigueur, les concerts risquent un jour de s’achever aux petites heures et décourager les mélomanes. D’autant plus que les spectacles se déroulent toujours en semaine.

Hoboken est donc un quintet. Réunissant un drummer, un bassiste (NDR : tiens, c’est Bébert, une vieille connaissance) et trois guitaristes. Une rythmique et deux solistes, dont le chanteur principal et le jeune vétéran Jean-Jacques. Dès les premiers accords, on se rend compte que nous sommes en présence d’excellents instrumentistes. Mais on sent que le groupe en garde sous la pédale. Et puis, c’est leur premier concert officiel ! On a même l’impression que les trois six-cordistes jouent la même partition. Mais en milieu de parcours, le set commence à décoller. On reconnaît alors bien le toucher de gratte minimaliste et tout en délicatesse de JJ (NDR : dont deux potes, ex-Little Egypt, étaient présents dans la salle), alors que son comparse commence à oser l’un ou l’autre solo. On comprend alors beaucoup mieux la bio qui nous parlait, au sujet de leur musique, de rencontre entre la new wave et le psychédélisme. Un psychédélisme, feutré, il faut le préciser. Et peut-être plus proche du power pop que de la new wave. Pensez notamment aux Buzzcocks. Bébert se risque au chant lors d’un titre un peu plus funk blanc. Et ma foi, sa voix un peu falsetto lorgne du côté de Sting. Mais c’est au cours des derniers morceaux que le combo va donner toute la mesure de son talent. Surtout tout au long d’une longue compo, parcourue de changements de tempo et éclaboussée d’interventions en cascade des guitares. Superbe ! Encore des répètes, quelques nouveaux titres et le groupe sera prêt à affronter la route…

Entre les deux sets pop/rock, Lahcen Akill (40 ans), un joueur de lothar du haut-atlas marocain, apporte une coloration world à la soirée. Dans son pays, il milite au sein de plusieurs formations notoires. En outre, il fabrique ses instruments lui-même. Actuellement en tournée à travers la France et pour 3 semaines, il se produira notamment à Paris, Rennes et Lille. Arrivé dans l'après-midi en France, il a été proposé par des Lillois se déplaçant régulièrement au Water Moulin. De la musique berbère très bien jouée, mais qui ne collait pas trop à ce type de soirée…

The Berliners campe donc un quatuor. Qui compte au moins deux ans et demi d’existence. Faut dire que le combo a dû mettre son aventure entre parenthèses, pendant une petite année. En 2008 très exactement. Suite au départ de deux membres à l’étranger, où ils devaient poursuivre leurs études. Le line up est ma foi, fort classique, puisqu’il réunit un drummer (NDR : solide, il faut le préciser), un bassiste et deux guitaristes dont un se charge des vocaux (parfois sans sa gratte). Un personnage qui, ma foi, ne manque pas de charisme. Pourtant, il ne se charge de la deuxième six cordes, que depuis le second épisode. Le groupe propose, en outre, un tout nouveau répertoire, n’ayant retenu qu’une seule compo de ses débuts. Et depuis, leur reformation, c’est également leur premier set officiel. Showman, le chanteur n’hésite pas à venir au milieu du public, pour l’haranguer. Il possède une très bonne voix, légèrement mordante. Et maîtrise parfaitement son micro, qu’il maintient, verticalement, à une vingtaine de centimètres des lèvres. Enfin, à la gratte, son entente avec l’autre soliste est vraiment épatante. De son côté, le bassiste joue un peu le rôle de métronome. Bref, bien que constitué de très jeunes musiciens, ce combo affiche une assurance étonnante. Mais il faut reconnaître que leur musique n’est pas facile d’accès. Le groupe se réclame de Joy Division. Pas du tout évident ! Perso j’ai plutôt l’impression que leur solution sonore évolue quelque part entre post punk (The Fall pour le passé, Futureheads et Maxïmo Park pour le présent), indie rock/post-hardcore (Girls Against Boys) et alt rock (Mclusky). Une chose est sûre, cette formation possède un énorme potentiel. Elle est en tout cas, à suivre de très près…

(Organisation Water Moulin)

jeudi, 15 avril 2010 02:00

A suivre de très près…

Le Water Moulin ? Votre serviteur n’y avait jamais mis les pieds. Un scandale quand on habite à moins de 5 kilomètres du site. Mais aussi la conséquence d’un emploi du temps surchargé. La double affiche locale avait aussi de quoi m’inciter au déplacement. D’abord, il y avait Hoboken, une formation constituée de vétérans, au sein de laquelle on retrouve, avec beaucoup de plaisir, l’ex-compositeur/guitariste de Little Egypt, Jean-Jacques Dewulf et puis, The Berliners, un combo de d’jeuns dont on dit le plus grand bien, mais qui a vécu quelques turbulences, suite aux projets d’études de certains de ses musiciens…

Le Water Moulin, c’est un lieu multiculturel, sis au 207 Boulevard Eisenhower, derrière la gare de Tournai. S’y sont déjà produits une multitude de groupes et d’artistes underground. Aussi bien nationaux, qu’internationaux. Mais cet endroit est également ouvert à d’autres disciplines, comme le cinéma, les arts plastiques, les ateliers pour enfants, les cours de musique et le théâtre. Et puis, il sert aussi de local de répétition ; une aubaine, quand on sait que trouver un tel type de local n’a jamais été une sinécure pour les artistes issus de la cité scaldienne. Autre atout principal, la configuration du site. Un endroit qui permet d’éviter les nuisances sonores, donc les plaintes des voisins. En outre, le soir, les emplacements de parking sont nombreux et disponibles. Maintenant, il s’agit bien d’un club, au sein duquel on ne peut pas y mettre plus de 100 personnes. Un club privé, puisqu’il faut se procurer sa carte de membre, au prix d'un euro, avant d'y accéder… Vous savez tout ou presque sur ce chouette endroit ; vous savez donc ce qu’il vous reste à faire. Et pour les locaux, n’attendez pas 50 ans avant de visiter les lieux, comme pour votre propre cathédrale, pourtant inscrite, sur la liste du patrimoine de l’UNESCO…

Mais venons-en aux concerts. Et tout d’abord une remarque. Annoncé à 20h00, le premier concert n’a débuté que vers 21h45. Une mauvaise habitude, selon de nombreux habitués de l’endroit. Et un retard qui incite les spectateurs à débarquer de plus en plus tard. Il est compréhensible que les artistes ou groupes préfèrent se produire devant une salle bien garnie plutôt que devant trois pelés et un tondu. Mais en adoptant ce mauvais pli, le public va se pointer instinctivement de plus en plus tardivement. Les organisateurs ont tout intérêt à discipliner leurs artistes, de manière à fidéliser leur public. Sans ce minimum de rigueur, les concerts risquent un jour de s’achever aux petites heures et décourager les mélomanes. D’autant plus que les spectacles se déroulent toujours en semaine.

Hoboken est donc un quintet. Réunissant un drummer, un bassiste (NDR : tiens, c’est Bébert, une vieille connaissance) et trois guitaristes. Une rythmique et deux solistes, dont le chanteur principal et le jeune vétéran Jean-Jacques. Dès les premiers accords, on se rend compte que nous sommes en présence d’excellents instrumentistes. Mais on sent que le groupe en garde sous la pédale. Et puis, c’est leur premier concert officiel ! On a même l’impression que les trois six-cordistes jouent la même partition. Mais en milieu de parcours, le set commence à décoller. On reconnaît alors bien le toucher de gratte minimaliste et tout en délicatesse de JJ (NDR : dont deux potes, ex-Little Egypt, étaient présents dans la salle), alors que son comparse commence à oser l’un ou l’autre solo. On comprend alors beaucoup mieux la bio qui nous parlait, au sujet de leur musique, de rencontre entre la new wave et le psychédélisme. Un psychédélisme, feutré, il faut le préciser. Et peut-être plus proche du power pop que de la new wave. Pensez notamment aux Buzzcocks. Bébert se risque au chant lors d’un titre un peu plus funk blanc. Et ma foi, sa voix un peu falsetto lorgne du côté de Sting. Mais c’est au cours des derniers morceaux que le combo va donner toute la mesure de son talent. Surtout tout au long d’une longue compo, parcourue de changements de tempo et éclaboussée d’interventions en cascade des guitares. Superbe ! Encore des répètes, quelques nouveaux titres et le groupe sera prêt à affronter la route…

Entre les deux sets pop/rock, Lahcen Akill (40 ans), un joueur de lothar du haut-atlas marocain, apporte une coloration world à la soirée. Dans son pays, il milite au sein de plusieurs formations notoires. En outre, il fabrique ses instruments lui-même. Actuellement en tournée à travers la France et pour 3 semaines, il se produira notamment à Paris, Rennes et Lille. Arrivé dans l'après-midi en France, il a été proposé par des Lillois se déplaçant régulièrement au Water Moulin. De la musique berbère très bien jouée, mais qui ne collait pas trop à ce type de soirée…

The Berliners campe donc un quatuor. Qui compte au moins 2 ans et demi d’existence. Faut dire que le combo a dû mettre son aventure entre parenthèses, pendant une petite année. En 2008, très exactement. Suite au départ de deux membres à l’étranger, où ils devaient poursuivre leurs études. Le line up est ma foi, fort classique, puisqu’il réunit un drummer (NDR : solide, il faut le préciser), un bassiste et deux guitaristes dont un se charge des vocaux (parfois sans sa gratte). Un personnage qui, ma foi, ne manque pas de charisme. Pourtant, il ne se charge de la deuxième six cordes, que depuis le second épisode. Le groupe propose, en outre, un tout nouveau répertoire, n’ayant retenu qu’une seule compo de ses débuts. Et depuis, leur reformation, c’est également leur premier set officiel. Showman, le chanteur n’hésite pas à venir au milieu du public, pour l’haranguer. Il possède une très bonne voix, légèrement mordante. Et maîtrise parfaitement son micro, qu’il maintient, verticalement, à une vingtaine de centimètres des lèvres. Enfin, à la gratte, son entente avec l’autre soliste est vraiment épatante. De son côté, le bassiste joue un peu le rôle de métronome. Bref, bien que constitué de très jeunes musiciens, ce combo affiche une assurance étonnante. Mais il faut reconnaître que leur musique n’est pas facile d’accès. Le groupe se réclame de Joy Division. Pas du tout évident ! Perso j’ai plutôt l’impression que leur solution sonore évolue quelque part entre post punk (The Fall pour le passé, Futureheads et Maxïmo Park pour le présent), indie rock/post-hardcore (Girls Against Boys) et alt rock (Mclusky). Une chose est sûre, cette formation possède un énorme potentiel. Elle est en tout cas, à suivre de très près…

(Organisation Water Moulin)

 

samedi, 10 avril 2010 20:34

Un disque qui va faire du bruit…

Jeff Beck, légende vivante de l’histoire du rock’n’roll publiera un album studio ce 13 avril. Sept ans qu’il n’avait plus rien sorti. Intitulé « Emotion & Commotion », il est annoncé comme particulièrement éclectique, puisqu’il recèlera notamment un extrait de la B.O. du film ‘Le magicien d’Oz’, « Somewhere over the rainbow », ainsi que quelques duos, dont deux échangés en compagnie de Joss Stone

Tracklist:

1.      Corpus Christi Carol
2.      Hammerhead
3.     
Never Alone
4.      Over The Rainbow
5.      I Putt A Spell On You (feat. Joss Stone)
6.      Serene (feat. Olivia Safe)
7.      Lilac Wine (feat. Imelda May)
8.      Nessun Dorma
9.      There’s No Other Me (feat. Joss Stone)
10.    Elegy For Dunkirk (feat. Olivia Safe)

http://www.jeffbeck.com

 

 

vendredi, 02 avril 2010 02:00

Un show très électrique

Jean-Louis Murat est donc allé enregistrer son dernier album à Nashville. Aux studios ‘Ocean Way’. Il a ainsi pu bénéficier du concours de la crème des musiciens de studio locaux. Mais surtout s’immerger dans un climat country/blues/rock, style musical qu’il affectionne tout particulièrement, tout en prenant le soin de préserver sa plume, qu’il plante élégamment dans la poésie française. Sa tournée passait ainsi par le Grand Mix de Tourcoing. Une bonne occasion de voir et surtout d’entendre l’Auvergnat sous un profil très électrique. D’autant plus que pour accomplir ce périple, il a entraîné ses fidèles musicos. C’est-à-dire Fred Jimenez à la basse, Denis Clavaizolle aux claviers et Stephane Reynaud aux drums.

La salle est déjà bien remplie, lorsque la Lilloise Lena Deluxe (NDR : très jolie fille, il faut le souligner !) monte sur les planches. Elle est seule et s’accompagne à la guitare électrique (NDR : elle la troque contre un ukulélé en fin de parcours), a recours à des bandes préenregistrées et se sert d’une multitude de pédales pour essayer de donner du relief à ses compos. Car c’est ici que le bât blesse. Elle explique d’ailleurs qu’en général, elle est soutenue par une drummeuse et un bassiste. Mais sans leur concours, le set est trop linéaire pour pouvoir décoller. Dommage, car elle possède une superbe voix. Sensuelle, presque de sirène. Et puis, elle prend le temps d’expliquer dans la langue de Molière, ce qu’elle chante dans celle de Shakespeare. Des lyrics qui abordent régulièrement le thème de la mort. En fin de parcours, elle recueille des applaudissements nourris. Et c’est amplement mérité…

Une vingtaine de minutes plus tard, le Jean-Louis Murat Band entre à son tour en scène. Jean-Louis s’installe à gauche, de manière à pouvoir déambuler le long de la scène. Allant parfois à la rencontre de ses musiciens, tous placés vers la droite du podium. L’éclairage est sobre. Beaucoup de bleu, du mauve, et surtout de lumière blanchâtre. Et puis toute une série de baladeuses disséminées sur l’estrade. Un peu comme pour recréer un univers urbain. Le set s’ouvre par « Ginette Ramade ». L’intro est déjà psychédélique. A plusieurs reprises, le band va d’ailleurs nous balancer quelques préfaces du style bien senties. Et Jean-Louis s’en donne à cœur joie sur sa six cordes. Tant au vibrato qu’à la distorsion. Manifestement, Neil Young constitue bien une de ses influences majeures. Et lorsque le claviériste commence à rogner ses sonorités, c’est même aux Doors qu’on se met à penser. Le combo embraie par « La mésange bleue ». Superbe mélodie qu’il se met à siffloter, en bout de course. S’ensuivent « Taïga », « Pauline », le plus allègre « 16 heures, qu’est ce que tu fais ? », le mid tempo « Falling in love », les lancinants « Mousse noire » et « Chanter est ma façon d’errer » ainsi que « Taormina », des morceaux qui alimentent une intensité fiévreuse que n’aurait pas renié un groupe issu du Paisley Underground (NDR : pensez à Dream Syndicate et Green On Red). Et puis, il y a la voix de Murat. Belle, profonde, sensuelle (NDR : surtout pour la gent féminine !) Sa présence sur scène est incontestable ; mais sa réserve dresse une sorte de mur face à son public. Un peu comme s’il vivait dans son monde. Une spectatrice lui lance un compliment sur sa prestation. Murat lui répond qu’elle est trop gentille. Elle lui rétorque alors, à raison, un ‘faut l’dire quand t’es bon, hein Jean-Louis !’ Il est apparemment gêné ; et s’il y avait un trou de souris, il s’y serait sans doute caché. Timidité maladive ? Sans doute ! Mais une chose est sûre, elle a raison, l’interlocutrice. Et le public (NDR : constitué essentiellement de personnes de plus de 30 ans) commence enfin à s’en rendre compte. Car effectivement, le set est excellent ! Une audience qui aurait pu, qui aurait dû même s’enflammer bien plus tôt. Un bémol quand même, la densité du son ne permet pas de comprendre distinctement les lyrics. Et parfois, il faut bien tendre l’oreille pour pouvoir en saisir le contenu. Mais Murat y met tellement de passion et de conviction qu’ils finissent par entrer dans les têtes. Des chansons qui traitent toujours autant de l’amour, du désir, de la mort ou de la violence, mais également de l’errance et du plaisir. Probablement autobiographiques. Et l’hypnotique « Yes sir » en est probablement la plus belle illustration. Au fil du concert, on se rend compte du talent de Fred à la basse. Dont les cordes sont capables de dessiner des lignes latines, viscérales, percussives, un peu comme s’il voulait communiquer à l’expression sonore des accents salsa. La prestation s’achève par « Se mettre aux anges ». Un slow dont les lyrics de toute beauté, sont paradoxalement empreints de pudeur et d’érotisme…

En rappel, il entame une nouvelle intro luxuriante, mais réminiscente du Spencer Davies Group (ce clavier !) Le tempo est tribal. Le groove impressionnant. Moment choisi pour nous balancer « Comme un incendie ». Le titre parle de lui-même. Murat a enfin le sourire. Il empoigne ensuite un rack pour y poser son harmonica, dans lequel il y souffle, un peu à la manière de Toots Thielemans, pour interpréter le jazzyfiant « Les voyageurs perdus ». Jean-Louis présente alors ses musiciens (NDR : excellents de bout en bout, il faut le reconnaître) et achève le concert par le ténébreux et douloureux « L’examen de minuit ». Acclamations unanimes et enfin soutenues. Un très bon Murat, ce soir. Il est 23h15. Minuit, ce sera l’heure à laquelle on rejoindra nos pénates…

(Organisation Grand Mix)

Little Egypt est une formation belge, issue de la région de Tournai, qui a sévi fin 80’s, début 90’s. Elle avait même enregistré un album chez New Rose, « Et encore parfois il pleut ». 30 ans plus tard, le guitariste/compositeur Jean-Jacques Dewulf a décidé de remonter un groupe : Hoboken. Un quintet qui recèle également d’autres aniennes gloires locales. Il se produira ce jeudi 15 avril au Water Moulin, à Tournai. A la même affiche The Berliners http://www.myspace.com/theberliners7500, également un groupe issu de la cité scaldéenne, dont on dit le plus grand bien. Et la soirée vous réserve une autre grosse surprise… mais motus, c’est une surprise !

Parmi les autres concerts prévus au Water Moulin :

Samedi 10 avril

 

The last rapes of Mr Teach (tropical garage swing)
http://www.myspace.com/thelastrapesofmrteach

Red the Planeet (experimental visual 'dente)
http://www.myspace.com/redtheplaneeet

Mayo (à la Primus!!Duo bass/batterie)
http://www.myspace.com/mayoinyourass

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/watermoulin

dimanche, 31 mars 1996 01:00

Manitou nous sortira du trou

Distribué chez nous mais privé de la moindre promo, "Laboratory of Sound" n'a pas fait beaucoup couler d’encre. Et pourtant, produit par Steve Albini, il couronne les 20 ans de carrière du plus culte des vieux groupes new-yorkais (en vie). A cet égard, il aurait mérité un peu plus d’attention de la part de son label distributeur. Cette absence de soutien alimente le début de l’entretien. Peter Zaremba, Keith Streng et Bill Milhizer se disputent même pour répondre.

Bill: C'est d'autant plus dommage qu'une reproduction de l'Atomium figure à l'intérieur du booklet !
Peter: La prochaine fois, on fraudera des centaines d'exemplaires de l'album, en passant la douane belge. Pour les donner aux pauvres... Non, sérieusement, j'aime beaucoup ce disque. Il faudra se débrouiller pour que ces albums soient disponibles à plus grande échelle en Belgique. En plus, comme celui marque un changement de cap ou une sorte de retour aux sources, il s'agit de ne pas le rater. Depuis plusieurs années, on nous demande pourquoi les disques des Fleshtones ne sonnent plus comme les Fleshtones. Et bien, c'est ce que fait celui-ci. C'est dit!

- Vous enregistrez aujourd'hui pour le label Ichiban, après en avoir fréquenté pas mal d'autres. Ca ne facilite rien?

Peter: C'est une véritable malédiction! Elle doit être inévitable, mais je ne comprends pas. Sans doute s'entoure-t-on de personnes incompétentes. Peut-être parce qu'on aime ça... je ne sais pas! Ces gens sont censés contrôler nos affaires et faire connaître le groupe dans le monde. A la place, ils s’évertuent à nous rendre encore plus inaccessibles. Mais crois-moi, les responsables payeront un jour! Ils vont m'entendre, même si pour cela il faut que j'aille trouver le grand Manitou.

Steve Albini

Puisqu'elle est inévitable, évacuons la question tout de suite: pourquoi avoir choisi Steve Albini comme producteur?

Keith: Steve n'est pas vraiment producteur, mais plutôt ingénieur du son. Il aime être comparé à un ‘enregistreur’. Quand nous avons travaillé avec lui (dans son studio de Chicago), nous avions l'impression d'être dans un laboratoire de sons. Ce qui explique le titre de l'album. Steve un est véritable chercheur, un scientifique. Il accorde une grande importance à la technique. En même temps, c'est aussi un puriste dans son approche du rock.
Peter: Au départ, nous pensions enregistrer le disque sous la houlette de Butch Vig ou Scott Litt. Tous deux étaient intéressés, mais indisponibles. Et en fait, c'est Vig qui nous a proposé d'aller voir Steve, qui rapidement s’est réservé un peu de temps pour s'occuper de nous. Nous avons vécu deux semaines à Chicago, et sommes restés tout le temps auprès de lui, même hors des studios.
Keith: Steve nous a expliqué que c'est un groupe canadien, les Shadowy Men ou Shadowy Planet, quelque chose comme ça, qui lui avaient beaucoup parlé de nous. Ce sont eux qui l'ont convaincu de nous rencontrer. Steve utilise une formule personnelle pour enregistrer. Il demande au groupe de tout faire en une seule prise. Ensuite, il garde tout. Enfin, du moment que c'est enregistré proprement, je suppose.
Peter: Le destin a joué pour nous car il était le producteur idéal. Pas le genre à sortir un son bien produit. Steve joue le jeu du groupe. Il s'occupe plus des gens que de la technologie ou d'une manière qu'il aurait de concevoir un enregistrement. Il est parfait!
Bill: En tout cas, il n'apprécie pas qu'on retouche ses œuvres. Du moins pas n'importe qui. Scott Litt avait été choisi par exemple pour retravailler plusieurs des chansons qu'Albini avaient produites pour Nirvana.

- Un musicien de Shellac, le groupe d'Albini, joue de la trompette sur votre album. Mais on retrouve aussi Gordon Spaeth, votre ancien saxophoniste...

Keith: Il joue d'une façon ridicule, mais géniale. Il était le seul à pouvoir faire ça. C'est une chance qu'il soit venu! On a fait appel aussi à trois autres musiciens qui se chargent des cuivres. L'un d'entre eux milite dans un groupe de Chicago qui s'appelle les Cocktails.
Peter: Keith, de son côté, assure toutes les parties de guitare. J’ai pourtant essayé de convaincre Steve Albini de s’y mettre un peu. Il a refusé.

- Hormis le producteur, quelles sont les grandes différences entre "Laboratory of Sound" et "Forever Fleshtones", votre elpee précédent?

Peter: La différence est énorme. "Laboratory of Sound" est plus direct. Il a un feeling plus live, plus agressif, alors que "Forever Fleshtones" était assez introspectif
Keith: Oui, c'est un peu un retour à l'esprit de "Roman Gods", alors que sur "Forever Fleshtones", il y avait plein d'instruments différents. C'était la première fois que nous utilisions de la pedal-steel guitar d'une manière aussi intéressante...

- Le come-back de la surf music, popularisée par des gens comme Dick Dale, est-ce une bonne nouvelle pour les Fleshtones?

Keith: Non. On aimerait bien, mais il n'a aucune répercussion sur notre parcours. Sans doute avons-nous joué un rôle dans le regain d'intérêt pour cette musique. Mais finalement on a aussi participé au retour du rock garage, du trash, du rock instrumental, du rock bourré, du rock à boire...

Groupe de bal ?

- Le New-York Times vous décrit comme le groupe ‘idéal pour soirées’ ?      

Keith: C'est dit de façon un peu superficielle, mais c'est juste. Nous sommes bien le groupe idéal pour vos soirées. Si on gratte un peu, nous sommes aussi plus que ça. En fait, notre musique est très réfléchie, mais elle passe souvent au-dessus de la tête des gens. Je pense sincèrement qu’elle contient beaucoup de bonnes choses. Elle recèle une multitude d'aspects quant au fait d'être un être humain, de vivre, de toucher à la vie, aux sentiments... C'est ça aussi, notre musique. Bien-sûr, quand on est superficiel, pas de problème, on ne regarde pas plus loin, c'est pour les soirées.

- Etes-vous toujours des passionnés du rock australien?

Peter: C'est en allant sur place qu'on a découvert que la scène rock y était vraiment fantastique, mais plutôt inaccessible à l'observateur moyen. Plein de groupes australiens sont d'ailleurs des fans des Fleshtones!
Keith: J’adore, par exemple, tout spécialement l'album des City Doll ou les trucs de Christ Avenue et de Cruel Sea dont le dernier album n’est pas disponible aux Etats-Unis. Pour un pays aussi peu peuplé que l'Australie, il est presque étonnant d'y rencontrer autant de bons groupes.

- A propos de l'Australie aussi, avez-vous des nouvelles des Hoodoo Gurus? Le groupe devait venir en Belgique l'an dernier, mais la tournée a été annulée...

Peter: Oui, Keith a la réponse.
Keith: Hé, ho, non, je ne sais pas pourquoi la tournée a été annulée...
Peter: Si, il sait pourquoi! C'est parce qu'ils ont perdu leur distributeur. Enfin, non ils ne l'ont pas perdu. BMG, qui s'occupe d'eux aux Etats-Unis, ne voulait simplement plus les distribuer. Ils se sont fait complètement jeter en Amérique. En Europe aussi je pense. Ils ont donc annulé la plupart des dates de leurs tournées.
Keith: Mais les événements vont peut-être évoluer favorablement. Il y a huit jours, Dave m'a téléphoné pout me dire qu'il venait de terminer un nouvel album, enregistré à Sydney. J’ignore qui le produit, mais Dave est très heureux, parce qu’il va sortir... Je ne sais pas davantage qui va se charger de la distribution en Europe et aux States. Ce qui est sûr, c'est qu'ils vont repartir en tournée.

- Un mot à propos d'un vieux groupe, qui doit bien vous avoir influencés: quelle place occupent les Flamin' Groovies dans le cœur des Fleshtones?

Keith: Ah, c'est amusant, Roy Loney est venu nous voir en concert à San Francisco, il y a deux mois. C'est sûr que son ancien groupe tient une grande place dans nos cœurs. C'est un groupe fantastique, non?
Peter: Absolument génial! Ces gens ont entretenu la flamme, comme l'ont fait aussi les Stooges et MC5. Personne ne remplacera jamais les Groovies. Il y a 10 ans, ils nous avaient invités à jouer pour leur quinzième anniversaire...
Keith: Mais non, c'était il y a quinze ans!

Article paru dans le n°41 du magazine Mofo de mars 1996