Plus de quinze années après la sortie d’un “Spaghetti Incident”, uniquement constitué de reprises de standards du punk, Axel Rose nous balance l’album le plus démago de toute l’histoire du rock. Le plus cher aussi. On parle d’un budget de 20 millions de dollars en frais de production, pour une plaque décrédibilisée bien avant sa sortie. Faut dire que le combo a été dégraissé de son line up original, Rose ayant décidé de demeurer seul maître à bord. Alors pourquoi ne pas sortir la galette sous l’unique nom de son leader ? La logique commerciale semble dans ce cas des plus évidentes ! Mais les fans de la première heure vont tomber de haut, de très haut. Car si « Chinese Democracy » s’ouvre vers d’autres champs, en dépassant le hard rock burné qui a fait ses heures de gloires, il s’éloigne totalement de ses racines. A un tel point qu’on ne reconnaît que rarement la marque de fabrique des GNR. Seule la voix d’Axel ne démérite pas.
Certaines interventions du guitariste Robin Fink (N.I.N.) évoquent le son si typique de Slash ; mais on se sent quelque peu désorienté, voire écoeuré, par l’emploi à outrance de boîtes à rythmes et autres effets synthétiques. Sur « If the World », on a même carrément droit à un titre Rn’B mâtiné de pop latino. On se doutait que « Chinese » sonnerait plus ‘actuel’, qu’il ne serait en rien une copie carbone des deux volumes « Use Your Illusion », mais que sa configuration soit à ce point commerciale, on ne l’aurait jamais imaginé…
Plus proche de Shakira que d’Aerosmith, le Guns cuvée 2008 a sans doute bénéficié d’un énorme travail en matière d’arrangements et de production. A ce prix là, ce serait le comble… Mais Axel, crédité soit dit en passant de la signature de tous les titres, a définitivement tiré un trait sur son passé, et vise désormais un tout autre public. Et même si l’on sait que la nostalgie est bien mauvaise conseillère, on a de plus en plus de mal à imaginer, un quart de seconde, que c’est ce même groupe qui a enfanté le fantastique « Appetite for Destruction ».
Pour l’anecdote, un nouveau scandale a frappé le combo dès la sortie de « Chinese Democracy ». Il a simplement suffi de laisser opérer le titre de l’album pour qu’il soit immédiatement banni du commerce en Chine. Certains journaux ont même émis l’hypothèse d’une authentique conspiration occidentale ! Ca c’est rock n’roll…
La fin d’un mythe, ni plus, ni moins.