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Suede 12-03-26
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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Cabin in the sky

“Cabin in the sky” est donc l’album de la reformation pour Tuxedomoon. Nous avions déjà eu l’occasion d’apprécier l’un ou l’autre titre lors de leur prestation accordée dans le cadre des Nuits du Bota, en septembre dernier. Mais vu le perfectionnisme affiché par le groupe en studio, il était assez difficile de se faire une idée exacte du produit fini. Et comme Steven et Blaine nous le confiaient à cette époque (voir interview), il est beaucoup plus instrumental. L’absence de Winston Tong n’explique pas tout, puisque les musiciens ont décidé de consacrer le ventre mou de cet opus à l’expérimentation. Au sein de laquelle l’électronique a une place de choix. Un disque pour lequel ils ont reçu le concours de John McEntire (le leader de Tortoise), des post rockers allemands Tarwater, Aksak Maboul, Marc Collin, Juryman et Dj Hell. Bref des artistes contemporains qui tirent largement parti de la technologie moderne. Au cours de cette phase torturée, plus complexe, on navigue allègrement du jazz (Miles Davies ?) au classique (Debussy ?) en passant par la prog (King Crimson circa « Islands » ?), l’ambient (Eno ?) et l’électro-atmosphérique (NDR : bien évidemment !). Et la liste n’est pas exhaustive. Après avoir traité du cœur de l’opus, venons-en au corps. La tête tout d’abord. « A home away » et « Baron Brown », deux fragments énigmatiques, mystérieux, qui s’inscrivent parfaitement dans la lignée de « Desire » : basse pulsante, cuivres reptiliens, boîte à rythmes capricieux, voix caverneuse… Tout y est ! Dans un univers qui baigne au sein d’un climat hypnotique, envoûtant. Chanté en italien par Reininger sur un ton cabaret, « Diario di un egoista » constitue le parfait pastiche de Paolo Conte. Toute l’œuvre véhicule d’ailleurs un feeling cinématographique, projetant même des images de films noirs ou romantiques. Quoique instrumental, le remarquable « Annucialto » est tramé sur un piano sonore. Légèrement tapissé de bruitages psychédéliques, il me rappelle le célèbre « How much are they ? » de Holger Czukey, Jaki Libezeit et Jah Wobble, mais en moins rythmé. Une composition reproduite en final de l’elpee, mais sous une version différente. Et puisqu’on en vient aux jambes de « Cabin in the sky », Blaine emprunte un timbre de crooner ( Neil Diamond ?) pour interpréter le fragment le plus accessible, « Misty blue » ; alors que le festif, très orienté dance « Luther Blisset » réalise un cocktail plutôt réussi entre cuivres et percussions tribales. En commettant un tel opus, Tuxedomoon déjà réussi son come-back…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

She loves you

On savait que Greg Dulli adorait reprendre les chansons des autres ; un peu comme s’il cherchait à exorciser ses propres influences. En outre, son timbre vocal âpre, tourmenté, sensuel et ténébreux est taillé pour la soul moderne ; ce qui lui permet d’être particulièrement à l’aise lorsqu’il doit tenter ce type d’exercice de style. En 1992, flanqué des Afghan Whigs, il avait déjà consacré un Ep à des covers de Percy Sledge, d’Al Green, des Supremes et de quelques autres. Pour son troisième opus commis en compagnie des Twilight Singers, il a décidé de d’adapter 11 chansons issues d’horizons les plus différents, dont les plus notoires sont signées Björk, Billie Holiday, Fleetwood Mac, Marvin Gaye, John Coltrane, Nina Simone, Hope Sandoval et Mary J. Blige. Et le résultat est franchement à la hauteur. Dans un style qui rappelle le « Gentlemen » des whigs afghans. Parce qu’on y retrouve très souvent l’énergie rock qui en faisait tout son charme. Mais le plus étonnant procède de sa manière unique de se réapproprier les compos des autres. A un tel point que très souvent on reconnaît à peine la version originale. Ce qui ne veut pas dire que les Twilight Singers dénaturent leurs adaptations. Non, ils leur donnent simplement une toute autre dimension. Du grand art !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Sideshow

Le 3 juillet, Mark Sandman, le chanteur/bassiste de Morphine, succombait à une crise cardiaque. A Rome. Au beau milieu d’un concert. Un an plus tard, Dana Colley (le saxophoniste) et Billy Conway remontaient un nouveau projet en compagnie de Laurie Sargent (NDR : l’ex chanteuse de Face To Face) : Twinemen. Toutes celles et tout ceux qui s’attendaient à un remake de Morphine en sont pour leurs frais. Bien sûr on retrouve le(s) saxophone(s) hanté(s), envoûtant(s) de Dana et les drums minimalistes de Billy. Mais la voix légèrement soul de Laurie semble surtout taillée pour la pop. Le trio a pourtant reçu le concours de toute une série de collaborateurs et puis se partage toute une panoplie d’instruments : depuis l’orgue au vibraphone en passant par l’harmonica, la guitare, les percus, et une variété de cuivres et d’instruments insolites ou pas. Malheureusement, il faut attendre la moitié de l’album et le bluesy « The definition of truth » pour se mettre quelque chose de consistant sous la dent (NDR : dans l’oreille ?) et surtout quitter cette mauvaise sensation de musique destinée à la bande FM américanisée. On a ainsi encore droit à « Saturday », sorte de rencontre hypothétique entre le Blues Explosion et Captain Beefheart, ainsi qu’à un étrange « A little strange » au cours duquel nos deux ex Morphine se décident enfin à tirer la couverture de leur côté. Mais lors du final, Dana décide à nouveau d’ouvrir la bouche et flanque toutes les bonnes intentions manifestées sur ce « Circle », terre (NDR : et ce n’est pas la faute à Voltaire !)
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Please yourself

A l’origine exclusivement attaché à la cause du blues, Fat Possum a donc décidé d’élargir son horizon sonore. Une seule condition : que le groupe soit inspiré par le blues. A quelque échelon que ce soit. Pas de problème pour Thee Shams, dont les maîtres répondent aux noms de Muddy Waters et de Howlin’ Wolf. Pourtant, le quatuor ne nous vient pas du Mississippi, mais de l’Ohio. De Cincinnati, très exactement. Et à l’instar d’Afghan Whigs (NDR : ou d’une manière plus contemporaine des Twilight Swingers), Thee Shams ont également un faible pour le rythm’n blues. Celui des Animals et surtout des Stones, pour ne rien vous cacher ! Un feeling blues ou rythm’n blues que le groupe filtre à travers un garage rock malsain, marécageux, au parfum sixties. Surtout lorsque l’orgue hammond rogne les mélodies. A cet instant, Sam the Sham & the Pharoahs ne sont vraiment pas loin. Pourtant, l’expression sonore peut prendre une forme plus sauvage, plus aride, réminiscente des Troggs (« Can’t fight it »), les lyrics focalisés sur la luxure et la perversion accentuant cette impression. Des lyrics chantés par la voix graveleuse, trempée dans le whiskey de Zachary Gabbard. Dans le registre, la cover du « If you gotta go » de Dylan est superbement écorchée. Et lorsque le combo s’aventure dans le psychédélisme mystique (NDR : allo la terre !), c’est à 13th Floor Elevators qu’on se met à penser (NDR : qui a dit hallucinogènes ?). Bref, un chouette album, même s’il trempe allègrement dans le revivalisme. Mais pourquoi je n’ai parlé ni de la pochette, ni de l’harmoniciste ?
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

18 monkeys in a dead man´s chest

“18 monkeys in a dead man’s chest” constitue le troisième album studio de David Thomas & the Two Pale Boys. David Thomas s’est rendu surtout célèbre pour avoir fondé le légendaire Pere Ubu en 1975, une formation avant-gardiste qui a exercé une énorme influence sur toute la scène pop/rock et en particulier le courant industriel de la fin des seventies. Les Two Pale Boys sont incarnés par Keith Moliné et Andy Diagram. Guitariste et violoniste, le premier milite chez They Came From The Stars I Saw Them et collabore à Infidel et Mesmerist. Trompettiste, le second est mieux connu pour avoir sévi chez James au début des 90’s ; même si aujourd’hui ses projets répondent aux noms de Dislocation Dance, The Diagram Brothers, The Honkies et les Spaceheads. Point commun, les trois comparses sont particulièrement branchés sur la musique électronique et expérimentale. Découpé en neuf fragments, cet opus se révèle à la fois riche, sauvage et inspiré. Un voyage tour à tour expressionniste, mystérieux, fiévreux, furieux ou cinématique dans le monde crépusculaire du blues urbain. Parfois on pense au Birthday Party, parfois à Tom Waits, parfois encore à Nick Drake. Et même à un Vandergraaf Generator intoxiqué par le dub sur « Sad eyed lowlands ». Pas de drums ! Mais un fil conducteur : la voix miaulante, sombre et poignante de David qui filtre ses contes poétiques, visionnaires et torturés sur la nature humaine, à travers une texture où machines et instrumentation conventionnelle (violon, guitare, cuivres) se conjuguent, sans jamais se heurter. Plus qu’original : novateur !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

From a basement on the hill

Difficile de chroniquer cet album sans évoquer le décès de son auteur. Qui se serait suicidé le 21 octobre 2003. Encore que le flou qui entoure les circonstances de sa mort mérite réflexion. Une chose est sûre, à l’écoute de son sixième opus posthume, les fans auront bien le droit de pleurer sa disparition. Car cette plaque est un petit chef d’œuvre. Oh oui, peu de plages sortent du lot. Pour la bonne raison qu’elles semblent former un tout. Et il est nécessaire d’écouter ce disque 4 ou 5 fois avant d’en capturer l’âme. Lors de son enregistrement, Elliott voulait qu’il soit double. Dans l’esprit du double blanc des Beatles. Rob Schnapf (le producteur du « Mellow gold » de Beck et de « XO » de Smith) ainsi que par Joanna Bome (The Minders, Stephen Malkmus & The Jicks) n’ont retenu que 15 fragments pour plus ou moins 56 minutes. Mais si les compos acoustiques évoquent le « White album », les titres électriques lorgnent davantage du côté d’« Abbey road ». Même le sens mélodique est aussi contagieux. Seule différence, mais elle est de taille, les chansons ne parlent ni des petits oiseaux (NDR : même si on entend épisodiquement quelques pépiements), ni des verts pâturages, mais de douleur, d’angoisse, de désir, de mélancolie, de regret, d’amour, de dépendance, de dépression, de solitude et de mort, thèmes qu’il développe avec cynisme et fatalisme, mais surtout un sens de la caricature et de la rime intelligente. Rien que les titres des chansons traduisent ces états d’âmes (« Don’t go down », « The last hour », « Memory lane », etc.) Un étalage d’émotions humaines responsable d’une progression lente et inexorable vers son suicide. Nonobstant ce contenu tragique, l’album parvient à vous bercer dans la mélancolie douce. Dans un style qui peut même parfois faire penser à Radiohead (« Strung out again »), à Mercury Rev (« King’s crossing »), mais avant tout aux Fab Four… L’album de l’année !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Trampin´

Patti Smith est donc de retour avec un neuvième opus. Poète (sûrement), prêtresse (peut-être), mais surtout légende du punk new-yorkais, elle s’est décidée à commettre un nouvel album, parce qu’elle avait des choses à dire. Sa mère est décédée. Une épreuve supplémentaire qui s’ajoute à la longue liste de ses proches disparus au cours des dernières années. Et puis le contexte géopolitique actuel ne pouvait la laisser indifférente. Car chez Patti Smith, la révolte est toujours latente. En fait, elle nous invite à examiner sa conscience face à la politique menée par le gouvernement Bush. Et à réfléchir, à penser, à manifester. Mais aussi à tirer des conclusions (NDR : les prochaines élections ?) à travers quelques hymnes à l’espérance. Pour enregistrer cet elpee, elle a notamment reçu le concours de ses amis incontournables Lenny Kaye et Jay Dee Daugherty. Et si le spectre de feu son mari, Fred ‘Sonic’ Smith, plane tout au long de cet elpee, elle a également eu le bon goût d’inviter sa fille Jesse, qui l’accompagne au piano sur le titre maître, fragment qui clôture par ailleurs le disque. Elle lui consacre également une chanson, « Cartwheels ». Partagées entre ballades bouleversantes et titres rageurs, les chansons de ce « Trampin’ » expriment un large éventail d’émotions qui oscillent de la tendresse en passant par le regret, la passion, la joie et l’intuition. Le timbre vocal de Patti se charge alors de nuances, pour encore mieux faire passer son (ses ?) message(s). Mais ce sont les titres les plus saignants, les plus féroces, les plus intenses, les plus fiévreux qui m’ont le plus fasciné. Tout d’abord les 9 minutes d’hommage au légendaire pacifiste « Gandhi ». Tramé sur un crescendo hypnotique, il est littéralement déchiqueté par des riffs d’électricité féroce, presque ‘cold’. Les 12 minutes de « Radio Baghdad », ensuite. Une méditation sur l’histoire tumultueuse de Moyen-Orient. Un exorcisme dont la vitalité dramatique peut parfois rappeler le Led Zeppelin. Et enfin « Stride of the mind » et « Jubilee », deux plages taillées dans le rock/garage contagieux, sensuel, énigmatique, dont Patti a le secret. Pensez à « Gloria » ou encore à « Land ». Bref, que des bonnes nouvelles. Patti Smith se produira ce 9 juillet dans le cadre du festival ‘Cactus’…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Démo

Avant d’opter pour le patronyme Sofa, cette formation normande a répondu successivement aux noms de Union Jack, puis de Mr Jack. Les cinq titres de cette démo constituent un avant-goût d’un premier album qui est actuellement en préparation. On nage ici en pleine noisy pop rappelant les débuts de Noir Désir. Et la véhémence affichée tout au long de « Radiosofa », proposé ici sous une forme ‘live’, en est la plus belle démonstration. Seule différence, mais elle est de taille le vocaliste possède une voix claire, capable de virer au falsetto ; alors que Cantat avait, à l’époque, surtout tendance à racler son baryton. Sur les trois titres enregistrés en studio, Sofa manifeste un sens mélodique qui n’est pas sans me rappeler Yel ; même si l’électricité, plutôt branchée sur le U2 circa « Boy », épouse parfois des envolées stratosphériques comme chez Muse. Un bémol, la noisy est parfois un peu trop noisy. M’enfin il ne s’agit que d’un brouillon. On devrait donc y voir plus clair lors de la sortie de l’elpee.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Sonic Nurse

Fondé en 1981, Sonic Youth en est déjà à son 19ème album (NDR : et je ne parle pas des Eps, bootlegs ou autres projets en solitaire ou pas). Un fameux bail pour une formation qui a évolué d’une musique aussi expérimentale que bruitiste (NDR : qu’on a appelée no wave) vers une noisy pop oblique et aventureuse. Confirmation : Jim O' Rourke est bien devenu le cinquième membre du groupe. A l’issue de la première écoute, « Sonic Nurse » laisse une étrange impression d’apaisement. Etrange, car hormis le final « Peace attack », fragment pop dans le sens le plus rigoureux du terme, mais dont les lyrics vilipendent la politique de Bush, ainsi que le très atmosphérique « I love you golden blue », toutes les autres compositions démontrent à nouveau l’art de Sonic Youth à rendre la dissonance mélodique. Que ce soit à travers les harmonies décalées, les arpèges torturés, les larsens maîtrisés et les dérapages instrumentaux. Plage qui ouvre l’opus, « Pattern recognition » s’achève même dans un véritable déluge de guitares. En fait, cet apparent apaisement procède des vocaux partagés entre Thurston Moore et sa compagne Kim Gordon, des vocaux qu’on pourrait qualifier de vaporeux, parfois même de nonchalants. Un disque dont le charme insidieux peut parfois rappeler « Sister », « Evol » ou encore « Daydream Nation »…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Origin Vol. 1

Lors du poll 2002, j’avais plébiscité « Behind the music », le troisième opus de ce sextuor suédois, album de l’année. Un disque qui ne puisait plus exclusivement son inspiration dans l’essence du psychédélisme, mais aussi dans toute l’histoire de la pop et du rock. Je vous invite d’ailleurs à relire cette chronique. « Origin Vol. 1 » est sculpté dans le même moule, mais revisite d’autres pans de l’histoire de cette musique. On y retrouve bien sûr toujours les références aux Beatles (le ‘lennonesque’ « Song for the others ») et au Floyd circa « The Piper at the Gates of Dawn ». Tout au long de « Believe I’ve found », c’est une évidence. Donc à Syd Barrett. Et lorsque la voix nasillarde d’Ebbot Lunberg emprunte ses inflexions sinusoïdales, c’est encore plus flagrant. L’esprit de Roger rencontre ainsi Lenny Kravitz sur le très groovy « Royal explosion (part II) », George Harrison tout au long du contagieux « Bordeline » et l’orientaliste « Wheels of boredom ». Mais à l’instar du défunt Guided By Voices, TSOOL a exhumé l’intensité hymnique du Who. Du chef d’œuvre « Tommy », bien sûr. Pensez à « Pinball wizard ». « Transcendental suicide », même si le sens mélodique rappelle les débuts d’Oasis, et le final « Age of no reply », nonobstant ses claviers rognés, ‘manzarekiens’ (NDR : comme chez les Doors, si vous préférez), épousent ce profil. Si « Bigtime » s’enfonce dans la noisy ténébreuse et hypnotique de Jesus & Mary Chain, l’allègre « Heading for a breakdown » adresse un clin d’œil aux Byrds. Violent, furieux et échevelé, « Mother one track mind » carbure sur un tempo punk que n’aurait pas renié le MC5. Enfin « Lone summer dream » bénéficie d’orchestrations somptueuses dignes de Love. A moins que ce ne soit des Pretty Things. En fait, le psychédélisme de l’œuvre est tellement ample, tellement riche, que je ne puis m’empêcher de penser à la période la plus hallucinée des Jolies Choses. Et pour couronner le tout, Jane Birkin est venue donner de la voix sur « Midnight children », une chanson tout aussi langoureuse, mais forcément moins sensuelle que le célèbre « Je t’aime, moi non plus », qu’elle partageait alors avec Gainsbarre. Et pourtant, on n’a jamais l’impression que l’œuvre souffre de revivalisme. En fait, TSOOL est encore une fois brillamment parvenu à transcender ses influences pour les conjuguer au présent. Et à ce titre, cet elpee mérite de figurer parmi les ‘musts’ de l’année…