La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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dEUS - 19/03/2026
Suede 12-03-26
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

The tide that left and never came back

Finn Adrews a donc viré tous les musiciens de son groupe, au début de l’été dernier. Depuis, il prépare l’enregistrement d’un deuxième album. Seul ? En compagnie de nouveaux musiciens ? On n’en sait strictement rien. Il a décidé de nous réserver la surprise. Issu du premier elpee (« The runaway found »), le contagieux « The tide that left and never came back » est paru début juin sous la forme d’un single et d’un 7”. Dans le premier cas, la flipside nous propose « The lydiard bell », une composition fragile et mélancolique tramée sur les accords d’un piano. Pour le 7”, on a droit à « The house she lived in », une plage fort intéressante. Hypnotique, aride, manifestement hantée par l’esprit du Velvet Underground, elle s’écarte totalement de l’univers balisé habituellement par les Veils…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

This is music : The singles 92-98

Au fil du temps, de plus en plus de formations contemporaines branchées sur la musique dite psychédélique se réclament de The Verve. Les Warlocks, The Music, les Vines et Black Rebel Motorcycle Club figurent parmi les plus notoires. Si vous n’avez jamais entendu que le hit planétaire “Bittersweet symphony”, voire le tubesque « The drugs don’t work », vous ne devez certainement penser que je vous raconte des salades. Et l’album « Urban hyms » qui recèle ces deux fragments ne fera qu’accentuer votre défiance. En fait, vous devez absolument avoir écouté « A storm in heaven » ou/et « A nothern soul » pour en comprendre la raison. Deux elpees devenus depuis incontournables. Maintenant, il est exact que pour concocter une telle solution sonore, The Verve était lui-même influencé par le Floyd circa Syd Barrett et par My Bloddy Valentine. Chez la formation issue de la région de Manchester (NDR : de Wigan, très exactement), cette période de créativité intense procédait de la collaboration entre deux personnages dotés de caractères versatiles. Richard Ashcroft, tout d’abord. Un chanteur au timbre exceptionnel, ample, éthéré. Nick McCabe, ensuite. Un guitariste inventif et surtout terriblement efficace. Surnommé ‘Richard le fou’, le charismatique Ashcroft affichait une exubérance excessive, alors que le taciturne Nick préférait l’expérimentation la plus pure. Une situation qui va déboucher sur un conflit d’ego. Et le remplacement de Nick par Simon Tong. Avant que Richard ne se rende compte que l’absence de son rival lui est préjudiciable. Et le rappelle pour enregistrer « Urban Hymns ». Mais le charme est rompu ; et si ce troisième opus recèle de remarquables mélodies hymniques, il y manque ce grain de folie que McCabe n’a pas eu le loisir d’injecter. Ce qui explique la nouvelle séparation et le début de la carrière solo de Richard Ashcroft. Cette compile réunit donc les plus grands succès du groupe issus des trois elpees, différents Ep’s, quelques flip sides et deux inédits (NDR : loin d’être indispensables, je vous l’avoue). Bref, si vous possédez toute la discographie de la formation, ce disque n’a guère d’utilité pour vous. A contrario, si vous souhaitez découvrir The Verve, cet opus (NDR : nonobstant son désordre chronologique) vous donnera une idée plus ou moins correcte de l’histoire d’une légende éphémère, mais qui est déjà parvenue à marquer l’histoire du rock et de la pop.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Winning days

En 2002, cette formation australienne avait frappé très fort lors de la sortie de son premier opus, « Highly evolved ». Un disque dont les chansons féroces, juvéniles, jubilatoires, parvenaient à emballer toute l'histoire du rock en quarante minutes : de la pop sixties aux métalleux d'aujourd'hui, sans jamais se casser les dents. Toujours produit par Rob Schnapf (NDR : mieux connu pour avoir mis en forme « Mellow gold » de Beck), « Winning Days » a mis davantage de pop dans son Vines ( ? ! ? ! ?). A cause des harmonies vocales, tout d’abord. Limpides, angéliques, ensoleillées, on les croirait presque empruntées, tantôt aux Beach Boys, tantôt aux Byrds. Et puis du sens mélodique capable de flirter avec la britpop. Et je pense tout particulièrement à « Rainfall » découpé dans les cordes de guitare bringuebalantes (Bluetones ?). A « Sun child » qui épouse un format électrique proche des débuts de Travis. Et puis au contagieux « She’s got something to say to me », dont l’emphase lorgne du côté d’Oasis. De psychédélisme également. Un psychédélisme visionnaire, aventureux qui ose une rencontre avec le punk gothique sur l’étonnant « Evil town ». On a parfois l’impression d’y vivre une rencontre entre le Floyd et Bauhaus. Même la voix de Craig Nicholls y épouse les inflexions de Peter Murphy. Une voix, tour à tour gémissante ou écorchée, hantée par le fantôme de Kurt Cobain sur le single furieux « Ride » et le ‘stoogien’ (guitare fiévreuse, tempo tribal, basse énigmatique) « Animal machine ». Un grunge qui prend, nonobstant son groove profond, des accents hymniques lors du final « F.T.W. ». En jouant la carte de l’éclectisme, les Vines vont fatalement s’adresser à un public plus large ; mais en même temps risquent fort de déplaire aux fans de la première heure. Ceux qui voyaient en eux l’esprit anarchique et à l’exubérance rock’n roll de rebelles …
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Pawn shoppe heart

Jason Stollsteimer était un ami de Jack White. Mais depuis que ce dernier lui a abîmé le portrait, les rapports entretenus par les deux formations issues de Detroit ne sont plus au beau fixe. Faut dire qu’avant de se retrouver à l’hosto, Jason avait cassé du sucre sur le dos du chanteur/compositeur/guitariste des White Stripes. Bref, à l’avenir, les organisateurs de concerts ont tout intérêt à ne plus les inviter à la même affiche. A moins de souscrire une bonne assurance… Venons-en donc au deuxième album des Von Bondies. Un disque sympa. Qui passe au crible le rock’n roll et le blues des 50’s, des 60’s et même des 70’s. A la mode garage. Otis Redding, Little Richard, Chuck Berry, Sreamin’ Jay Hawkins, les Animals, les Go Go’s, les Stooges, T Rex et Bowie (NDR : pensez à « The Jean Genie » et à « Rebel Rebel ») sont ainsi revisités en 13 fragments (NDR : il y a un morceau caché) et trois mouvements. Dans un style qui rappelle tantôt les White Stripes (NDR : faut pas leur dire hein, on n’est pas masos !), tantôt le Jon Spencer Blues Explosion, tantôt les Cramps. Le quatuor rend même un hommage au groupe new-yorkais sur « Poison Ivy ». L’elpee recèle également en « Ben swank », une compo réminiscente du « I’ a man » du Spencer Davis Group (NDR : à une époque où Steve Winwood y sévissait encore). Le son est crade, très souvent hanté par la guitare surf. Le tempo furieux ou nonchalant. Le climat moite, viscéral. Une sensation accentuée par le vocal sensuel de Jason, soutenu par des vocaux féminins qui ne le sont pas moins (NDR : sensuels bien sûr !). Une plaque qui inclut, bien sûr, l’inévitable single « C’mon c’mon » et dont la production a été assurée par l’ex Talking Heads, Jerry Harrison.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

The ultimate indie hooks compilation Vol.1

Concoctée par le label français Alcatraz, cette compile nous entraîne à la découverte de 9 groupes ou artistes en 10 morceaux. Le trio parisien Proxima a ainsi droit à deux plages, une formation qui avait d’ailleurs fait l’objet d’une chronique en 2002, pour son elpee « Music for pleasure ». Quatre autres formations issues de l’Hexagone ont ici encore droit au chapitre. Tout d’abord l’excellent Foggy Bottom, dont le rock noisy est aussi sucré que celui du défunt Sugar de Bob Mould. Arsen, ensuite. Niçois, cet ensemble pratique un punk calqué sur Placebo. Chez Amok, on imagine facilement une rencontre entre Luis Trio et Jean-Louis Murat. Reste Curtain. Une pâle imitation de Depeche Mode qui aurait troqué ses synthés pour des guitares. Trois bands nous viennent de l’autre côté de la Manche : Ely, Surface et Cutback. Irlandais, Ely pratique un post punk vivifiant, rafraîchissant, qui évoque Wedding Present. Les deux autres sont britanniques. Surface lorgne manifestement du côté des Smiths, alors que le mélange de pop et de funk affiché par Cutback n’a malheureusement pas le punch de Shriekback. Une seule américaine : Barbara Ann. On suppose qu’elle s’est inspirée des Beach Boys pour s’inventer un nom de scène. Musicalement elle flirte avec une sorte de metal proche de Juliana Hatfield, et chante un peu à la manière de Vanessa Paradis. Un beau brin de fille ! C’est d’ailleurs elle qui montre sa petite culotte sur l’image de la pochette.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Sundays Nights / The songs of Junior Kimbrough

Junior Kimbrough est décédé en 1997. Victime d’une crise cardiaque, il allait avoir 67 ans. Destin cruel pour ce formidable guitariste qui n’a connu son âge de gloire qu’après 1991. C'est-à-dire à l’issue de la projection du documentaire « Deep Blues », signé Robert Palmer. Il aura cependant encore le temps de commettre cinq elpees avant de s’éteindre. Kimbrough avait conçu son propre boogie blues dans son juke joint de Chulahoma ; une musique réputée sensuelle, viscérale, ténébreuse, primale, menaçante, malsaine, venimeuse et hypnotique qu’il communiquait à travers ses riffs de guitare, tout en grommelant d’une voix gémissante, traînante… Pour le reste, ne m’en demandez pas plus ; je vous renvoie aux textes de Jean-Claude, notre spécialiste en blues. Car cet opus n’est pas vraiment un disque de blues. Mais un recueil d’adaptations commises par 15 artistes différents en hommage à Junior. Certaines versions risquent même de provoquer des poussées d’urticaire chez lez puristes du blues. A l’instar de celle du « Sad days lonely nights » de Spiritualized. Plus proche du Velvet Underground que de Mr K. D’« I feel good again », traduite en chanson pop contagieuse par Pete Yorn. De « Lord have mercy on me » d’Outrageous Cherry. Flash-back psychédélique que les Stone Roses auraient pu recréer, s’ils s’étaient décidés un jour à reprendre Jimi Hendrixx. Et la plupart des artistes qui participent à ce tribut parviennent à donner une autre dimension aux chansons de Junior. Iggy Pop et ses Stooges (NDR : ils avaient tourné avec K. peu de temps avant sa mort) ont réalisé deux versions de « You better run ». Une première trempée dans le rock’n roll sauvage, frénétique. Plus sordide, plus proche de l’esprit de son auteur, la seconde bénéficie de la participation de Mike Watt, à la basse. Epaulé par le défunt Elliott Smith à la guitare acoustique, le Blues Explosion propose une adaptation très cool de « Meet me in the city ». Mark Lanegan à transformé le « All night long » en blues à la fois spectral et lascif. Thee Shams, formation de garage par excellence, a commis une version torrentueuse de « Release me », un peu dans l’esprit des Stones circa 60’s. Cat Power s’est accoquinée à Entrance pour concocter une version lancinante, ondoyante de « Do the romp » ; alors que les Fiery Furnaces sont parvenus à injecter une dose phénoménale de swing au delta blues « I’m leaving », tout en mettant en exergue la voix de juke joint d’Eleanor Friederberger. Tout au long de « Done, got old » des Heartless Bastards, la voix de Peggy Lee cherche à réincarner celle de Janis Joplin face aux fantômes des Small Faces. Vous comprenez pourquoi maintenant, les textes de Jean-Claude sont aussi prolixes. Car The Black Keys, Jim White, Whitley Kirst, Jack Oblivian et les Ponys ont également participé à cet hommage. Et si je m’étais attardé à l’analyse des covers commises par ces derniers cités, vingt lignes supplémentaires auraient été nécessaires…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

How to dismantle an atomic bomb

Vous avez acheté le nouveau U2, en gobant tout ce que les médias vous ont raconté. Même qu’ils affirmaient que le quatuor irlandais avait retrouvé la pêche de ses débuts. Et de « Boy », en particulier. Faut dire qu’à l’écoute de « Vertigo », matraqué sur toutes les ondes, il était difficile de ne pas tomber dans le panneau. Vous regrettez déjà votre achat ? Fallait vous méfier et lire la presse indépendante. Bon, oui c’est vrai, Musiczine ne l’avait pas encore chroniqué. Mais, en général, lorsque nous passons au-dessus d’un album, c’est qu’il n’est pas incontournable. Maintenant, il faut quand même reconnaître que cet opus recèle quatre très bonnes chansons. Le single, bien sûr. L’excellent « Love and peace », composition novatrice, sur laquelle le tandem Eno/Lanois a été reconstitué pour la mise en forme. Le pétillant « All because of you » ; et puis le rafraîchissant et bringuebalant « Crumbs from your table ». Des morceaux sur lesquels la guitare de The Edge a retrouvé tout son tranchant. Et la collaboration de Steve Lillywhite à la production (« Boy », « October », « War », « Under a blood red sky »), n’y est pas étrangère. En outre, les lyrics sont toujours aussi puissants, lucides et humains (NDR : le père de Bono est décédé et il lui rend hommage à travers deux chansons). Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour confectionner une petite bombe. Malheureusement démantelée par les 7 autres compos qui oscillent entre le banal et le prévisible en passant par le dispensable. 3,6/10.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Det er mig der holder traeerne sammen

Under Byen (NDR: prononcez ‘Oonda Pooyen’) nous vient du Danemark. D’Aarhus, très exactement. Une formation composée de la bagatelle de huit musiciens. Quatre garçons et quatre filles. Un line up au sein duquel les parties de guitares sont plutôt rares. Mais qui recèle notamment un claviériste/pianiste, un drummer, une bassiste, une violoncelliste et un violoniste. Les autres se partageant une foule d’instruments dont les percussions, le mélodica, les claviers, l’ukulélé, le trombone, la lapsteel et autres éléments insolites ou issus de la technologie moderne. Plusieurs membres du groupe avaient participé à la confection de l’album de Howe Gelb, « The Listener », paru en 2003. Et puis la formation s’est déjà illustrée en composant la bande sonore de longs métrages, ainsi que de pièces de théâtre. Pour enregistrer cet elpee, le band a reçu la collaboration de quelques cuivres. Et puis, il y a la chanteuse, Henriette Sennenvaldt. Responsable des lyrics, elle possède une très belle voix. Dont le timbre velouté, sensuel, rappelle Björk, mais sans les inflexions furieuses et énervées. Eponyme, leur premier elpee avait bénéficié de la collaboration de Manne Von Ahn Öberg », responsable de la mise en forme de « Star », opus de Stina Nordestam. Ce qui explique sans soute pourquoi il était également tapissé de cordes. Une artiste à qui, Under Byen voue une grande admiration. « Det er mig der holder traeerne sammen » se révèle beaucoup plus équilibré, affichant pour dénominateur commun le piano. Naviguant quelque part entre jazz, folk, pop, rock, classique et trip hop, cette œuvre nous plonge dans un univers visionnaire, impressionniste, mystérieux presque féerique. Chaque musicien y joue sur les textures et les couleurs sonores pour construire un paysage émotionnel au sein duquel on a l’impression qu’Henriette chuchote des mots voluptueux au creux de votre oreille (NDR : elle chante en danois, alors ne me demandez pas ce qu’elle raconte ; et puis, c’est toujours mieux de fantasmer, quand on ne comprend rien…) Mais si la musique d’Under Byen concède d’inévitables affinités avec celle de Björk et de Stina Nordestam, elle lorgne aussi vers des ensembles aussi atypiques que Portishead et Sigur Ros. Et un artiste aussi intemporel que David Sylvian. Construite en crescendo, les 12 minutes du final « Om Vinteren » en sont la plus belle illustration. Une plage splendide, envoûtante : un escalier pour la stratosphère…
mardi, 21 avril 2009 22:34

Megaphone’s Judas

Artiste complet, Juan d’Oultremont est surtout connu pour l’émission culte, « Le jeu des dictionnaires », qu’il présente sur la RTBF. Pourtant, il est également responsable de quelques clips et textes pour des tubes qui ont marqué les hit-parades. « Cœur de loup », entre autres. Il est également auteur de romans, de nouvelles et d’une pièce de théâtre ; et puis il a aussi dessiné des pochettes pour le label Blue Note. Enfin, en 2006, il avait commis un premier album, « Bambi is dead », déjà à l’initiative de Miam Monster Miam

Pour enregistrer ce second elpee, Juan a de nouveau bénéficié du concours de Miam. A la composition et à la production. Et on suppose, occasionnellement à la guitare acoustique. Des beats du Dj de Starflam, Mig One. Des vocaux de la comédienne Isabelle Wery sur le titre maître, un pastiche morbide de l’Eurovision (« Suicide one point ») et sur l’argotique « Putain/Purée ». Les textes, vous vous en doutez, sont de la plume de d’Oultremont. Et croyez-le, c’est un fameux jongleur de mots. Cette prose s’avère même périlleuse lors des numéros-phares du spectacle, « Ma trapéziste » et « Cowboy », un drôle de mambo-électro. Un morceau en anglais : « Judas Escariot », sorte d’acrobatie improbable entre les Cramps, Depeche Mode et Sisters Of Mercy. On épinglera également un lugubre « Dolly » qu’il interprète d’une voix déclamatoire, en empruntant des inflexions à Léo Ferré. Des inflexions qu’on retrouve quand même régulièrement tout au long de l’elpee, même si parfois on a l’impression qu’il cherche à moduler son timbre comme Gainsbourg à ses débuts. L’univers de Megaphone’s Judas ressemble à un cirque. Sur la piste, tous les artistes se produisent au même moment. Sauf les clowns. Ils ricanent dans leur coin. Brrrr…

 

mardi, 21 avril 2009 22:32

Le cowboy et la call-girl

Jacques Duvall est surtout connu pour avoir écrit le fameux « Banana Split » pour Lio. Originaire de la région bruxelloise, ce parolier de l’ombre a aussi alimenté la prose des chansons d’Alain Chamfort, des Sparks, de Jane Birkin, de Lisa Ekdahl ou encore d’Etienne Daho. Entre autres. Certains de ses textes sont cependant restés sur le carreau. Et en 2006, il s’est décidé à récupérer certains d’entre eux pour concocter l’album « Hantises ». Elaboré dans le même esprit, « Le cowboy et la call-girl » constitue donc son deuxième opus. Un disque habillé d’une superbe pochette inspirée par la bande dessinée (NDR : on a presque envie d’entrer dans la bulle de ce ‘comics’ !)

Pour enregistrer cet elpee, Jacques a reçu le concours de toute une série de collaborateurs. Tout d’abord le Newyorkais Kramer. A la production (NDR : sa carte de visite épingle notamment Butthole Surfers, Half Japanese, Daniel Johnston et Perverted By Desire) ; mais également aux claviers et au mellotron. L’inévitable Benjamin Schoos. Surtout aux guitares. Normal, puisque ce disque est paru sur son label Freaksville. Et parmi les plus connus, on retiendra encore la présence de Thiery Commen à l’harmonica sur le blues lancinant, abordé dans l’esprit d’un Mark Knopfler, « Ougrée » ; ainsi que Jérôme Mardaga (Jeronimo !) à la steel guitar tout au long de « Marquise ». Vu le titre de l’album, on pourrait croire que la musique proposée lorgne essentiellement vers la country. Pas du tout. Elle privilégie surtout le psyché/blues/garage sixties. Guitares fuzz, torturées, vibrato, stax (« Ta main ») ou surf, claviers rognés, fluides, r&b, voix de crooner, caverneuse (NDR : une sorte d’hybride entre Bashung et Renaud), harmonica hanté (NDR : sur « Comme le font les femmes », un pastiche du « Just like a woman » de Bob Dylan), un zeste de chœurs doo-wop féminins (« La poupée borgne »), du yé-yé (NDR : la ritournelle « Raconte-moi ») et même un slow crapuleux, caressé par le souffle d’une trompette langoureuse, en finale (NDR : le titre maître). Une plage radicalement psychédélique : « Marianne Renoir », tramée dans un style proche de Galaxie 500 (NDR : tiens, tiens, n’est-ce pas Kramer qui avait mis en forme le premier elpee de ce trio mythique ?) Bref, un disque qui tient la route, même si ce décalage entre la solution sonore et les lyrics dans la langue de Molière pourrait heurter les puristes…