Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Chroniques

Vampire Weekend

Father of the Bride

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Après la sortie de « Modern Vampires of The City », en 2013, les membres de Vampire Weekend ont développé leurs propres projets. Ils sont donc de retour pour ce quatrième LP baptisé « Father of the bride ». Enfin pas tous, puisque Rostam Batmanglij s’est distancié du combo depuis 2016, même s’il a apporté son concours sur un titre, comme producteur et co-auteur. Le line up du band implique donc aujourd’hui, le drummer Chris Tomson, le bassiste Chris Baio et le chanteur/guitariste/parolier Ezra Koening qui semble donc avoir pris le leadership.

Si vous avez aimez les rythmes caribéens des trois premiers essais, vous risquez d’être déçus. Et pourtant, tout au long des 18 compos de ce long playing, V.W. continue d’expérimenter. Mais en tirant un peu dans toutes les directions, le mélomane finit par perdre le fil conducteur. Lors des sessions, le band a reçu le concours de quelques invités, dont Danielle Haim au chant, et tout particulièrement sur l’excellent titre d’ouverture, « Hold you now », une piste de country/folk alimentée par une guitare jouée en picking, du violoncelle, de la pedal steel et une chorale angélique. Puis Steve Lacy, le guitariste d’Internet. En particulier sur le jazzyfiant « Sunflower » et la samba/rock « Flower moon ». Parmi les titres qui sortent du lot, on épinglera « Harmony hall », une compo caractérisée par cette guitare encore et toujours en picking, mais en boucle, et des ivoires sémillantes comme chez Primal Scream. Caractérisé par cette ligne de basse jazz/fusion et ses orchestrations flottantes, « Unbearably white » lorgne carrément vers le « Graceland » de Paul Simon. Tout comme le rétro et minimaliste « Rich man », malgré des arrangements de cordes sinueux, presque orientaux. Et enfin, le singulier et enlevé « Sympathy » qui aurait pu naître d’une rencontre entre Arcade Fire et les Doobie Brothers.

Pour confirmer cette impression de fourre-tout, on pourrait encore signaler la présence d’une guitare gémissante empruntée à feu George Harrison, sur le folk futuriste « Big blue », une autre réminiscente de Big Country sur « We belong together », de la rumba, du cabaret, des figures de style baroques, du funk 70’s et des samples. On a même droit à ce clin d’œil adressé à Van Morrison sur l’insouciant et allègre « This life ». L’album s’achève par l’hymnique et mélancolique, « Jerusalem, New York, Berlin », une compo colorée par quelques jolis arpèges de piano.

Bref, une œuvre sans doute audacieuse, agréable à l’écoute mais manifestement trop longue et un peu trop décousue pour vraiment faire la différence.

Hater

Siesta

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En Scandinavie –et en Suède tout particulièrement– la scène inde/pop est toujours aussi fertile. Et régulièrement, elle accouche d’excellents artistes ou groupes dans le style.

Hater vient donc de s’ajouter à une longue liste sur laquelle figure déjà, entre autres, El Pero Del Mar, The Cardigans, The Radio Dept. Et plus récemment Death and Vanilla. Etabli à Malmö ce jeune quatuor nous propose son second elpee, un opus langoureux et acidulé truffé de perles romantiques. Dont « It’s So Easy » constitue le plus bel exemple. L’esprit innocent de Virgin Suicides y plane tout au long de cette plage… Les guitares délicatement ‘smithiennes’ de « Thing To Keep Up With » répondent aux interventions déroutantes du saxo qui soufflent sur « Fall Off » ou aux claviers atmosphériques propagés du côté d’« I Sure Want To ». En outre, la voix fragile et sucrée de Caroline Landahl risque de faire des ravages au sein des cœurs mélancoliques. Ils ne pourront d’ailleurs que chavirer à l’écoute de’« I Wish I Gave You More Time Because I Love You ». Si vous êtes fans de Belle and Sebastian, ne manquez pas l’aubaine !

Charlotte

Force et Amour

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Charlotte est la fille de deux personnalités qui sont parvenues à se faire une place dans le monde très fermé du show business alors que pratiquement tout le monde les a oubliées (ou presque).

Qui sont-elles ? Muriel Dacq (Tropique) et Alec Mansion (Léopold Nord & vous) qui ont vendu près de deux millions de disques au cours des années 80. Qui peut se targuer aujourd’hui de pouvoir réaliser une telle prouesse ?

Nouvelle voix dans le paysage musical belge donc, la demoiselle évoque Lana Del Rey tant dans le mysticisme qu’à travers l'esthétique, les vidéos, le style vestimentaire et (accessoirement) musical.

Intitulé « Force et Amour », son elpee est plutôt réussi. L’essentiel des ingrédients sont réunis : un soupçon d’électro, une voix suave susceptible de vous flanquer des frissons partout (NDR : la plage d’ouverture vaut à elle seule le détour), des titres courts et des refrains que l’on aimerait revivre en boucle…

Ses quatre premiers singles « Pars », « Ta peau », « Fuis » et « Je plane » ont été largement diffusés sur les ondes radiophoniques et ont suscité une franche curiosité chez les auditeurs.

Sur fond de dream/pop, cet opus est un condensé d’émotions fulgurantes et intransigeantes entre rêve et réalité. Quelque chose de positif avec un spectre plus dark à la fois.

Les textes sont écrits en français et racontent de vraies histoires engageantes et faussement légères. Elle s’épanche sur des amours passionnément envoûtants lorsqu’elle n’aborde pas l’individualisme ou la collectivité (« Nous sommes ») à travers le prisme des yeux d’une jeune fille de son époque.

Elle aime aussi (se) raconter sur des sujets plus personnels « Ta peau », titre qui dépeint une relation de couple fragile et fusionnelle à la fois. Charlotte est une toute jeune femme qui déborde d’idéaux alors que les séparations et les divorces n’ont jamais enregistré un tel boom aujourd’hui. Paradoxe quand tu nous tiens…

Si vous aimez l’univers d’un certain Daughter, groupe de shoegazing britannique, drivé par Elena Tonra, vous devriez succomber à l’expression sonore libérée par cet LP.

Bref, de l’amour il y a, sans aucun doute. De la force, un peu moins, en tout cas dans le sens primitif du terme. Si ce n’est alors de la force de persuasion. Ou la force de l’amour ?

White Denim

Performance

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Fondé il y a déjà 15 ans, ce groupe texan nous propose son septième elpee, un disque paru pour la première fois chez City Slang, label américain qui héberge notamment Calexico, Lambchop ou encore Timber Timbre. Une nouvelle étape dans le parcours de White Denim, qui n’a cessé de gravir les échelons.

“Performance” constituait une étape ‘périlleuse’ dans la progression de White Denim, vu le changement de batteur et claviériste. Et autant le dire d’emblée, la transition a été parfaitement opérée…  

Si le quatuor emmené par le chanteur/guitariste James Petrolli continue sur sa lancée, il a laissé de côté ses influences psychédéliques. Dès le morceau d’entrée, “Magazin”, les guitares blues/rock spécifiques au band sont bien présentes. Et dans la foulée, le titre maître épouse le même profil. “Fine Slime” s’emballe. Le funk et le blues se conjuguent, libérant alors une bonne dose de swing. “Double Death” nous entraîne dans un univers proche de James Brown. Et le reste vaut également le détour, les Yankees prenant manifestement beaucoup de plaisir à alterner ou agréger les styles tout en adressant des clins d’œil répétés au bon rock’n’blues des 70’s.

Quel bonheur de remonter les décennies, loin des synthés, boîtes à rythmes et autres sonorités électroniques qui sévissent actuellement. Une véritable bouffée d’air frais !

Lonnie Holley

MITH

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A l’âge de 68 ans, Lonnie Holley a eu une vie bien chargée. Né en 1950 à Birmingham dans l’Alabama au sein d’une famille de 27 enfants, il a grandi dans un système américain ségrégationniste et a connu les champs de coton. Ce passé a forgé son caractère et son art qu’il a développé durant toute sa vie que ce soit à travers la sculpture, la peinture ou la musique. Le seul fil rouge de l’artiste est l’expérimentation et l’engagement politique. “MITH”, son troisième opus, ne déroge pas à la règle.

D’abord, il a l’audace de proposer une plage épurée de plus de 18 minutes (“Snuck off the slave ship”). Tout en mêlant le gospel, le blues ou encore le free-jazz, Holley Lonnie revient sur les thèmes qui ont marqué sa vie tels que le racisme (“I’m a Suspect”) ou encore l’engagement politique (“I woke up in a fucked-up America”). La musique de l’Américain est cependant souvent dépouillée. A l’instar de “Back for me”, qu’il interprète seul au piano, dans un style qui évoque Benjamin Clementine, sa voix empruntant un timbre fort proche. Pourtant, lorsqu’on écoute plus attentivement les compos, on décèle une texture sonore plus riche qu’elle n’y paraît, une texture sur laquelle les nappes de voix et les instruments se superposent (”How far is Space-out?”). 

Difficile d’accès à la première écoute, cet album mérite pourtant que l’on s’y attarde, que l’on prenne le temps de le découvrir et d’explorer la musique et les paroles des différents morceaux. A cette condition, vous n resterez pas indifférent à ce long playing de ce vieux ‘sage’...

Cachemire

Qui Est la Punk ?

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‘Qui Est la Punk ?’ constitue le second opus de Cachemire, un disque dont la pochette est illustrée par la photo d’une dame âgée résolument rock’n’roll. Le groupe breton ne ment d’ailleurs pas sur la marchandise. Ses salves électrisées ont été mises en forme par l’expérimenté Charles de Schutter (-M-, Superbus, Ghinzu, No One Is Innocent) alimentent un rock au teintes pop/punk assez basique et diablement énergique. Interprété en français, les 13 morceaux rentre-dedans nous réservent des refrains à reprendre en chœur. Sans être particulièrement orignaux, ces pistes devraient plaire aux fans de Tagada Jones, des Wampas et autres adeptes de riffs sur-vitaminés. Une texture sonore pas aussi délicate que le cachemire mais plutôt chaude comme un bon pull de laine qui tient chaud lors d’un festival, le soir, endroit le groupe doit probablement faire des étincelles…

Various Artists

The Rick and Morty Soundtrack

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Si l’univers totalement barré de ‘Rick et Morty’ ne vous est pas familier, on ne peut que vous conseiller de plonger avec délectation dans une série animée follement drôle et irrévérencieuse ne supportant pas la moindre limite quant à un éventuel bon goût… le petit (idiot !) et timide Rick suit Morty, son scientifique grand-père vulgaire et alcoolique dans des virées ‘sci-fi’ au mauvais goût joyeusement assumé. Ces aventures traduisent une réelle critique de la société comme le propagent depuis des années les Simpsons et autres South Park. Petit ovni musical, la bande-son de cet univers unique mixe des extraits sonores déjantés, des morceaux hip-hop humoristiques (« Alien Jazz Rap », « The Flu Hatin’ Rap » :  tout un programme !) et des compositions signées par quelques maîtres de l’indie-rock tels que Mazzy Star, Chaos Chaos, Chad VanGaalen ou Blonde Redhead. Les fans adoreront, les autres ne s’ennuieront pas une seconde. 

Priests

The seduction of Kansas

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Issu de Washington DC, Priests a enregistré deux albums à ce jour. Le premier, « Nothing feels natural », remonte à 2017. Et son deuxième, « The seduction of Kansas » vient de sortir. Un disque qui s’inspire de l’ouvrage de l’historien Thomas Frank, « What’s the matter with Kansas ». Publié en 2014, il explique comment les conservateurs ont gagné les voix des électeurs aux States. Depuis la sortie du premier elpee, la bassiste originelle, Taylor Mulitz a cédé le relais à la multi-instrumentiste Janel Leppin, qui avait déjà participé aux sessions du précédent long playing. Et c’est à nouveau John Cogleton qui s’est chargé de la mise en forme.

Maintenant, place à la grosse surprise de ce premier trimestre de l’année. Découpé en 12 pistes, ce long playing baigne, en général, dans le post punk. En extrapolant, on pourrait imaginer un croisement entre les Slits, Siouxsie & The Banshees et les Throwing Muses originels. La voix de Katie est très susceptible de passer de l’aigrelet au clair, mais aussi d’adopter un ton frénétique. Et elle est régulièrement soutenue par celle de Janel, quand cette dernière ne lui donne pas la répartie. Tour à tour effilées, chatoyantes ou carillonnantes, les cordes de guitare sont hantées par Tristan Garel-Funk (Sad Lovers & Giants), quand elles ne gémissent pas comme celles d’Andy Gill (« YouTube Sartre »), le leader de Gang of Four, sans pour autant adopter un profil funk blanc. L’ombre de SL&G rôde encore tout au long de « Not perceived », une excellente compo caractérisée par cette ligne de basse ascendante et celle de guitare descendante. Et si la basse est bien bavarde tout au long de « I’m clean », « Carol » se révèle paradoxalement à la fois glauque et complexe. Un autre sommet de cet LP. Les textes sont engagés, mais suscitent davantage de questions que de réponses. A l’instar d’« Interlude », un morceau au cours duquel, à travers un spoken word, le rêve américain est carrément dézingué. Car violé et abusé par les partis politiques et les multinationales, sur l’autel de la société d’hyperconsommation…

Un des albums de l’année !

En concert le 17 mai à l’Aéronef de Lille et le 20 au Botanique de Bruxelles.

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