L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Ora Cogan
The Cure
Chroniques

Emma Sand

Door to door (Ep)

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« Door to door » constitue le deuxième Ep d’Emma Sand et fait suite à « Wonderland », paru en 2016. Pour le réaliser, elle et son groupe ont notamment reçu le concours d’Yves Péchin –guitariste pour feu Alain Bashung, Brigitte Fontaine, HF Thiefaine et Rachid Taha, ainsi que compositeur– aux arrangements.

Découpé en 6 pistes, le disque s’ouvre par « The green ray », une plage déchirée entre blues et valse lente, caractérisée par une guitare souvent jouée en slide et des claviers vaporeux. Paso doble coloré par les interventions de gratte surf, « Son of man » aurait pu figurer au répertoire de Vaya Con Dios. Enigmatique, véhiculant parfois des accents orientalistes, le titre maître baigne au sein d’un climat réminiscent du psychédélisme pratiqué sur la West Coast, fin des sixties par Jefferson Airplane. Cordes acoustiques et électriques tissent la trame de « Silver ashes », une compo bluesy teintée d’un zeste d’électro. Pseudo blues, « Surrender » met en exergue l’amplitude du drumming, alors que « The first day (waiting) » progresse à pas feutrés sur un rythme lancinant… Sur ces deux derniers titres, le timbre d’Emma se révèle plus clair. Mais c’est sans doute là que l’oreille de votre serviteur cale. Car si sa voix est irréprochable, elle manque singulièrement de modulation dans les inflexions et surtout de puissance, une carence en relief peut-être due au mixing…

Rosalyn

All your silences

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Rosalyn c’est le second projet du duo Frédéric Aellen/Raul Bortolotti, déjà impliqués chez The Electrical View. Le premier milite, en outre chez Sonograph et le deuxième au sein de Kruger et No Sun in San Francisco. Des musiciens helvètes qui pour enregistrer cet « All your silences », ont reçu le concours d’un pianiste et d’un trio à cordes (violon, alto, violoncelle).

La plupart des compositions sont tramées sur un même schéma, soit une boucle de gratte acoustique ou semi-acoustique jouée en picking, sur laquelle vient se greffer tous les autres éléments instrumentaux et parfois des orchestrations symphoniques voire même électroniques, comme une boîte à rythmes ou des synthés. Mélancolique, le climat évoque très souvent Sophia, la voix de Frédéric rappelant même régulièrement celle d’un certain Robin Proper-Sheppard.

Gruff Rhys

Babelsberg

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Gruff Rhys peut se targuer d’avoir inscrit Super Furry Animals sur la carte des formations galloises les plus notoires du rock. Cependant, depuis 2005, il mène, en parallèle, une carrière en solitaire. “Babelsberg” constitue son cinquième opus solo, un disque pour lequel il a décidé de revenir sur le label anglais Rough Trade.

Lors des sessions d’enregistrement, l’artiste s’est quand même entouré de collaborateurs, dont quelques amis, parmi lesquels figurent Kliph Scurlock (batteur chez Flaming Lips) ou encore Stephen Black, notamment aperçu aux côtés de Cat Le Bon. Mais surtout, il a invité le BBC National Orchestra of Wales, soit un ensemble de 72 musiciens. De quoi nuancer le concept d’album solo…

Sans surprise, les 10 morceaux de cet album sont richement instrumentés. Des cordes, des cuivres et des tas d’autres instruments contribuent aux morceaux, en fonction des circonstances. Mais toute cette instrumentation est destinée à mettre en exergue la voix de dandy gallois. Et sur cette musique apparemment enjouée, il vient poser des textes post-apocalyptiques. Tout au long de cet LP, Gruff Rhys ressuscite les meilleurs moments de la pop anglaise. On pense à Jarvis Cocker, Damon Albarn, voire aux Beatles. D’ailleurs, à l’instar de ces derniers, il parvient à pondre des mélodies qui restent solidement et longtemps ancrées dans le crâne...

En gravant “Babelsberg”, Gruff Rhys tutoie à nouveau les sommets. A écouter sans modération malgré des textes à déconseiller aux dépressifs. D’ailleurs si vous parvenez à en faire abstraction, cette musique devrait vous permettre de démarrer votre journée sous les meilleurs auspices…

Lori McKenna

The Tree (2)

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Outre-Atlantique, Lori McKenna jouit d’une certaine notoriété. Elle a ainsi décroché de nombreux prix dans l’univers de la country et de l’americana. Native du Massachussetts, cette songwritrice compte un peu plus de 20 ans de carrière, une période au cours de laquelle, elle a gravé dix albums, dont le dernier s’intitule « The tree ». En outre, récemment, elle a co-écrit la bande originale du film “A Star is Born”.

Les onze morceaux de cet opus sont sculptés dans ce même style bien classique. Lori McKenna nous raconte des bouts de vie (qui concernent le plus souvent sa famille), en s’accompagnant à la sèche. Parfois, elle est soutenue par une basse, quelques chœurs mais aussi l’incontournable lap steel pour ce style de musique. Si l’écoute des morceaux de cet elpee n’est pas désagréable, il faut reconnaître qu’ils se ressemblent beaucoup trop. Bref, ce n’est pas après avoir publié ce « The Tree » que Lori McKenna parviendra à dépasser les frontières du pays de l’oncle Sam… 

Sebadoh

Act surprised

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« Act surprised » constitue le 9eme elpee de Sebadoh et fait suite à « Defend yourself », gravé en 2013. Sur cet opus découpé en 15 plages, le trio est en toute grande forme. L’écriture et le chant sont équitablement partagés entre Lou Barlow et Jason Loewestein, des lyrics qui abordent des sujets aussi divers que l’angoisse face à l’évolution de la société, la dépendance aux drogues dures, l’humanisme et le regret quand ils ne tentent pas d’apporter une réponse aux véritables tourments causés par la politique dans le monde.

Musicalement, la formation affiche une remarquable cohésion pour nous livrer des titres qui oscillent entre la pop, le pop/rock, le rock et le grunge. Un grunge revitalisé, comme sur l’épatant et ténébreux « Vacation », malgré une petite envolée crazyhorsienne, « Get surprised », l’entraînant « Stunned » ou encore « Battery ». Pop, à l’instar de l’allègre « See-saw », de l’hymnique « Fool », de l’élégant « Sunshine » ou encore de « Belief », une chanson qui semble tourmentée par l’esprit du « Blowin’ in the wind » de Dylan. Mais surtout chargés d’intensité, comme sur les morceaux grunge, mais également lors de l’entrée en matière « Phantom », une plage punchy, chargée de groove, au cours de laquelle le batteur, Bob d’Ammico étale toute l’amplitude de son drumming. Puis bien sûr tout au long de « Leap year », dont le titre est répété inlassablement comme un slogan, alors que les éclats de gratte libèrent toute leur acidité. Des cordes qui scintillent de mille feux pendant l’incisif « Follow the breath ». Le long playing nous réserve deux ballades mid tempo plus complexes. Tout d’abord « Celebrate the void », un titre caractérisé par des changements de tempo, puis « Reykjavik », dont la voix rappelle quelque part, celle de Peter Gabriel. Bref un chouette album qui devrait plaire aux mélomanes raffolant de pop/rock bien électrique et mélodique…

-M-

Lettre infinie

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Le chiffre 13 est un peu mis à toutes les sauces tout au long du nouvel elpee de Matthieu Chedid. Outre la typographie –qui représente la treizième lettre de l’alphabet latin– s’est offert un double luxe : 13 titres et un ‘M’ qui apparaît 13 fois sur l’artwork.

Si en numérologie, cette symbolique signifie la fin de quelque chose et le commencement d’autre chose, le hasard fait bien ces choses puisque c’est le sujet qui est traité tout au long de ce 6ème LP studio. Un disque sur lequel on retrouve la patte de Thomas Bangalter, la moitié de Daft Punk...

Hormis sur l’un ou l’autre morceau, comme pour "Alchimiste" et "Grand petit con", les riffs et solos de gratte tonitruants sont moins présents, et laissent davantage de place aux textes à la fois subtils, profonds et espiègles, à l’instar de "Passions éphémères", "Bonheurs intemporels" et "Révolutions intérieures".

Nouveauté également, la présence de sa fille Billie qui fait bien plus que poser sa voix sur la (presque) totalité des compos, son timbre épousant à merveille celui du paternel. Une jolie ballade en guise de déclamation d’amour lui est même dédiée en clôture. A coup sûr, les Chedid aiment travailler en famille puisque la mère de la petite s’était essayée sur les premiers disques de sa moitié.

Même Happy, le chat a apporté sa collaboration, son ronronnement ouvrant une « Thérapie » d’une grandiloquence cérébrale où son nom est scandé tout au long de l’interprétation.

Après vingt ans de carrière, sa « Lettre infinie » signe là non pas, à proprement parler, une révolution, mais une lecture intéressante de ce qu’il a pu nous proposer jusqu’alors.

Si la pièce maîtresse de ce disque repose sur une constante : proposer un produit finement abouti tant dans les textes que les arrangements, les moyens d’y parvenir sont intellectuellement plus perspicaces et réfléchis. Davantage de raffinement que d’apparat donc !

Lors de son expérimentation, le fils de Louis s’est fixé une ligne de conduite en créant une atmosphère dans laquelle il se sent bien ; un peu comme si l’éternel ado avait décidé tout à coup qu’il était temps de grandir, à l’instar de « L’autre paradis » ou encore « L.O.Ï.C.A. » (sa compagne), dont la ligne mélodique est tracée par le piano et la clarinette…

Bref, si le disque n’oublie pas ses fondamentaux, il incite au voyage, et en adressant un clin d’œil à l’Afrique, « Massaï » nous le rappelle.

Guided By Voices

Zeppelin over China

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Robert Pollard ne fait jamais les choses à moitié. Il vient donc de graver un double album studio réunissant la bagatelle de 32 morceaux en 75 minutes. Auteur de plus de 100 elpees à ce jour (NDR : le 26eme pour GBV), si on tient compte de l’ensemble de ses projets, il aurait ralenti la cadence. Ce qui ne va pas l’empêcher de publier un nouvel opus, en février 2020, dont il a déjà choisi le titre, « Street party ».

Mais penchons-nous sur « Zeppelin over China ». Tout d’abord et c’est une constante, la voix sinusoïdale de Bob évoque toujours autant celle de Roger Daltrey, mais sans grimper aussi haut dans les octaves. D’ailleurs quelques plages (l’enlevé « Wrong turn on » et l’hymnique « My future in Barcelona », au cours duquel son esprit tordu imagine sa retraite lointaine) rappellent carrément le « Tommy » du Who. Mais pas seulement. Faut dire qu’en 32 pistes, il y a de quoi varier les plaisirs. Plusieurs plages sont enrichies d’arrangements de cordes et même de cuivres (la valse lente « Vertiginous Rafts »), des arrangements qui communiquent alors souvent un profil prog à l’expression sonore ; et c’est particulièrement flagrant tout au long de « The hearing department » ainsi que « Question of the test ». Et puis d’autres baignent dans le groove metal yankee (Prong ?), comme « Blurring the contacts », « Holy rhythm » et même « Carapace », dont le riff rythmique et hypnotique semble emprunté au « You really got me » des Kinks. Précision, le line up implique deux ou trois sixcordistes, selon les morceaux. Punk, « Where have you been all my life » est attaqué dans l’esprit… d’Ed Kuepper, alors que le légèrement psyché « Cold cold hands » réserve des harmonies vocales hantées par David Byrne. Interprété au piano, et enrichi d’arrangements de cordes, « Enough is never at the end », nous entraîne dans le cabaret tandis que « Jam Warsong » adopte le rythme du boogie bolanesque. On épinglera encore des titres semi-acoustiques et des compos plus pop, dont celle qui bénéficie d’une superbe mélodie, « Everything thrilling ». Enfin, c’est Travis Harrison qui s’est chargé de la mise en forme et tout particulièrement de ces fameux arrangements de cordes, apportant à la musique fondamentalement lo-fi de Guided By Voices, une dimension plus majestueuse…

Royal Trux

White Stuff

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Royal Trux a donc opéré son retour sur disque. Et c’est une surprise ! « White Stuff » constitue son onzième opus. 18 longues années après avoir quitté les chemins escarpés de l’indie rock, le mythique et sulfureux duo réunissant Neil Hagerty et Jennifer Herrema allait-il conserver cette morgue inégalable, suite à une série interminable de scandales liés à la drogue et autres excès en tout genre. Le groupe/couple se serait déjà séparé depuis lors… Difficile de faire plus rock’n’roll que Royal Trux mais qu’en est-il de sa musique qui était à l’époque un irrésistible mix –étonnement mélodique– de blues poisseux et d’effluves psyché-grunge ? Le côté hymnique des compositions je-m’en-foutiste demeure intact (« Year of the Dog ») tout comme les accès de guitare crasses (« Suburban Junky Lady ») et les accents bluesy déviants (« Purple Audacity #2 »). Leurs voix s’entrelacent avec une coolitude jamais démentie. Rien n’a réellement changé du côté de Royal Trux si l’on excepte l’étonnante incartade hip-hop opérée en compagnie de Kool Keith sur « Shows & Tags »… C’est une certitude, The Kills leur doivent tout ! Un comeback plus qu’honorable…

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