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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Chroniques

Cass McCombs

Tip of the sphere

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Neuvième opus solo pour Cass McCombs, un disque qui fait suite à « Skiff », un album enregistré par le supergroupe The Skiffle Players, projet auquel il participe. Pour enregistrer cet elpee, il a reçu le concours des fidèles musicos de son backing band, en l’occurrence le bassiste Dan Horne, le drummer Otto Hauser et le claviériste Frank LoCrasto.

Découpé en 11 pistes, cet LP ne souffre d’aucune faiblesse. Sur un ton relativement paisible, Cass aborde des thèmes tour à tour spirituels ou personnels mais parfois morbides. Il évoque la réincarnation sur « Estrella » ; baignant au sein d’un climat atmosphérique réminiscent de Dire Straits, cette plage rend hommage à l’artiste mexicain Juan Gabriel. Il aborde le thème du suicide sur « Sidewalk bop after suicide », une ballade mid tempo qui, malgré le recours aux synthés, nous replonge dans l’univers du Buffalo Springfield. Il parle de la lutte des classes sur « Sleeping volcanoes », une ritournelle caractérisée par une ligne de basse offensive. Enfin, tout au long du lugubre « American canyon sutra », il déclame ou chante d’une manière incantatoire, alors qu’une guitare semble sonner le glas. Valse lente, « Tying up loose ends » traite des derniers instants avant la mort. Bref, chaque chanson développe son propre thème. Mais penchons-nous davantage sur la musique.

Le disque s’ouvre ainsi par « I followed the river South to what », un morceau hypnotique tramé sur une guitare en picking, presque en boucle, alors que McCombs emprunte les inflexions vocales à John Wetton. Il adopte même le falsetto de Robert Wyatt tout au long d’« Absentee », une ballade qui mêle subtilement guitare fuzz, piano et saxophone, un cuivre que se réserve par ailleurs Sam Griffin Owens. L’album se referme par « Rounder », un morceau de 10’ dont la première partie, illuminée par une pedal steel, baigne dans l’americana (Wilco, Uncle Tupelo), et la seconde dans le jazz/rock, le spectre de Ray Manzarek planant tout au long des interventions au piano électrique.

Et le reste ne manque pas d’allure, d’ailleurs. A l’instar de « The great pixley train robbery », au riff de gratte central imparable ou encore de l’exotique « Real Life », dynamisé par le tabla indien.

Excellent guitariste, le toucher de cordes de Cass Mc Combs peut même faire penser à Mark Knoplfer voire à Richard Thompson. Une fameuse référence !  Et un excellent album !

Foals

Everything not saved will be lost (Part 1)

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Walter Gervers, membre fondateur et bassiste de Foals, a donc tiré sa révérence. Il n’a pas été remplacé. Les autres musicos ont donc décidé de pallier à cette absence par le recours à des lignes analogiques placées sur des synthés. Des textures électroniques qui reproduisent aussi bien des timbales, des clochettes, des marimbas que des beats. Parfois on pense à une rencontre entre Ryūichi Sakamoto et Depeche Mode. A l’instar du single « Exits », une compo caractérisée par ses harmonies vocales hymniques. L’esprit du musicien/compositeur/producteur japonais hante également l’excellent « White Onions ». Mais la quintessence de l’opus est atteinte sur la pop song classique et entraînante « On the luna », un morceau au cours duquel on retrouve ces riffs de gratte cinglants, ainsi que l’expérimental, particulièrement fouillé, « Cafe d’Athens », une piste dont la rythmique s’inspire de Radiohead alors que la mélodie lorgne vers Jamie XX. Mais hormis le saccadé « Syrups » ainsi que la plage finale « I’m done with the world (& it’s done wigh me) », sorte d’épitaphe en piano/voix, le reste fait quand même pâle figure, l’électro contaminant l’expression sonore au lieu de l’enrichir.

On retiendra quand même les lyrics des compos qui traitent aussi bien des troubles sociopolitiques, de l’instabilité économique que de l’inquiétude face au changement climatique.

A l’origine, Foals avait prévu de graver un double elpee. Finalement, il y en aura deux, dont le second devrait paraître dès l’automne prochain.

Weezer

Weezer (The Black album)

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Après le départ de Matt Sharp, en 1998, parti fonder The Rentals, Weezer a mis sa carrière entre parenthèses, laissant même planer une séparation jusqu’en 2000. Mais depuis, le ressort semble cassé. Episodiquement, le band, et surtout Cuomo retrouve l’inspiration. Mais ces bonnes dispositions sont souvent passagères, se traduisant le plus souvent par la confection d’excellents singles : mais le soufflé retombe rapidement. Ce qui n’a jamais empêché le combo de vendre des millions d’albums.

Cet elpee constitue déjà le treizième de Weezer. Encore un éponyme sous-titré. Le sixième ! Il y a eu ‘The Teal’, un bleu, un vert, un rouge un blanc et aujourd’hui, place au noir. Et c’est à nouveau un four. Hormis le single « High as a kite », un morceau de power pop très 90’s, caractérisé par une superbe mélodie, et un « Byzantine » imprimé sur le rythme d’un mambo, l’elpee est aussi insipide que médiocre, malgré ses refrains addictifs. Festif, le morceau d’entrée « Can’t knock the hustle » aurait pu sortir la tête de l’eau si les cuivres mariachi avaient été davantage mis en évidence. Mais en optant pour un easy listening dominé par les synthés, faut-il le souligner, Weezer risque à nouveau de broyer du noir…

Sandro Perri

In another life

Écrit par

Sandro Perri est un personnage qui jouit d’une belle notoriété au Canada, pour ses différents projets et collaborations en tout genre. Ce Torontois s’est cependant illustré sur le Vieux Continent en publiant l’album “Impossible Spaces”, sur le label montréalais Constellation, un opus qui avait révélé un artiste empreint d’une grande sensibilité et capable d’ingérer des tas de styles musicaux, de les digérer, avant de les restituer de manière originale. Une œuvre qui naviguait à la croisée des chemins de l’électronique, du folk et de la bossa-nova… entre autres…

« In another life » adopte un profil totalement different. Tout d’abord, il ne recèle que deux titres. Un de 25 minutes, l’autre de 20. Le titre maître se résume à une longue tirade électro-folk minimaliste et contemplative sur laquelle viennent se greffer des éléments jazzyfiants ; une plage limitée au piano, au synthé, à la guitare et à une voix. A premier abord, cette piste peut paraitre soporifique, mais elle est tout à fait propice à la rêverie…

Intitulée “Everybody’s Paris”, la seconde a bénéficié du concours de l’ex-Deadly Snakes, André Ethier, ainsi que de Dan Bejar (Destroyer) pour l’écriture des textes, chacun se partageant une moitié des lyrics. Toujours aussi planante, l’expression sonore est ici davantage étoffée ; et notamment grâce aux interventions de cuivres ou de flûte…

Mais pour savourer cet LP, on vous conseille de l’écouter sous casque audio afin d’en discerner toutes les subtilités tout en vous abandonnant au sein de cette atmosphère cotonneuse… 

Steve Amber

From a temple on the hill

Écrit par

Etabli à Paris, Steve Amber est un groupe brestois impliquant un chanteur/guitariste franco-anglais. Ce qui est déjà rassurant au niveau des vocaux. En outre, Tchaz possède une voix androgyne qui évoque parfois Thom Yorke. Et comme la musique rappelle aussi souvent celle de Radiohead à ses débuts (NDR : pensez à cette combinaison de cordes acoustiques et électriques qui alimentent « The Bends »), on peut affirmer que les références du quatuor sont solides. Maintenant, ces comparaisons sont à nuancer. D’autant plus que certaines plages sont bien plus brumeuses, shoegaze même, à l’instar du lancinant « Mood swing/Moderator », 9’ qui font la part belle aux disgressions électriques. Le climat peut aussi se révéler mélancolique, voire angoissant et se nourrir de psychédélisme contemporain (NDR : l’intro « Dust » et le final « What the radio plays »), dans l’esprit de Black Angels. Une bonne surprise !

Ericnemo

Fragile

Écrit par

Ericnemo est loin d’être un néophyte, car outre sa carrière solo, il a milité et milite encore au sein de plusieurs groupes, composé des B.O. pour le cinéma et le théâtre et participé à l’enregistrement de nombreux albums, comme musicien de studio.

Multi-instrumentiste, cet auteur-compositeur appartient à la scène toulousaine et nous propose son premier opus en solitaire, un disque qui fait suite à un Ep 6 titres, publié en 2003.

« Fragile » a uniquement été gravé en vinyle et en digital. Le deuxième album est uniquement disponible en MP3 (code également à l’intérieur de l’elpee), et se consacre davantage à la chanson française, et se révèle globalement moins intéressant…  

Bref on se consacrera à l’essentiel, soit aux dix plages de ce long playing, qui mêlent des guitares bien rock aux mélodies pop et à la poésie française. Le tout parfois teinté d’un zeste d’électro. Et si le résultat tient parfaitement bien la route, il n’est pas vraiment facile à cerner. On décèle quand même quelques références classiques, qui oscillent de H-F Thiefaine (le climat au sein duquel baigne « Les autres ») à William Sheller (l’enlevé « Ceux qui l’ont quitté »), en passant par Bob Dylan (« Quand j’étais vieux », souligné par un harmonica et tapissé par des claviers rappelant ceux que Garth Hudson, l’organiste du Band), Serge Gainsbourg (les arrangements de « L’impossible ») et même les Beatles (« A la renverse »). Il doit certainement y en avoir d’autres, mais elles sont bien cachées. Certaines pistes libèrent même une fameuse intensité électrique, à l’instar du percutant « Puzzle », alors que d’autres (« Papillon », notamment) sont enrichies de chœurs. Bref cet opus ne manque certainement pas de charme, mais son équilibre est fragilisé par la voix un peu trop monocorde, quoique claire, d’Ericnemo, qui véhicule des textes probablement autobiographiques, mais restitués dans un contexte existentiel au sens large du terme… 

Joe Jackson

Fool

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En 40 ans de carrière, Joe Jackson aura donc sorti 20 albums, et « Fool » constitue son dernier. Malgré son titre, cet opus ne suscité par vraiment la folie, même si la langue du musicien britannique est toujours aussi acide. En fait, à travers ses 8 chansons, il réalise une nouvelle synthèse d’un parcours au cours duquel il a embrassé une multitude de styles, depuis le punk au jazz, en passant par la new wave, le classique, la pop et le rock. Et on en passe…

Une constante : sa voix toujours aussi fragile, claire et juvénile, son sens mélodique aiguisé, le soin apporté aux arrangements et puis ses remarquables interventions au piano (NDR : elles sont même lumineuses tout au long du chatoyant et élégiaque « Strange land »).

Cependant si l’opus recèle plusieurs plages pop aussi accrocheuses qu’efficaces (« Big Black cloud », la ballade pop ‘so british’ « Dave », un « 32 kisses » qui aurait pu figurer sur « Night and day »), l’artiste ne manque pas d’apporter de subtiles nuances à ses compos. A l’instar de « Fabulously absolute » et du titre maître. Des morceaux capricieux et presque post punk. Paru en single, le premier est rythmé et plutôt allègre. Tour à tour orientaliste ou latino, le second lorgne carrément vers Elvis Costello, malgré des références latinos (‘rumba ?). Des références qu’on retrouve sur le final « Alchemy », une autre ballade qu’on aurait pu également retrouver sur « Night and day ». Enfin le sophistiqué « Friend better » est partagé entre couplets légèrement funkysants (Prince ?) et refrains hymniques.

Bref, un Joe Jackson égal à lui-même et qui se produira dans le cadre du festival Cactus, le samedi 6 juillet 2019, mais aussi ce 15 avril à l'AB de Bruxelles.

Stuck in The Sound

Billy Believe

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“Billy Believe” constitue le sixième elpee de cette formation française, issue de Montreuil, en Seine St-Denis, très exactement. Au fil de sa discographie, on constate que la musique de ce quintet embrasse un profil de plus pop voire électro/pop. Et sur ce nouvel opus, pour une bonne moitié du tracklisting. Notamment en début de parcours. Nous réservant trois plages efficaces (« Serious » et un « Forever days » hanté par Smashing Pumpkins) qui pourraient aisément revendiquer une place sur une playlist de bande FM et puis un excellent « Alright » assez proche de l’esprit d’un Vampire Weekend.  A partir de l’excellent « Unlovable », une piste aux sonorité indie rock, le long playing change de cap en replongeant dans son style post hardcore, inspiré par les 90’s. A l’instar de l’enlevé et tribal « Petit chat », un morceau enrobé de chœurs, du percutant « Action », rehaussé par la présence d’une voix féminine, du rock bien pêchu et menaçant « Vegan porn food », qui aurait pu naître de la rencontre entre Fugazi et Marilyn Manson et enfin du final « Riots », un titre au tempo versatile, mais dont les riffs de gratte semblent empruntés à Helmet. Enfin malgré son flux d’énergie, « Radioactive god explosion » est un peu trop brouillon pour convaincre. Bref, un album qui risque de diviser les opinions, vu son style un peu trop éclectique. Une constante quand même, la voix haut perchée de José Réis Fontao, assez proche de celle de Jason ‘Jay’ Kay (Jamiroquai)…

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