Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Chroniques

Luca Kiella

Figure it out

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Claviériste, Lucas Kiella Chiellini est partagé entre piano et orgue Hammond. D’origine italienne, il vit depuis pas mal de temps à Chicago. C’est un adepte du blues, du funk et de la soul. En général, il sévit au sein d’un trio, soutenu par sa section rythmique, réunissant le bassiste Dave Forte et le batteur Rick King. Au cours des derniers mois, il s’est régulièrement produit avec Connection, le groupe du gratteur de Boston, Mike Welch et du chanteur Mike Ledbetter, malheureusement décédé des suites de complications épileptiques, le 21 janvier dernier, alors qu’il venait à peine de fêter ses 33 ans… 

Réunissant 5 titres, cet Ep constitue son premier essai discographique officiel. Outre ses 3 compos personnelles, ce disque nous réserve deux covers, dont une de Jon Cleary, qu’il considère comme son influence majeure et l’autre de Don Gibson. Les sessions se sont déroulées au studio Playback Reel à Chicago. Y ont participé, ses deux fidèles acolytes ainsi que le guitariste Aaron Weistrop.

Canalisé par les interventions au piano chargées de blues et de boogie, l’instrumental "Ten O'clock Blues" ouvre le bal. Place ensuite au "Unnecessarily Mercenarys" de Jon Cleary, un pianiste anglais qui s'est imposé à la Nouvelle Orléans. Sa référence ! Ce jeune italien possède une bonne voix, il double piano et orgue Hammond et s'envole brillamment sur les 88 touches d'ivoire. Il y affiche même une classe indiscutable tout au long de "Figure it out", un R&B entraînant. Traduite en funky/r&b, la reprise du "I can't stop loving you" de Don Gibson, se distingue par les envols de l'orgue Hammond et des cordes d'Aaron Weistrop. C’est en solitaire que Kiella interprète le morceau final, "So many questions", une plage qu’il chante superbement en s’accompagnant au piano, dans un style qui rappelle alors… Elton John…

Manu Lanvin

Grand Casino

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Manu Lanvin & The Devil Blues

Manu Lanvin est le fils de l’acteur Gérard, mais il a préféré embrasser une carrière musicale. Aujourd’hui bien intégré dans l’univers du blues/rock, il s’y est progressivement forgé un nom et surtout un prénom. Sa voix ravagée, rauque, puissante et éraillée lui confère une identité unique en son genre. Son premier elpee, "Venir au monde", est paru en 2000. "Grand Casino » constitue son septième long playing.

La plaque réunit quatre reprises et neuf titres originaux, la plupart co-écrits par son ami, Neal Black. Texan d’origine, il réside en France depuis de nombreuses années. Et pour coller à la tendance actuelle, lors des sessions d’enregistrement, des invités prestigieux se sont joints à la fête.

"The devil does it right" ouvre la plaque, un brûlot caractérisé par des échanges vocaux assurés par Beverly Jo Scott, au cours duquel Mike Lattrell se lâche au piano. La voix du leader est talonnée par l'harmonica de Diabolo. Ex-musicien de Patricia Kaas et de Jacques Higelin, il constitue sans aucun doute la révélation de ce "Grand Casino". Boogie, "Shake it lady" libère une belle dose d’énergie, une piste dont le rythme colle à la peau du Français. Traversé par le piano et de la slide de Jeremy Lacoste, "I don't love U" baigne au sein d’un climat louisianais, une plage imprimée sur un mid tempo. Et c’est dans cette ambiance, sur des rythmes syncopés néo-orléanais, qu’intervient la voix si bien timbrée de Taj Mahal, invité pour la circonstance…

Les covers sont moins intéressantes. Si les versions de "Highway to Hell" ('AC-DC) et de "Satisfaction" sont bien revisitées, le "Rock me baby" de BB King et "Spoonful" de Willie Dixon manquent de touche personnelle. Faut dire qu’il en existe tellement de versions ! Même la présence de Popa Chubby ne change rien à l’exercice de style.

L’opus s’achève cependant par l’excellent "Je suis le diable", une compo imprimée sur le Bo Diddley beat au cours duquel on assiste à un duo d’enfer entre Manu et une des célébrités issues de l’Hexagone, Paul Personne. Enfin, le long playing recèle un morceau caché pour lequel Nicolas Bélanger a troqué sa basse contre un accordéon, alors que Mike Lattrell se consacre à la mandoline, le leader se réservant, bien sûr, les cordes… 

The Cinematic Orchestra

To believe

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Manifestement, de nombreux groupes ont décidé de sortir un nouvel album, après plus de 10 ans d’absence. Et c’est le cas pour The Cinematic Orchestra, dont le dernier opus, « Ma fleur », date de 2007. Bien sûr, il a quand même publié des B.O. de films et des enregistrements immortalisés ‘live’. Mais pas d’elpee studio. Et puis, le band n’est pas très prolifique, puisque « To believe » ne constitue que son quatrième LP studio.

Au fil du temps, Jason Swinscoe s’entoure de plus en plus de collaborateurs pour mener son projet. Il y a bien sûr son backing group, dont Dominic Smith est quasiment devenu un membre à part entière, y partageant l’essentiel des compos ; mais, au fil du temps, il faut reconnaître que la liste des invités s’allonge. Et elle est particulièrement longue sur cet opus. On y retrouve ainsi de nombreux artistes de soul et de hip hop contemporains, comme les chanteurs Moses Summey, Roots Manuva, Heidi Vogel, Grey Reverend ou Tawiah, mais également le multi-instrumentiste Miguel Atwood Summey (NDR : ici préposé aux cordes) ainsi que le claviériste Dennis Hamm, deux artistes qui ont notamment bossé en compagnie de Flying Lotus et Thundercat.

Découpé en 7 plages, cet Lp baigne au sein d’une musique vaporeuse, propice à l’imaginaire, une expression sonore où se mêlent nu-jazz, hip hop, prog, musique de film et électronique.

Le disque s’ouvre par le titre maître, une compo incrustée de cordes sur laquelle glisse langoureusement la voix de Moses Summey. Toots Manuva pose son flow sur le plus ambient « A caged bird / Imitations of life », une plage qui arait pu figurer au répertoire de Massive Attack. Toujours aussi atmosphérique, mais dans l’esprit de Tortoise, « Lessons » vogue au gré des flux et reflux de l’instrumentation (NDR : pas de vocaux sur ce titre), Luke Flowers imprimant un rythme du chemin de fer particulièrement impressionnant sur ses fûts. La mer devient houleuse au fil de « The workers of art », une piste ténébreuse, tourmentée par des soubresauts de claviers et enrichie de cordes à mi-parcours. Des arrangements de cordes signés Miguel Ferguson, sur « A promise », un morceau chanté par la fidèle Heidi Vogel ; une conclusion de 11’ qui prend son envol en mode électronique avant de monter en crescendo.

Enfin, en quête de vérité, l’œuvre remet en cause nos convictions dans un monde où la communication est gangrénée par les fake news et la société corrompue par la politique ainsi que la finance, mais en même temps nous invite à prendre une pause et à savourer le moment présent… en écoutant, par exemple, cet album…

Son Volt

Union

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“Union” constitue le neuvième elpee de Son Volt, une œuvre dont les lyrics véhiculent des messages engagés, fustigeant, notamment, le gouvernement Trump. Des textes qui malgré leur goût amer, laissent la porte ouverte à l’espoir d’un monde meilleur. D’où le titre de l’opus.

Pas étonnant que certaines compos se réfèrent à au combat de militant(e)s légendaires de l’histoire américaine ; en l’occurrence la syndicaliste Mary Harris Jones et le folk singer mythique, Woody Guthrie. Dont la plage qui clôt cet elpee. Elle relate l’histoire d’un sans papier qui avait aidé à reconstruire la Nouvelle-Orléans, suite aux ravages causé par l’ouragan Katrina. Car il risque d’être expulsé, et ses enfants renvoyés au Mexique, alors qu’ils n’ont jamais vu ce pays. Cette compo est directement inspirée du « Deportree » de l’illustre auteur/compositeur/interprète.   

Découpé en 13 plages, cet LP s’ouvre par deux compos REMesques bien électriques. Tout d’abord « White Rome burns out », un morceau dont les ondulations furtives d’orgue vintage s’immiscent subrepticement. Puis, « The 99 », une piste qui libère des sonorités presque crazyhorsiennes.

Le long playing recèle deux blues : le malsain « Broad sides », puis l’acoustique « Truth to power blues ». Le reste de l’album privilégie l’americana ; sèche, piano et pedal ou lap steel se taillant la part du lion. Et si le ténébreux « Devil may care » aurait pu figurer au répertoire ‘unplugged’ de Bruce Springsteen, limité au chant laconique de Farrar et à deux grattes acoustiques, dont une jouée en picking, le titre maître s’avère sans doute le plus minimaliste du long playing.

Dead Man Ray

Over

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En 2002, suite à la sortie de l’album « Cago » et en proie à des désaccords artistiques, Dead Man Ray splitte. Les membres du band décident alors de s’investir dans leurs projets personnels. L’an dernier, après une pause de 16 longues années, le groupe s’est cependant reformé et a gravé un Ep, intitulé « Een ». Et il vient d’enregistrer un nouvel album. Baptisé « Over », il s’inscrit finalement, bien dans la lignée des précédents essais.

Première constatation, les morceaux sont truffés de petits bruitages étranges, produits par des instruments, des objets insolites ou encore le corps humain (NDR : les battements de cœur d’un enfant dans le ventre de sa mère ?). Une technique qui rappelle, quelque part, celle utilisée par Todd Rundgren.

La première partie de l’opus est plutôt intéressante. D’une durée de 8’, « Blisters », le morceau d’ouverture, varie les tempos tout en empruntant des styles hétérogènes. Emphatique, « Half inch ice » est souligné de chœurs. Des chœurs toujours aussi présents sur « Monochrome », une compo dramatique construite en crescendo sur des arpèges de piano. Daan Stuyven déclame dans la langue de Molière tout au long de l’angoissant, « Middle aged men », un morceau aux arrangements de cordes qui ne dépareilleraient pas dans une sonate pour musique de chambre. Pourtant les intonations vocales de Daan, régulièrement dispensées par syllabes, évoquent celles de Matt Bernigner (The National »), alors que le timbre rappelle plutôt celui de Stuart A. Staples (Tindersticks).

A mi-parcours, Dead Man Ray semble quelque peu s’essouffler. Il y a bien encore « Millionaire » (NDR : un clin d’œil adressé au band de Tim Vanhamel ?), un « Clear history » dont le climat est très proche de celui développé par Ozark Henry, le bowiesque « The ladder » et en finale l’élaboré et mélancolique « How to fall », une piste de nouveau tramée dans les arrangements de cordes ; mais en général, cette seconde moitié de long playing s’avère bien moins percutante que la première…

Maxïmo Park

As long as we keep moving

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“Risk to exist”, le dernier elpee de Maxïmo Park remonte à 2017. « As long as we keep moving » n’est cependant pas un nouvel album du band britannique, mais une compilation singulière, puisqu’elle réunit des anciens titres –et souvent les meilleurs– réenregistrés en studio. Mais pas simplement pour les remasteriser. Non, afin de leur insuffler davantage de punch et d’authenticité. Un peu comme lors des concerts, où la formation brille souvent de mille feux. La guitare y est mise davantage en exergue. Et le résultat devrait plaire à celles et ceux qui regrettent les débuts du combo, période au cours de laquelle des titres comme « I want you to say », « Girls who plays guitars » ou encore « Books from boxes » –et qui figurent ici sous de nouvelles versions– mettaient littéralement le feu aux planches…

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que le cd est accompagné d’un DVD consacré aux 10 titres de cet elpee…

The Young Gods

Data Mirage Tangram

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Neuf longues années que The Young Gods n’avait plus sorti d’album. Et son comeback coïncide avec le départ d’Al Komet, remplacé par Cesare Pizzi, membre fondateur qui opère ainsi un comeback inattendu. Pour enregistrer « Data mirage tangram », le trio a reçu le concours d’Alan Moulder (Depeche Mode, NIN, etc.) au mixing. Les compos ont été rôdées lors du Cully Jazz Festival, avant d’être retravaillées en studio ; ce qui a permis aux musicos d’expérimenter pleinement face à un public averti, et d’explorer aussi bien le blues, le gospel, le post rock que le post jazz, tout en conservant cette approche particulière de l’électro et de l’ambient…

Première constatation, Franz Treichler y joue de la guitare, parfois en rêvant du Floyd, à l’instar de la berceuse électro-atmosphérique « Entre en matière » et du single au groove sonique, paru en single, « Figure sans nom ». Il souffle dans son harmonica sur « Moon above », y entretenant un climat cinématique, dans l’esprit d’une B.O. de western signée Sergio Leone ou Ennio Morricone. Mais le titre phare de cet opus est incontestablement « All my skin standing », une piste de 11 minutes qui met en exergue la performance de Bernard Trontin aux drums. Un boléro envoûtant dont les disgressions électriques rappellent celles produites par Erik Braunn sur le classique « In-a-gadda-da-vida » d’Iron Butterfly. On en oublierait presque la voix emphatique de Franz responsable de textes à la fois symboliques et poétiques, qui colle si bien à la musique des Young Gods, une expression sonore impeccablement fluidifiée par les interventions de Pizzi. Aux claviers et machines Et si vous souhaitez en savoir davantage sur ce dernier LP, on vous invite à lire ou relire l’interview consacrée au groupe ici ou encore le compte-rendu de son concert accordé au Botanique, le 24 mars dernier, là…

White Hills

Stop Mute Defeat

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Fondé en 2003, White Hills est un duo prolifique réunissant Dave W. et Ego Sensation. D’ailleurs, « Stop mute defeat » constitue déjà son septième opus studio. Ce tandem new-yorkais y entretient un climat psyché, ténébreux, glacial, diablement rock’n’roll et poisseux à souhait, qu’il épice d’une multitude d’autres condiments, comme le kraut (« If…1…2 »), l’électro-punk (« Stop Mute Defeat ») ou encore l’indus (« Attack Mode »). Tout au long de cet elpee particulièrement saignant, White Hills campe ainsi un hybride contemporain entre Royal Trux, Suicide et Kraftwerk…

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