Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Chroniques

Emmylou Harris

Wrecking Ball

Figure emblématique de la scène country aux States, Emmylou Harris semblait avoir complètement disparu de la circulation depuis le début des eighties. Par la grâce de Daniel Lanois, elle vient de se voir projeter derechef à l'avant-plan de la scène rock contemporaine. Non content de produire ce "Wrecking Ball", l'Acadien a réuni autour de l'interprète, la crème de la scène rock. Depuis Malcoln Burn à Tony Hall, bassiste des Neville Brothers, en passant par Larry Mullen (U2), Brian Blades, Lucinda Williams, Steve Earle et surtout Neil Young. Un Young qui a, en outre, composé le titre maître de l'opus. Dans ces conditions, le résultat ne peut être qu'excellent. On ne peut d'ailleurs émettre qu'un seul reproche à l'égard d'Emmylou ; c'est de ne participer que très superficiellement à l'écriture de deux chansons. Pas davantage.

 

Grant Hart

Ecce homo

Exclusivement réservé au chant et à la guitare sèche, "Ecce homo", titre inspiré de la collection d'eaux fortes de l'artiste George Grosz, propose douze adaptations minimalistes du répertoire de l'ex-guitariste d'Hüsker Dü, toujours Nova Mob, enregistrés en public le 13 octobre 1994 à Seattle.

 

Mick Harvey

Intoxicated Man

Bad Seeds, ex-Crime & The City Solution, cet Australien vient d'enregistrer son premier album solo. Une œuvre consacrée exclusivement à des reprises de Serge Gainsbourg. Depuis "69, année érotique", à "Inceste de citron", en passant par "Harley Davidson", "New York USA", "Bonnie & Clyde", "Je viens te dire que je m'en vais" et bien d'autres. Seize fragments accommodés à la langue de Shakespeare. Et dans le rôle de partenaire vocal féminin, commise aux chuchotements puérils, mélancoliques et sensuels, Mick a choisi Anita Lane. Responsable, voici quelques mois, d'une nouvelle version du célèbre "Je t'aime... moi non plus", en compagnie de Nick Cave. Mick prend, tout au long de cet "Intoxicated Man" beaucoup de liberté avec les classiques de Gainsbourg. Certaines sont d'ailleurs à peine identifiables. Et il n'a pas tout à fait tort. Donnant une dimension plus trouble, plus sophistiquée, plus caverneuse, aux chansons, plutôt que de se contenter d'une banale adaptation. Mick n'a cependant pas reçu le concours des Bad Seeds pour enregistrer cet opus. Mais bien du violoniste Warren Ellis (Dirty Three) et de James Cruikshank (Cruel Sea). Ainsi que d'une section à cordes. Extrêmement efficace. Notamment sur le final vertigineux, frénétique "Initials BB"...

 

PJ Harvey

To bring you my love

"To bring you my love" constitue le troisième album de PJ Harvey. Et nous devons avouer que sa première écoute ne nous a pas particulièrement enthousiasmés. Il est vrai que tout le tam-tam, qui se trame (!) autour de cet événement depuis sa sortie, était plutôt de nature à nous rendre prudents. Pourtant, si nous nous étions bornés à refléter cette première impression, nous aurions commis une grave erreur. Car cet opus est tout à fait remarquable. Mais s'aborde comme une œuvre de Nick Cave. Pas de PJ Harvey. Le guitariste des Bad Seeds, Mick Harvey, est d'ailleurs de la partie. Tout comme celui de Tom Waits, Joe Gore. Un disque âpre, tordu, mais inexorablement envoûtant. La voix de Polly Harvey est désespérément fascinante, sauvagement menaçante, suspendue à une texture blues mélodramatique, qui s'enlise entre la perfection et le putride. Le clavier lancinant, insidieux. Les guitares mornes, fiévreuses. Les compositions fantastiquement dérangées. Un must!

 

Juliana Hatfield

Only everything

En 1995, Juliana gravait son premier album solo. Une œuvre climatique, sauvage, adolescente dont la force instinctive oscillait imprévisiblement du plus tendre au plus fanatique. Pour enregistrer son deuxième opus, Juliana Hatfield a décidé de muscler son expression. Et puis en même temps de ne plus épancher aussi naturellement ses émotions les plus secrètes. Adieu donc l'autobiographie. Mais en même temps adieu à cette forme de spontanéité lyrique qui nous avait autant enchantés autant qu'intrigués. "Only everything" fait la part belle aux mélodies pop contagieuses, lyriques, torturées par les cordes de guitares acérées, excitantes, grésillantes. Son noisecore n'a jamais été aussi proche de Veruca Salt. Ce qui peut sembler étonnant, lorsqu'on sait que Juliana fait aujourd'hui pratiquement cavalier seul. Coproduction, guitare, claviers, et même un tantinet de basse. C'est vrai que depuis la dissolution de son groupe Three, elle doit composer avec des musiciens de studio. Et pour la circonstance de John Freese (School of Fish, Paul Werterberg), Mike Levesque (Tribe, Scare) et Dean Fisher. Un disque finalement d'excellente facture, mais qui nous semble déjà un peu trop artificiellement dans l'air du temps.

 

Headswim

Flood

Curieux! Un ensemble britannique qui se met à patauger dans le grunge, alors qu'aujourd'hui toute sa genèse cherche à éviter les éclaboussures de sédiments seattlenesques. Headswim semble n'en avoir cure. Et n'hésite pas à se repaître de cette fange sonore. Pensez à Soundgarden, Pearl Jam et à Stone Temple Pilots. Même à Nirvana, auquel le chanteur emprunte régulièrement les inflexions vocales de feu Kurt Cobain. Et sous son aspect le plus métallique, "Flood" s'enlise dans le heavy metal d'Alice in Chains. Quatre ans trop tard!

 

Heather Nova

Live

"Oyster", premier album solo d'Heather Nova ne nous avait pas fait une très grosse impression. C'est vrai que le timbre vocal éthéré, vulnérable, à la croisée des chemins de Kristin Hersh, d'Harriett (Sundays) et de Joni Mitchell sert parfaitement les compositions romantiques, tourmentées, cousues à vif dans la mélodie par des cordes de guitare semi acoustique ou de violoncelle majestueux. Mais l'ensemble pêchait par ses excès stylistiques. Pourtant, Heather Nova est capable de dépasser les limites du simple exercice de style. D'atteindre une véritable intensité émotionnelle. Et notamment en ‘live’. Enregistré au Melkweg d'Amsterdam, cet opus en est la plus belle démonstration. Il n'y manque plus que l'image... de la très, très jolie Mrs Nova!

 

Heather Nova

Oyster

Ce qui frappe d'abord chez Heather Nova, c'est son timbre vocal. Ethéré, vulnérable, vertigineux même, à la croisée des chemins de Kristin Hersh, d'Harriett (Sundays) et de Joni Mitchell. "Oyster" constitue son troisième opus. Un disque aux compositions romantiques, tourmentées, cousues à vif dans la mélodie par des cordes de guitare semi acoustiques ou de violon majestueux; un album très agréable, mais qui laisse cependant une impression de déjà entendu...