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Chroniques

Natacha Atlas

Diaspora

Premier album solo pour la chanteuse de Transglobal Underground qui bénéficie pour la circonstance du concours de son groupe au grand complet, mais également du chanteur/compositeur tunisien Walid Rouissi, du maestro égyptien Essam Rashad, ainsi que d'une pléiade de musiciens sémitiques. Bien que née en Belgique et vivant aujourd'hui à Northampton, cette juive arabe a voulu, à travers ce "Diaspora" rallumer la flamme génétique de ses inflexions vocales. Une étude qu'elle met au service, non pas de la world music, mais d'une pop mélodique, sensuelle, sentimentale, sise, nonobstant le recours aux lignes dub, aux confins de l'Orient et de l'Occident. Bref un voyage exotique très agréable, même si certaines compositions auraient pu être un peu moins tirées en longueur.

 

18 Wheeler

Formanka

Dans son édition limitée, ce mini album est enrichi d'un deuxième morceau de plastique, impliquant quatre morceaux supplémentaires. Ce qui porte le tout à treize titres. Une œuvre dont les compositions auraient sans doute pu être écrites par Teenage Fanclub, si la formation écossaise n'était pas aussi éprise de Big Star. Produit par Joe Foster, "Formanka" épingle de petites chansons pop au charme languissant, lustrées de cordes de guitare chatoyantes, scintillantes, pétillantes et framboisées délicatement d'harmonies vocales. Tout à fait rafraîchissant!

 

A Guy Called Gerald

Black street technology

Imprégné par le jazz rock du début des seventies (Herbie Hancock, Chick Corea), Gerald a tâté de l'électro (Africa Bambaata, Mantronix) avant de s'aventurer dans l'acid house et la techno de Detroit. Il a également transité par 808 State, pour lequel il a coécrit le hit "Pacific State". Aujourd'hui, son style s'apparente davantage à de l'ambient jungle, c'est à dire ouverte à tous les mariages de courants musicaux possibles et imaginables: cyber jazz, psychédélisme dub, électro pop, aqua funk, et autres fusions en tous genres nés de l'abus de la technologie. Pas vraiment notre tasse de thé!

 

aMiniature

Murk Time Cruiser

aMiniature trempe dans le popcore. Celui-là même qui hydrate les Sugar, Buffalo Tom, Cold Water Flat et irriguait le défunt Pixies. Quatre Californiens issus de San Diego qui font la part belle aux guitares. Dans la panoplie des qualificatifs électriques elles peuvent se révéler duales, acérées, nerveuses, crépitantes, chargées de feedback ou jaillissantes. La voix est âpre, gémissante. La basse inévitablement menaçante. Les drums arides mais souples. Un bon exercice de style, mais qui ne parvient véritablement à s'extraire de ses propres références que sur le seul "Maximum accident", composition beaucoup plus fluide et pulsante abordée avec l'esprit d'Ash. Le disque recelant même un onzième morceau caché dont la minuterie (!) est décroissante...

A Split Second

Megabite

Apparemment Chrismar Chayell, alias Jean Pierre Dekeukeleire, ne figure plus dans le line-up du groupe, puisque toutes les compositions de ce "Megabite" sont signées par Mark Ickx et subsidiairement Pete Bonne. Fondé en 1986, A Split Second est aujourd'hui encore considéré comme le responsable involontaire de l'explosion de la new beat. C'était en 1988, lorsqu'un DJ a eu l'idée saugrenue de faire défiler le maxi "Flesh" en 33 tours... Si à l'origine, la formation belge était contaminée outrancièrement par la musique post-industrielle de Cabaret Voltaire, au fil du temps, elle s'est personnalisée, pour finalement, à l'instar de Front 242, devenir un des piliers de l'electro body music. Après une longue période de silence, A Split Second nous revient donc avec un album. Plus métallique mais toujours aussi claustrophobe, il tente une incursion dans la musique dite hybride. Pensez aux Young Gods lorsqu'en 1992, ils étaient branchés sur "TV Sky". Mais dans le contexte actuel, cette démarche arrive trois ans trop tard...

 

A Subtle Plague

No Reprise

La composition de ce sextuor n'est pas très banale, puisqu'elle implique trois frères. Benjii, Christopher et Patrick Simmersbach. Des bourlingueurs. Puisque nés en Autriche, ils ont sillonné les States depuis leur tendre enfance. Aujourd'hui, ils se sont enfin fixés à San Fransisco. Après avoir transité par New York, lieu de la formation du groupe. Un ensemble qui vient quand même d'enregistrer son troisième album. Un disque visionnairement politique, aux lyrics aussi vitriolés que ceux de Jello Biafra. Musicalement, ce "No Reprise" manque quand même de transparence. Le son est touffu, filandreux, rudimentaire. Les interventions vocales alternativement dispensées par Pat Ryan et Analùcia da Silva, trop peu mises en évidence. La production approximative. Une bouillabaisse sub Hole qui ne mérite certainement pas le qualificatif de ‘Subtle Plague’...

The Action Swingers

Quit while you´re ahead

L'ex-Pussy Galore Julia Cafritz ayant quitté le groupe en 1992, il ne reste plus aujourd'hui que le chanteur/guitariste Ned Hayden comme membre fondateur. Ne nous demandez pas combien de musiciens intérimaires ont transité par ce groupe new-yorkais. Ce serait à la fois inutile et fastidieux. Sachez toutefois que le groupe a engagé dernièrement deux musiciens de hard rock. Et que dans ces conditions, ses actions (!) risquent fort de baisser dans notre estime. Attachons-nous donc au passé de cet ensemble. Et en particulier à ce " Quit while you're ahead". Il réunit des enregistrements réalisés entre 89 et 90; soit au moment ou Julia et Ned avaient fait appel à Don Fleming (Dinosaur Jr, Gumball), et surtout John Mascis (Dinosaur Jr également) pour participer aux sessions. Il en est né (NDR: trait d'esprit grivois mais involontaire) dix titres torturés par l'électricité noisy punk à la manière de Sonic Youth. Un disque fort intéressant sur lequel Ned épanche, de sa voix acide, ravagée, son ras-le-bol vis à vis du climat social, politique et financier des States.

Aerosmith

Big Ones

Encore une compilation réservée au célèbre quintette yankee, mais limitée aux trois derniers elpees produits par Bruce Fairbairn. Soit tous ses hits, un inédit ("Walk on water") et la version originale du single "Blind Man". Les "Big ones"? "Crying", "Crazy", "Livin' on the Edge", "Amazing", "Love in an Elevator", "Janie's got a gun", "What it takes", "Angel", etc..