Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Biohazard 8/8/26
Chroniques

Band Of Susans

Wired for sound 1986-1993

A l'origine, ce combo new-yorkais se singularisait par la présence de trois Susans. Lyall, Tallman et Stenger. Cette dernière ainsi que Robert Poss sont d'ailleurs les seuls rescapés du line-up initial. Le groupe a, en outre, connu trois formules, la seconde impliquant le futur guitariste d'Helmet, Page Hamilton. Ce double CD réunit des extraits de cinq albums de B.O.S., mais pas de la Peel Sessions réalisée en 1992 ni du premier maxi single "Blessing and Curse". Hormis la cover du "Paint it Black" des Stones et la présence d'un inédit "Out of the question", le second disque se consacre presque exclusivement à des exercices de style instrumentaux. Et ne suscite donc qu'un intérêt très limité. Par contre le premier morceau de plastique épingle un éventail de titres très intéressants. Respecte la chronologie des enregistrements. Donc permet d'observer l'évolution du groupe. Depuis, "Throne of blood" à "Mood swing", en passant par "The Pursuit of happiness" et "It's locked away". Depuis la réponse yankee à Three Johns et Red Lorry Yellow Lorry aux jaillissements d'électricité épileptiques, en passant par le mur de feedback et la cold post Jesus and Mary Chain.

 

Bandit Queen

Hormone Hotel

Bandit Queen nous vient de Manchester, pas de Boston ou de New York. Parce qu'un trio drivé par deux filles qui chantent, composent, et se réservent guitare et basse, correspond davantage au profil des Breeders, Belly, Veruca Salt et autres Voodoo Queens, qu'à un ensemble de house mancunien. D'autant plus que cet album secrète des hormones popcore. Littéraires. A la limite surréalistes. Sensuelles aussi. Mais aussi caustiques et féministes que chez PJ Harvey. Astucieusement teintées de blues. Ecorchées de cordes de guitares sableuses, bringuebalantes (House of Love?), pilonnées par les accès de basse glaciaux, post industriels, et saupoudrées d'harmonies vocales sucrées. Agréable, sans être pour autant révolutionnaire!

 

Bardo Pond

Bufo alvarius, amen 29:15

Vous prenez une dose de Mercury Rev, une autre de Radial Spangle, une troisième de Spiritualized. Vous filtrez le tout dans l'ambient d'Ozric Tentacles et les ‘frippertronics’ du roi pourpre ("No pussyfutootin", "Before and after science"), en prenant bien soin d'ôter toute construction mélodique. Vous laissez le tout évaporer, après hydrolyse, dans un univers virtuel, psychédélique, en perpétuelle expansion... Une distillation qui nécessite un traitement de plus de septante minutes en huit opérations; la dernière exigeant même 29'15 avant de s'éteindre. Amen!

 

The Bats

Couchmaster

Après un break de dix-huit mois, Robert Scott nous revient en compagnie de ses Bats. Pour ceux qui l'ignorent encore, Scott est un membre du mythique Clean, trio néo-zélandais qui a ouvert la voie à la scène indie indigène et permis ainsi à une multitude de formations, par label Flying Nun interposé, d'envahir la scène pop/rock internationale. Découpé en 17 fragments, "Couchmaster" alterne chansons moelleuses, duveteuses, chatoyantes, subtilement caressées d'un souffle de feedback ou d'un nuage de claviers, et compositions plus élaborées, plus percutantes,  tendrement sauvages, rampantes et hypnotiques. Comme sur "Crow road" et le fabuleux "For the ride", conçu avec le même esprit post krautrock que Stereolab. Ou le sinistre, presque velvetien "Lost week end". Ou encore "Knowledge is power" aux cordes de guitare savoureusement égratignées à l'instar de Wedding Present... Un superbe album, dont les mélodies irrésistibles, contagieuses, sont épurées par le vocal limpide, suppliant de Robert...

 

Babes In Toyland

Nemesisters

C'est vrai qu'au cours de ces deux dernières années, les bruits les plus alarmistes ont alimenté une hypothétique séparation du trio de Minneapolis. Pas seulement à cause des projets menés à l'extérieur du groupe. Mais surtout à cause des nouvelles résidences respectives des trois filles. Pensez donc, elles ont aujourd'hui élu domicile aux trois coins des States! M'enfin, le problème semble provisoirement résolu, puisque le combo est reparti en tournée... Venons en à "Nemesisters". Onze titres taillés dans le granit punk metal tourmenté et viscéral (ça rime!). Mais, aussi trois covers totalement imprévisibles. Une de Billie Holliday, "Deep song", chantée a cappella par la "drummeuse", Lori Barbero. "All by myself", standard d'Eric Carmen. Et beaucoup plus surprenant, le hit disco de Sister Sledge, "We are the family"...

 

Baby Chaos

Safe Sex. Designer Drugs and the Death of Rock’n’Roll

Baby Chaos existe depuis deux bonnes années. Et son premier single, "Sperm", a reçu un excellent écho dans la presse insulaire. La formule? Un punk-rock bien dans l'air du temps avec des guitares très en avant, féroces, gloutonnes, déferlantes ‘offspringiennes’. Mais très mélodique. Un peu comme chez Manic Street Preachers ou Smashing Pumpkins. Le timbre vocal de Chris épousant même régulièrement les inflexions tantôt de Richey James tantôt de Billy Corgan. Et puis les lyrics sont fracturés, irascibles, presque nihilistes. Le son est très clair. La production irréprochable. Les arrangements bien huilés comme au sein d'un groupe soudé depuis plus de dix ans. Hormis deux fragments dispensables, "Safe Sex. Designer Drugs and Death of Rock 'n Roll" implique neuf pop songs solides, décapantes, et un diamant à l'état brut: "Superpowered". Sachez en plus que Baby Chaos possède le même aplomb et la même ambition (pour ne pas dire l'arrogance) que Stones Roses, Suede ou Oasis. Et que dans ces conditions on peut déjà parler de future révélation. Suffit simplement qu'elle puisse continuer à se révéler...

 

Big Audio Dynamite

Higher Power

Evidemment, il y a toujours la voix de Mick Jones, mais on ne peut pas dire que l'ex-Clash et ses potes se soient décarcassés pour concocter cet "Higher Power". On a même l'impression que le groupe éprouve de plus en plus de difficulté à se renouveler.  Pourtant les premiers titres de cet opus affichent un dynamisme plutôt réconfortant.  Et puis la production est toujours aussi soignée. Mais au fil du sillon, on ressent une certaine lassitude, voire un certain agacement provoqué par un recours trop systématique aux samplings puérils. Le disque s'achève même sur un ragtime ‘cartoonesque’, à la limite du grotesque (ça rime!).

 

Chris Bailey

Encore

Cet album aurait dû sortir lors de la célébration du quinzième anniversaire de New Rose. Malheureusement, la firme de disque parisienne a déposé son bilan, voici déjà quelques mois, laissant par ailleurs une volées d'artistes sur le carreau... Aussi, lorsque Patrick Mathé est parvenu à remonter un nouveau label, la première chose qui lui est venue à l'esprit, c'est de repêcher Bailey. Un témoignage d'amitié qui lie les deux hommes. Faut dire qu'en 1980, Patrick avait réussi à convaincre Chris de signer chez New Rose, alors que le label n'existait pas encore... Une initiative qui permettra sans doute de rappeler à notre bon souvenir cet ex Saints, trop peu prolifique, au contraire de son ex acolyte Ed Kuepper. Mais rien de bien neuf à l'horizon, puisque hormis cinq raretés, ce disque se contente de réunir des extraits du mini elpee "Do they come from you", des opus "Savage Entertainment", "Casablanca" et "What we did on our holiday", ainsi que de deux fragments de l'album anniversaire "Live at the Kremlin" paru en 1990. Une œuvre ponctuée de deux covers. "Amsterdam" de Brel et "Suspicious Mind" de Presley. Evidemment, même si l'ensemble tient la route, ce n'est pas "Encore" avec cette compile que Chris va sortir du plus profond anonymat, au sein duquel, il semble depuis quelques années déjà, se complaire...