Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Chroniques

Martin Bisi

See ya in tia juana

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Descendant de la tribu Guarani, Martin Bisi est avant tout un drummer de formation. Dans un passé, plus ou moins récent, il a travaillé en compagnie de Lee Ranaldo (Sonic Youth), de Fred Frith et de Sandra Seymour pour concocter un album composé exclusivement de covers, "Creole mass". C'est d'ailleurs par une reprise que s'ébroue ce "See ya in tia juana", "Susie Q", popularisée par le célèbre Creedence Clearwater Revival. A travers sa musique, Martin tente de ressusciter l'âme et la poésie de l'Amérique du Sud, née de la rencontre entre la culture indienne et espagnole. Ce qui explique pourquoi la plupart de ses chansons sont interprétées dans la langue de Cervantès. Hormis l'entrée en matière, les trois autres fragments de cet album ont été enregistrés "live". Bisi y est entouré de quatre filles. Las Cochinas, parmi lesquelles on retrouve Sandra Seymour. Une sorte de noisy punk revu et corrigé par le psychédélisme de la West Coast du début des seventies. Pensez à Jefferson Airplane et à Quicksilver Messenger Service. Une trame mélodique qui devient au fil du sillon envoûtante, nonobstant le dialogue soutenu échangé en espagnol entre Martin et Sandra Hamburg.

 

Bivouac

Full size boy

Bien qu’issu de Derby, ce trio pratique une musique fondamentalement yankee. Inspirée par Sugar, Hüsker Dü, Buffalo Tom et Dinosaur Jr.. Bivouac aurait d'ailleurs mieux fait de naître à Boston ou à Minneapolis plutôt que dans ses brumes du Yorkshire. Pour enregistrer "Full size boy", il a en outre bénéficié de la production de John Agnello, surtout célèbre pour avoir mené une collaboration fructueuse avec l'irascible John Mascis. Le même Agnello qui s'était illustré sur le deuxième et formidable opus de Cell. "Full size boy" transpire inévitablement une intensité électrique. Mais aux sonorités limpides, nonobstant la combinaison sauvage, féroce et fragile des cordes de guitare distordues, agitées, stimulantes, des accès de basse malveillants et du timbre vocal languissant, délicatement entortillé de Paul Yeadon. Un disque très agréable à l'écoute, mais qui ne laisse guère de place à l'originalité. M'enfin, l'essentiel ici n'est-il pas de prendre son pied?

 

Björk

Post

Deuxième album solo pour Björk. Dans la lignée de "Debut", probablement. C'est à dire avec ses moments très forts et ses moments plus faibles. Curieusement parcourus en decrescendo. Le sommet en intro avec le single pulsant, viscéral "Army of me", l'astucieux "Enjoy" commis en compagnie de Tricky, l'ode à Marilyn Monroe "It's oh so quiet", le presque symphonique "Isobel", le captivant "Possibly maybe", caractérisé par les samples pirates du mini album de Scanner, "Man observation" (NDR: qui a parlé de royalties?)... Mais au fil du sillon, l'expression devient de plus en plus intimiste, parfois terne, voire claustrophobique, un peu comme si l'artiste voulait souffler après avoir réalisé un superbe effort; ce qui n'empêche pas cet opus de déflorer de nouvelles perspectives sonores. Technologiques bien sûr, mais aux confins de l'excentricité de l'érotisme et de l'exotisme.

 

B. Connection

Don´t butt in line

Achille Succi est italien, Thomas Gromaire français, Mark Zubek canadien, Chris D. Fluek suisse et Stéphane Mercier belge. Respectivement clarinettiste, guitariste, contrebassiste, drummer et saxophoniste/flûtiste. Ils se rencontrent à Boston lors de jam sessions impromptues. Puis décident de s'associer pour continuer de prendre leur pied lors des concerts. Dans la logique des choses, le quartette finit par graver un premier elpee. Sous la houlette de Dan Lacksman. Son titre? "Dont butt in line". B.Connection s'y libère dans un jazz moderne mâtiné de funk, de rap et de samba ; un style très personnel, mais un peu trop passéiste à notre goût...

The Beatles

Anthology I Free as a bird

Écrit par

Qui donc n'a pas encore entendu parler, en bien ou en mal, du premier volume de cette anthologie consacrée aux Fabulous Four? Pas question cependant de nous transformer en serviles encenseurs ni en dénigreurs aveuglés de principes. Pas la peine, non plus, de vous raconter cent fois les mêmes salades biographiques mille et une fois rabâchées. Ce n'est pas notre rôle. Allons donc à l'essentiel. Que vaut ce box ‘compilateur’ ? Quel est son véritable intérêt? Une chose est sûre, si vous êtes un ‘beatlemaniaque’, vous ne pouvez passer à côté de ce double CD, parce qu'il recèle 60 fragments partagés entre versions inédites, démos, "live", bootlegs (enregistrements pirates, si vous préférez), raretés, sessions de radio ou TV, extraits de collections privées et commentaires des artistes. Une véritable aubaine pour les inconditionnels. Mais une petite déception pour monsieur tout le monde. Reste donc cette chanson qui fait déjà fait couler tellement d'encre: "Free as a bird". Composée par John en 77, elle n'était demeurée qu'au stade de projet. Et sous la houlette de John Martin, de Geoff Emerick et de Jeff Lynne (ELO), elle a été retravaillée par Paul, George et Ringo, non pas dans les célèbres studios d'Abbey Road, mais dans ceux de Mc Cartney. Une chanson qui devrait être suivie par deux autres, conçues dans le même esprit et suivant la même technique. Deux inédits dont la sortie est prévue pour l'année prochaine. Programmés en même temps que les deux autres "Anthology". Faut pas rêver! "Free as a bird", n'en déplaise aux censeurs, est une composition au feeling unique, une petite perle de pop song hymnique, contagieuse dont seuls les Beatles ont  gardé jalousement le secret. A croire que lors des sessions d'enregistrement, l'âme de John était présente... Et si vous n'avez pas encore eu le loisir de découvrir la vidéo, tournée par Jo Pytka, réputé pour la qualité de ses tournages publicitaires (Nike et Pepsi, pour ne pas les citer), sachez que ce remarquable clip épingle la bagatelle de plus de 80 références à l'histoire des Beatles. Un véritable puzzle!

 

Belly

King / Now they will sleep

Responsable d'un chouette premier opus en 93, la bande à Tanya Donnelly ne pouvait obtenir qu'une confirmation de ses excellentes dispositions sur "King". Pourtant, en écoutant le single, "Now they'll sleep", nous nous sommes quelque peu inquiétés. Pas tellement à cause du titre maître, mais des trois morceaux complémentaires. Enfin, comme il ne s'agissait que d'un EP, nous supposions que l'album allait remettre les pendules à l'heure. Il a malheureusement fallu se rendre à l'évidence. "King" souffre du même mal. Problème de production? Difficile à croire, lorsqu'on sait qu'elle a été assurée par Glynn Johns, dont la réputation passe par la mise en forme d'œuvres des Beatles, des Stones, du Who et même de Clash. Problème d'ingénieur du son alors? Pas sûr, mais probablement. Jack Puig a surtout eu l'habitude de travailler pour des groupes plus revivalistes, comme les Black Crowes. Et à notre humble avis il s'est évertué à rendre le son plus filandreux, plus étouffé, opération davantage adaptée aux groupes des seventies qu'aux groupes de popcore. Résultat des courses, hormis "Red", "Seal my fate", "Now they'll sleep" et le titre maître, la musique de Belly a perdu une grosse partie de sa spontanéité. Une preuve irréfutable? L'extra CD de trois démos qui accompagne l'opus. En édition limitée, il faut le souligner. Pas de production. Mais un feeling incroyable qui donne aux compositions une toute autre dimension. Acérées, pétillantes. Comme on les aime. Dommage, car avec une finition plus judicieuse, "King" aurait pu figurer parmi les albums de l'année. Ce qui n'empêchera, bien sûr, pas celui-ci de bien se vendre, puisqu'il a déjà atteint le top 5 en Belgique...

 

Bly

Winch Electric Pop

Maxi CD pour cet ensemble hexagonal (Courrières, près de Lens) qui avait remporté en 93 l'‘All Access Aeronef’, concours qui regroupait la bagatelle de 80 groupes issus du Nord de la France. Un ensemble particulièrement contaminé par la noisy pop et même le noisy rock. De My Bloody Valentine, Slowdive et de Dinosaur Jr pour ne rien vous cacher. Une électricité pop mélodique, hypnotique, mordante, conduite par des guitares en distorsion permanente, mais en harmonie constante. "Winch Electric Pop" est plutôt bien fichu, mais pas révolutionnaire. N'en déplaise aux révoltés du Bounty. On devrait y voir plus clair lors de la sortie de l'album...

 

Bomb The Bass

Clean

En 1989, Tim Simenom commettait un premier album de hip hop revu et corrigé par la technologie, vision qui s'élargissait à la pop deux ans plus tard avec "Unknown territory?". Une nouvelle dimension qui allait lui permettre de remixer des compositions de Neneh Cherry, Depeche Mode, Björk ou même de Gavin Friday, pour lesquel il allait d'ailleurs s'investir en collaborant à la confection d'un album. Aujourd'hui Bomb The Bass se veut plus éclectique. Invite une pléiade d'artistes, parmi lesquels on retrouve Sinnead O' Connor, Jah Wobble et Keith Leblanc. Mais ne parvient finalement qu'à glisser vers l'ambient. Vous avez sans doute déjà eu l'occasion d'entendre le nouveau single "One to one religion". Il est clair (!) que l'ensemble du CD est de la même trempe.