L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Epica - 18/01/2026
Hooverphonic
Chroniques

Gruff Rhys

Seeking New Gods

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La carrière de Gruff Rhys est loin de s’être arrêtée à l’issue de l’aventure des excellents Super Fury Animals ! Depuis, lorsqu’il ne s’investit pas au sein de ses projets parallèles (Neon Neon et Boom Bip), il mène une carrière en solitaire, plutôt prolifique et de très haute qualité, jalonnée à ce jour de 7 albums…

De son véritable nom Gruffudd Maredudd Bowen Rhys, le Gallois raffole des concepts albums aux thèmes plutôt uniques en leur genre. Et « Seeking New Gods » ne déroge pas à la bonne règle, puisqu’il raconte l’histoire d’un volcan (le mythique et mystérieux Mont Paektu) sis à la frontière sino-coréenne. En se servant d’arrangements géniaux et inventifs –et ce n’est pas une surprise– il conte le ressenti de ce mont sacré pour les Coréens et les Mandchous, à l’aide de cuivres et trompettes (le joyeux « Mauseleum Of My Former Self ») ou autres claviers loufoques. Légèrement psyché et diablement pop (« Can’t Carry On »), ces 9 titres sont littéralement irrésistibles et se terminent idéalement par la ballade « Distant Snowy Peak », une plage vraiment de toute beauté…


 

Durand Jones

Private space

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Durand Jones and the Indications

Deux ans après avoir gravé « American Call Love », qui avait révélé le groupe américain au public européen, et à peine 6 mois après la sortie de l’album solo d’Aaron Frazer (batteur/chanteur), Durand Jones and the Indications nous propose son troisième opus. Comme sur ses précédents elpees, la formation basée dans l’Indiana répète ses gammes soul en marchant dans les pas de Curtis Mayfield, Otis Redding et Charles Bradley. On retrouve tous les éléments caractéristiques du style : la voix langoureuse et sensuelle de Durand Jones, l’omniprésence des cuivres, des guitares funk ou encore une basse caoutchouteuse. L’instrumentation est enrichie d’une belle section de cordes. Et c’est nouveau !

Pourtant, alors qu’elle pourrait se contenter de tirer parti de son expérience, la formation américaine se réinvente et agrémente sa musique de touches disco, à l’instar de l’excellent « Witchoo ».

En outre, alors que sur le long playing précédent, les textes reflétaient un engagement politique marqué par la mandature Trump, « Private space » privilégie les paillettes et le thème de l’amour, thème qui alimente 95% des morceaux soul…

Une fois encore, Durand Jones and the Indications se fend d’un excellent opus.  Une discographie sans fausse note. Pour notre plus grand bonheur !

 


 

Valkø

Monsters (Ep)

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Etablie à Bruxelles, Valkø est une artiste belge. Votre serviteur l’avait découverte en supporting act d’Asaf Avidan, au mois d’août dernier. Actrice, songwritrice, mais surtout chanteuse et violoncelliste, sa voix semble danser sur une corde de son instrument (qu’elle pratique à merveille) avec la grâce et la fragilité d’une funambule. Vaporeuse, soignée, douce, lancinante ou hantée, mais surtout à l’amplitude impressionnante, elle est, en outre, susceptible de rappeler tour à tour Kate Bush, Beth Gibbons, Alison Goldfrapp, Björk voire encore Thom Yorke.

Les références à Muse ou au Velvet Underground peuvent paraitre surprenantes ; d’autant plus que l’artiste puise ses sources d’inspiration dans la mélancolie des paysages, la puissance des forces de la nature ainsi que la recherche de pureté et de beauté…

« Monsters » ouvre la plaque. C’est également le single. Le morceau baigne dans une forme de pop romantique, exprimant toute la versatilité de son humanité, les problèmes qu’elles rencontrent, les monstres qui la dérangent, mais la rendent plus forte. « Silence In The Dark » nous entraînerait-il jusqu’aux tréfonds de l’enfer ? Envoûtante, entêtante même, la voix semble vouloir nous y conduire subrepticement. Robert Berkeley Davis et Cathy Dennis ont composé « Can't Get You Out Of My Head » pour Kylie Minogue, une compo qui est devenue un mega hit. Valkø nous en propose sa propre version. Le disque s’achève par « All I Ever Dreamed Of », une plage qui comble probablement ses rêves…

Valkø a entièrement produit et arrangé cet Ep. Hormis les parties de guitare et de basse, elle se réserve tous les instruments. Ce qui démontre qu’elle est bien davantage qu’une chanteuse, rôle qui lui a souvent collé à la peau…


 

Clock Stretcher

Walking On Shell (Ep)

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Stanislas Micoud a décidé de fonder un power-trio en compagnie de ses comparses : le bassiste Alexandre Montel et le batteur Maxime Poux. Ce Français est en outre, grand fan d’Alt-J, de Radiohead et de Coldplay. Pas étonnant, dès lors, que son rock légèrement teinté d’électronique est taillé pour les stades, rappelant les trois groupes susvisés, et tout particulièrement la bande –souvent énervante– à Chris Martin, mais également U2.

Le tout est très bien réalisé et interprété, bénéficiant d’une belle qualité mélodique. Mais définitivement, tout y très/trop (biffer la mention inutile) propre…


 

Tropical Fuck Storm

Deep states

Écrit par

Après avoir gravé « A Laughing Death in Meatspace » en 2018 et « Braindrops » l’année suivante, ce quatuor australien nous propose son troisième opus. Le line up de Tropical Fuck Storm implique Gareth Liddiard et Fiona Kitschin (ex-The Drones), Lauren Hammel (ex-High Tension) et Erica Dunndes (ex-MOD CON, Harmony et Palm Springs). Donc des musicos issus de la scène underground aussie.

Tout au long de « Deep states », T.F.S. recycle (post et art) punk, garage, psychédélisme, delta blues, noisy, hip hop, r&b, new et no wave ainsi que funk avant de nous régurgiter une solution sonore étrange, mais particulièrement originale. Au fil du sillon on pense successivement à The Birthday Party, Royal Trux, Tom Waits, Talking Heads, Captain Beefheart, Wu-Tang Clan, Tuxedomoon ou encore Missy Elliot. On y rencontre même des mélopées arabisantes sur « Bumma sanger » et « Suburbopia », morceau que chantent en duo Erice Dunn et Amy Taylor, la frontwoman d’Amyl & The Sniffers. Et le tout est parsemé de collages qu’on pourrait qualifier de dadaïstes…

Mais le plus impressionnant procède de cette habileté à laisser filtrer les mélodies à travers les différentes textures de l’expression sonore. A l’instar de « The greatest story ever told », morceau qui ouvre le long playing, et dont l’accroche palpable s’inscrit dans le refrain lyrique. Ou encore de « New Romeo agent », qu’interprète Erica d’un timbre aussi élégant, limpide qu’harmonieux. Parce que la voix de Gareth se révèle, la plupart du temps, gutturale. Encore qu’elle devient aussi empathique que celle de Blaine Reininger sur « The donkey », piste dont le final s’enfonce dans des stridulations noisy dignes de Sonic Youth. Ou alors adopte un phrasé hip hop, comme sur le punk/funk « G.A.A.F. ».

Pour T.F.S., nous vivons dans un monde en perdition où le bizarre est devenu la norme et c’est cette impression qu’il cherche à refléter à travers sa musique, mais aussi ses textes acérés, satiriques et polémiques, quelquefois proches du délire, mais surtout propices à une réflexion sur les conséquences de l’impérialisme américain sur de nombreuses régions de la planète.

Maintenant, oui, ce n’est pas une œuvre facile à assimiler ; mais elle a au moins l’audace de la créativité…

Du grand art !


 

Cassandra Jenkins

An overview on phenomenal nature

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Issue de New York, Cassandra Jenkins a publié son premier Ep (NDR : un éponyme), en 2013. Elle grave ensuite son premier album, « Play Till You Win », en 2017 et se forge une certaine notoriété, aux States, en bossant auprès de David Berman (Silver Jews, Purple Mountains). Elle devait d’ailleurs assurer le supporting act de sa tournée, lorsque ce dernier s’est donné la mort. C’était en 2019.  

Sur le Vieux Continent, malheureusement, la songwritrice est toujours considérée comme une illustre inconnue. Elle vient donc de graver son second LP, « An Overview on Phenomenal Nature », sur le label de Brooklyn, Ba Da Bing (Julie Byrne, Sharon Von Etten, …) 

Et pour être franc, ce long playing bénéficiera certainement d’une place de choix lors des classements réservés aux meilleurs albums parus en 2021. Car la Newyorkaise vient de frapper un grand coup. Et pour y parvenir, elle a reçu le concours du multi-instrumentiste Josh Kaufman (Bonny Light Horseman, Josh Ritter, Muzz, …)

Sophistication, subtilité et feeling sont les caractéristiques essentielles affichées par les sept plages qui composent cette œuvre.

On ne peut s’empêcher de penser à Dan Bejar (et à son Destroyer) auquel on aurait remplacé la nonchalance par de la sensibilité. Après la ballade introductive « Michelangelo », l’Américaine nous transporte au sein d’une ambiance planante (« New Bikini », « Hard Drive »), une atmosphère entretenue par de superbes interventions au saxophone. « Crosshairs » adopte un profil folk plus classique, mais toujours aussi élégant. Et le reste, même s’il véhicule parfois des accents jazzyfiants, mérite des éloges…

« An Overview on Phenomenal Nature » se savoure de bout en bout. Et si vous souhaitez mieux connaître la musique de la Newyorkaise, sachez qu’elle se produira en concert, au Botanique, le 18 novembre 2021.  


 

Dinosaur Jr.

Sweep it into space

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Le douzième album de Dinosaur Jr. (NDR : le cinquième depuis sa reformation en 2005), a bénéficié de la collaboration de Kurt Vile à la coproduction. Ce dernier apporte également son concours à la guitare sur deux plages, réalisant même de belles figures de style à la douze cordes sur « I ran away », outre sa participation aux chœurs. Des chœurs qui se révèlent carrément falsetto sur l’excellent « I ain’t », morceau qui ouvre l’opus et dont le final se charge d’intensité crazyhorsienne. Une belle intensité alimentée par des riffs saignants qui refait surface régulièrement tout au long du disque. 

Lou Barlow signe et chante deux pistes. Tout d’abord la valse romantique et lancinante « Garden », puis le jovial « Take it back », John Mascis se réservant l’écriture des 10 autres compos. Et bien sur le lead vocal, qu’il épanche d’un ton toujours aussi maussade et mélancolique.

Gémissant, le solo de gratte dispensé pendant « I met the Stones » rappelle ceux qu’Adrian Gurvitz réservait chez The Gun, fin des sixties (NDR : souvenez-vous de « Race with the devil »). Power pop, « And me » mêle judicieusement sonorités de six cordes acoustiques et électriques. Plus enlevé, « I expect it always » s’enfonce progressivement dans la noisy. Enfin, l’album s’achève par la ballade dévotionnelle, « You wonder ».

Bref, un elpee bien dinosaurien, mais aux mélodies qui accrochent instantanément. Ce qui n’est pas plus mal !


 

Alan Vega

Mutator

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Alan Vega, le chanteur de Suicide est décédé en 2016. Réunissant cet artiste et Martin Rev, ce duo s’est servi de l’électronique pour concocter un répertoire singulier et visionnaire. Il va ainsi tracer la voie à des groupes comme The Human League, Cabaret Voltaire, Tubeway Army et surtout Depeche Mode. Cependant le parcours solo de Vega est tout aussi intéressant. Bien sûr, le mélomane lambda se souvient surtout de son hit single « Jukebox babe », mais sa carrière en solitaire, prolifique et riche en collaborations, va accoucher de plus d’une vingtaine d’albums qui vont même mêler hip hop, rock, metal et électro.

Enregistré entre 95 et 96, mais à l’époque inachevé, "Mutator" a été réalisé par l’artiste et Liz Lamere, son épouse et partenaire musicale. Après avoir retrouvé les bandes originales, Jared Artaud –un disciple de Vega qui drive le groupe minimaliste issu de Brooklyn, The Vacant Lots– a produit et mixé le tout.

C'est le premier opus d'une série puisée au sein d'archives, que le chanteur avait baptisé ‘The Vega Vault’, un vaste bric-à-brac d'écrits, de peintures, de dessins et de musique signés Vega.

Court mais obsessionnel "Trinity" ressemble à une invocation glaçante et angoissante. Sur "Fist", Vega chante ‘Destroy the dominators’ sur un lit de synthés rampants et un rythme hip-hop impassible, tandis que sur la ritournelle bucolique "Samurai", il déclame des paroles tour à tour sinistres (‘Missing girls/Who's been killing 'em ?’) et impénétrables, alors qu’à la fin du morceau il prend congé de l’auditeur en prononçant les mots ‘Au revoir’. "Nike solider" se révèle autant troublant que menaçant, alors que tout au long de l’ambient "Breath", il déblatère sur un ton flegmatique. Paradoxalement il est également capable d’emprunter les inflexions d’Elvis Presley. Mais lorsque ses propos deviennent emphatiques, c’est à Simon Huw Jones (And Also The Trees) que l’on se met à penser.

Un album posthume hanté, malsain, dérangé et dérangeant…


 
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