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Chroniques

Counting Crows

August and everything after - Live at the Townhall

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Ils existent encore ? Débarqués de nulle part en 1993, ils se sont rapidement imposés sur les ondes, en composant ce fabuleux « Mr Jones » qui fait toujours partie de leur fond de commerce, à l’heure actuelle. Ils nous le resservent d’ailleurs encore et toujours, à toutes les sauces, en acoustique, en live, …

Bref, au moment où le glas sonne pour REM qui les avait précédés de quelques années, il est curieux d’apprendre que le band d’Adam Duritz (au look toujours aussi étonnant) ressort de ses archives un enregistrement public de leur premier album, excellent au demeurant, mais en version live ‘non’ acoustique contrairement à ce qui avait déjà été publié en son temps.

Pour les avoir vus et (mal) entendus sur scène il y a quelques années, il ne fait aucun doute que la technique fait actuellement des merveilles. Alors que leur prestation publique bruxelloise m’avait profondément déçu, voir dégoûté, cet enregistrement est d’une qualité honnête, presque bonne.

Mais pourquoi maintenant, près de 20 ans après la tournée originale, publier un tel disque ? Est-ce lié à un problème financier ? Y aurait-il un autre motif ?

En fait, libéré de sa maison de disques de l’époque et de ses contraintes et/ou obligations, le band s’est amusé et s’est fait plaisir. Enregistrant quasiment le tracklist original, c’est sans nouvelle surprise ou inédit que les Counting Crows nous fourgue sa camelote. Piège à cons ?

Visiblement oui car la version n’arrive pas à la cheville de l’album studio, que l’on a juste envie de ressortir de sa disco(compacto)thèque ; ce qui n’est pas une mauvaise idée en soi.

Un album plutôt réservé aux fans, qui bénéficie, en parallèle, de la sortie du même concert en Dvd, business oblige.

Sans doute également une bonne opération promo, car Duritz annonce la couleur assez vite lors de ses échanges avec le public pour lui proposer la sortie imminente de leur sixième album, en novembre prochain.

Du bois de rallonge, rien de plus !

 

The Chakras

Build Me A Swan

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Natifs de Dublin, les frères Rocky (chant) et Gordo Whittaker (guitares) sont à l’origine du projet qui réunit également Richie Mc Ardle (guitares), Bryan Pepper (claviers) et Ian Kane (basse). Après avoir fourbi leurs armes dans leur île natale sous l’œil bienveillant d’Ian Brown, le club des cinq émigre à Londres, il y a deux ans, pour des raisons purement musicales et techniques. Afin de se ‘réaliser’ complètement, les musicos coupent toutes relations qui pourraient interférer dans leur travail et se consacrent à leurs compositions dans des conditions de ‘liberté’ totale.

Après avoir publié le single « Build Me A Swan », en 2010, Chris Potter les rejoint pour remixer le morceau. Un renfort judicieux, puisque la musique s’avère plus aérée, plus abordable, loin des guitares trop lourdes, des rythmes tonitruants et surtout de tout ‘bruit inutile’.

Toujours à l’affût de bons conseils et à la recherche du son ‘juste’, le quintet irlandais s’adjoint les services de ‘Jay’ Jarrad Rogers à la production. De quoi booster et diversifier les compos du band. Et le résultat ne se fait pas attendre. Un véritable bijou de 11 titres émerge de cette fructueuse collaboration.

Dans un registre différent de la pop/rock commerciale d’excellente qualité, proposée actuellement, dont Coldplay est le chef de file, les Chakras prennent le risque d’explorer des domaines plus fouillés, osent des compositions qui s’imposent et gagnent en puissance à chaque nouvelle écoute.

Alternant les grandes envolées lyriques (les remarquables « Slowdive » et « Blinded »), les mélodies pop bien élaborées (« Build Me A Swan », « Drifting », « We The People », …), les Chakras ne copient rien ni personne ; et c’est bien là leur principale qualité. Quoique, en prenant un peu de recul, on peut déceler un petit air de famille avec ce qui  restera sans aucun doute l’icône incontestable de la pop des nineties, JJ72, hélas disparu de la circulation aujourd’hui.

Piano, synthé, guitares et batterie font bon ménage dans le monde des Chakras. Aucun instrument n’empiète chez le voisin ; une complémentarité évidente et diablement efficace saute aux yeux. Et détail croustillant, aucun des cinq membres ne tient les baguettes assis derrière les fûts. Pour assurer le tempo (et quel tempo), les Irlandais se sont assuré les services d’Osgar Duke, musicien indépendant qui n’a visiblement pas le droit de figurer ni sur la photo de famille, pas plus que dans le livret. Il faut juste espérer pour eux qu’il les accompagne sur scène, lors de leur tournée.

« Build Me A Swan » a tout de l’album révélation ou découverte 2011, c’est selon : punch, finesse, originalité, musicalité, variété,… tout y est. Aucune faiblesse à pointer, une fameuse réussite. Le smog londonien leur aura paradoxalement éclairci les idées ! Excellent, vraiment.

 

Bogong in Action

And That if Piggod !

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Il ne faut pas plus de 8 minutes en tout et pour tout au trio italien Bogong in Action pour démontrer toute sa puissance ou plus exactement, l’étendue de sa ‘folie’. Huit minutes pour reléguer au rang de groupes pop, n’importe quel groupe post-punk. Seul The Locust a, peut-être, réussi à faire pire. En six pistes ne dépassant pas les deux minutes, hormis le morceau d’entrée, le groupe pousse l’expérimental à l’extrême. Huit minutes durant lesquelles les guitares crissent tandis qu’un ahuri prend un malin plaisir à se détruire les cordes vocales. « And That if Piggod » constitue une expérience musicale, rien de plus. Oreilles sensibles s’abstenir.

 

Blitzen Trapper

American Goldwing

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Véhiculant un patronyme qui évoque une division de blindés, rien ne semble pouvoir arrêter Blitzen Trapper. Un an seulement après avoir publié « Destroyer of the Void », leur 5ème opus, Eric Earley et sa bande nous proposent « American Goldwing », un elpee toujours aussi efficace. Et pourtant, la formation étasunienne (NDR : elle est issue de Portland, dans l’Oregon) continue de faire la part belle à l’Americana. Leur science ? Revisiter la musique populaire américaine sous un angle contemporain : Bob Dylan sur le magnifique « Girl in a Coat » ainsi que « Stanger in a Strange Land », The Band (« My Home Town  »), Creedence Clearwater Revival (« Fletcher ») et même Lynyrd Skynyrd (« Street Fighting Sun »). De moins en moins folk et de plus en plus gonflés aux stéroïdes électriques, les morceaux de Blitzen Trapper doivent s’écouter en pickup (‘The highway / Which runs far but never my way / Don’t you know’ sur « Stranger in a Strange Land »). A l’instar du titre de l’elpee, difficile de faire plus yankee… La voix ‘dylanesque’ d’Eric Earley et l’exécution parfaite des morceaux préservent l’ensemble du simple exercice de style, même si le combo s’aventure parfois à la limite du mauvais goût sudiste (« Street Fighting Sun »). Ou, exception qui confirme la règle, passe complètement à travers sur un « Your Crying Eyes » bourré de clichés. Mais nonobstant une légère carence en personnalité, le band ne manque pas de talent. En outre, il a eu la bonne idée de se débarrasser des accès progressif qui contaminaient « Destroyer of the Void », pour privilégier un répertoire plus accessible. Saupoudré de rock et de country, le long playing nous réserve quelques petits tubes ‘roots’ particulièrement intenses. Et je pense à « Might Find it Cheap » et « Fletcher ». Il recèle également l’une ou l’autre ballade déchirée par un harmonica, dont « Love the Way You Walk Away », une plage très réussie qui suscite l’enthousiasme. En simplifiant son écriture, Blitzen Trapper vient probablement de réussir son meilleur album ce jour !

 

The Black Box Revelation

My Perception

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Black Box Revelation est un peu l’alter égo flamand de l’Experimental Tropic Blues Band (NDR : pou rappel, le trio est liégeois). Un duo 100% rock n’roll qui a de l’énergie à revendre. Jan Paternoster et Dries Van Dijck ont à peine 20 ans. « My Perception » constitue leur 3ème  album en 3 ans. Truffé de tubes, il ne devrait pas décevoir ses nombreux fans. Garage, le son est sale. Il est même proche de celui des White Stripes. Mais une touche soul, en plus, dans la lignée de ces filous de Black Keys. Pendant que Dries martèle rageusement ses fûts (« My Perception »), Jan lacère nos tympans à l’aide de riffs puissants et au groove rare dans le pays de Maurane (« Skin »). La voix rauque et féline est digne de celle d’un véritable vétéran de la scène rock… Le fantôme des Stooges est dans la pièce ! Même lorsqu’ils ralentissent le tempo, les Black Box Revelation conservent leur morgue rock n’roll. Motif ? La production confiée à Alain Johannes (Queen of the Stone Age, Them Crooked Vultures). Enfin, le single « Rattle My Heart » aurait pu figurer au répertoire des Rolling Stones.

Ce duo est devenu un des meilleurs représentants de la scène rock noir/jaune/rouge. Mais aussi une formation qui a suffisamment de planches pour percer hors des frontières de la Belgique. Et au vu de ses prestations scéniques enflammées, il possède tous les atouts pour conquérir le monde. Et ce sera d’autant plus facile qu’il vient de commettre son meilleur album à ce jour !

Les 3 et 4 novembre à l’AB à Bruxelles, le 5 novembre à la Ferme du Biéreau à Louvain-la-Neuve et le 3 décembre au Belvédère à Namur.

 

Jello Biafra

Enhanced Methods of Questioning (Ep)

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S’il ne fallait retenir qu’un seul nom dans l’histoire du punk hard core américain, celui de Jello Biafra nous viendrait immédiatement à l’esprit.

Chez les Dead Kennedys, il a écrit une page incontournable du rock engagé. Anti-américain et anarchiste confirmé, le leader a habilement, mais aussi brutalement, exprimé ses opinions contre la vivisection, les religions, les lobbies financiers, les régimes radicaux et la torture.

Depuis peu, Biafra perpétue la tradition du mythique combo par le biais d’une formation qui comprend, notamment, Billy Gould de Faith No More. Son nom révèle à lui seul le génie sarcastique de notre punk en costard cravate. Cet Ep constitue une seconde sortie, après un premier effort datant de 2009. Son contenu ne nous surprend pas et s’en tient à la formule qui a fait les grandes heures de Dead Kennedys.

Mais Biafra parvient à contourner la redite en instaurant des climats propres à chaque titre de la plaque. Au final, les cinq fragments ici offerts s’avèrent rudement efficaces, comme ce « Miracle Penis Highway » qui semble conclure l’Ep. Surprise ! Un titre bonus démentiel se profile sous la forme d’une cover des Deviants, « Spatiale », une adaptation complètement tordue et empreinte d’une folie presque communicative. La claque est telle qu’on salive déjà à l’idée de la sortie d’un véritable album. Soulignons enfin que les illustrations du livret sont signées Michel Langevin du groupe de trash metal canadien Voivod.

 

Azymuth

Aurora

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A force de perdre le nord dans la routine du métro-boulot-dodo quotidien, on en oublie les bonnes choses de la vie. Résultat : on finit la tête à l’envers et l’esprit complètement à l’Ouest. Fort heureusement Azymuth est capable de remettre les âmes perdues sur le droit chemin en les enivrant de musique ensoleillée, grâce à leur tout nouvel album « Aurora ». Ce jazz aux nuances variées, empruntant des tournures tantôt relaxantes, tantôt festives, nous promet une escapade sur les terres brésiliennes, le temps d’une chanson. « Aurora » c’est un assemblage de couleurs qui entre dans nos oreilles, une rythmique énergique fidèle au groupe susceptible d’orienter les avis des mélomanes sur l’angle du coup de cœur.

 

Atomic Paracelze

Atomic Paracelze

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Derrière ce patronyme détonnant, se cache un quintet suisse responsable d’une musique explosive. Et le mot est faible. Une forme d’avant-rock (NDR : et je n’invente rien) élaboré par un line-up plutôt insolite : un violon, un fender rhodes (NDR : c’est un orgue !) et une batterie ; le tout enrichi de bidouillage électroniques plus ou moins étranges. Pas de guitare, donc. Une expression sonore sur laquelle vient se poser la voix de A.Lang (NDR : il est également actif au sein du groupe genevois Zwegh). Une voix très, très proche de celle de Mike Patton. Pas étonnant, puisque le combo est manifestement influencé par Mr. Bungle, The Melvins et Jesus Lizard. Le band prétend pratiquer du ‘no-guitar-avant-rock’. Pas étonnant qu’il soit parvenu à partager l’affiche de formations comme Zu ou encore Kill The Thrill.

A l’instar de Mike Patton, Atomic Paracelze adore les brisures de rythme. Les crissements sont légion. On a même souvent l’impression que leurs compos partent dans tous les sens avant de retomber, à chaque fois, comme par magie sur leurs pattes. La technique des membres du groupe n’y est sans doute pas étrangère ; d’ailleurs tous les musicos jouent au moins dans deux autres formations. Mais le plus impressionnant est incontestablement l’organe vocal de Zwegh. Rien à faire, il est hanté par celui de Mr. Patton.

 

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