Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Biohazard 8/8/26
Chroniques

Rod Piazza

Almighty Dollar

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Rod Piazza est un pionnier du blues, l'un des premiers harmonicistes blancs qui soit parvenu à creuser son trou dans cet univers, pendant les années 60, aux côtés de Paul Butterfield, Charlie Musselwhite et Alan Wilson. Il a milité successivement au sein du Dirty Blues Band, de Bacon Fat et en solo. Ses Mighty Flyers, il les a fondés, il y a déjà trente ans. Au fil du temps, ces ‘aviateurs puissants’ sont devenus ‘tout puissants’ ; et aujourd’hui prétendent que le dollar est ‘tout puissant’. Ce qui reste encore à prouver. 

"Almighty Dollar" constitue déjà le quatrième elpee commis pour le label californien, depuis 2005. Rod est toujours soutenu par sa tendre épouse Honey Alexander aux claviers, le fidèle Henry Carvajal à la gratte et Dave Kida aux percussions. Pour enregistrer cet opus, le patron de Delta Groove, Randy Chortkoff, a fait appel a quelques invités.

Le disque démarre en force par le "Move out baby" de Jimmy Liggins. Du west coast jump pur et dur. Miss Honey est déjà bien échauffée derrière ses ivoires. Comme d’hab. Rod est brillant. Il a une pêche d'enfer sur son harmonica. Rod est entouré de voix féminines lors du blues gospel "What makes you so tough", une compo indolente. Et lorsqu'il prend son billet de sortie à l'harmo, c’est pour échanger un dialogue avec le sax ténor de Johnny Viau. "Blue shadows" marque un nouveau changement de style. La musique est bercée par les rythmes syncopés de la Nouvelle Orléans. Redoutable et talentueux à la six cordes, Rusty Zinn met la gomme. Il impressionne la galerie. Freddie King avait autrefois traduit "Ain't nobody's business" en classique. Excellente, la nouvelle version ne manque pas de subtilité. Honey siège derrière le piano et Hank Van Sickel se réserve la basse acoustique. Piazza sort son instrument diatonique de sa poche pour attaquer "That's it", un instrumental signé Little Walter. Il y brille de mille feux. On se croirait revenu au cœur des fifties, lorsque Walter était entouré de ses Aces au sein des studios chicagolais de Chess. Le coup de griffe d'un génie de cet instrument. Les Flyers déménagent toujours autant lors d’un remuant "Baby don't go", Zinn se chargeant à nouveau des cordes. Elles jumpent de ravissement! J'adore Rod quand il souffle dans son harmo chromatique. Sa performance est de très haut niveau! En route vers le Chicago Southside, lors d’une adaptation magique du "Loving man" de Muddy Waters, une compo à nouveau hantée par le fantôme de Little Walter. Ami d'enfance de Muddy, Johnny Dyer est aux vocaux. Tout comme sur "Confessin' the blues", une autre piste issue de la plume du même Walter. Rien désormais ne peut plus les arrêter. Ils attaquent la plage éponyme ; et pour la circonstance, c’est Carjaval qui se déchaîne. Un Carjaval qui interprète, d’un timbre empreint de nostalgie, "We belong together", une bien jolie ballade au parfum 50’s. Cet album d’excellente facture, s’achève par "Con-vo-looted", un instrumental de toute beauté signé Piazza. 

 

Manraze

PunkFunkRootsRock

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Le projet Manraze n’a finalement rien d’une aventure musicale éphémère, liant Phil Collen (Def Leppard), Paul Cook (Sex Pistols) et Simon Laffy (Girl). N’en déplaise à ceux qui ne croyaient pas en la longévité de ce qui convient d’être nommé un supergroupe.

Preuve nous en est donnée en cette fin d’été puisque la formation signe un deuxième opus bougrement bien ficelé, intitulé « PunkFunkRootsRock », qui au final aurait tout simplement pu porter le titre de « Roots Rock ».

Car de Punk et de Funk il n’est pas vraiment question au fil des douze titres plutôt ancrés dans le chaudron magique du début des seventies.

Si l’influence d’Hendrix est déjà perceptible sur « Over My Body », qui déboule en fanfare, on remarque dès le premier riff de guitare une forte connotation ‘Stonienne’, mais aussi la patte lourde du léopard sourd.

Car il faut bien l’admettre, des skeuds tels « Superbiker » et surtout « Get Action » auraient facilement trouvé leur place sur un nouvel album de Def Leppard. Le trio fait néanmoins preuve d’une grande diversité. Sur le très accrocheur « I C U in Everything », Phil Collen chante beaucoup plus grave, à tel point qu’on pense parfois à Marilyn Manson. Plus pop, « All I Wanna Do » tient parfaitement sa place, à l’image de la ballade « Closer to Me », composée et jouée avec beaucoup d’habilité.

Quand à la reprise du « Fire » du grand Jimmy, il ne s’agit pas de s’écarter du génie original de l’œuvre. Elle est simplement jouée magistralement par l’ancien Pistols. Et surtout les parties de guitare sont à couper le souffle. Ne vous arrêtez donc pas à la pochette affreuse et au titre bizarroïde du nouveau Manraze, soit de trois vieux briscards du rock qui se font diablement plaisir. Frais et roots à la fois !

 

Little Dragon

Ritual Union

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« Ritual Union » constitue le troisième album de Little Dragon. Fondée en 1996, cette formation suédoise est responsable d’une musique électronique qui lorgne vers la lounge.

Le résultat obtenu lors du mélange entre drums, basse, arrangements électronique et voix est plutôt étrange. Ce qui explique pourquoi Little Dragon a trouvé son style, particulier s'il en est. Difficile voire même très difficile de lui donner une coloration. Une chose est sûre : soit on aime ou on déteste.

Et je vous avoue partager l’avis de la seconde catégorie. On me reprochera peut-être une certaine forme d’hermétisme, mais malgré plusieurs écoutes, un constat s’impose, cette musique n’a aucun goût. D’ailleurs, je dois avouer avoir été presque ‘soulagé’, lorsque j’ai rangé définitivement le cd dans son boîtier. Les rythmes sont répétitifs. Trop faible, la voix se fait littéralement manger par la boîte à rythmes quand ce n’est pas par l’instrumentation. Pourtant, le chanteur, Yukimi Nagano, n'est pas né de la dernière pluie. On lui attribue même un talent certain. D’ailleurs, il collabore régulièrement aux projets Gorillaz et Maximum Balloon. Une référence, il faut le reconnaître.

Ce qui explique peut-être pourquoi certaines critiques estiment ce disque génial. Pourquoi pas ! Pour votre serviteur, il est tellement monotone, lent, triste, lymphatique et insipide, qu’il se destine naturellement à la sonorisation des restaurants et surtout des ascendeurs. En résumé il est vide, à l’instar de « Crystalfilm », compo qui ne démarre qu’après 40 secondes de presque-silence.... ou encore de « Summertearz », qui s’achève après 20 secondes de pause. Cet elpee est donc sensé nous plonger dans une certaine ambiance. Faute de pouvoir la mettre, l’ambiance. Encore que les pistes pourraient facilement constituer une base de travail pour les DJs en mal de remixes. En y ajoutant du peps, de l’énergie quoi, pourquoi pas ?

A éviter, si vous n’êtes pas un inconditionnel du groupe.

Light Asylum

In Tension (Ep)

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Duo tout récent (à peine deux ans au compteur), le band Light Asylum, issu de Brooklyn, sort cette année « In Tension », un Ep autoproduit, mélangeant harmonieusement électro et voix soul caverneuse.

Tout au long des quatre titres, la voix enchanteresse de Shannon Funchess nous séduit. Celle que nombreux mélomanes comparent déjà à Grace Jones (tant physiquement que musicalement) nous transporte sur les beats soutenus de Bruno Coviello.

Leur talent est indéniable et le rythme entrainant n'est d'ailleurs pas sans rappeler la vague punk de la fin des années 90. Gros coup de cœur d'ailleurs pour "Dark Allies", qui mérite assurément le détour d'une écoute.

Reste que le groupe souffle aussi bien le chaud que le froid. Sur les quatre pistes proposées, deux sont convaincantes, tandis que les deux autres laissent plutôt sur notre faim, manquant un peu de panache et d'énergie. Comme si le groupe avait encore besoin de mûrir un peu avant de s'envoler véritablement vers le succès.

A suivre de près donc, car l'essence d'un très bon groupe est là, à n'en pas douter.

 

Great Mountain Fire

Canopy

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« Late Night » et « Cindirella » ne sont déjà plus que de jolis souvenirs d’été que m’arrive enfin le premier album d’une toute jeune formation bien de chez nous, Great Mountain Fire.

Bruxellois bon teint, le quintet débute sa carrière sur les bancs de l’école primaire ‘Nos enfants’ d’Uccle. C’est là qu’ils usent leur fond de culotte, deviennent inséparables et, dès l’âge d’onze ans, débutent la musique. Alexis (basse), Tommy (claviers) et Antoine (guitares) apprennent les grandes lignes de l’écriture et de la compo auprès du papa de Morgan (batterie). La dernière roue de la charrette, Thomas (chant) les rejoindra plus tard. Durant quelques années, les teenagers enchaînent les concerts sous le patronyme de Nestor sans pour autant jamais sortir d’album.

En septembre 2010, c’est sous le pseudo de Great Mountain Fire qu’ils assurent la première partie de Ghinzu au Bota. Dès cet instant, leur carrière connaît un virage assez important ; puisque Jean Waterlot, le chanteur de Montevideo, les prend sous sa coupe afin d’assurer la production de leur première réalisation, « Canopy ».

« Canopy », canopée en français signifie la vie, faune ou flore, qui existe à la cime des arbres de la forêt tropicale. ‘Ça nous évoquait surtout un côté très organique, vivant. A la fois lumineux quand on regarde en haut et à la fois sombre et intime. Il y a plein de synonymes qui nous correspondent là-dedans’, confie Antoine.

Dès lors, de quelle oreille écouter et comment apprécier ce nouvel opus ?

Onze titres électro/pop, post punk, un rien minimaliste, mettant l’accent sur une rythmique bien claire et intense, rappelant de temps en temps l’ère disco du début des eighties. Great Mountain Fire démontre une belle originalité et toute sa richesse dans ce premier opus ouvert sur la ‘nature et le monde animal’.

Outre les deux titres précités qui ont eu une jolie couverture radiophonique, il reste encore quelques belles perles à épingler sur ce premier ouvrage, « Breakfast » et ses chœurs efficaces, « If a Kid » et sa basse lancinante ou encore « Crooked Head » aux consonances très ‘Vampire Weekend’.

Vous les avez peut-être manqués cet été ; pourtant ils se sont multipliés lors des festivals estivaux, au cours de ces trois derniers mois, Pas de panique, Great Mountain Fire partira en tournée dès le début de cet automne. Ne les ratez plus s’ils passent près de chez vous ! Et une découverte belge de plus, une !

 

Fucked Up

David comes to life

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Telle une limace baveuse traçant sa route aux commissures de mes lèvres, une grimace hideuse fige mon rictus alors que je me tortille frénétiquement sur le carrelage humide.

A l’intérieur du compartiment Cd, le rayon laser balaye méticuleusement les équations binaires qui savamment orchestrées s’agencent en de multiples essaims venant se heurter par vagues successives sur les récifs abrupts de ma réticence dubitative.

Un sourcil paresseusement levé interroge en vain.

« David comes to life » est un album concept, idée qui à elle seule soulève tant le cœur que la curiosité.

Quelques vagues réminiscences nauséeuses qui effacent le souvenir du meilleur du genre. Argh ! Scabreux défi mis en perspective en quatre actes imaginé par le groupe de Toronto.

Le genre de projet foireux et absolument fou que d’aucun n’oserait relever.

Et par ailleurs, absolu contre-pied débonnaire dans le plus pur style Punk, puisque prenant justement le parti d’user d’un précepte à l’encontre de l’esprit Punk (vous me suivez ?), cet Opéra Rock moderne se fout royalement des conventions, et prend un malin plaisir à se jouer des codes en vigueur.

Nous voici contées les affres de David, parabole sur l’Amour, la guerre, la folie humaine, et nombre de ramifications possibles. Le décor est planté dans les ruines fumantes d’une ville industrielle britannique, à la fin des années 70. L’histoire débute par la perte de l’être cher lors d’un bombardement. Les pièces du puzzle se mettent en place, tandis que la raison de David Eliade, elle, se morcelle. Alors qu’un dialogue interne s’instaure entre lui et le narrateur, une nouvelle approche est mise en lumière sous les projecteurs blafards de la relativité.

Quand le Punk se fait cérébral.

Mais quid de la musique, me direz-vous ?

Indépendamment de la structure et de la narration, l’album peut très bien s’écouter comme un brûlot foldingue à l’énergie décadente. « David comes to life » tient la route d’un bout à l’autre et procure son quota d’excellents morceaux.

Encore plus recherché musicalement que son prédécesseur (« The chemestry of common life »), ce troisième album des protégés du label Matador ose l’improbable avec aplomb et une sacrée dose de second degré.

Les vociférations de son leader, Damian Abraham, parfois un rien lassantes, sont contrebalancées ici et là par de charmantes voix féminines, donnant une aura plus Pop à l’ensemble, un peu comme si par moment on entendait Arcade Fire jouant sur des charbons ardents.

Alors, bien sûr, au long de ces 78 minutes, on n’évite pas toujours la  lourdeur de quelques guitares grassouillettes et quelques poncifs du genre Glam, propres à toute mise en scène grandiloquente de ce type. Mais qu’importe, car au final, ces malins iconoclastes finissent de donner une belle leçon d’inventivité et de radicalité à l’industrie musicale moribonde.

Fucked Up, but happy!

 

The Fervor

Arise, Great Warrior

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Enfin un groupe qui a compris qu’une pochette n’est pas un vulgaire emballage et permet de mettre en valeur une œuvre, surtout lorsqu’elle doit subir la concurrence. Evoquant le spectre de Don Quichotte planté fièrement sur sa monture, l’artwork du second album de The Fervor a de l’allure. Ne reste donc plus qu’à écouter ce que groupe de Louisville, dans le Kentucky, a dans le ventre.

A l’origine le line up réunissait Nathalie (chanteuse, claviériste) et Ben Felkner (guitare) ; mais le line up s’est élargi (bassiste et drummer), depuis la sortie du premier album. Malgré ce recrutement, le couple continue de diriger la manœuvre, les deux nouveaux venus se contentant de suivre le mouvement. Dommage…

Découpé en sept morceaux, « Arise, Great Warrior » oscille entre psychédélisme et americana. La présence de nappes de claviers (« Clearly As The Sun ») ou de guitares réminiscentes du Crazy Horse de Neil Yong corroborent respectivement ces impressions. Au début, je le concède. Car au fil des morceaux, on perd le fil conducteur de l’elpee. Certaines plages tirent en longueur. Et la voix plaintive de Nathalie Felkner commence à agacer.

En variant davantage son répertoire, le combo aurait pu nous réserver une bonne surprise. Il serait peut-être judicieux que le couple invite les deux autres membres du combo, à s’impliquer dans l’écriture.

 

Accordion Samurai

Accordion Samurai

Écrit par

Ces samurai ne sont pas sept, mais cinq.

Ils ne sont pas japonais, mais italien, français, finlandais, belge et irlandais.
Pour armes, ils n'ont que leurs accordéons.
Rien d'autre.
Pas de percussion, pas de basse...
Plein de boutons ! Et pas sur la figure !
Des doigts qui vont à toute allure, et l'expérience de chacun en partage.

Le projet est né il y a trois ans, et les Samurai ont commencé leurs concerts l'an dernier. Voici leur premier disque, produit par Home Records.

Pas spécialement conçu pour les amateurs de piano à bretelles, mais aussi pour qui aime la saudade, le rock et le folk, la mélancolie et la danse.

Les cinq univers donnent une grande liberté de ton, tantôt proche du folk irlandais, tantôt de la musique de films. Les musiciens savent donner corps à leur musique. C'est profond mais pas épais.

C'est sacrément bien foutu, à l'instar du titre « Eleanor Neary's Hornpipe » composé sur une structure classique : le thème revient, se dédouble, dévie, part dans des disharmonies avant d'être rejoué pour clore le morceau.

Malgré la couverture de l'album (où les soufflets rouges rappellent des entrailles), le disque ne se terminera pas en hara-kiri, mais par un superbe morceau finlandais intitulé « The last Waltz », majestueux et élégant.

 

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