Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Chroniques

Hal Flavin

The Talk (Ep)

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Un duo luxembourgeois, ce n’est pas tellement courant dans le monde de l’électro-pop. Hal Flavin nous propose un Ep 5 titres intitulé « The Talk ». Ce dernier est le mort-vivant de la musique électro : il a de la gueule, c’est une espèce qu’on ne croise pas souvent, il cultive des ambiances, certes pas toujours très saines ; mais qui manquent aussi profondément d’âme ! Hormis « 7th Year », beaucoup plus posé et plus raffiné que les autres morceaux. Le reste paraît aussi calculé que la construction d’une pyramide, aussi lisse que la peau du bébé qui n’a encore rien vécu. En fait, « The Talk » est un peu une parole lancée en l’air par un homme politique belge. Tous deux nous font la promesse de nous offrir ce qu’il y a de mieux et pourtant, on continue indéfiniment à attendre. A force de les écouter parler dans le vide, qu’ils creusent eux-mêmes, on ne croit rapidement plus en eux. La coalition des deux partis semble pourtant être la bonne, fait même des heureux, mais la majorité n’arrive pas à s’en satisfaire. Alors, on leur laisse une deuxième chance ; mais s’ils mettent de nouveau les pieds de travers, on va voir ailleurs si les autres ne peuvent pas faire mieux.

 

Cults

Cults

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Sans aucune surprise, Cults ne devrait pas tarder à devenir… culte. Le duo américain propose, en effet, tout au long de son premier opus éponyme, une collection imparable de tubes pop sixties aux reflets surf, lo-fi et à la production moderne et chic.

Cults est un duo réunissant Brian Oblivion et Madeline Follin, deux noms qui évoquent une myriade de fantasmes musicaux… Le buzz précédant la sortie de cet album leur a permis de s’offrir Shane Stoneback (Vampire Weekend, Sleigh Bell, M.I.A.) à la mise en forme. Un choix judicieux, car le producteur transcende les petites bombes pop mélodiques, gavées de reverb. A l’instar des « Most Wanted » et « Go Outside ». Chez Cults, les Shangri-Las et les Ramones rencontrent My Bloody Valentine, car leurs ritournelles aux mélodies sucrées, d’apparence inoffensives, sont drapées de textures sombres et légèrement dérangées. Les lyrics traitent ainsi, entre autres, des ravages causés par les excès de consommation de drogue, des textes parsemés de citations signées Charles Manson. Le ver se cache dans un fruit apparemment sain ! Du fond de sa cellule, Phil Spector doit se réjouir du comportement de ses héritiers naturels. La pop dépravée a déniché ses nouveaux monarques !!!

 

Collapse Under The Empire / Mooncake

Black Moon Empire (split ep)

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La discrète maison allemande Oxide Tones présente l’obscur « Black Moon Empire », un split cd très indiqué en cette fin de vacances sombre et pluvieuse. Un titre noir pour une collaboration germano-russe pourtant lumineuse entre deux groupes très peu connus hors initiés du genre : Collapse Under The Empire et Mooncake. De belles découvertes post-rock pour des ensembles, en tout cas, post-union soviétique…

Collapse Under the Empire est un duo issu de Hambourg qui réunit Chris Burda et Matthew Jason. Responsable de deux albums à ce jour, il jouit d’une certaine notoriété en Allemagne. Mooncake nous vient de Moscou. Peu notoire en Europe Occidentale, ce combo a publié un premier opus en 2008, « Lagrange Points ». Et il faut reconnaître que le tandem tient la dragée haute aux formations issue de l’Ouest du Vieux Continent.

Les deux groupes se partagent 5 morceaux post rock, sur un Ep tout en nuances. En guise d’ouverture, les deux ensembles participent au titre maître, une compo abordée dans l’esprit de Mogwai et caractérisée par ses envolées atmosphériques. Les bands se réservent ensuite deux inédits chacun. Les Allemands nous livrent un « TSD » à fois complexe et chargé d’émotion avant de littéralement nous rentrer dedans lors d’un « Spark », dont l’énergie percutante évoque la quintessence de 65DaysofStatic.

Dépouillées et subtilement construites, les compos de Mooncake lorgnent plutôt du côté de Caspian. Le combo nous livre deux pépites dénichées, probablement, dans les eaux profondes de l’Oural.

Satisfaction personnelle, quoique décrié, le post rock n’a pas encore rendu son dernier souffle. Il vient peut-être de rentrer dans une phase universelle. Et Collapse Under The Empire ainsi que Mooncake en sont plus que probablement la parfaite démonstration…

 

Carlton Melton

Country Ways

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Bienvenue dans le monde magique et mystérieux de Carlton Melton. Une formation étasunienne qui pratique du ‘psyché-drone’. Leurs compos privilégient de longues épopées crépusculaires, alimentées par des accords de guitares lourds et psychédéliques.

Fondé en 2008, sur les cendres de Zen Guerilla, le quatuor nous propose son second long playing. Intitulé « Country Ways », il a de nouveau été enregistré ‘live’. Mais, un soin tout particulier lui a été réservé dans le domaine de la mise en forme. Même s’il a encore été immortalisé en public. Les 20 premières minutes de « Country Ways » nous invitent à participer à un long périple. Un voyage passionnant mais complexe, accompli dans l’esprit du Pink Floyd, dont le band reprend d’ailleurs « When You’re In ». Monotone, l’expression sonore ne suscite, cependant, jamais l’ennui. Au fil du sillon, elle prend même de l’ampleur. Laissant alors la place a des expérimentations sonores, balisées dans un space rock forgé dans les riffs de guitares puissants et hypnotiques. Sur cet elpee, tout est question de sonorités, d’ambiances et de vibrations. Alors, si vous privilégiez le groove et le rythme, il est préférable de passer votre chemin. Les inconditionnels de krautrock devraient apprécier ; mais également celles et ceux qui ne jurent que par Hawkwind, Spacemen 3 et Earth!

 

Butcher Mind Collapse

Night Dress

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Vu son patronyme, on se doutait bien que cette formation ne faisait pas dans la dentelle. Un quatuor italien. Issu de Jesi, près d’Ancône, très exactement.

Dès les premières notes de « Night Dress », on est plongé dans un univers expérimental. La voix est hantée. Le tempo tour à tour languide ou frénétique. Le titre des morceaux ? Aucune info à ce sujet. On se contentera donc de les énumérer pour les analyser. Ainsi, le second morceau démarre à fond les manettes. Un saxophone entre dans la danse. On pense alors, au free-jazz de K-Branding ou aux élucubrations sonores du Singe Blanc. Cependant, contrairement à ces deux combos, Butcher Mind Collapse parvient à conserver un aspect mélodique assez facilement perceptible. Surtout à cause de la voix du chanteur. Le band aime varier les styles. La quatrième piste est sculptée dans un rock hypnotique, alors que la suivante trempe dans une forme de jazz insolite que n’aurait pas renié Tom Waits. Quant à la septième plage, elle laisse même transparaître un côté funkysant.

Bref, tout au long de « Night Dress », Butcher Mind Collapse a le bon goût de préserver un bel équilibre entre expérimentation et sens mélodique. Et si cet ensemble transalpin parvenait à inspirer la nouvelle vague de groupes ‘bruitistes’, on devrait lui brûler une fière chandelle…

 

Wolf Gang

Suego Faults

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Ce Wolf Gang-là préfère assurément la pop plutôt que la musique classique ; mais à l’instar de son illustre référence, il avance des arguments symphoniques irrésistibles. Ce jeune
britannique pratique une musique sise quelque part entre celle de MGMT (« Lions in Cages ») et de Patrick Wolf (« Stay and Defend »). Hédoniste et luxuriante, elle a un pied dans les années 80 et l’autre dans les 70’s. Encore que parfois, elle me fait penser aux expérimentations baroques (NDR : qui a dit boursouflées ?) opérées par Luke Steele chez The Sleepy Jackson et Empire of the Sun.

Pour enregistrer cet opus, Max McElligott (NDR : c’est l’âme de Wolf Gang !) a reçu le concours de Lasse Petersen (ex-The Rakes) et Gavin Slater (ex-Ghosts). Le potentiel commercial du projet de cet artiste insulaire est tel, qu’il a débouché par une signature chez Atlantic. Ecurie sur laquelle est donc sorti son premier elpee.

« Suego Fault » se décline en 10 morceaux de toute bonne facture. Des compos découpées dans une pop sucrée. Un peu trop peut-être. Mais un opus peuplé de hits potentiels. Parfois même irrésistibles. A l’instar de l’imparable « Lions in Cages », qu’un Mika reconverti dans l’indie aurait pu concocter. De « The King of all his Men », davantage électro. Ou de « Planet ». La plage finale. Une ballade hyper-mélodique. Un tube en puissance.

Evoluant toujours à la limite du mauvais goût –tant pour son chant souvent trafiqué que pour les photos illustrant la pochette– Max Elligott est un romantique. C’est vrai qu’il manque encore de personnalité ; mais de toute évidence, il marche sur les traces de Patrick Wolf. Enfin, celui de ses débuts…

 

Tagada Jones

Zero de Conduite (single)

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En attendant leur prochain album, dont la sortie est prévue pour le mois prochain (NDR : le 26 septembre, très exactement), Tagada Jones nous propose trois morceaux enregistrés en ‘live’. Un avant-goût de ce que la formation bretonne devrait nous réserver.

Il y a maintenant 15 années que Tagada Jones roule sa bosse sur les routes hexagonales. Dans son style punk très caractéristique. C’est-à-dire un punk teinté tantôt de métal, de hardcore ou d’électro, suivant les circonstances. 

Leur prochain elpee sera conceptuel. « Descentes aux enfers » conte ainsi l’histoire mouvementée d’un adolescent rebelle. Rebelle comme le quatuor. Malgré le temps, Tagada Jones, privilégie toujours l’instinct. Et à ce titre, il semble ne pas avoir pris une ride. Mais si leur punk est demeuré primaire, les textes proposés sur cet Ep font un peu pâle figure. Le cœur y est, mais pas les tripes. En outre, la voix de Niko, me rappelle de plus en plus Jon Scott. Et donc me tape rapidement sur les nerfs.

Espérons que leur « Descentes aux enfers » mettra davantage le feu que ces extraits immortalisés en public, et interprétés sans grande conviction.

 

Mama Tokus

On the ragtime

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Mama Tokus est issue du Delta de la Tamise, terre brûlée qui a donné naissance à des artistes talentueux comme Dr Feelgood et Zoot Money. Elle adore la soul, le blues et le R&B, surtout lorsqu’il y a du rythme. Elle avoue pour influences majeures, Dinah Washington, Sarah Vaughan, Tina Turner et Sister Rosetta Tharpe, mais aussi les Rolling Stones ainsi que James Booker. Elle signe l'essentiel de son répertoire.

Pour enregistrer « On the ragtime », elle est épaulée par ses Sons of Bitches, en réalité quelques choristes ; mais également le saxophoniste/harmoniciste Tom Wildy et la flûtiste Anne Batson. Sans oublier toute une série d’invités, parmi lesquels on remarquera surtout la présence de Vince Lee, leader de son Big Combo et membre des Wildhearts. 

Un orgue très mystique entretient une ambiance gospel tout au long de "That was it". Pourtant, le tempo est enlevé. Mama Tokus est très entourée. Par de multiples choristes, comme lors d’un grand office dominical. Le ton est donné. La densité de la musique est la conséquence d’une instrumentation riche, sur "Trouble with a lowercase T", un R&B implacable. Les cuivres assurent le rythme tandis que l'orgue Hammond de Paul Harris et les cordes de Vince Lee prennent leur billet de sortie. Excellent ! Le "Too much butt" des Uppity Blues Women nous entraîne dans le monde du blues, rythmé bien sûr, mais proche du son BB King de Memphis. Mama aime le rythme. Elle en use et en abuse. L'orgue et les cuivres sont à la fête. "If it don't fit" grésille comme un vieux 78tours, de manière à restituer l'ambiance des cabarets. A cette époque, le blues était largement teinté de jazz. Piano et trompette flirtent au sein d’un climat feutré. En 1938, Barrelhouse Annie avait traduit cette chanson en succès. L’ambiance devient franchement ténébreuse pour "Wifebeater". Nous sommes plongés au cœur d’une nuit sombre d’hiver. Miss Tokus s’érige en femme battue. L’harmonica blafard de Tom Wildy introduit ce blues lent. Une compo somptueuse alimentée par les sonorités d’orgue Hammond de Harris. Vince Lee n'y tient plus et délivre un solo de guitare royal! Des percussions syncopées et des samples ouvrent  "Silver for fixation", une compo qui opère un mélange savoureux entre ska et Memphis southern soul. C’est Sebastian, le drummer, qui assure les percus, face aux interventions enchanteresses de Miss Batso, à la flûte. Fresque vocale divertissante, "Reproduce" baigne dans une atmosphère de music hall. Bien ficelé, "Packing for the promised land" constitue un nouvel exercice de style dans le gospel. "I just want some anarchy" est une parodie du célèbre hit des Sex Pistols, une piste sculptée dans le pur Chicago blues à la sauce Muddy Waters circa "Mannish boy". Autre r&b particulièrement dansant, funkysant, "500 nights" est illuminé par un solo de saxophone désopilant. Dans son style, cet opus est vraiment d’excellente facture. Un disque rafraîchissant et original également. Qui s’achève par un irrésistible et amusant pastiche du "Yes we can can" des Pointer Sisters.    

 

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