Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Gary Numan
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Chroniques

Jester At Work

Lo-Fi, Back to Tape

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En 2005, Antonio Vitale choisit pour patronyme El Dobro, afin d’embrasser son projet solo. Il le transforme assez rapidement en Jester At Work, une dénomination qu’il estime plus adéquate à la pratique de son folk lo fi, alors en plein processus de création. Avant de se lancer dans cette aventure individuelle, ce natif de Pescara a été le leader des (très) méconnus Warm Morning 616.

Il lui a cependant fallu attendre un certain temps afin de concrétiser ses ambitions. D’enregistrer ses propres compo pour son propre compte. En fait, il souhaitait se procurer un véritable Fostex 4 pistes d’origine pour mettre en boite cette collection judicieusement intitulée « Lo-Fi, Back to Tape ».

Lorsque l’ami Jester se met au boulot, ce n’est pas en dilettante mais pour créer une œuvre qui tienne la route. Responsable d’une musique folk intemporelle, le Transalpin est influencé par Johnny Cash, Mark Lanegan et Tom Waits, même si parfois son style me fait penser à notre marin national Admiral Freebee. Trempés dans l’americana ou le blues, ses compos respirent les grands espaces… américains. Et deux plages comme « The Worst Cowboy » et « I’m On Fire » en sont les plus belles illustrations. Cet Italien est aussi à l’aise à l’harmonica qu’à la gratte acoustique qui accompagne sa voix burinée par le temps, à l’instar d’un cow-boy mis en scène par Sergio Leone. La Grappa semble en tout cas avoir le même effet sur les artistes italiens que le whiskey sur la création des artistes américains…

Kitty, Daisy & Lewis

Smoking In Heaven

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Différent, mais pas trop. Telle est la démarche entreprise par les frangins Durham au sein de « Smoking In Heaven », leur second LP. En 2008, la fratrie surdouée avait pris tout le monde de revers en concoctant un premier album entre roots, blues et revival rockabilly. Kitty était alors âgée d’à peine 15 ans, Daisy de 17 et Lewis, 19. Entre reprises de classiques et morceaux originaux, le trio était tout simplement surprenant de maturité. Le son vintage de « Kitty, Daisy & Lewis », le même que l’on retrouve ici, est de ceux qui laissent bouche bée tant il est fidèle à celui de l’époque retranscrite. Sur « Smoking In Heaven », les Britons parviennent encore, trois ans plus tard, à nous faire croire qu’ils sont originaires d’un patelin du Sud des Etats-Unis et qu’ils ont traversé au moins six à sept décennies pour nous délivrer le meilleur de l’époque. 

« Smoking In Heaven » est donc ‘différent, mais pas trop’ car les trois jeunes adultes lancent l’auditeur sur une fausse piste en ouvrant leur nouvel ouvrage par « Tomorrow », une plage résolument Ska et, plus loin, en introduisant quelques éléments de rock steady (« I’m So Sorry »). Et ce, avant de revenir à leurs bonnes vieilles mélodies bluesy et rockabilly qui refusent tout compromis et fantaisies contemporaines. Kitty, Daisy & Lewis, qui travaillent essentiellement à l’aide de matériel datant des années 50, sont de vrais petits ovnis dans le paysage musical actuel. Nul doute qu’ils donneront des idées à de nombreux artistes en manque d’inspiration. « Smoking In Heaven » est un voyage temporel à effectuer les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes.

Live : 17 juillet au festival Blues Peer (Peer).

 

Lento

Icon

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Lento est un petit village situé en Corse ; mais c’est aussi une formation romaine qui sévit, depuis 2004, dans l’univers du métal. « Icon » constitue leur second album. Découpé en 10 plages instrumentales, le combo y déverse de très malsaines coulées de sludge, doom et ambient à l’aide de grattes abrasives. Proches de l’univers sonore de Pelican, Meshuggah, Cult of Luna et Zu, les Transalpins mélangent la puissance du doom à l’indolence ainsi qu’à l’aspect très cinématographique du postcore. Les dix titres sont autant d’agressions brutales commises à l’égard de nos tympans. Et soutenue par une section rythmique colossale, « Hymn » illustre parfaitement cette impression. Une puissance de feu qui n’altère cependant pas une certaine recherche sur les ambiances, le tempo et le son, bien plus subtil qu’il n’y parait. Peu de répit sur cette œuvre. Seuls « Then » (NDR : le titre d’ouverture) « Throne » et l’atmosphérique « Admission » permettent quelque peu de souffler. Mais la plupart du temps, les compos sont attaquées pied au plancher. Signé chez Denovali Records (Kodiak, Omega Massif), le groupe italien devrait ravir celles et ceux qui ne jurent que par le métal tellurique, ténébreux, passionné et bien sûr efficace.

Micachu & The Shapes & London Sinfonietta

Chopped & Screwed

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Fondé en 1968, le London Sinfonietta est l’un des ensembles de musique contemporaine les plus notoires au monde. Micachu & The Shapes ? C’est le groupe de la très jeune Levi Mica’chu’ (NDR : elle n’a que 23 ans !) Responsable d’une musique électro pop, elle avait publié un premier album, « Jewellery », en 2008. Mica Levi est également une artiste extrêmement douée. C’est à l’âge de 4 ans qu’elle a commencé à étudier l’alto et le violon. Elle a d’ailleurs (NDR : entre autres) composé pour l’Orchestre Philharmonique de Londres. Touche-à-tout elle produit et se reconvertit en DJ, à ses heures…

Lorsque ces musiciens fantasques se rencontrent, on se doute que le résultat sera plus qu’alternatif. Et manifestement, les 9 plages étranges étalées en 35 minutes de cet elpee évoluent dans la marge de toute la musique pop actuelle.

Le ‘Chopped & Screwed’ est une technique musicale hip-hop originaire de Houston (voir définition sur Wikipédia ici ). On comprend dès lors mieux le titre de cet elpee. Mica s’inspire d’un certain Harry Partch, un musicien décalé, minimaliste et… créateur d’instruments, décédé en 1974. Elle a d’ailleurs, en compagnie de David Sylvester, inventé ‘the Chopper’, un instrument maison qui est audible sur le morceau « Everything ».

Autant le spécifier d’entrée, pour écouter ce « Chopped & Screwed », il est préférable d’avoir une (NDR : et surtout deux !) oreille(s) avisée(s). Les morceaux de cet opus empruntent de multiples chemins de traverse sonores, en y rencontrant moult dissonances. Au menu, très peu de mélodies, des longs silences, des beats mutants, des chants cacophoniques et des cordes désaccordées… John Cale s’est parfois lancé dans ce type d’expérimentions. Une chose est sûre, celles et ceux qui avaient apprécié le premier long playing de Micachu seront déconcertés.

Personnellement, je ne peux pas dire que l’écoute de cette œuvre m’ait été agréable. Cependant, je suis conscient que des artistes aussi explorateurs sont nécessaires pour faire avancer la musique. Elle a d’ailleurs toujours eu besoin de têtes chercheuses souvent en avance sur leur temps. Je suis quand même curieux de connaître la suite…

My TV Is Dead

Freedomatic (b)

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Huit mois après sa parution et comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, voyons un peu ce que le premier opus de ce duo belgo-belge nous réserve. 

My TV Is Dead est un duo réunissant Joël Grignard et Amaury Massion. Le premier cumule la basse et les guitares. Le second prend en charge les vocaux. Suite à une collaboration commune opérée pour « Convulsions », un spectacle musical mi-rock, mi-danse contemporaine, le tandem décide de pousser plus loin l’aventure et décide de se produire en petit comité (accompagné d’un batteur pour l’occasion), à six reprises, de l’autre côté de l’ex-rideau de fer, à Berlin Est.

L’un et l’autre souhaitant partager leur univers musical, ils décident ensuite de passer à table (de mixage évidemment). Lauréat de ‘Pure Démo’ via la station Pure FM, un premier single paraît en avril 2009, « Love in Stereo », suivi à intervalles plus ou moins réguliers, comptez deux à trois mois, par deux autres, « Thinking of You » en juin et « Riot Love » en septembre. Dès novembre de la même année leur premier elpee tombe dans les bacs des disquaires. Il reprend les 3 premiers singles ainsi que douze nouveaux titres.

Il est clair que devoir qualifier le style musical de cette formation n’est pas chose aisée. Les inspirations sont nombreuses et c’est un véritable kaléidoscope musical qui nous est servi. Les influences sont multiples. Elles oscillent de Radiohead à Muse, en passant par des produits plus locaux tels dEUS, Ghinzu ou encore Girls In Hawai. La musique glisse aisément d’un riff bien appuyé à une rythmique plus électro, avant d’embrasser une pop bien léchée. Elle joue ainsi à saute-mouton durant toute la durée de l’album et de ses 15 plages. Remarquable longueur pour un premier opus, même si la sélection aurait gagné en concision, tant l’impression d’un ‘déjà entendu’ est présente… Malgré ce petit bémol, on est séduit par la voix d’Amaury. Excellente, elle assimile et apprivoise ces changements avec une aisance toute indiquée.

Si aucun morceau ne semble devoir se dégager de la masse pour devenir un hit potentiel, il serait cependant indécent de ne pas reconnaître un certain talent (voire un talent certain) de composition mélodique aux deux p’tits belges.

Plaisant et varié, « Freedomatic » est donc loin d’être décevant, malgré sa carence en originalité. Ses variations de style en sont ses principaux atouts. La paire aurait cependant tout intérêt à digérer complètement ses influences, afin de se forger une personnalité propre et d’éviter de devoir porter l’étiquette ‘héritier de…’.

Cet album était paru en 2009, en Belgique. Il était cependant passé inaperçu. My TV Is Dead (re)tente une percée via le marché français qui semble assez friand de rock belge.

Okkervil River

I am Very Far

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Après leur escapade accomplie en compagnie du vétéran Rory Erickson, Will Sheff et ses sbires nous proposent leur sixième album. Une chose est sûre, il sera difficile à la formation américaine de publier une œuvre aussi majeure que « Black Sheep Boy » (2006). Bien sûr, leur dernière livraison, « The Stand Ins » (2008), avait démontré que le groupe était encore capable de torcher des mélodies contagieuses et de véhiculer des textes ravageurs. « I am Very Far » est tout aussi inspiré et flamboyant. Les lyrics existentiels sont aussi ténébreux. Mais la production est plus soignée.

Sur cet opus, la fanfare indie texane est responsable de ballades uniques en leur genre et empreintes d’une grande sensibilité. A l’instar de « The Rise » et « Hanging From a Hit », deux plages soutenues par une nuée de cordes, parcourues d’accords de piano mélancoliques et enrobées de chœurs bouleversants. Mais encore du velouté « Lay of the Last » ou de l’irrésistiblement pop « Your Past Life as a Blast », caractérisé par sa chorale finale. Les morceaux de bravoure sont hantés par la voix très expressive de Will Sheff. De quoi donner davantage d’amplitude à cet elpee. Et « We Need a Myth » dont l’instrumentation est particulièrement luxuriante riche ou le plus énervé « Show Yourself », en sont deux belles illustrations. Mais, les sommets de l’album sont atteints lors du chaotique « White Shadow Walz » et du déjà classique « Rider », un morceau qui conjugue passion et harmonie tout en tirant parti d’un arsenal instrumental impressionnant : deux batteries, deux pianos, sept guitares et deux basses ! Un bémol, certains titres ont parfois tendance à tirer en longueur. Parfois difficile d’accès, ce disque nécessite plusieurs écoutes avant de pouvoir en goûter toutes les saveurs.

En choisissant pour titre de cet album « I Am Very Far », Okkervil River ne ment pas. Tout simplement, parce que son lyrisme très particulier est à nouveau parvenu à nous séduire…

Tamikrest

Toumastin

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Tamikrest est une formation touareg qui pratique une forme de blues/rock/world particulièrement originale. Elle est née en 2006, au Nord-Est du Mali, à l’issue des dernières émeutes qui avaient éclaté dans la région. A l’instar de leurs aînés –et probablement maîtres– Tinariwen le collectif africain chante dans la langue des Touaregs, le Tamasheq. Des textes engagés qui relatent les guerres civiles qui ont ravagé la population, entre 1990 et 1995, lorsque ce peuple nomade s’est soulevé pour réclamer davantage d’autonomie. Un peuple victime du sous-développement, de la corruption, du chômage et de la désertification. Une situation difficile que l’observateur étranger ne comprend pas toujours très bien. Et pour cause, ce conflit se déroule dans une région de l’Afrique Occidentale, sans grand intérêt pour les grandes puissances économiques.

C’est la formation australienne Dirtmusic qui avait permis au combo de se révéler sur la scène internationale. Musicalement, Tamikrest pratique un cocktail de rock vintage et de blues chaloupé, secoué par des rythmes tribaux. La voix d’Ousmane Ag Mossa est fière et lancinante. Tour à tour gémissantes ou ‘hendrixiennes’ les guitares déchirent littéralement les mélodies sinueuses. A l’instar de « Fassous Tarahnet » (« Son Amour Prestigieux »), le dansant « Aratan N Tinariwen » (« Les Héritiers du Désert ») ou « Tidit » (« La réalité »), une compo bercée de violons qui figurait au générique de leur second album, « Toumastin ». On imagine même un Jimmy Hendrix ressuscité, se cachant dans le désert saharien, pour combattre aux côtés des jeunes africains qui se révoltent…

Tamikrest se traduit par ‘avenir’, en tamasheq. La troupe espère qu’il sera meilleur pour leur tribu. A force de le dire, de l’écrire et de le chanter, ils y parviendront peut-être un jour. C’est aussi une des missions de la musique dite ‘rock’…

 

Vivian Girls

Share the Joy

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Depuis la sortie de leur dernier album, « Everything Goes Wrong », en 2009, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts pour le groupe new-yorkais. Tout d’abord, Vivian Girls a changé de label. Il a signé chez Polyvinyl, écurie qui convient probablement davantage au profil du groupe, puisqu’il héberge Deerhoof, 31 Knots et Of Montreal. Notamment. Malgré le rythme de vie frénétique que s’est imposé le groupe, la chanteuse Cassie Ramona a encore trouvé le temps pour tenter une aventure en solitaire, sous le patronyme de The Babies. Et enfin, le line up a changé, puisque la drummeuse Frankie Rose a rejoint les Dum Dum Grils, cédant ainsi le relais à Ali Koehler.

Pour le trio féminin, « Share the Joy » constitue donc un tournant dans la carrière des New-Yorkaises. Virage magnifiquement négocié, puisque le nouvel opus de Vivian Girls est superbe. Il pourrait même être considéré comme l’album de la maturité. Trempé dans le psychédélisme, il est davantage chargé de nuances, permettant aux trois jeunes femmes de poser davantage leur style. Autrefois plus punkysant, il autorise sur ce nouvel elpee, des compos atmosphériques, légères et envoûtantes. Le tempo est moins linéaire. Il tourne même parfois au ralenti. Deux morceaux dépassent les 6 minutes. Mais la force de leurs chansons procède de leurs harmonies vocales qui soutiennent à merveille des mélodies douces, sucrées et contagieuses. Et si aucun titre ne sort vraiment du lot, « Share the Joy » ne souffre d’aucune faiblesse et se boit comme du petit lait… A consommer sans modération.

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