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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Chroniques

Whiteboy James

Last time was the last time

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C’est lors de la vague de blues qui avait envahi Los Angeles, au cours des années 80 et 90, que Whiteboy James avait formé son Blues Express. Le combo avait publié un elpee en 1992, un disque qui avait bénéficié de la participation du redoutable gratteur Alex Schultz. James s’était retiré de la scène musicale en 2001 ; mais il faut croire que le virus n’était pas encore vaincu, puisqu’il a décidé de remettre le couvert dès 2006! Les goûts du jeune James Page sont éclectiques. Ainsi, s’il a beaucoup écouté les artistes de blues et de R&B, et en particulier Louis Jordan, Big Joe Turner et Lightnin' Hopkins, il apprécie également le bon rock'n'roll d'Elvis Presley et de Jerry Lee Lewis ainsi que le western swing de Bob Wills. Il a eu la chance de se produire à la même affiche que James Harman, Rod Piazza, William Clarke, les Blasters ou encore Little Charlie and the Nightcats. Du beau monde! James, notre gamin blanc, chante et souffle épisodiquement dans un harmonica. Au sein du line up de son band figurent aujourd’hui l’excellent Scott Abeyta aux cordes, Blake Watson à la basse et Mr Max Bangwell, notoire dans la Cité des Anges, aux drums.

L’ouverture est tumultueuse. Lancée à pleins tubes, "Chicken and the Hawk" adopte un profil très rockabilly. La guitare jump envahit l’espace sonore. Les drums s’agitent. Bien rythmé, le titre maître est une compo marquée par le Chicago blues. Les accords de gratte sont brodés à la manière de Jimmy Rodgers. Très électrique, le Blues Express s’éclate dans le rock’n roll. A l’instar de "By myside", une plage très courte mais explosive. Imprimé sur un tempo soutenu, "Upside your head" est un blues qui rocke. Bien trempée, la section rythmique est en acier inoxydable. La guitare profite de cette rampe de propulsion naturelle. Rockabilly puissant, allègre, "Reefer man" déferle comme un train lancé sur les rails, à toute vapeur! Morceau plus léger aux accents country, "Don't f@#$ around with love" est teinté d’humour et trempe dans la bonne humeur. Bref instrumental, "Fat chance" est un morceau que n’aurait pas renié le regretté Michael Leonard Mann alias Hollywood Fats. Parfaitement balisés par la section rythmique, "Have you way baby" et "Keep it clean" baignent davantage dans le blues. Il faut attendre la dixième plage pour observer un ralentissement du tempo. En l’occurrence lors de la cover du "Worried life blues" de Big Maceo Merriweather, un bon vieux blues mis à la sauce Whiteboy, donc parsemé de quelques éclats! La fièvre remonte aussitôt dès "Walked around the world", puis un autre instrumental intitulé "Untamed melody". Une nouvelle et belle occasion pour Abeyta de se dérouiller les doigts. "T-Bone for Daisy" est le dernier blues lent de l’opus. Très ‘nightclubbien’, il offre l’opportunité à Scott de démontrer qu’il a bien assimilé le style de T-Bone Walker. Dans un autre registre, ce gratteur torture ses cordes tout au long de la finale, "Shave 'em dry #2" (NDR : c’est également la plus longue plage du long playing !), un shuffle au cours duquel, il adresse, au passage, un clin d'œil à Jimi Hendrix. De l'excellent travail!

Le 26 mars prochain, Rip Cat Records lance son catalogue. Au menu : Whiteboy James, les Mighty Mojo Prophets, Barry Levenson, Johnny Mastro, les Mama's Boys et les 44's. Il sera judicieux de se rendre à Redondo Beach, ce jour-là!

 

When Saints Go Machine

Fail Forever (Ep)

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Le label teuton !K7 excelle lors de la confection de ses glorieuses compilations « DJ Kicks ». Par contre, lorsque l’écurie décide de balancer un artiste dans la spirale de l’électro, généralement, elle se plante. Et la réponse à ce phénomène relève du pur mystère. Dernier cas en date, When The Saints Go Machine. Un quatuor danois électro/pop. Faut quand même savoir que WSGM est respecté chez eux. Considérée comme la meilleure révélation de l’année 2009, par une radio danoise, la bande à Nikolaj Manuel Vonsild a mis les bouchées doubles, en cette année 2011. Et avant de voir débarquer leur premier elpee, le combo a accouché de « Fail Forever », un maxi d’honnête facture, qui possède quand même toutes les chances de se faire une petite place au chaud dans le monde analogique. Malgré la voix irritante, on passe en revue les sonorités déjà entendues mais bien ficelées. Par contre, on se marre sur les vocodeurs et les petits chants en canon cul-cul-la-praline. Et finalement, la direction empruntée semble parfois indécise. Ce qui a le don d’agacer. On se réjouit néanmoins sur « Pinned » et « You Or The Gang » qui sont les seuls et rares moments forts de la galette. A écouter en se forçant un peu. Et ça c’est dommage.

Vicious Rumors

Razorback Killers

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Vicious Rumours est une entité power métallique à géométrie variable dont la seule constante est l’indéboulonnable Geoff Thorpe. En trente et une années d’existence Vicious Rumours a vu défiler dans ses rangs une série impressionnante de musiciens talentueux. Citons par exemple Vinnie Moore (UFO), Steve Smyth (Testament, Forbidden), Dave Starr (Laaz Rockit, Chastain), Brad Gillis (Nightranger, Ozzy Osbourne) et James Rivera (Helstar).

Cinq ans après « Warball », le dernier opus en date sorti en 2006, Geoff Thorpe lance une nouvelle ‘rumeur vicieuse’ et opère, sur « Razorback Killers », un retour discographique fracassant. Si, pour ce dixième opus studio, Larry Howe est à nouveau derrière le kit de batterie (NDR : Howe est presque un ‘permanent’ puisqu’il a tenu les baguettes de Vicious Rumours entre 1986 et 1999 et a réintégré son poste depuis 2005), le reste du line-up a été entièrement remanié. Après avoir travaillé en compagnie de musicos aussi notoires que Moore, Smyth, Starr et Gillis, c’est bizarrement à un illustre inconnu répondant au nom de Kiyoshi Morgan que Thorpe a fait appel pour le seconder à la six-cordes. Comme James Rivera a choisi de réintégrer Helstar, le poste de vocaliste a, pour la circonstance, été confié à Brian Allen. Cet ex-Last Empire et Wild Dogs milite toujours chez Malice. Quant à la quatre-cordes, c’est Stephen Goodwin (NDR : il côtoie également Larry Howe au sein du Aaron Pearson Band) qui se la réserve.

Le personnel évolue, mais Vicious Rumours reste Vicious Rumours. Et si, depuis le milieu des eighties, vous appréciez son power métal à l’américaine, vous ne serez évidemment pas déçus. Le Vicious Rumours, cuvée 2011, est même plutôt un bon cru. Ici, Le heavy ultra-puissant flirte très souvent avec le trash métal. Les vocaux burnés de Brian Allen conviennent d’ailleurs parfaitement à l’exercice. Comme il fallait s’y attendre, les guitares lead, sont absolument superbes. Outre les duels opposant Thorpe à Morgan, l’auditeur averti peut aussi profiter de parties shred offertes par Eric Peterson (Testament) sur le titre « Murderball », ainsi que du retour provisoire et inespéré de deux ex-guitaristes du groupe : Mark McGee (NDR : qui a sévi dans le band entre 1988 et 1995) sur « Bloodstained Sundays » et « Pearl Of Wisdom » et Brad Gillis tout au long de « Deal With The Devil ».

En bon ‘Dictateur Digital’ Thorpe se charge aussi de la production. Il est secondé par Juan Urteaga des Trident Studios (Machine Head, Ted Nugent, Nightranger). Le son est clair et puissant et chaque instrument (même la basse) est parfaitement audible.

Hautement recommandé si vous appréciez les neufs albums précédents. A écouter aussi si vous aimez Iced Earth, Savatage, Helstar, Lizzy Borden, Crimson Glory ou les derniers opus d’Agent Steel, de Testament et d’Exodus.

 

Various Artists

Harder, Fatter + Louder Vol 7

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Après nous avoir laissé 8 ans sans compiles, l’humble maison punk Fat Wrecks a décidé de reprendre le cours de sa série. « Harder, Fatter + Louder Vol.7 » constitue, vous vous en doutez, le septième tome. Le label fondé par les membres de NOFX nous propose ici un nouvel aperçu de ses productions punk (à roulettes) mélodiques. Un genre qui n’a pas bougé d’un poil depuis des lustres ; et c’est tant mieux ! D’ailleurs, dès les premiers riffs, on s’imagine sur une planche de skate, sous le soleil californien…

Le recueil est découpé en 22 pistes et s’ouvre par les Angelos d’Old Man Markley dont le punk bluegrass est dynamité par un banjo épileptique. Une introduction parfaite. Peu de têtes d’affiche mais tout de même des morceaux très réussis des vieux briscards de The Swingin’ Utters (« Brand New Lungs » issu de leur dernier Ep) et de The Mad Caddies (le punk-reggae de « Why Must I Wait » extrait de leur « Best Of »). L’un des meilleurs titres du lot nous vient des habituellement très énervés Against Me! Un peu calmés pour la circonstance, c’est-à-dire lors d’une version démo de « Holy Shit ». Notons également « Collapser », un morceau signé Banner Pilot. Balancé dans un style très ‘nofxien’, il est caractérisé par la voix enrouée de son chanteur. A l’écoute de cette petite bombe punk-pop, on comprend pourquoi le groupe a percé en 2009. Teenage Bottlerocket et Chixdiggit! rendent, eux, hommage aux Ramones avec beaucoup de bonheur tandis que Dead to Me revisite la dub à sa propre sauce sur « X ». Pour les nostalgiques, notons même une reprise de Cheap Trick par No Use For a Name (« Dream Police »), et des titres de Strung Out, Good Riddance et… NOFX bien entendu !  Un instantané réussi de la scène punk US actuelle.

Bref, une bonne heure de bonheur électrique pour les fans élevés au punk old school de NOFX et de Fat Wreck Records. Punk is definitely not dead !

 

Tyvek

Tyvek

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Tyvek serait-il un adepte du ‘grand n’importe quoi’ ? D’abord, il y a l’immonde pochette de son nouvel album (NDR : elle reproduit des personnages en plasticine). Puis son patronyme étrange (NDR : il se réfère à un matériau synthétique non-tissé fabriqué à partir de fibres de polyéthylène)... Et enfin ce son franchement brouillon, crade. Manifestement, ces Américains ne recherchent absolument pas la voie du succès et risquent d’ailleurs de ne jamais le rencontrer.

Mais ce type de groupe parfaitement rock n’roll procure des vibrations très positives. Dignes des Sonics ou des Black Lips leurs brûlots nous rentrent dedans sans crier gare. Issus de Detroit, Larry, Matt, Kevin, Heath et Damon Tyvek doivent probablement vénérer MC5 et les usines de GM d’où ils semblent avoir puisé la brutalité de leur musique et la ‘bad’ attitude. Malgré la production ‘live’ et un peu ‘cheap’, chère à la maison Siltbreeze (Times New Vikings), impossible de résister longtemps à l’énergie (nucléaire ?) dispensée par des titres comme « Building Burning » ou « Summer Things ». Les mélodies sont noyées sous des guitares fuzz et la rythmique endiablée. Le mélomane a parfois l’impression d’assister à une répète du groupe opérée dans leur garage (NDR : bien entendu !) ;  moment privilégié au cours duquel on s’enfile des bières tout en balançant la tête comme au meilleur temps de The Fall... (NDR : sans trop renverser les consommations, quand même). Bref, un groupe qui n’en a rien à cirer des moyens de production, privilégiant l’intensité primaire de sa musique. ‘That’s Rock n’ Roll – Lo-fi & DIY!- Baby!’

 

Selah Sue

Selah Sue

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Lors de la sortie en 2008 de « Black Part Love », son premier Ep, il ne fallait pas être devin pour prédire que la petite Sanne Putsey, alias Selah Sue, n’en resterait pas là. Depuis, la demoiselle a arpenté de long en large les planches des salles et des principaux festivals belges sans relâche. La France l’a adoptée à son tour, après son passage remarqué sur le plateau de l’émission ‘Taratata’. Et c’est désormais le globe dans toute sa circonférence que la Louvaniste s’apprête à mettre à genoux. Les fans de la première heure commençaient légèrement à désespérer tant le laps de temps écoulé entre le « Black Part Love Ep » et ce premier disque éponyme a été long. La chanteuse a pris son temps pour peaufiner son œuvre, dont le résultat est quasiment impeccable. Coproduit par Patrice, « Selah Sue » fusionne Soul, Ragga et quelques touches de Folk sans la moindre fausse note. Mais c’est bien entendu le timbre de voix particulier de la jeune femme qui fait tout le charme de l’ensemble.

Mais tout n’est pas parfait dans le monde de Selah Sue (NDLR : dites Su !) Alors que l’on s’attendait à une plaque aussi brute et émancipée que les démos parues antérieurement, la demoiselle a préféré opter pour un son beaucoup plus lisse et vendeur. Ainsi, la version single de « Raggamuffin » est bien pâle comparée à l’originale, l’enivrant et très Soul « Black Part Love » est noyé dans une orchestration inutile et le captivant « On The Run » a tout simplement été écarté. Malgré ces faux-pas, Selah Sue enchaîne les hits potentiels avec autant d’aisance que lorsqu’elle se produit sur scène. « Crazy Sufferin Style », « Peace Of Mind », « Crazy Vibes » ou « Please », son duo en compagnie de Cee-Lo Green, sont autant de tubes implacables qui, aux portes de l’été, tombent à pic. De l’ABClub et la Rotonde à un triple sold-out à l’AB configuration salle, Selah Sue ne risque pas de se fondre dans le décor de sitôt.

Sufjan Stevens

The Age of Adz

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Cinq ans se sont écoulés depuis le dernier projet du natif de Detroit, « Illinois ». On pensait Sufjan Stevens plus intéressé à expérimenter les collaborations (auprès de The National, notamment), mais quelques jours après la sortie d’un Ep annonciateur d’un regain d’écriture, baptisé « All Delighted People », il nous propose un album hautement visionnaire.

« The Age of Adz » se réfère aux œuvres apocalyptiques de l’artiste Royal Robertson, dont la confusion psychique, cosmique et prophétique est reflétée dans l’opus. D’ailleurs, Sufjan s’est inspiré de la pauvre condition matérielle et physique vécue par l’artiste comme catharsis pour les douleurs physiques qu’il endurait lui-même au cours de l’écriture de l’œuvre. Il souffrait en effet d’un virus affectant son système nerveux ; certains entremêlements électroniques rappellent d’ailleurs les connexions nerveuses apparemment arbitraires et chaotiques, qui se fondent en une sorte de mélodrame hystérique.

Contrairement à son écriture habituellement spirituelle et thématique, l’artiste n’a cette fois pas produit d’album conceptuel, car il s’inscrit sous le signe de l’introspection, sans fondement théorique préalable, et sonde la primitivité des sensations. Fi des préconcepts historiques, géographiques ou culturels qui guidaient ses projets (scénico)-musicaux : l’instinctif est à l’honneur tout au long d’une tapisserie électronique démunie de tout narratif. Et c’est en ce sens que l’elpee est sans doute l’un des plus originaux concocté par Stevens. Si l’amour, la foi et la souffrance hantent toujours ses textes, ils sont explorés au niveau personnel et non polémique. Compte tenu de cette approche, le paradoxe réside en ce que, pour exprimer l’humain en lui, Stevens remplace guitares acoustiques et banjo par des synthétiseurs. Et ceux-ci ainsi que l’orchestration symphonique s’harmonisent à merveille. A la limite des expérimentations classiques contemporaines, la réussite de cette symbiose électro-acoustique risque de bluffer plus d’un expert en la matière, dans l’éternel débat musicologique sur la limite entre le classique et le populaire.

L’ouverture « Futile devices » pressent un rock mélodique, s’en suit l’explosion « Too Much » qui se développe comme un Aphex Twin en marasme plus modéré, une ambiance « Kid A » aussi, s’il faut vraiment comparer. On avance, et l’auditeur a du mal à trouver pied ; il est en constante lévitation. Les arpèges virtuoses des flûtes et les cuivres annoncent déjà le son orchestral qui se développe dans toute sa splendeur lors du titre suivant, « Age of Adz ». Une chorale d’Arcade Fire rythme la cacophonie des dissonances organisées.

Deux plages plus douces, chaleureuses, servent d’interludes avant de se relancer lors d’un « Get Real Get Right », qui présente un véritable esprit opératique. Le quasi drum 'n' bass et impressionnant « I want to Be Well » conjugue electronica et philharmonie avec virtuosité. Le mélancolique « Impossible Soul » est magnifiquement invraisemblable : ses 25 minutes (!) reproduisent une espèce de condensé sonique du même esprit que les plages précédentes (malgré son passage à voix bionique digne d’Usher –ou de Madonna– et concluent sur un refrain en chœur qui restera en écho dans notre tête toute la journée.

L’univers inquiétant et légèrement dingue du multi-instrumentiste nous invite à découvrir un pays des merveilles où l’on suivra le lapin, effarouchés mais hypnotisés par l’étrange tintamarre que nous offre ce nouveau monde fantastique. La folie de Sufjan Stevens le transforme en artiste indéniablement majeur.

 

Snowblink

Long Live

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Juste avant de partir me ressourcer quelques jours dans une station de ski, pour oublier la musique le temps de trois descentes et d’ingurgiter quelques Génépis, je ne résiste pas à l’envie de vous parler de Snowblink, un groupe assurément de circonstance…

Snowblink est un duo réunissant Daniela Geshundheit et Dan Goldman, ensemble dans la vie comme sur scène. Un couple qui avait assuré, l’an dernier, le supporting act de la tournée du virtuose Owen Pallett. « Long Live » a été publié en 2008 mais il a fallu attendre deux longues années avant de voir son œuvre bénéficier d’une sortie européenne. Et c’est amplement mérité ! Légèrement expérimental, original, intimiste, leur folk pop tient vraiment la route. Empreints de douceur, leurs arrangements sont un véritable ravissement : cloches, violons, violoncelles et cordes de guitares subtiles alimentent les 15 morceaux de cet elpee.

« Rut & Nuzzle » ouvre l’opus. Il transporte d’emblée l’auditeur dans un univers sonore brumeux, cotonneux, que traverse la voix de soprano tout en apesanteur de Daniela. Tintements de cloches et accès de violon colorent « Ambergris », une plage imprimée sur un tempo hypnotique. Une rencontre entre la magie et l’élégance… Si le reste du long playing n’atteint plus de tels sommets, il n’en demeure pas moins excellent, à l’instar de « Membrillo », chanson balisée par sa chorale spectrale et céleste. Une bien jolie et tardive découverte que ce « Long Live ». Reste à savoir maintenant, s’il est nécessaire de m’offrir un séjour au ski, pour m’évader…

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