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Claud et la musique

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

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Sin Fang

Summer Echoes

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Derrière Sin Fan se cache un certain Sindri Már Sigfússon qui délivre ici son second recueil, trois ans après « Clangour », publié à sa sortie sous le sobriquet de Sin Fang Bous. Sigfússon n’est pas tout à fait inconnu aux yeux des aficionados d’Indie Rock puisque le bonhomme est également la figure de proue de Seabear. Chez Sin Fang, l’Islandais se fait plaisir, expérimente et propose une pop sinueuse et estivale, aux couches multiples, à la Mercury Rev. Mais un Mercury Rev qui, avant de pénétrer dans le studio, se serait envoyé toute la discographie d’Animal Collective. 

Tout comme Seabear, Sin Fang est, originellement, un projet solo qui s’est rapidement développé. La formation compte également aujourd’hui des membres de Seabear, Amiina et Múm. Ce qui permet à Sigfússon de donner plus de profondeur à son projet. « Summer Echoes » est un LP assez arty qui exige plusieurs écoutes avant de révéler tous ses secrets. Une fois accoutumé, il enfonce un large crochet à la base du crâne de l’auditeur, histoire de le retenir fermement. « Slowlights », « Rituals » « Because Of The Blood » ou « Nothings » sont les arguments les plus probants d’un disque qui porte parfaitement son nom.

 

Gil Scott-Heron and Jamie xx

We’re New Here

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Rencontre improbable au sein de l’univers de la musique. Jamie, claviériste et producteur du buzz de l’année 2010, The xx, s’est associé au revenant et celui que l’on donnait tous pour mort, le légendaire Gil Scott-Heron. Après avoir commis l’exceptionnel « I’m New Here », qui replaçait Heron sur le droit chemin, le jeune et talentueux Jamie Smith s’est mis dans la tête de reconstruire le chef-d’œuvre du roi du spoken word. En recomposant les mélodies, le jeune Briton s’est aventuré sur un terrain miné. Finalement le prodige s’en sort sans encombre.

Suite à « I’m New Here », caractérisé par son intro lyrique et au cours duquel la voix enfumée du New yorkais se pose admirablement sur des sonorités aux réverbérations engagées, « Home » flirte avec des beats dubesques et minimalistes créant ainsi des effets sombres tout à la gloire des deux artistes. La pépite « NY Is Killing Me » n’est pas sans rappeler Skream ou encore Benga ; et enfin beaucoup plus pop et rythmique, « I’ll Take Care Of U » est à l’opposé de Gil Scott-Heron, un titre au groove remuant et synonyme d’espoir.

Jamie xx réalise là un beau coup. Ses remixes restent sobres et le fil conducteur n’est jamais perdu. Gil Scott-Heron est bien cerné, une situation qui semblait pourtant utopique. Alors rien que pour ça, respect !

Pork Chop Tom

The Pork Chop Tom Blues Band

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Cet album a été enregistré au cours des derniers jours de l'année 2007, au sein du studio Pacifica, à Culver City, près de Los Angeles. Il n'est sorti que durant l'été 2009. Née en 1998, cette formation avait commis un premier opus en 2001, intitulé "Big Fat mama", mais sous le patronyme de Pork Chop Tom & Nighttrain. Et un second en 2004, "On the right track". De son véritable nom Tom Gonzales, Pork Chop Tom en est le leader. Agé de 42 balais, il est chanteur et harmoniciste. Il est soutenu par le guitariste Joe Conde, le bassiste Kenny Huff et le drummer Mark Vasapolli.

L’elpee s’ouvre par "Four eyed Jack", un blues de bonne facture et bien rythmé. Joe y célèbre son riff. Tom ne dispose pas d’une voix transcendante, mais elle colle bien à son répertoire. Joe tire déjà son épingle du jeu lors de cette mise en bouche. Les échos réverbérés des bayous louisianais hantent "Ride in my Coupé Deville". Nous sommes ici assez proche des compos les plus rythmées de Slim Harpo (NDR : pensez à "Scratch my back"). Conde y excelle à nouveau. "Swoop down baby" nous entraîne enfin dans ce west coast jump si prisé du côté de Los Angeles. Joe Conde a bien écouté les gloires locales : Holywood Fats, Junior Watson, Alex Schultz,… Empruntant un motif usuel de Magic Sam, "Just a fool this time" prend ses quartiers dans le Westside de Chicago. Tom sort son harmonica de sa poche, et se met à souffler en rythme. Imprimé sur un tempo enlevé, "Had me a girl" est un blues très bien ficelé. Très en verve, Joe s’y révèle très inspiré et décoche quelques flèches qui font mouche. Conde signe "Tailspin", un instrumental très swing, réminiscent du jazz manouche de Django Reinhardt. PCT attaque le "Big boss man" de Jimmy Reed, un classique du blues au rythme immortel. La six cordes et l’harmo en profitent pour se réserver quelques bons moments. Tracé sur l’axe Chicago – L.A. "I remember when" est un blues rythmé de bonne facture, caractérisé par des interventions de gratte généreuses. Long slow blues, "The best I can " est introduit par la basse de Kenny, une compo finalement sans grand relief, au cours de laquelle Tom aurait pu injecter davantage de feeling. "You don't love me" est un superbe shuffle. Il s’éclate enfin sur son harmonica avant que Conde ne l’imite à son tour sur son manche. Manifestement, les musicos prennent ici leur pied. Plage instrumentale, "Canyon city boogie" trempe dans le jump. Tom souffle dans son instrument chromatique à la manière du génial Georges ‘Harmonica’ Smith. Conde est omniprésent tout au long du tonique "Never twice". Brève, la finale est à nouveau instrumentale. Un blues, ma foi, fort inspiré. Intitulée "Like it hurts", cette plage est le théâtre d'un ultime échange entre l'harmonica et la guitare.

 

Pearl Jam

Live – On ten legs

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De l’époque ‘grunge’, ne subsistent plus aujourd’hui qu’Alice In Chains et Pearl Jam. Les autres cherchent à survivre ou ont totalement disparu de la circulation. Ces deux formations sont aussi celles qui sont parvenues le mieux à faire évoluer leur musique, même s’il faut reconnaître, qu’elles ne sont plus très prolifiques.

Pour fêter ses 20 années d’existence, Pearl Jam a donc décidé de publier un album live. 18 titres puisés parmi 250 concerts accordés entre 2003 et 2010. Le tout remasterisé par leur ingé du son, Brett Eliason. Parmi le tracklisting figurent la plupart des classiques du groupe, "Alive", "Animal", "I Am Mine", "Jeremy", "Nothing As It Seems", "Spin The Black Circle", "World Wide Suicide", etc., et quatre titres du dernier opus, “Backspacer” ("Just Breathe", "The Fixer", « Got some », « Unthought known »), paru en 2009. Sans oublier les deux covers. Soit "Arms Aloft" des Mescaleros, le groupe du défunt ex-Clash, Joe Strummer, et "Public Image" de l’inévitable P.I.L. Bon, tout ça c’est bien beau, mais il s’agit déjà de leur 7ème elpee ‘live’. Et si l’ensemble tient parfaitement la route, on aimerait quand même que la bande à Eddie Vedder nous ponde un nouveau cd studio. Ca nous manque…

Pater Nembrot

Sequoia Seeds

Écrit par

Il n’y a rien de tel que le heavy rock psychédélique typé ‘seventies’ pour faire flipper votre serviteur. Les instruments vintage, les rythmes down-tempo, les guitares poisseuses et les improvisations délirantes ; rien que d’y penser mes oreilles en frissonnent. A priori Pater Nembrot est taillé pour me plaire. Un trio italien qui, d’après sa bio, aime mélanger les atmosphères ondulées, les rythmiques lentes et groovy, les réverbérations mélodiques et l’attitude psychédélique, c’est ce qui devrait le faire. Pourtant, sans pouvoir l’expliquer, j’ai beau écouter et réécouter « Sequoia Seed », le nouvel album du combo,  pas moyen d’y accrocher.

Est-ce le son un peu trop nébuleux des guitares ? Peut-être. Ou alors les vocaux monotones qui ne se détachent pas vraiment de l’ensemble ? Ces explications tiennent vraisemblablement la route. Le groupe est d’ailleurs bien meilleur lorsqu’il se contente d’évoluer en mode instrumental. Peut-être encore sont-ce les réminiscences grunge avouées qui me dérangent au plus haut point ? Probablement. Car le rock ado colérique ne fait, à mon sens, pas très bon ménage avec la béatitude psychédélique.

Bien sûr, tout n’est pas à jeter sur cet elpee. On y rencontre même quelques très bons moments : les longues jams de guitare, l’orgue Hammond jouissif sur « H.A.A.R.P. » et la longue suite spatio-psychédélique de « No Man’s Land » mériteraient que l’on jette une oreille sur « Sequoia Seed ».

Paris Suit Yourself

My Main Shitstain

Écrit par

Trois Bordelais rencontrent un drummer américain à Berlin et décident de fonder un groupe. Résultat des courses ? Difficile à imaginer. Par contre, le combo décrit sa musique comme le fruit d’un mélange entre a capella, dub et trance. Ben, pourquoi pas !

Après avoir écouté une première fois cet elpee, je me suis demandé si ce quatuor ne cherche pas à se foutre de notre fiole, tant leur mixture est déjantée et sans la moindre ligne de conduite. Pourtant, au fil des écoutes, on commence à accrocher aux morceaux. Les guitares stridentes (« Rolling On »), le climat psyché (« Craig Machinsky »), le format punk (« Brainwashed »), le chant délirant de Luvinsky Atche et les lignes de synthé surnaturelles débouchent finalement sur une solution sonore atypique, mais surtout intéressante et jouissive. Des comparaisons hasardeuses ? Deerhof ? Liars ? Mais en plus tribal. Une chose est sûre, Paris Suit Yourself nage dans un no man’s land musical.

Paris Suit Yourself est certainement l’un des groupes les plus originaux découverts en ce début d’année. Espérons qu’ils se produisent bientôt près de chez nous ; d’autant plus que, paraît-il, leurs sets sont, à l’image de leur musique, dévastateurs…

 

Shugo Tokumaru

Port Entropy

Écrit par

Shugo Tokumaru est un véritable orfèvre de la pop. Jusqu’ici ses travaux étaient restés assez confidentiels. Une erreur que le label Souterrain Transmissions propose de réparer en délivrant « Port Entropy », le quatrième labeur du Japonais. Et il prouve une fois encore qu’il a absolument tout compris lorsqu’il s’agit de créer la chanson indie-pop immédiate et irréprochable. Légères, pastorales, raffinées, chacune des 12 comptines de ce nouvel LP inspire une surenchère d’épithètes louangeuses.

Tokumaru, souvent comparé à Sufjan Stevens, propose un disque qui mérite d’autant plus le respect qu’entièrement concocté à la sauce DYI (do it yourself). Le travail de production à lui seul démontre toute l’étendue du talent du trentenaire. Outre « Malerina » et « Orange », deux morceaux gravitant au cœur d’univers opposés tout en se complétant naturellement, « Straw », « Drive-Thru », « Rum Tree » sont les moments forts d’un disque quasiment impeccable. A l’heure du retour des rayons de soleil, « Port Entropy » s’avère providentiel.

Ce 5 avril à la Rotonde du Botanique.

 

Templo Diez

Greyhounds

Écrit par

Difficile à croire, mais Templo Diez est un groupe qui nous vient tout droit de La Haye. Pourtant, à suivre notre instinct, on serait tenté de croire que ce sextet débarque des plaines désertiques américaines. Il faut dire que Templo Diez sonne davantage comme Giant Sand que Dick Annegarn. « Greyhounds » constitue en fait le quatrième album de la formation, il fait suite à une trilogie entamée dès 2003 (« Hoboken », poursuivie en 2006 (« Winterset ») et achevée en 2009 (« Merced »).

Après m’être renseigné à leur sujet, ce dernier opus semble être leur plus abouti et leur plus complet. Celui sur lequel l’influence américaine est la plus évidente. Si certains morceaux rappellent Giant Sand, d’autres sont résolument plus sombres évoquant davantage Woven Hand voire Swans. Et je pense tout particulièrement à « Holler 2# ». De plus, la conjugaison des voix féminines et masculines, sur certains morceaux, apporte une autre dimension à l’expression sonore. Plus langoureuse, plus atmosphérique. A l’instar de « Fine As Powder ». Ces Hollandais prouvent qu’il n’est pas nécessaire de se rendre de l’autre côté de l’Atlantique pour rencontrer d’excellents groupes de folk rock.

« Greyhounds » constitue un retour à la vie pour Templo Diez. Et pour cause, leur claviériste est décédée en décembre. Le combo a donc traversé une période difficile et inactive, avant de revenir sur la scène musicale. Templo Diez aurait l’intention d’entamer une nouvelle trilogie. Elle est entamée de manière magistrale…

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