La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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The Cure
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Chroniques

Geoff Berner

Victory Party

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Geoff Berner pratique du klezmer-punk. Et il doit probablement en être le seul représentant. Mais qu’est-ce que le klemzer punk ? Le klezmer (‘klei zemer’ = instrument de chant) est une tradition musicale des Juif ashkénazes d’Europe centrale et de l’Est. Vous y voyez un peu plus clair ? Bref, ce Canadien (NDR : il est né à Vancouver) mêle musique juive traditionnelle (dominée par l’accordéon) et l’activisme punk (NDR : très engagé, il a été membre de différents mouvements politiques dont le ‘Green Party of British Columbia’). Sur « Dalloy Poitzei », il se sert d’un chant russe du début du XXème siècle (« Dalloy Poitzei »), mais le revêt d’une forme résolument moderne (un des couplets se termine par un cinglant ‘Fuck the Police !’ piqué à NWA). Autres tours de force, « Jail » (‘I’m Going to jaill, I Will Get Three Meals a Day’) ainsi que le plus électro « Oh My Golem ». On a même droit à une jolie ballade (« Mayn Rue Platz ») et puis d’un morceau aux lyrics aussi féroces qu’humoristiques (« The Victory Party »). « Victory Party » constitue le cinquième opus de Geoff Berner. Et si sa musique est finalement éclectique, son militantisme me rappelle plutôt le Clash, NOFX voire les Pogues...

Natalie Beridze / TBA

Forgetfulness

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L'an dernier, « What about things like bullet » avait été envoyé sur la toile comme balise de reconnaissance aux confins de notre conscience et j'avais déjà pu vous dire tout le bien que je pensais de cette jeune femme aux identités multiples. Dans une veine électro sombre, cette Caucasienne nous offre un album d'une majestueuse prestance. Par un jeu subtil tout en nuances, le spectre musical de cette artiste se définit graduellement et dessine les contours opaques d'un monde claustrophobe.

Si l'univers ainsi caressé appartient définitivement au monde digital, cette somme d'algorithmes apporte définitivement la réponse par l'affirmative à ces sceptiques qui douteraient encore que l'on puisse trouver trace d'émotions dans ce type de musique.

Faussement bancale et en équilibre incertain, entre murmure et désespoir modulé, la voix de Natalie Beridze se conjugue aux sonorités en apesanteur et se fond dans cette enveloppe de douceur étrange et quelque peu inquiétante. Teinté d'un nihilisme proche du scepticisme (« Nothing ever changes... just rearranges », « Future will (never come) ») et profondément taché de l'encre sale du désespoir, cet album se distingue par une homogénéité opaque d'où jaillissent des éclairs de lune d'une grande beauté.

Oppressante et troublante, la musique de cette artiste que l'on pourrait rapprocher de Trent Reznor (sa reprise du « Hurt » de NIN) offre peu d'espoir de rédemption.

Certes pas un album festif, mais vivement recommandé.

Baby Fire

No fear

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Duo incendiaire, Baby Fire (dont le patronyme procède d'une citation pyromane du tueur en série Ottis Toole), visite le subconscient malsain de l'âme humaine. Sèche comme une souche de bois au pied d'un brasier, la musique de ces deux gentes demoiselles rappelle à certains moments le « Dry » de PJ Harvey. Excusez du peu!

Explorant des thèmes aussi enthousiasmants que le cannibalisme ou la folie, Diabolita et Cha! s'exercent brillamment à battre le fer tant qu'il est chaud.

Excitant d'un bout à l'autre, ce « No fear » développe donc ces sujets prédilection à travers une musique primale mais foutrement jouissive. Sombre comme il se doit, aride et retors, le rock de ces diablesses plonge ses racines dans des enfers pavés de bonnes inventions.

Petites cousines des Sleater-Kinney, à rapprocher vaguement de la branche Riot grrrls, les Baby Fire décapent et s'invitent en hôtes de marque dans ce décor au demeurant très mâle (maléfique ?)

Par ailleurs actives au sein de Keiki pour l'une, dans Lem pour l'autre, cette belle paire n'a pas fini de faire parler la poudre.

Avec une bonne dose d'humour et une production parfaite, cet album s'avère une excellente découverte.

Je brûle d'impatience de connaître la suite!!!

Agent Wander

Vanguard (Ep)

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Né au printemps 2009, Agent Wander est en fait le projet de Wim Kesteloot. Auteur compositeur, cet artiste gantois débute en solo, dès 2008, sans pouvoir hélas percer.

Afin de se faire une petite place au soleil dans le paysage rock belge, il s’adjoint les services de Stefan Valenberghs à la guitare (Viper Rosa, This Is Where My Little Saturn Sleeps), du drummer-singer Koen Gallet (Viper Rosa, Saturn) et du bassiste Bart Van Lierde (Zita Swoon, Kowzi). Belle association qui part directement à la conquête de la Flandre profonde.

Après avoir bourlingué durant quelques mois au nord du pays, le combo décide de s’autoproduire et de publier par ses propres moyens ses compos les plus représentatives. En effet, aucun label ne soutient encore Agent Wander pour le moment. Au vu de ce qui est proposé, cette situation ne devrait pas perdurer, tant les quatre morceaux affichent tous une bonne dose d’originalité, de savoir-faire en plus d’une excellente musicalité.

Si « Caroline » lorgne un peu du côté de Roxy Music, « Sunday Call » rappelle, de loin, JJ Cale. « Waiting for a Change » trahit des relents d’Iggy Pop et le morceau de clôture, « Angie », nous entraîne dans l’univers de Morphine. Bref, on ne peut pas dire que les 4 morceaux de cet Ep, se contentent de plagiat. On est loin du compte, d’ailleurs. 

Un coup d’essai, pas un coup de maître, mais pas un coup dans l’eau non plus ! Directement touché par la voix et le jeu de guitares omniprésent, Agent Wander donne l’impression de disposer de ressources qui ne demandent qu’à s’exprimer.

Alors, qu’attendent les distributeurs pour intégrer cette nouvelle formation belge de talent, dans leur écurie ?

 

Whiteboy James

Last time was the last time

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C’est lors de la vague de blues qui avait envahi Los Angeles, au cours des années 80 et 90, que Whiteboy James avait formé son Blues Express. Le combo avait publié un elpee en 1992, un disque qui avait bénéficié de la participation du redoutable gratteur Alex Schultz. James s’était retiré de la scène musicale en 2001 ; mais il faut croire que le virus n’était pas encore vaincu, puisqu’il a décidé de remettre le couvert dès 2006! Les goûts du jeune James Page sont éclectiques. Ainsi, s’il a beaucoup écouté les artistes de blues et de R&B, et en particulier Louis Jordan, Big Joe Turner et Lightnin' Hopkins, il apprécie également le bon rock'n'roll d'Elvis Presley et de Jerry Lee Lewis ainsi que le western swing de Bob Wills. Il a eu la chance de se produire à la même affiche que James Harman, Rod Piazza, William Clarke, les Blasters ou encore Little Charlie and the Nightcats. Du beau monde! James, notre gamin blanc, chante et souffle épisodiquement dans un harmonica. Au sein du line up de son band figurent aujourd’hui l’excellent Scott Abeyta aux cordes, Blake Watson à la basse et Mr Max Bangwell, notoire dans la Cité des Anges, aux drums.

L’ouverture est tumultueuse. Lancée à pleins tubes, "Chicken and the Hawk" adopte un profil très rockabilly. La guitare jump envahit l’espace sonore. Les drums s’agitent. Bien rythmé, le titre maître est une compo marquée par le Chicago blues. Les accords de gratte sont brodés à la manière de Jimmy Rodgers. Très électrique, le Blues Express s’éclate dans le rock’n roll. A l’instar de "By myside", une plage très courte mais explosive. Imprimé sur un tempo soutenu, "Upside your head" est un blues qui rocke. Bien trempée, la section rythmique est en acier inoxydable. La guitare profite de cette rampe de propulsion naturelle. Rockabilly puissant, allègre, "Reefer man" déferle comme un train lancé sur les rails, à toute vapeur! Morceau plus léger aux accents country, "Don't f@#$ around with love" est teinté d’humour et trempe dans la bonne humeur. Bref instrumental, "Fat chance" est un morceau que n’aurait pas renié le regretté Michael Leonard Mann alias Hollywood Fats. Parfaitement balisés par la section rythmique, "Have you way baby" et "Keep it clean" baignent davantage dans le blues. Il faut attendre la dixième plage pour observer un ralentissement du tempo. En l’occurrence lors de la cover du "Worried life blues" de Big Maceo Merriweather, un bon vieux blues mis à la sauce Whiteboy, donc parsemé de quelques éclats! La fièvre remonte aussitôt dès "Walked around the world", puis un autre instrumental intitulé "Untamed melody". Une nouvelle et belle occasion pour Abeyta de se dérouiller les doigts. "T-Bone for Daisy" est le dernier blues lent de l’opus. Très ‘nightclubbien’, il offre l’opportunité à Scott de démontrer qu’il a bien assimilé le style de T-Bone Walker. Dans un autre registre, ce gratteur torture ses cordes tout au long de la finale, "Shave 'em dry #2" (NDR : c’est également la plus longue plage du long playing !), un shuffle au cours duquel, il adresse, au passage, un clin d'œil à Jimi Hendrix. De l'excellent travail!

Le 26 mars prochain, Rip Cat Records lance son catalogue. Au menu : Whiteboy James, les Mighty Mojo Prophets, Barry Levenson, Johnny Mastro, les Mama's Boys et les 44's. Il sera judicieux de se rendre à Redondo Beach, ce jour-là!

 

When Saints Go Machine

Fail Forever (Ep)

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Le label teuton !K7 excelle lors de la confection de ses glorieuses compilations « DJ Kicks ». Par contre, lorsque l’écurie décide de balancer un artiste dans la spirale de l’électro, généralement, elle se plante. Et la réponse à ce phénomène relève du pur mystère. Dernier cas en date, When The Saints Go Machine. Un quatuor danois électro/pop. Faut quand même savoir que WSGM est respecté chez eux. Considérée comme la meilleure révélation de l’année 2009, par une radio danoise, la bande à Nikolaj Manuel Vonsild a mis les bouchées doubles, en cette année 2011. Et avant de voir débarquer leur premier elpee, le combo a accouché de « Fail Forever », un maxi d’honnête facture, qui possède quand même toutes les chances de se faire une petite place au chaud dans le monde analogique. Malgré la voix irritante, on passe en revue les sonorités déjà entendues mais bien ficelées. Par contre, on se marre sur les vocodeurs et les petits chants en canon cul-cul-la-praline. Et finalement, la direction empruntée semble parfois indécise. Ce qui a le don d’agacer. On se réjouit néanmoins sur « Pinned » et « You Or The Gang » qui sont les seuls et rares moments forts de la galette. A écouter en se forçant un peu. Et ça c’est dommage.

Vicious Rumors

Razorback Killers

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Vicious Rumours est une entité power métallique à géométrie variable dont la seule constante est l’indéboulonnable Geoff Thorpe. En trente et une années d’existence Vicious Rumours a vu défiler dans ses rangs une série impressionnante de musiciens talentueux. Citons par exemple Vinnie Moore (UFO), Steve Smyth (Testament, Forbidden), Dave Starr (Laaz Rockit, Chastain), Brad Gillis (Nightranger, Ozzy Osbourne) et James Rivera (Helstar).

Cinq ans après « Warball », le dernier opus en date sorti en 2006, Geoff Thorpe lance une nouvelle ‘rumeur vicieuse’ et opère, sur « Razorback Killers », un retour discographique fracassant. Si, pour ce dixième opus studio, Larry Howe est à nouveau derrière le kit de batterie (NDR : Howe est presque un ‘permanent’ puisqu’il a tenu les baguettes de Vicious Rumours entre 1986 et 1999 et a réintégré son poste depuis 2005), le reste du line-up a été entièrement remanié. Après avoir travaillé en compagnie de musicos aussi notoires que Moore, Smyth, Starr et Gillis, c’est bizarrement à un illustre inconnu répondant au nom de Kiyoshi Morgan que Thorpe a fait appel pour le seconder à la six-cordes. Comme James Rivera a choisi de réintégrer Helstar, le poste de vocaliste a, pour la circonstance, été confié à Brian Allen. Cet ex-Last Empire et Wild Dogs milite toujours chez Malice. Quant à la quatre-cordes, c’est Stephen Goodwin (NDR : il côtoie également Larry Howe au sein du Aaron Pearson Band) qui se la réserve.

Le personnel évolue, mais Vicious Rumours reste Vicious Rumours. Et si, depuis le milieu des eighties, vous appréciez son power métal à l’américaine, vous ne serez évidemment pas déçus. Le Vicious Rumours, cuvée 2011, est même plutôt un bon cru. Ici, Le heavy ultra-puissant flirte très souvent avec le trash métal. Les vocaux burnés de Brian Allen conviennent d’ailleurs parfaitement à l’exercice. Comme il fallait s’y attendre, les guitares lead, sont absolument superbes. Outre les duels opposant Thorpe à Morgan, l’auditeur averti peut aussi profiter de parties shred offertes par Eric Peterson (Testament) sur le titre « Murderball », ainsi que du retour provisoire et inespéré de deux ex-guitaristes du groupe : Mark McGee (NDR : qui a sévi dans le band entre 1988 et 1995) sur « Bloodstained Sundays » et « Pearl Of Wisdom » et Brad Gillis tout au long de « Deal With The Devil ».

En bon ‘Dictateur Digital’ Thorpe se charge aussi de la production. Il est secondé par Juan Urteaga des Trident Studios (Machine Head, Ted Nugent, Nightranger). Le son est clair et puissant et chaque instrument (même la basse) est parfaitement audible.

Hautement recommandé si vous appréciez les neufs albums précédents. A écouter aussi si vous aimez Iced Earth, Savatage, Helstar, Lizzy Borden, Crimson Glory ou les derniers opus d’Agent Steel, de Testament et d’Exodus.

 

Various Artists

Harder, Fatter + Louder Vol 7

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Après nous avoir laissé 8 ans sans compiles, l’humble maison punk Fat Wrecks a décidé de reprendre le cours de sa série. « Harder, Fatter + Louder Vol.7 » constitue, vous vous en doutez, le septième tome. Le label fondé par les membres de NOFX nous propose ici un nouvel aperçu de ses productions punk (à roulettes) mélodiques. Un genre qui n’a pas bougé d’un poil depuis des lustres ; et c’est tant mieux ! D’ailleurs, dès les premiers riffs, on s’imagine sur une planche de skate, sous le soleil californien…

Le recueil est découpé en 22 pistes et s’ouvre par les Angelos d’Old Man Markley dont le punk bluegrass est dynamité par un banjo épileptique. Une introduction parfaite. Peu de têtes d’affiche mais tout de même des morceaux très réussis des vieux briscards de The Swingin’ Utters (« Brand New Lungs » issu de leur dernier Ep) et de The Mad Caddies (le punk-reggae de « Why Must I Wait » extrait de leur « Best Of »). L’un des meilleurs titres du lot nous vient des habituellement très énervés Against Me! Un peu calmés pour la circonstance, c’est-à-dire lors d’une version démo de « Holy Shit ». Notons également « Collapser », un morceau signé Banner Pilot. Balancé dans un style très ‘nofxien’, il est caractérisé par la voix enrouée de son chanteur. A l’écoute de cette petite bombe punk-pop, on comprend pourquoi le groupe a percé en 2009. Teenage Bottlerocket et Chixdiggit! rendent, eux, hommage aux Ramones avec beaucoup de bonheur tandis que Dead to Me revisite la dub à sa propre sauce sur « X ». Pour les nostalgiques, notons même une reprise de Cheap Trick par No Use For a Name (« Dream Police »), et des titres de Strung Out, Good Riddance et… NOFX bien entendu !  Un instantané réussi de la scène punk US actuelle.

Bref, une bonne heure de bonheur électrique pour les fans élevés au punk old school de NOFX et de Fat Wreck Records. Punk is definitely not dead !

 

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