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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Chroniques

Dr Wu

Texas Blues Project Volume 2

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Ce duo issu de Fort Worth (NDR : c’est au Texas !) nous propose le deuxième volet de son "Texas Blues Project". Il fait suite à un premier chapitre publié en 2008. Et pour réaliser ce projet, les deux amis, Bryan Freeze et Jim Ashworth, ont décidé de conserver le patronyme Dr Wu', un nom tiré d'une chanson de Steely Dan. Le duo d’amis a composé les douze plages ; mais ils se sont également chargés de la mise en boîte, du mixing ainsi que de la production de ce nouvel opus. Pour la pochette, ils ne se sont pas trop cassé la tête, puisqu’ils ont repris celle qui illustrait le premier volume ; celles de vaches texanes à (très) longues cornes! Paradoxalement, nos deux compères n'exercent qu’un rôle secondaire au cours de toute cette série d’exercices de style. Bryan Freeze est crédité de la guitare rythmique et Jim Ashworth, de rien (NDR : ‘nothin’). Je le soupçonne cependant de gratter parfois les cordes! En fait, le concept Dr Wu' est destiné à mettre en exergue le talent de tas de potes locaux. Indubitablement, on assiste à une fête de la guitare blues texane.

Au premier rang des guests, on retrouve le saignant Buddy Whittington (NDR : il a sévi comme sixcordiste, au sein des Bluesbreakers de John Mayall, pendant de nombreuses années). C'est d'ailleurs Buddy qui ouvre le feu par "That ain't rtight", une compo qu'il cosigne en compagnie de Bryan et Jim. D'emblée ce musicien révèle sa force de frappe et tout son talent. Il ne faut pas plus de 5" pour  s'apercevoir que nous sommes en présence d'un grand! Buddy met toute sa force vocale au service de l'ensemble. Ses cordes sont explosives, incisives, inspirées par Freddie King. Le vieil ami Charlie Bassham est revenu pour chanter "Can't keep a good man down". Lui aussi possède une voix autoritaire. Red Young (de Red and the Redhots) siège derrière l'orgue Hammond. Le ton est assez Memphis R&B. Mace Maben se révèle également très versatile à la guitare. Charlie chante encore admirablement le lent "Even a wolfman gets the blues". Manifestement, les gratteurs sont ici tous excellents. Et l’intervention de Dave Milsap, un ex-membre du Delbert McClinton Band en est une belle illustration. Mais déjà le géant Buddy Whittington refait surface. C’est même lui qui va prendre l’ascendant sur presque tout le reste du projet. Il chante "Bryan Irvin road", en échangeant quelques petits soli en compagnie de Freeze, préposé à la slide. Le tempo change. Place au boogie. Lors du percutant "Boogie in the rain", Buddy est aux vocaux. Il est soutenu par les brillantes interventions de Gary Grammer à l’harmo. Les deux hommes s'entendent comme larrons en foire! Le rythme est toujours aussi vivifiant sur "Fort Worth bound", une plage dédiée à la bonne ville de Fort Worth (NDR : voisine de Dallas). Mouse Mayes (ex-Black Oak Arkansas, ex-Pointblank) chante devant l'harmo de Grammer et les cordes acoustiques de Freeze. "Why is it so hard to say goodbye ?" est toujours aussi sémillant, une plage au cours de laquelle Whittington a repris les rennes. Sans le moindre répit, "Bo Diddley tribute" embraie, tout en empruntant, au passage à "Road Runner". C’est Mouse Mayes qui dirige la manœuvre tout au long de "Hey Bo Diddley". On en a des fourmis dans les jambes. Les percussions sont stimulantes et on se régale du Bo Diddley beat ! Le récital texan conserve tout son intérêt lors d’un "You give me the rain", caractérisé par la présence de trois guitares rythmiques pour épauler le soliste Mayes (NDR : leader de The Powerhouse, il invite régulièrement Whittington à venir renforcer son team). Instrumental, "My man's specialty" met aux prises Buddy et Red Young". Un nouveau convive a empoigné le micro : Geral Lawrence. Il attaque "Rockin' Chuck Berry blues", du pur rock'n'roll. Lee Pickens joue ici le rôle de Berry Whittington. Geral interprète "Slow rollin' train", une finale excitante, imprimée sur un rythme très ‘rollingstonien’, au cours duquel Buddy s’accorde une dernière sortie sur sa slide. Une magnifique propagande pour le rockin' blues texan!!

The Dallas Explosion

Off to War

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The Dallas Explosion doit probablement avoir un rapport avec l’assassinat de Kennedy. Ben non, vous n’y êtes pas du tout. Il s’agit ‘tout simplement’ du patronyme d’un groupe rock bruxellois. Facile à deviner, non ? Et cette réponse semblait évidente, pourtant. Allez, soyez beaux joueurs, voyons !

Cette formation belge vient donc de publier son troisième disque. Il fait suite à l’Ep « Depression is a Fulltime Job », paru en 2004 et « Girlfriends & Excess », en 2007. Perso, jamais entendu parler. Ouf, il y a Musiczine !

Heureusement, il n’est jamais trop tard pour découvrir un talent, surtout lorsqu’il émerge de notre fabuleux vivier national. Et puis, on ne peut pas dire qu’ils sont totalement inconnus au bataillon non plus. Quand on a enflammé les premières parties de groupes ou artistes tels que The Killers, Bush, Monster Magnet, Travis, Eagle-Eye Cherry, Living Colour ou feu Willy Deville, lors de leurs passages en Belgique, on ne peut pas être des ‘manches’ non plus !

Après quatre années d’existence, deux Cd et des tonnes de concert, The Dallas Explosion ‘explose’ à son tour en 2010 mais se refait une santé autour du chanteur/guitariste Dallas Geoffrey Hautvas, la tête pensante du groupe. Sont venus le rejoindre, le bassiste Baptiste Charles, le drummer Remy Polfliet et plus épisodiquement, la jolie Stine Wintley-Jensen aux claviers et percussions.

Puisant ses influences dans le blues, le classic-rock crasseux enragé (ça vient d’eux), qu’ils teintent d’un brin de soul et d’une touche de psychédélisme, tout en y ajoutant ce petit quelque chose de surréalisme belge, le combo de la capitale nous propose 11 nouveaux titres dans son petit panier.

Afin de mettre toutes les chances de son côté, le trio (quatuor ?) a demandé à Peter Crosbie (Sharko, The Tellers, Austin Lace) de produire le disque et à Brad Blackwood (Maroon5) de le masteriser à Memphis. Rien que ça !

Le résultat est à la hauteur. Le band nous balance un bon rock, puissant, super efficace où l’on décèle circonstanciellement des traces de Stones, de Paul Weller voire de ZZ Top. Pourtant, selon la rumeur, Dallas Geoffrey affirme que son groupe est unique et ne ressemble à aucun d’eux…

Si la majorité des titres traite, comme le nom de l’album l’indique, de violence à travers des guerres ou des combats (« What is what », « Die Monkey die », « Off to War », « Fight fight fight », …), quelques morceaux proposent une orientation différente. A l’instar de « Blonde Ambition », ode à la provoc sexy féminine ou encore le très romantique ( ?) « For the Love of Lust ».

Bref, pour votre serviteur, c’est une belle découverte, surtout musicale, remuante, et le plus important, sans faiblesse…

 

Lucie Bernardoni

Mélancosmiaque

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A 23 ans à peine, un bébé sur le dos et un compagnon qui s’est fait la malle, la jeune Niçoise ne baisse pas les bras. Après avoir réuni les 50 000 € nécessaires pour l’enregistrement et la distribution d’un CD, elle publie ses premières compositions.

Mais commençons par le commencement…

Il n’est pas inutile de rappeler un peu le parcours de cette jeune auteur/compositeur/interprète.

Née en 1987, elle monte très tôt sur les planches, dès 10 ans, participe à divers concours et décroche, à 13, un doublage pour « Annie », une production Disney. A 15, elle signe chez Atoll Music et sort un premier single. A 17, elle participe à la quatrième édition de ‘Star Academy’ et échoue en finale face à Grégory Lemarchal.

Début 2009, après avoir collaboré à divers projets aussi vite oubliés les uns que les autres, elle s'inscrit sur Akamusic afin de laisser aux internautes la possibilité de produire son premier elpee, « Mélancosmiaque », qu'elle a travaillé durant plus de 3 ans. Et le plus beau, c’est que ça marche. Y’a vraiment des pauv’gens qui savent pas quoi faire de leur fric…

Précédé du single « Juste mon homme », chaudement soutenu par un clip où elle apparaît très légèrement vêtue, pour ne pas dire nue, Lucie attire plus de 250 000 auditeurs ou voyeurs, c’est selon !

‘Chère Lucie, si votre ramage…bla bla bla…plumage…bla bla bla…’ Une voix qui lui ferait perdre son fromage ? Que nenni !!! J’ai moi aussi jeté un œil sur son clip (http://www.wat.tv/video/lucie-bernardoni-son-clip-hot-36uph_2exyv_.html) et j’ai en même temps écouté ses dix ‘chansonnettes’. Ben pour être sympa, je la préfère actrice (si l’on peut dire) que chanteuse ! Ben oui, chacun son truc… quoiqu’un peu maigrichonne à mon goût !

Reparlons musique deux secondes, il n’en faudra pas plus. Elle est cataloguée chanteuse ‘jazz-variétés’. Or si je comprends bien le terme variétés, là où j’ai un doute, c’est pour l’utilisation du mot ‘Jazz’ ??? Quelqu’un pourra peut-être m’expliquer.

Les petites ballades sirupeuses, les chansons d’amour débiles, les leçons à deux balles, style Jennifer ou autre cruche issue du même moule (Star’Ac) et autres niaiseries du genre, non merci. Je laisse ce produit de consommation aux membres de son fan club ! Ben oui, j’vous jure qu’y en a un !

Et si on parlait de la pochette puisque musicalement… No comment !

 

Arthur’s Landing

Arthur’s Landing

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Depuis 2004, l’esprit d’Arthur Russell ne cesse d’alimenter l’inspiration de nombreux adeptes des sonorités expérimentales et du milieu disco underground. Après avoir publié l’excellent documentaire « Wild Combination », réalisé par Matt Wolf, la biographie essentielle de Tim Lawrence (« Hold On To Your Dream ») ou encore les rééditions de l’énorme discographie de Russell signées Souljazz Records, Audika et Sleeping Bag Records, c’est Strut qui vient s’ajouter à la liste en signant le remarquable Arthur’s Landing, un collectif de 6 musiciens emmené par Steven Hall. Caractéristique particulière chez ce team, les six membres on tous collaboré avec Russell durant sa courte vie (il est décédé en 1992 des suites du SIDA). On retrouve entre autre Ernie Brooks des Modern Lovers, Peter Zummo ou encore Joyce Bowden, l’irrésistible voix sur le tube disco « Tell You (Today) » signé Loose Joints. Véritable influence pour ses paires contemporaines (DFA, Hercules and Love Affair, etc.), Russell méritait bien encore un hommage. Et qui de mieux pour y parvenir, que ses anciens collègues ! Richement orchestré par Brooks à la basse, Hall à la guitare, Zummo au trombone sans négliger les percussions de Mustafa Ahmed, « Arthur’s Landing » comprend des nouvelles versions des compositions de Russell. Quelques unes connues et d’autres jamais entendues auparavant. Le tout produit par le légendaire Zummo.

On épinglera donc les versions sublimes de « Love Dancing » issu du classique de Loose Joints, « Is It All Over My Face ? » ou encore la transformation du magnifique « In The Light Of The Miracle » intitulé « Miracle 2 » où on reconnait distinctement la voix et le clavier de Elodie Lauten, co-compositrice du track. A cette plaque, s’ajoute des inédits dont l’exceptionnel ébauche de « I’ll Be Fencing » sur lequel Ernie Brooks pose sa voix.

« Arthur’s Landing » est encore une preuve de la notoriété post mortem grandissante d’Arthur Russel. Un joli moment d’extase pour les oreilles. Et comme presque toujours, c’est signé Strut. Merci !

Lail Arad

Someone New

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Lail Arad est la fille de Ron Arad, le célèbre designer israélien émigré à Londres. « Someone New » constitue son premier album et retenez dès aujourd’hui son prénom car la presse risque de beaucoup en parler dans les mois à venir

L’Anglaise a en effet tout pour plaire. Les mélodies de ses chansons sont contagieuses et facile à fredonner. En outre, elles communiquent une belle dose de bonne humeur. Sa voix est littéralement craquante et son sens de l’humour aussi féroce que british. Dans un esprit proche de celui Kate Nash ou de Soko, elle assène des chansons pop-folk qui devraient envahir les ondes hertziennes. Les Inrocks seraient déjà tombés amoureux de la belle Anglaise. Et on ne peut leur donner tort. Difficile de ne pas succomber à ses compos drôles, narrant avec beaucoup de justesse les péripéties du quotidien. A l’instar d’« Over My Head », racontant une histoire d’amour à l’ère d’internet, de « Who Am I ? », une autocritique hippie-bourgeoise ou encore de « The Magic », un morceau folk attendrissant et toujours un peu hippie sur les bords. L’accompagnement de la plupart des morceaux est sobre : un piano, des cuivres ou une guitare acoustique. Paraît même que Lail Arad assure sur les planches. Evidence trop soudaine pour être honnête ou don de naissance ? Peu importe, « Someone New » est un disque à la fois attachant et divertissant, à défaut d’être bouleversant.

L'album sort ce 28 février 2011. 

Tim Woods

The Blues sessions

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Tim Woods est un bluesman de couleur blanche. Chanteur, guitariste, compositeur, il n’est guère notoire ; mais à l’instar de nombreux modestes artisans, il est animé d’une passion constante. C'est ce qu'il a voulu prouver tout au long de ces "Blues sessions", en exploitant différentes formules. L'homme a pourtant déjà plus de 25 années de carrière. Ce qui lui a permis de côtoyer de nombreux musiciens qui partagent cet amour inconditionnel pour les douze mesures.

"The Blues sessions" constitue son tout premier opus ; et saluons son initiative d’avoir voulu la traduire en hommage au blues et aux musiciens légendaires qui ont forgé ce style. Tim est originaire de la Pennsylvanie ; il a passé l'essentiel de sa vie musicale en Georgie, surtout du côté de Macon! Il a donc dû prendre son bâton de pèlerin pour concocter cet elpee. Six mois ont donc été nécessaires pour boucler les différentes sessions studio (NDR : à Chicago, à Clarksdale dans le Mississippi et chez lui, à Atlanta, en Georgie). Des sessions auxquelles ont participé une bonne quinzaine de musiciens. Ce qui lui a permis d’aborder des styles très différents. Tant électriques qu’acoustiques. Du blues lent au rapide en passant par le boogie! Et c’est le patron du label Earwig (de Chicago), Mr Michael Franck, qui s’est chargé de la production, aux côtés de Woods.

Les sessions s’ouvrent par le traditionnel "Deep ellum blues". Le line up campe un trio. Woods est soutenu par le guitariste Eric Noden (NDR : un musicien le plus souvent associé à l'harmoniciste Joe Filisko) et le drummer Kenny Smith (NDR : le fils de Willie ‘Big Eyes’). La voix de Tim n’est ni passionnante et encore moins passionnée, mais elle est solide et passe bien la rampe. En outre, elle est bien mise en exergue par les deux grattes acoustiques. Tim voue une admiration sans borne au légendaire bassiste de Chicago, Willie Dixon ; sans doute le compositeur le plus prolifique de l’histoire du blues! Mais aussi à un autre pionnier, Howlin’ Wolf. Et il le démontre sur "Do the Do". Le tempo est allègre. Les sessions se sont déroulées à Chicago. Elles ont bénéficié de la collaboration d’acteurs locaux réputés, comme le guitariste John Primer, le pianiste Alan Batts et le bassiste Bob Stroger. Les échanges de cordes sont de haute facture. "Castle rock boogie" trempe évidemment dans le boogie. Une compo signée par un spécialiste du genre, le pianiste Roosevelt Sykes. Pour la circonstance, Batts se réserve les ivoires de main de maître. Tim a aussi invité un vieux bluesman de couleur noire, Honeyboy Edwards. Issu du Delta, il est aujourd'hui âgé de 95 ans. Il a participé aux sessions de trois plages. Et elles sont chargées d'une intense émotion. Les deux musicos se partagent chant et guitare sur "Bad whiskey & cocaine" et "Wind howlin' blues". Honeyboy chante seul "Drop down Mama". Les 3 titres sont issus de la plume d'Edwards. Caractérisé par ses cordes acoustiques, la lecture de "Spoonful" est très personnelle. Le rythme s’est accéléré. Noden, Smith et Tim reforment le trio. Pour la session de Clarksdale (NDR : c’est dans le Mississippi, au cœur du delta) il est épaulé par l’un des maîtres des lieux, Big Jack Johnson, ainsi que par le bassiste Terry ‘Big T’ Williams. Allen Batts siège derrière l’orgue tout au long de "Clarksdale boogie", un instrumental bien nerveux. Le traitement du "Built for comfort" de Dixon est très funky. La cover du "Who's been talkin'" de Howlin' Wolf, superbe. Pour votre info, sachez quand même que Batts a accompagné les plus grands. Que ce soit Freddie King, Jimmy Witherspoon, Eddy Clearwater ou Albert Collins. Et pour être complet, signalons la présence de deux plages assez longues, au cours desquelles participent des musiciens moins connus, mais dont le rendement est tout à fait honorable. En l’occurrence le violoniste Joe Craven, l’illustre Ike Stubblefield, plutôt balèze derrière son orgue Hammond, et enfin Bobby Lee Rodgers, dont l’habileté aux cordes, reflète des affinités évidentes pour le jazz. Cette équipe se fend alors d’une adaptation du "It don't make sense you can't make peace" de Dixon et d’un "World comes tumblin' down", traversé d’accents country.

 

White Fence

Is Growing Faith

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Au début des années 2000, suite à la sortie du premier album des Strokes, on assistait au come-back du rock garage. Rock garage, oui ! Mais pas trop ! Production irréprochable, mélodies parfaites. Tous les ingrédients étaient présents pour connaître le succès et conquérir le cœur de milliers d’adolescents et autres. Cette nouvelle tendance a été également l’occasion de redécouvrir les initiateurs du genre à travers des groupes tels que The Modern Lovers, Television ou encore The Sonics.

A la différence de The Strokes, The White Fence a réussi à retrouver l’esprit originel du rock garage, s’éloignant des productions moins lissées et exploitant un univers sonore moins accessible. Fondé par Tim Presley, ce groupe californien (NDR : les membres du groupe sont issus de Los Angeles et San Francisco) parvient à concocter du bon vieux rock ‘old school’, à la sauce psyché. Si le son caractéristique est toujours bien présent, on ressent, en même temps, l’influence du soleil californien. Mais aussi cette odeur de sueur mélangée à celle de produits illicites. Un coup d’œil sur les photos du booklet reflète l’état d’esprit au sein duquel baigne cet opus. On y voit le quartet dans leur cave (ou garage).

Le second elpee de White Fence est partagé entre morceaux plus rythmés, lorgnant surtout vers le punk-rock (« Body Cold ») et ballades rappelant inévitablement les Beach Boys (« Your last Friends alive » et « Stranger Things Have Happened (To You) ».

Malgré quelques morceaux dispensables, « Is Growing Faith » tient parfaitement la route. Il nous replonge dans le même univers garage de l’époque. Et on en ressort totalement ravis…

 

Moke

The Long & Dangerous Sea

Écrit par

‘Moke from Asterdam’, comme ils se présentent, est un groupe néerlandais peu notoire en Europe continentale, qui connaît pourtant un énorme succès aux Pays-Bas et jouit d’une certaine notoriété chez les mélomanes avertis anglais et allemands. Lors de l’enregistrement de leur premier album, « Shorland », en 2007, ils ont rencontré Paul Weller chez leur producteur commun, Joeri Saal, qui leur a d’emblée proposé d’assurer la première partie de sa tournée européenne. Leur carrière était donc lancée à Londres avant même que leur premier disque ne soit dans les bacs. Les médias prennent ensuite le relais pour leur fournir une couverture qui les transforme en businessmen malgré eux : suite à des plateaux télé remarqués, leurs singles ont servi de soundtrack à la ligue des champions de l’UEFA sur la télé néerlandaise en 2007. Ils apparaissent également dans une publicité pour Toyota, et pour la bière Grolsch. Enfin, dans cette ivresse commerciale, Karl Lagerfeld a lui-même revisité leur look ébène chic et épuré en leur consacrant une entière collection. Leur popularité nationale s’en voit donc solidement assise.

Mais cette glorieuse envolée n’a pas été sans amener quelque pression dans les expectatives pour l’album suivant : la formation a cependant décidé d’éviter le réchauffé et de modifier les balances, en insistant sur le synthé et les cordes, même si les deux guitares principales sont toujours bien présentes. S’ils définissent leur musique par ‘de l’indie pop à orientation brit’, ils ajoutent désormais ‘qui peut [et doit] remplir les stades…’ Leur montée fulgurante est proportionnelle à l’augmentation de la taille des salles où ils ont joué ; ils ont constaté que leur musique sonnait mieux face à 1000 personnes que dans un petit bar et c’est donc leur grandiloquence qui a influencé la production de leur second opus. Pas étouffés par la modestie, ils avaient de grandes attentes… et c’est mission accomplie : le spectre sonore de « The Long and Dangerous Sea » est élargi à l’aide d’un orchestre, ce qui lui a permis de dépasser le disque d’or, tout comme son précédent elpee.

Ce disque véhicule l’esprit de nos groupes flamands, en plus… commercial (« Window of Hope »). La voix de Felix Maginn est une pâle copie de Starsailor (« The Long and Dangerous Sea », « Love My Life ») aux paroles moins explicites. Le synthé est grésillant  (« Window of Hope », « Ghost »), redevient piano (« Nobody’s Listening ») ou est supplanté par un saxophone (« Black and Blue »). Moke réinscrit Amsterdam sur la carte du pop rock grâce à leur esprit de ‘grandeur’ interpolienne ; espérons que leurs concerts ne soient pas aussi stériles que ceux de leurs modèles…

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