La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Chroniques

The Go ! Team

Rolling Blackouts

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Les fans de The Go! Team sont fidèles. Mais faut dire aussi que chacune de leurs sorties, permet à ses aficionados de faire le plein d’énergie positive. De quoi tenir coup jusqu’à la parution de l’album suivant. Un calendrier qui ne semble pas trop mal fonctionner jusqu’à présent. Et qui ne risque pas une quelconque remise en question. Car le nouveau long playing, « Rolling Blackouts », n’accuse aucune baisse de régime. Un troisième LP qui fait suite à « Thunder, Lightning, Strike », gravé en 2004 et « Proof Of Youth », en 2007.

Flanqué de ses acolytes hystériques, Ian Parton, le chef d’orchestre n’a, en outre, aucune intention de mettre la pédale douce. Au contraire, il est bien décidé à libérer un max d’énergie, à travers une noisy très spécifique, qui a fait la réputation du groupe. Très spécifique, car elle se nourrit aussi bien de samples, de riffs presque métalliques (l’efficace single inaugural « T.O.R.N.A.D.O. », dynamisé par le MC Ninja), du phrasé hip-(p)hop (« Apollo Thowdown »), de comptines pop (« Ready to Go Steady », caractérisé par ses interventions de trompettes sucrées), de restes de gospel morriconien (« The Running Range ») que de guitares funk euphorisantes.

Chez The Go! Team, les samples sont bien sûr, toujours présents. Mais ils ne constituent plus le fondement de la structure sonore. Ils appuient simplement une ossature live préexistante et ca s’entend. L’aspect mélodique est, en outre, davantage soigné. Et cette manière de mettre un peu d’eau dans son vin ou de tempérer ses impulsions, leur sied à merveille. En outre, la participation aux chœurs de Satomi Matsuzaki (le chanteur de Deerhoof est irrésistible sur « Secretary Song ») et de Betty Cosentino du Best Coast (pour « Rolling Blackouts » et « But Nothing Day ») sur plusieurs morceaux est manifestement un plus. Et finalement pas tellement étonnante, quand on connait le génie avant-coureur de la bande issue de Brighton…

The Go! Team prend soin de nos tympans ! Et cet elpee constitue la meilleure nouvelle depuis le début de l’année.

De plus, leur mix(te) reste assurément un must sur scène ! A ne pas manquer le 23 mars au Botanique.

Esben & The Witch

Violet cries

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Patronyme inspiré d'une vielle légende danoise, Esben and The Witch affiche clairement ses influences gothiques dès le premier morceau (« Argyria »). Progressivement l'atmosphère s'installe. Dans l'écho lointain, des cris d'angoisse se fondent dans un crépuscule glacial. Au-dessus des ramures d'arbres séculaires, se profile la silhouette de la sorcière… Siouxsie. Frissons garantis ! De ce cercle de fées, montent les flammes tourmentées de guitares saturées, quand soudain, le calme s(')ab(b)at comme un linceul flottant à l'aube d'un renouveau. Ensorcelant ! Le « Marching song » qui lui emboîte le pas n'est en rien moins efficace. Jouissant d'une vidéo inspirée, cet extrait recèle probablement du potentiel nécessaire à ériger le groupe en nouvelles figure de proue d'un genre souvent décrié, mais pourtant toujours adulé. « Marine Fields Glow » plonge dans des eaux glaciales où une nuée d'ondines appellent à l'abandon. Pour qui est sensible à ce type d'ambiance sombre et torturée, la suite de l'album est de la même veine et ne livre ses secrets qu'au fil d'écoutes répétées. L'ivresse gagne à l'écoute de « Light Streams » et de ses notes répétées en cascade quand des perles digitales scintillent sur un « Hexagon IV » incantatoire. Loin de déstabiliser, ce traitement numérique se marie habilement à l'ensemble ésotérique, issu du meilleur de la Cold Wave, amenant le groupe sur des terres moins empreintes du lourd héritage des années 80. Les sonorités shoegaze des guitares embrumées de « Chorea », le battement binaire de « Warpath » et sa mélodie envoûtée d'une réjouissance maligne, les cris et les bruits lugubres de « Battlecry / Mimicry » qui doucement s'envolent et font place à une mélancolie qui pénètre chaque pore de la peau (« Eumenides ») et enfin le final grave et sépulcral de « Swans » en cygne d'adieu, tout ici tend vers une œuvre au noir diablement inspirée. Beau, triste, et teinté d'un espoir chagrin.

Du fond de leurs alcôves, les Banshees en rient encore. Si une phrase devait à elle seule résumer la grâce de cet album, je citerais cet extrait de Macbeth : ‘L’inquiétude présente est moindre que l’horreur imaginaire.’ (William Shakespeare)

 

Claire Diterzi

Rosa la Rouge

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Claire Touzi Dit Terzi fêtera ses 40 ans en 2011. Elle s’est forgé une certaine notoriété au début des années 90, comme chanteuse et leader du groupe folk-punk Forguette Mi Note. Diplômée en arts graphiques, elle a également bossé tout un temps comme prof d'illustration. En 1995, elle fonde un combo qui répond au patronyme de Dit Terzi et publie un premier opus éponyme. L’aventure s’achève cependant en 2001. Par la suite, elle est invitée à composer pour Philippe Decouflé, responsable de spectacles de danse contemporaine. Ce qui lui permet de l’accompagner pour deux ans au Japon. A son retour, elle remet les compteurs à zéro et, décide, deux ans plus tard, d’entamer une carrière individuelle. Elle grave alors un premier elpee solo en 2006, intitulé « Boucle ».

A partir de cet instant, elle se consacre surtout à la confection de bandes originales. Citons en vrac la BO du long métrage « Requiem for Billy the Kid », l'illustration sonore de l'exposition de « Titouan Lamazou », organisée au Musée de l'Homme en 2008 et un album intitulé « Tableau de chasse », destiné encore une fois à des représentations, et notamment pour le Théâtre national de Chaillot.

En mai 2010, Claire Diterzi écrit et interprète le rôle de Rosa Luxemburg, dans la pièce musicale originale « Rosa la Rouge », mise en scène par Marcial Di Fonzo Bo, au Théâtre du Rond-Point à Paris.

C’est également elle qui, évidemment, s’est fait un devoir d’écrire la BO de ce nouveau projet.

Claire nous livre donc un album qui est à mettre en relation directe avec le spectacle du même nom. Dans ces conditions, écouter ce disque, sans connaître les tenants et les aboutissants de cette pièce nouvelle pièce musicale, n’a pas beaucoup de sens.

Restent cependant quelques morceaux qui s’écoutent agréablement, tels « Je touche la masse », « J’étais, je suis, je serai » ou « Rosa la rouge ». Le reste du Cd est très difficile à apprécier, tant les compositions à elles seules n’arrivent pas à accrocher l’auditeur qui ne connaît pas l’histoire pour laquelle ces plages ont été écrites et composées.

A réécouter éventuellement après avoir assisté à une des représentations.

Big’n

Dying Breed

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A l’instar de Shellac et de Jesus Lizard, Big’n est une véritable institution sur la scène Noise chicagolaise des années 90. En à peine deux albums (« Cutthroat » en 94 et « Discipline Through Sound » en 96), le groupe est parvenu à se forger une certaine notoriété, mais dans l’univers underground. Vous l’aurez compris, il n’est jamais réellement parvenu à percer.

Fondé en 1990 et séparé en 1997, le groupe a décidé de renaître de ses cendres. Tout d’abord en publiant une compile intitulée « Dying Breed », un recueil réunissant toute une collection de singles et d’inédits parus entre 1990 et 1995, dont une cover d’AC/DC, « Dirty Deeds Done Dirt Cheap » (« TNT » était déjà parut sur un album précédent).

Chez Big’n, la batterie de Brian Wnukowski est percutante, la guitare de Todd Johnson, incisive et le chant de William Akins, violent. Leur musique est d’une efficacité redoutable. Si à premier abord elle peut paraître minimaliste, en vérité, elle ne fait pas dans la dentelle, flirtant même parfois avec une certaine forme de cacophonie. Puissante, brutale, elle ne souffre guère de concurrence sur la scène contemporaine. « Dying Breed » est une bonne amorce pour découvrir l’univers sonore de ce quatuor yankee. Car la reformation de Big’n n’est ni fictive, ni à but lucratif ; et pour cause, la sortie d’un nouvel opus est prévue pour le mois d’avril. Mis en forme par Mr. Steve Albini, en personne, il paraîtra sur le désormais incontournable label African Tape ! Une bonne mise en bouche, donc…

Women

Public Strain

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Women aime prendre son public à contre-courant. Si l’éponyme, publié en 2008, pouvait parfois laisser perplexe, ce « Public Strain » ne fait qu’amplifier ce sentiment. « Can’t You See », la plage introductive, ne laisse aucun doute planer. « Public Strain » rentre dans le lard dès ses premières notes, là où le disque précédent laissait le temps à l’auditeur de s’acclimater. Le quatuor canadien sature, déconstruit, triture et reconstruit sans jamais souffler. Et même lorsqu’il égrène des mélodies pop-rock qui, de prime abord, semblent élémentaires, une écoute répétée du morceau révèle bien plus de profondeur que ne laisse penser la première audition, souvent légère.

Women jongle parfaitement entre le rock le plus basique et les expérimentations noise et psychés les plus bruts. Un peu à la manière d’un Sonic Youth. « Public Strain » représente l’évolution naturelle d’une formation qui se dévoile par à-coups. La formation s’y réserve cependant une assez large marge de manœuvre. Les Canadiens exécutent leur sortie au son de « Eyesore », single condensant tout leur savoir-faire et laissant le public en suspens, dans l’attente de morceaux encore plus percutants. L’ascension inéluctable de Women ne fait que commencer.

 

The Two

The Two

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Très surprenant, The Two est un duo! Bicéphale, cette formation parisienne réunit Ara et David, une peintre et un musicien. Ils ont pu lancer leur aventure musicale en 2009, grâce à « I Wanna Be With You Again », un superbe morceau d’amour, qui ouvre leur premier opus. Un titre qu’ils avaient proposé au label Wagram, qui les a signés d’emblée.

David compose la musique tandis qu’Ara écrit les textes. Le couple semble très complémentaire. Et des titres comme « I’m 22 » ou « Close to Me » illustrent parfaitement cette symbiose. Ce sont aussi les deux meilleures plages de l’elpee. En général, leurs chansons sont sculptées dans un pop/folk aux arrangements dépouillés, essentiellement acoustiques, même si d’autres instruments entrent également parfois en ligne de compte. Interventions à la guitare électrique (« Everyday »), au piano (« Close to Me ») ou au mellotron (« Hold my Heart ») permettent ainsi de donner une plus grande amplitude à l’expression sonore. Malheureusement, on ne peut pas dire que The Two brille pas on originalité. Et sur la longueur, il faut avouer qu’une lassitude finit par s’installer, malgré la séduisante alternance des vocaux.

Maintenant, il y a une situation qui me chiffonne. Je ne voulais pas trop en parler, mais la tentation était trop forte. Ara est la fille de Philippe Starck et David le fils de Charlotte Rampling et Jean-Michel Jarre. Ce projet ne serait-il donc que le passe-temps de deux enfants de stars ? A méditer ! Une chose est sûre, The Two ne risque donc pas de prendre la place des White Stripes dans nos cœurs, au panthéon des duos, dans l’histoire du rock. Par contre, leur musique devrait plaire au grand public. Celui qui privilégie les stations radiophoniques pas trop dérangeantes, à la programmation un peu passe-partout et consommable sans trop se poser de questions. A conseiller si vous aimez Cocoon, Yael Naïm ou Angus & Julia Stone…

Tu Fawning

Hearts On Hold

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Plus qu’un simple projet parallèle, Tu Fawning est une histoire d’amour. Lorsqu’ils ne tournent pas chacun de leur côté, Corinna Repp et Joe Haege, leader de 31Knots, se retrouvent sur les planches, comme à la ville. Le couple devient alors Tu Fawning et couchent sur papier des textes et mélodies complexes qui prennent un tournant théâtral dès leur mise en forme. Ou plutôt leur mise en scène. Car « Hearts On Hold » est une pièce en 10 actes dans laquelle Repp et Haege se donnent la réplique et entraînent leur public dans un univers où se partage fragilité et intensité. Entre rythmiques tribales, orgues inquiétants et cuivres planants, Tu Fawning se refuse de suivre quelque courant que ce soit et délivre un disque de rock aux couches multiples.

Parfois difficile d’accès, « Hearts On Hold » ne satisfera pas nécessairement le plus large des publics. Mais nul doute que tel n’est pas l’intention du duo, devenu récemment quartet. Souvent comparée à Portishead, l’œuvre de Tu Fawning se rapproche bien plus des travaux de Carla Bozulich. Etrange, habité, « Hearts On Hold » est le genre de disque qui peut diviser, tout en étant indéniablement intriguant.

Le 9 mars à la Maison des Musiques. C’est à Bruxelles.

 

Tormenta

La Ligne âpre

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Bien que fondé en 2006, Tormenta, nouvelle signature du label African Tape, vient seulement de publier son premier album. Et il s’intitule « La Ligne âpre ». Pourtant, les deux compères, Vincent Beysselance et de Jeff Grimal, n’en sont pas à leur coup d’essai, puisque le tandem a sévi au sein d'un autre projet, Cheval de Frise, entre 1998 et 2004, alors que le second a également été le guitariste d’Elusiv. L’un est originaire de Paris et l’autre de Bordeaux. Les deux musicos ont mis quatre longues années pour accoucher de cet elpee ; mais, à la première écoute, il faut reconnaître que le jeu en valait la chandelle. 

A l’instar de la majorité des artistes relevant de l’écurie indépendante African Tape !, Tormenta frappe fort et juste. Et vise dans le mille. Le choix de leur patronyme ne pouvait être plus judicieux ; car tout au long des plages de ce long playing, les coups de tonnerre provoqués par l’orage (tormenta en espagnol) grondent, ne nous accordant que peu de répit.  La musique évolue clairement au sein d’un univers sonore math-rock ; mais contrairement à Pneu ou à Chevreuil, Tormenta creuse davantage dans la veine métal. Puissants, hypnotiques, les riffs de guitare sont parfaitement et distinctement soutenus par les interventions survoltées des drums. Derrière ses fûts, Vincent se révèle tout bonnement époustouflant ; et à chaque coup de baguette on prend une claque. Néanmoins, malgré la dépense d’énergie et la répétition des breaks, Tormenta s’accorde de temps à autre, une pause, le temps de reprendre sa respiration. Et après plusieurs écoutes, on se surprend, à découvrir un sens mélodique, pourtant bien caché sous ce chaos sonore apparent.

Si vous estimez que mes chroniques consacrées aux artistes du label African Tape sont systématiquement positives, n’y voyez aucune duplicité. Simplement, la plupart d’entre eux le méritent. C’est vrai qu’ils évoluent dans un style plus ou moins proche. Mais ils y excellent. Et puis c’est ma tasse de thé ! Ne soyez donc plus étonnés si mes analyses sont opérées dans le même état d’esprit. D’ailleurs, j’attends déjà impatiemment, la prochaine sortie de l’écurie…

 

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