Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Chroniques

The Tellers

Close the evil eye

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Lorsque Charles Blistin quitte les Tellers, pour embrasser une carrière solo, laissant Ben-Baillieux-Beynon à son triste sort, la rumeur colporte une fin d’aventure pour le groupe belge. D’autant plus que le moral des troupes n’est plus au beau fixe. C’est Fabrice Detry (Austin Lace, Hallo Kosmo), qui avait déjà assuré un intérim à la basse et surtout mis en forme leur premier opus, « Hands full of ink », qui va le remettre en selle. Il reprend sa quatre cordes et incite Ben à se remettre à la composition, tout en l’aidant à rechercher de nouveaux collaborateurs. César Laloux (ex-Archishops) Joos Houwen (Skag) et Aurélie Muller viennent compléter le line up. Puis, c’est 62TV qui convainc, à la demande fortuite du groupe, Gordon Raphael (l’homme derrière les manettes, chez les Strokes) de produire leur futur long playing.

Si “Close the evil eye” se révèle plus musclé, plus électrique, circonstanciellement secoué par de solides pulsations de basse, il n’a pas pour autant gommé toutes ses spécificités ‘Tellers’. D’abord, il y a les deux premiers morceaux de l’opus, « Dream » et « Evil eye », dont les lyrics décrivent la période douloureuse traversée par Ben, après le départ de Charles. Puis « Secrets », une compo particulièrement épurée. Caractérisé par de superbes arrangements de cordes, « 7 words » est probablement le meilleur morceau du long playing. Parsemé d’accords de guitare un peu sales et souligné de vocaux vindicatifs, « Cold asice » évoque un Telephone qui se serait mis à la langue de Shakespeare. Plus complexe, « I wish » est bien balisé par le xylophone. Mais les autres compos souffrent trop souvent d’un manque d’homogénéité. A cause de ce sens mélodique un peu trop spasmodique que ne parvient pas à fédérer la richesse de l’instrumentation. Même le second single, « I’ve got a world », qui rend un hommage à feu Dennis Wielemans, drummer de Girls In Hawaii, est trop décousu pour convaincre. On terminera cependant par une bonne note : la pochette de l’album. Imaginée par l’artiste suisse Felicie Haymoz, elle est absolument superbe.

Robert Pollard

Moses on a snail

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Robert Pollard est un artiste prolifique. Il est cependant surtout devenu notoire pour son aventure vécue à la tête de Guided By Voices, entre 1983 et 2004. Un fameux bail ! Depuis, il multiplie les albums solos, les projets et les collaborations. Il doit avoir commis 12 albums lors de ces 2 dernières années, sans compter les singles, Eps et compiles en tous genres. Il a écrit la bagatelle de 1300 chansons, au cours de ses 25 dernières années de carrière. Excusez du peu ! Le souci, c’est que certains disques sont tellement expérimentaux, qu’ils passent complètement inaperçus. Heureusement, en solitaire (NDR : pas tout à fait, puisqu’il est alors épaulé par le drummer/producteur Todd Tobias), ses opus se révèlent bien plus consistants.

Robert aime le Who, Peter Gabriel, le punk et la prog. Il le concède. Des goûts qui l’ont influencé et l’influencent toujours. Il accorde un soin tout particulier au sens mélodique de ses chansons. Quand ce sont des chansons, bien sûr. Ce qui est bien sûr le cas tout au long de « Moses on a snail ». Elles peuvent même se révéler contagieuses. A l’instar de « Each is good in his own home ». Découpé en 12 plages, son dernier long playing baigne au sein d’un climat plus ténébreux, même si Pollard n’a pas perdu son sens de l’humour (le chacha/rockabilly « Big time wrestling »). Tout au long de ce disque, il alterne ballades et compos plus vivifiantes (l’excellent « It’s news » trempe même dans le punk tumultueux), parfois à la limite du hard rock (riffs lourds assénés sur « Lie like a dog » et percutants réservés à « In a cold war », dans l’esprit du « Who's Next » de la bande à Daltrey). Un spectre du Who, mais davantage proche de l’opéra rock « Tommy », hante également « Arrows and ballons ». Trois titres s’écartent cependant de l’ensemble. Tout d’abord l’élégiaque « Teardrop Paintballs », un morceau sculpté dans la lo-fi acoustique. L’épique, presque prog, « A constant strangle », ensuite. Puis en final, le titre maître. Dramatique, majestueux, il est parcouru d’un solo de guitare brûlant, digne du Blue Oyster Cult dans sa phase la plus classique. Bref, un album de bonne facture, mais sans surprise pour Robert Pollard.

Bryan Ferry

Olympia

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Il y a bien des lustres que Phil Manzanera, Andy Mackay, Bryan Ferry et surtout Brian Eno n’avaient plus bossé ensemble. Si mes infos sont exactes, c’était en 1973. Pour concocter le deuxième elpee de Roxy Music, « For your pleasure ». Moment choisi par Eno pour voler de ses propres ailes. Et le dernier album personnel de Ferry remonte à 2002. Il s’agissait de « Frantic ». Entretemps, il avait bien commis « Dylanesque », mais c’était un opus consacré à des reprises du Zim.

Première constatation, à l’instar des albums de Roxy Music, la pochette est illustrée par une pin-up alanguie. Ce n’est plus Amanda Lear, mais Kate Moss qui s’affiche. Et finalement, ce choix n’a pas été pris au hasard, vu la réunion du quatuor de base. Encore que de grosses pointures sont venues participer aux sessions d’enregistrement ; et parmi elles, David Gilmour (Pink Floyd), Jonny Greenwood (Radiohead), Nile Rogers (Chic), Flea (Red Hot Chili Peppers) et Mani (ex-Stone Roses, Primal Sream). Sans oublier les Sissor Sisters pour échanger un duo sur « Heartache by numbers » et le Groove Armada sur « Shameless ». Démontrant ainsi que le dandy britannique est capable de se fondre dans l’univers sonore contemporain. Et « Alphaville », trempé dans le disco/funk, « BF Bass (Ode to Olympia) », dans le r&b, ou encore « You can dance », relifté par DJ Hell, en sont d’autres belles illustrations. Produite par Ferry et Rhett Davies, cette œuvre épingle quand même l’une ou l’autre reprise. Dont le célèbre « Songs to siren » de Tim Buckley et une adaptation du « No face, no name, no number » de Traffic. Une des rares compos au cours desquelles Bryan se pose en crooner. Sur le reste de l’opus, sa voix tout en retenue, constamment en retrait, séduit par le velouté de son timbre. Ce qui n’empêche pas les compos de rivaliser de sophistication, de classe et de glamour, en alternant morceaux up tempo et ballades. Bref, un bien bel album

 

Fair Warning

Talking Ain’t Enough – Fair Warning Live In Tokyo

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Les fêtes de fin d’année approchent. Une période associée à l’assommante corvée de dégoter ‘LE’ cadeau qui fera plaisir à l’être aimé. Si votre mari / épouse / petit-ami / copine / frère / sœur / pote / patron / père / mère / compagnon / etc. (biffez les mentions inutiles) est féru de hard rock mélodique, de rock FM ou d’A.O.R. vous pouvez arrêter, dès à présent, de vous torturer les méninges. Musiczine à trouvé pour vous le cadeau idéal. Réservez d’ores et déjà une place sous le sapin pour le tout nouvel opus live de Fair Warning, « Talking Ain’t Enough – Fair Warning Live In Tokyo ».

Suivant votre budget (ou le degré d’intensité de l’amour que vous portez à son destinataire), vous aurez le loisir de choisir votre cadeau sous l’un des trois formats disponibles. Les plus fortunés/amoureux d’entre vous opteront pour la version ‘Boxset’ limitée à trois mille exemplaires pour le monde entier (NDR : un solide box réunissant trois Cds audio, deux Dvds ainsi qu’une pochette et un livret entièrement remaniés). Les autres devront se décider entre le superbe digipack triple Cd ou encore le double Dvd. Peu importe après tout que vous hésitiez entre l’un où l’autre de ces packagings puisque, de toute façon, l’heureux destinataire de votre présent recevra, quelque soit votre choix, ce qui se fait de mieux en matière de rock mélodique.

La présente chronique est consacrée à la version audio, triple Cd digipack. Comme l’indique son titre, « Talking Ain’t Enough – Fair Warning Live In Tokyo » est le témoignage du passage triomphal de Fair Warning au Pays du Soleil Levant. Deux des trois plaques ont été mises en boite à Tokyo, lors de la tournée japonaise ‘archi-sold-out’ de 2010. La troisième, quant à elle, immortalise l’enregistrement intégral de la prestation du combo accordée au ‘Tokyo Loudpark Festival’, en 2009.

Une intro tribale à souhait met d’emblée le public nippon en émoi. Ce dernier réserve à Helge Engelke un accueil triomphant dès l’entame du premier accord de guitare. Il faut dire que le six-cordiste allemand tue. Ses rythmiques sont précises et ses parties lead, gorgées de feeling. Il est soutenu par une section rythmique impitoyable. CC Behrens à la batterie, marque le tempo appuyé par les lignes de basse subtiles et puissantes d’Ule Ritgen. Tommy Hart, l’Américain du combo chante aussi bien en concert que sur les opus studio. Leader charismatique, il n’a aucun mal à se mettre l’assistance japonaise dans la poche.

La setlist a des allures de ‘Best Of’. On y retrouve en effet tous les meilleurs titres du combo. « Here comes the heartache », « Generation Jedi », « Save Me », « Don’t Give Up », « Get A Little Closer », « Walking On Smiles » et « Hey Girl ». La carrière du groupe est résumée en une trentaine de titres, tous plus excellents les uns que les autres. L’un des moments forts est sans aucun doute l’enchaînement subtil opéré entre l’interprétation du titre traditionnel « Sakura » (hautement apprécié par l’assistance nippone) et l’immense cover instrumentale du classique « Kashmir » de Led Zeppelin.

Si, de nos jours, beaucoup trop d’albums rock mélodiques sont enregistrés par des formations préfabriquées, montées de toutes pièces par les labels spécialisés, Fair Warning, lui, démontre une nouvelle fois, que pour sortir l’album parfait, il n’y a rien de tel qu’une formation soudée. Depuis son retour en 2006 (NDR : après un break d’environ cinq ans) le combo américano-allemand semble être au top de sa forme. Et, si deux albums studio frisant la perfection (« Brother’s Keeper » en 2006 et « Aura » en 2009) n’ont pas encore réussi à convaincre les mélomanes les plus frileux, il ne fait nul doute que « Talking Ain’t Enough – Fair Warning Live In Tokyo » devrait y parvenir et surtout prouver une fois pour toute que Fair Warning est décidément LE groupe rock mélodique de la décennie.

Bob Dylan

The Witmark Demos : 1962-1964

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Avant de signer chez Columbia, Dylan avait enregistré toute une série de demos pour ses premiers éditeurs, Leeds Edition et Witmark & Sons. Ce double album réunit celles destinées à la seconde boîte, composées entre 1962 et 1964. Le titre de l’opus est suffisamment explicite. Des chansons au cours desquelles, le Zim s’accompagne à la sèche, à harmonica et parfois au piano. 47 titres qui devaient, à l’origine, être destinés à de potentiels interprètes. A cette époque, on ressent déjà très fort les influences puisées chez ses maîtres, Woody Guthrie et Pete Seeger. La compile est, en outre, enrichie d’un superbe booklet. Abondamment illustré il contient également un commentaire détaillé de cette période de son existence. Des titres comme « Blowin in the wind », « A hard rain’s gonna fall » et “Mr Tambourine Man” figurent dans le tracklisting, sous une forme on ne peut plus épurée. Démo oblige. Maintenant, si vous n’êtes pas un inconditionnel, je vous déconseille vivement de vous farcir les deux plaques d’affilée, sous peine de coup de blues. Pour collectionneurs et fans uniquement !

Bob Dylan

The best of the original mono recordings

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De 1962 à fin 1967, Robert Zimmerman a publié huit albums studio : “Bob Dylan” (1962), “The Freewheelin' Bob Dylan” (1963), “The Times They Are a-Changin'” (1964), “Another Side of Bob Dylan” (1964), “Bringing It All Back Home” (1965), “Highway 61 Revisited” (1965), “Blonde on Blonde” (1966) et “John Wesley Harding” (1967). En mono. Un coffret consacré à ces huit elpees vient de paraître. Et les compos ont bien sûr été remasterisées. Une compile réunissant 15 des compos les plus notoires de cette anthologie vient également de paraître. Elle s’intitule « The best of the original mono recordings ». Faut donc pas vous faire un dessin. Vous y retrouverez donc, entre autres, « Blowin’ in the wind », "The Times They Are A-Changin'", "Mr. Tambourine Man", "Like A Rolling Stone", "Just Like A Woman" ou encore “All along the watchtower”. Le tout est enrichi d’un booklet retraçant cette partie d’histoire de Bob Dylan ainsi que tous les détails relatifs aux collaborateurs qui ont participé aux sessions d’enregistrement des différents morceaux.

The Young Veins

Take a vacation!

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Chez les Young Veins, on retrouve le gratteur Ryan Ross et le bassiste Jon Walker, deux ex-membres de Panic ! At The Disco, un groupe cependant toujours bien actif, puisque le guitariste/pianiste Brendon Urie et le drummer Spencer Smith ont décidé de poursuivre l’aventure. Pour l’instant sous la forme d’un duo. Et un nouvel opus est même prévu pour début 2011. Mais revenons à notre quintet, dont « Take a vacation ! », constitue le premier elpee. Et pour se rappeler à notre bon souvenir, figure dans le titre de ce disque, un point d’exclamation !

Le combo s’est établi en Californie. Et ce nouvel environnement influe manifestement sur leur musique, mais pas seulement. Vous pensez aux Byrds ? Et vous avez tout à fait raison. A cause des cordes de guitare bringuebalantes et puis des harmonies vocales échangées entre les deux leaders. Mais la formation puise également ses principales références dans la pop des sixties insulaire. Et en particulier chez les Kinks et les Beatles époque « Please Please me » (ce mid tempo !) Dans le style, The Young Veins me fait parfois penser à Cast. A cause de la voix haut-perchée de Ryan. La mélodie du titre maître lorgne cependant vers un Stone Roses originel. Produit par Alex Greenwald (Phantom Planet) et Rob Mathes (Lour Reed, Panic !), l’opus ne dure qu’un peu moins d’une demi-heure et recèle deux covers en fin de parcours. Tout d’abord une version surf du « Security » signée Otis Redding/Margaret Wessen et une adaptation très réussie du « When you walk in the room » de Jackie DeShannon, dont les Searchers avaient fait un hit en 1964. Rafraîchissant !

The Shoes (Italy)

The Shoes

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Les chaussures italiennes ont toujours été réputées pour leur grande qualité. Et celles-ci ne feront pas exception. The Shoes est une formation originaire de la ville de Taranto, dans le sud de l’Italie. En 2005 le guitariste/chanteur Elio Di Manza s’associe à deux musiciens locaux afin de tenter de suivre les traces de ses idoles : Cream et The Jimi Hendrix Experience. Le trio enregistre une démo. Bien accueillie au niveau local, cette dernière permet au groupe d’enchaîner quelques concerts dans les bars et les clubs de la région de Taranto.

Hormis Di Manza, qui tient le projet sur ses épaules, le line-up des Shoes est manifestement à géométrie variable. Plusieurs musiciens se succèdent à la section rythmique. Le premier album, distribué à l’échelle nationale est suivi d’une tournée visitant plusieurs villes d’Italie.

Eponyme, le nouvel album des Shoes dévoile, à nouveau, une formation entièrement remaniée. Aux côtés de l’éternel leader, figure à présent le bassiste Marco Pizzolla et le batteur Andrea Basile.

Mission accomplie ! Elio Di Manza a atteint le but fixé au début de son aventure musicale. La nouvelle rondelle des Shoes ramène à la vie ses idoles du passé. La musique de Cream et d’Hendrix tiennent, bien sûr, une place de choix dans la liste des influences du trio. Mais on peut aussi reconnaître la patte de Led Zeppelin, d’Humble Pie, du Grand Funk Railroad et même des Beatles (au niveau des harmonies vocales). Tout sur cet elpee » ramène à la grande époque du classic rock et du rock psychédélique. Le son gras et vintage de la guitare. Les riffs tranchants combinés de superbes soli bluesy. Le tempo chaloupé, parfois à la limite du funk, de la section rythmique.  

Un superbe retour dans le passé pour un disque hautement délectable. Normal. Que contient la chaussure ? Le pied !

 

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