Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Haradwaith

Creating Hell

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Lorsqu’on monte un groupe, dénicher un nom original tient parfois du casse-tête. Heureusement, l’univers de J.R.R. Tolkien est une source d’inspiration inépuisable. Haradwaith, par exemple, est le nom d’une région située au sud de Gondor et Mordor. C’est, curieusement, le patronyme qu’a choisi ce combo black métal gréco-germain, dont les lyrics sont pourtant beaucoup plus axés sur le satanisme que le récit des aventures de Frodon Le Hobbit.

L’histoire d’Haradwaith débute en Grèce en 2003. A cette époque le line-up n’est constitué que d’Erebor (NDR : encore une allusion à Tolkien) et Raudhrskal. Les deux musiciens sont frères. Erebor est batteur, Raudhrskal guitariste. En 2005, ils s’installent en Allemagne et recrutent deux membres supplémentaires : Vorst à la basse et Slaktare à la guitare. Mais ce n’est qu’en 2009 qu’Haradwaith croit enfin trouver sa voix définitive en la personne d’Iblis, l’ancien frontman du combo black métal allemand Endstille. L’enregistrement de « Creating Hell » débute quelques mois plus tard. Une fois l’album mis en boite, Iblis annonce son intention d’abandonner définitivement la musique. Son remplaçant, un nommé Skoll, est intégré assez rapidement. Soucieux de présenter au public les qualités de son nouveau hurleur, Haradwaith réenregistre trois titres de « Creating Hell », en sa compagnie. Ceux-ci sont ajoutés, en bonus, à la version définitive de l’album.

« Creating Hell » est découpé en onze plages (NDR : huit enregistrées par Iblis et trois réenregistrées par Skoll). Un opus de black métal brutal, haineux et virulent. Le groupe semble chercher son inspiration dans la musique de Mayhem et aussi un peu, pour les guitares, chez celle d’Emperor. Le son est clair et puissant. La musique rapide et relativement technique. Erebor, derrière les fûts, abuse un peu trop des blast-beats ; ce qui, à la longue est un peu irritant. Sur les trois titres bonus, la différence entre la voix d’Iblis et celle de Skoll n’est pas vraiment flagrante.

A défaut d’être original, « Creating Hell » surprend par sa qualité sonore ; ce qui, pour une musique aussi brutale, est vraiment un plus.

Grizzly Adams

Hombre Grande

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Si vous appréciez Nick Cave, Stuart A. Stapes et Kurt Wagner, Grizzly Adams devrait peut-être vous botter. Ce n’est pourtant ni une formation australienne, britannique ou américaine, mais batave, issue d’Utrecht très exactement, au sein duquel milite un chanteur dont la voix est aussi sombre que celle de ces illustres références. Le groupe a choisi un titre en espagnol pour baptiser son elpee « Hombre Grande ». Il se traduit par ‘grand homme’. Serait-ce la figure iconique de ces chanteurs aux voix profondes ? C’est en tout cas une hypothèse plausible, tant leur album s’érige en une sorte de ‘Best Of Deep Voice’.

Serions-nous en présence d’un pur exercice de style ou d’une caricature ? Peut-être ; mais un destin international semble, en tout cas, ouvrir les bras aux Grizzly Adams, car « Hombre Grande » devrait plaire aux nombreux fans de Lambchop (« Invitation »), des Tindersticks (« Waiting For »), de The National (« Don’t Come ») voire de Nick Cave (« Hello Dan »). Et si le baryton de Daniel Papen n’est pas toujours aussi maîtrisé que celui de ses maîtres, les ambiances, souvent mélancoliques, tissées soigneusement par le groupe, rappellent bien souvent les meilleurs moments de ces artistes notoires. « The Mothers » et « Invitation » constituent certainement les deux meilleures compos de l’opus. Empreintes de mélancolie, les mélodies assument parfaitement leur profil dramatique. Le titre maître et « Desire By Blue River » sont également de toute bonne facture. De petites touches électro judicieuses colorent une expression sonore dominée par les guitares, mais également parcourues d’accords de piano et d’envolées de cordes. Notons également la très belle reprise –crépusculaire– du « Signed DC » de Love, formation californienne mythique.

« Hombre Grande » n’est pas une œuvre qui brille par son originalité, mais elle est parfaitement exécutée et profondément habitée… Et à ce titre, elle mérite qu’on y prête une oreille attentive.

Edible Woman

Everywhere at Once

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Edible Woman constitue assurément une des bonnes surprises de la fin de ce mois de décembre. Un trio italien injustement méconnu qui évolue dans l’univers du psychédélisme. D’ailleurs, après avoir écouté « Everywhere at Once », on comprend mieux pourquoi Julian Cope est devenu un inconditionnel de la formation. S’inspirant d’une nouvelle de Margaret Artwood, pour choisir son patronyme, le groupe est né 2001. A l’époque, leur musique baignait dans la noisy. C’était juste avant l’arrivée de leur chanteur, Luca Gionni, et la publication d’un premier elpee, intitulé « Space/me Calf ». En 2004. Leur guitariste les quitte, l’année suivante. Et décident de le remplacer par un claviériste. Sous ce line up, ils concoctent le très réussi « The Scum Album ». En 2007. Caractérisés par ses nappes de claviers, leurs compos sont quasiment pop. Et pourtant, leur psyché intègre également des éléments puisés dans le hardcore et le punk.

« Everywhere at Once » est certainement leur œuvre la plus ambitieuse, réalisée à ce jour. Les sources sont identiques. Mais le résultat encore plus probant. Original et bourré d’énergie, également. Passé l’intro folk (NDR : à peine une minute !), on entre immédiatement au cœur de la quintessence de l’opus : « A Small Piece Odissey ». Une compo furieuse, imparable, parsemée de déflagrations sonores et infiltrée d’interventions à l’orgue quelque peu dérangées. Des morceaux comme « The Shadows of Doubt » ou l’irrésistible « Everywhere at Once », caractérisé par des accès jazzyfiants assez prononcés, passent également bien la rampe. Et la ligne de basse particulièrement dynamique d’Andrea Gionni, n’y est pas étrangère. Véritable claque, « Hi, This is Hardcore » clôt ce superbe long playing. Et on reste pantois. En regrettant qu’il soit déjà terminé. Edible Woman ou le meilleur antidote aux Berluscon(ner)i(es) qui éclaboussent l’Italie…

 

Bob Corritore

Harmonica Blues

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Bob Corritore est un harmoniciste talentueux, mais peu notoire auprès du public qui apprécie le blues. Sa passion pour la musique à bouche, il la répercute également à travers son club, le Rhythm Room à Phoenix, en Arizona, un club particulièrement prisé par les bluesmen. Sans oublier l’émission qu’il présente sur KJZZ, ‘Those lowdown blues’, sa propre ‘newsletter’ et ses implications dans le domaine du blues, loin d’être exhaustives. 

Il a publié son premier elpee en 1999 : "All Star Blues sessions". Chez Hightone. Un disque pour lequel il avait bénéficié du concours de nombreux invités : Bo Diddley, Jimmy Rogers, Pinetop Perkins, Robert Lockwood, Henry Gray, Kid Ramos, Bob Margolin, et j’en passe. Il signe plusieurs opus pour ce label, dont "Rhythm Room Bluers", en 2001. Il a également enregistré deux long playings en compagnie du guitariste noir, issu du Mississippi, Dave Riley : "Travelin' the dirt road" en 2007 et "Lucky to be living" en 2009, mais chez Blue Witch.

Delta Groove, le label blues dont la production est la plus conséquente au cours de ces dernières années, a décidé de rendre hommage à cet harmoniciste prestigieux. Comment ? En passant en revue ses 20 années passées au service de l’harmonica. Sur cet album partagé en quinze plages. Je serais incapable de vous répertorier l’intégralité de sa discographie. Elle est bien trop riche. Mais la sélection proposée ici a vraiment de quoi enthousiasmer. A l’harmo, Corritore flirte avec le plus grand art. L’artiste a assimilé tous ses maîtres : Little Walter, Sonny Boy Williamson, James Cotton, Junior Wells, …

"What kind of man is this?" ouvre les hostilités. Dans toute sa splendeur, la diva, Koko Taylor, libère toute sa puissance vocale. Impressionnant. Louisiana Red est un grand ami de Bob. Ils ont partagé si souvent les mêmes planches. Il apporte son concours à "Tell me 'bout it", une compo qui transpire le Chicago Southside, au cours de laquelle Bob souffle divinement. Elle remonte à juillet 2009. Robert Lockwood Jr chante passionnément le "That's all right" de Jimmy Rogers. Pour la circonstance, Henry Gray est préposé au piano. "Tin pan alley" constitue certainement la meilleure plage de cet opus. Un morceau très lent et mélancolique magnifié par la voix désespérée de Big Pete Pearson, un résident du Rhythm Room. On retrouve Gray pour l’interprétation de son "Things have changed", un titre au cours duquel il épanche toute sa sensibilité. Eddy Clearwater est particulièrement tonique pour attaquer son "That's my baby". Corritore s’y révèle sous son meilleur jour ! Little Milton chante "6 bits in your dollar", un boogie royal de plus de 7' qui clôt l’elpee. On épinglera encore la participation de deux des plus vieilles légendes encore vivantes du blues. Tout d’abord Pinetop Perkins, 97 ans, pour "Big fat Mama". Puis Honeyboy Edwards, 95 balais, sur "Bulble bee". Deux plages immortalisées en 2007. Un superbe album auquel j’attribuerai 5 étoiles !

Bad Religion

The Dissent Of Man

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En Amérique, on imagine généralement les choses en grand. La preuve : pour fêter son trentième anniversaire, Bad Religion s’offre carrément un nouveau public.

Trahison ! Infamie ! L’un des parrains de la scène punk rock californienne publie un album Pop Rock ! La chose est manifestement difficilement admissible pour les fans assidus (NDR : dont je ne fais pas partie) ; pourtant il faut bien se rendre à l’évidence. « The Dissent Of Man », la quinzième galette de Bad Religion est un disque rock à fort potentiel commercial.

Alors oui, vu sa production ‘haut de gamme’, signée par Joe Barresi (Queens Of The Stone Age, Tool, Apocalyptica, Coheed and Cambria), ses mélodies accrocheuses et ses harmonies vocales sophistiquées, « The Dissent Of Man » tient plus d’un R.E.M. musclé que d’un Dead Kennedys mélodique. Mais il faut cependant remettre l’église au milieu du village. Bien que politiquement engagé et hautement critique envers la société américaine, Bad Religion n’a jamais été, d’un point de vue musical, le plus violent des groupes punk. Et, si aujourd’hui il s’accorde quelques hits potentiels (« Won’t Somebody », « The Devil In Stitches », « Cyanide »), il ne fait, après tout, que faire évoluer sa musique à un niveau supérieur. Tant pis pour les keupons outrés ! « The Dissent Of Man » est un bon album, truffé d’excellentes chansons. Point barre !

 

Axel and The Farmers

Axel and The Farmers

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Quel type de musique pourraient donc bien cultiver Axel et ses amis fermiers ? Ces jeunes agriculteurs emblavent une pop fertilisée en Albion, et en particulier chez les Beatles. Conduite par Axel Concato, cette équipe française avait l’intention de semer son grain dans la terre du Sussex voire du Kent. D’ailleurs, Axel –un multi-instrumentiste– avait déménagé à Londres, dès l’an 2000, pour engager ses ‘Farmers’. C’était en 2004. Mais les semis n’ont guère poussé ; aussi, il est retourné à Paris, l’année suivante, afin de se consacrer à la production (NDR : dont l’album des Hush Puppies) tout en embrassant une carrière de mannequin ! Le virus de la musique est cependant toujours bien présent, et Axel recrute une nouvelle équipe de fermiers. En 2008. Au sein de laquelle on retrouve le claviériste Arno Van Colen, le bassiste Sébastien Dousson ainsi que le batteur Romuald Deschamps. Lors de son séjour au sein de la capitale britannique, Axel avait sympathisé avec Mark Garderner, le leader de Ride. C’est d’ailleurs lui qui avait mis en forme, leur premier Ep. Et il remet le couvert pour ce premier opus.

Verdict ? La qualité de la récolte est indéniable, mais maque cruellement de saveur. C’est propre, parfaitement exécuté et impeccablement produit. Mais l’aspect mélodique a été trop négligé. D’ailleurs, les compos sont bien plus convaincantes, lorsque le tempo s’accélère, lorgnant alors carrément vers l’univers de Ride ou de Pulp. A l’instar de « Dance Hall » et de « Kids ». Ou alors quand les arrangements frôlent la perfection. Et je pense tout particulièrement à « Dream #7 ». Le reste m’a laissé sur ma faim. Et « Bottle of Rain », planté au sein d’une pop psyché bien trop indolente, en est la parfaite illustration. Bref une petite  déception pour Axel and the Farmers qui devra se contenter de glaner, plutôt que de moissonner…

 

Various Artists

F*>k Dance, Let’s Art, Sounds from a New American Underground

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En règle générale l’écurie teutonne !K7 nous régale de ses compilations ‘DK Kicks’, ‘Suck My Deck’ et tutti quanti. Leader incontestable en matière de DJ set, le label survole sa matière sans jamais (ou presque) se planter. Pour ce dernier projet les Allemands se sont associés au collectif newyorkais ‘Cool In The Pool’, afin de promouvoir le son du nouvel underground américain. La nouvelle plaque, baptisée cocassement « F*>k Dance, Let’s Art, Sounds from a New American Underground », reprend donc en long et en large les nouvelles pousses en matière d’électro. Et pour la circonstance, les tracks proposés nous plongent dans un profond ennui. Pendant de très longues minutes, on assiste à une véritable masturbation cérébrale. On espérait juste remuer un peu et qui sait, découvrir le nouvel artiste de demain. Malheureusement, on nous assène des beats et des nappes de sonorités déstructurées et triturées, jusqu’à épuisement. Il y a bien quelques exceptions qui confirment la règle. Et je pense tout particulièrement à « Anything » de Slava, dont les sonorités cheaps et relativement bien construites passent plutôt bien la rampe. Ou encore le « Despicable Dogs » de Small Black, plutôt lo-fi. A contrario, un buzz comme Crystal Castles et un concept pourtant révolutionnaire comme Animal Collective sont bien loin de casser la baraque…

Bref, j’ai beau essayer de réécouter ce disque, rien à faire, après plusieurs tentatives, je ne parviens toujours pas à accrocher. Et puis intellectualiser une musique qui n’a, en soit, rien d’exceptionnel, n’est pas non plus de nature à soulever l’enthousiasme…

 

Twin Shadow

Forget

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Né en République Dominicaine et éduqué en Floride, George Lewis Jr se décrit comme quelqu’un de bizarre. Une enfance solitaire lui aurait servi de base solide à ses étranges travaux au sein de Twin Shadow.

A 26 ans, l’artiste établi à Brooklyn devrait en tout cas énormément faire parler de lui d’ici peu, tant la qualité de « Forget », son premier album, est manifeste. Influencées par la New Wave des années 80, et en particulier Echo and the Bunnymen, Depeche Mode et les Smiths (surtout pour la voix, très proche de Morrissey), ses compositions ont la spécificité rare et évidente de celles proposées par The XX. Les sons synthétiques, la guitare électrique et la boîte à rythmes constituent la base de la structure sonore. La musique est propre, mélodique, sophistiquée, mais épurée. Parfaite, la production a été assurée par Chris Taylor des Grizzly Bear (NDR : qui a d’ailleurs sorti cet opus sur son label, aux Etats-Unis). Les chansons sont ‘catchy’ mais se distinguent naturellement les unes des autres, tout en formant un ensemble cohérent. On oscille ainsi de la ballade (« Slow ») à l’ambiance disco (« At My Heels »), en passant par le climat synthétique new wave traversé de ‘clapping hands’ (« Castle in the Snow »). Un album paradoxalement empreint de nostalgie mais résolument moderne, aux lyrics romantiques (‘Does your hear still beat ?’ sur « Tether Beat »), dispensés par la voix envoûtante de Lewis…

Mais trêve de bavardages et savourons l’instant présent ; vous lirez, d’ici peu, suffisamment d’articles consacrés à ce nouveau petit prodige de la pop moderne, au cours des prochaines semaines…

 

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