Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Chroniques

Our Broken Garden

Golden Sea

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Encore un groupe scandinave. Danois, pout être plus précis. Un trio. Baptisé Our Broken Garden. Et drivé, par Anna Bronsted, la pianiste de Efterklang. Il vient de publier son second LP, « Golden Sea », disque qui fait suite à « When Your Blackening Shows », paru deux ans plus tôt !

Je n’ai jamais eu l’occasion de me rendre dans un pays du Grand Nord. Mais j’imagine facilement que les paysages de ces contrées doivent inspirer la musique de leurs autochtones ; et en particulier celle de la jeune Danoise. Ces étendues glacées, impénétrables et brumeuses, Our Broken Garden les décrit à merveille. La douce voix de la pianiste résonne comme un écho et insuffle une mélancolie palpable à chaque instant. Violon et guitare viennent occasionnellement enrichir le son du trio. L’ambiance entretenue tout au long de « Golden sea », demeure constamment recluse, essentiellement contemplative. La réverbération y est pour beaucoup. Mais l’ensemble souffre d’une certaine monotonie, et ne parviennent que trop rarement à décoller, même si quelques morceaux parviennent à sortir de lot. A l’instar de l’excellent « Garden Grow ». Faut dire que la formule piano/voix n’est pas de nature à provoquer des soubresauts. Elle serait même propice à vous plonger au sein d’un sommeil profond…

Allison Moorer

Crows

Écrit par

Allison Moorer est une jolie rousse issue du Sud de l’Alabama. Son style,  la country. Un genre qui a décidément bien du mal à paver son chemin jusque nos terres. Relativement inconnue de ce côté de l’Atlantique, Allison est la frangine d’une autre figure de proue du genre, Shelby Lynne. « Crows » constitue déjà le septième disque de l’Américaine. Un recueil qui se veut plus pop-folk que les précédents essais mais qui ne risque pas de faire beaucoup plus de vagues en dehors des frontières nord-américaines. Il faut dire que même aux Etats-Unis, Moorer a bien du mal à se faire un nom, sa discographie peinant à se frayer un passage jusqu’aux oreilles du public. Quelques morceaux sortent du lot (les jolis « Should I be Concerned », « Still This Side Of Gone », « Easy In The Summertime » et « The Stars & I (Mama’s Song) ») mais l’ensemble reste bien trop typé pour un public international et bien trop mielleux pour susciter l’envie d’écouter la plaque jusqu’au bout. A moins d’un gros coup de blues...

Maximum Balloon

Maximum Balloon

Écrit par

David Sitek pourrait facilement se contenter de son train-train quotidien. Tant comme guitariste/compositeur chez TV On The Radio, que producteur. Un job pour lequel il est presque considéré comme une référence sur la scène indie yankee ; pas pour rien qu’il a mis en forme des disques pour Yeah Yeah Yeahs, Liars, Scarlett Johansson ou encore The Oh Shees. Mais l’artiste n’est pas du style à se reposer sur ses lauriers. Faut croire qu’il avait emmagasiné une foule de compos, inutilisables au sein de TV On the Radio, pour imaginer se lancer sur un nouveau projet. Baptisé Maximum Balloon. Pas vraiment solo. Au cours duquel le nouvel Angelino a eu recours aux voix préférées du moment, pour concocter des compos électro dansantes particulièrement efficaces. Un caprice de star ? Pas du tout ; car ce premier essai regorge de titres simples, mais inventifs et surtout très convaincants.

Bénéficiant du concours de Theophilius London, la star montante du hip-hop US, « Groove Me » ouvre le bal. Et ne manque pas de classe. Karen O miaule lascivement, et de fort belle manière, sur le plus lancinant « Communion » : mais c’est néanmoins son compère du TVOTR qui tire son épingle du jeu sur le très efficace et sensuel « Absence of Light ». Mention spéciale à David Byrne pour « Appartement Wrestling », un morceau que Talking Heads aurait pu dispenser, s’il était encore actif, en 2010 ! Hormis l’une ou l’autre ballade, moins intéressante et surtout moins enthousiasmante (NDR : et notamment « Pin Bricks », une compo caractérisée par le concours d’Ambrosia Parsley de Shivaree), le reste ne manque pas d’allure. Que ce soit les morceaux au cours desquels participent Holly Miranda, Little Dragon ou Kip Malone. Pas grand-chose à jeter donc sur cet elpee éponyme, dont l’univers sonore semble à la fois hanté par Depeche Mode et Throbbing Gristle. Et même un beau ballon ( ?!?!) d’air frais insufflé dans l’univers de l’électro pop. Respect, Mr. Sitek !

Katel

Decorum

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Katel est originaire de Caen. Le répertoire de cette jeune auteur/compositrice/guitariste française est alimenté par des chansons à textes sur fond rock. Son univers est sans concession, plutôt sombre. Sa voix dure et cassante. Elle insuffle l’énergie du rock à ses compositions et son écriture poétique. Las, son album « Raides à la ville » paru en 2008, après avoir publié un Ep six titres, en 2006, n’a pas reçu le succès escompté. Qu’à cela ne tienne, Katel, de son vrai nom Karen Lohier, révélée au grand public par un titre interprété en duo avec Yann Tiersen, « La Rade », remet son ouvrage sur le métier deux ans plus tard.

Pour développer ses arguments, Katel n’est pas seule. Si elle se réserve le chant et quelques parties de guitares, elle est également bien entourée, par un backing group. En l’occurrence Charles-Antoine Hurel à la batterie, Julien Grasset à la basse et Nicolas Marsanne aux six cordes.

Tout au long de « Decorum », Katel nous promène au cœur d’un labyrinthe musical enchanteur, un univers sonore et poétique étourdissant. A la fois rock (plutôt progressif) ou pop-rock, laissant filtrer épisodiquement des mélodies qui ont un petit air de déjà entendu, les onze compos de l’opus se révèlent créatives, dans un style bien propre. Katel possède un certain savoir-faire et le met en œuvre dans des ‘litanies mortuaires’ (« Mon Vieil Ami », « Vacante », « Tombée dans l’Escalier »), des ballades pop-rock victoriennes (« Hurlevent », « Decorum ») voire de vraies incursions du côté de chez Elista ou Autour de Lucie (« Quelque Chose Qui Nous Suit », « Vue sur le Ring »). Qu’elle joue sur l’énergie (« Le Chant du Cygne », caractérisé par des chœurs détraqués signés Nosfell) ou sur les ambiances (l’électro vaporeuse de « La Bouche »), Katel ne cède en tout cas jamais à la facilité.

Malgré toutes ses qualités, l’album n’est pas facile à dompter et plusieurs écoutes vous seront nécessaires afin d’apprivoiser ce bel animal.

I, The Phoenix

ITP

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Le livret du Cd et le site internet du groupe ne nous apprennent pas grand-chose sur I, The Phoenix. Tout au plus peut on y découvrir, que ce duo bruxellois (quatuor sur scène) n’est pas seulement un projet musical, mais aussi une ‘plateforme organique conçue pour explorer, concevoir, brûler et reconstruire’. ‘Un concept mécanique qui nourrit le processus créatif de Jean-Paul Frenay (guitare, voix, claviers) et Vincent Depuydt (guitare, claviers) et les invite à se réinventer au travers de différentes formes artistiques : installations, expositions, films, photographies ainsi que lors d’événements visuels et interactifs’.

N’ayant, à titre personnel, jamais été impressionné par l’art moderne sous quelque forme qu’elle soit proposée (NDR : une visite de la ‘Tate Gallery’ de Londres reste d’ailleurs, à ce jour, l’un des souvenirs les plus médiocres de mon existence) ni par les discours pédants d’artistes autoproclamés, j’avoue que ce descriptif (librement et modestement traduit de la version anglaise trouvée sur le site internet http://ithephoenix.com/ ) m’a laissé de marbre, voir même rebuté.

Même chose pour l’artwork du digipack, flou (au premier abord) et dont le contenu ne révèle  pas vraiment les clés du groupe et de son concept. Vous vous en doutez, ce flou est purement artistique. Il s’agit en fait d’un artwork 3D nécessitant des lunettes appropriées.

Néanmoins, bien que semblant cracher mon venin sur l’emballage et la présentation à la fois pompeuse et minimaliste du cd (mais qu’attendre d’autre de la part d’un gougnafier de métalleux tel que votre serviteur), j’avoue en apprécier grandement le contenu musical.

Ici, la recherche sonore est évidente. Elle vous explose à la face dès l’ouverture d’« Enter The Storm ». Son intensité ne retombe qu’en bout de parcours. C’est-à-dire lors d’« Unseen & Gone », la dernière plage de cette ‘manifestation artistique auditive du talent manifesté par Depuytd et Frenay’. Le son est carrément puissant. Organique et électronique à la fois, la musique de I, The Phoenix semble vouloir mêler rock/métal indus et new wave des eighties aux atmosphères éthérées des seventies. Les ambiances sont rock et sauvages, mais aussi hypnotiques. Elles invitent autant à la danse et au défoulement qu’a la méditation transcendantale. Ecouter I, The Phoenix, c’est se retrouver coincé quelque part entre Nine Inch Nails, les Young Gods, Depeche Mode et les Doors. Décoiffant et bien plus excitant que ce que l’esquisse peinte sur la grande toile ne le laisse deviner. De l’art ? Je ne sais pas. Mais de la bonne musique en tout cas !

Rowland Stuart Howard

Pop Crimes

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Rédiger la chronique posthume d’un artiste n’est pas chose facile ; les propos seront peut-être atténués par le respect funèbre que l’on souhaite tout de même offrir. Souffrant d’un violent cancer du foie, Rowland S. Howard a donc quitté ce monde. Le 30 décembre 2009. Et il est difficile de savoir s’il était déjà malade lors de la production de « Pop Crimes » ; néanmoins, son dernier album est étrangement habillé d’inflexions sépulcrales.

Ex-The Birthday Party et The Boy Next Door (en compagnie de Nick Cave, jusqu’à ce que leurs deux egos les séparent), Rowland S. Howard était ce musicien australien connu pour ses talents d’auteur-compositeur qui a participé à une dizaine de groupes. Devenu un symbole du mouvement new wave londonien et berlinois pré-chute du mur, l’artiste ne se produisait plus que rarement sur scène. Essentiellement producteur, il vivait à Melbourne.

Si sa musique a été définie comme bruyante et son jeu de guitare bien spécifique, « Pop Crimes » est au contraire un album plus doux, en aucun cas excité, voire légèrement fatigué, même si le son reste certes brut et un brin expérimental. La basse est bien présente et consiste habituellement en point de départ de ses compositions ; les quelques distorsions métalliques offrent certains effets grinçants. On ne peut s’empêcher de penser à Jarvis Cocker à chaque piste de l’album, et de se remémorer la voix chevrotante de Bowie. Il s’agit donc d’un style en soi, où la richesse n’est pas à trouver dans l’harmonie et la tessiture, mais bien dans les arrangements, la personnalité, l’aura. Rowland S. Howard était aussi un poète –les paroles poignantes de ses chansons remettent les rimes au contemporain et leur simple lecture accroche les émotions. Vous approprier « Pop Crimes » signifiera autant plonger dans l’univers lyrique de l’artiste que lui rendre hommage à juste valeur.

Halford

Halford IV - Made Of Metal

Écrit par

Un chroniqueur ne devrait jamais consulter la prose de ses collègues avant de se forger une opinion personnelle. Quelques avis glanés au hasard de la grande toile m’avaient convaincu : le nouvel album du ‘Métal God’ était décevant, mollasson, bourré à craquer de ballades et de titres commerciaux sans intérêt. Affaire classée. Et j’en serais probablement resté à ce stade si ‘Rough Trade’ (NDR : qui à pris en charge la distribution du label de Rob Halford, ‘Metal God Records’) n’avait pas jugé opportun de faire parvenir un exemplaire de l’objet décrié à la rédaction de Musiczine. Surprise totale : « Halford IV – Made Of Metal » est excellent et votre serviteur a bien failli passer à côté d’un très bon disque.

Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter Rob Halford. Et si, par le plus improbable des hasards, vous n’avez jamais entendu parler du gaillard, sachez simplement que Monsieur Halford est le hurleur de Judas Priest, depuis 1973. Son influence sur le développement de la communauté métallique a été si importante que celle-ci le désigne désormais sous le sobriquet respectueux de ‘Metal God’.

Contrairement à certains de mes éminents collègues chroniqueurs, je n’ai que deux reproches à formuler à ce nouvel opus. Premièrement, j’abonderai dans le sens des autres scribouilleurs en affirmant que « Made Of Metal », n’est pas un titre judicieux, car il induit le fan en erreur. Bien qu’incontestablement métal, la nouvelle offrande du légendaire vocaliste est loin d’être aussi rageuse que « Resurrection », publié en 2000 et « Crucible », en 2002. Ce qui pourrait décevoir les amateurs des riffs brutaux et du chant haut perché des deux premiers efforts du groupe (NDR : c’est volontairement que je ne cite pas ici l’album « Winter song », paru en 2009, qui n’était, après tout, qu’une collection de chansons de Noël cuisinées à la sauce métal). La seconde erreur stratégique commise par Halford est probablement son choix d’ouvrir les hostilités par l’un des titres les plus faibles de l’album. Car si « Undisputed » recèle un bon riff métal classique, il est terriblement difficile d’adhérer à ce refrain peu chantant : ‘He Is The Heavyweight Champion Of The World’.

Pour le reste, il apparaît que toutes les critiques dont souffre la galette soient largement injustifiées. Certes, « Halford IV - Made Of Metal » présente Halford sous un jour beaucoup plus mélodique que ses deux premiers opus. Cependant, nous sommes bien loin de la succession de ballades et de titres pop-métal décrits sur le net. Et, si l’on serait probablement en droit de réprouver un tel abus de mélodies et de titres accrocheurs sur un album de Judas Priest (NDR : un constat vérifié en long et en large lors de la sortie de « Turbo », en 1986), il faut bien admettre qu’après plus de trente-cinq années passées à défendre la cause du métal pur et dur, le père Rob a le droit de faire ce qu’il veut au sein du groupe qui porte son nom !

On ne rencontre d’ailleurs qu’une seule véritable ballade (« Twenty-Five Years ») sur « Halford IV ». Un slow, pour quatorze plages, avouez que ce n’est pas exagéré. Pour le reste, les compositions oscillent entre un métal mélodique qui rappelle le Judas Priest des eighties (« Speed Of Sound », « Undisputed », « We Own The Night », « Hell Razor », « Matador ») et un hard rock relativement plus commercial (« Heartless », « Thunder And Lightning », « We Own The Night »). Le titre le plus surprenant (et sans doute aussi le plus réussi) est sans conteste « Till The Day I Die », un hard rock bluesy au cours duquel la guitare slide nous entraîne dans les marécages de la Louisiane. « The Mower », le power métal au chant haut perché qui clôture l’album en puissance, réconciliera Halford avec les fans de ses deux premiers opus.

« Halford IV - Made Of Metal » est une réussite. Vous pouvez me croire sur parole. Ou plutôt non ! Ecoutez-le et faites vous votre propre opinion.

Goose

Synrise

Écrit par

Après avoir fait trembler les dancefloors des salles de concerts et des festivals, à l’aide de leur excellent premier opus « Bring It On », paru en 2006, les Courtraisiens de Goose ressortent la grosse artillerie. Il aura néanmoins fallu attendre quatre années avant que le combo ne décide enfin de sortir un nouvel elpee. Faut dire qu’au cours de cette longue période, leurs périples, accomplis à travers le monde, se sont essentiellement concentrés sur leurs DJ sets. On se demandait même si le groupe belge n’avait pas tiré, définitivement, un trait sur ses propres compos. Donc, pour rétablir une certaine crédibilité, il était donc temps de concocter une nouvelle plaque. Sauf que question crédibilité, Goose devra repasser. Si on avait le droit légitime d’espérer des tubes ‘hype’ tels que « British Mode » ou même « Bring It On », il semble que ce soit la ‘hype’ qui ait dépassé les nordistes. Cet elpee était tellement attendu (surtout en Flandre) que la déception n’en est que plus grande. Forcément, lorsqu’une œuvre puise ses influences majeures, chez Moroder, Vangelis ou même Philip Glass, on est en droit d’espérer des morceaux qui tiennent la route. Malheureusement, dès l’entame, on a droit aux synthés et aux beats massifs qui font saigner les oreilles. Et dès que la voix peu glorieuse de Mickael Karkousse s’aventure sur « Can’t Stop Me Now », on a surtout l’envie de lui répondre ‘Yes ! You can stop now !’ Goose n’y est pas. Même son duo échangé en compagnie de Peaches, sur le titre d’ouverture, passe complètement à travers. Et il laisse présager le pire… Un bon point quand même : la pochette. Très belle, elle est signée Storm Thorgerson, photographe qui a également consacré son art pour illustrer celles de The Mars Volta et même du Pink Floyd. Excusez du peu !

En général, chez les ‘hypes’, le second opus se solde souvent par un échec. Et « Synrise” en est une parfaite illustration. En espérant que Goose puisse s’en relever dignement…

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