Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Chroniques

Microfilm

The Bay Of Future Passed

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Originaire de Poitiers, Microfilm vient de publier son troisième album. Comme son patronyme l’indique, l’expression sonore de cette formation française est étroitement liée au septième art. En 2003, ces musiciens, issus de divers groupes, ont tenté de donner une nouvelle dimension à leur carrière, en développant un projet musical associé à des dialogues de films ou documentaires. On passe du film de série B au documentaire social. Le concept leur a d’ailleurs déjà permis de se forger une certaine notoriété dans le milieu, puisque le combo a déjà eu l’occasion d’ouvrir pour Enablers, Trans Am ou encore Hrsta. Musicalement, Microfilm propose un post-rock évoluant quelque part entre Mogwai et Explosion. Si l’originalité ne constitue pas leur préoccupation majeure, Microfilm parvient néanmoins à faire monter la sauce lorsque les samples entrent en osmose avec la musique. De cet elpee, j’épinglerai le superbe « Blood Sample ». Le band parvient à traduire l’ambiance malsaine et inquiétante du film (totalement inconnu soit dit en passant !) dans la compo. Terne et monotone, « Devant nous, rien » décrit magnifiquement l’aliénation du travail à la chaîne. Malheureusement certains morceaux sont moins pertinents, et perdent alors leur spécificité et donc de leur intérêt.

Microfilm réexplore un genre que l’on pensait, pourtant, tombé complètement en désuétude. Et finalement, il ne se débrouille pas trop mal. Par conséquent, je conseillerai surtout ce long playing aux cinéphiles amateurs de post-rock…

 

K-X-P

K-X-P

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Lorsqu’on se ballade en Finlande, on se les pèle. Et quand il fait froid et qu’on se prend une grosse claque, ça pique et ça fait mal ! K-X-P illustre parfaitement cette métaphore. La musique de ce quatuor finnois (NDR : issu d’Uusimaa, très exactement) nage (glisse ?) entre electronica et krautrock. En alignant deux batteurs, le combo ne risque pas de tomber en panne de rythmes. Et le disque éponyme en est une parfaite illustration. Pourtant, les synthés sont aussi glaciaux qu’un iceberg. Mais ce mélange savant et meurtrier est digne des mythes kraut teutons comme Neu ! ou encore Can. Timo Kaukolampi est le cerveau du combo ; et cet esprit ténébreux, torturé est responsable de l’intégralité de l’écriture et des lyrics. 

« Elephant Man » ouvre l’elpee. Il démontre que dans le Grand Nord, les autochtones sont capables de construire autre chose que des bonhommes de neige. La froideur synthétique et les beats écrasants de « 18 Hours (Of Love) » nous figent instantanément. K-X-P nous en met plein les oreilles et on en redemande ! Ca tombe bien, « Aibal Dub » nous propulse dans un univers hallucinogène, quelque part entre Subway et Harmonia. Enfin le chapitre se clôt sur le ténébreux « Epilogue » où les voix traitées par le vocodeur et les chœurs se permettent de faire saigner les tympans. K-X-P c’est du lourd, et cette claque qui pique, on la prend volontiers, sans discussion !

 

King’s X

Live Love In London

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Une certaine osmose entre King’s X et son public londonien a toujours existé. En 1988, alors qu’il venait à peine de publier son premier opus, « Out Of The Silent Planet », et qu’au pays, il se produisait encore devant une audience limitée, le trio texan remplissait déjà le Marquee de Londres. En hommage à ces fans qui l’ont toujours soutenu, King’s X s’était promis d’enregistrer son premier live officiel dans la capitale britannique. C’est désormais chose faite. « Live Love In London », qui sort chez Inside Out Music aux formats Dvd et double Cd, a été immortalisé en janvier 2009, lors d’un set accordé dans un Electric Ballroom londonien complètement sold-out (NDR : Il existe un Dvd intitulé « Gretchen Goes To London » publié en 2008 qui, bien que repris dans l’onglet ‘discographie’ du web site de King’s X, n’est pas considéré comme une sortie officielle).

Bien que nous soyons privés d’images (nous n’avons malheureusement reçu que la version audio promotionnelle), nos oreilles nous permettent d’apprécier le véritable culte que les Anglais vouent aux trois Texans. Leur entrée triomphale sur « Groove Machine » est saluée d’une salve de cris et d’applaudissement par un parterre qui répond comme un seul homme à chaque injonction de Ty Tabor (guitare et chant) et de Doug Pinnick (basse et chant). Le lien qui unit le public à ses idoles est palpable à chaque instant. L’Electric Ballroom ne se contente pas de regarder et d’écouter, il participe et vit son concert. Sur « Summerland », par exemple, la foule heureuse, reprend le refrain à tue tête. Sur « Over My Head » Tabor et Pinnick transforment l’audience en une immense chorale qu’il fait vibrer de superbes ‘Music Music I hear Music’. Mais c’est tout au long de « Goldilox », que Tabor, Pinnick, Jerry Gaskill (batterie) et leur auditoire prennent littéralement leur pied (et nous aussi par la même occasion). Le titre phare du premier opus est chanté dans son intégralité par un public au comble de l’extase, et ce, sans aucune intervention des vocalistes du groupe. Nous assistons là à un pur instant de bonheur.

Comme nous l’avons signalé dans le premier paragraphe, l’enregistrement date de janvier 2009 et la setlist fait la part belle au dernier album en date (NDR : « XV » sorti en 2008) dont pas moins de cinq titres sont interprétés. Cependant, les classiques ne sont pas oubliés : « Pleiades », « What Is This », « Black Flag », « Dogman », « Visions », « Moanjam ». Au total 19 plages qui mélangent groove ultime, harmonies vocales superbes et émotions incandescentes.

Plus qu’un live, « Live Love In London » est la célébration d’une histoire d’amour entre trois artistes et leurs fans. Un must si vous êtes au nombre d’entre eux.

 

Jil Is Lucky

Jil Is Lucky (sample)

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La pochette relève de l’énigme. Qui est ce jeune homme à la coupe afro entouré de power rangers ? Un visuel plutôt disco pour un son totalement folk. Chercher l’erreur. Néanmoins ceux-ci ont leur importance. Le premier porte un turban, le second une tiare papale, le troisième un keffieh arabe et on termine par Judenhut. Il s’agit bien d’un rébus ! Qu’ont-ils en commun ? Leur multiculturalité.

Derrière Jil Is Lucky se cache un jeune Parisien qui écrit et compose ses propres morceaux. Jil voyage énormément et nous propose, sur cet album éponyme, un univers empli de sons venus d’ailleurs. Tantôt russe, tantôt afro et même une pointe texane. Résumer Jil Is Lucky à un simple son folk relèverait de l’aberration.

En plus de mélanger les styles, l’album dégage une flopée de sentiments : la mélancolie, le bonheur et la folie. Certains morceaux nous font même penser à des réunions de famille où tout le monde, guitare à la main, chante joyeusement. Même lorsque le groupe part en sucette sur des titres comme « When I am alone », il garde un son impeccable ! « The Wanderer », premier titre et single de l’album séduit par sa sonorité entraînante. En décembre 2009, il est choisi par Kenzo pour sa campagne de publicité mondiale ! Cependant, un petit bémol. A trop mélanger les couleurs, on part dans tous les sens et on finit par perdre en cohérence.

Difficile cependant d’en dire plus, car cette version sampler ne compte que 6 titres, alors que l’album en propose 12.

Hildur Gudnadottir

Mount A

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‘The perfect soundtrack pour se perdre en forêt la nuit’ disait on en 2006 quand la première mouture de cet album est sortie. A l'écoute de cette version remasterisée, de prime abord, il semble que la demoiselle active au sein du Nix Noltes Big Band et officiant régulièrement chez Mum ou Pan Sonic n'a toujours pas retrouvé le sentier de la clairière. Et ce même si le titre d'ouverture s’intitule « Light », on est en droit de se demander de quel type de lumière ténébreuse il est bien question.

Dans ces bois obscurs, il fait froid ; les pas crissent dans la neige, le vent glace les ossatures et les stalactites qui pendent des arbres carillonnent tristement. La folie comme seule compagne d'infortune, et la lune qui nargue par dessus les branches.

Errant de plages en plages à la recherche d'une éclaircie dans ces paysages désolés et sombres comme l'intérieur d'une tombe, l'imagination dessine bientôt des images palpables d'un film inexistant. Fantômes, spectres, et autres créatures fantasmagoriques venant peu à peu peupler les visions de ce conte en noir et blanc. Les cordes pleurent et se fondent en longues complaintes, conférant à l'ensemble de ce disque une aura pesante comme une tenture de velours dressée dans la neige durcie d'un froid hiver islandais. Mais à mi chemin, « Self » et son cortège de notes dissonantes (mais qui du zither ou du gamelan est cet instrument fascinant d'où émanent de si ensorcelantes vibrations?) empruntent une voie sous le couvert des branchages lourds de secrets jalousement gardés. En une gracieuse procession, se dressent alors les premiers feux dansants de souvenirs figés.

Beau, mais terriblement sinistre, froid, mais superbement brodé, ce disque continue sa progression virevoltante et le contraste saisissant entre les instruments graves et cristallins accentue le sentiment d'hébétude face à tant de subtilité. S’achevant dans un scintillement suggérant subtilement l'espoir et l'issue à emprunter pour sortir de cette forêt oppressante. Pris par la main d'Hidur Ingveldardóttir Gudnadottir, passants, trouvez votre chemin.

 

Steven De Bruyn, Tony Gyselinck, Roland Van Campenhout

Fortune Cookie

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Roland Van Campenhout est de nationalité belge. C’est un vétéran du blues. Mais surtout un artiste complet, généreux et talentueux. Il arpente les scènes depuis tellement longtemps, qu’on a peine à croire qu’il ne va bientôt entrer dans le club des septuagénaires. Si à une certaine époque, il a drivé ses Blues Workshop, il a surtout privilégié une carrière individuelle, souvent marquée de collaborations marquantes. Ami de feu Rory Gallagher, il a bossé en compagnie d’Arno chez Charles et les Lulus, dans les années 90.

Steven De Bruyn est un jeune harmoniciste. Révélé d’abord à la tête d'El Fish, ce musicien talentueux, doublé d'une personnalité forte et d'une sensibilité hors normes, est le digne successeur de Toots Thielemans, même s’il n’évolue pas dans le même registre.

Steven est également impliqué chez les Rhythm Junks tout comme Tony Gyselinck, un batteur particulièrement notoire dans le monde du jazz belge

Lorsque Filip Casteels, le guitariste originel, a quitté El Fish, Roland est souvent venu renforcer le line up, sur les planches. C’est dire si Gantois et le Louvaniste étaient nés pour se rencontrer et partager leurs valeurs musicales. Ils ont d’ailleurs enregistré un album ensemble, "Waterbottle"!

Ce nouveau trio s'était produit lors de la dernière édition du festival Roots & Roses de Lessines, le 2 mai dernier. Un set qui avait littéralement médusé l’audience. Les trois compères se sont réunis, en studio, au cours des mois de mars et juillet 2010. Ils maîtrisent parfaitement leurs instruments. Ce qui explique pourquoi leur musique est impeccable, mais aussi aventureuse. Atmosphérique également. Difficile d’ailleurs de lui coller une étiquette, puisque les différents partenaires cherchent à explorer de nouvelles voies en tirant parti, tour à tour, du blues ou du jazz. En fait, on a même l’impression que ces nouvelles sonorités, ils les découvrent au fil des sessions.

Plage récréative, "Allumeuse Bayan" ouvre l’elpee. Imaginez un Toots Thielemans évoluant au cœur d'une world music parcourue d’effets électroniques. Steven joue de l’harmo d’une manière assez classique. Jazz bien sûr. Face aux percussions profilées comme un raga indien. Le tout traversé de bruitages électroniques. Avant que Roland n’y injecte des sonorités de cordes un peu particulières, entre dobro et sitar! "Reinvent yourself" intrigue davantage. Steven récite ses mots dans un monde bien étrange. L'harmonica adopte un profil  discrètement lyrique. Lorsque les trois instruments jouent de concert, l’expression sonore baigne au cœur d'un blues subtilement funky. L'intro de "She knows how" est chaotique, presque déjantée. Le climat est pourtant hispanique. Une compo qui atteint cependant sa pleine puissance. Le chant frêle et délicat de Steven est bientôt rejoint par la voix graveleuse et tellement profonde de son comparse. Le résultat est étonnant, insolite mais toujours séduisant. Une vague électronique déferle sur "Boots & bitches". De quoi provoquer un climat de transe, rappelant à nouveau les ragas indiens, que soutiennent les percussions de Tony. L'harmonica de Steven divague dans le décor sonore, tandis que les cordes de Roland écrasent tout sur leur passage. Torturées, elles ne cessent de gémir tout au long de cet exercice de style d’une durée de près de 5'. Ballade relaxante et d’une grande pureté, "Tiny tiny" détermine une sorte de trêve instrumentale. Le timbre de Steven est serein, empreint de douceur. De Bruyn s’accompagne à la guitare résonator tandis que Roland se réserve les claviers, afin de communiquer au morceau une ambiance lugubre et cosmique à la fois! "King Kong in the Lunapark" macère dans un climat blues. Roland chante d’une voix grave. Elle pourrait émaner outre-tombe. Un certain effroi nous parcourt l’échine, tandis que Steven nous divertit de petites phrases claires et lumineuses. "Teeth grinder" adopte un tempo fort proche. Une longue fresque qui se développe très lentement. Tony balise la compo de ses fûts. Il double aussi aux claviers tandis que Steven arrache des sonorités pas possibles de son instrument. L’atmosphère ne respire pas la joie. Plutôt même un mal-être que cherche à tempérer les cordes de Roland, inspirées par cette texture minimaliste. Rien ne peut atteindre la sérénité de Mr De Bruyn. Même pas une araignée dans la figure. Il conserve son calme et son assurance tout au long de ce "Spider on my face" qui achève la première œuvre de ce trio. Sa voix est soutenue par les deux guitares. Le rythme s'accélère cependant progressivement. Le chant se dédouble. Les sonorités des cordes acoustiques sont limpides. Impressionnant ! Un bien bel album !

Paul Collins

King of Power Pop !

Écrit par

Paul Collins a exercé une influence manifeste sur la scène power pop des années 80. A tout juste 18 ans, flanqué de deux amis, il fonde The Nerves, une formation qui rencontre un certain succès. Mais la reconnaissance ne vient que lorsque Blondie reprend leur morceau « Hanging On The Telephone ». Il fonde ensuite The Beat, un combo connu aussi sous le patronyme de Paul Collins’ Beat et publie près de 13 albums !

Pour concocter cet opus, la formation a enregistré au Ghetto Recorders de Detroit, sous la houlette de Jim Diamond (connu pour son travail auprès de The White Stripes). Paul Collins a su bien s’entourer. En guests, on retrouve la voix de Nikki Corvette sur « C’mon Let’s Go ! » et Wally Palmar, chanteur du groupe New Wave The Romantics, sur « Do you Wanna Love Me ? »

Paul Collins’ Beat est parvenu à conserver le son spécifique de ses débuts. Une sonorité très californienne, marquée par les incontournables Beach Boys. On se souvient d’ailleurs de ces émissions télévisées qui proposaient des sessions live des groupes et surtout les cris poussés par des jeunes filles hystériques, à la vue de musiciens aux coupes de cheveux similaires à celles des Beatles. C’était la belle époque où le rock’n’roll battait son plein. En publiant « King of Power Pop ! », Paul Collins’ Beat nous renvoie une quarantaine d’années en arrière et ce n’est pas pour nous déplaire.

Castus

Madona

Écrit par

A l'image du label Matamore qui l'abrite, Cédric Castus, membre émérite de Soy un Caballo aime à colorier son univers d'improbables touches d'humour ‘à la belge’, sans craindre un instant de perdre l'auditeur dans un capharnaüm bigarré. Louable et affichant une intégrité remarquable, la démarche s'adresse au mélomane sachant faire fi de tout à-priori. Des titres comme « Homard » ou « Coboy », ne laissant finalement planer aucun doute sur la paternité spirituelle des Snuls. Les prouesses techniques du guitariste sont donc mises au service de motifs jacquards tricotés avec soin, loin de toute esbroufe ou d'un quelconque tape-à-l’œil. Mais sous cette apparente loufoquerie mise en scène, il n'en reste pas moins un indéniable talent pris entre les mailles de ce grand tricot entre pop, rock et jazz. Si Casimir jouait de la guitare dans Tortoise, le résultat serait sensiblement de cet acabit.

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