Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Biohazard 8/8/26
Chroniques

Blonde Redhead

Penny Sparkle

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Les trois têtes chercheuses de Blonde Redhead n’en finissent plus de nous étonner en innovant constamment album après album. Le groupe new-yorkais a fortement adouci le ton depuis la sortie du superbe « Misery Is a Butterfly ». Une métamorphose coïncidant avec leur signature chez 4AD. Définitivement oubliées les dissonances et expérimentations noisy de l’elpee éponyme ou de « La Mia Vita Violenta » ? Il semblerait que ce soit le cas, car le combo persiste et signe dans la même direction tout au long de cette nouvelle livraison qui devrait décevoir les fans de la première heure, mais probablement en conquérir bien d’autres…

Si Kazu Makino et les jumeaux Pace aiment se faire violence en enfonçant de nouvelles portes, ils nous préservent de toute brutalité en décidant de nous cajoler les oreilles. Encore plus doux, « Penny Sparkle » épouse cependant une forme plus électronique et vaporeuse, probablement inspirée par les mois les plus froids de l’hiver new-yorkais ou par leurs nouveaux producteurs suédois (Henrik von Sivers et Peder Mannerfelt du duo Van Rivers & The Subliminal Kid). Si les 10 chansons synthétiques –au tempo parfois trop plat– concoctées par Blonde Redhead s’avèrent souvent un peu lisses par rapport à leurs productions précédentes (les soporifiques « My Plants Are Dead » ou « Penny Sparkle »), certains titres hypnotiques sont de toute beauté comme le plus énergique « Not Getting There » ou le très mélodique « Everything is Wrong ». Et puis malgré quelques baisses de régime, il y a la voix en apesanteur, toujours aussi mystérieuse et délicieuse de Kazu. Qui paradoxalement prend toute son amplitude lors d’un magnifique duo échangé en compagnie d’Amedeo Pace, sur « Black Guitar ».

L’excitation n’est toutefois plus au rendez-vous à l’écoute de cette dream-pop aux réminiscences cold-wave, déjà entendue en mieux chez The XX ou Cocteau Twins. On se demande pourquoi de si nombreux groupes s’évertuent à lisser leur son au fil du temps. Dans le cas d’un groupe aussi aventureux et défricheur que Blonde Redhead, on ne peut s’empêcher de regretter ce choix…

 

Ronnie Wood

I feel like playing

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Lorsque Ron Wood prend le relais de Mick Taylor, pour assurer le rôle de guitariste chez les Rolling Stones, en 1975, la nouvelle ne surprend guère. Et pour cause, son look colle parfaitement à celui des Stones. Et puis, il jouit d’une fameuse expérience. Il a sévi comme bassiste au sein du Jeff Beck Group et milité comme guitariste chez les Faces, auprès du sémillant vocaliste Rod Stewart. Il sévit toujours chez la bande à Jagger/Richards, mais régulièrement, il se réserve l’une ou l’autre aventure en solitaire. Si son dernier elpee, "Not for beginners", remonte déjà à 2001, "I feel like playing" constitue déjà son septième long playing solo.

Le cd s’ouvre par "Why you wanna go and do a thing like that for", une ballade interprétée tout en décontraction, trempée dans le blues, nonobstant ses accents country. Elle semble sortir tout droit des sessions d'un album des Rolling Stones, époque "Sticky fingers", alors même que Ronnie n'avait pas encore rejoint le groupe. Une compo de bonne facture, caractérisée par des guitares superbement découpées par Ronnie et Slash. Dommage que la voix est un peu limite. Un peu comme si Ron forcer son timbre pour le calquer sur celui de Dylan. Trempé dans le pur reggae, "Sweetness my weakness" est un peu lourd, mais repose sur une jolie mélodie. Ronnie se charge des parties d’orgue et partage une nouvelle fois de bonnes lignes de cordes auprès de ex-Guns 'n Roses, Slash. Les choses sérieuses démarrent dès "Lucky man". Un rock solide, entraînant, joyeux, au cours duquel son ancien pote des Faces, Ian McLagan, siège derrière l'orgue. La plage est illustrée par des échanges royaux entre Ronnie et Bob Rock, un guitariste canadien qui avait autrefois bossé pour Metallica. Superbe ballade bluesy, "I gotta see" lorgne du côté du regretté Rufus Thomas. Ivan Neville (le fils d'Aaron des Neville Brothers) est préposé aux claviers. La guitare est bien réverbérée : c’est celle de Billy Gibbons. Billy embraie sur un boogie rock solide mais tempéré, "Thing about you". Les cordes du leader de ZZ Top sont bien mises en évidence. Le son gras de la Gibson Les Paul domine le sujet. Ronnie nage dans le bonheur et force sa voix de fausset, soutenu par Blondie Chapin (un ex-Beach Boys) et Bobby Womack, un vocaliste de soul particulièrement notoire. Ballade bien rythmée, "Catch you" est balisée par un riff de dobro acoustique. Classique du blues, le "Spoonful" de Willie Dixon était sensé nous ramener dans l’univers primaire du blues. Mais cette version est funkysante. Jim Keltner malmène ses fûts. Slash est revenu aux côtés de Ron pour partager une attaque de cordes virulentes. Le chant est largement appuyé par celui de l'ami Bernard Fowler. Une cover tout à fait détonante ! "I don't think so" baigne au sein d’une atmosphère torride. Proche du style des Stones, ce rock déménage littéralement. Les voix de Fowler, Chapin et Womack assurent l'essentiel. McLagan se déchaîne au piano, pendant que Wood décoche son meilleur solo. Plutôt hard, "100%" ne manque pas de détermination. Gratteur particulièrement doué, Waddy Wachtel est venu apporter son soutien. Traversées de sonorités orientales, les cordes se muent en invitation au trip psychédélique. Un autre grand moment! Notre Ronnie sort un harmonica pour aborder "Fancy parts"teinter, un blues/rock funky marqué au fer rouge par la slide de Slash. Et croyez-moi, le résultat est stupéfiant ! Tramé sur un riff acoustique et enrichi de vocaux féminins, "Tell me somethin" revient au style bluesy rock des Stones. De toute bonne facture, cet opus s’achève par "Forever", une ballade lente, puissante, au cours de laquelle Slash et Ivan Neville étalent toute leur classe et leur talent…

 

Weezer

Hurley

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Qu’on arrête de nous seriner la triste perte d’inspiration de Weezer depuis la sortie de « Pinkerton » ! C’est acquis, on le sait, et c’est même une certitude : les maîtres de la power-pop 90’s n’atteindront plus jamais l’intensité mélodique des compos proposées sur l’album bleu ni l’aspect sublimement obscur de son successeur. Lucide, et très second degré, le très prolifique Rivers Cuomo (3 albums en 3 ans !) a décidé de laisser son inspiration couler et il serait malvenu de s’en plaindre ; car si quelques morceaux sont dispensables, la plupart sont toujours aussi jouissifs ! La récente signature sur Epitath reflète de plus à merveille cette éthique stakhanoviste aux relents punks du groupe californien. « Hurley », leur 8ème long playing paru album à ce jour, n’est sûrement pas le meilleur de Weezer ; mais des morceaux comme « Rulling Me » ou « Run Away » ne pourront que réjouir les fans de « Buddy Holly » ou encore de « Half-Pipe ». Pourvu qu’ils négligent l’indigeste (recherché et parodié ?) « Where’s My Sex ? ». Mais honnêtement, on ne vous demande pas de décrocher la lune…

La pochette est très évocatrice : le sourire de José Garcia, aka ‘Hurley’, le héros bien portant de la série ‘Lost’, nous invite à profiter sans retenue de la musique fun et sans prétention d’un groupe culte continuant de diviser la blogosphère… Et ce n’est pas la participation aux chœurs du casting de ‘Jackass 3D’, sur le single « Memories », qui risque d’arranger la situation !

 

Wan's

In a lifetime

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Noyé dans la masse dense des sorties de l'année, cet album mérite qu'on s'y attarde sur le tard et qu'on projette sur lui un halo de reconnaissance qu'il n'aura pas volé.

Le destin de Once again (Wan's) est pour le moins atypique. Né d'une première mouture formée dans les années quatre-vingt par Phil W et ChampX sous le nom de Lattice Work, le groupe connaît alors le parcours classique de nombre de combos belges à l'époque, à savoir galère et mépris total du peu de structures mises en place alors dans nos belles contrées pour ce genre de musique. Enregistrés par Luc Van Acker, ils sortiront néanmoins un 45t en 1989, sur une structure allemande. Dans l'anonymat et l'indifférence, le split est consommé peu de temps après ; ce qui n'empêchera pas nos deux lascars de continuer au sein de Snowy Red dès l'aube des années 90 et jusque 91 où dès lors, on n'entend plus parler d'eux. Il est amusant de noter que la bio du groupe commence d'ailleurs en 2004, quand au travers de différents line-up, ils finissent par trouver un certain équilibre dans une formule à trois qui leur permet de publier une démo 4 titres. Après un énième remaniement, Micky Mike, lui aussi ex-Snowy Red reprend le micro. Mais les rouages du destin jouent alors un cruel tour à Wan's, et atteint d'un mal fatal, le chanteur tire sa révérence dans le courant de l'année 2009. Saluons l'abnégation de la paire originelle qui allant de l'avant, a dû se trouver un nouveau chanteur, en la personne de Red Ced (ex-Temple Shade).

Cet « In a lifetime » au titre évocateur est donc leur premier essai dans cette configuration. Naviguant entre electro, new wave et pop, l'équation, si elle n'est pas franchement originale, marque quand même un certain savoir faire qu'il serait sot d'ignorer. En optant pour une approche léchée, le groupe rappelle qu'avant The White Lies, il y avait Front 242, et qu'après l'ère Factory, il s’est creusé un gouffre géant que nombre de jeunes ont tenté de combler en singeant Joy Division, mais qu'au sein de notre mère patrie, figuraient déjà nombre de pousses, parfois injustement négligées. A l'heure où Orchestral Manoeuvre In The Dark revient pour le pire, ne gâchons pas notre plaisir de découvrir ce disque sorti il y a déjà quelques mois.

Enregistré à Berlin, ces neuf titres valent le détour et signent, j'espère, la naissance d'un nouvel ordre.

Monster Magnet

Mastermind

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En 1992 alors que la jeunesse mondiale déprime encore au son du grunge, Dave Wyndorf,  lui plane. « Spine Of God », le premier album de Monster Magnet, (le cartel  dont Wyndorf est le baron incontesté) est une véritable ode à la fumette interplanétaire. Mélange hallucinogène du heavy rock de Black Sabbath, du space rock d’Hawkwind, du garage rock des Stooges et de l’acid rock des Doors, « Spine Of God » est sans doute l’un des piliers de ce qui allait devenir le stoner rock. Si les  substances illicites ont grandement contribué à rendre les compositions de Wyndorf aussi originales et uniques, elles ont aussi failli avoir sa peau en 2006. Sur « 4-Way Diablo » le dernier album en date, sorti un an après une ‘overdose accidentelle aux somnifères’, Wyndorf n’est plus que l’ombre de lui-même. L’opus, sombre et dépressif, ne laisse rien entrevoir de bon quant à l’avenir du groupe.

Mais il ne faut pas vendre la peau du ‘stone-rocker’ avant de l’avoir désintoxiqué. Et pour le ‘Space Lord’ comme pour ce vieil Arthur C. Clarke : 2010, c’est l’année de la deuxième odyssée de l’espace (NDR : là, il va falloir relire vos classiques de la SF). « Mastermind », le nouvel opus paraît fin octobre chez Napalm Records. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que Monster Magnet y tient une forme ‘hallucinolympique’.

Le vaisseau « Mastermind » décolle au son d’« Hallucination Bomb » ; une déflagration de basse qui introduit un riff plombé et renoue avec le doom rock psychédélique d’antan. Sur « Bored With Sorcery », Monster Magnet bat le fer tant qu’il est chaud en balançant un space-rock bien speedé. Le groupe semble vraiment chargé à bloc. « Dig That Hole », pour suivre, mélange heavy bourdingue à la Sabbath et rock psychédélique à des ‘hohos’ fédérateurs rappelant un peu Glen Danzig. « Gods And Punks » est un titre lent où les guitares, aussi distordues que celles des Stooges, nous replongent dans l’époque bénie de « Spine Of God ». « The Titan Who Cried Like a Baby » et « Time Machine » sont deux de ces ballades enfumées, spatiales et psychédéliques dont Wydorf s’est fait une spécialité. Elles s’apprécient probablement mieux si l’on est dans un état second. « Mastermind », le titre qui donne son nom à l’album est un heavy groove plombé qui génère une furieuse envie de headbanger. Le tempo s’accélère ensuite pour l’excellent « 100 Million Miles », mélange furieux de space et de garage rock. « Perish In Fire » est une ‘curiosité’ : un titre plutôt rapide, où des percussions marquent le rythme d’une manière étrange. Sans sa touche ‘spatiale’, « When The Planes Fall From The Sky » aurait définitivement pu figurer sur l’une des galettes doom métal de Saint Vitus ou de The Obsessed. « Ghost Story » et « All Outta Nothing » les deux titres de clôture n’apportent, quant à eux, pas grand-chose de transcendant à ce retour en force de Monster Magnet.

La production signée par Matt Hyde (Staind, Slayer, Hatebreed) est puissante et claire tout en restant fidèle au son typique de Monster Magnet. La pochette, quant à elle, a été dessinée par le mystérieux ‘Invisible Creature’ bien connu pour son travail opéré pour Wolfmother et les Foo Fighters.

C’est vrai, « Mastermind » ne réveille pas tout à fait l’extase psychédélique qu’avait provoqué « Spine Of God » (1992) et ne provoque pas non plus l’orgasme rock’n’roll que nous avait procuré « Powertrip » (1998). Cependant, Monster Magnet nous fait de nouveau prendre notre pied et ce, sans que nous nous sentions le besoin de simuler le plaisir (comme c’était malheureusement le cas pour « Monolithic Baby » en 2004 et « 4 Way Diablo » en 2007). Pour une relation qui dure depuis presque deux décennies, c’est plutôt remarquable !

 

Les Marquises

Lost Lost Lost

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Sur des terres sauvages encore mal défrichées au cœur d'un océan d'insondables tourments, se niche un trésor jusqu'à présent bien gardé. Battu en brèche par un vent de douce folie et jalonné de richesses sonores pertinentes, ce premier opus de ces Marquises voit se croiser toute l'intelligence d'une certaine electronica, et la beauté retenue de ce que certains appelleraient post-rock. Trio inspiré, formé de J. Geiger (Minus Story, Hospital Ship, Shearwater), J.S. Nouveau (Immune Recorded Home) et J. Grandcollot (Pan Pan Pan), ce groupe combine brillamment nombre d'influences diverses, mais habillement intégrées dans un style haut en tenue.

Tandis que les architectures (j’insiste sur ce terme, néologisme de circonstance) tissent une trame savante mais non dénuée d'âme, les éléments organiques insufflent vie à des morceaux qui sont autant de courts-métrages mentaux, sorte d'instantanés qui s'impriment en négatif sur les parois de notre imagination.

Alors que le premier titre « Only ghosts » s'attache déjà à teinter la pellicule de larmes d'aquarelles, « La terra trema » qui s'ensuit soulève des vagues dans l'âme, qui viennent s'écraser sur les lames de récifs perdus dans les brumes et l'écume. « Sound and fury » et sa rythmique asthmatique mariée pour le meilleur et non le pire à un orgue désuet, fige quant à elle, un fugace instant de grâce dans une envolée de trompettes propres à faire pleurer les anges, et « This carnival of light » glisse sous l'aile d'oiseaux qui migrent vers des horizons embués. Vient ensuite « Comme nous brûlons », titre incandescent jusqu'à folie. Enfin « Terrible horses » opère un retour dans un passé sépia, remontant les sillons d'un vieux vinyle sur un phonographe poussiéreux.

Un album mélancolique et pourtant haut en couleurs, suspend dans les airs du temps, teinté de surréalisme, dont le fil conducteur est tiré de la trame de l'œuvre de Henry Darger, artiste américain ayant dédié l'essentiel de son art (et de sa vie) à une œuvre épique, tant picturale qu'écrite.

Un album à contempler des deux oreilles.

PS : Grand Jacques, je suis très fier d'être parvenu réussi à chroniquer ce disque sans mentionner ton nom !

 

Triptykon

Shatter (Ep)

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Sept mois à peine après la sortie de l’écrasant « Eparistera Daimones », Tomas Gabriel Warrior se rappelle à notre bon souvenir en publiant un nouvel Ep hyper plombé de Triptykon, son nouveau gang démoniaque.

D’une durée approximative de 28 minutes, « Shatter (Eparistera Daimones Accompanied) » est un brûlot sulfureux partagé en cinq déflagrations métalliques inédites : trois titres studio mis en boite lors des sessions d’enregistrement d’« Eparistera Daimones » et deux classiques de Celtic Frost (NDR : le combo métal-avant-gardiste dont Tom G. Warrior était le leader), interprétés live par Triptykon lors de sa performance en tête d’affiche du Roadburn Festival de Tilburg aux Pays-Bas, au début de cette année.

Si vous avez apprécié le doom métal oppressif distillé par Triptykon sur « Eparistera Daimones », vous apprécierez forcément « Shatter » et « I am The Twighlight », les deux titres ultra-plombés qui ouvrent cette galette malsaine. Les guitares y sont conduites, en manifestant la même vélocité et l’entrain d’un gastéropode suicidaire. Constitué de bidouillages électroniques déprimants, « Crucifixus », sert d’interlude. Un instrumental tout à fait inutile.

La très bonne surprise de l’Ep, vous vous en doutez, procède de la présence de « Circle Of The Tyrants » et « Dethroned Emperor ». Issues du répertoire de Celtic Frost, les deux bombes peuvent enfin s’apprécier pleinement. A cause de la puissance du son, bien sûr, mais surtout de sa transposition contemporaine. Plus qu’appréciable ! Surtout que Warrior accueille sur « Dethroned Emperor » un invité de marque en la personne de Nocturno Culto, l’un des leaders du groupe black métal culte Darkthrone.

« Shatter » sera disponible en divers formats : Cd, téléchargement digital et Ep vinyle. Avis aux collectionneurs !

Serph

Vent

Écrit par

Agé d’une vingtaine d’années, ce jeune Tokyoïte relève du label japonais Noble (Films, Yasushi Yoshiba, …) « Vent » constitue son deuxième opus, mais le premier publié chez Noble. Il fait suite à « Accidental Tourist », paru l’an dernier.

A la première écoute de « Vent », on est stupéfait par la maîtrise du jeune artiste. Son mélange d’électronica, de jazz et de lounge est particulièrement homogène. Les nappes de piano (NDR : le musicien n’en jouerait que depuis trois ans !) se fondent parfaitement dans les rythmiques électroniques. Le xylophone (« Pen On Stapler »), les cuivres (March ») et d’autres instruments encore, enrichissent circonstanciellement la solution sonore. C’est propre, apaisant, typiquement asiatique. Parfait pour sonoriser les scènes du cinéma japonais contemplatif. Idéal pour décrire de sublimes paysages. Des morceaux tels que « Feather » ou « Iceyedit » en sont d’excellents exemples. Mais malheureusement, à force de jouer sur le contemplatif et la mélancolie, la musique de Serph se transforme petit à petit en musique d’ascenseur. Et finit par nous précipiter dans le plus profond ennui.

Dommage, car le jeune Nippon ne manque pas de talent. Faudrait peut-être qu’il injecte un brin de folie et d’énergie dans sa création, afin de la rendre plus vivante…  

 

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