L’appel à débrancher des Burning Heads

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Chroniques

Forget The Heroes

Atomized

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‘Un autre jour’ est un label d'autoproduction créé par Corinne Carré & Virginie Bocher, diffusant déjà leurs deux précédentes formations musicales : Womb Bomb et Ratel Road, duos pop rock mêlant guitare, piano et voix. Pour Forget the Heroes, elles se sont entourées d'un bassiste et d'un batteur, et nous livrent "Atomized", le second album du groupe, après avoir publié "We don't need guitar".

Les quatre Parisiens commencent à bien tourner entre festivals et petits concerts. Sur le net, on peut lire, à de nombreuses reprises, la même présentation vantant : ‘L’Hendrix du violon, une pianiste à la voix sexy, ample, rock et aux pieds frénétiques, des guitares audacieuses, une section rythmique jouissive et intense pour une fusion sonique et scénique Acid Pop’. Si le violon semble assez à l'aise (on y retrouve Virginie Bocher dans une autre formation plus classique, Coma Comma, au sein de laquelle elle se défend plutôt bien), comparer ses interventions à celles d’Hendrix est exagéré. La rythmique, quant à elle, est trop répétitive. La voix de Corinne Carré est sans doute intense dans les décibels et dans sa façon de chanter, mais elle devient, à la longue, agaçante plus qu'énergisante. Les effets sont multipliés et c'est dommage car son timbre de voix est effectivement plutôt dense et chaleureux.

Les effets sont également de mise pour l'instrumentation, riche en réverbérations. Peut-être que ce disque paraît original aux amateurs de pop, à cause de ses emprunts aux sonorités groove et funk, mais pour ceux qui aiment que ça swingue vraiment, la galette s'avère être plutôt ennuyeuse... Techniquement, l’ensemble tient la route, mais il manque un peu d'âme, de goût, d'audace. Et d'air, aussi, car aucun instrument ne se tait pour laisser parler l'autre. En résumé, un disque qui ne risque pas de défrayer la chronique… 

 

The Duke & The King

Long Live to the Duke and the King

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‘Longue vie au Duc et à son Roi’! C’est assurément ce à quoi on pense après avoir écouté les dix titres du second album de cette formation américaine. Il faut dire que le noyau central du groupe, Simone Felice et Bobbie ‘Bird’ Burke avaient tout pour s’imposer dans le monde musical. Le premier cité est né dans les montagnes des Catskills, non loin de Woodstock ; tandis que le second, originaire de Brooklyn, a notamment bossé en compagnie de George Clinton ! Connu en tant que poète et maître du ‘spoken word’, l’amateur de musique aura peut-être également entendu parler de Simone Felice à travers ses compositions au sein de son ancien groupe de folk-rock, The Felice Brothers, ou derrière les fûts du dernier album des Avett Brothers. Soutenus par le batteur et vocaliste Nowell ‘The Deacon’ Haskins (fils du co-créateur de Parliament/Funkadelic) et du chanteur/violoniste de The Sensational, Simi Stone, The Duke & the King propose un mélange subtil et entraînant de folk, pop, rock et soul. Quelque part à la croisée des chemins d’un Ben Harper qui ne serait plus en crise d’inspiration (« Shine On You »), Simon & Garfunkel (« Shaky ») et la soul romantique et classieuse d’Otis Redding voire de Marvin Gaye (« Right Now »). Douce et suave, la voix de Simone Felice colle parfaitement aux climats empreints d’émotion des chansons de l’album. Les harmonies vocales sont superbes, à l’instar du très R&B « Hudson River », soutenu par la voix gospel d’Haskins. Et on a même droit à une incursion dans la soul blanche, sur « No Easy Way Out », plus proche des Rolling Stones que jamais. Manifestement The Duke & The King est une formation particulièrement douée. Injustement méconnue de ce côté de l’Atlantique, elle vient de commettre un superbe album…

Dorleac

Dorleac

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Depuis qu’elle a quitté Hooverphonic, Geike Arnaert, ex-chanteuse du band, vivote entre deux eaux. Après avoir collaboré à l’écriture de la musique du film ‘Oxygen’, d’Hans Van Huffel, la jeune femme pousse l’expérience du duo un peu plus loin. D’où, dans la foulée de la B.O. précitée, cet album éponyme aux relents atmosphériques et apaisants. De ce mariage avec l’artiste néerlandais Spinvis, alias Erik de Jong, vont naître 10 compositions sur lesquelles sa jolie voix se balade nonchalamment. Aériennes, détachées, ces chansons sont à l’opposé de ce que Geike nous proposait il n’y a pas si longtemps au sein du combo dont elle était la leader en compagnie d’Alex Callier, principale source d’inspiration de la grande époque…

C’est donc au sein d’une ambiance tristounette que nous revient la trentenaire blonde qui nous avait, il faut bien l’avouer, habitués à des choses bien plus rythmées, plus entraînantes…

Même si l’ensemble se laisse nonchalamment écouter, il manque quelque peu de relief, de variation à ce long playing. De la première à la dernière plage, on a l’impression d’être toujours dans un même rythme, lent et emprunté.

Sachez encore que le patronyme de ce duo a été choisi en hommage à Françoise Dorléac, sœur de Catherine Deneuve, décédée accidentellement en 1967, dans un accident de voiture, à l’âge de 25 ans. On ne voit d’ailleurs pas le rapport dans ce choix…

Bref, on est toujours dans l’attente d’un véritable album solo de la belle blonde. A quand une véritable envolée, une vraie émancipation ? Il est temps de voler de tes propres ailes, Geike…

Crash Test Dummies

Oooh La La

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Il semble qu’on n’ait plus entendu parler de Crash Test Dummies depuis 1993. Le succès de « Mmm Mmm Mmm », devenu un classique du rock de sa décennie, a lancé la notoriété du groupe, mais a aussi évincé le reste de sa production. Entre-temps, pourtant, ils ont discrètement sorti 6 albums, sous la coupe du noyau formé par Brad Roberts et Ellen Reid. En plus de quelques projets solo, les Canadiens sont passés par un son plus métal, plus funk et plus électronique, définitivement pop, alternant le lead vocal entre Roberts et Reid, sans jamais atteindre de nouveau le succès de leur premier single. Les membres originaux de la formation se retrouvent aujourd’hui après un silence de six ans pour revenir à leurs influences plus intrinsèques : un océan de rock, blues, folk.

Les Crash Test Dummies ne réactualisent pas leur son ‘1990s’, et utilisent au contraire expressément, je cite, des ‘jouets musicaux analogues vintage’ (les années 1970, pour être précise, ère que l’album embrasse dans son aspect le plus conforme). En effet, produit par Stewart Lerman (Antony & the Johnsons, The Roches), l’album a recours à un optigan (contraction entre ‘optique’ et ‘organ’), afin de projeter le son d’autres instruments. Comment ? A l’aide de disques en celluloïd et à travers des claviers. Objectif ? Offrir différents éventails de sonorités qui communiquent un effet ‘big band’ à l’enregistrement analogue.

On retrouve également –et c’est un rand plaisir– la voix chaude et aqueuse de Roberts, qui reste fidèle à elle-même tout en mixant les styles. L’elpee remonte dans le temps et les genres : l’envoûtant  « And It’s Beautiful » pour cette dernière décennie, « What I’m Famour For » pour la petite touche country, le « Not Today Baby », tout droit sorti d’une BO des années 1970, voire un bon vieux doo-wop intitulé « Now You See Her ».

« Oooh La La ! » semble serein, voire un peu mou (NDR : au cours de cet hiatus de six années, Roberts a survécu a un accident fatal, et s’est, après avoir observé une convalescence en Nouvelle-Écosse, converti au yoga et à la méditation), mais il demeure de bonne facture, solide, riche en styles et aux arrangements pros, même si on est loin du succès mainstream du légendaire « Mmm Mmm Mmm ». La voix chaleureusement grave de Roberts devrait se charger de réchauffer les dimanches gris dans les chaumières.

Louis Chedid

On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime

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Louis Chédid est un auteur/compositeur/interprète assez prolifique. De ses débuts remontant à 1973, illustrés par la sortie d’un premier album intitulé « Balbutiements », à ce jour, 27 années se sont écoulées. Et en cet automne maudit pour nos voisins français (voir l’actualité politique…) l’ami Louis nous propose, non pas un, mais onze magnifiques rayons de soleil pour faire oublier la dure réalité des choses.

« On ne dit jamais aux gens qu’on aime qu’on les aime » est à ce jour la seizième galette du papa de qui vous savez… Depuis ses ‘balbutiements’, on aura donc eu droit au minimum à un nouveau disque tous les deux ans. Qui dit mieux ? Deux albums live viennent s’ajouter à cette panoplie bien fournie, le premier publié en 1994 et l’indispensable « Botanique et Vieilles Charrues », en 2003.

Après avoir édité une comédie musicale baptisée « Le soldat Rose », en 2006, puis offert sa collaboration pour le mixage de « Mister Mystère » de sa progéniture, Louis revient donc aux affaires. C’est évidemment en bénéficiant de la complicité de son génie de fils que Louis a enregistré ce nouvel opus. Tour de force assez singulier de la part de cette entité bucéphale, il n’aura fallu que dix jours pour mettre en boîte ces onze nouveaux titres. Tous écrits et composés par l’artiste, même s’il a bénéficié du concours de Pierre-Dominique Burgaud, l’auteur du Soldat Rose, pour « Chat Noir » et « Tu peux compter sur moi ».

Affichant un look à la ‘Brassens’ (grosse moustache et guitare) et affichant 62 balais, Louis nous apporte une nouvelle fois un éventail d’émotions, « Tu peux compter sur moi », « Maman maman », « Au secours », un regard tout personnel sur les problèmes de notre société tout au long de « A force », une petite dose de mélancolie sur « Blues du dimanche soir » et un certain cynisme sur « Chat noir » ou « Croque mort ». La palme revient toutefois au titre phare de l’album « On ne dit… », hymne à la vie, aux relations amicales, familiales ou amoureuses ; en un mot, au bonheur…

Au final, un morceau, « Quelle belle histoire », résume à lui seul cette seizième réalisation, œuvre d’un des papys de la chanson française, le seul qui ait réussi dans les années 70, à dépoussiérer la ‘variété franchouillarde’ pour en faire une chanson française de qualité.

Indispensable pour les amoureux des belles ballades et des mots doux…

 

B.B. & The Blues Shacks

London days

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B.B. & the Blues Shacks est plus que probablement le meilleur groupe de blues sur la scène allemande. Dirigé par les frères Michael et Adreas Alt, respectivement harmoniciste/vocaliste et guitariste, cette formation implique également Denis Koeckstadt au piano, Henning Hauerken à la basse et Bernahrd Egger aux drums. Leurs débuts remontent à 1994, année au cours de laquelle, ils publient "Feelin' fine today". Quatre elpees paraîtront ensuite chez Stumble. Puis, ils signent pour Crosscut, le label blues de référence en Allemagne. Ils y ont aligné "Midnite diner" en 2001, "Blue Avenue" en 2003, Live at Vier Linden" en 2005 et "Unique taste" en 2008.

Le titre de ce nouvel opus ne laisse planer aucun doute : l'album a été enregistré à Londres. Au studio Toe Rag, très exactement, sous la houlette de Liam Watson, un producteur qui a notamment travaillé pour les White Stripes et Hugh Cornwell (ex-Stranglers).

L'album s’ouvre par "Real good times", une compo qui nous entraîne dans l'ambiance Stax des années 60. Du R&B entraînant et dansant imprégné par l’orgue d’un prestigieux invité teuton, Raphael Wressnig ; et enrichi par une section de cuivres. Percutant, "This time baby" embraie dans le même style. Les cuivres et l'orgue sont toujours bien présents. La voix autoritaire de Michael est renforcée par des chœurs masculins. Dennis signe une brillante sortie au piano. Les Blues Shacks reviennent dans un style qui correspond davantage à leur identité, en injectant une énorme dose de swing dans "High class lonely", un morceau au cours duquel Andreas sort un bijou de solo, sur le fil du rasoir, digne de Jimmie Vaughan. Michael en souffle de bonheur dans l'harmonica qu'il est enfin parvenu à extraire de sa poche. En toile de fond, Wressning soigne l’expression sonore de ses interventions à l’Hammond B3. Ballade soul, "Just you" est finement ciselée. Chicago blues puissant, "Between the lines" est imprimé sur un tempo élevé. Les styles de Little Walter et Billy Boy Arnold ont adopté un traitement moderne. La cohésion des musiciens est remarquable. Michael chante "It hurts so good", sur un tempo relax, balayé de chœurs doo wop. Sillonnant ces routes du Sud, Andreas se sent inspiré et libère ses cordes face aux cuivres médusés! Cette utilisation du doo wop si populaire dans les fifties hante cet elpee. Et se révèle remarquable tout au long de "My baby's alright", une compo proche d'un shuffle texan à l’intensité dévastatrice, au cours de laquelle l'harmo nous transperce l’âme. Manifestement, ce sont les parties vocales qui ont surtout bénéficié du travail opéré dans ce studio londonien. Ce qui explique pourquoi Mr Alt chante aussi majestueusement les indolents "How long can you go" et "Once in a while". Deux plages absolument remarquables. Retour à Memphis pour défier "Fools getting stronger", un morceau qui sonne plus BB King que nature ; et pour cause Andreas parvient à faire revivre Lucille, sur le Vieux Continent. "Miss wrong" nous traîne vers la Nouvelle Orléans, une compo agitée par des percus si caractéristiques, et balisée par les accords de piano syncopés dispensés par Koeckstadt, dans l’esprit de Professor Longhair. "Turnaround" marque le dernier retour au style Stax. L’opus recèle un bonus track : "Autumn sunset". Un swing blues tout en délicatesse et subtilité que Michael conduit à la manière de Toots Thielemans. Excellent!

!!!

Strange Weather, Isn’t It ?

Écrit par

Ceux qui me connaissent le savent, il m’est quasi impossible d’être impartial lorsque l’on parle de !!!. Seulement, bien des choses ont changé entre la sortie de l’indispensable « Myth Takes » et de ce « Strange Weather, Isn’t It ? ». D’abord le départ de John Pugh. Une mauvaise surprise qui laissera Nic Offer sans l’essentiel binôme. Suivi d’autres désertions ; mais surtout la mort de Jerry Fuchs. Toute une série d’événements très susceptibles d’achever le moral de la troupe. !!! compte aujourd’hui 5 membres dont les indécrottables Nic Offer et Allan Wilson ainsi que Shannon Funchess qui remplace Pugh sur scène comme en studio sans jamais l’égaler. Le quatrième recueil de la formation est donc indiscutablement celui du changement. Et de prime abord, dur dur de s’y faire… Mais !!! a plus d’un tour dans son sac.

Enregistré  à Berlin, « Strange Weather, Isn’t It » est le disque le plus pop de !!! concocté à ce jour. Offer et ses collègues ont opté pour plus de légèreté tant dans les textes que les arrangements. Souvent, la pilule passe sans effort (« Wannagain Wannagain » et son irrésistible ascension finale, « Steady As The Sidewalk Cracks » et son saxo obsédant, « The Most Certain Sure » et son ‘bridge’ tripant ou encore le délirant  « Jamie, My Intentions Are Bass »). Parfois, elle coince (le refrain mollasson de la version studio de « AM/FM », l’inutile « Hollow »). Reste que !!! ne serait pas !!! sans une large dose de riffs funkys et de beats orgasmiques. S’il ne convainc pas instantanément, « Strange Weather, Isn’t It » est de ces disques qui tracent leur chemin vers les neurones à leur rythme et, une fois atteints, s’y installent confortablement. D’autant plus que ce quatrième essai contient le Tube, T majuscule, de !!!. « The Hammer », l’hommage suprême à Jerry Fuchs, construit tout crescendo, sera rapidement reconnu par les fans comme incarnant ce rouleau compresseur qui te retourne le public comme une crêpe, à chacune des prestations du quintet depuis quelques années déjà. Et ne serait-ce que pour ce morceau, l’un des derniers coécrit par Fuchs et accueilli en version studio comme le messie, il serait honteux de ne pas compter « Stranger Weather Isn’t It ? » dans sa discographie !(!!)

Verone

La fiancée du crocodile

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Coupable d’un premier album intitulé « Retour au zoo », en 2005, le trio Verone s’est mué en un duo cinq années plus tard. Lors de la sortie de ce premier ouvrage, la critique avait été unanimement… partagée ! Elle portait le groupe aux nues ou la précipitait aux enfers, c’est selon. Style nouveau, inventif à souhait, nouvelle révélation de la chanson française, pour les uns ; exercice de style hypnotique, sans énergie, irritant, pour les autres.

Pour « La fiancée du crocodile », ne restent plus à la barre que le chanteur/auteur/compositeur Fabien Guidollet et sa comparse Delphine Passant. Les deux rescapés de la première heure apprécieront toutefois l’aide précieuse apportée par une flopée de collaborateurs ; et notamment Yann Arnaud (Air, Syd Matters, Jeanne Cherhal, Camille...) et Paul Kendall (Depeche Mode, Nitzer Ebb, Recoil, NIN...) au mixage. Plusieurs musiciens et amis sont venus ajouter circonstanciellement leur grain de sel aux sessions d’enregistrement : Jeanne Balibar, qui a accepté d’être l’interprète féminine de « Transparent », Frédéric Lo (Daniel Darc), Dominique Mahut (l’homme de l’ombre derrière Jacques Higelin), Sammy Decoster, Mark Kerr (le batteur écossais des Rita Mitsouko et de Joakim), Jérôme Bensoussan (Dominique A), et quelques autres encore… Chaque invité apporte sa pierre à l’édifice comme si on invitait différents corps de métier pour la construction d’une habitation. Le tout se transformant en une maison difforme et bigarrée à souhait. Des musiques pop, entraînantes et variées. Une instrumentation très riche et originale, dont un banjo, une trompette, une clarinette par-ci, de nombreux bruitages ménagers par-là, apportent aux compositions un son vraiment particulier mais tellement nouveau et amusant. A ce stade, on parlera d’une réussite totale. Quelle inventivité, quelle richesse !

Tout au long de cet opus, Verone nous entraîne dans une farandole de format pop, pimpant, et pointu, mais les paroles laissent poindre la fantaisie et un peu de noirceur. ‘J’sais bien que quand je casserai ma pipe / Elle versera pas une larme pour moi / L’enterrement il sera pas utile / Avant de m’bouffer elle m’noiera...’ Le reste est à la hauteur, on oscille de la bonne humeur et de l’humour à la tristesse, en passant par la dérision, le loufoque ou le saugrenu.

Bref ? Dix morceaux qui se succèdent sans lien logique entre eux si ce n’est qu’on a l’impression (excellente d’ailleurs) d’être entré dans un cirque où les numéros se suivent pour le plus grand plaisir des grands et des petits (dont je suis !) Il suffit d’écouter en finale « Le concours d’imitation », de fermer les yeux et… c’est comme si on se retrouvait sur un champ de foire foraine !

Enfin, observez bien la pochette. Elle a été imaginée par Olaf Hajek, peintre et illustrateur berlinois, reconnu internationalement pour son travail d’orfèvre, et qui compte parmi ses clients Dior ou Givenchy, un artwork réalisé entièrement à la main, surréaliste et riche en couleurs. On croirait y apercevoir Alice du pays des merveilles, le serpent qui a corrompu Eve, des oiseaux, un crocodile, une petite rivière et d’autres images paradisiaques, féériques ou complètement décalées. « La fiancée du crocodile » est un album riche, sensible, comique même, original et tellement pop. Mais ne nous focalisons pas seulement sur cette pochette sublime, car la musique de Verone est tellement colorée, inventive ; et puis, elle véhicule des textes ironiques exquis.

Du pur plaisir. Vivement conseillé !

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