La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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The Cure
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Chroniques

RPA & The United Nations of Sound

RPA & The United Nations of Sound

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The Verve a donc vécu une formation, deux reformations et trois séparations. Pas mal pour un groupe qui était né en 1990. En 2000, son chanteur, Richard Ashcroft avait déjà embrassé une carrière solo. Enregistrant l’album « Alone with everybody », la même année et « Human conditions », deux ans plus tard. Mais en 2006, lorsqu’il publie « Keys to the world », on se rend compte que le natif de Wigan commence à s’intéresser de plus en plus à la soul. Et en fondant RPA & The United Nations of Sound, en compagnie du guitariste Steve Wyreman et du bassiste Dwayn Wright, c’est à nouveau dans ce style qu’il a décidé de creuser. Pas seulement, mais en règle générale. Pour concocter ce premier opus, il a également fait appel au producteur de hip-hop chicagolais No I.D. (alias Dion Wilson). Pas étonnant dès lors de déceler quelques traces de hip hop, dans la solution sonore, et puis surtout la présence d’un soundsystem sophistiqué. Pas vraiment une bonne idée. Notamment lors du recours à la boîte à rythmes. Paradoxalement, hormis sur l’excellent « Beatitudes », un morceau dansant, au flow soutenu et au groove hypnotique, abordé dans l’esprit de Beck, les autres compos du genre passent mal la rampe. A l’instar d’« America », sorte de sous-Ian Brown ou de « Glory », plage au cours de laquelle cette fameuse beat box rame à contre-courant.

Examinons donc, cependant, ce qu’il faut retenir de cet elpee. Un hit potentiel : « Royal Highness ». Un funk rock soutenu de chœurs falsetto, comme chez Prince. Problème, le riff de base pompé chez le « Sweet Jane » de Lou Reed, pourrait à nouveau causer des soucis à Ashcroft (NDR : comme s’il n’en avait déjà pas rencontré assez, en gravant son « Bitter Sweet Symphony », auquel il avait emprunté à « The last time » des Stones). Et plusieurs titres trempent dans la soul. Une soul soutenue par une imposante section de cordes. Elle est d’ailleurs très présente, tout au long de l’opus. Comme à la belle époque de Barry White. Tant pour les morceaux mid tempo que les ballades. Et ma foi, dans ce domaine, il ne se débrouille pas trop mal. Mais pourquoi donc cherche-t-il parfois à vocaliser dans un autre registre que le sien ? Passe encore quand il calque ses inflexions sur celles de Dylan voire de Springsteen, mais lorsque sur « Life can be so beautiful », il se fend d’un falsetto à la Bee Gees, époque « Saturday night fever », on a vraiment envie de se tordre de rire. En finale, il s’abandonne dans une autre ballade. Empathique. Un peu comme à l’époque des Hollies. Si on fait abstraction de cette foutue boîte à rythmes, bien sûr. Ah oui, j’allais oublier, il y a aussi le guitariste, qui se prend quelquefois pour Jimi Hendrix, en laissant dégouliner, suivant son inspiration, des soli plus vraiment dans l’air du temps. Etonnant, le tracklisting recèle quand même un blues ! Très Delta, fin des 50’s. Il s’intitule « How deep is your man ». La trame est irrésistible, mais le refrain ne décolle jamais, pire il s’englue. Dommage ! En publiant un elpee de la sorte, on a l’impression que Richard Ashcroft ne sait plus à quel Saint se vouer pour retrouver une certaine crédibilité. Qu’il en revienne à des choses plus simples. Il possède un talent de mélodiste exceptionnel. Et une voix remarquable, digne de Neil Diamond. Il n’a donc pas besoin d’artifices. Une raison pour laquelle on ne vous recommandera certainement pas cet album…

 

Brisa Roché

All Right Now

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On connaissait la face jazzyfiante de Brisa Roché grâce à l’album « The Chase », sorti en 2005. Son profil folk également. Lors de la publication de son très remarqué deuxième opus, « Takes ». On découvre aujourd’hui, son intérêt pour le rock/blues, tout au long de son troisième long playing, « All Right Now ».

Enregistré dans une église délabrée, sous la houlette d’Henry Hirsch (Lenny Kravitz, Madonna), cet elpee a bénéficié du concours d’un véritable groupe. Pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit du band qui l’a soutenu lors de sa dernière tournée. Et c’est une première. Si le son est résolument plus rock, énergique donc, la Californienne continue d’entretenir un climat à la fois baroque et mystique. Certaines plages lorgnent davantage vers le blues. Et je pense tout particulièrement au titre qui ouvre la plaque, « Stone Trade ». D’autres sont légèrement teintées de disco. A l’instar de « Hard As Love » et « Do What You Can Do ». Et si le reste est, en général, imprimé sur un tempo assez soutenu, la demoiselle s’est quand même réservé l’une ou l’autre ballade (« Bloom », « Get Down »). Si chaque morceau de ce disque est un tube potentiel, à cause d’un sens mélodique particulièrement contagieux, il faut reconnaître, que l’ensemble manque quand même cruellement d’originalité. Bref, « All Right Now » est un album sympathique, mais largement dispensable.

Pure Reason Revolution

Hammer And Anvil

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Les Pure Reason Revolution sont au rock progressif ce que les OGM sont à la nourriture. Pas naturels, probablement dangereux et pourtant si appétissants et attrayants que l’on se demande s’ils ne devraient pas être interdits.

Formé en 2003 à l’Université de Westminster, ce collectif de bio-instrumentistes déjantés semble prendre un malin plaisir à triturer l’ADN d’entités musicales incompatibles. Ainsi, « Hammer And Anvil », le troisième opus fraîchement sorti de leurs obscurs laboratoires ressemble-t-il à une version sonore du monstre de Frankenstein. Une entité inhumaine mais susceptible de communiquer des émotions, à laquelle on aurait collé la tête lumineuse d’Electric Light Orchestra, le cou allongé de Pink Floyd, le bras gonflé du Led Zeppelin, l’intestin écrasé des Smashing Pumpkins, l’ongle crochu de Nine Inch Nails, le pied-bot de Depeche Mode, la planche de surf des Beach Boys et le pénis de Lady Gaga.

Aussi horribles que puissent paraître, au premier abord, ces manipulations génético-bruitistes, force est de constater qu’elles génèrent la surprise et l’intérêt en premier lieu, l’affection ensuite pour se transformer, au final, en vénération inconditionnelle.

En résumé, contre nature mais jouissif, « Hammer and Anvil » est un sympathique coup de genou dans les testicules rigides du rock progressif. A découvrir d’urgence !

 

Lonely Ghosts

Return from the search party

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Lorsque Help She Can’t Swim splitte, son leader, Tom Denney, décide de se retirer dans son home studio et bosse sur un nouveau projet, qu’il baptise Lonely Ghosts. Après avoir publié un Ep, il nous propose son premier opus. Pour concocter ce disque, il a quand même reçu la participation de quelques collaborateurs, et en particulier l’ex-Help She Can’t Swim, Leesy Francis, ainsi que des membres de My Device et Nullifier.

La musique de Lonely Ghosts puise essentiellement dans la noisy, l’electronica, la pop et le post punk. Mais ces influences sont restituées sous une forme lo-fi. Pourtant, ce qui frappe d’abord au sein des compos, c’est ce contraste entre moments paisibles et accès de fureur. Un sentiment accentué par la voix de Tom, tantôt empreinte d’une grande douceur, responsable de hurlements gutturaux, vindicatifs ou encore susceptible de se muer en falsetto. Parfois, son timbre et ses inflexions me font même penser à Jarvis Cocker. Partagé en 13 plages, cet opus ne manque pas d’allure, même si les lyrics sont un peu trop puérils et si le recours aux synthés n’est pas toujours judicieux. Néanmoins, de ce tracklisting, j’épinglerai les énervés et enlevés « Love projection » et « Statues ». A cet instant Pulp n’est pas très loin. Encore que sur « March ! » et « Predictions for the New Year », c’est plutôt le spectre de Wire qui se met à planer. Deux superbes morceaux, également. L’excellent « Hush up ! », ensuite, mérite également une mention particulière. Tramé sur une ligne de basse réminiscente de The Rapture, pulsant, il brille par son refrain véritablement percutant. Denney a d’ailleurs l’art de ficeler des refrains contagieux. A l’instar d’« As my body explodes » ou encore de « Come down from the mountain” d’ailleurs. Si “Green eyes” aurait pu figurer dans le répertoire de New Order, “Battleships” hésite entre hip hop, hardcore et electro lo-fi. Probablement le morceau le plus indigeste de la plaque. Il y a bien encore la valse post punk, « Taking shape », qui achève le long playing, mais le reste manque de consistance. N’empêche, pour un premier essai, Lonely Ghosts a démontré qu’il disposait d’un fameux potentiel. On attend donc impatiemment la suite…

Lesbian Bed Death

Designed By The Devil, Powered By The Dead

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Dan Peach mène une double vie. Guitariste du groupe punk/hardcore britannique Razorwire le jour, il se transforme, à la tombée de la nuit en l’abominable Mr Peach, gratteur pervers du plus immoral des combos sleaze/gothiques d’outre-Manche, les biens nommés Lesbian Death Bed.

Initié en 2004 comme un ‘side-project’ rendant hommage aux idoles goth, glam et punk de Mr Peach, Lesbian Death Bed est devenu en 2006, suite au succès inattendu de l’album « I Use My Powers For Evil », la signature la plus lucrative de Psychophonic Records. Heureux label, puisque les nombreuses qualités de « Designed By The Devil, Powered By The Dead », la nouvelle rondelle blasphématoire de LDB devraient, en toute logique, lui assurer un chiffre d’affaire encore plus important.

Chez Lesbian Death Bed, le sleaze rock et le horror punk s’invitent dans le lit du rock gothique. Autrement dit, Mr Peach et son gang de vampires libidineux pompent avidement le sang (et les notes) des Misfits, des Sisters Of Mercy, d’Alice Cooper, de Type-O-Negative, de Mötley Crüe, de 69 Eyes, de Zodiac Mindwarp et des Cramps, pour se créer un son et un style unique où l’humour démoniaque est associé a des dépravations délicieusement immorales. Autrement dit encore, si vous n’avez toujours pas compris (NDR : mais là, vous m’obligez à devenir vulgaire), ces rosbifs viennent de sortir un putain de bon disque de punk/glam/rock’n’roll gothique qui parle de monstres et de cul.

Bien que Mr Peach soit le cerveau de l’affaire, il ne fait aucun doute que Lesbian Death Bed doive une grande partie de son succès à la prestation sulfureuse de mademoiselle Lucy4. Cette dernière, manifestement très adroite quand il faut faire vibrer un micro, doit probablement tétaniser les foules lorsqu’elle est sur scène.

Bien plus carrée que celle de son prédécesseur, la production de « Designed By The Devil, Powered By The Dead », signée par Shaun Lowe (Broken Bones, Damned), atteint des sommets proches de la perfection sur l’hommage gothique au plus grand vampire du cinéma : « Béla Lugosi’s Back », le sadique et métallique « No Tears Please », l’irrévérencieuse power ballade « Catholic Sex Kitten » ainsi que le tonitruant titre glam rock, « Retrosexual ».

La fête d’Halloween approche, vous avez la bande-son, il ne vous manque plus que le costume !

 

The Kings Of Frog Island

3

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Il y a six mois, Elektrohasch Records éditait « Procession », le testament discographique laissé par les Anglais de Josiah. Mat Bethancourt, le leader de ce combo stoner rock disparu depuis 2008, n’a pas pour autant abandonné le rock plombé, ni sa passion pour la musique des glorieuses seventies. Impliqué depuis quelques années au sein de l’excellent garage band Cherry Choke, il est aussi compromis, depuis 2003, chez les Kings Of The Frog Island, un trio mélangeant le stoner et le rock psychédélique.

Relevant, à l’instar de Josiah et Cherry Choke, du label allemand Elektrohash, les Kings of The Frog Island viennent de publier un troisième album très enfumé. Tout comme bon nombre d’artistes contemporains, ils ne se sont pas vraiment triturés les méninges pour baptiser leur dernière réalisation, puisqu’ils l’ont tout simplement intitulée « 3 ».

Fort heureusement, côté musique, ces ‘Rois de l’Ile aux Grenouilles’ sont beaucoup plus inspirés. Loin de se contenter, comme beaucoup de groupes stoner, de débiter des riffs lourdingues inspirés de l’œuvre de Black Sabbath, ils proposent une palette sonore si variée qu’elle semble parfois un peu décousue. Heavy pachydermique (« Glebe Street whores »), space-rock ‘Hawkwindien’ (« The keeper of… »), ballade introspective (« More than I should know »), délires psychédéliques (« Ode To Baby Jane) » ou marche funèbre (« Gallowtree Gate »), chaque titre diffère et apporte sa pierre à l’édifice.

Un peu moins enthousiasmant et beaucoup moins rock que le « Procession » de Josiah, « 3 » rappelle un peu l’œuvre heavy folk psychédélique du Black Widow anglais des seventies. Intéressant, mais pas absolument indispensable.

 

Vitor Hublot

Brassens selon Vitor Hublot

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Après avoir commis (non pas un crime, quoique…) un récent un album (précédemment critiqué par votre serviteur, et j’ai été gentil avec lui, j’vous jure !), notre Vitor national nous ressert une portion de sa soi-disant pop/électro à la grosse louche. Vu que je n’sais pas exactement quel style lui attribuer, j’ai décidé d’appeler ça ‘soupe’. Une (mauvaise) soupe donc, mi électro, mi pop, mi… rien du tout en fait, vu que ça r’semble mais alors là, vraiment à rien ! Aucun goût c’truc ! Et en plus, c’est froid !

Notre tailleur de pierre a pourtant la chance et l’énorme avantage d’être Belge, de pouvoir bénéficier d’un terroir ‘musical’ habituellement propice à sortir un chouette truc, à produire quelque chose de valable. Il y a quand-même un tas d’excellents exemples partout autour de lui et ce dans tous les coins de notre beau royaume musical !

Et pourtant, j’adore la soupe…

Pas satisfait d’avoir ‘méchamment’ repris un répertoire réservé aux guindailleurs et étudiants de tous bords, Vitor Hublot s’attaque cette fois sans vergogne et sans peur à une pointure de la chanson française. Que dis-je ? Une pointure ? Un monument !

Notre bon sculpteur a donc décidé de tailler dans l’œuvre de Georges Brassens. Et il taille le bougre, à l’aide d’un gros burin… et à la masse… sans mettre de gants. Neuf de ses plus grands (ils le sont TOUS) chefs-d’œuvre sont passés au concasseur, broyés et réduits en poussière… Il ne reste rien. C’est le néant, le vide total.

Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête de ce mec ?

Moi qui croyais qu’un artisan (il se revendique comme tel) avait l’envie de produire de jolies œuvres, originales, différentes chaque fois. On est loin du compte. En fait, nous sommes ici en présence d’un producteur de mauvaises copies. Ben oui comme pour les grandes marques et… la ‘qualité’ qui va avec. Le texte mis à part (il faut bien écouter), rien ne laisse imaginer l’origine de ces huit chansons. Où est l’esprit Brassens ? Ces mots, sans la guitare de Georges et la contrebasse de Pierre Nicolas, n’ont plus la même saveur. Ils n’en ont plus aucune d’ailleurs. Quel est le but poursuivi ? Je ne comprends pas…

Si Vitor voulait choquer, bravo, c’est vachement réussi. Et ce n’est pas l’avis de ‘Monsieur’ Gilles Verlant qui me fera penser différemment. Y fait c’qui veut ce mec, y peut même chanter… si ça lui fait plaisir… Heureusement qu’il ne dédie sa version qu’à ses deux fils. Manquerait plus qu’il ait pensé à moi… Ouf !

Y’avait eu au cinoche, en son temps « Massacre à la tronçonneuse » qui avait fait couler pas mal d’encre. Y’a maintenant « Massacre au burin » non plus sur grand écran, mais sur Cd. Et j’espère que celui-là ne fera rien couler du tout car il vaudrait mieux… oublier rapidement.

A acheter (ben oui, ça s’vend) uniquement si vous voulez faire un vilain cadeau à votre meilleur ennemi !

Ah oui, j’oubliais, il paraît que c’est le premier volume et qu’il y en aura d’autres. Au secours !!!

Deolinda

Dois Selos e um carimbo

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Deolinda est un groupe de fado. Ahhh ! Qu’à ce mot ne s’associent pas immédiatement dans les esprits des termes comme austérité, tragédie, douleur. Parce que si le fado traditionnel portait effectivement souvent l’expression de sentiments déchirants, le fado moderne a communiqué un aspect plus jovial à cette fameuse musique portugaise. A en croire ceux qui connaissent suffisamment Lisbonne pour éviter les rades à touristes, le public des concerts de fado, dans les quartiers populaires, est collé aux musiciens, et réagit pour leur manifester son contentement ou sa fureur, dans une ambiance d’hystérie généralisée.

Sans rien renier des grandes figures du fado de la capitale lusophone, telle Amália Rodriguez, de jeunes musiciens perpétuent et font évoluer la tradition. En s’ouvrant vers d’autres musiques populaires, cette génération chante un fado éclectique et revigorant. Il ne perd rien de son expressivité et gagne en vitalité. On connaissait Madredeus, sa voix d’une infinie douceur, ses inspirations essentiellement brésiliennes. Deolinda est un quatuor lisboète puisant dans le ranchera du Mexique et le rebetiko (NDR : en réalité, les liens entre la Grèce et le Portugal ne datent pas d’hier ; ce qui explique cette relation existante entre fado et rebetiko). Si la voix d’Anne Bacalhau est très proche de celles, typiques du fado et de la saudade, elle devient parfois aiguë et acidulée, dense, enfantine, puissante ou gitane. Les tessitures proches de Madredeus, Lahsa, Lila Downs, égaient les mélodies, comme les tissus colorés, les robes de la chanteuse de Deolinda.

Anne Bacalhau signifie Anne Morue. Mais morue, la chanteuse n’en est pas une. Charismatique et généreuse autant qu’Hindi Zahra, accompagnée de son mari José Pedro Leitão à la contrebasse, ainsi que de ses séduisants cousins Luís José Martins et Pedro da Silva Martins aux guitares, le combo a de l’allure ! Et dans la musique, il a du goût ! On croirait entendre un violon en pizzicato mais pas du tout. Le groupe a simplement du talent.

Chacun a vécu son expérience musicale avant la naissance de Deolinda, projet qui gravite autour d’un personnage du même nom, lisboète contemplative passionnée par la vie des autres qu’elle observe depuis sa fenêtre. Ce disque, le deuxième de Deolinda, s’intitule « Dois selos e um carimbo » : littéralement, « Deux timbres et un tampon ». Un poil moins débridé que le premier disque (NDR : « Canção ao Lado », en écoute gratuite sur leur site), le nouvel opus n’en est pas moins une très belle découverte. Les lusophones se réjouiront des textes, dont je vous livre ici deux petits extraits.

Tout d’abord le début de “ Não Tenho Mais Razões ” :

‘J’ai jeté mes béquilles / Ma bosse ne me fait plus souffrir
Oui cher monsieur / cette maladie me donne envie de danser
Je n’ai plus mal et ne m’épuise plus / au point que je me suis mis à chanter’,

et puis un extrait de “Um contra o outro” :

‘Sors de chez toi et viens avec moi dans la rue,
Viens, parce que ta vie,
Au-delà de toutes les vies que tu passes  à gagner,
C’est la tienne
Que tu perdras, si tu ne viens pas.’

Ne manquez pas Deolinda en concert, il se produira en Belgique au mois d’octobre : le 22 à l’espace Senghor à Bruxelles, le 23 à Louvain, le 27 à Anvers. N’oubliez pas vos robes rouges et vos chapeaux rayés !

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