Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Toog

Goto

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Gilles Weinzaepflen AKA Toog nous vient de Mulhouse. Si Jacques Tati l’avait un jour rencontré, il l’aurait certainement invité à rejoindre son équipe d’ingénieurs du son, lors de l’un ou l’autre tournage. Et « Goto », son nouvel opus, en est une parfaite démonstration. Car si le Français déborde d’imagination, il ne se soucie pas de faire aboutir ses compos. Pour lui, l’essentiel est de créer des ambiances en y incorporant de nombreux bruitages et quelques notes d’instruments. Mais en brouillant constamment les pistes tout en expérimentant, sans tenir compte de l’auditeur, on a l’impression que Toog cherche parfois par agacer. Et ca marche ! C’est même parfois (pas toujours) efficace.

« Traffic Jam » ouvre le bal. Une mélodie simpliste est perturbée par des bruitages de voitures et de klaxons. On se croirait en plein « Traffic » de Tatischeff. ‘Où va la vie’ chante-t-il. ‘Partout, n’importe où !’, répond Gilles. Et c’est ce que côté un peu niais et mielleux qui énerve… Bref, si l’univers cinématographique constitue l’inspiration première de Toog, on a quand même droit à une excellente conclusion lors du très mélodique et visionnaire « L’Esprit De l’Inventeur », où le cinéaste Michel Gondry (« Be Kind Rewind », « Eternal Sunshine of The Spotless Mind », etc.) pose sa voix sur de superbes nappes de pianos et des sonorités électro minimalistes.

Toog partage volontiers ses idées qui foisonnent dans sa tête. Parfois farfelues parfois géniales, elles sont le fruit des élucubrations d’un personnage haut en couleur ; mais elles ne ciblent qu’un public bien spécifique. Ne cherchez pas de trame ni de structure. On a parfois l’impression d’être en présence d’un véritable foutoir ! Un peu à l’image de l’artiste. Intéressant, ce disque n’est cependant pas pour autant vraiment brillant.

 

Timber Timbre

Timber Timbre

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Si le nom de Timber Timbre ne vous dit rien (du moins pour l’instant), cette méconnaissance ne fera pas long feu. Projet du Canadien Taylor Kirk, il risque fort de constituer l’une des sensations de l’année, à l’instar de Bon Iver, deux ans plus tôt. Autoproduits, ses deux premiers elpees, « Cedar Shakes » et « Medicinals » sont parus respectivement en 2006 et 2007. De quoi permettre au Torontois de se produire sur les scènes de la métropole canadienne, et même extra-muros. Il est repéré par le label Arts & Crafts (Broken Social Club, Ra Ra Riot, Phoenix, Feist, Los Campesinos, …), qui n’hésite pas une seconde à le signer. Eponyme, son dernier opus, est sorti l’an dernier, au Canada. Ce qui lui a permis de se forger une certaine notoriété sur l’ensemble du territoire nord américain et d’assurer le supporting act de la tournée d’Owen Pallet. Faut dire que la presse spécialisée lui a réservé une multitude de bonnes critiques. Il avait d’ailleurs été nominé lors du ‘Polaris Prize’ (meilleur album canadien). Le Vieux Continent aurait encore pu longtemps ignorer l’existence de cet artiste, si le label anglais Full Time Hobby (Tunng, Malcolm Middleton, Micah.P.Hinson) n’était pas entré dans la danse. L’écurie est attentive aux talents en devenir et a donc engagé le chanteur/compositeur/guitariste. Puis a décidé de publier ce dernier elpee. Et on lui en est mille fois reconnaissant !!!

Reconnaissant, car l’album du Canadien est tout simplement fabuleux ! Œuvre intemporelle rappelant autant Tom Waits et Léonard Cohen que Bon Iver et M.Ward. Taylor Kirk y propose un folk sombre, intimiste, mystérieux, qu’il mêle habilement et tour à tour au blues, à la soul (« Trouble Comes Knocking ») ou à la country. La plupart du temps, il accompagne sa voix de sa gratte, d’un clavier et de beats pour imprimer la rythmique. Les arrangements sont parfaitement dosés, bien équilibrés. D’une extrême douceur, son timbre vocal évoque tantôt Justin Vernon (Bon Iver) ou Antony Hegarty (Antony and The Johnsons). Une voix uniquement soutenue par sa guitare, sur « Demon Host ». « We’ll Find Out » est un autre moment fort de l’opus. Enrobé de chœurs et parcouru d’interventions au violon, cette compo lorgne manifestement vers son compatriote, Léonard Cohen. On pourrait décortiquer tous les morceaux de cette œuvre, mais je ne voudrais pas vous gâcher la surprise.

Il faut le reconnaître, Timber Timbre joue déjà dans la cour des grands. Et son dernier long playing constituera certainement un des sommets de cette année 2010. Cependant, si vous souhaitez vous forger votre propre opinion, je vous invite à aller l’applaudir en concert, puisqu’il se produira en première partie de Phoshorescent, le 15/09, au Botanique, et le 17/09, au festival Leffingeleuren. 

 

The Spermbirds

A Colombus Feeling

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Un glaviot préhistorique, craché pour la première en 1982, et une première plaque vinylique, pressée en 1985, font probablement des Spermbirds l’un des plus antiques combos keupons germaniques en activité. Formé à Kaiserslautern par Lee Hobson Hollis, un G.I. américain stationné en Allemagne, le groupe s’est forgé, dans les années quatre-vingt, une solide réputation scénique au pays de la choucroute garnie. Malgré une carrière plutôt conséquente, ces cousins germains des Sex Pistols et des Dead Kennedys ne livrent ici que leur huitième méfait discographique.

Tout comme le plat traditionnel mentionné ci-dessus, le punk rock des Spermbirds est mitonné à l’ancienne. Rien que des ingrédients naturels dans la recette du combo. Du rock’n’roll virulent, cultivé dans la rue, sur un lit de crachat, de haine et de vomi. Que les accros à facebook et à la punk pop aseptisée aux OGM exportée en masse par les yankees s’empressent de passer leur chemin. Les Spemrbirds ne sont pas des ados en goguette. Ici, tout respire l’expérience, la sueur et l’authenticité. Le punk des Allemands répond aux normes les plus strictes : les lyrics sont sarcastiques et ponctués d’hymnes à reprendre en chœur. Le son des guitares est cradingue à souhait et la basse carrément explosive. Seul écart de conduite (vite pardonné car hautement jubilatoire) l’intro au banjo du titre éponyme « Colombus Feeling ».

Bienvenue  à l’école du rock’n’roll, c’est la rentrée des crasses. Ouvrez votre livre de punk à la page Spermbirds !

Richy Pitch

Ye Fre Mi Richy Pitch

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Le Ghana se porte bien et s’exporte tout aussi bien. Les Black Stars ont réussi un super mondial en Afrique du Sud et sont passés à deux doigts d’entrer dans la légende, en devenant la première équipe africaine à atteindre le stade des demi-finales. Bref, ça mousse grave pour le Ghana. Coté musique, la nation africaine semble entretenir un certain climat de mystère. Mais les événements sont occupés de se précipiter, depuis que le DJ et producteur londonien Richy Pitch a séjourné pendant deux ans sur les terres ghanéennes. Ancien résident notoire du mythique club hip-hop ‘Scratch’, Pitch a accumulé un tas d’expériences depuis 1996. Il est aujourd’hui devenu un des producteurs hip-hop les plus notoires. Son dernier projet a de quoi susciter l’enthousiasme. Et pour cause, à l’issue de son périple, dès qu’il a retrouvé son studio, il a décidé de revisiter la musique ghanéenne, en lui administrant de bonnes doses de hip hop et de beats électros. Un concept accueilli les bras ouverts, par l’écurie BBE. « Ye Fre Mi Richy Pitch » constitue donc le fruit de ses expérimentations accomplies en compagnie de la crème des artistes ghanéens. Parmi lesquels on épinglera, quand même, MOBO, Samini (vainqueur du MTV Africa Awards) ou encore Reggie Rockstone (plus connu sous le nom de Godfather of Hiplife).

Et le résultat est tout à fait convainquant. Le producteur peut d’ailleurs être fier de son œuvre. Et pour cause, non seulement, les compos sont riches en références hip hop, afrobeats et percussions traditionnelles, mais elles nous plongent au cœur d’un univers sonore coloré et remuant. Les emcees balancent des flows qui en jettent ! Les chants typiques épousent les beats électro de Pitch et la galette s’enflamme à  la moindre étincelle. On se souvient que l’Afrique du Sud, et en particulièrement Soweto, nous avait valu de chouettes découvertes ; c’est ici au tour du Ghana d’être mis en exergue. 2010 est bien l’année du Continent africain !

 

Peau

Première Mue

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Peau… Mais qui donc se cache derrière cet épiderme ? En fait, il s’agit de Perrine Faillet qui, après avoir milité, pendant cinq années, au sein de la formation vocale Crise Carmen (NDR : vous connaissez vous ?) a décidé de changer. De quoi ? Ben de peau, tiens ! Faut suivre hein les gars !!! D’où le titre de son nouvel album, « Première Mue » : ben oui quand on change de peau, c’est normal, non ? A vingt-huit ans, notre Grenobloise, après avoir passé une année à ‘traîner’ son ennui, suite à la séparation de sa ‘chorale’, s’est enfin remise à bosser ; et revêt donc sa nouvelle peau. Elle a enfin fait sa mue…

Auteur/compositeur, Perrine écrit depuis 2008 des chansons dans son home-studio. Les harmonies vocales ont cédé le relais à des guitares, des claviers et des beats. Le cadre vocal n’est donc plus d’actualité ; et Peau redessine les contours de sa carrière musicale. Après une année de recherches en solo, il est temps de passer à la vitesse supérieure.

Afin d’enfanter son projet, Perrine a convié deux explorateurs chevronnés du rock à la fois esthétique et électro : Olivier Depardon et Daniel Bartoletti. Interprétées tour à tour en français ou en anglais, les onze titres graciles ou vifs, nerveux ou intimistes mais toujours intelligemment construits, évoluent sur des rythmes lancinants. Et au sein d’un univers pop folk, ouvert tant à l’électricité qu’à l’électronique. Bien que souvent comparé à Emilie Simon voire à Noir Désir, la musique de cet opus intrigant, mais joliment maîtrisé, ne manque toutefois ni de personnalité ni d’originalité.

S’il n'est pas facile pour un jeune artiste de créer un univers fort et cohérent, dès ses premiers pas, Peau est quand même parvenue à faire l’unanimité autour d’elle, lors de la sortie de ce premier Cd. Un disque véritablement encensé par la critique. Bref, ce mélange de pop, d’électro et de folk n’attend plus que vous. Alors, entrez donc dans l’univers mystérieux et sensuel de Perrine susceptible de vous caresser à fleur de… Peau !

NOFX

The Longest (Ep)

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Fat Mike aime satisfaire les aficionados de punk rock. Depuis quelques temps, Fat Wreck Chords (NDR : le label keupon créé par ‘Gros Mike’) multiplie les rééditions d’albums cultes et les compilations de raretés. Quelques semaines seulement après avoir appliqué ce traitement salvateur à la collection de singles et d’inédits du défunt Good Riddance, sur le génial « Capricorn One », c’est aux publications les plus obscures de NOFX, le groupe dont il est le leader, que Fat Mike accorde une nouvelle jeunesse.

Je le confesse volontiers, la première écoute (distraite) de ce “Longest EP” ne m’a pas vraiment emballé. Ce punk rock yankee, pêchu, est bien foutu, mais tout à fait banal. En outre, la voix de Fat Mike est un peu trop nasillarde, à mon goût. Très peu pour moi ! Enfin, cette réaction, je l’ai manifestée juste avant de m’attarder sur les lyrics du combo californien. Car ils sont désopilants et acerbes. Alors, et tant pis pour l’originalité, ce disque est génial, puisque, pour une fois on se marre un peu en s’enfilant les sempiternelles leçons de morale et les critiques de la société, inhérentes au mouvement punk.

Difficile, en effet, de garder son sérieux au son reggae (accent jamaïcain inclus) de « Kill All The White Man ». Plus difficile encore de ne pas se tordre de rire en écoutant le clip commercial enregistré par le groupe à l’occasion de la sortie de son album « War On Errorism ». Carrément impossible de ne pas se pisser dessus en écoutant les lyrics de « I’m Going To Hell for this One », dont voici un extrait choisi au hasard : ‘Jesus is Back and he wants to kick Mel Gibson’s ass’. Très fun aussi ce « The Punk Song ». Achevant l’opus, ce titre constitue une version très personnelle et débridée du classique de Chuck Berry, « Johnny B. Goode ».

Affichant au compteur trente titres pour plus d’une heure de délires keupon, cette compilation ultime réunit des raretés, des inédits et des titres introuvables, enregistrés entre 1987 et 2009. Elle est vendue sur le site de Fat Wreck pour un prix presque dérisoire et mérite sans conteste son titre de « The Longest EP ».

En conclusion : rien que du bonheur pour les fans de NOFX et pour celles et ceux qui, comme votre serviteur, découvrent sur le tard, un groupe qui vaut vraiment le détour !

The Magic Kids

Memphis

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Memphis est probablement un endroit magique. La capitale du Tennessee a ainsi et notamment hébergé les célèbres labels Sun et Stax ; mais également enfanté des artistes de la trempe de Jerry Lee Lewis, Alex Chilton ou Jay Reatard. Et puis le grand Elvis y a grandi et s’y est éteint en 1977. Les Magic Kids nous viennent également de la ville sudiste. Et la chorale céleste a décidé de baptiser le titre de son opus, du nom de cette cité. 

Tout au long de cet elpee, le quintet magique aligne des compos allègres, entraînantes, contagieuses, imparables et subtilement orchestrées, dans la lignée des Beach Boys, Van Dyke Parks ou Electric Light Orchestra. Admirablement produit par Shane Stonebeck (Vampire Weekend, Sleigh Bells), « Memphis » a bénéficié de la participation d’une belle brochette de collaborateurs. Des potes. Venus jouer des cordes, des cloches, des violons, du hautbois, des cuivres et des synthés en tous genres. Irrésistibles, « Hey Boy » et « Superball » sont nourris à l’énergie pop baroque. Sonorités et harmonies vocales trempent dans un climat digne de la sunshine pop des 60’s. A se demander s’il ne faudrait pas solliciter les Magic Kids pour composer les B.O. des prochains dessins animés, réalisés chez Walt Disney ? Ce qui nous changerait de Phil Collins et Céline Dion. Ces gamins sont vraiment magiques ! Après avoir découvert Delorean et Girls, le label True Panther Sound a manifestement le nez creux…

Les Magic Kids se produiront en concert, au Botanique, ce 3 octobre prochain.

 

Cathy Lemons & Johnny Ace

Lemonace

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Cathy Lemons vient de fêter ses 52 ans. Elle nous vient d'Eau Claire, dans le Wisconsin. Elle est née au sein d’une famille presque nomade. Qui finira quand même par se ficher au Texas, en 1971. A Dallas, très précisément. C'est là que Cathy tombe sous le charme du blues. Elle monte régulièrement sur scène, en compagnie de jeunes formations en plein essor. Et en particulier où sévissent déjà Anson Funderburgh, Darrell Nuslish et même Stevie Ray Vaughan. En 1986, elle émigre à San Francisco. Vu son bon goût et son talent, elle partage les planches de Mark Hummel et Paris Slim. Elle attire même l'attention du vétéran John Lee Hooker et participe aux shows du Coast to Coast Blues Band. Elle décide ensuite d’embrasser une carrière individuelle. Bénéficiant du concours, d’abord du guitariste David Workman, puis en 1995, du bassiste Johnny Ace. Ce dernier est aujourd’hui âgé de 61 ans. Il est issu de New York City. Il a joué auprès des plus grands ; et en particulier Otis Rush, John Lee Hooker, Lowell Fulsom ou encore Charlie Musselwhite… Depuis cette époque Cathy et Johnny partagent leur aventure musicale. Leur premier elpee est paru en 1999 : "Dark road". Chez le label Saloon Recordings. Parmi les invités guitaristes figurent quelques noms prestigieux : Tommy Castro, Rusty Zinn et Steve Freund. Depuis, 2006, leur backing group implique guitariste Pierre Le Corre (NDR : il est originaire de Marseille) et le batteur Artie Chavez. Cathy et Johnny se sont partagé l’écriture de la quasi-intégralité des titres.

"Brand new day" ouvre le bal. Une compo très nerveuse, au cours de laquelle le couple partage le chant. Pierre joue en rythmique ; mais son attaque est tellement déjantée, qu’elle se mue en funk détonant. "Love like a fire" baigne dans le même style. Terriblement cohérente, la section rythmique soutient l’ensemble. Johnny se révèle excellent bassiste. Premier invité, Kid Andersen entre en scène. Il semble armé pour accomplir ce superbe voyage, périple psychédélique étincelant, chargé d’intensité, au cours duquel Le Corre lui donne la réplique à la slide. Tommy Castro –l’ami de toujours– dispense un solo troublant et torturé sur "Used to this blues", une plage indolente, parcourue par la voix reverb de Cathy, réminiscente de la Grace Slick des grands jours, lorsqu’elle sévissait chez le Jefferson Airplane (NDR : nous sommes même ici très proche du San Franciso sound !) "Sink or swim" en revient au funk ; mais Johnny se paye un rap à la newyorkaise, pendant que Pierre sort sur le fil du rasoir! Plage atmosphérique, "Shoot to kill" est introduite par la slide de Ron Thompson, un autre pensionnaire émérite du Coast to Coast Blues Band. Une compo de 8’ qui trempe au sein d’un climat menaçant, malsain, inquiétant, malveillant. En fin de parcours, Le Corre vient y injecter sa dose de slide toute personnelle. Chicago blues, "When bad luck looks good" est imprimé sur un tempo enlevé. David Maxwell siège derrière le piano. Un maître du style qui s’offre rapidement son billet de sortie, avant d’être relayé par Tommy Castro. "Gimme a penny" est un autre titre nonchalant. Mais aussi dépouillé. La voix de Cathy est convaincante. Mais Maxwell domine le sujet aux ivoires, dont il partagera ensuite le leadership, en compagnie de Paul Oscher, un ancien membre du Muddy Waters Band, à l’harmonica. "I got it" est sculpté dans le funk pur. La rythmique épaule parfaitement la voix aérienne de Melle Lemon. Cette dernière nous confesse "I'm not the woman I used to be", un blues lent de facture classique, caractérisé par les petites notes concédées par Pierre. Elles font mouche face à Kid Andersen passé à l'orgue. Une bonne ligne de basse balise "Stay", un boogie assez sauvage et de bonne facture, au cours duquel Le Corre s’acharne, en empruntant un ton très John Lee. "Get this thing off's my back" campe un blues saturé par le son Hooker dispensé par le talentueux gratteur norvégien, Kid Andersen. La cover du "Move on" de Baby Washington achève cet elpee. Un peu à la manière d’un rappel, Johnny reproduisant, une nouvelle fois, ses interventions vocales rap. Et pour que votre info soit complète, sachez que ce long playing a été coproduit sous la houlette de Lemon, Ace et Kid Andersen, au sein des studios Greaseland de ce dernier. Perso, je suis surtout ravi d’avoir découvert Pierre Le Corre, guitariste français talentueux…

 

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