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Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Teresa James

You know you love it

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Teresa James est née à Houston, au Texas. Elle s’est cependant établie, il y a quelques années à Los Angeles. Elle y drive ses Rhythm Tramps. Mais son style musical est surtout marqué par son Texas natal et la Nouvelle Orléans. Elle sillonne les routes du blues depuis de nombreuses années et comptait déjà six albums à son actif, avant de publier ce "You know you love it". Pour concocter cet elpee, elle est soutenue par ses Rhythm Tramps ; c’est-à-dire le guitariste Billy Watts, le saxophoniste Jerry Peterson, la drummeuse/percussionniste Miss Debra Dobkin, le bassiste Terry Wilson ainsi que le notoire Tony Braunagel (deux ex-Back Street Crawler), également à la batterie, mais surtout à la production. Parmi les invités figurent John ‘Rabbit’ Bundrick (également un ex-Back Street Crawler) et Mike Finnigan à l'orgue ainsi que John Cleary au piano.

Excellent, "Hug yourself" ouvre l’elpee. Le tempo est puissant, très southern blues. Les percus sont bien à l'avant, les cuivres sont omniprésents. La musique baigne dans l'atmosphère de la Nouvelle Orléans. Le timbre vocal de Teresa libère suffisamment d’intensité naturelle pour affronter ce style subtilement funky. Caractérisé par cette belle complicité échangée entre le piano de Miss James et les cordes de Watts, "Talk to the hand" persévère dans le même registre. Une compo dont l’impact est direct. Rauque et légèrement forcée, la voix impose sa loi ; d’ailleurs tous les musiciens sont à son service. Ce qui ne les empêche pas d’être brillants. Le tempo accélère et devient franchement rock'n'roll (NDR : cette rythmique stonienne !) sur "It ain't my bad this time". Teresa chante divinement "A good day to cry", une superbe ballade sudiste. Elle manifeste beaucoup de présence, a de la réserve et s'en sert fort bien! Jerry Peterson en profite pour prendre son billet de sortie au saxophone ; et c'est le bonheur. Elle reprend la route qui mène Memphis à New Orleans pour attaquer "It might be Memphis", un bon vieux rock'n'roll balisé par le rythme du piano. Funk/R&B, "She don't mess with his buzz" met en exergue les interventions de cuivres. Tendre ballade, "The good old days" baigne dans l'ambiance insouciante de la fin des fifties, début des sixties. Teresa chante "Sunday shoes" d’une voix délicieuse, un blues fin de soirée, qu'elle aborde seule au piano, avant d'être rejointe par ses partenaires. Une compo tout à fait bouleversante. La Louisiane est aussi le berceau du zydeco, un style joyeux et festif entraîné par l’accordéon. Une ambiance très caractéristique rencontrée tout au long de "Whine, whine, whine". Le blues de "You got me where it hurts" fleure bon le Mississippi voisin. La guitare libère des sonorités primaires, pendant que Teresa chante sur un ton nonchalant. Une ambiance lugubre envahit "Look for a thang". Sonorités de claviers, percus, le sax de Jerry, mais surtout la guitare reverb entretiennent cette atmosphère, pendant que Teresa nous entraîne, la nuit tombante, au bord des swamps proches de la vieille cité de New Orleans. De toute bonne facture, cet opus s’achève par "You know you love it", une compo sauvage, imprimée sur un tempo rock'n'roll, au cours de laquelle tous les musiciens prennent leur pied avant de se retirer…

 

Cee Cee James

Low down where the snakes crawl

Écrit par

Cristina ‘Cee Cee’ James nous vient de Portland, dans l’Oregon (NDR : c’est dans le Nord-est américain). Mais sa famille émigre ensuite en Californie, à San Diego, très exactement. C’est là qu’elle accomplit ses premier pas musicaux, au sein de Stone Blue. Nous sommes alors au cours des années 90. Son premier elpee solo, paraît en 1999 : "Spiritually wet". Il émarge au pop/funk. Une vie sentimentale perturbée l’incite à retourner dans l'Oregon, dès 2005. Mais fin 2007, elle reprend son bâton de pèlerin et se dirige plus au Nord. Dans l'Etat de Washington, très exactement. Où elle s’est établie. Et a immortalisé les sessions studio de ce nouvel elpee. Miss James et son mari, Rob ‘Slideboy’ Andrews (NDR : c’est également son guitariste), sont responsables de l’écriture de la quasi-intégralité du répertoire.

L'ouverture est, ma foi, renversante. La guitare s’aventure en solo, un peu à la manière de Jimi Hendrix, lorsqu’il amorçait certaines ballades. Peu à peu, les musiciens se joignent aux cordes, avant que la voix de Cee Cee n’entre en scène. Tout d'abord en mode mineur. Et progressivement son timbre monte en puissance, avec une facilité déconcertante ; mais aussi une sauvagerie inouïe. Et cette manière de chanter rappelle instantanément feu Janis Joplin, disparue au tout début des seventies. Pendant ce temps, Rob Andrews ou l'autre gratteur, Tim Enders, font le max pour se fondre dans cet univers sonore tragique. Ce long blues dure plus de 8 minutes ; et pourtant, on ne voit (NDR : n’entend ?) pas le temps passer, tant la voix de cette tigresse est envoûtante. Cette plage donne le titre à l’album et elle vaut, à elle seule, son achat. Autre blues lent, "Black raven" est plus classique. Dépouillé à l'extrême, il aligne des accords découpés au rasoir. Un peu comme chez John Lee Hooker. Quoique discret, l’harmonica est bien présent. Quant aux percus, elles affichent toute leur fragilité. Toute en relief, la voix de Cee Cee, la féline, force le passage, lors d’un dialogue, sur un riff qu'aurait apprécié Mr Muddy Waters en personne. Digne de Howlin' Wolf, le tempo prend des couleurs pour attaquer "Love makes change" ; et pourtant, c’est la six cordes qui tire son épingle du jeu. Car si CC chante fort bien, elle n'abuse jamais de sa technique vocale. "Desert blues" lorgne du côté du Diddley beat, changements de rythme à la clé. "Roll me over" prend une nouvelle direction. Plus atmosphérique dans son développement, elle propose un voyage légèrement parfumé d’Orient. Une nouvelle accélération secoue "Make it to the other side". La voix s’aventure une nouvelle fois sans ses élans joplinesques et, parfaitement soutenu par l’orgue, nous plonge dans un véritable climat propice à la transe. Certaines compos épousent une structure proche des Doors. Et je pense tout particulièrement à "White picket fence" et "Watermelon Lucy", au cours desquels Andrews est passé à la slide. Même les crescendos adoptés par la voix s’y réfèrent ; bien sûr en faisant abstraction du baryton profond de Morrison. Cependant, la formule passe bien la rampe. En fin de parcours, "Done love wrong" nous ramène à la case départ. Apaisée, la voix dialogue avec la guitare avant de nous transporter dans son univers surréaliste. De toute bonne facture, cet opus s’achève par "Spirit of the shaman", un blues teinté de rock, au cours duquel les cordes sont bien mises en évidence. Et Cee Cee semble insatiable, puisqu’elle vient de publier un nouveau long playing, mais enregistré en public : "Seriously raw" – Live in Burbank". Une tournée est annoncée pour février 2011. Un périple qui devrait traverser la France et l’Allemagne. James de Chorus à Sedan ne semble pas y être étranger…

 

Jamaica

No Problem

Écrit par

Avant de répondre au patronyme Jamaica, ce duo s’était baptisé Poney Poney. Il faut croire que le tandem estimait qu’il existait un risque de les confondre avec les néo-stars de la pop française Pony Pony Run Run, pour en changer. Mais il risque de créer un nouvel imbroglio. Car nonobstant son nom, Jamaica n’émarge pas au reggae mais bien à la pop la plus pure… D’ailleurs tout au long de son premier elpee, « No Problem », le tandem parisien aligne les hits dans la droite lignée des célèbres Versaillais de Phoenix ! Antoine Hilaire (guitariste de Tahiti Boy and The Palmtrees) et Florent Lyonnet pondent des morceaux électro-pop efficaces à la pelle. Rien de bien mémorable, mais des titres fun et sans complexe. Le dansant « I Think I like U2 », l’ultra-efficace « Jericho » ou encore « When Do You Wanna Stop Working » devraient d’ailleurs récolter les suffrages des nombreux fans de Pony Pony Run Run. Enregistré sous la houlette des ingénieurs du son de Daft Punk (Xavier de Ronsay et Peter Franco), « No Problem » se nourrit de sonorités bubble-gum 80’s, pour en régurgiter des compos bien dans l’air du temps. La basse est bien rythmée. Les mélodies sont évidentes. De quoi relever des lyrics anecdotiques et une mise en forme un peu trop clinique (NDR : donc uniforme, quoique parfaite dans le genre). Les radios FM vont se régaler en puisant dans ce kit parfait pour playlist pop. Après Justice et Phoenix, Jamaica prouve en tout cas que la ‘French Touch’ n’est pas morte… La pop non plus d’ailleurs ! Et que demande-t-on de plus à un groupe de pop que de composer des chansons aux refrains contagieux et aux rythmes entraînants…

Le combo français se produira au MZ de Bruges, le 27 novembre prochain (org : Cactus)

Bruce Haack

Farad : The Electric Voice

Écrit par

Bruce Haack est décédé en 1988. Dans l’univers de la musique électronique, c’est un phénomène. Et surtout un maître. Et pourtant, il ne jouit pas d’une grande notoriété. Né à Alberta, ce Canadien a pourtant réalisé une véritable révolution dans l’univers des synthétiseurs ; et on ne compte plus les artistes qui reconnaissent Haack comme influence majeure. Des noms ? Cut Chemist, J Dilla, Beck ou encore Eels. Ce sont, bien sûr, les plus illustres. Bruce a également laissé une discographie monumentale. Au cours de son existence, outre ses disques personnels, il a apporté sa contribution à une multitude de projets aussi différents les uns que les autres. Depuis les shows télévisés (Mister Rogers), aux spots publicitaires, en passant par les compilations. Et puis, il est également responsable d’un véritable chef-d’œuvre émargeant à l’acid-rock-techno : « The Electric Lucifer ». Edité en 1970, cet elpee avait été entièrement réalisé à l’aide d’un Moog et de vocoders prototypés.

Le label californien Stones Throw Records (J Dilla, Peanut Butter Wolf, etc.) a donc décidé de se pencher sur l’œuvre atypique de ce curieux personnage qui a toujours cru à l’entretien d’une relation entre l’Homme et la Machine. « Farad : The Electric Voice » constitue une véritable mine d’or en matière d’électronique primitive. Il réunit quelques uns des meilleurs titres issus du catalogue de Haack. Soit enregistrés entre 1970 et 1982. Les sonorités ‘homemade’ imaginées par Haack et sa technique du vocodeur démontrent que l’artiste cherchait avant tout à expérimenter les sons. Dans l’univers des compos structurées, il est inégalable. Car ces nappes sonores ne sont vraiment perceptibles que si l’on ferme les yeux. C’est la seule manière d’entrer dans son monde merveilleux, illuminé de grooves psychédéliques et réverbs éblouissantes. Haack méritait bien son heure de gloire ! Si vous êtes un jour tombé sous le charme des vocodeurs dispensés par Daft Punk ou Simian Mobile Disco, ceux de Monsieur Haack devraient vous enchanter. Et même contaminer votre matière grise…

 

Drivan

Disko

Écrit par

Drivan est le projet le plus récent du Norvégien Kim Hiorthoy. Graphiste et musicien, il est également impliqué au sein de l’équipe du label label Smalltown Supersound (Annie, Lars Horntyeth, Lindstrom). Pour enregistrer cet elpee, Kim a reçu le concours de collaboratrices scandinaves. Soit les Suédoises Lisa Ostberg et Louise Peterhoff ainsi que la Finlandaise Kristina Viiala. Une dream team pop nordique responsable d’une électro-pop épurée, particulièrement minimaliste. Drivan se traduit par ‘flotter’ et les voix chuchotées, fragiles et délicates correspondent parfaitement à cet état d’esprit. Elles répondent aux loops de Kim Hiorthoy, dispensés dans les style de Stereolab voire de Saint Etienne. Malheureusement, le sens mélodique fait quelque peu défaut. Il est vraiment trop aride pour pouvoir vraiment accrocher. Dommage, car on recèle, tout au long de l’opus de bonnes idées ; et puis l’expression sonore baigne au sein d’un certain mystère, entretenu par les comptines vaporeuses chantées en suédois (NDR : de quoi accentuer ce climat étrange). Lo-fi, organique et expérimentale, la pop de Drivan finit donc par lasser. Un peu comme si les morceaux étaient inachevés. Il y a bien quelques exceptions qui confirment la règle. A l’instar de « Det Gor Ingenting », dynamisé par sa house hypnotique ou encore « Shamshalam, Shilsihilim », caractérisé par ses rythmes hip hop. Juste à peine de quoi réveiller le mélomane. Mais si ce disque n’est guère inspiré, il est certainement bien plus fringant que le dernier elpee de CocoRosie (NDR : pour gouverne, ce sont deux groupes qui évoluent dans la même catégorie, fallait quand même le préciser !)

 

Asphyx

Live Death Doom

Écrit par

Asphyx est un groupe batave dont la naissance remonte à 1987. Depuis, il est devenu ‘culte’, et pas seulement chez nos voisins néerlandophones. Si on vous précise qu’au début des années 90, ce quatuor a tourné en compagnie d’Entombed, Bolt Thrower et Benediction, vous n’aurez probablement aucun mal à cerner leur style musical : le Death Metal Old School.

Le comeback de Martin van Drunen au sein du line up, en 2007, était une fameuse surprise. En effet, si l’ancien vocaliste de Pestilence, Bolt Thrower et Hail Of Bullets a marqué la discographie du combo death metal hollandais de ses vocaux rageurs, son implication chez Asphyx n’a duré que quelques années. En outre, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis qu’il a claqué la porte du local de répétition. C’était en 1992. Cependant, la publication de l’excellent « Death… The Brutal Way », l’an dernier, a définitivement remis les pendules à l’heure : Van Drunen est bien le meilleur choix pour Asphyx. Quoi de plus naturel pour un groupe, après un retour réussi, de vouloir marquer le coup en sortant un album live. Pour rendre la qualité sonore de cet elpee optimale, Asphyx à fait appel à l’un des gourous du genre : l’immense Dan Swanö (Edge Of Sanity, Bloodbath). Autant dire que le mix est carrément décapant.

Enregistré en Allemagne, au ‘Turock’ d’Essen, sold out pour l’occasion, « Live Death Doom » est une bombe réunissant dix-neuf brûlots death métal brutaux et primaires. Sept de ces jolies comptines sont issues du dernier album en date ; ce qui fait tout de même un peu beaucoup pour un groupe dont la discographie est quand même très riche. Bien sûr, chez le combo ‘oranje’, le mot d’ordre général est ‘Death’. Mais comme le mentionne clairement le titre de l’elpee, le band aime aussi plomber son ‘métal de la mort de la vieille école’, à l’aide de riffs doom métal pachydermiques du plus bel effet.

Conquis d’avance, le public allemand salue ses héros en manifestant un respect furieux au groupe, et l’ambiance ne baisse pas d’un cran, tout au long du concert. Il faut dire que Van Drunen, hormis son organe de cerf en rut, dispose d’une arme implacable pour se mettre le public germain dans la poche : il parle couramment la langue de Goethe ; et il ne s’en prive pas.

Si le death metal mélodique moderne vous laisse froid et que vous préférez la vieille école du death européen, c’est-à-dire celle qui a fait les beaux jours d’Entombed, Gorefest, Benediction et Bolt Thrower, vous ne pouvez passer à côté de ce « Live Death Doom ». Surtout quand on sait que l’édition limitée de l’œuvre (contrairement au maigre exemplaire promotionnel reçu) contient, outre les deux Cds audio, un Dvd recelant plus de 225 minutes d’images. Ce dernier reprend, outre la prestation au Turock immortalisée le 4 juillet 2009, un documentaire consacré au groupe et un tas de bonus (vidéo promotionnelle, prestations live, etc.).

 

Zola Jesus

Stridulum

Écrit par

D'emblée, sur « Night », c'est une vague de froid qui nous enveloppe. Le spectre (vocal) de Siouxsie voltige en circonvolutions et chasse les souffles d'âmes égarées. Les nappes de synthé comme un glaçage sur une montagne aux versants abruptes. La nuit et son cortège d'angoisses. Un beat sourd en suspens. Depuis son lit de marbre, Nika Roza Danilova vous salue. Enveloppée de ses noirs atours, la jeune femme (vingt et un an) se livre à nous sans ambages (« Trust me »).

Des sonorités datées mais servant judicieusement le propos. Résurgence gothique mise à part, cet album, qui fait plus écho au mal-être et obsessions d'un Edgar Allan Poe que d'un Emile Zola, porte en lui le charme et la magie d'un talent sombre et vénéneux. Tel un cygne blanc se détachant dans l'encre d'une nuit sans lune, la musique de Zola Jesus ondule nonchalamment, fièrement et avec une grâce certaine. Il y a des réminiscences de Lydia Lunch, de Dead Can Dance, et bien sûr des Banshees. Et surtout un goût de fiel cher au « Disintegration » de Cure.

« Stridulum » est un escalier en spirale, qui comme dans une œuvre de Maurits Cornelis Escher, descend ou monte à l'infini. Enfin, jusque la huitième marche. C’est-à-dire lorsqu’est entonnée la marche funèbre de « Sea Talk ». Avant qu’une faible et pâle lumière ne vacille, lors d’un « Lightsick », dernière plage battue par un souffle de désespoir poignant. Les notes sont martelées sur les touches d'un piano qu'on imagine abandonné pour l'éternité, au fond d'un caveau.

Là-bas se dessinent les contours d'une aube nouvelle. Par delà se dessine le futur de cette nouvelle prêtresse en devenir.

En concert le 12 septembre au Café Video de Gand.

Wolf Parade

Expo86

Écrit par

Le deux tarés de Wolf Parade sont de retour ! Et pourtant, ils sont déjà débordés par leurs projets parallèles. Que ce soit chez Handsome Furs, Sunset Rubdown, Swan Lake ou Frog Eyes. Spenser Krug (chant et claviers) et Dan Boeckner (chant et guitare) ont quand même trouvé le temps de donner un successeur à « A Mount Zoomer », le 2ème album du groupe, sorti en 2008. Malgré sa référence à l’exposition universelle de Vancouver, « Expo 86 » est un album relevant parfaitement de son époque. En plus ou moins une heure, il nous invite à participer à une véritable orgie sonore dans la droite lignée d’Arcade Fire. A moins que ce ne soit de Destroyer. Ou plus exactement de Frog Eyes. Suivant un rituel bien déterminé, le combo montréalais aligne des hymnes sis aux antipodes de l’épure chère à The XX. Les morceaux dépassent les 5 minutes et les mélodies se cachent, le plus souvent, sous un déluge de guitares et de claviers vintage. Si parfois la formule est indigeste (« Little Golden Age »), la plupart du temps, elle se révèle séduisante et lyrique. A l’instar des superbes « Ghost Pressure » et « Yulia ». Jamais à cours d’inspiration, les Canadiens ne se refusent aucune digression sonore, aussi progressive soit-elle ; ils étaient même probablement hantés par l’esprit de Bowie, lorsqu’ils ont composé « Palm Road ».

S’il est à craindre que Krug et Boeckner ne parviendront plus jamais à concocter une œuvre aussi remarquable que leur « Apologies To The Queen Mary » (NDR : c’était aussi leur premier opus) ; le tandem déploie tout de même bien souvent plus d’idées en un morceau que bien d’autres artistes tout au long d’un album. Très particuliers, leur timbres vocaux, peuvent finir par lasser ; mais le duo libère tellement d’énergie et de créativité tout au long d’« Expo86 », que le résultat finit par impressionner. Evidemment, la musique de Wolf Parade n’est pas toujours facile à assimiler. Elle se révèle parfois répétitive. Voire excessive. Cependant, non seulement elle déborde d’imagination, mais elle atteint parfois des moments de pure grâce, ponctués de sublimes envolées lyriques.

Si les deux compères se partagent équitablement l’écriture des morceaux, on a l’impression, que tout au long de ce troisième elpee, Wolf Parade incarne enfin un véritable groupe. Parce qu’il est bien plus cohérent et accessible que ne l’était le trop inégal « Mount Zoomer ».

Wolf Parade se produira au festival Leffingeleuren, le 17 septembre prochain !

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