Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Chroniques

Black Rainbows

Carmina Diabolo

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Si vous avez ingurgité de saines lectures au cours de votre jeunesse, vous le savez déjà, ce n’est pas la première fois que des Romains tentent d’envahir la Gaule. Mais autant vous prévenir tout de suite, cette nouvelle intrusion transalpine risque d’être un peu plus douloureuse pour les tympans que les précédentes. En effet, c’est armée de guitares bien plus lourdes que les poings d’Obélix et gavée d’une potion magique à haute teneur en champignons hallucinogènes, qu’une légion baptisée ‘Arc-en-ciel noir’ s’apprête à traverser nos frontières.

Black Rainbows est un trio aussi lourd qu’enfumé, formé en 2005 dans la capitale italienne. Son second opus, « Carmina Diablo » devrait, en toute logique, squatter les platines lasers de tous les accros au stoner, au désert rock et autre heavy psychédélique de la planète. En mêlant habilement les riffs ancestraux écrasants de Black Sabbath ainsi que les délires spatiaux et hallucinés d’Hawkwind aux ambiances arides des déserts californiens chères à Kyuss, Queens Of The Stone Age et Nebula, Black Rainbows s’impose comme la ‘crème de la crème’ du heavy rock plombé interplanétaire.

Dirigé par Gabriele Fiori, un chanteur guitariste dont l’organe vocal présente parfois des  similitudes surprenantes avec celui de Pepper Keenan (Corrosion Of Conformity), Black Rainbows explore l’espace interstellaire au moyen de dix compositions flamboyantes, où la lourdeur des guitares se noie dans un océan d’effets psychédéliques hallucinants.

Ils sont fous ces Romains !

Elvin Bishop

Red dog speaks

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Elvin Bishop est aujourd’hui considéré comme un vétéran du blues blanc. Il est né à Tulsa, dans l'Oklahoma, en 1942. Au cours des 50’s il accomplit ses études à Chicago. En 1963, il y rencontre l'harmoniciste Paul Butterfield. Ensemble, ils fondent le Butterfield Blues Band, un blues band qui entrera dans l’histoire ; cette formation sera bientôt rejointe, par un autre gratteur mythique : Mike Bloomfield. Elvin côtoiera neuf années Paul ; mais dès 1968, il monte son Elvin Bishop Group et entame une aventure personnelle qui est toujours bien d’actualité. Sa première œuvre est publiée en 1969 : "The Elvin Bishop Group". Elle paraît sur le label Fillmore. Depuis, il a aligné une multitude d’albums, sans oublier les collections, compilations et autres ‘best of’. Dans sa carrière, son plus gros hit demeure le single "Fooled around and fell in love". Il remonte à 1976. Une compo qui figure également sur l’elpee "Struttin' my stuff". Il a enregistré pour Fillmore, Epic et Capricorn, avant de signer chez le célèbre label blues, Alligator. En 1988. Il y gravera 5 long playings. Fin 2008, il avait déjà édité un premier cd pour Delta Groove, "The blues rolls on". Et l'année dernière, il avait concocté un elpee, en compagnie du légendaire chanteur/guitariste Little Smokey Smothers, "Chicago blues buddies" (NDR : de couleur noire, ce musicien chicagolais avait côtoyé Muddy Waters, Magic Sam et Earl Hooker).

Son line up habituel implique le tromboniste/percussionniste Ed Earley (NDR : il a milité au sein des backing bands d’Albert King et de Joe Louis Walker) le guitariste/pianiste Bob Welsh, le bassiste Steve Evans, le claviériste/accordéoniste S.E Willis (il a accompagné Chuck Berry, Bo Diddley et Albert King) ainsi que le drummer Bobby Cochran. Evans et Willis n’ont pas participé aux sessions d’enregistrement, mais les invités se bousculent.

Elvin se sert, depuis une éternité, d’une Gibson ES 345 de couleur rouge. Il l’a baptisée ‘Red Dog’. Ce qui explique le titre de l’opus qui ouvre les hostilités. Elvin chante et nous raconte l'histoire de cette compagne avant de la faire vibrer à l’aide de son bottleneck. Un bien bel hommage! La voix d’Elvin Bishop n’est pas exceptionnelle. Ce qui explique pourquoi, il ne se charge pas de l’intégralité des vocaux. Il se réserve néanmoins le nerveux et amusant "Fat and sassy", soutenu à la rythmique par le passionnant gratteur norvégien, Kid Andersen et son ami Earley au trombone, qui lui donne, par ailleurs, la réplique vocale. Seul, il chante ou plus exactement récite "Clean livin'", un blues au cours duquel sa fidèle Red Dog est alimentée par un son pas possible, sale et primaire. Il se réserve encore les vocaux lors de la finale, "Midnight hour blues", un blues lent signé Leroy Carr. Bob Welsh siège derrière l’orgue lors de ce morceau au cours duquel sa voix ravagée s'adapte parfaitement à ce style. Bishop cède les vocaux, pour trois titres, à son ami californien John Nemeth (NDR : son dernier opus, "Name the day", est paru chez Blind Pig). Il est vrai que celui-ci jouit d’un organe aérien, assez extraordinaire, taillé pour chanter le blues et la soul. Tout d’abord le notoire "Neighbor neighbor" de Huey P. Meaux. Elvin est impérial à la slide. Fin gratteur, Mighty Mike Schermer assure la rythmique. Le "Many rivers to cross" de Jimmy Cliff, ensuite. Nemeth se révèle bouleversant tout au long de cette splendide ballade. Et enfin, une version enlevée du "Got your hand out of my pocket" d'Otis Spann. Une plage au cours de laquelle, son intervention à l’harmo est judicieuse. Dans le rôle de Spann, Welsh (NDR : il milite également dans le backing group de Nemeth !) se réserve le piano. Trois instrumentaux sur ce long playing. Et ils sont de très bonne facture. Soit "Barbecue boogie", un boogie au cours duquel Welsh est omniprésent sur ses ivoires, le bouleversant "Doo wop medley", lorsque la slide rouge est épaulée par les cordes rythmiques de Schermer et de Kid Andersen ; et enfin le charmant "His eye is on the sparrow", une plage bourrée de charme, raffinée par le trombone d'Earley et le sax ténor du Californien Terry Hanck. L’opus recèle encore un titre immortalisé ‘live’. En l’occurrence "Blues cruise", une jam zydeco accomplie lors de la Legendary Rhythm & Blues Cruise, en 2009, au large du Mexique. Elvin est derrière le micro ; mais pour présenter les différents invités. Pas des illustres inconnus, puisqu’on y retrouve Ronnie Baker Brooks (le fils aîné de Lonnie) à la guitare, Tommy Castro et Roy Gaines à l'harmonica, John Nemeth à l'accordéon ainsi que Buckwheat Zydeco et Sir Reginald Master Dural au frottoir. Un excellent album !

 

Teeny Tucker

Keep the blues alive

Écrit par

De son véritable nom Virginia Westbrook, Teeny est née en 1958. C’est fille de Tommy Tucker, le compositeur du célèbre "High heel sneakers", publié en 1964! Elle est originaire de Dayton, dans l'Ohio. Dès son plus jeune âge, elle chante dans la chorale de son église de quartier. Elle a embrassé une carrière de musicienne professionnelle, en 1996. Et a été deux fois finaliste de l'International Blues Challenge, organisé annuellement à Memphis. Elle s'est déjà produite à plusieurs reprises en Europe.

Son premier elpee, "Tommy's girl" (enregistré en compagnie de Sean Carney) date de 2001. Le second, "First class woman", de 2003. Le troisième, "Two big M's" est paru en 2008. Il rendait un hommage à deux chanteuses légendaires : Big Mama Thornton et Big Maybelle. Teeny a souvent partagé la scène auprès du guitariste Sean Carney (NDR : très populaire en Europe, il est également né dans l’Ohio, mais à Colombus) ; en outre, elle avait collaboré à la confection de son excellent album "Life of ease", paru en 2006. Au cours des dernières années, Teeny s’est produit au célèbre Festival blues de Monterey. Le 29 mai dernier, elle s’était rendue en Belgique, à Puurs très exactement, pour accorder un set dans le cadre du Duvel Blues Festival. Excellente vocaliste, elle confesse pour influences majeures, son père Tommy, disparu il y a déjà près de 30 ans, Etta James, Big Maybelle et Koko Taylor. Teeny signe huit des onze plages de ce nouvel opus ; un disque pour lequel elle a reçu le concours de son partenaire musical Robert Hughes (NDR : c’est également son guitariste). Au sein du line up figurent également le bassiste Scott Keeler, le drummer Darrell Jumper et l’harmoniciste David Gastel.

"Ain't that the blues" ouvre l’elpee. Il raconte la sombre histoire d'une jeune aveugle, âgé de 12 ans, qui vient de perdre sa mère, victime du SIDA. La voix de Teeny est remarquable et autoritaire. Elle s'étend sur plusieurs octaves. Hughes lui donne une excellente réplique sur ses cordes, en empruntant un phrasé institué par Carlos Santana! Imprimé sur un tempo enlevé, "Make room for Teeny" est hanté par un piano qui me fait penser… à un chant gospel.  Soutenue par l’harmo et la slide, elle nous hurle son amour paternel tout au long de "Daughter to the blues", des sanglots dans la voix, un blues lent empreint de nostalgie… Shouteuse sur "Old man magnet", elle charme, envoûte même, sur l’indolent "I wish we could go back", une plage caractérisée par les répliques vocales féminines. Le titre maître trempe dans un gospel d’une grande pureté, une compo bercée par le flux et le reflux des voix puissantes. Gastel son souffleur, se signale sur "I live alone". Mais manifestement, il manque de punch. Morceau acoustique, "John Cephas" rend hommage à cet adepte du Piemont blues tout en témoignant son admiration aux maîtres du préwar blues. Et son timbre s’y révèle cristallin. Deux reprises. Tout d’abord, "Heartbreak", un titre enrichi par les remarquables interventions à l’orgue Hammond de Linda Dachtyl. Ensuite le notoire "Got my mojo working" de Muddy Waters. Féminine, la version est bien différente de l’originale. L'album s’achève par "Respect me and the blues", une composition au cours de laquelle Teeny échange un duo en compagnie de son gratteur émérite, Robert Hughes…

 

The Triffids

Wide Open Road

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Les Triffids ont donc décidé de remonter sur les planches. C’était en 2006. Sans leur leader et chanteur/compositeur, David McComb, décédé le 2 février 1999. Depuis, il leur arrive encore de se produire en ‘live’, rejoints par d’autres musiciens ou tout simplement des amis, qui vouent un culte à ce poète australien. A l’instar de Steve Kilbey (The Church) ou de Mick Harvey (Nick Cave & The Bad Seeds). Mais même si l’intention est louable, de rendre hommage à cet artiste mésestimé et trop tôt disparu, ce type de réunion passe mal la rampe, chez votre serviteur. The Triffids sans McComb, c’est un peu les Doors sans Jim Morrison, T.Rex sans Marc Bolan ou Joy Division sans Ian Curtis. Sans leur âme, si vous préférez, même si elle peut continuer à hanter les autres musiciens. Ce dernier groupe avait d’ailleurs préféré opter pour un autre patronyme, en l’occurrence New Order.

Depuis 2006, les rééditions des œuvres des Triffids se sont donc succédées, toutes enrichies de bonus, raretés et d’inédits. En guise de conclusion, le label Domino a donc décidé de publier une compile réunissant les meilleurs compos du combo aussie. Enfin, vu la richesse du répertoire de la formation, fatalement, le choix est subjectif. Surtout qu’il se limite à 18 plages. Néanmoins, cette sélection est une bonne introduction à quiconque voudrait entrer dans leur univers lyrique, tourmenté et visionnaire. Je vous renvoie d’ailleurs aux chroniques consacrées aux elpees du groupe, pour vous en faire une meilleure idée…

 

The Hundred in the Hands

The Hundred in The Hands

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Si les chances de connaître la douceur d’un été indien s’estompent jour après jour, réjouissons nous de connaître notre premier summertime goth. En effet, autoproclamée sous cette forme, la musique de ce duo issu de Brooklyn débarque en cette rentrée de septembre et promet de laisser traces de son passage.

Si l’on peut faire fi des clichés du genre, ambiances sépulcrales et voix d’outre-tombe en tête, il reste néanmoins un certain romantisme new wave mis en lumière ici par une palette sonore riche et pléthore d’influences allant du disco au funk blanc. Fragile équilibre entre spleen et hédonisme, ce premier album, signé chez Warp, distille subtilement, voire insidieusement son potentiel pop au creux de nos oreilles. Sorte d’hybride à deux têtes pensantes et quatre jambes pour danser (nonchalamment et non frénétiquement, tout de même !), The Hundred In The Hands est une combinaison de charme, réunissant Jason Friedman, ex Boggs et Eleanore Everdell, dont la voix céleste s’était déjà illustrée chez TV On The Radio. Osmose parfaite créant un juste équilibre d’ombre et de lumière, ce qu’ils présentent, à défaut d’être foncièrement révolutionnaire, a du moins l’intelligence de renouveler les genres dans un mix généreux et fort agréable. Jamais vulgaires, souvent entraînants, les mélodies, les riffs de guitares et les touches d’électro apportent judicieusement leur contribution à l’élaboration d’un son propre, desservant le propos avec justesse.

Leurs prestations live devraient quand à elles leur assurer prochainement une notoriété, peut-être relative, mais tout à fait justifiée. Et si comme votre serviteur, une première écoute ne vous relève pas la richesse de leur travail, n’hésitez pas à gratter la fine pellicule de vernis pour  découvrir les pépites dont cet album regorge. Dans le fond, le concept est le même que chez certains malins qui tirent leur épingle du jeu le temps d’un succès. Certes, le talent en plus ici. Mais le succès, il faut l’assumer. Car tomber dans un hype devient un danger… Alors on danse… 

Sahg

III

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On ne peut pas dire que Sahg fasse preuve de beaucoup d’imagination pour baptiser ses albums. Après « Sagh I » (2006) et « Sagh II » (2008), « Sahg III » pointe son nez poudré chez votre disquaire préféré. Pour celles et ceux qui ont loupé les deux premiers épisodes, Sahg est un ‘all-star’ band norvégien réunissant Thomas Tofthagen (Audrey Horne) à la guitare, Tom Cato Visnes (Gorgoroth, Audrey Horne, Jotunspor, I, God Seed, Ov Hell) à la basse, Olav Iversen (Manngard) au chant et à la guitare ainsi que Thomas Lønnheim (ce petit nouveau militait, jadis, au sein du groupe electro-rock Ralph Myerz and the Jack Herren Band) à la batterie.

Dès la sortie de son premier opus, Sahg s’est imposé comme l’une des meilleures surprises de l’année en matière de doom métal scandinave. En 2010, « III » ne fait que confirmer tout le bien que nous pensions de ces bouillants Norvégiens. Si, sur le fond, Sahg est bel et bien un groupe ‘doom métal’, il commet cependant quelques infidélités bienvenues à ce style caractérisé principalement par ses guitares pachydermiques. En accélérant le tempo, Sagh se rapproche parfois plus souvent des standards du heavy métal classique que de ceux du doom pur et dur. Que les puristes se rassurent cependant ; si des titres comme « Baptism Of Fire » ou « Mortify » auraient très bien pu avoir été composés à la grande époque de la N.W.O.B.H.M., « III » recèle encore quelques petites perles heavy rock inspirées par le Sabbath des seventies. Sur les lourdingues « Hollow Mountain » et « Mother’s Revenge », par exemple, la voix d’Olav est terriblement proche de celle d’Ozzy (NDR : à s’y méprendre !) Quant aux compos, elles auraient pu figurer sur un elpee de Count Raven, Candlemass voire Trouble. A l’instar de ses collègues suédois de Spiritual Beggars, Sahg ajoute quelques touches très ‘classic rock’dans son metal lourd, à l’aide de sonorités tirées d’un orgue Hammond.

Fidèle à sa ligne de conduite, mais en mélangeant les genres, Sahg propose la quintessence du heavy rock des seventies et du début des eighties. Une petite bombe heavy-doom-métal-rock à consommer sans modération.

Petite info exclusive ‘Musiczine.net’ pour terminer : le prochain opus du groupe s’intitulera probablement « Sahg IV » !

 

Netherbird

Monument Black Colossal

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En janvier de cette année, nous vous avions présenté, dans notre rubrique ‘découvertes’, l’Ep « Covered In Darkness », offert en téléchargement gratuit par le combo black métal suédois Netherbird. Si nous avions été convaincus par ce mini-album constitué de reprises cuisinées à la sauce black métal symphonique de Paradise Lost, Annihilator, Sentenced et Soundtrack of Our Lives, nous vous avions confié vouloir attendre la sortie d’un album réunissant des compositions plus personnelles, avant de nous faire une opinion définitive sur le groupe.

C’est chose faite grâce au terrifiant « Monument Black Colossal ». N’y allons pas par quatre chemins, notre impression initiale était la bonne. Netherbird tue ! Passons rapidement sur l’absence d’originalité, puisque chacun le sait, en matière de Black Métal Symphonique, tout (ou presque) a déjà été fait par Dimmu Borgir, Cradle Of Filth et les milliers de groupes qui ont suivi leurs traces gluantes sur le sentier menant au côté obscur de la force. OK, Netherbird n’invente rien. Mais bon sang, qu’est-ce qu’il le fait bien.

« Monument Black Colossal » regorge de tout ce qui glace le sang des majorités bien-pensantes et fait dresser les poils des membres supérieurs des amateurs de black symphonique : les claviers ‘ambiance cimetière transylvanien’, les riffs de guitares brutaux et incisifs, les interludes grandiloquents au piano, une alternance de vocaux râpeux black et de cris gutturaux death, des chœurs féminins parcimonieux, et une batterie volcanique tenue par la poigne d’acier de l’excellent Adrian Erlandsson (Paradise Lost, Nemhain, ex-At The Gates, The Haunted et Cradle Of Filth). Chez Netherbird, la violence côtoie l’émotion et l’angélique commerce avec l’obscur (NDR : et l’image de la pochette, signée par Kristian ‘Necrolord’ Wahlin, célèbre pour son travail chez Tiamat, Bathory, Emperor et At The Gates, corrobore ce point de vue) 

En attendant « Abrahadabra », le nouvel elpee de Dimmu Borgir que l’on nous promet pour fin septembre, les amateurs de mélodies sépulcrales et de riffs infernaux peuvent se ruer, les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes sur « Monument Black Colossal ».

Seeland

How to live

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Loin de constituer un pôle d'attraction touristique majeur, la ville de Birmingham regorge pourtant d'attraits artistiques qu'il serait dommage d'ignorer. Non contente de défrayer la chronique culturelle, en accueillant des expositions avant-gardistes dans son Ikon Gallery, elle demeure un terreau fertile en termes d'émergences musicales.

Si par le passé, les portes de la cité ne s'ouvraient pas à l’aide d’une clé de Sol, des groupes tels que Black Sabbath, Electric Light Orchestra ou The Charlatans sont parvenus à les enfoncer pour justement sortir des murs de son enceinte et faire entendre leurs voix au monde. La scène locale a bien entendu ses propres ramifications, dont l'une d'elle, baptisée 'Rétro Futurist Electronic' nous conduit au cœur des souterrains de la ville, là où la lumière de vieux projecteurs aux halos psychédéliques se substituent à la lumière du jour. Et où les synthés vintage s'accoquinent sans scrupule avec la crème de l'electronica. De ce vivier en sous-sol, nous parviennent les sons tout à la fois délicieusement passéistes et étonnamment précurseurs de groupes tels que Broadcast ou Plone. Transfuges de ces deux groupes, Timothy  Felton et Billy Bainbridge, ont formé, fin 2004, Seeland, creusant le sillon d'un vinyle maintes fois écouté mais toujours placé à portée de platine.

Oscillant quelque part entre un ‘easy listening’ de toute bonne facture, le travail pointu du BBC Radiophonic Workshop et le KrautRock cher à Neu! (NDLR : leur patronyme est inspiré d’une compo du combo teuton), leur musique ne manquait pas de références datées, mais en recelait ô combien d’excitantes. Après avoir scellé une filiation auprès de Stereolab, en signant un single et un Ep sur le label Duophonic, le band a finalement trouvé refuge au sein du label Loaf qui a publié son premier album en mars 2009.

Ce second opus poursuit le travail de défrichage entamé, mettant l'accent sur un son plus organique et des mélodies pétillantes. Spectral et psychédélique, oui, mais en y ajoutant des bulles. Un verre de limonade dans une capsule temporelle. Comme en témoignent les titres « Awake in a dream », « Circles » et « Recall » ou encore les sonorités analogiques qui parsèment l'album. « How to live » est une invitation à accomplir un voyage au cœur du passé à l’aide d’une machine qui va de l'avant.

Soulignons le travail d'orfèvre opéré par Brian Duffy à la production, dont les seuls faits d'armes, jusqu’il y a peu, étaient ces performances étonnantes au sein du Modified Toy Orchestra, dont le nom vous aiguillera sur la texture musicale dudit projet.

A cheval sur son histoire et sa résurrection postindustrielle, Birmingham peut compter sur Seeland pour faire écho à cette dualité dans un futur conjugué au passé simple.

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