Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Chroniques

The Anomalys

The Anomalys

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Les Anomalys débarquent de cette ville portuaire où les marins pissent, comme Brel pleure, sur les femmes infidèles. Et ces trois rockers ont la ferme intention de prouver au monde entier que les Pays-Bas peuvent encore produire autre chose que du métal gothique à chanteuse. Les Anomalys viennent d’Amsterdam et leur musique ne s’embarrasse d’aucune fioriture: trois mecs, deux guitares, une batterie et un micro ; c’est largement suffisant pour faire du rock.

Pour son premier album éponyme le combo batave a mitonné neuf titres intenses et percutants  de ce mélange graisseux de rock garage et de punk qu’il dépeint comme du ‘Negative Tequila Rock’n’Roll Sex’.

Le son des guitares est cradingue. Il évoque l’intensité du rock’n’roll garage de la fin des sixties. La patte pré-punk du MC5 et la folie des Stooges sont conjugués à des textes à haute teneur sexuelle. Le pied garanti pour ceux et celles qui préfèrent l’efficacité à la haute fidélité.

Africa HiTech

Hitecherous Africa HiTech (Ep)

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Le label Warp nous avait permis de découvrir ce duo, lors de la sortie de la compile « Warp 2010 ». Après avoir écouté leur Ep « Blen », je me demandais quand même ce qu’il avait dans le ventre et surtout quelle direction musicale il allait emprunter. Derrière ce projet, se cache Mark Pritchard de Harmonic 313 et Steve Spacek de Spacek Sound System. De quoi forcer le respect. Et puis de s’intéresser davantage à leurs véritables intentions. En publiant ce second Ep, on y voit enfin un peu plus clair. Ou presque ! Car suivre les artistes chez Warp, n’est pas une sinécure. En un peu plus de 20 années d’existence, l’écurie n’en est plus à une surprise près. Un peu comme si elle adorait brouiller les pistes. Afin de nous permettre de mieux jouir des expérimentations opérées par ses artistes. Et ce disque en est une belle illustration. Mark Pritchard s’est chargé de la production (NDR : elle est impeccable !) et Steve Spacek se réserve le chant, tout au long de cet Ep. « How Does It Make U Fell » décolle lentement. Une compo âpre, parcourue de beats nerveux, mais guère représentative de la suite. Juste de quoi chauffer la machine. Le TR-303 illumine le très remuant « Boingy ». A contrario, « One Two » nous laisse un peu sur notre faim. Le bonus track, « Too late » réussit son examen de passage, une plage qui baigne au sein d’une bonne ambiance roots et R’n’B.

Trituré et syncopé à l’extrême, « Hitecherous » ne manque certainement pas d’arguments, mais il est un peu trop ‘prise de tête’ à mon goût. A force de mélanger les genres… On pourra se faire une idée plus exacte du potentiel d’Africa HiTech, lors de la sortie de son premier album…

The 4 Skins

The Return

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Les 4 Skins ne sont pas des rigolos. En 1979, les quatre membres de ce groupe punk/oi! sont tous plus ou moins Skinheads. Issus de l’East End londonien, ces fans de foot survivent en travaillant comme roadies pour Sham 69, Menace et Cockney Rejects. Ils publient trois albums (« The Good, The Bad & The 4-Skins » - 1982, « Fistful Of...4-Skins » -1983 et « From Chaos to 1984 (Live) » - 1984). Les chansons suintent la violence urbaine (bien que le groupe se défende d’en faire l’apologie) ; en outre, les 4 Skins dénoncent les réalités de la rue, le harcèlement policier, la corruption politique, la guerre et le chômage. Le combo anglais splitte en 1984.

En 2007, Gary Hodges, le chanteur original, reforme The 4 Skins, mais en remaniant complètement son line up. Il est, bien sûr, toujours aux commandes, et a recruté trois membres du groupe Oi!/Punk, Indecent Exposure. Le nouvel album, très judicieusement intitulé « The Return » sort en avril 2010, sur le label allemand Randale Records.

En 26 ans, pas grand-chose n’a changé pour Hodges. En bon skinhead, le vocaliste crache son venin, déteste tout le monde et glisse parfois dangereusement sur le terrain nauséabond du nationalisme. Si, au niveau musical, le punk rock simpliste mais bouillonnant d’énergie ainsi que la voix rugueuse du porteur de bretelles au caillou rasé, titille agréablement notre oreille endolorie, le discours violent et néolithique nous gâche franchement le plaisir.

« The Return » réunit quatorze titres. Six nouveaux, six anciens réenregistrés par la nouvelle mouture du combo et, très étrangement, deux reprises du groupe glam rock anglais des seventies, Slade. La version skin du célèbre « Cum On Feel The Noize », violente, martiale et ponctuée de ‘oi ! oi! oi!’ en lieu et place des ‘Oh, Oh, Oh’ originaux vaut d’ailleurs son pesant de cacahuètes empoisonnées.

Savoureux au niveau musical mais éthiquement indéfendable. A ne pas mettre entre toutes les mains (NDLR : oreilles ?) !

 

Wavves

King Of The Beach

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Les deux premiers albums de Nathan Williams (« Wavves » et « Wavvves ») n’ont pas été accueillis de la même manière par la presse. Considéré comme un messie pour certains journalistes et comme un (im)pos(t)eur poseur pour les autres, il n’a laissé, en tout cas, personne indifférent ! Faut dire que le personnage suscite également la controverse. Et n’en est d’ailleurs pas à une frasque près. En 2009, lors du festival Primavera de Barcelone, sous l’influence d’un cocktail de valium et d’ecstasy, il avait ainsi accordé un set en-dessous de tout…

Cet été, le natif de San Diego a décidé de faire son come-back, en publiant un troisième elpee intitulé « King Of The Beach ». Et il revient gonflé à bloc, heureux et convaincu de nous proposer quelque chose de nouveau. ‘Je ne voulais pas faire le même album. J’ai déjà réalisé deux fois la même chose…’ Il a donc sollicité Dennis Herring (responsable de la mise en forme des deux derniers opus de Modest Mouse) pour le produire. Et le résultat ne pouvait donc qu’être mieux balancé. Sa manière de bosser est donc plus réfléchie, aujourd’hui ; et il ne passe plus pour un jeune branleur… Il a acquis, en quelque sorte, de la maturité : ‘Quand le son n’est pas noyé sous la réverb’, le processus est bien plus difficile car on sait que chaque son va être entendu parfaitement’. La participation de Stephen Pope et Billy Hayes (backing band de l’hyper-talentueux et regretté Jay Retard) confère également une touche pop bienvenue à l’esprit parfois encore trop brouillon de Wavves. Pourtant, certains morceaux de nouvel opus jouissent d’arrangements bien plus soignés. Ce qui fait un bien fou à la musique de Nathan Williams ! L’énergie du bonhomme est bien mieux canalisée ; d’ailleurs, « King Of The Beach » pourrait bien être le disque jetable labélisé indie de l’été. Surtout à cause de ces hymnes contagieux, comme le très 90’s et vaguement ‘weezerien’ « Green Eyes » ou le très pop « Take on the World », digne de Jay Reatard himself. Pas l’album du siècle, mais une œuvre empreinte de douceur, moins calorique et aussi fun qu’un Calipo sur la plage, cet été!

Various Artists

Eclipse (OST)

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La machine à sous et à fantasmes (pré)ado « Twilight » a délivré, aux prémisses de l’été 2010, le troisième et avant-dernier volet de sa saga vampirique. La trame, vide de substance, reste la même : Bella doit faire un choix cornélien. Doit-elle se taper le vampire ou le loup-garou ? Et pour illustrer musicalement les états d’âme de la jeune femme et de ses deux prétendants, Livia Tortella, productrice exécutive de la bande-son, a, encore une fois, rassemblé un casting 5 étoiles derrière le micro. A l’instar de celle qui accompagnait l’épisode précédent, la B.O. d’ « Eclipse » fait la cour aux artistes indie les plus hypes du moment. Band Of Horses y côtoie Florence + The Machine, Vampire Weekend, The Dead Weather, The Black Keys ou encore Fanfarlo. Battles et Bombay Bicycle Club, eux, s’offrent une incursion discrète au sein de la version ‘Deluxe’ de l’objet.

Tous y interprètent des titres inédits dont certains sont de véritables réussites. Pour ne citer qu’eux, le « My Love » de Sia, « Chop And Change » des Black Keys, « With You In My Head » de UNKLE, accompagnés des Black Angels ou encore l’excellent duo entre Beck Et Bat For Lashes, « Let’s Get Lost ». Impossible, par contre, d’échapper à quelques titres tout à fait inutiles comme « Eclipse (All Yours) » de Metric, « Ours » de The Bravery ». Ou encore le single porte-drapeau du long-métrage, « Neutron Star Collide (Love Is Forever) » des inévitables Muse, qui signent là l’un des morceaux les plus irritants de leur discographie.

« Eclipse » est, en général, une bande-son de très bonne facture, mais pose le même problème que celle qui la précédait. Une nouvelle fois, elle ne s’adresse pas nécessairement au même public que le long-métrage dont elle est tirée. Un mal pour un bien ?

Toro Y Moi

Causers Of This

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L’heure de gloire de la chillwave a sonné. Vu le succès d’artistes comme Neon Indian, Small Black, Memoryhouse, Memory Tapes ou encore de l’excellent Washed Out, la ‘chillwave’ est devenu le genre émergent de l’année. Ce courant musical, qui tire sa substance de l’ambient et du shoegaze, privilégie les sons synthétiques downtempo aux couleurs estivales. Et le premier ouvrage de Chazwick Bundick alias Toro Y Moi se classe plus que joyeusement dans cette catégorie. Ici, c’est plutôt le transat que le dancefloor. « Causers Of This » envoie une courte mais bonne dose de beats antalgiques. Des beats qui ne cassent pas forcément la baraque. A contrario de ceux de son talentueux pote Ernest Greene, alias Washed Out, qui, lui, illustre à merveille le courant.

L’élément qui distingue Toro Y Moi de ses pairs, réside essentiellement en ses influences hip-hop que l’on retrouve disséminées de manière assez éparse mais cohérente sur l’ensemble de « Causers Of This ». Des morceaux comme « Low Shoulder », « Lissoms », « Causers Of This » ou « Fax Shadow » sont d’ailleurs les porte-drapeaux de ces influences. Pour son premier essai, Toro Y Moi s’en sort plutôt bien mais a encore du pain sur la planche s'il veut tirer son épingle d’un jeu dont la popularité ne cesse de s’étendre.

A découvrir en live au Pukkelpop le 21 août.

Tokyo Police Club

Champ

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Pas sûr que les forces de l’ordre apprécient les missiles pop assénés par les Canadiens de Tokyo Police Club ! En effet, ils risquent de mettre à mal la quiétude de n’importe quelle bourgade endormie par les chaleurs estivales… « Champ », le 2ème LP de cette jeune formation, est en effet un parfait condensé de rock mélodique, confirmant enfin leur très réussi 1er Ep, « Lesson in Crime », paru en 2006. Un groupe est à nouveau au top de sa forme après avoir publié un premier opus quelconque, en 2008 (« Elephant Shell »). La pression semblait d’ailleurs avoir desservi la formation, à l’issue du concert de louanges démesuré, accordé à « Lesson in Crime ».

Pour concocter ce long playing, les musiciens ont pris le temps (2 ans !) afin de composer des hits portés par des guitares acérées et raffinés par la voix tellement sexy de Dave Monks. Hormis les plus sourds d’entre nous, peu de monde devrait résister aux tubes de la trempe d’« End of a Spark », de « Gone », caractérisé par ses synthés sautillants, et surtout de l’imparable « Breakness Speed ». A peine âgés de 20 ans, les Canadiens ont pris de la bouteille tout en n’abandonnant pas leur art à torcher des refrains pop et entêtants dignes des Strokes ou autres Buzzcocks. Dommage qu’au deux-tiers de l’album, l’inspiration commence à s’essouffler. Mais pour le reste, à l’écoute des compos de ces ex-rois de la blogosphère, on est en droit de se demander : mais que fait la police ?

 

Recoil

Selected

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Recoil est né de l’initiative d’Alan Wilder en 1985, alors que celui-ci était encore actif au sein d’une ‘petite’ formation nommée Depeche Mode. Dix ans plus tard, Wilder décide de couper les ponts avec ses camarades et de se concentrer sur son projet personnel. Après avoir délivré une série d’Eps qui auront fondu dans le décor, le compositeur publie en 1997 « Unsound Method », le premier LP de Recoil. Depuis, la discographie du projet ne s’est que peu développée, ne comptant pas plus de trois éléments. Ce qui n’empêche aucunement Wilder et son comparse, Paul Kendall, de délivrer aujourd’hui ce qu’ils considèrent comme les meilleurs morceaux issus de leurs trois travaux. Et la formule fonctionne assez bien, « Selected » étant composé de 14 morceaux (remasterisés) formant une galette cohérente aux influences très Trip Hop.

Seul problème : le timing de Wilder. « Selected » apparaît à l’heure où la popularité de ce genre musical est en plein déclin et où seules quelques formations parviennent encore –relativement– à tirer leur épingle du jeu (Unkle, Massive Attack,…) Caractérisé par son atmosphère pesante, ses voix hantées et ses mélodies obscures, la séance de rattrapage de Recoil compte, néanmoins, quelques jolies réussites (« Prey », « Red River Cargo », « The Killing Ground », « Shunt », …) qui méritaient bien ce petit dépoussiérage. De par sa durée assez conséquente (plus de 70 minutes), « Selected » s’adresse essentiellement aux aficionados du genre. Les plus gourmands pourront même se procurer une version double de la plaque, dont le disque bonus réunit des remixes et des versions alternatives. Trip Hop’s not dead.

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