Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Chroniques

Butch Walker

I Liked You Better When You Had No Heart

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Butch Walker est une véritable bête de somme ; car bien que menant une carrière solo, il est surtout connu pour ses nombreux travaux de production opérés auprès du gratin hollywoodien. Avant de faire son trou à Los Angeles, le natif de Géorgie officiait de plus au sein du groupe de métal SouthGang. Il a ensuit sévi comme guitariste chez les mythiques Marvelous 3, mais aussi The Floyds. Si ces patronymes ne vous disent rien, prenez néanmoins le temps de jeter un œil sur la liste des artistes pour le compte desquels il a ensuite signé des hits à la pelle : Avril Lavigne, Sevendust, Hot Hot Heat, Pete Yorn, Fall Out Boy, Weezer, The Donnas, Lindsay Lohan, Katy Perry, Plastiscines et Pink ! Certains l’auront d’ailleurs vu aux côtés de cette dernière lors de son invraisemblable show, accordé au Main Square Festival d’Arras, début juillet. Véritable star de la production en Californie, il est donc impliqué dans une multitude de projets et possède ses entrées dans le tout Hollywood ; il loue d’ailleurs la maison de Flea des Red Hot Chili Peppers, à Malibu !

Et en dehors de ces considérations hollywoodiennes me direz-vous ? Butch Walker a entamé son aventure individuelle en 2002 et « I Liked You Better When You Had No Heart » constitue son 5ème album. Si ses trois premiers elpees puisaient tantôt dans l’emo 90’s, le glam ou la pop, son quatrième, paru en 2007, « Sycamore Meadows, rendait un hommage à Tom Petty. Un disque sculpté dans le folk introspectif. Loin de Katy Perry et consorts, Butch Walker propose, sur ce nouvel opus, des morceaux entraînants et inspirés. Au menu : country rock, pop (« She Likes Hair Bands » et « House of Cards ») et ballades folk (« Trash Day » et « Stripped Down Version »). Des compos parfaitement arrangées, bien entendu (cordes, chœurs, wah-wah, échos, cloches ou sifflements), qu’il interprète d’une voix claire et maîtrisée. Bouleversant, « Don’t You Think Someone Should Take You Home » est même susceptible de vous arracher une larme… Un disque varié, agréable à écouter, qui devrait servir de référence au rock mainstream et fun. Comme quoi le succès ne pourrit pas nécessairement tout ce qu’il touche, et n’implique pas forcément la compromission…

Too Tangled

The Magic Got Killed

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Issu de la scène gantoise, Too Tangled se forme déjà dans les années 80s et continue de créer sa musique en parallèle aux aléas de la relation particulière que le duo entretient. Roeland Vandemoortele et sa ‘partenaire de crime’ Eva Buytaert se racontent, se confrontent dans une confession musicale dont les paroles figurent dans les lettres qu’ils se seraient écrites. Leurs deux voix entremêlées se diapasonnent entre chuchotements, mélodies et chœurs, toujours empreintes de sentiments vécus. Le duo fille-garçon et leur son rock garage énervé nous fera retomber sur The Kills et, une demi-génération en moins, les Blood Red Shoes, également pour leurs dialogues vocaux astucieusement ficelés.

Certaines plages de leur premier elpee offrent certainement un potentiel radiographique, telles que « On the Edge of a Scene » et « F.R.A.N.T.I.C », qui ouvrent l’album, ainsi que « Get On The Rush » et « Give It Back ». A cause de leurs couplets aux riffs accrocheurs et leurs refrains plus harmoniques. D’autres pistes présentent une dimension dramatique (« Meet Me On The Corner »), plus d’insouciance aussi (« Heaven Is Hell ») ou encore des touches bluesy à la Dandy Warhols (« Big Band »). La plage titulaire qui clôture l’album suggère une fin amère et désabusée sur fond acoustique plus lent que le reste.

Entre amour et haine, scènes de ménage et provocation sexuelle, « The Magic Got Killed » présente un son acéré et gentiment déjanté teinté d’une certaine noirceur analogique aux méandres de la relation compliquée des protagonistes, incarnations des deux pôles négatifs et positifs qui s’attirent et se repoussent pour produire un son galvanisant.

Stornoway

Beachcomber’s Windowsill

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Stornoway est un nom bien écossais pour un groupe bien anglais (NDR : le premier affront est fait). Le quatuor nous vient d’Oxford (non, pas Radiohead, n’y pensez même pas) et a signé en mars dernier chez 4AD pour un premier opus qui promet de raviver la scène rock/pop britannique réellement indie.

« Beachcomber’s Windowsill » incarne l’hétéroclisme : en quelques mesures seulement, on se trompe trois fois en croyant cerner le genre –encore une petite bulle pop à la Vampire Weekend ?– ah non, voilà des chœurs substantiels qui apparaissent furtivement pour nous laisser coi, puis une trompette (les cuivres sont remis au –bon– goût du jour depuis peu, même dans le monde de la légèreté !) et oh, une harmonie jazzy esseulée mais manifeste, modulations surprises ci et là qui cassent ainsi la rigidité structurelle. L’album continue en ballades plus folk que rock, en un air quasi pastoral (l’orgue électrique sur « Fuel up »). Ensuite, l’apogée du disque, déjà, le magnifique « The Coldharbour Road », qui, avec son début brumeux ‘triolique’ violon-piano-voix railleuse dont la douceur rappellera Gomez, entre en rythme après un couplet pour s’élancer dans des rêves vaporeux plus consistants. On se dit que Brian Briggs, Jon Ouin, Oliver et Robert Steadman en sont à leur comble compositionnel… mais l’on se méprend à nouveau : dans un autre registre « Boats and Trains » offre aussi une émulation absorbante, tout en progression comme chaque piste de ce 11 titres. Etrangement, aucun de ces deux morceaux n’est l’un des trois singles déjà publiés. L’elpee passe ensuite à du country minimaliste aux arrangements scintillants comparables aux Dodos (« We Are the Battery Human », « On The Rocks ») et semble malheureusement s’évanouir sans nous rassasier entièrement.

Que l’on pense aux instruments légèrement cahoteux de Brendon Benson à ses débuts ou aux battements chaotiques de Blur (« Watching Birds »), Stornoway offre un mélange agréablement bringuebalant mais pas mal ficelé, où chaque piste évolue de manière complètement inattendue et où chaque ornement jazzy ne tombe jamais dans le funk lourd. De la légèreté, il y en a, mais l’excès nuit à tout… Néanmoins, l’album –qui a atteint la 14ème place des charts britanniques dès sa sortie– attisera la curiosité et ses jeunes membres méritent qu’on attende leur prochaine publication.

Ratatat

LP4

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Choisir un patronyme qui claque comme celui de Ratatat suggère davantage des beats saturés façon Boys Noize que de l’électro dansante influencée tant par le rock, les musiques du monde ou le hip-hop. Ratatat, c’est d’un duo new-yorkais, réunissant le guitariste Mike Stroud et le mixeur et producteur Evan Mast. Au fil des albums, le tandem élargit sa base de fans. Et ce nouvel elpee ne devrait pas déroger à la règle. « LP4 » clôture un cycle entamé en 2008, lors de la session d’enregistrement de « LP3 », accomplie dans les studios Old Soul à New-York. Ce qui n’a pas empêché la paire de consacrer son temps libre au très lucratif hobby du remix. Une opération couronnée de succès qui leur a permis de revisiter des morceaux des stars du hip-hop US comme ceux de Kid Cudi (dont l’imparable single « Pursuit of Happiness »), Jay-Z ou Kanye West.

Sur le très réussi « LP4 » l’évolution est très subtile. Les compos sont cependant plus étranges et aventureuses que sur les précédents long playings. Mike et Evan osent, par exemple, enrichir le magnifique « Drugs », de cordes. Une compo pourtant taillée dans le rock. Mais surtout un hit potentiel, toutes guitares dehors. « Bob Gandhi » et « Mahalo » baignent dans une certaine forme d’exotisme. Le premier morceau varie constamment les atmosphères et permet à ces sorciers de l’électro de laisser libre cours à leur imagination. Le second trempe au cœur d’une certaine quiétude. Hip-hop shoegaze pour « Billar », beats bossa nova chez « Party With Children » et guitares stellaires tout au long de « Sunblocks » complètent ce tableau particulièrement riche. Les interludes spoken word ne sont pas superflus. Et pour cause, ils sont soit samplés du film ‘Stoszek’ de Werner Herzog –lorsque le personnage principal évoque ses claviers– et d’une interview de l’ancienne star de cinéma Linda Manz, réalisée par Evan Mast himself (elle a entre autres joué dans le très beau film ‘Days of Heaven’ de Terrence Mallick).

Mike et Evan sont sans doute de doux rêveurs. Qu’importe ! D’abord ils sont nés bien avant Justice, Digistalism et consorts. Et puis, dans la jungle de l’électro, Ratatat est devenu une valeur incontournable. Une chose est sure « LP4 » est digne digne du Daft Punk de la grande époque. Idéal pour les festivals !

The Radio Dept

Clinging to a sheme

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Bien que fondé en 1995, Radio Dept ne compte à ce jour que 4 albums à son actif. Et « Clinging to a sheme » constitue le quatrième de ce trio suédois. Mêlant habilement indie pop et électro, leur musique vaporeuse est susceptible d’évoquer, tour à tour, Pale Fountains, Stereolab, Pet Shop Boys, Lightning Seeds ou encore Scritti Politti. Sur ce nouvel opus, on y décèle même des traces de dub (« Never follow suit »), de jazz (« Heaven’s on fire ») de shoegaze (le superbe « The video dept », réminiscent des Pale Saints) et même de lo-fi (« Memory loss »). Les orchestrations peuvent aussi se révéler somptueuses, luxuriantes (« David ») et, à contrario, les arrangements minimalistes (« A token of gratitude »). Légèrement ‘reverb’ la voix de Johan Duncanson chuchote des lyrics trempés dans l’angoisse existentielle ou dans la mélancolie adolescente. Un chouette album qui ne révolutionnera pas l’histoire de la musique, mais dont l’écoute agréable est très susceptible de vous rendre de bonne humeur…

 

Rafter

Animal Feelings

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Rafter Roberts est un drôle d’animal, dont le parcours est plutôt contradictoire. Impossible, en effet, de déceler une direction claire dans sa nouvelle collection de morceaux aussi hétéroclite que réussie. Succédant au très moyen « Music for Total Chickens », sorti en 2007, « Animal Feelings » constitue le 5ème album de Rafter Roberts. Un artiste friand d’expérimentations. Issu de San Francisco, il est également producteur. Il a signé chez Asthmatic Kitty, la maison de disques de Sufjan Stevens (pour le compte duquel il est également ingénieur du son). Ne se refusant aucune folie, son cœur balance constamment entre Cody Chesnutt, Justin Timberlake, les Jackson 5 et Phoenix, sans avoir peur de faire le grand écart ou de déraper dans le mauvais goût. Auto-tune R&B sur « No Fucking Around » ou basse funk sur « Feels Good », il mélange les genres comme le Beck de la grande époque (flagrant sur des titres comme « Fruit » ou « Feels Good »). Si le mélomane pourrait, dans un premier temps, se perdre dans les dédales de son inspiration, il reviendra rapidement sur terre à l’écoute de l’imparable single « Timeless Form, Formless Time ». Une pépite pop à faire danser les filles dans l’esprit ‘nerd’ de Hot Chip: ‘I’ve never heard this before / ‘Cept for the part where I say / Get your ass out on the floor’. Bercé par ses rythmes africains chaloupés, le très dansant « Paper » s’en tire également haut la main.

Difficile d’accès à première écoute, « Animal Feelings » est une œuvre étrange, inégale et kitsch ; mais captivante et agréable de bout en bout.

 

Julien Pras

Southern Kind of Slang

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Chaque pays possède son trésor musical caché. Si je suis bien incapable de vous dénicher ceux du Cambodge ou du Paraguay, je viens par contre de me rappeler du secret qui est probablement le mieux gardé en France : Julien Pras. Après avoir participé activement aux aventures de Calc, comme leader, Julien Pras nous propose un premier elpee en solitaire. Calc, c’était une formation bordelaise, responsable de comptines pop hyper mélodiques et d’une sensibilité mélodique à fleur de peau. Injustement méconnu, ce combo a aligné toute une série d’albums, avec une régularité de métronome.

Les compos du premier opus solo de Pras ne s’écartent guère de celles de son band. Le spectre d’Elliott Smith est toujours aussi présent. A cause de son timbre vocal, et puis du raffinement de ses arrangements. A l’instar d’« Engine Smoke » ou « Allien Town », chansons dignes de son illustre mentor texan. Les mauvaises langues lui reprocheront sans doute, de pomper trop généreusement son inspiration chez son maître spirituel. Pourtant, sa pop est tellement soignée, qu’on finit par succomber à ses charmes. Et puis ses références, il les puise également chez Nick Drake, Fairport Convention ou encore les Beach Boys. Des choix nobles, il faut le reconnaître. Les accords cristallins de sa six cordes, les jolies envolées de violons, les accords délicats du piano, les interventions de vibraphone aussi subtiles que judicieuses ainsi que les chœurs angéliques. Tout un arsenal qui contribue à ciseler finement sa pop. Un véritable régal !

Lors des sessions d’enregistrement, Julien a reçu le concours de la Californienne Emily Jane White. En compagnie de laquelle il partage un savoureux duo sur « Son Of the Stars ». Probablement conscient du poids de son héritage, l’orfèvre girondin est parvenu une nouvelle fois à relever le défi de se mesurer à la référence absolue du songwriting de la dernière décennie ! Et à ce titre, Julien Pras mériterait de sortir de son relatif anonymat ! Si vous êtes mélomane, ne passez pas à côté de cette œuvre. Allo ?  Gus Van Sant? Possible de filer un coup de pouce à un ami?

 

Joel Plaskett

Three To One

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Joel Plaskett est une figure emblématique de la scène indie canadienne. Inconnu en Europe, il était le leader, chanteur et guitariste des mythique Thrush Hermit. Depuis une dizaine d’années, il mène une carrière solo. Une carrière couronnée de succès, puisqu’il a remporté de nombreux prix dans son Canada natal (Juno Awards, Polaris Music Prize et East Coast Music Awards). « Three To One » est une sorte de synthèse de son triple elpee, « Three », publié en 2009. Treize titres, sur les 27, en ont été extraits pour figurer sur cette compile. Les morceaux figurant sur ces trois disques étaient baptisés, pour la plupart, sous la forme de la triple répétition d’un mot (« Deny, Deny, Deny », « Run, Run, Run » ou « Precious, Precious, Precious », par exemple)… Ce programme dogmatique était-il un peu vain ?

Les compositions de Joel Plaskett naviguent entre l’americana classique (« Deny Deny Deny ») et la country introspective (le superbe « New Scotland Blues »). Majoritairement acoustiques, ses morceaux échappent toutefois à un trop grand classicisme grâce à de petites touches personnelles : les chœurs féminins omniprésents, le violon country sur « Deny, Deny, Deny », la trompette Motown sur le magnifique « Through, Through, Through » ou l’ambiance celtique de « Sailors Eyes ». Dans l’esprit des Hold Steady ou de Whiskeytown, Joel Plaskett s’inscrit dans la lignée des artistes évoquant les grands espaces nord-américains. Malgré sa tendance à tracer sa route musicale sur des chemins déjà arpentés, il n’oublie pas d’insuffler des mélodies de qualité évitant à l’ensemble de sombrer dans la facilité. Le songwriter canadien mélange habilement les morceaux rock et les ballades acoustiques, en y injectant une réelle sincérité. Les fans de Bruce Springsteen, Neil Young et Wilco devraient apprécier cet artiste particulièrement talentueux…

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