Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Chroniques

The National

High Violet

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A la vitesse à laquelle se sont arrachés les tickets pour leur concert à l’AB, plus de doute possible, The National est désormais l’une des formations les plus incontournables et respectées de la scène indie. Lentement mais sûrement, le quintet est parvenu aux sommets, tant de sa notoriété que de son art. « Boxer », publié il y a trois ans, avait déjà démontré que les New-Yorkais étaient arrivés à atteindre le parfait équilibre entre leurs mélopées élégiaques et les vocalises crépusculaires de Matt Berninger. Il suffit, pour en être convaincu, de prêter une oreille attentive au morceau d’ouverture de « Boxer », « Fake Empire », parfait en tous points. A l’issue d’un tel coup de maître, The National avait plutôt intérêt à assurer.

Après avoir planché sur la géniale compilation « Dark Was The Night », parue l’an dernier, la formation poursuit son ascension et déballe un « High Violet » encore plus riche, plus fin, plus passionnel. Et toujours plus juste. The National fait à nouveau preuve d’une incroyable densité, alliée à une formidable sérénité. Preuve en est, les magnifiques « Afraid Of Everyone », « Lemonworld », « Anyone’s Ghost », « England » et, surtout, le salvateur « Bloodbuzz Ohio », porté par un Matt Berninger dont la voix libère une intensité à en donner la chair de poule. Le quintet s’illustre également par des textes d’une profondeur assez exceptionnelle et remporte à nouveau la plus grande distinction pour ce « High Violet » tout à fait incontournable. De quoi contribuer à un succès plus qu’amplement mérité.

Ceux qui n’ont pas obtenu le sésame pour voir The National à l’AB pourront se consoler cet été, le 21 août plus précisément, au festival Pukkelpop.

Pete Molinari

A Train Bound for Glory

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Pete Molinari est le fruit d’un véritable melting-pot humain. Issu d’une famille italo-égyptienne d’origine maltaise, il est né dans le Kent anglais ! En outre, il pratique du blues/roots. Dès son plus jeune âge, alors que ses amis ne juraient que par Nirvana, Oasis et autres stars des 90’s, Pete se régalait à l’écoute des vinyles de Billie Holiday, John Coltrane, Leadbelly ou encore Bob Dylan. ‘Pendant que mes frères jouaient au foot dehors, je contemplais avec admiration la collection de mes vieux parents’ affirme-t-il. Et c’est peu dire que son écriture s’en ressent! Lors d’un séjour prolongé aux Etats-Unis (2 ans !), c’est décidé, Pete marchera sur les traces de Jack Kerouac et Woody Guthrie. Il se produit donc à Greenwich Village, comme ses idoles, en y jouant des compositions plus américaines que celles des Américains. Ses pérégrinations, vont le conduire, sans surprise, à Nashville, San Fransisco ou encore la Nouvelle-Orléans… Ce qui va lui permettre de rencontrer du monde. Et puis de se produire en première partie de Dan Auerbach des Black Keys ainsi que de Richard Hawley.

Produit à Nashville par Adam Landry, « A Train Bound For Glory » constitue son 3ème elpee. Si vous aimez la musique des mythes mentionnés dans le premier paragraphe, vous risquez fort d’apprécier celle d’‘old’ Pete… Même si parfois, elle peut glisser vers la parodie. L’application de Pete est telle qu’il en perd toute originalité. Et on finit par s’ennuyer ferme. C’est comme lorsqu’on visite un très beau musée ; la reconstitution est authentique mais impossible de faire revivre l’atmosphère de l’époque, même si elle est hantée par l’âge d’or de la musique yankee. « A Train Bound To Glory » rappelle constamment les Zim, Roy Orbison ou Tim Hardin … On aimerait que Pete s’émancipe quelque peu de ses racines. Qu’il les sublime même. A l’instar de « What a Day, What a Night, What a Girl », une sublime ballade subtilement enrichie de cordes, démontrant ainsi qu’il est capable de se créer son propre univers sonore…

Johnny Moeller

Bloogaloo!

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Johnny Meller milite au sein des Fabulous Thunderbirds, depuis 2007. Comme guitariste. Ce Texan pur sang est originaire de Fort Worth où il est né il y aura bientôt 40 ans. Un véritable bluesman dans l’âme. Ses premiers pas en studio, il les a accomplis en 1996. Il avait alors participé à la confection de "Return of the funky worm", l’album de Paul Size, le gratteur des Red Devils ; un disque publié sur le label de la Dallas Blues Society. Sa première œuvre personnelle remonte à 2001. Elle s’intitule "Johnny’s Blues aggregation".

Pour concocter "Bloogaloo", il a reçu le concours de toute une série de collaborateurs. Et tout d’abord, son propre band ; soit le bassiste Steve Gomes, le claviériste Matt Farrell et le drummer Rob Stupka. Mais plusieurs invités notoires ont contribué à la conception de cet elpee, réalisé au sein des studios de Church House.

Le titre maître ouvre le feu. Une plage instrumentale aux accents texans très prononcés. Et manifestement abordée dans l'esprit des petites pièces musicales qui avaient permis à Freddie King, de se forger une réputation, dans le passé. Johnny signe "I'm movin' on up". Un titre solide et grave. Très rythmé, il trahit des références R&B dansantes indéniables. L'orgue de Farrell communique une coloration très Memphis à l’ensemble. Le timbre vocal de Shawn Pittman (NDR : un pote à Moeller) est chargé de passion. Et pour clôturer cette plage, Johnny se réserve une intervention particulièrement saignante sur les cordes, proche d'un Jimmie Vaughan au sommet de son art. Un climat r&b délicieusement fun qu’on retrouve sur le "Trick bag" d'Earl King. Moeller ne dispose pas d’un organe vocal exceptionnel. Il en est conscient. Aussi, il injecte toute son énergie dans les cordes et le rythme. Et finalement son jeu en devient très caractéristique. Il est violent, sauvage. Le tempo s’élève. Il galope même. Matt est passé au piano. Johnny est alors rapidement soutenu par Kim Wilson (NDR : son boss chez les T-Birds). Il est venu donner la réplique vocale et a emporté son harmonica. Johnny compte énormément d’ami(e)s du côté d'Austin. Ainsi l'énigmatique Lou Ann Barton est venue apporter son concours. Elle chante vigoureusement, autoritairement, "I'm stuck on you". Ce qui a le don de piquer au vif notre Moeller, qui signe une sortie de haute facture. Elle interprète également "Everybody's got to cry sometime", mais d’un timbre fausset. Une plage indolente, hantée par la réputation de femme de mauvaise vie véhiculée par Miss Barton, mais qui transcende littéralement le jeune Johnny, dont les interventions aux cordes touchent au sublime. Instrumental, "Theme from the one armed swordsman" pourrait servir de B.O. de film. Caractérisé par la présence de l'orgue et la frappe métronomique de Stupka, la guitare se détache de l’ensemble. Deux autres copains sont venus épauler Johnny sur  "Raise your hands". Deux Texans. Issus d’Austin, également. Tout d’abord le jeune noir Gary Clark Jr ; et puis James Bullard. Ils lui donnent la réplique vocale. Kim Wilson revient chanter "Well goodbye baby". Energique, parcouru par les ivoires trépidantes de Farrell, il s’agit certainement d’une des meilleures plages de l’opus. Torride, "Shufflin' around" est un autre instrumental. Une plage au cours de laquelle les cuivres tentent de baliser la guitare, manifestement insatiable. Cet album sans prétention s’achève par "Tease my baby", un titre plus roots. Moeller est seul. Il s’accompagne à la guitare. Dans un style proche de John Lee Hooker voire de Lightnin' Hopkins!

Smokin' Joe Kubek & Bnois King

Have blues will travel

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Suite du périple de notre duo de guitaristes black & white. Joe Kubek, le blanc et le Bnois King, le (chanteur) noir. Les douze plages de ce nouvel elpee ont été intégralement composées par le tandem. Quel chemin parcouru, lorsqu’on sait que leur tout premier opus, publié en 1981, recelait douze reprises.

Si Kubek a autrefois milité au sein du backing band de Freddie King, comme second gratteur, c’est depuis 1980 qu’il partage ses aventures musicales, en compagnie de Bnois King (NDR : il est né en Louisiane). Une coopération ponctuée d’une quinzaine d'albums, parus chez Bullseye et Blind Pig et, depuis "Blood brothers", concocté en 2008, sur le prestigieux label Alligator. La pochette est très évocatrice : les deux hommes sont sur la route, les guitares dans le dos, en imaginant déjà de nouveaux épisodes.

La plage éponyme ouvre l’opus. Un morceau puissant imprimé sur un tempo boogie. Les guitares crépitent. Un service gagnant! Soutenues par une section rythmique d'acier, constituée du bassiste John Morris et du percussionniste Adrian Marchi, les douze cordes se conjuguent à la perfection. Joe est intenable, sa slide rugit de bonheur. "Got you out of my blood" baigne dans du R&B pur funk. Le timbre de Bnois est velouté. Il est dans son élément de prédilection. Les cordes de son partenaire sont agressives. Elles inoculent une coloration rock à la compo. King semble ravi lui accorder une réplique dans le style si cher à Albert King. Un modèle de feeling et d'efficacité. Pas le temps de récupérer et "Out of body, out of mind" nous prend à la gorge. Le rythme reste toujours aussi sémillant. Les deux guitares se muent en rythmique et ne laissent guère de place aux espaces vides. Joe le fumeur torture ses cordes. Echanges à couteaux tirés et grattes agonisantes : le southern rock dans toute sa splendeur ! "RU4 Real?" campe enfin le blues lent de circonstance. Un morceau bouleversant de sensibilité au cours duquel Kubek pince ses cordes à la limite de la rupture. Du bon, du vrai blues brûlant! Joe martyrise ses cordes à l’aide de son bottleneck sur "Payday America". Encore un titre pour la route. Bnois injecte toute sa passion, toute sa flamme dans sa voix pour attaquer "Shadows in the dark", une ballade blues au cours de laquelle les guitares sont insatiables, mais toujours remarquables. "My space up yours" trempe dans le texas blues le plus pur. Une plage bien rythmée, plus conventionnelle, mais moins rock que la plupart des autres de l’elpee. Ce qui n’empêche pas les interventions de Kubek de demeurer aussi redoutables. "Sleeping with one eye open" se couvre également d’accents blues. Mais sans jamais susciter la moindre sensation d’ennui. Autre ballade, "Wishful thinkking" est illuminé par une superbe mélodie. La voix de Bnois est conquérante et la slide de Joe majestueuse. Certainement un des meilleurs opus de ce duo, qui a bénéficié du concours du boss d’Alligator en personne, à la production.

 

Jim Kerr

AKA Lostboy

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Jim Kerr, c’est le chanteur du légendaire groupe de rock écossais Simple Minds. Une formation qui a vendu plus de quarante millions d'albums, à travers le monde, depuis 1979. Sans oublier les hits planétaires (NDLR : et surtout les plus populaires) comme « Don't You (Forget About Me) » et « Alive And Kicking », qui leur ont permis d’entrer dans la légende. Jim a décidé de voler de ses propres ailes. Et d’enregistrer un premier album solo. En choisissant pour pseudonyme Lostboy! Pour la première fois, il a bossé sans le concours de son acolyte Charlie Burchill, musicien (NDR : guitariste, claviériste, saxophoniste, batteur et violoniste) et surtout compositeur hors pair. Depuis plus de 30 ans, il était la muse de Simple Minds. Cependant, Kerr a sollicité, pour concocter son premier album solo, le coauteur et producteur londonien Jez Coad, qui avait déjà collaboré à la mise en forme du 14ème elpee studio du combo écossais, « Black & White 050505 », en 2005.

Mais venons-en au fait. En perte de vitesse depuis quelques années, Simple Minds s’essouffle visiblement. Souhaitant donner un coup de fouet ou de lifting à son image, Kerr nous propose donc « AKA Lostboy », balade solitaire d’un leader actuellement en manque de reconnaissance.

Là où on attendait un renouveau, une tentative, une prise de risque, Jim nous sert des fonds de tiroir où se sont accumulés quelques titres poussiéreux et totalement dépassés pour l’heure. De « Refuggee » à « Mr Silversmith », Jim Kerr, alias Lostboy, ne s’est visiblement pas perdu en chemin. Il n’a pas dévié d’un poil des sentiers tracés. Il a parfaitement suivi les dizaines de petits cailloux blancs qu’il avait semés durant plus de 20 années en compagnie de ses acolytes. Bref, rien de bien nouveau à déguster mais simplement une repasse des plats bien connus des amateurs de pop/rock des eighties. La voix et les mélodies sont immédiatement reconnaissables ; et on en arrive à se demander pourquoi sortir un elpee solo si c’est pour faire exactement la même chose que durant son aventure vécue au sein des Simple Minds ???

Les amateurs du genre apprécieront et tomberont peut-être même sous le charme ; reste quand même un petit goût de trop peu ou plutôt de déjà vu ou entendu ! D’ailleurs, pour ne pas être trop négatif, on épinglera quand même le single « Shadowland » que n’auraient pas renié les habituels musiciens du band, restés cette fois à quai, pour voir partir leur ‘enfant perdu’…

Jacques Higelin

Coup de foudre

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Higelin ? Tout un programme. Et pourtant ! Depuis quelques années, l’ami Jacques s’était fait plutôt discret. Il faut dire que la qualité des œuvres proposées n’était plus à la hauteur de son passé ni de son immense talent. A croire qu’il avait mis sa gouaille en mode vibreur, voire silencieux.

Mais en 2010, soit à 69 ans bien sonnés, il décide de nous revenir en publiant « Coup de foudre », son dix-septième album studio au compteur depuis les prémices de sa carrière, en 1965 (hé oui déjà !) Après quelques réalisations plutôt anodines, il nous sort un de ses meilleurs elpees, un peu comparable au superbe « Tombé du ciel », qui date de 1988. Cet opus fait suite à « Amor Doloroso » qui amorçait en 2006 un retour en force. Ce trublion de la chanson française, digne héritier de Charles Trénet, autre fou chantant, a repris dans son équipe les mêmes membres qui lui ont valu un retour aux sources. Et les recettes sont les mêmes pour un résultat encore meilleur que quatre années plus tôt. Comme il y a 22 ans, les mélodies sont au rendez-vous. Variées, agréables, ludiques ou tout simplement belles. L’accent est mis sur l’accessibilité de ses chansons.

Car à dire vrai, pour apprécier Higelin, il faut oser entrer dans son univers, accepter ses coups de gueule, ses avis bien tranchés, son sens désopilant de la réalité du monde dans lequel il vit. Pas si simple. Surtout quand lors d’une première écoute, on n’a pas l’oreille accrochée par la ligne mélodique de la chanson.

Ici, pour « Coup de foudre », Jacques a rendu ses textes directement accessibles grâce à une clarté, une pureté des sons qui vous capturent immédiatement. Il s’en sert alors royalement pour nous proposer son grand carrousel de mots. D’amoureux fou dans « Coup de foudre » qui ouvre l’album, il passe au statut de paumé du cœur dans « J’ai jamais su », puis critique notre société de consommation « Qu’est ce qui se passe à la caisse ». Comme en ses plus beaux jours, il visite ses thèmes préférés : l’amour, la joie, la misère, la violence parfois et puis la poésie encore et toujours.

Il nous faisait peur le bougre en sortant à près de 70 ans un nouvel album. Allait-il être capable de relever son niveau, de se hisser à nouveau au sommet de son art ? Visiblement, comme le bon vin, il s’améliore encore au fil des années. Mais il faut prendre soin de choisir alors la bonne bouteille ! Sortez les verres ! Santé !

 

Ganglians

Monster Head Room

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Ganglians est un combo originaire de Sacramento. Remarqué lors du prestigieux festival South By Southwest (SXSW pour les intimes), qui s’est déroulé en mars dernier, le quatuor s’est empressé de publier un premier Ep éponyme, suivi de très près par une première œuvre complète, « Monster Head Room ». Ganglians marche sur les traces de Wavves, Vivian Girls, Thee Oh Sees, Kurt Vile et autres formations néo-psyché ayant bouffé du Beach Boys toute leur enfance. Mais Ganglians tire son épingle du jeu grâce à sa propension à faire évoluer des morceaux à priori inoffensifs en déclaration de guerre assassines (« 100 Years », « Blood On The Sand », « The Void », « Voodoo » et surtout « Valient Brave »).

« Monster Head Room » n’est pas de ces disques qui s’appréhendent en une seule écoute. Il faut savoir le caresser dans le sens du poil, l’apprivoiser petit à petit et avec patience. Car derrière ses airs d’animal indomptable, Ganglians cache une certaine vulnérabilité qu’il expose, l’air de rien prudemment, sur des morceaux tels que « To June », « Modern African Queen » ou « Cryin’ Smoke ». Il est clair que « Monster Head Room » n’est pas le genre de plaque qu’on uploade dans son intégralité sur son lecteur MP3 ou qu’on écoute en boucle dans sa voiture (quoique…) Mais il est certainement de ceux vers lesquels on revient, quelques années plus tard, un large sourire au visage et plein de souvenirs dans la tête.

Benoît Dorémus

2020

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La trentaine déjà entamée, Benoît Dorémus ne publie pourtant seulement que son troisième album. Il faut avouer que ce jeune homme préfère prendre le temps de se construire plutôt que de brûler les étapes et de risquer de se faire jeter vite fait bien fait.

Né donc un 20 mai en 1980, ce natif de Besançon, se consacre prioritairement à ses études. Une Licence en Arts du Spectacle (cinéma) en poche et la publication d’un premier roman resté confidentiel, il s’installe à Paris. Accompagné de Richard Posselt (accordéon et piano) et Franck Portal (basse), il commence à se produire en concert dès 2003, tournant dans plusieurs salles et bars parisiens. Il reconnaît pour influences majeures Eminem, Renaud, Alain Souchon et Philippe Djian, pour l'écriture.

En 2005, il publie donc sa première réalisation « Pas en parler ». Ce disque attire l’attention de Renaud qui le signe sur son propre label ‘Ceci cela’. En 2007, son opus « Jeunesse se passe » recueille un excellent accueil critique.

‘Taratata’ le reçoit même lors d’un hommage à Renaud et il tourne ensuite durant plus de deux ans, assurant principalement des premières parties de Renaud (encore lui) ou encore Renan Luce (restons en famille), dont il est très proche tant dans les textes que le style musical.

Découvrons donc ce nouvel elpee entamé automne 209 et paru il y a quelques semaines. Plus ouvert, plus sensible, plus léger, plus posé que le précédent, il nous propose des morceaux bien écrits et nettement moins vindicatifs que sur « Jeunesse se passe ». Quoique…

« Bilan Carbone » ouvre la série des 12 titres. Une bonne leçon environnementale, à la mode actuellement chez beaucoup de ses collègues… Autre coup d’œil sur les maux de la planète sur « Comment vont les autres », vision décalée des pseudo-problèmes de chacun. « T’as la loose » ou Renaud revisité,  surtout lors du refrain. On se croirait revenu 30 ans en arrière. « De l’autre côté de l’ordi » complètement autocritique nous démontre une personnalité assez inquiète de son avenir, de son métier, de la voie empruntée. Et puis, il y a « J’ai les deux pieds dedans », mélodie simplement efficace et la galère d’un artiste, petite histoire toute personnelle (?).

De jolies chansons à découvrir, à écouter, à la fois tendres, lucides et parfois même ironiques. ‘De l’intime à la sociologie, du politique au romantique, de lui-même à nous tous’», dixit Benoît himself…

Après avoir joué en première partie de la tournée de Renan Luce, il entamera la sienne dès l’automne prochain.

 

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