L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Chroniques

Shawn Pittman

Too hot

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Il y a deux ans, Shawn a signé chez Feelin' Good Productions, une boîte italienne dirigée par le Transalpin Tano Ro. Le label avait déjà publié "Moovin' and groovin", une compilation consacrée aux quatre premiers albums de Pittman. Lors de sa 10ème tournée accomplie outre-Atlantique (NDR : c’était en novembre 2009), le jeune Texan comptabilisait 18 dates de concerts en 19 jours. Il lui restait une seule date de libre. Au cours de laquelle il s’est rendu aux studios Electric Honey. Après 4 heures de travail acharné, il avait mis en boîte ce "To hot".

L’elpee réunit quinze plages dont une majorité de reprises. Shawn est soutenu par son backing band de tournée. Ils sont tous de nationalité italienne : Martin Iotti à la basse et Emanuel Zamperini aux drums. En outre, il a invité l’harmoniciste Max Lugli, le leader des Helltones qui participe à plusieurs compos. La voix de Pittman diffère très fort de ce qu’il nous propose en studio. Elle est très certainement fatiguée par l’accumulation de prestations concentrée sur une brève période. Le tempo s’avère, en général, plutôt uniforme, même si on y recèle davantage de morceaux rapides.

La plage d'ouverture est royale. Une reprise du "How many more years" de Howlin' Wolf. Le concours de Lugli à la musique à bouche est déterminant. Ses interventions sont versatiles. L'offensive est lancée. Imprimé sur un tempo vivace, "Secret weapon" véhicule des accents louisianais. Surtout au niveau du chant… qui me fait penser à Lazy Lester. Aussi, on n’est pas trop surpris lorsqu’il adapte aussitôt son "The same thing could happen to you". Le rythme est implacable. Les cordes vocales sont épuisées, corrodées. Mais l’organe est idéal reprendre cette chanson issue des swamps. Pittman appuie sur le champignon pour attaquer le classique de Larry Williams, "Slow down". Du pur rock'n'roll. Idéal pour se déhancher devant les planches. Pas de répit, puisqu’il embraie par "Geronimo rock", un boogie rock issu de la plume de Jerry McCain. Sans transition, il aborde "Next door neighbor". Max Lugli opère son retour à ses côtés. Une intervention au cours de laquelle, le souffleur de Reggio étale toutes les facettes de son talent. La machine est en surrégime. Et persiste dans son emballement sur l’instrumental très rythmique, "Lookin' good". Place ensuite au hit texan "My love is here to stay", une compo signée Anson Funderburgh/Sam Myers. Shawn incarne le rôle d'Anson. Max celui du regretté Myers. L’adaptation du "Can't stand to see you go" de Jimmy Reed nous replonge en Louisiane, un morceau au cours duquel Mr Lugli souffle dans les aigus avec un réel bonheur. Pittman nous réserve encore quelques shuffles fricotés à la sauce texane : "Play a little while", "Business man" et le "Where you get your sugar from" d’Eddie Kirkland. Pittman parvient quand même à changer quelque peu de registre. Notamment en sculptant dans le funk "Burnin' up", titre maître de son elpee publié en 98, et le "Reap what you sow" de Mance Lipscomb. La sortie est aussi royale que l'entrée. Il s’agit du titre maître. Une compo écrite par Jerry Mc Cain, un fabuleux harmoniciste né en 1930. Et inévitablement, Max Lugli participe à cette version remarquable. La brûlure ne dure que trois bonnes minutes. Mais elle est intense. 

Oasis

Time flies… 1994-2009

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Il faut le reconnaître, Oasis a marqué toute une génération. Tout comme Blur, par ailleurs. A l’instar de la rivalité entre les Beatles et les Stones, celle entre les deux groupes-phares britanniques des nineties, va permettre d’alimenter les tabloïds. Et surtout aux deux groupes de vendre des millions de disques. Oasis, c’était avant tout les frères Gallagher, Liam et Noël, dont les rixes étaient rituelles. Et la dernière, qui s’est produite en août 2009 (c’était lors du festival parisien Rock en Seine) a mal tourné. Puisqu’elle a scellé l’aventure de la formation. Du moins, provisoirement (NDR : les fans peuvent toujours espérer, Les Mancuniens n’en sont pas à leur première réconciliation). N’empêche la brouille semble persister, puisque Liam a fondé un nouveau groupe, en compagnie de ses anciens acolytes, Beady Eye (NDR : un premier elpee, enregistré sous la houlette de Steve Lillywhite, devrait sortir d’ici quelques mois), et a monté sa propre boîte de production. Noël a entamé une carrière solo depuis…

« Time flies… 1994-2009 » réunit tous les singles issus des différents albums d’Oasis. Depuis « Supersonic » à « Falling down », en passant par « Wonderwall », « Cigarettes & alcohol », « Don’t look back in anger », « Some might say », en j’en passe. 26 en tout. Un superbe box incluant un booklet de 12 pages, au sein duquel figurent les paroles des chansons, un dvd réunissant 36 clips-vidéo ainsi qu’un cd live, immortalisant un concert accordé le 21 juillet au Roundhouse de Londres. Un véritable testament !

 

Mountain Man

Made The Harbor

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La première décennie de ce troisième millénaire a été marquée par une profusion d’artistes féminines se réclamant du folk traditionnel. De Joanna Newson à Alela Diane, ce n’est pas le brio qui manque. En général, toutes ces compositrices abordent des thèmes liés à la nature. Au cœur d’une ambiance hippie ou chamanique, elles aiment communiquer avec les esprits de cette Amérique oubliée, retrouver leurs racines. Si cette scène recèle de nombreuses artistes talentueuses, il faut reconnaître que la ligne commence à être encombrée. Et si souvent la qualité est au rendez-vous, c’est l’originalité qui commence à faire défaut. Aussi, pour les dernières arrivées, difficile de se faire une place au soleil. Surtout quand on n’a rien de vraiment neuf à proposer…

Mountain Man est un trio issu du Vermont. La région est boisée et parsemée de lacs. Idéal pour se lancer dans une aventure folk… Molly Erin Sarle, Alexandra Sauser-Monnig et Amelia Randall Meath se connaissent depuis le collège. Elles partagent une même passion pour le chant. Et de fil en aguille se décident à composer. Se réunissant régulièrement dans le salon de l’une ou l’autre jeune fille. C’est d’ailleurs au sein de l’un d’entre eux que « Made The Harbor » sera enregistré. A l’aide d’une guitare acoustique, les trois Américaines vont alors poser leurs voix sur leurs chansons aux mélodies douces et apaisantes. Les harmonies vocales sont parfaites. Mais si leur approche minimaliste ne manque pas de charme, au fil du sillon, elle commence à nous assoupir. Et même à nous endormir. C’est même plus efficace qu’un somnifère.

Bref, si vous cherchez un fond sonore pour faire la sieste, je vous conseille vivement ce « Made The Harbor ». Il pourrait même vous aider à dessiner de beaux rêves. Si le fait même de somnoler vous horripile, tournez-vous plutôt vers les classiques du genre. Au moins, pas de risque de tomber en léthargie…  

 

Natalie Merchant

Leave your sleep

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Peu nombreux sont ceux pour qui le nom de Natalie Merchant n’évoque l’once d’un style ; la dame est pourtant sur scène depuis longtemps. Elle a accompli ses tout débuts au sein des 10,000 Maniacs, il y a 30 ans... En 1995, elle quitte son groupe et s’impose modestement en tant qu’artiste solo. Notoire pour sa prose sentimentale et son indépendance créative, la chanteuse poursuit sur la même voie, en publiant aujourd’hui “Leave your sleep” ; mais elle a peut-être poussé la réflexion un peu trop loin.

En alignant des titres prometteurs de spiritualité, Natalie Merchant explique que sa collection de chansons est le fruit des conversations entretenues avec sa fille au cours des six premières années de sa vie, toutes illustrées par des poèmes anglo-saxons des siècles derniers, sélectionnés soigneusement (elle mettra 5 ans). On entre alors dans un univers allégorique où les histoires de marins, d’animaux et de cirques ambulants se chevauchent lors de récits sucrés de princesses et de gitans, de sorcières et de géants.

Dans une instrumentation générale de ‘folk américain’ et ‘folklore européen’ à majorité acoustique, les fables sont contées au moyen de genres musicaux bien identifiables : outre son début celtique tout en cornemuse irlandaise et violon ‘de rue’, qui nous fait retomber au niveau des Corrs (« Nursery Rhyme of Innocence and Experience »), l’album recèle quelques jolies ballades (« The Man in the Wilderness »), mais trahit aussi des influences tziganes (« The Dancing Bear »), country bluegrass (« Calico Pie », « Adventures of Isabel »), accès de pur blues (« The Janitor’s Boy », « Bleezer’s Ice-Cream ») et de reggae (« Topsyturvey World »), pour finir sur une musique cinématographique violoneuse (« Spring and Fall : to a Young child »).

En gros, beaucoup d’effets de style et des textes empruntés pour peu d’originalité. La voix veloutée et nasillarde dans les aigus n’offre, vu sa modeste tessiture, pas plus de reflet que l’ensemble. Et pourtant, parmi la dizaine de collaborateurs sollicités pour participer à la confection du disque (NDR : une procédure identique que pour ses albums précédents), n’ont été choisis que celle est ceux dont l’expertise était avérée. Le ton général folk aux touches fiddle n’est pas ce qui existe de plus excitant et ne bénéficie malheureusement pas non plus d’un effort d’actualisation thématique ou musicale. L’album puise son mérite dans la poésie et les symboles, car l’approche y est plus textuelle et conceptuelle que musicale.

 

Love Is All

Two Thousand And Ten Injuries

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Love Is All est une formation suédoise (NDR : issue de Göteborg, très exactement) qui ne jouit guère d’une grande notoriété, hors de ses frontières. Et pourtant, elle en est déjà à son troisième album. En outre, ses deux premiers avaient reçu d’excellentes critiques, de la part de la presse spécialisée. David Bowie n’avait d’ailleurs pas hésité à leur emboîter le pas. Une fameuse référence !

Les compos figurant sur « Two Thousand And Ten Injuries » ont été écrites à l’issue de leur dernière tournée. Au sein de leur environnement natal. Cool. Sans aucune pression. Et le résultat va au-delà de toutes les espérances. Pas le moindre titre faible sur cet opus. La voix de Josephine Olausson communique le même enthousiasme à une pop ensoleillée, pétillante, rafraîchissante, grisante, éclaboussée de quelques accents punk. La musique de Love Is All évolue à la croisée des chemins d’Architecture In Helsinki (NDR : également chez Polyvinil) et Los Campesinos ! Tout en parvenant à y intégrer des éléments noisy. C’est d’ailleurs ce qui en fait sa singularité. Le tout enrichi circonstanciellement d’interventions de saxophone et de chœurs. Un coup de cœur ? « Kungen ». Une plage qui lorgne manifestement vers les Beach Boys. 

Vu la canicule, je vous conseille de consommer ce disque d’urgence. Et sans modération…

BLK JKS

Zol ! (Ep)

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Si on vous parle d’Afrique du Sud, aujourd’hui, vous n’allez pas me répondre en termes de Bafana Bafana, mais de vuvuzelas. Et pourtant, une formation indie est parvenue, là-bas à faire son trou. Elle a même gagné le prix du meilleur album de musique alternative lors des Awards décernés dans leur pays. Ce qui lui a permis, lors de la cérémonie d’ouverture de la dernière coupe du monde de football, de s’y produire en compagnie d’Alicia Keys.

Non seulement le combo a apporté une jolie pierre à cet édifice, mais il est devenu une véritable vitrine pour l’Afrique toute entière. Et l’occasion était donc belle pour BLK JKS (à prononcer Black Jack) de sortir un nouvel Ep. Intitulé « Zol ! », il fait suite à « After Robots », publié l’année dernière.

Sur ce disque, le band est parvenu à se démarquer davantage de ses influences, lorgnant même carrément vers le psyché rock de Mars Volta. Cinq titres interprétés tantôt en anglais, tantôt en zoulou, qui vibrent au son des rythmes africains, rivalisant d’exotisme (« Hetys »), de psychédélisme et (« Paradise ») ou même d’ambient (« Zol ! »).

En concoctant cet Ep, BLK JKS vient d’élargir son espace de créativité. Ce qui devrait lui permettre de forger sa propre identité, sans pourtant renier ses racines. Le combo est peut-être occupé d’ouvrir une voie à un Continent dont l’affirmation de soi se fait de plus en plus forte. Continent dont on a d’ailleurs beaucoup à apprendre.

 

Anaïs

Live – The Short Version

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Responsable de ‘petites chansons’ d’amour très particulières, Anaïs a décidé d’immortaliser ses chansons interprétées en ‘live. Où ? Aux Francofolies de La Rochelle. Quand ? L’an dernier. 

Comme d’habitude, la (re)belle grenobloise caricature grossièrement la relation amoureuse ou tout simplement le ‘couple’ dans ce qu’il y a de meilleur mais aussi souvent de pire… Un peu d’humour et de dérision ça passe. Tout au long d’un même cd, ça lasse. D’autant plus qu’il est pimenté, entre les différents morceaux, de commentaires et autres intermèdes du style. Et à la longue, son attitude devient vite agaçante et difficilement supportable ! Les titres ? Vous les connaissez tous. Donc, pas de surprise. Son tracklisting épingle tous les classiques. Depuis « Christina » à « Mon cœur, mon amour », en passant par « Le premier amour » ou encore « Peut être une angine ». Le tout complété par quelques compos un peu moins connues du grand public.

« Short Version » ? En existerait-il une longue ? Pas du tout ! Alors pourquoi baptiser son opus live d’un tel titre ? Et bien tout simplement pour deux raisons : la setlist est plus courte qu’un concert classique, et lors de cette prestation accordée aux Francofolies, Anaïs était vêtue d’un short ! L’explication vaut ce qu’elle vaut ; et pourtant, c’est la réalité. Il suffit de jeter un œil sur la pochette… Hormis ces quelques défauts, il faut reconnaître que la chanteuse démontre, tout au long de cet elpee live, qu'elle est une fameuse show girl, capable de se débrouiller plutôt entre plusieurs styles : rock, pop, r'n'b ou chanson française, ... En outre, elle parvient à enflammer son public, qui chante et s'éclate en même temps qu'elle ; surtout lors de l'intro de « Mon cœur, Mon amour », une interprétation très réussie au cours de laquelle, elle emprunte plusieurs gimmicks de guitare ultra-connus.

Aujourd’hui âgée de 34 ans, la jeune femme avait entamé sa carrière en 2003, au sein d’un groupe ‘illustrement’ inconnu répondant au patronyme d’Opposum. Un combo qu’elle a quitté en 2004 pour embrasser une carrière solo. Son premier elpee, « Cheap Show », sorte de ‘one-woman-song’ oscillait entre folk, blues, rock, rap et r'n b' (!?!!) Armée d'une simple guitare acoustique et d'une pédale, elle bouclait en live sa voix.

Mais c’est en 2005 qu’elle va enfin se révéler. Les médias vont alors découvrir sa première incursion dans les histoires de couple, à travers "Mon cœur mon amour". Le reste, vous le connaissez…

Le « Live Short Version » d’Anaïs est donc un condensé de 6 années de carrière solo qui se laisse écouter ; mais seulement à doses homéopathiques…

 

Various Artists

Be Yourself – A tribute to Graham Nash’s Songs for Beginners

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Lorsque Graham Nash a écrit les chansons de son premier album solo, “Song for Beginners”, il venait à la fois de rompre avec sa dulcinée, Joni Michell, et en même temps de connaître le premier split de CS&N (NDR : il y en aura plusieurs, mais aujourd’hui encore, le trio tient toujours la route). Cette époque vivait également l’escalade de la guerre du Vietnam et la perte des valeurs idéalistes cultivées au cours des sixties (NDR : le fameux peace & love !). Le disque est alors paru en 1971.

Près de 40 ans plus tard, la fille de Graham, Nile a décidé de rendre un hommage à son père en invitant toute une série d’artistes pour interpréter les chansons de ce « Songs for Beginners ». Y sont impliqués Brendan Benson (Raconteurs), Vetiver, Robin Pecknold (Fleet Foxes), Bonnie ‘Prince’ Billy, les Moore Brothers, Alela Diane, Sleep Sun et Nile (pour deux titres), sans oublier les deux versions nées de collaborations. Une entre Port O’Brien et Papercuts. L’autre entre Mariee Siioux et Greg Weeks (Espers). Certains sont parvenus à donner une coloration toute personnelle aux adaptations. D’autres ont préféré respecter la forme originelle. Mais une chose est sûre, les 11 versions sont vraiment superbes.

 

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