L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Chroniques

Vinc Project

My Story…

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Paru il y a presque deux ans, cet opus est le résultat d’un travail solo de Vinc, mieux (?) connu comme guitariste au sein de la formation suisse Ever Since. Alors, la question à deux balles : Ever Since, cékiça ???

Voilà, voilà. Ever Since est un groupe de ‘melodic dark metal’ (ben oui ça existe) helvétique, connu seulement par les spécialistes du genre ou par les autochtones du pays du gruyère et de Fendant (vin blanc du coin). On soulignera tout de même que ce combo compte plus de dix ans d’existence et trois albums à son actif.

Après avoir collaboré une décennie aux réalisations des hardeurs helvétiques, Vinc se la joue perso depuis 2008.

Elpee entièrement écrit, joué et interprété par cet amateur de néo métal, ce ‘Project’ se veut avant tout autobiographique. En une petite dizaine de titres, Vinc nous raconte les déboires de sa vie sentimentale sous forme d’un voyage sombre, torturé et mélancolique. Autant dire tout de suite que « My Story » ne transpire ni de bonne humeur ni d’hilarité… Vinc a donc concocté neuf morceaux inspirés d’une espèce de métal mélodieux (ça existe ce truc ?)

A vouloir mélanger les genres –guitares acoustiques, violons, violoncelles d’un côté et artillerie lourde de l’autre– on a l’impression que notre artiste s’emmêle les pinceaux, hésitant même entre la musique de film (voulait-il imiter le génial Mike Oldfield, responsable de la B.O. de « L’exorciste ») et l’opéra rock tragique ‘bon marché’. Hélas, le résultat est loin, très loin, d’atteindre un niveau intéressant. 

En un mot comme en cent cet album est ‘trop’. Trop lourd, trop sirupeux (violon, violoncelle), trop doux ou trop hard. Bref, il est totalement indigeste ; car Vinc a voulu enfiler des gants de velours à de grosses pattes velues. Ça le fait pas du tout. On dirait plutôt une grosse soupe préparée à l’aide de tout ce qu’il avait sous la main. Et cette mixture sonore devient du grand n’importe quoi. Des styles qui s’opposent et qui ne s’harmonisent pas du tout. Un peu comme si le grand ogre gourmand devenait gardien d’enfants dans une crèche de mioches. Bonjour les dégâts…

Bref, un ‘Project’ qui aurait mieux fait de rester à l’état de ‘projet’, tout simplement !

 

Various Artists

The Afrosound Of Colombia Volume 1

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L’écurie Vampisoul nous propose un voyage à travers l’âge d’or colombien du label Discos Fuentes. Maître des rythmiques endiablées durant les 60’s et 70’s, Antonio Fuentes Estrada est la première personne à avoir lancé un label en Colombie. Créé en 1934, à Carthagène, Disco Fuentes est surtout notoire pour ses disques mélangeant savamment sonorités afro telles que la cumbia, le fandango ou encore le porro. Souvent comparée à la Motown, pour sa démarche unique en son genre, l’écurie colombienne vient de refaire surface par la grâce de Vampisoul, dont le travail de fouilles dans les archives des musiques du monde devient de plus en plus impressionnant

Le premier volume de « The Afrosound Of Colombia » est double. En outre, il est enrichi d’un superbe booklet incluant notes, photographies rares et biographie d’artistes. Un bel objet collector, comme toute réédition de qualité qui se respecte.

Impeccablement remasterisée, l’œuvre est découpée en 43 titres. Des compos caractérisées par leur richesse musicale. Ici la musique vient du cœur. Elle est dansante, ensoleillée, mais avant tout le fruit d’un mélange de rythmes latino et de percussions frénétiques. Et les inconditionnels du R’n’B à deux cents peuvent d’ores et déjà passer leur chemin ! Au bout du compte, on se rend compte que la Colombie ne se limite pas à la coke et Pablo Escobar ! A cet égard, il faut remercier Monsieur Fuentes, pour son incroyable feeling ! En signant des groupes ou artistes comme Wgandia Kenya, Afrosound ou encore Michi Sarmiento, le label Disco Fuentes va rencontrer un énorme succès, et surtout faire vibrer toute la République du Nord-Ouest de l’Amérique du Sud. En outre, le concept Fuentes est indissociable de Fruko, l’enfant terrible du label qui apportait sans aucun doute un plus au sein de l’écurie ! Véritable génie déchaîné, on doit à Fruko des titres aussi excitants que « Flores Silvestres », « El Ausente » ou encore l’excellent « Tihuanaco », caractérisé par ses bongos et congas jubilatoires ! Hautement recommandable à toutes celles et tous ceux en recherche perpétuelle de nouvelles sensations !

H.E.A.T.

Freedom Rock (a)

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L’A.O.R est une des nombreuses déclinaisons du hard rock que l’on croyait moribonde depuis les années 90, c’est à dire l’avènement du grunge. Heureusement, certains irréductibles n’ont jamais lâché l’affaire. La bête sommeillait simplement, tapie dans son trou en attendant l’heure du retour. Tout récemment, le comeback fracassant d’anciennes gloires du genre (House Of Lords, Giant, Dare) a réveillé l’intérêt des labels et suscité de nouvelles vocations.

H.E.A.T. est originaire de la petite ville suédoise d'Upplands Väsby, dans la région de Stockholm. La même ville qui en 1979 avait déjà enfanté un monstre du rock mélodique baptisé Europe. Formé en 2007, le sextet avait été élu ‘Meilleur Nouveau Groupe’ par les auditeurs de la radio nationale suédoise après sa participation au célèbre ‘Sweden Rock Festival’.

Si le groupe est nouveau, la musique elle ne l’est pas vraiment. « Freedom Rock » aurait probablement fait un carton s’il était sorti entre 1984 et 1989. Tout sur ce disque évoque le meilleur du rock mélodique ‘à l’européenne’. Le chant harmonieux est soutenu par des chœurs qui le sont tout autant. Les riffs accrocheurs, les soli fluides et les parties de claviers imparables sont mis au service de titres rock mid-tempo et de jolies ballades. De quoi raviver des souvenirs humides aux nostalgiques des années quatre-vingt. Si votre cédéthèque regorge d’œuvres de groupes ou formations comme Europe, Alien, Dare, Tobruk, FM, Fate, Shy, Treat ou Skagarack, il est grand temps de lui offrir une petite nouveauté. « Freedom Rock » fera surement l’affaire.

Notons pour les fans, la participation vocale exceptionnelle de Tobias Sammet (Edguy, Avantasia) pour l’excellent « Black Night ».

Teenage Fanclub

Shadows

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C’est une anecdote qui vaut son poids de grain. Après la sortie de leur nouvel elpee, enregistré au sein des studios Soma (Chicago) de John McEntire (Stereolab, Kaki King, The Ex, Wilco…), Norman Blake a avoué : ‘J'ai une gueule de bois terrible !’ Pas parce qu’il a forcé les mots ou essayé d’arrêter les sons coléreux qui frappent encore les murs du studio qu’il vient tout juste de quitter pour la réalisation du huitième opus de Teenage Fanclub ; mais parce qu’il est sorti boire un verre avec un ami, pour fêter la sortie de son nouvel elpee ; et qu’il est rentré tard la nuit dernière, après avoir bu du whiskey. ‘C'est une chose terrible !’, ajoute-t-il. 

C’est, en effet, le 31 mars dernier qu’est paru le très attendu (NDR : par une poignée de fans nostalgiques avouons-le !) « Shadows », un disque publié chez PeMa en Europe (le label du groupe) et Merge en Amérique du Nord. Cinq années de mutisme où les pionniers de la scène indie pop glaswégienne se sont confortés dans l’inaction. Ayant commis l’un des grands opus de la pop britannique des années 1990 (NDR : « Bandwagonesque » avait été élu album de l'année par le magazine Spin devant des elpees tels que « Loveless » de « My Bloody Valentine, « Out of time » de « R.E.M. » ou encore « Nevermind » de « Nirvana »), le retour des Bellshill Beach Boys (NDR : Bellshill : ville natale du groupe située près de Glasgow) était forcément attendu par les critiques.

Ce dernier long playing été entièrement pensé et enregistré loin des rumeurs des villes ; les trois auteurs-compositeurs (Norman Blake, Gerard Love et Raymond McGinley) ayant décidé de se retirer dans les profondeurs des paysages ruraux du Nortfolk (Angleterre) pour tenter de rompre la remarquable linéarité et fidélité artistique qui leur collent à la peau et transmuer la substance volatile de l’intuition en réflexion tangible. Gerard Love a d’ailleurs décrit leur travail comme : ‘un de nos albums les plus travaillés et réfléchis’.

Si l’empreinte bucolique s’imprime incontestablement sur la plaque, celle-ci se griffe cependant de quelques aspérités. Ainsi, « Shadows » se démarque de l’esthétique estivale et du power pop propre au trio écossais par un supplément d’harmonies qui noircit les mélodies de nuages sombres. Mélodies souvent soulignées par les notes obscures du piano de Gorki (musicien invité sur l’album). Une musique qui s’inscrit dans le milieu qui a suscité sa création et épouse les formes d’une pop pastorale.

Rassurons tout de même les fidèles : pas de grande révolution dans le monde tranquille de Teenage Fanclub. Excepté ce léger supplément d’âme plus douloureux dans les lyrics et les compos que par le passé, TFC conserve sa marque de fabrique, ses mélodies en avant et ses rythmiques astucieusement basiques. Un album qui, finalement, préserverait la spontanéité de « Bandwagonesque » et aurait le poli et l’intelligence de « Grand Prix ».

Paru peu de temps après la mort prématurée du prince du power pop, Alex Chilton, « Shadows » pouvait difficilement surgir à un meilleur moment pour permettre au public de redécouvrir le genre.

Serena-Maneesh

No 2 : Abyss In B Minor

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Formé en 1999, Serena-Maneesh s’est illustré en 2006, lors de la sortie de son premier album éponyme. Un opus pour lequel, les Norvégiens étaient déjà parvenus à bien s’entourer, puisque Martin Risi (Swans, Sonic Youth) y assurait la production alors que Mr. Sufjan Stevens y opérait une petite apparition (NDR : au sein d’un univers musical pourtant assez éloigné du sien). Un disque qui leur a valu d’excellentes critiques auprès de la presse internationale. Un début plus que prometteur qui leur a permis d’ouvrir pour la tournée européenne des Dandy Warhols, mais aussi d’Oasis, sur le territoire insulaire. 

Leur second elpee est sobrement baptisé « No 2 : Abyss In B Minor ». Et première constatation, on y retrouve les mêmes influences que celles rencontrées sur leur opus initial. Notamment puisée chez My Bloody Valentine (NDR : pensez à leur œuvre maîtresse « Loveless ») et Sonic Youth. Donc à la fois dans le shoegaze et la noise. Nappes de guitares torturées, bourrées d’effets, en couche, claviers atmosphériques ainsi que vocaux limpides partagés entre Emil et Hilma Nikolaisen, constituent la trame de cette expression sonore. Et le timbre de la frangine est tellement proche de celui de Bilinda Butcher (MBV). Différence, mais elle est de taille, la formation scandinave accorde un soin tout particulier aux rythmiques. C’est d’ailleurs ce qui fait leur marque de fabrique. Complexes, caoutchouteuses, puissantes et précises, elles apportent une dimension toute personnelle aux compos. Conférant une certaine organisation au chaos noisy. A tel point que les mélodies subtiles, complexes, en deviennent terriblement contagieuses. Voire même envoûtantes. « No 2 : Abyss In B Minor » nécessite cependant plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Mais les 38 minutes que se partagent les 8 morceaux de cette œuvre valent leur pesant de ‘noisy’. Probablement un des meilleurs albums de shoegazing de l’année.

A noter que le groupe se produira dans le cadre du festival de Dour, ce vendredi 16 juillet.

The Rest

Everyone All At Once

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Il y a maintenant une bonne dizaine années que le Canada incarne le centre névralgique de la musique indie. Est-ce dû au brassage des cultures, exemple d’un véritable melting-pot ? Ou peut-être à la richesse de leurs paysages naturels ? Allant de la toundra des territoires du Nord aux Rocheuses, en passant par les plaines de l’Ontario, en quelques heures tout solitaire peut s’isoler et se retrouver seul à seul face à dame nature. Mais peu importe les raisons qu’elles soient géographiques, culturelles ou autres, le fait est que chaque année, que dis-je chaque mois, un groupe canadien déboule sur la scène musicale et une fois sur trois celui-ci est digne d’intérêt. Autant dire que le taux de réussite est élevé. Même si la Belgique n’a pas à rougir, il faut reconnaître que l’univers musical canadien a de quoi faire rêver. Arcade Fire, Broken Social Scene, Black Mountain, Wolf Parade et l’écurie Constellation en sont probablement les plus beaux fleurons. Mais on n’oubliera pas Japandroids, Tokyo Police Club, The Acorn, Caribou, auxquels on pourra ajouter dès à présent, The Rest.

Fondé à Hamilton (situé à quelques centaines de kilomètres de Toronto), le collectif évolue au sein d’un univers sonore assez proche de celui d’Arcade Fire. A l’instar des géniaux Montréalais, leur musique prend aux tripes. Un univers nébuleux, ténébreux, au cœur duquel l’aspect théâtral prend une place importante.

« Modern Time Travel » et « Coughing Blood/Fresh Travel (Necessities) » s’ébrouent en nappes de guitares avant de s’emballer au contact des refrains. Un exercice de style où le septuor se montre très à l’aise. Ce qui ne l’empêche pas de s’en écarter circonstanciellement pour emprunter un style plus épuré, tout en conservant l’intensité émotionnelle (« Drinking Again »). Ces Canadiens sont tout simplement ‘bluffants’. Ils tissent chaque morceau comme une toile distincte, véhiculant tour à tour des sentiments d’ivresse, d’envoûtement, d’obsession et de violence maîtrisée. Et impossible de résister à cette déferlante. En outre, la performance vocale somptueuse accomplie par Adam Bentley, tout au long d’« Everyone All At Once », accentue cette mélodicité contagieuse. Suffit d’écouter « Walk On Water (Auspicious Beginnings) » pour s’en rendre compte. Encore un groupe canadien qui ne devrait pas demeurer en Rest…

The Postmarks

Memoirs at the End of the World

Écrit par

A la première écoute, on dirait sans hésiter que The Postmarks se sont formés bien conventionnellement à New York, Seattle, Toronto ou Stockholm, là où l’hiver est rude et le reste de l’année pluvieux ; ce qui aurait inspiré leurs intonations graves et mélodies atmosphériques. Il n’en est rien : ce trio nous vient de Floride ; et cela n’est qu’une de leurs nombreuses et heureuses particularités (NDR : pour l’anecdote, la chanteuse Tim Yehezkely, originaire de Tel Aviv, a été repérée dans un karaoké à Palm Beach où le batteur Jonathan Wilkins était régulièrement Dj). Alors comment un album si ténébreux peut être produit par une formation issue de la canicule et du bling bling floridiens ? Une rencontre dans un bar à Manhattan et une passion commune pour la musique de (vieux) films (NDR : le cinéma américain et français), qui se ressent dans chacune des 13 pistes de leur dernier album.

Un an à peine après la formation du groupe en 2006, Unfiltered Records (Andy Chase) les prenait sous son aile. Depuis, The Postmarks ont sorti un Ep, un LP et un disque de covers new-wave (NDR : bien avant que Nada Surf n'ait la même idée), tous salués par les piliers médiatiques du rock. Leur dernier bijou, lui, se veut plus obscur, le groupe ayant puisé son inspiration dans le septième art et les polars pour parvenir au concept générique de l’album. Les trois songwriters (dont également Chrisopher Moll à la guitare) ont participé au processus de création en apportant leurs idées dans une approche collaborative d’expressions individuelles. Pour la confection de l’album tout comme la scène, les trois musiciens sont rejoints par Brian Hill (basse) et Jeff Wagner (piano, orgue, synthé).

L’elpee commence en force par son premier single « No One Said This Would Be Easy » –une balade épique à la Manic Street Preachers de l’époque Everything Must Go– agrémentée de violons (légèrement pleurnicheurs) des Last Shadow Puppets, d’une voix délicate mais efficace, doublée comme chez Alphawezen. Les cuivres sont aussi présents pour affermir le style –et pour la touche soul– et, le deuxième titre, « My Lucky Charm », confirme la direction cinématographique dans laquelle on s’enfonce (les sixties). Les riffs électroniques, systématiquement cuivrés, confèrent l’élan nécessaire (« Don’t Know Till You Try », « Go Jetsetter », « The girl From Algenib ») et sont entrecoupés de rêveries (« All you ever wanted »), telles que celles que l’on retrouve chez les Doves, dont la vague contemplative est similaire, pour aboutir sur des refrains larges en trombones.

Entre intrusions plus intimes et grandiloquence cinématique, « Memoirs at the end of the world » offre une pop orchestrée et sagace. Bénéficiant d’arrangements somptueux, il nous plonge dans une atmosphère à propension presque inquiétante sous les mélodies enchanteresses de Tim Yehezkely. Le groupe crée sans aucun doute son propre univers dans lequel on ose s’immerger sans craindre les cauchemars.

 

Narrow Terrence

Narco Corridos

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Faut croire que les musiciens de Narrow Terrence étaient sous addiction lorsqu’ils ont écrit les compos de cet opus. Un disque bizarre, complètement décalé, dérangé, et pourtant convaincant, baptisé « Narco Corridos », qui fait suite à « Low Voice Conversation », paru en 2007. Il s’agit de leur second.

Fondé en 2002, cet ensemble français est drivé par les frères Antoine et Nicolas Puaux. Dont la muse semble aussi hallucinée que chez les gars de Ghinzu (NDR : c’est flagrant sur le stupéfiant « The hole »). Et la scène belge semble une référence de choix pour la formation hexagonale, tout au long de « Narco Corridos » : envolées rock et climats aux multiples nuances alimentant des titres manifestement taillés pour la scène. La bande à John Stargasm est une influence majeure. Mais également Tom Waits et Nick Cave. Faut dire que le timbre vocal d’Antoine est aussi grave et éraillé que celui de nos deux célèbres consommateurs de bourbon. Son organe rauque est cependant parfaitement soutenu par une seconde voix, bien plus douce. De quoi insuffler une belle intensité à ce « Narco Corridos ». Difficile d’ailleurs d’imaginer que le combo nous vient d’outre-Quiévrain. D’autant plus que leur expression sonore se teinte volontiers de climats cinématographiques, ‘enniomorriconesques’ même (NDR : et pas seulement à cause de la pochette de l’elpee !).

Après avoir avalé un ‘western spaghetti’, en guise d’entrée, nos Desperados s’attaquent au « Dinner », une plage que n’aurait pas renié Waits. Tout comme le très cabaret « The Man Who Thinks ». « Cave In Hell » et « How She Ruined My Life » constituent manifestement les deux meilleures compos du cd. Paradoxalement, elles lorgnent vers la scène ‘noir jaune rouge’, et en particulier dEUS. La présence d’un violon et l’omniprésence des cuivres y est sans doute pour quelque chose. Quant à « Camillas Tunes », il nous entraîne à nouveau à la découverte des grands espaces de l’Ouest américain. Un bémol, les intermèdes métal/stoner. Pas une grande réussite. A l’instar de « Wet Dead Horses ». Malgré cette remarque, « Narco Corridos » constitue une excellente surprise. Déjantée et hallucinée, aussi. Pablo Escobar serait fier d’eux. Caramba !

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