Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Chroniques

Angelus Apatrida

Clockwork

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Le monde du métal a rencontré bien des difficultés à se reconstruire après avoir encaissé le séisme grunge et, dans la foulée le raz-de-marée alternatif. Nombreux sont les héros des eighties qui n’ont pas survécu à la catastrophe. Cependant, le métal est indestructible. Vingt années après le déluge, certaines branches de son arbre généalogique, supposées disparues à jamais, recommencent à bourgeonner. C’est le cas du Thrash Métal qui, depuis longtemps, ne proposait plus rien de vraiment excitant à se mettre sous la dent. Heureusement, le genre métallique, jadis initié par Metallica, Anthrax, Slayer, Megadeth, Exodus, Testament, Overkill et bien d’autres, commence à renaître de ses cendres sous l’impulsion de nouveaux combos fortement attachés à la tradition du riff puissant, lourd et agressif.

Nous avions déjà évoqué le génial Warpath, fer de lance du revival thrash britannique. Le mouvement s’étend désormais à l’Europe continentale. L’Espagne, elle aussi, s’est découvert un champion. En l’occurrence Angelus Apatrida. Formé en l’an 2000 dans la ville d’Albacete, le combo hispanique s’est donné pour mission de ramener à la vie le thrash originel de la Bay Area. Vélocité, brutalité, puissance, dextérité et respect des canons inhérents au métal traditionnel ; tout ce que nous aimions dans la scène thrash est réuni sur « Clockwork ». Après deux essais autoproduits (« Evil Unlished » - 2006 et « Give ‘Em War » - 2007), leur troisième opus sort sur la machine de guerre ‘Century Media’.

Les vocaux de Guillermo Izquierdo évoquent tour à tour ceux de Dave Mustaine (Megadeth), Chuck Billy (Testament) et John Connelly (Nuclear Assault). A l’instar des géants du genre, la musique combine agression et mélodie.

Fan de la violence des premiers albums de Metallica, de Megadeth, d’Annihilator et d’Anthrax, lève-toi ! L’heure d’exhumer vestes à patches, cartouchières et ceintures cloutées est enfin arrivée ! Le dieu Thrash est de retour, Angelus Apatrida est son prophète !

Lilly Wood & The Prick

Invincible Friends

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Un duo français qui chante en anglais ? Encore un ? Et pourtant on aurait tort de ranger Nili Hadida et Benjamin Cotto aux côtés de Cocoon ou encore de The Do, comme la plupart des journalistes ont tendance à le faire pour ces faibles raisons… Non, Lilly Wood and the Prick peuvent gentiment déclarer qu’ils apportent un grain innovant, plus mainstream que leurs compatriotes. Ce qui risque donc de les inscrire dans de plus hautes sphères. Du moins, s’ils continuent comme ils ont commencé…

Formé en 2006 et lancé en 2008 sur une compile Folk & Proud, le groupe sort en 2009 son premier Ep, dont le titre prête à sourire, « Lilly Who and the What? », uniquement disponible en version numérique. Après une notoriété myspacienne et une reprise remarquée du titre « L.E.S Artists » de Santigold, Nili et Benjamin enregistrent chez leur producteur Pierre Guimard, qui les accompagne également sur scène, et connaissent une tournée incognito relativement couronnée de succès : les copains lancent le ton dans la salle, et le public suit.

Le duo a préparé le lancement de son premier elpee, « Invincible Friends » sorti le 31 mai dernier, en publiant le single « Down the Drain », la plage la plus accrocheuse du disque, qui connaîtra certainement son heure de gloire méritée dans les soirées (parisiennes) indie électro ces prochains mois. « My Best » offre les mêmes gimmicks aussi bien affûtés pour une scène électro pop. Si le guitariste raconte avoir grandi dans le blues et le rock classique, ses références n’influent cependant sur l’album qu’en surface, en plus propre, plus léché, plus décent… C’est plutôt dans la voix féminine que l’on retrouvera les accents rauques bluesy. Les paroles de la chanteuse relatent leur quotidien, les soucis d’une population urbaine (« No no (Kids) ») et, dans cette nonchalance générationnelle, on pense à Adrienne Pauly (qui chanterait plus aigu), aux pleurnichements de Soko lors des ballades (« Cover my Face », « Prayer in c »), pour rester dans l’Hexagone. Cat Power alors ? Définitivement, moins pour les quelques accords au piano que pour cette langueur latente, mais manquant légèrement de coffre.

Cet album aux lyrics sans prétention et teintés d’ironie passe ainsi des riffs new wave aux sessions acoustiques agrémentées de flûte, en passant par quelques vagues folk. Si les Français insistent sur le côté ‘indé’ de leur dernière production, leurs deux gueules d’ange qui s’affichent sur un packaging off –et online– réussi démontrent une visibilité soignée et pas désagréable. Ce groupe photographique est cependant à découvrir, en enregistrement dans un premier temps car leur programme n’inclut malheureusement pas la Belgique pour les mois à venir…

Christophe Willem

Heartbox (single)

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Vous souvenez-vous du parfum « Double Je », sorti par la marque Eau Jeune, il y a une dizaine d’années ? Un parfum peu cher, dont le concept résidait dans la composition chimique des deux éléments non miscibles. Une partie grasse et violette flottait à la surface tandis que l’autre fragrance, blanchâtre, demeurait au-dessous. Il fallait secouer le flacon avant de s’asperger. La publicité poétisait : ‘jamais celle que l’on croit’. En fait, le parfum laissait un film huileux sur la peau, et puait la cocotte.

Le rapport avec Christophe Willem ? L’une des ses chanson s’intitule « Double Je ». On le trouve également en grande surface (dans les rayons et dans les haut-parleurs). Le tout est a peu près du même goût, écœurant, médiocre et artificiel.

Sur le site du label et celui de l’‘artiste’, vainqueur de la nouvelle star en 2006, on peut lire que Christophe Willem est populaire : ‘Un premier disque de diamant, une Victoire de la musique, quatre Bataclan, trois Olympia, huit Cigale, un Zénith de Paris, et 130 000 spectateurs sur la tournée qui ont contracté la fièvre scénique de ce fauve libéré de sa cage cathodique.’ Son style y est qualifié de ‘bandant’. Et bien si le public francophone est excité par des purs produits de consommation tels que Christophe Willem, à mi-chemin entre une Mylène Farmer cheap et une Zazie discount, nous n’avons plus qu’à pleurer. Son premier single devait d’ailleurs s’appeler « Elu produit de l’année », et le choix est judicieux, car sa musique est le comble du commercial. De la musique de supermarché qui fait merveille au rayon charcuterie.

Under Byen

Alt er Tabt

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« Alt er Tabt » constitue le quatrième opus de ce collectif danois ; et manifestement, il s’agit de leur album le plus complexe concocté à ce jour. Complexe, mais également minimaliste. Le départ de leur claviériste et principal compositeur de la musique, Thorbjørn Krogshede, y est sans doute pour quelque chose. Souvenez-vous, c’était lui qui nappait la plupart des titres, de ses interventions atmosphériques. Second changement, la voix d’Henriette Sennevaldt ne cherche plus à monter dans les tonalités aigües, dans l’esprit de Björk. Son timbre est beaucoup plus éthéré, un peu comme si elle chuchotait, après (pendant ?) un orgasme. Mais le plus difficile procède de ces structures constamment imprévisibles, que seule la ligne de basse parvient à canaliser. Une basse très présente (heureusement !), aussi viscérale que celle de Peter Principle (Tuxedo Moon). Un Tuxedo Moon dont le spectre revient régulièrement tout au long de l’elpee. Outre la basse, à cause des interventions fiévreuses, lyriques du violon et (ou) du violoncelle. Et puis de ces références qui oscillent de Stockhausen (les accès symphoniques contemporains) à Magma (le côté prog ténébreux) en passant par Terry Riley (l’électro organique), Robert Wyatt (le climat intimiste et les chœurs diaphanes) et Efterklang (l’électro-world). Tout n’est pas perdu, mais on ne voit pas trop comment Under Byen va se débrouiller pour écouler ses œuvres sur le marché du disque. Perso, je suis très ouvert à ce type de musique expérimentale, mais je doute fort que le mélomane lambda partage mon point de vue…

The Tallest Man On Earth

The Wild Hunt

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The Tallest Man On Earth ? Sous un tel patronyme, Jens Kristian Mattson était au moins assuré d’attirer l’attention des lecteurs du Guinness Book plutôt que celle des mélomanes. Et pourtant, non, il ne s’agit pas du plus grand homme sur terre, mais d’un songwriter suédois particulièrement doué. « The Wild Hunt constitue son 3ème album. Il fait suite à un elpee éponyme publié en 2007 et « Shallow Grave », en 2008 ; deux disques qui lui ont permis de tourner en compagnie de Bon Iver.

La musique folk du géant scandinave pourrait être taxée de revivaliste, tant elle est sous haute influence dylanesque. D’abord à cause du timbre nasillard de Jens. Et puis de son expression sonore essentiellement acoustique. Impossible d’ailleurs de ne pas penser au grand Zim, à l’écoute de « The Wild Hunt » ou encore Thousand Ways ».

Alors, The Greatest Bob Dylan Vocal Sosie ?

Manifestement la référence a de quoi plomber le débat. Et pourtant, le Scandinave parvient à tirer son épingle du jeu. L’émotion est palpable tout au long des 10 titres de « The Wild Hunt ». Elle est même très présente sur « Trouble Will Be Gone », caractérisé par ses arpèges cristallins, sur le très ambitieux « King of Spain » ainsi que le bouleversant « Love Is All ». Un morceau urgent et beau à pleurer à la fois. Bref si cet artiste n’apporte rien de bien neuf, il faut reconnaître qu’il possède un réel talent pour tisser des comptines folk. Qui lorgnent même parfois vers l’univers d’un Devandra Banhart, à ses débuts. L’elpee s’achève par « Kids On The Run », une ballade parcourue de superbes accords de piano. Digne du Boss!

Finalement, The Most Gifted Songwriter in Sweden…

Angus & Julia Stone

Down The Way

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Pour les frangins Stone, le moment de vérité est arrivé. Papa et maman doivent être fiers. Cinq ans plus tôt, les deux oisillons australiens tentaient de faire leurs nids, chacun de leur côté. Après avoir décidé de se soutenir l’un l’autre en faisant équipe, Angus et Julia Stone se sont envolés vers la Grande-Bretagne. Ils y ont alors rencontré Francis Healy (Travis) qui, tombé sous le charme de leurs premiers gazouillis (NDR : consignés sous la forme d’un Ep intitulé « Chocolates & Cigarettes »), décide de les prendre sous son aile. Un échange de bons procédés suivra avant la naissance en 2007 de « A Book Like This », le premier LP des Stone. Trois ans plus tard, Angus et Julia publient « Down The Way ». Un disque livré à l’Europe sans détour, contrairement aux travaux précédents.

« Down The Way » renferme treize jolies ballades folk instinctives et pastorales. Exit les mélodies acoustiques de « A Book Like This ». La fratrie sort le grand jeu et se paye des arrangements beaucoup plus pros tout en adoptant des tonalités résolument plus folk-rock. Seule la formule de partage équitable du micro demeure immuable. Une formule assez standard qui fonctionne ici à merveille, tant les vocalises d’Angus et Julia se complètent naturellement. Ce qui n’empêche pas les morceaux interprétés de concert, par les deux frangins, de se révéler, malgré tout, un peu plus relevés que les autres. « Down The Way » évoque une rencontre entre Emiliana Torrini et un jeune Neil Young, sous un soleil printanier douceâtre. Le disque rêvé pour emballer cet été.

A découvrir en live aux Ardentes.

 

Silver Columns

Yes And Dance

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Fraîchement débarqué d’Ecosse, le duo Silver Columns a décidé d’apporter sa pierre à l’édifice du synthé-pop. A l’instar de Hot Chip, Johnny Lunch (ex-membre de The Pictish Trail) et Adam Ilhan aiment les claviers et comme leurs homologues, ils ont été propulsés par le label briton Moshi Moshi. Il y a quelque mois, le tandem avait commis un single, « Brown Beaten », une compo disco pop à l’allure’ bronskibeatienne’, révélatrice de leur potentiel.

« Yes And Dance » constitue donc leur premier essai. Les titres libèrent une belle dose de BPM susceptibles de faire remuer les foules. De quoi permettre aux corps d’atteindre un état d’élasticité surprenant. Les influences sont riches. Des plages comme « To Wake You » ou encore « Warm Welcome » lorgnent vers Hot Chip, époque « The Warning ». A cause de la texture semblable des beats ou encore des sonorités fluides du Wurlitzer. Second single, « Yes, And Dance » adresse un clin d’œil à Giorgio Moroder. La présence de synthés kitsch et d’un vocodeur intersidéral (NDR : il revient au goût du jour) corroborent ce point de vue.

Abordé intelligemment, le revivalisme 80’s de Silver Columns est agréable à écouter. Mais il a également un tout autre objectif ; car là où, cet été, il y a de la sueur et du dancefloor, il y aura certainement un duo écossais prêt à en découdre ! Alors oui ! On danse !

 

Quasi

American Gong

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Quasi 17 ans que le couple –marié, puis divorcé– sévit sur la scène alternative de Portland. Quasi réunit ( ?!?!) Sam Coomes (guitare, batterie) et Janet Weiss. Et la paire peut se targuer d’avoir collaboré à des tas de projets impliquant de grosses pointures de la scène indie américaine. Dont Elliot Smith, Bright Eyes ou encore Pink Moutain.

Vu les problèmes financiers rencontrés par Touch & Go (NDR : le label avait décrété qu’il n’allait plus publier de nouveaux albums, mais se concentrer sur son back catalogue ; depuis, il s’est ravisé, déclarant même qu’il allait reprendre ses activités normales, après restructuration), Quasi a décidé d’émigrer chez Kill Rock Stars. En outre, le line up s’est enrichi d’un troisième membre : Joanna Bolme ; bassiste, elle milite également chez Stevens Malkmus & The Licks.

Bonne nouvelle, « American Gong » privilégie le rock percutant ; parfois même dans l’esprit de Pavement. Et franchement, j’apprécie. Bien crade, la guitare domine le sujet, délaissant des claviers, un peu trop présents à mon goût, sur les disques précédents. Coomes s’autorise même quelques délires bruitistes. A l’instar de l’excellent « Bye Bye Blackbirds », plage au cours de laquelle on se demande comment il se débrouille pour retrouver le fil conducteur du morceau. Mais si Quasi adore faire cracher les décibels, il réserve également quelques excellentes ballades à « American Gong ». Dont l’acoustique « The Jig Is Up » et « Everything & Nothing At All ». Mon coup de cœur ira néanmoins à « Black Dogs & Bubbles », plus Neil Young que nature. A contrario, leur version du classique ‘cajun’ « Laissez les bon Temps Rouler » est plus que dispensable. Il y a encore bien l’une ou l’autre compo un peu moins réussie, mais en général, ce disque flaire bon le rock alternatif, excitant et jouissif de la seconde moitié des 90’s. Que du bonheur !

 

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